Les jardins d'Hélène

Einstein, le sexe et moi – Olivier Liron

24 Décembre 2018, 15:02pm

Publié par Laure

Extrait p. 23 : « J’ai eu un parcours d’élève modèle. Baccalauréat à 17 ans, classe préparatoire littéraire à 18 ans, entrée à l’Ecole normale supérieure à 20 ans. Agrégé à 23 ans. Enseignant à la Sorbonne à 24 ans. Julien Lepers à 25 ans. Dépucelage à 26 ans. Dépression à 27 ans. Mais c’est une autre histoire. »

 

Le ton est donné, notre candidat est doué et ne manque pas d’humour, dont il use avec parcimonie, au détour d’une phrase, l’air de ne pas y toucher, mais il fait mouche. Il a aussi cette particularité qu’il explique en préambule : il est autiste Asperger. S’il peut apprendre tout Wikipédia sans problème, il a plus de mal à en groupe.

 

Olivier Liron raconte dans ce bref et plaisant roman sa participation au jeu de Questions pour un champion animé par Julien Lepers, tout en revenant, au fil de ce que lui évoque une question, sur des passages de son enfance : l’im-(é)-migration de sa mère, la violence scolaire dont il fut victime, ses premières amours maladroites … et bien sûr il raconte l’émission avec un tel suspens et une telle hargne qu’on ne peut que lire le roman d’une traite : même si l’on se doute de l’issue, la tension y conduit en quasi apnée, et qu’est-ce que c’est bon !

 

 

Un roman original et drôle par son observation de soi et des autres.

 

 

P. 58 : « J’ai vu le regard de Julien Lepers et j’ai su que c’était bon. Julien a rugi comme un lion affamé par des années de quinoa » »

 

 

(Dans ma mémoire émotionnelle, je regardais Questions pour un champion avec ma grand-mère quand j’étais en vacances chez elle. Mais elle est morte pendant la guerre du Golfe et il y a longtemps que je n’ai plus l’âge de l’enfance. Vérification faite, cette émission a débuté en 1988, j’avais donc 14 ans et ça fait partie de mes bons souvenirs de jeunesse !)

 

 

 

Lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois :

 

 

 

Alma éditeur, septembre 2018, 195 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-36279-287-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Alma éditeur.

 

Voir les commentaires

Novembre 2018 en couvertures ...

1 Décembre 2018, 14:59pm

Publié par Laure

En novembre j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En novembre, j'ai repris les séries, en replay télé surtout :

 

Ad vitam (Arte)
saison 3
adapté du roman de Nicolas Mathieu

 

Voir les commentaires

Deux petits ours - Ylla

20 Novembre 2018, 14:09pm

Publié par Laure

Paru en 1954, cet album est une réédition du seul livre entièrement réalisé par Camilla Koffler, dite Ylla. Photographe, spécialisée dans la photographie animalière, elle a surtout confié des photos à d’autres auteurs. (Une postface de Laurence Le Guen explique son parcours).

 

Deux petits ours est un album documentaire délicieusement désuet, mais dont les photos en noir et blanc de ces deux oursons sont toujours aussi belles et attendrissantes. La qualité du papier, la couleur, la texture, la mise en pages participent de la réussite de l’ensemble.

 

Observation, attente, scènes de jeu ou de repos, construction en lien avec le texte (ces petits filous vont passer la journée à s’amuser et se perdre au lieu d’écouter sagement leur mère à qui ils ont promis bien sûr de ne pas bouger !)

 

 

Décalé mais intemporel, un grand bravo aux éditions MeMo pour ce choix, et un grand merci à mon libraire qui me l’a conseillé ! J’étais sceptique mais j’ai adoré et je ne cesse de le proposer depuis !

 

 

 

Éditions MeMo, mars 2018, 40 pages, prix : 16 €, ISBN : 978-2-35289-379-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Ylla et éd. MeMo

Voir les commentaires

L’esprit de la forêt – Astrid Desbordes et Marc Boutavant (ill.)

19 Novembre 2018, 13:48pm

Publié par Laure

Neuvième album déjà dans la série d’Edmond et ses amis, c’est toujours un plaisir de les retrouver !

 

Cette fois, Edmond l’écureuil et ses amis Georges Hibou et l’ours Edouard sont réveillés à l’aube par un bruit de marteau, qui semble provenir de la rivière. Mais quel est donc ce cube étrange qui a poussé pendant la nuit ? C’est Jack le chat qui s’est construit une maison « technique, pratique, cubique, techno… » ça va on a compris l’interrompent ses amis. Mais pour ce faire il a rasé un vieux saule, au diable les vieilleries, il faut être moderne dans la vie !

 

La nature ne l’entend pas de cette façon et il faudra faire face au déchainement de la tempête. Et c’est en lisant la grande encyclopédie de la nature qu’Edmond va lui expliquer à quoi servait le saule, et le grand esprit de la forêt (taquin) va faire promettre à Jack de retenir la leçon !

 

Une belle petite histoire pour initier les plus jeunes à la nécessité de préserver la nature.

 

Toujours aussi colorée, un peu plus sombre et grave, cette histoire n’oublie pas pour autant la force de l’amitié et l’entraide. A lire sans hésiter !

 

(dès 3 ans)

 

 

 

Nathan, novembre 2018, 32 pages, prix : 7,95 €, ISBN : 978-2-09-257638-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Marc Boutavant et éd. Nathan

Voir les commentaires

Fais de moi la colère – Vincent Villeminot

18 Novembre 2018, 14:07pm

Publié par Laure

Ismaëlle a seize ans lorsqu’elle perd son père qui ne revient pas de sa journée de travail. Il était pêcheur. Orpheline - sa mère étant morte à sa naissance - elle se voit contrainte de travailler pour survivre. Elle reprend ce dur métier plutôt masculin avec la barque de son père, sous les regards critiques des gens du coin, elle est jeune, belle, désirable.

 

Mais très vite des corps morts vont remonter à la surface du lac Léman, événements mystérieux qui vont perturber la population. C’est à ce moment-là qu’elle va rencontrer Ézéchiel, fils d’un ancien dictateur africain. Elle n’échappe pas au désir de son beau corps d’ébène.

 

 

Le récit avance avec leurs deux voix, dialogues et monologues, l’écriture est belle, parfois poétique, mais l’intrigue déroute. De quelle allégorie Mammon, la Bête mystérieuse qu’il faut tuer, est-elle la représentation ? On peut y voir les violences et les atrocités des guerres et des dictatures, le pouvoir de l’argent et la cupidité des hommes, faut-il absolument vouloir comprendre ? Le roman se lit aisément, grâce à la brièveté des chapitres, à l’aération constante des paragraphes et de la mise en page. On respire dans ce livre. Malgré l’étrangeté de son sujet.

 

 

Très éloigné du type de roman plutôt réaliste et intimiste que je lis habituellement, je ne sais pas si j’ai vraiment aimé ce livre, il m’a toutefois interpellée par sa différence.

 

 

 

Fais de moi la colère est le premier roman de littérature générale de Vincent Villeminot, déjà reconnu depuis une dizaine d’années dans la littérature de jeunesse, pour les ados notamment. Difficile donc de le qualifier de premier roman même si c’est ainsi qu’il fut présenté cet automne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois, lectures partagées des premiers romans de la rentrée littéraire.

 

 

 

 

 

Éditions Les Escales, août 2018, 273 pages, prix : 17,90 €, ISBN : 978-2-36569-340-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Getty images / Erik Witsoe / EyeEm / et éd. Les Escales

Voir les commentaires

Simon & Louise - Max de Radiguès

17 Novembre 2018, 14:31pm

Publié par Laure

Simon & Louise est l'édition intégrale de deux albums parus précédemment : 520 km, et un été en apnée.


Chacune de des deux parties présente le point de vue d'un personnage : celui de Simon pour la première et de Louise pour la seconde.


Le temps d'un été, c'est le récit classique mais frais et réaliste des premières amours adolescentes, des premières ruptures sur le coup d'un quiproquo, des jeux amoureux et de la complicité entre cousines. Vacances en familles, audace, courage, désirs et envie... pour mieux se retrouver à la rentrée ?

 

 

Sarbacane, mai 2017, 125 pages, prix : 18,50 €, ISBN : 978-2-84865-979-4

 

 

 

Crédit photo couverture :  © Max de Radiguès et éd. Sarbacane.

 

Voir les commentaires

La lumière est à moi (et autres nouvelles) – Gilles Paris

16 Novembre 2018, 11:57am

Publié par Laure

Après le succès de Courgette (Autobiographie d’une courgette), mais aussi du vertige des falaises, d’au pays des kangourous, et de l’été des lucioles, Gilles Paris est incontestablement l’écrivain de l’enfance. D’une enfance bouleversée mais qui finit toujours par s’ouvrir au jour.

 

Avec ces dix-neuf nouvelles, Gilles Paris reste fidèle à ce thème qui lui est cher, et sait toucher son lecteur par des histoires graves qui n’oublient jamais la rédemption. Qu’ils soient hommes ou femmes, enfants, ados ou adultes racontant leur passé, ces nouvelles mettent en scène des solitudes qui se rencontrent, souvent déclenchées par la mort prématurée d’un parent, la séparation, la maladie.

La mer, le soleil, les volcans, différents pays du monde enveloppent de leur chaleur ces enfants pris au piège du tourbillon des émotions des adultes.

 

Des nouvelles à grappiller de-ci de-là ou à lire d’une traite ou presque, le choix est vaste, j’ai bien sûr quelques préférences pour quelques-unes d’entre elles, comme ces deux premières nouvelles qui se répondent, avec les points de vue différents de deux des protagonistes ; l’histoire d’une petite dernière, violente et provocatrice qui cache un drame des familles, la force et le pouvoir d’évocation d’Enfants de cœur, et la lumière apaisante et heureuse de la toute dernière qui donne son titre au recueil : la lumière est à moi.

 

 

L’occasion peut-être aussi (ce fut le cas pour moi) de découvrir la collection « haute enfance » chez Gallimard, riche de grands auteurs.

 

 

Aujourd’hui on dirait souvent résilience, mais Lior, la lumière est à moi en hébreu, c’est aussi cet éclat de lumière dans la douceur parfois amère de la vie.

 

 

p. 182 : « J’ai deux fois cinq ans. A mon âge on ne sait pas trop ce que l’amour veut dire. Parfois je ne comprends rien. Les adultes me fatiguent. »

 

 

 

 

Gallimard, coll. Haute enfance, octobre 2018, 197 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-07-279795-8

Crédit photo couverture : © Didier Gaillard-Hohlweg et éd. Gallimard.

Voir les commentaires

Pêche – Emma Glass

15 Novembre 2018, 08:39am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Claro

 

Ce premier roman d’Emma Glass est bref (125 pages tout juste) mais stupéfiant de maîtrise, d’originalité dans l’écriture et le rythme. Sans doute faut-il souligner ici tout particulièrement le travail du traducteur (et Claro semble ici une évidence), tant cela n’a pas dû être facile d’avoir un tel rendu, rythmé, mélodieux, poétique parfois. Très réussi en tout cas.

 

La narratrice a subi un viol (du moins semble-t-il), ne s’en ouvre pas à ses parents (plus occupés à s’aimer bruyamment et à s’occuper du bébé), mais va devoir affronter de nouveaux démons et vivre avec.

L’histoire, extrêmement imagée, peut dérouter parfois. Mais l’ensemble est si bien tenu, poussé jusqu‘au bout de la métaphore, basculant dans un fantastique étonnant, qu’on ne peut qu’admirer le talent de l’autrice.

 

 

Tout est travaillé, les titres de chapitre, les prénoms des personnages, jusqu’à l’image de couverture.

 

 

 

Dans les remerciements, l’autrice salue « l’influence et l’intelligence supérieure de Gertrude Stein, James Joyce, Dylan Thomas, Kate Bush et Justin Vernon. La beauté de vos mots m’étourdit ».

Ceux d’Emma Glass aussi.

 

 

A lire pour sortir des sentiers battus.

 

 

 

Flammarion, août 2018, 125 pages, prix : 14 €, ISBN : 978-2-0814-4313-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Geoff McFetridge, « Put on » (2008) et éd. Flammarion

Voir les commentaires

Didier, la 5e roue du tracteur – Ravard et Rabaté

14 Novembre 2018, 07:30am

Publié par Laure

(Scénario de Pascal Rabaté, dessin de François Ravard)

 

 

La première fois que j’ai vu cette couverture en librairie, j’ai hésité, j’ai pensé à un truc lourdingue et pas subtil pour deux sous. Et puis mince, c’est Rabaté au scénario quand même ! Alors j’ai craqué, et j’ai bien fait.

 

Un vrai coup de cœur, où j’ai ri franchement toute seule à maintes reprises.

 

Pas seulement parce que ces champs, ces vaches et ces éoliennes, c’est chez moi, je les vois tous les matins quand j’ouvre les volets. [Bien sûr, c’est juste une représentation réaliste de la campagne aujourd’hui, je ne pense pas que François Ravard soit venu dessiner la Sarthe tout particulièrement. Mais ces éoliennes, ces concours de labour et autres fêtes agricoles, c’est troublant quand même wink )

 

Didier, 45 ans, est un célibataire endurci qui n’a jamais connu le véritable amour. Et ça lui manque. Alors quand il a un p’tit souci de santé et qu’il imagine déjà le pire, il va se confier au docteur. Qui lui prescrit un anti-hémorroïdes et lui inscrit l’adresse du site Meetic sur un post-it.

 

Didier vit avec sa sœur Soazic, qui participe plus que nécessaire aux tâches de la ferme (il faut bien compenser le penchant de Didier pour la bouteille), et Régis, un collègue qui a fait faillite et dont la propriété, les bêtes et le matériel ont été vendus aux enchères.

 

L’ensemble est fin, hyper réaliste, sensible, drôle, touchant.

 

Certaines scènes sont cocasses (notamment la coquinette rencontrée sur Meetic), mais la tendresse de ceux qui l’aiment n’est jamais loin. Et il est beau de voir comme les choses sont simples pour Soazic et Régis.

 

Un régal de bonne humeur qui fait exploser les coups de mou et qui ne pourra pas ne pas vous faire penser à l’amour est dans le pré ! Je ne sais s’il y est, mais l’humour lui, y est bien !

 

 

 

Futuropolis, septembre 2018, 79 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-7548-2384-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © François Ravard et éd. Futuropolis.

Voir les commentaires

Méphisto – Bernard Villiot et Antoine Guilloppé (ill.)

13 Novembre 2018, 16:35pm

Publié par Laure

Quel bel album qui allie à merveille texte rimé et illustrations !

 

Méphisto est un chat noir rejeté de tous, car il porte malheur du fait de son pelage. Las, il quitte la ville pour vivre en paix dans la nature « le temps d’un été, le temps d’un automne ». L’hiver venu, il regagne la ville pour trouver de la nourriture et redoute l’accueil qui lui sera fait. Mais les maisons étant envahies de rats et de souris depuis son départ, il sera à nouveau le bienvenu….

 

Le texte en vers et souvent rimé est magnifique, tout comme les dessins en noir sur blanc d’Antoine Guilloppé. On y lira au choix une belle histoire sur un chat mal aimé, ou une fable sur la différence, le racisme, le rejet de la différence, mais en tous les cas, amateurs de chats ou non, ne boudez pas votre plaisir !

 

 

 

Extrait : (1ère page, site de l’éditeur) :

 

« Fut un temps, je ne sortais que la nuit,
À l’heure où les parents couchent leurs petits.
On m’évitait pour conjurer le mauvais sort.
Je portais, paraît-il, la poisse, la guigne et je ne sais quoi encore.
Personne ne voulait croiser mon chemin,
Car sous ma robe se cachait, disait-on, le diable, le Malin.
J’étais un chat maudit, un maudit chat tout noir,
Noir comme la nuit, noir comme la suie, noir comme l’ennui.
Alors on m’affubla du triste nom de Méphisto. »

 

 

 

Gautier-Languereau, septembre 2018, [32 pages], prix : 13 €, ISBN : 978-2-01-702497-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Antoine Guilloppé et éd. Gautier-Languereau

Voir les commentaires