Les jardins d'Hélène

Inavouable – Zygmunt Miloszewski

29 Octobre 2017, 20:34pm

Publié par Laure

Traduit du polonais par Kamil Barbarski.

 

Un polar polonais traduit en France (ce n’est pas si courant) qui s’avère une somme sur la spoliation des œuvres d’art pendant la seconde guerre mondiale, et leur tentative de récupération de nos jours, de la Pologne aux États-Unis en passant par la Suède, avec en toile de fond un secret politique qui bouleverserait l'Histoire.

 

L’ensemble est dense, foisonnant, trop sans doute.

 

J’ai beaucoup aimé les 300 premières pages, même si l’entrecroisement des fils de l’intrigue est long à venir, j’ai beaucoup aimé la fin aussi, hélas j’ai trouvé bien longues les 200 pages centrales, trop digressives, ennuyeuses, fades. Le nombre important de personnages, la complexité des personnages m’a parfois égarée (je ne suis pas habituée des romans d’espionnage et contre-espionnage), l’auteur s’est peut-être montré trop ambitieux, et j’ai décroché au moment où les aventures des personnages deviennent surréalistes, façon équipe de « Mission impossible ».

 

Un ensemble inégal, qui fait baisser mon appréciation de ce roman, qui aurait gagné à un peu plus de sobriété.

 

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

Fleuve noir, septembre 2017, 593 pages, prix : 22,90 €, ISBN : 978-2-265-11623-8

 

 

 

 

Crédit photo couverture : © Frédéric Tacer et éd. Fleuve noir.

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Le kididoc de la mythologie – Sylvie Baussier, ill. de Didier Balicevic

25 Octobre 2017, 08:29am

Publié par Laure

La mythologie fascine toujours les enfants, et les kididoc cartonnent avec leurs animations et pop-up : allions les deux !

 

J’ai un doute toutefois sur l’âge des enfants visés : même si le texte reste simple et plutôt zapping (de courts encarts, paragraphes de 4 à 5 lignes, qui passent du coq à l’âne), le contenu n’est-il pas trop difficile pour les petits curieux ? Il faut bien avouer qu’on s’y perd, je n’ai découvert qu’à la toute fin l’arbre généalogique de Zeus qui permet de réorganiser un peu visuellement les nombreux dieux !

 

Et si l’enfant est un peu plus grand (7/9 ans), ne trouvera-t-il pas trop enfantins les dessins ? Mignons certes, mais que je trouve plus adaptés à des petits de 3/5 ans.

 

Bref je suis sceptique sur l’ensemble, je préfère sur le sujet les histoires courtes s’attachant à un seul sujet, tels que les petits romans de la collection histoires de la mythologie, ou en kididoc, celui sur le retour d’Ulysse.

 

La mythologie pour les maternelles, c’est pas facile à mettre en oeuvre ! 😊

 

 

Nathan, octobre 2017, 33 pages, prix : 16,95 €, ISBN : 978-2-09-257110-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Diider Balicevic et éd. Nathan

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Summer - Monica Sabolo

21 Octobre 2017, 09:10am

Publié par Laure

Summer, dix-neuf ans, disparaît au cours d’un pique-nique en famille au bord du Lac Léman. 25 ans plus tard, son petit frère, Benjamin, s’en souvient toujours et ne s’en remet pas. Elle n’a jamais été retrouvée et l’on ne sait pas ce qu’il s’est passé.

 

J’aurai rarement mis autant de temps (une bonne quinzaine de jours) à lire un roman relativement court, aéré, grande police de caractères et très larges marges – le roman a priori facile et rapide à lire - mais quel ennui, alors que je suis amatrice justement de ce genre de roman psychologique et intimiste !

 

Le cheminement du frère, en proie à des addictions et suivi par un psy, est interminable de redondances. Des phrases éthérées et poétiques noient indéfiniment le poisson. On espère voir avancer le dénouement et la résolution de l’énigme, si ce n’avait été pour le Prix Elle, je n’aurais jamais terminé ce livre.

 

L’ensemble se décante enfin dans les cinquante dernières pages, avec un peu d’originalité, mais qu’il est pénible d’y arriver !

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

JC Lattès, août 2017, 315 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-7096-5982-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Margaret Durow trunk Archive / Photosenso et éd. JC. Lattès

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De A à Z, abécédaire – Peggy Nille

13 Octobre 2017, 15:33pm

Publié par Laure

Un superbe abécédaire et imagier animalier, clair, aéré, coloré.

 

Sur chaque double page, à gauche, une lettre de l’alphabet, en majuscule et en minuscule, et dessous, une phrase qui décrit ce que montre l’image sur la page de droite : « Camille le crocodile croque un casse-croûte aux cornichons » ; « Léa la lapine lit un livre à Léo le lion », et ainsi de suite tout en assonances et allitérations. Et ça bouillonne carrément dans les dernières lettres de l’alphabet, celles qui comptent triple au Scrabble et qui ne regorgent pas des mots les plus simples.

 

L’exercice est connu, mais le résultat soigné et efficace, et beau tout simplement aussi !

 

Ça ne s’arrête pas là, à la fin, une liste reprend tous les mots de l’abécédaire, y compris ceux que vous n’avez pas lus, mais qui sont simplement illustrés : observez les détails dans le dessin : ainsi Camille le crocodile est entouré d’une chenille et d’un caméléon, il porte une chemise, des chaussettes, est assis sur une chaise, il est au café, sa table est en forme de cactus, et dessus il y a une clémentine. Si ça en fait une palanquée de C, ça 😊

 

(Dès 3 ans.)

 

 

 

Nathan, octobre 2017, 48 pages, prix : 14,95 €, ISBN : 978-2-09-257619-9

 

 

 

Crédit photo couverture : © Peggy Nille et éd. Nathan

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Immunisés ? Un nouveau regard sur les vaccins – Lise Barnéoud

12 Octobre 2017, 10:38am

Publié par Laure

A partir du 1er janvier 2018, 11 vaccins seront obligatoires pour les nouveau-nés et jeunes enfants, contre 3 actuellement. Indépendamment de ce projet de loi, les vaccins ont toujours fait débat et déclenché l’ire des « anti » criant au scandale des profits des laboratoires pharmaceutiques et des effets secondaires pouvant entrainer dans certains cas le décès du patient.

 

Lise Barnéoud, dans un ouvrage passionnant et accessible (mais pas simpliste), retrace l’histoire de la vaccination et balaie tous les aspects de la question de manière objective. Dans le respect des opinions et à l’appui de données chiffrées vérifiées.

 

Elle commence par un rappel historique, avec l’inoculation volontaire de la variole par Mary Wortley Montagu en 1718, puis explique comment fonctionne l’immunité dans le corps humain. Comment en se protégeant soi on protège aussi les autres. C’est cet aspect de la vaccination comme pacte de solidarité, cette dimension collective qui légitime l’intervention des pouvoirs publics.

 

L’analyse est sérieuse, objective, intéressante, ne ferme aucune porte et ne refuse pas les avis des « anti ». Combien ça coûte (d’être vacciné et de ne pas l’être !), combien meurent et pourquoi, etc.

 

Très enrichissant à lire, et détaché de toute passion aveuglée.

 

A la fin de l’ouvrage, 16 fiches synthétiques détaillent chacun des 16 principaux vaccins, leurs contenus et leurs enjeux en matière de santé publique et individuelle.

 

 

Premier parallèle, août 2017, 237 pages, prix : 18 €, ISBN 979-10-94841-52-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Stanislas Gros et éd. Premier Parallèle.

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Le coeur battant de nos mères - Brit Bennett

1 Octobre 2017, 15:07pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch

 

Nadia Turner a 17 ans lorsqu’elle avorte du fils du pasteur, Luke Sheppard. Un petit ami qui rime avec l’insouciance de l’adolescence, elle vivait seule avec son père depuis le suicide de sa mère six mois plus tôt, dans le poids et les convenances de la communauté noire religieuse du Cénacle. A la sortie de l’intervention, Luke ne vient pas la chercher. Elle cachera la vérité à son père, rompt avec Luke, et se rapproche d’Aubrey qui deviendra sa meilleure amie. Elle réalise son rêve en entrant à l’université et en s’éloignant de fait de sa vie d’avant … qui finira par la rattraper.

 

Un trio amoureux et amical, des amours contrariées, la construction de soi quand les piliers parentaux ont été absents ou défaillants, la marque psychologique indélébile de l’avortement, le rêve de ce qui aurait pu être et n’a pas été, la place de la famille, du regard des autres dans une communauté religieuse : les thèmes sont nombreux, intéressants même s’ils ne sont pas nouveaux, les personnages attachants ; hélas, il faut attendre longtemps, bien trop longtemps (un peu plus de la moitié du roman) pour que l’alchimie prenne vraiment et que l’intrigue démarre enfin.

 

C’est un peu tard et déséquilibre la qualité globale du roman.

 

A lire si vous aimez les histoires d’amours contrariées, les drames psychologiques larmoyants, même si la détermination et la force intérieure de Nadia permettent d’éviter le roman (trop) guimauve.

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

Autrement Littérature, août 217, 339 pages, prix : 20,90 €, ISBN : 978-2-7467-4572-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Raphaëlle Faguer et éd. Autrement.

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Septembre 2017 en couvertures ...

1 Octobre 2017, 05:49am

Publié par Laure

En septembre, j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En septembre, j'ai vu :

 

 

 

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Une histoire des loups - Emily Fridlund

29 Septembre 2017, 15:49pm

Publié par Laure

 

Traduit de l’américain par Juliane Nivelt

 

Madeline, 14 ans, est en classe de 3ème quand son professeur d’histoire meurt sous yeux. Il est remplacé par un californien, M. Grierson, qui jouera vite un rôle trouble dans le roman.

 

Lorsqu’il lui demande de représenter le collège lors du Tournoi de l’Odyssée de l’Histoire, elle choisit de faire un panneau pour parler des loups : une histoire des loups.

 

En face de chez elle, de l’autre côté du lac, une famille s’installe avec un petit garçon de 4 ans. Le père est souvent absent pour son travail, et Patra, la mère, semble un peu dépassée, Madeline va beaucoup s’occuper du petit Paul, entrer de plus en plus dans la vie de cette famille sans bien comprendre ce qu’elle cache.

 

D’emblée l’on sait que Paul meurt à l’âge de quatre ans. Tout l’enjeu semble être de savoir de quoi, comment et pourquoi, quelqu’un est-il responsable de quelque chose ? Mais des personnages secondaires continuent de hanter Madeline comme une obsession, sans que le lecteur perçoive réellement l’importance ou la logique de ces présences dans le récit.

 

 

L’auteur joue avec une déconstruction du récit qui mêle les différents temps. Madeline, surnommée Linda, a 37 ans quand elle raconte cette histoire. Elle avait 15 ans à l’époque des faits, mais les dates se mêlent de façon non chronologique. Peu à peu le lecteur pénètre dans cette atmosphère étrange et familière à la fois, tant dans la vie familiale que dans la nature alentour.

J’ai aimé cheminer lentement vers la vérité, sans effets grandioses, cette façon subtile de dévoiler un mode de vie fortement ancré dans certaines croyances religieuses. Tout est « bizarre », le malaise est persistant, mais la beauté de l’écriture apaise paradoxalement l’ensemble.

 

Un premier roman qui révèle une plume intéressante.

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices de ELLE 2018.

 

 

 

Gallmeister, août 2017, 296 pages, prix : 22,40 €, ISBN : 978-2-35178-128-9

 

 

Crédit photo couverture : © Ekaterina Borner / Arcangel Images et éd. Gallmeister

 

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Vera - Karl Geary

17 Septembre 2017, 13:03pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Irlande) par Céline Leroy

 

 

Sonny, seize ans, est le cadet d’une famille modeste, où la mère passe son temps à se plaindre du père qui passe son temps à parier au jeu sa maigre paye. Mais il est aussi le seul à fréquenter le lycée, en dehors duquel il fait quelques petits boulots, chez le boucher du coin ou quelques travaux d’entretien avec son père. C’est avec lui qu’il rencontre Vera, une femme seule plus âgée, qui le trouble dès la première rencontre.  

 

Sonny n’aura dès lors de cesse de se rapprocher d’elle, bien qu’elle ne soit ni de son âge ni de son milieu social. Elle semble pourtant tout aussi paumée que lui, et entre eux nait une curieuse relation, pudique et attentionnée.

 

 

Sonny tente de s’élever, il a une certaine curiosité intellectuelle mais Sharon, une ado de son âge qui n’a pas sa langue dans sa poche, et sa famille font tout pour l’en empêcher, parce que c’est ainsi, on est comme on nait.

 

 

Le roman est écrit à la deuxième personne du singulier, un « tu » au départ déstabilisant, il incarne un narrateur omniscient qui n’hésite pas dès le milieu de l’histoire à anticiper au détour d’une phrase le dénouement tragique (parce que l’essentiel n’est pas là), on ne l’identifie pas, mais c’est un peu comme s’il s’exprimait à la place de Sonny qui ne s’autorise pas à prendre lui-même la parole.

 

 

Vera, c’est la rencontre de deux solitudes, deux souffrances, deux désirs, différents mais qui se rejoignent, deux êtres perdus qui prennent en l’autre ce qui peut les aider à continuer.

 

 

La fin, en quelques paragraphes, éclaire l’ensemble d’un nouveau regard, triste mais apaisant. Un beau roman, sensible, touchant, dont l’âme perdue des personnages reste longtemps à l’esprit du lecteur.

 

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

 

Ed. Rivages, août 2017, 253 pages, prix : 21,50 €, ISBN : 978-2-7436-4055-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Marc Owen / Arcangel et éd. Rivages

 

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Des hommes qui lisent - Edouard Philippe

13 Septembre 2017, 10:29am

Publié par Laure

Edouard Philippe, Premier Ministre depuis mai 2017, a toujours aimé la lecture. Avec des hommes qui lisent (on pensera naturellement au titre de Laure Adler, les femmes qui lisent sont dangereuses), il évoque son parcours de lecteur, depuis l’âge de six ans, en déchiffrant une page de L’Enfer de Dante devant son père, jusqu’à aujourd’hui, où les livres ne l’ont jamais quitté et comment il s’est construit avec eux.

 

Sa passion et sa curiosité pour la littérature ne sont pas feintes, elles suscitent bien sûr l’envie de découvrir les livres dont il fait l’éloge, en fin d’ouvrage notamment, où il propose un certain nombre de titres et les circonstances dans lesquelles il les a lus. Il ose aussi aborder les monuments qu’il n’a pas encore ouverts et raconte aussi comment c’est parfois le cinéma qui l’a conduit à découvrir Edmond Rostand (Cyrano) ou Victor Hugo (Les Misérables).

 

Il aborde de manière passionnante et intelligente les politiques culturelles publiques, et notamment une politique de la lecture, qu’il a pu développer en tant que maire du Havre, qui est réfléchie et sensée, en évoquant les écueils fréquemment retrouvés, comme le fait par exemple d’en faire une politique des bibliothèques, ou une sacralisation de l’objet livre. La cible est et doit toujours être le lecteur, pas le livre.

 

Ce récit est un régal, œuvre simple mais passionnante d’un homme cultivé à la pensée brillante.

 

On peut toutefois imaginer que la lecture de son livre tendra à se rapprocher d’un des écueils de la lecture publique qu’il dénonce : « admettre que les bibliothèques sont trop souvent réservées à ceux qui y sont déjà entrés. L’immense majorité des utilisateurs d’une bibliothèque aime déjà les livres. », ainsi ceux qui liront Edouard Philippe aiment très certainement déjà les livres et la lecture et sont déjà convaincus de leur intérêt.

 

Un livre qu’on devrait offrir à nos élus, à la culture bien sûr, mais pas seulement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JC Lattès, juillet 2017, 247 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-7096-6143-0

 

 

 

Crédit photo couverture :  © éd. JC Lattès

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