Les jardins d'Hélène

Les carnets de Cerise tome 5 – Joris Chamblain, Aurélie Neyret (ill.)

3 Janvier 2018, 09:56am

Publié par Laure

Titre du volume : « Des premières neiges aux perséides »

 

Cerise souffre de ne pas avoir de souvenirs de son père, décédé quand elle avait quatre ans. Or pour avancer dans la vie et se construire, elle a besoin de réponses à ses questions.

 

Sa mère va l’y aider. Cerise va mener une nouvelle enquête dont elle sera cette fois elle-même le personnage-mystère.

 

Elle remonte à son plus ancien souvenir, son arrivée à l’école sous la neige (les premières neiges du sous-titre). S’enchainent comme dans les précédents volumes les planches de BD et les carnets manuscrits et illustrés, qui reconstituent son histoire et celle de sa famille.

 

Les dessins et couleurs sont toujours aussi beaux et les textes sensibles et justes.

 

Toute la vie de Cerise s’éclaire à présent, les personnages présents dans les précédents tomes aussi, et une nouvelle étape vers une nouvelle vie familiale débute.

 

Ce cinquième tome clôt le cycle des Carnets de Cerise en marquant la fin de l’enfance. L’adolescence est une nouvelle voie qui prend forme, avec une Cerise apaisée par les réponses apportées.

 

Un très beau scénario qui revient sur l’ensemble de la série et le besoin de lever les mystères et les silences de sa propre vie.

 

Les Carnets de Cerise c’est fini, mais peut-être Cerise reviendra-t-elle autrement, puisqu’elle franchit une étape de sa vie ? Il fallait oser clore la série, et c’est fait ici avec finesse, par un scénario qui le justifie, qui nourrit et rappelle les nécessités pour grandir sereinement.

 

Touchant et réussi.

 

 

Ed. Soleil, coll. Métamorphoses, novembre 2017, 80 pages, prix : 15,95 €, ISBN : 978-2-302-06492-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Aurélie Neyret et éd. Soleil.

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Retour sur l’année 2017 en lectures…

1 Janvier 2018, 08:24am

Publié par Laure

Voici venue l’heure du rituel : le bilan annuel de lecture, qui au fond, n’a jamais vraiment de sens, sinon de servir de repères qui rassurent ou rallient au groupe des boulimiques de lecture autoproclamés. Attention à l’indigestion 😉

 

Il me permet de réaliser que je n’ai pas retenu grand-chose de ce que j’ai lu cette année, comme tous les ans d’ailleurs (ne vaudrait-il pas mieux lire moins mais que ce soit plus essentiel ?), qu’aucun roman de littérature générale n’a obtenu les sacro-saintes 5 étoiles, je deviens donc de plus en plus difficile, et si je n’ai pas toujours boudé mon plaisir, les vraies découvertes et les « waouh » le furent davantage en essais, en BD et en ados/jeunesse. Est-ce à dire que ce sont des domaines plus audacieux que le vaste jeu romanesque du divertissement toujours plus commercial ?

 

Allez, des chiffres ….

 

J’ai lu cette année 119 livres (contre 106 en 2016), je ne compte pas bien évidemment les albums enfants et les courts romans jeunesse type premières lectures, tout ce qui prend globalement moins de 30 minutes de lecture.

 

Je n’en ai chroniqué que 65, 54 sont donc restés pour moi seule. Souvent par paresse pure. Je lis avant tout pour mon plaisir, pas pour rédiger des devoirs que je m’infligerais toute seule ! Ceci dit il y a plus de 65 chroniques sur le blog cette année puisque je ne m’interdis pas d’y commenter des albums jeunesse que je ne comptabilise pas mais que j’ai aimés (vous suivez ?)

 

119 livres, qui représentent 23 romans français, 13 romans étrangers, 10 romans ados, 8 romans jeunesse plus conséquents que la petite demi-heure de lecture, 10 polars / thrillers, 20 essais / docs (année concours oblige peut-être), 29 BD adultes, 5 BD jeunesse, 1 doc ados.

 

Ces 119 titres ont représenté 25451 pages, et si je les avais achetés, il m’en aurait coûté 1947,72 €. Mais je n’ai déboursé que 135,80 €, tout le reste provient d’emprunts en bibliothèques publiques, de (quelques) services de presse, de jurys littéraires et d’amis, cadeaux ou voyages.

 

 

 

Seuls 4 livres sur 119 ont eu droit au coup de cœur (5 étoiles) : 2 BD, 1 roman ados, 1 essai

 

Par ordre chronologique de lecture parce que je ne veux pas choisir :

 

  • Riad Sattouf, L’Arabe du futur vol. 3, Allary éd. (publié en 2016), non commenté (et j’avais beaucoup moins aimé le tome 2)
  • Jean-Philippe Blondel, Le groupe, éd. Actes Sud junior (publié en mars 2017), parce qu’il est très abouti à tous points de vue.

 

 

 

Parmi les lectures qui valent vraiment le détour, je retiens :

 

En romans français :

  • Les cerfs-volants, de Romain Gary, (première publication en 1980) finalement, la littérature y a que ça de vrai, je souris en voyant mon fils trimballer Dostoïevski dans tous ses bagages

 

En romans étrangers :

  • Dans la forêt, de Jean Hegland, éd. Gallmeister (publié en janvier 2017)

 

En romans ados :

  • Des poings dans le ventre, de Benjamin Desmares, aux éd. du Rourgue (publié en janvier 2017, lu en mars 2017, Pépite roman à Montreuil depuis)

 

En essais :

  • L’urgence culturelle, de Jérôme Clément, éd. Grasset (publié en avril 2016)
  • Des hommes qui lisent, d’Édouard Philippe (en dehors de toute considération politique, je n’y ai même pas songé en l’ouvrant), éd. JC Lattès (publié en juillet 2017)
  • Comment faire lire les hommes de votre vie, de Vincent Monadé,  éd. Payot (publié en mai 2017)
  • Immunisés ? de Lise Barnéoud, éd. Premier parallèle, publié en août 2017

 

Et quelques bonnes BD du côté de Lupano / Itoïz / Cauuet, Lou Lubie, Radice / Turconi ….

 

 

 

Croire qu’il y aura du très bon en 2018, qu’il soit à venir ou d’un siècle passé, c’est la découverte qui réjouit et enchante, et je vous en souhaite beaucoup, des enchantements.

 

 

Je vous souhaite à tous une bonne et heureuse nouvelle année, les pieds sur terre et la tête dans les livres que vous choisirez, vous.

 

 

 

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Décembre 2017 en couvertures ...

31 Décembre 2017, 21:25pm

Publié par Laure

En décembre, j'ai lu :

 

(une semaine de vacances a bien aidé...)

 

Les couvertures sont cliquables quand elles renvoient à un billet. Pour rappel, je ne reprends pas les albums et très courtes lectures jeunesse que vous pourrez retrouver dans les index adéquats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                       

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En décembre, j'ai vu :

 

 

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Cet autre amour - Dominique Dyens

30 Décembre 2017, 20:53pm

Publié par Laure

En février 2013, le mari de la narratrice fait un malaise, pour lequel elle le croit mort. Même s’il s’en sort sans séquelles, plus rien n’est comme avant pour elle ; sur son conseil, elle entame alors une psychanalyse. Elle sera très vite troublée par « cet autre amour » qu’elle éprouve de manière viscérale et incontrôlable pour son thérapeute.

Dominique Dyens décrit ici le phénomène du transfert en psychanalyse et en quoi il est nécessaire à la cure.

 

J’avoue avoir été gênée assez vite dans le texte, tant celui-ci paraît autobiographique. J’étais habituée aux romans plus fictionnels de l’auteure, je ne voulais pas de cette intimité bien trop personnelle qui me plaçait en voyeuse, mais l’élégance de l’écriture et l’analyse du processus, la brièveté sans doute aussi du texte, lui donnent davantage valeur d’étude, assez fascinante et intéressante, quand bien même on ne se sent pas d’atomes crochus avec la psychanalyse. Elle s’en explique d’ailleurs à la fin de l’ouvrage, s’interroge sur ce positionnement et décrit bien son rapport à l’écriture à ce moment-là.

 

L’analyse des sentiments, les interrogations tout au long du cheminement, la pudeur malgré tout, la construction et l’écriture ne peuvent que laisser place à l’admiration. Cet autre amour est un roman d’introspection, peu importe à vrai dire que ce soit l’histoire de son auteure ou non, ce pourrait être celle de tout un chacun, c’est bien ici la forme et son message qui l’emportent.

 

 

 

Badge Lecteur professionnel

 

 

Les romans de Dominique Dyens sur ce blog :

- Éloge de la cellulite et autres disgrâces (2006)

- Délit de fuite (2009)

- Intuitions (2011)

- Lundi noir (2013)

 

 

 

Robert Laffont, août 2017, 234 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-221-19745-5

 

 

 

 

Crédit photo couverture : © la petite robe noire 2, huile sur MDF, by Edward B. Gordon / et éd. Robert Laffont

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Je rachète ou pas ? (Les cosmétiques du mois # décembre 2017)

30 Décembre 2017, 15:22pm

Publié par Laure

Je rachète ou pas ? (Les cosmétiques du mois # décembre 2017)

Petit mois avec 9 produits terminés 😊

 

 

- 2 gels douche :

Le gel douche nourrissant de Naturé Moi à la figue bio de Provence (et 96 % d’ingrédients d’origine naturelle) : je l’avais déjà utilisé il y a longtemps, je lui fais les mêmes reproches : produit très liquide, on a donc tendance à en utiliser trop, pas facile à doser. Odeur de figue assez faible et pas d’effet nourrissant, à moins que ce ne soit tout simplement pas trop desséchant. Je rachèterai peut-être lors de promo mais je préfère celui à l’amande dans cette marque.

 

Le gel douche parfumé « comme une évidence » d’Yves Rocher, flacon 200 ml, (11,40 € sans remise), reçu en cadeau par la marque. Ça tombe bien, j’ai aussi le parfum, c’est donc une senteur que j’aime bien. Je ne l’aurais pas acheté exprès et je ne le rachèterai pas, même si en cadeau, je l’apprécie ! Et surprise, il a beaucoup plu à mon ado de fille 😊

 

 

 

 

 

Shampooing ultra-doux à l’huile d’argan et cranberry pour cheveux colorés ou méchés. Acheté pour tenter de faire durer la couleur plus longtemps. Pas mal, mais je ne rachèterai plus de format 400 ml : c’est interminable à finir ! Sinon pourquoi pas, même si j’essaie dorénavant d’aller vers des formules sans sulfates avec plus ou moins de succès.

 

 

 

 

 

 

 

Démaquillant douceur yeux sensibles pur bleuet Yves Rocher, flacon 100 ml, (4,90 € sans remise) : je l’utilise depuis une éternité, et le rachète régulièrement en prix promo à – 50% ou deux pour un. Depuis le changement de packaging, à noter que la contenance est passée de 125 ml à 100 ml !

 

 

 

 

 

 

 

Soin contour des yeux au Q10, Alverde, marque bio de chez DM (Allemagne), flacon pompe de 15 ml, (3,49 € ou 3,99 € je ne sais plus mais bref trois fois rien). Je l’ai beaucoup aimé. Bien hydratant mais non gras non collant, je rachèterais bien volontiers mais je n’ai pas prévu d’aller en Allemagne de sitôt !

 

 

 

 

 

 

 

 

L’effaceur yeux soin anti-âge de Gemey Maybelline, couleur beige rosé. (Prix : une dizaine d’euros de mémoire). Les youtubeuses beauté l’adorent, personnellement je ne vois pas de différence avec ou sans. Je rachèterai peut-être mais je ne comprends pas l’engouement pour ce produit.

 

 

 

 

 

Poudre lissante éclat, beauty amplifier, Sephora, poudre compacte blanche invisible 8 g, prix : 13,99 €. Je ne rachèterai pas. Je l’ai détestée. Là encore, je ne partage pas du tout l’avis des youtubeuses unanimes (ceci dit elles ont 20 ans, elles n’ont rien à lisser !) Pourquoi je ne l’ai pas aimée : quel que soit le pinceau poudre utilisé et la quantité mise, même si j’en mets à peine, elle veloute le duvet de mon visage d’une matière blanche peu esthétique : pas invisible du tout ! et aucun effet lissant visible. Je lui préfère et de loin sans hésiter sa copie à 3,99 € chez Essence (8 g également), qui n’a aucune revendication lissante mais qui matifie de manière totalement invisible.

 

 

 

 

 

 

 

 

Stick lèvres protecteur « classique » de Blistex, acheté chez DM en Allemagne à petit prix (1 € ou 1,50 € ?), pas mal. Je ne vais pas en Allemagne prochainement mais il fait le même job que n’importe quel baume à lèvres basique, donc pourquoi pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et pour finir, les papiers matifiants de chez Adopt’. Je ne rachèterai pas, tout simplement car la marque a abandonné la commercialisation. Dommage, c’était le meilleur rapport qualité-prix que je connaissais, et j’ai testé à peu près toutes les marques !

 

 

 

 

 

C’est fini pour ce mois-ci 😊

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Chacune de ses peurs – Peter Swanson

29 Décembre 2017, 17:44pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie-France de Paloméra

 

 

Kate Priddy échange son appartement de Londres pour six mois avec celui de son cousin Corbin Dell à Boston, cousin qu’elle n’a jamais rencontré. Victime d’un ex petit ami psychopathe, elle souffre d’attaques de panique et cela lui fera du bien de changer d’air et de quitter un peu le domicile de ses parents où elle s’est réfugiée.

 

Alors qu’elle arrive dans l’immeuble, elle apprend le décès d’Audrey Marshall, sa voisine de palier, qui vient d’être assassinée. Son cousin Corbin serait-il soupçonné ? Et que cache ce curieux voisin d’en face, Alan Cherney, voyeur obsessionnel ?

 

Si le début se veut assez lent et pose les bases psychologiques des personnages calmement, une réalité plus sordide va vite prendre le dessus. De facture assez classique – fausse piste qui sème le doute et le suspens, retournement de situation – le dénouement se construit assez aisément toutefois, les pièces du puzzle s’agencent les unes après les autres de manière assez transparente.

 

Si ce polar n’a rien d’exceptionnel, il est propre et fonctionne bien : il maintient la tension le temps d’arriver à une conclusion évidente : les gentils s’en sortent plus forts et les méchants meurent. (On doit pouvoir dire cela d’à peu près n’importe quel thriller des beaux quartiers)

 

 

Un bon moment de détente pour le genre, une fois de temps en temps c’est divertissant.

 

 

J’ai aimé les allusions aux lectures des personnages, souvent mainstream mais qui posent le cadre, avec Gone Girl notamment (Les apparences, de Gillian Flynn), même si l’élève n’égale pas le maître.

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018, catégorie Policier

 

 

 

 

 

Calmann-Levy, septembre 2017, 374 pages, prix : 21,90 €, ISBN : 978-2-7021-6027-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Hayden Verry / Arcangel Images / et éd. Calmann-Levy

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Et si l’amour c’était aimer ? – Fabcaro

28 Décembre 2017, 15:03pm

Publié par Laure

Sandrine est heureuse en ménage avec Henri, mais elle tombe sous le charme du livreur de Speed Macédoine, Michel, musicien dans un groupe de rock par ailleurs.

 

« Tout à coup, Sandrine sentit tous ses sens s’enflammer tel un incendie se propageant dans la forêt de son corps… Le regard de cet homme, noir comme une nuit sans lune, la magnétisait tel un aimant dont elle ne pouvait se détacher… »

 

Alors Sandrine trompe Henri avec Michel, après des soirées ininterrompues de macédoine au dîner (« la macédoine est un symbole phallique », sic), ce dernier finit par l’apprendre, ah la bienveillance des potes !  « Mais oui, c’est vrai, vous avez raison, mes amis de l’amitié ».

 

 

J’avais découvert Fabcaro avec Zaï zaï zaï zaï que j’avais adoré, et je suis un peu moins emballée cette fois, même si l’on retrouve bien le côté complètement barré de l’auteur, un grand n’importe quoi qui part dans tous les sens, au énième degré de l’absurde.

 

On notera le travail graphique et stylistique qui parodie avec succès les romans photo et les romances Harlequin des années 1980.

 

100 % décalé.

 

 

 

Éditions 6 pieds sous terre, octobre 2017, prix : 12 €, ISBN : 978-2-35212-135-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Fabcaro et éd. 6 pieds sous terre

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Jusqu’à la bête – Timothée Demeillers

27 Décembre 2017, 15:05pm

Publié par Laure

Erwan travaille au ressuage dans un abattoir industriel de la périphérie d’Angers, une étape qui consiste à refroidir la température d’une bête fraichement abattue pour que sa viande atteigne une qualité propice à une bonne consommation. Sa vie entière est rythmée par la cadence des carcasses qui arrivent sur le rail, et qu’il pousse l’une après l’autre. L’odeur du sang, le froid permanent font de son métier une horreur. Sa seule lueur d’espoir est dans sa relation avec Lætitia, la jeune intérimaire d’un été….

 

Quand s’ouvre le roman, raconté à la première personne, Erwan est en prison depuis deux ans, il lui reste encore seize ans à tirer. Le tic de la pendule a remplacé le clac de la chaine de l’abattoir, la vacuité des propos des émissions de télé celle des blagues sexistes de l’usine. C’est donc qu’il y a eu drame, puisqu’Erwan en est là, mais lequel, et pourquoi ?

 

C’est tout l’objet du récit qui y conduira. Dans une langue rythmée, scandée par les clacs de la chaine, qui parfois se déstructure, s’accélère, s’étire alors que les premières phrases étaient très courtes, c’est le travail comme moteur destructeur d’une vie qui est dénoncé. Il y est question d’abattage industriel, dans des conditions difficiles, mais le contexte pourrait être autre, c’est la cadence, la déshumanisation du travail qui font œuvre ici. L’administration froide et inhumaine qui détruit au motif d’une production toujours plus rapide, l’origine sociale qui détermine, l’ambition qui éloigne quand les cœurs se rapprochent, le monde du travail qui broie l’humain jusqu’à ce qu’il redevienne une bête et se comporte comme telle.

 

Dérangeant mais si réel…

 

 

 

Asphalte éditions, août 2017, 149 pages, prix : 16 €, ISBN : 978-2-918767-71-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Dan Chung / Arcangel Images / et Asphalte éditions

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Edelweiss – Cédric Mayen (scénario) et Lucy Mazel (ill.)

26 Décembre 2017, 15:05pm

Publié par Laure

Edmond et Olympe se rencontrent après-guerre. Olympe est une femme indépendante, qui travaille et vit seule, ce pour quoi elle a dû demander l’autorisation de son père, car c’était audacieux pour l’époque.

 

Edmond est ouvrier chez Renault, ce qui est loin d’être un parti suffisant pour le père d’Olympe.

 

Mais Olympe est tenace ; tout comme elle est passionnée par la montagne, et comme sa tante Henriette l’a fait avant elle, elle rêve d’escalader le Mont Blanc.

 

En mars 1950, Edmond fait son service militaire chez les chasseurs alpins, l’école militaire de haute montagne, le père d’Olympe n’y est pas étranger, c’est sans doute mieux que l’Indochine dont son cousin Honoré reviendra amoché.

 

En signe d’amour, Edmond cueille un edelweiss qu’il envoie à sa bienaimée Olympe, geste sacrilège, mais quand on aime ….

 

 

Je n’en dirai guère plus sous peine de trop dévoiler de l’intrigue, mais les épreuves n’épargneront pas le jeune couple ni leur famille et amis.

 

Le personnage d’Olympe est fort, toujours avant-gardiste, elle se débat avec les conventions sociales prônées par son père, elle est libre et déterminée, audacieuse, courageuse, têtue. Edmond tente souvent de la raisonner mais par amour se surpassera bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

 

Une très belle histoire d’amour et d’affranchissement des conventions sociales, qui donne tout pouvoir à l’affirmation de soi et à la poursuite de ses rêves et de ses idéaux.

 

Si l’on se laisse porter par le scénario et le dessin, dans de beaux fondus de couleurs et quelques très belles pleines pages qui rythment l’avancée du récit, on a bien du mal à retenir une petite larme à la fin. Touchant et réussi, même quant a priori, on ne s’intéresse pas du tout à l’alpinisme !

 

 

 

Vents d’Ouest, juillet 2017, 89 pages, prix : 17,50 €, ISBN : 978-2-7493-0814-2

 

 

 

Crédit photo couverture : ©Lucy Mazel et éd. Vents d’Ouest

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Tango fantôme – Tove Alsterdal

24 Décembre 2017, 15:54pm

Publié par Laure

Traduit du suédois par Emmanuel Curtil

 

 

La veille de la nuit de Walpurgis, qui marque la fin de l’hiver en Suède, une femme tombe de son balcon du 11ème étage. La police conclut assez vite à un suicide, mais sa sœur, Hélène Bergman, est dubitative, même si elle avait coupé les ponts depuis longtemps.

 

Leur mère, Ing-Marie Sahlin, a disparu en novembre 1977 ; les deux enfants, Camilla (qui se fera appeler Charlie plus tard) et Helene avaient alors 5 et 3 ans. L’enquête d’Helene va la mener en Argentine, car il semblerait que sa sœur y soit allée en quête de leur mère très peu de temps auparavant.

 

Une intrigue policière un peu hors norme, au rythme lent mais au contexte très fouillé, qui fait une large place à la guerre sale et au terrorisme d’Etat dans les années 1980 dans les pays d’Amérique du Sud. C’est aussi un roman sur les relations mère-fille, et sur la place de la mère au cœur d’une famille. Qu’il s’agisse d’Ing-Marie, de Charlie ou d’Helene, leur parcours est complexe.

 

Les faits historiques dénoncés, l’intrigue au long cours qui mêle les temps entre l’Argentine et Jakobsberg, de 1977 à 2014, et qui s’étend au-delà géographiquement, sont riches et intéressants.

 

Un roman vers lequel je ne serais pas allée spontanément mais qui se révèle être une bonne surprise.

 

Sans être un coup de cœur, je ne regrette pas ma lecture, malgré des ramifications qu’il est parfois un peu difficile de suivre. Les personnages secondaires sont nombreux mais ont tous leur importance également.

 

 

L’ampleur du roman est ambitieuse, mais maitrisée.

 

 

p. 109 : « Mais après tout, que savait-elle de Charlie ?

Une pensée : la vie d’une personne ne se trouve pas dans ce qu’elle laisse derrière elle mais dans ce qu’elle choisit de cacher. »

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

Rouergue noir, octobre 2017, 474 pages, prix : 23,50 €, ISBN : 978-2-8126-1447-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © Plainpicture / robertharding / Lee Frost / et éd. du Rouergue.

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