Les jardins d'Hélène

Bref, ...

15 Mars 2012, 20:32pm

Publié par Laure

Oui je sais, ça fait le tour de la toile, vous l'avez donc sans doute déjà vu , mais... les lunettes et le chignon quoi !

 

 

 

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Vie animale - Justin Torres

14 Mars 2012, 15:07pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Laetitia Devaux

 

vie-animale.jpgIls sont trois frères qu’à peine trois années séparent, le narrateur dont on ne connaît pas le prénom au début de l’histoire, alors âgé de 7 ans, et ses aînés, Manny, 10 ans, et Joel 8 ans.

Ils crèvent de faim et vivent comme ils peuvent entre Paps et Ma, leurs parents complètement paumés, sans le sou, qui les ont eus bien trop jeunes (à l’âge de 14 et 16 ans). Par courts chapitres et avec une économie de moyens remarquable, l’auteur relate des épisodes de leur vie, entre violence et amour malgré tout. On les voit grandir unis dans cette fratrie, régulièrement battus, malmenés, et pourtant, malgré les pires horreurs, une tendresse est omniprésente dans cette curieuse famille. Ils évoluent entre cris et misère, dans ce qui leur semble être la normalité de la vie, et toujours unis.  Seul le petit dernier semble gagner son libre arbitre, affirmer avec l’âge sa différence, sa fragilité, sa volonté de s’élever (il aime les livres, pensez donc), toutes choses qu’il paiera cher, car la fin, inattendue, est aussi superbe qu’effrayante.

Le premier roman très prometteur d’un jeune écrivain à surveiller, par sa capacité à dire tant en si peu de pages de la nature humaine qui parfois, n’est pas si loin de la vie animale, sauvage et rustre.

 

L’Olivier, janvier 2012, 141 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : © Mike Nowak et éd. de l’Olivier.

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Je tue les enfants français dans les jardins - Marie Neuser

4 Mars 2012, 13:39pm

Publié par Laure

 

je-tue-les-enfants-francais.jpgça y est, je l'ai mon premier vrai frémissement de l'année 2012, le coup de poing à l'estomac d'un livre pas déjà lu cent fois. Écrire un tel roman, il fallait l'oser, et tout autant pour l'éditeur, oser le publier. Sur un sujet aussi sensible que la violence scolaire et l'impuissance des enseignants, il faut s'attendre à ce que le débat soit virulent, et que la polémique enfle. On s'éloigne du politiquement correct, on reprochera que ce sont toujours les mêmes populations qui sont stigmatisées. On tempèrera la discussion en répondant que « c'est un roman, une fiction ! » Oui mais une fiction aux accents si réalistes qu'on en a parfois froid dans le dos.

Lisa Genovesi est prof d'italien dans un collège sensible de Marseille. La ville n'est jamais nommée mais les indices sont parlants. Dans sa classe de 3ème2, Malik et Adrami font la loi, caïds légitimés par tous. Lisa part de chez elle la peur au ventre, elle sait qu'elle affrontera les insultes, les crachats, le chahut et que son cours ne sera qu'un leurre qui aura au mieux des allures de garderie. L'administration tout aussi impuissante (surtout ne pas faire de vagues) ne la soutient pas. Lisa repense à son père, son modèle qui l'a guidée malgré lui vers ce métier. Au chapitre 25, pivot du livre, ce père déclare : « Je ne trouve pas de solution. Je cherche, mais je ne trouve pas. »

Dès lors, la peur se mue en colère, la haine tapie se déchaîne, jusqu'à une fin que l'on pressent, noire. Roman noir, dérangeant, frappant, qui use en permanence de la comparaison du propre et du sale. Les images sont fortes, l'enseignante a besoin de se laver de cette crasse humaine. Le parti pris est osé, extrême, il y a les trop propres et les trop sales, les trop gentils et les très méchants, et une telle dichotomie ne laisse aucune place à l'entre deux. C'est ce qui gêne aussi et ne peut laisser indifférent.

D'autant plus que l'auteur est elle-même enseignante, la frontière est ténue entre fiction et réalité, comment se positionner réellement face à ce récit ? Le propos questionne d'autant plus. Mais c'est bien le rôle de la littérature aussi, de secouer de temps en temps, non ? Bravo !

 

p. 9 : "Mon inspecteur m'a dit, il y a trois mois : N'essayez même pas de faire cours, Mademoiselle. Sauvez votre peau."

 

L'écailler, juillet 2011, 163 pages, prix : 16 €

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Crédit photo couverture : ©Patrick Blaise et éd. L'écailler


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La pizzeria du Vésuve - Pascaline Alleriana

28 Février 2012, 17:13pm

Publié par Laure

Il y a peu, je m’inquiétais de ma tendance à lire trop, et par là je voulais dire absorber une surproduction dont il ne me restait au final pas grand-chose. Plus on lit et plus on devient difficile, plus on lit et plus le chef d’œuvre - en tout cas le livre qui vous frappe vraiment - se fait rare. Mes propos avaient été plutôt mal compris, vous me répondiez que vous, vous ne lisiez pas assez, alors que je vois à vos blogs que vous lisez pourtant bien plus que moi.

pizzeria-du-vesuve.jpgEtrange introduction pour parler de ce recueil de Pascaline Alleriana, mais parce qu’il me semble aujourd’hui que j’en suis là pour beaucoup de livres. L’un chasse l’autre mais ma mémoire ne garde pas grand-chose.

J’ai appris à me méfier des mails d’auteurs qui proposent leurs ouvrages faute de réel travail promotionnel éditorial, je ne réponds pas la plupart du temps, parce que je ne suis pas un robot non plus, et que je ne peux pas lire trois livres par jour (et que j’ai été échaudée par de si médiocres publications à compte d’auteur). Quand Pascaline Alleriana m’a proposé son recueil, je suis allée visiter le site de l’éditeur et l’approche m’a semblée intéressante et sérieuse. J’aime les nouvelles, j’ai donc répondu favorablement. J’ai lu le recueil un week-end, quasi d’une traite, agréablement surprise, notamment par l’écriture, le style, le rythme, rapide, enjoué, qui donne presque parfois un peu le tournis. Travail sur le langage, la temporalité (même si parfois transparaît peut-être un peu l’exercice codifié d’ateliers d’écriture), sur la dualité, je me suis surprise à trouver cela vraiment pas mal. Mais voilà, aujourd’hui, une semaine après ma lecture, il ne m’en reste rien, sinon le souvenir d’avoir passé un bon moment, mais je suis incapable de résumer ne serait-ce qu’une seule des quatre nouvelles. C’est peut-être cela le burn out de lecture dont je parlais. Pourtant, il y a quelque chose d’intéressant dans l’écriture de Pascaline Alleriana. Alors comme je pense qu’elle mérite au moins un billet sérieux sur son recueil, je suis prête à le faire voyager si l’un ou l’une d’entre vous, blogueurs lecteurs habituels de ces jardins souhaite le découvrir, avec possibilité de faire suivre. Ça ne fait pas vendre (je persiste à penser que ce n’est pas notre rôle), mais ça peut donner à l’auteur d’honnêtes retours de lecteurs.

 

 

Ed. Kirographaires, janvier 2012, 144 pages, prix : 18,45 €

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Crédit photo couverture : © éd. Kirographaires

 

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Je préfère qu’ils me croient mort – Ahmed Kalouaz

25 Février 2012, 07:10am

Publié par Laure

je-prefere-qu-ils-me-croient-mort.jpgInspiré de faits réels, cette histoire narre le parcours d’un jeune africain « repéré » avec quelques autres dans son pays natal (le Mali) par des recruteurs véreux qui leur promettent monts et merveilles dans de grands clubs de foot en France ou en Europe. La réalité est bien évidemment tout autre. Les mômes sont quasi nés avec un ballon au bout du pied, ils y jouent tout le temps, pieds nus, s’amusent, et rêvent aux grands qui sont partis et ont réussi. Alors quand on vient leur faire croire qu’ils ont des pieds en or et qu’ils vont devenir célèbres (et ainsi améliorer la vie de leur famille au pays), les parents n’hésitent pas à se cotiser pour réaliser ce grand rêve. Un visa provisoire et c’est le départ vers la France. Point d’Eldorado mais des hôtels bas de gamme, et des jeunes vite abandonnés à eux-mêmes, qui n’ont parfois qu’une visite et un repas par jour puis plus rien, dans un pays inconnu d’eux et sans ressources. Il faut alors survivre, et par fierté, ne pas craquer, ne pas avouer la misère et le désenchantement à sa famille, c’est pourquoi beaucoup préfèrent dire : « Je préfère qu’ils me croient mort ».

 

Le foot et moi, ça fait vraiment deux, mais j’aime bien les romans d’Ahmed Kalouaz habituellement, aussi j’ai tenté celui-ci destiné aux adolescents, et je me suis surprise à m’attacher vraiment au héros, et à trouver intéressante l’intrigue, sans doute parce que je ne connaissais rien de ce phénomène. (Naïve je suis). Kounandi relate son chemin, les comportements honteux des recruteurs,  et l’on perçoit bien son désabusement, partagé qu’il est entre l’envie d’y croire encore et la compréhension de la triste réalité à laquelle il se trouve confronté. Intéressant, vraiment !

 

p. 22 : « Je ne le savais pas encore, mais je venais de devenir une marchandise, un objet de troc. Mon père a signé des papiers que je n’ai jamais vus. De toute façon, il ne sait pas lire, qu’est-ce qu’il aurait pu comprendre à ce qu’avait écrit l’homme au costume ?  (…)

Dans l’esprit de mon père, je ne pouvais pas être un exilé comme les autres, c’est ce qui le rendait peut-être fier. Moi je ne partais pas pour balayer les rues ou m’user à la tâche, mais pour taper dans un ballon. J’allais être choyé, pensait-il, considéré presque comme un dieu, et il suffirait d’empiler les billets sur le coin d’une table, en faisant un tas pour chacun de mes frères, chacune de mes sœurs, chacun de mes oncles prêteurs. Et puis il s’imaginait venant me chercher deux fois par an à l’aéroport de Bamako-Sénou ».

 

Rouergue, coll. DoAdo monde, février 2011, 99 pages, prix : 9,50 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

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L'école est finie - Yves Grevet

24 Février 2012, 07:04am

Publié par Laure

l-ecole-est-finie.jpgTrès court roman de politique fiction, qui n’a pas à rougir de sa brièveté tant la qualité est au rendez-vous, comme souvent dans cette collection à 3 €, qui peut aussi avoir le mérite de rassurer les jeunes lecteurs (dès 9-10 ans) qui ne seraient pas trop à l’aise avec des textes longs.

Nous en sommes en 2028, l’école publique n’existe plus. Les enfants des riches vont à l’école privée, les autres sont formés en alternance, dès le CP, dans des entreprises diverses, tels que « Jardins et Maisons » ou « Speedfooding », avec des apprentissages plus ou moins variés selon l’entreprise. La rémunération du travail se fait sous forme de bons d’achats à dépenser dans l’enseigne, ou de repas offerts. Les parents du jeune narrateur font du troc de bons avec d’autres parents, selon ce qu’ils ont besoin d’acheter. L’âge de la retraite a été reculé à 85 ans, et seuls les riches ont accès aux soins. Il y a bien le dentiste des pauvres, mais l’on doit prendre un ticket, et seulement 10 seront tirés au sort pour la journée !

Les parents de Lila, l’amoureuse du narrateur, en ont assez de voir leur fille exploitée et sans apprentissage intéressant, ils décident de l’envoyer en secret dans une « école du Maquis », un circuit parallèle clandestin, où des instituteurs à la retraite poursuivent les cours tels qu’ils les donnaient avant. Mais la police veille, car cela fait de la main d’œuvre en moins pour les entreprises…

 

p. 43 : « - Alors, tu sais pourquoi notre vie est si dure maintenant ? Et pourquoi mon père regrette tant le passé ?

- Au début du XXIe siècle, m’a-t-elle expliqué, les gens n’ont pas su refuser ce qu’on leur imposait.

- Mais qu’est-ce qu’ils auraient pu faire ?

- S’opposer, s’opposer par tous les moyens. »

 

Une mine pour lancer le débat, réfléchir à l’école de demain (si ce n’est pas déjà celle d’aujourd’hui) et au devenir de la société, un texte fictionnel pas si éloigné que cela d’un effrayant « possible » et qui encourage à rester libre, responsable, et engagé.

  

Syros, coll. Mini Syros, 43 pages, prix : 3 €

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Crédit photo couverture : © Getty / Dorling Kindersley et éd. Syros

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La vie d'une autre, un film de Sylvie Testud (2012)

23 Février 2012, 10:49am

Publié par Laure

Durée : 1h37

Avec Juliette Binoche, Mathieu Kassovitz, Aure Atika, François Berléand

 

la-vie-d-une-autre-film.jpgAdapté du roman éponyme de Frédérique Deghelt (Actes Sud, 2007), la réalisatrice a fait le choix de simplifier un peu l’intrigue (par exemple ce ne sont plus trois enfants mais un seul que Marie trouve à son réveil amnésique, elle se réveille à 41 ans et non 37), mais l’esprit y est. C’est une comédie sympathique mais qui m’a gênée à plusieurs moments : j’ai eu l’impression d’un écart d’âge important entre Juliette Binoche et Mathieu Kassovitz, rendant leur couple et surtout leur rôle de parents un peu bancal, pourtant si j’en crois wikipedia, Juliette Binoche a 48 ans, et Kassovitz 45. C’est probablement injuste, mais elle fait bien plus que ses 41 ans dans le film, et lui fait bien plus jeune ;-) Bref, Juliette Binoche est magnifique, mais m’a semblée trop âgée dans ce rôle, alors que lui semble resté dans la jeunesse pré-amnésie ou presque. De même le luxe ostentatoire omniprésent devient vite agaçant, on finit par se demander si le film n’a pas été sponsorisé par quelques grandes marques de voitures allemandes et de grands couturiers français. Ne parlons même pas de l’appartement avec vue en gros plan sur la Tour Eiffel et la foultitude de gadgets high-tech de leur équipement. Si effectivement ils ont une vie aisée de par leurs situations professionnelles (surtout celle de madame), on est dans une vitrine tellement outrancière qu’elle ne fait même plus rêver. C'est joli pour faire joli et masquer du vide. A croire que c’est un film de bobos parisiens pour bobos parisiens, et ce n’est pas l’image que j’avais gardée du livre.

Et trop de choses restent bancales : l’amie d’enfance apparaît sans que ce soit réutilisé (dommage, il y avait tellement plus et mieux dans le roman), idem pour la maîtresse de Paul, la réalisatrice se focalisant sur le couple, tous les autres font un peu tapisserie sans prendre pleinement part à l’intrigue de manière plausible.

Alors oui c’est une comédie sympa à voir entre copines, mais qui hormis un étalage classieux de fric ne montre pas grand-chose d’autre. Juliette Binoche, que j’aime beaucoup, sauve le film, mais Kassovitz a un peu l’air de s’ennuyer non ? Il en est presque transparent et c’est un comble.

Et que penser de la fin, abrupte, trop soudaine, qui a suscité dans la salle quelques rires nerveux de stupéfaction au tomber du générique, façon il est temps d'en finir débrouillez-vous, faites le happy end vous-même dans votre petite cervelle ?

  

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Souriez - Raina Telgemeier

23 Février 2012, 10:12am

Publié par Laure

souriez.jpgAprès une chute banale qui lui endommage gravement deux incisives supérieures, Raina va connaître des années de traitements dentaires et orthodontiques qui vont la mettre à rude épreuve. Surtout quand on a 11 ans, qu’on entre en 6ème, et qu’on va traverser toute l’adolescence avec des appareils dentaires, des trous, des prothèses, et j’en passe.

Si au départ l’aventure « dentaire » fait frémir (qui aime réellement aller chez le dentiste tous les 15 jours ?!) , c’est d’abord et avant tout le portrait d’une jeune fille qui traverse l’adolescence, puisqu’on la suit de 11 à 15 ans, de la 6ème à l’entrée au lycée, avec son caractère, ses différences, ses premiers émois amoureux platoniques, et ses pensées qui séduiront sans doute bien de jeunes lectrices : « est-ce qu’il a vu que je rougissais, est-ce qu’il m’aime aussi ? » et bien évidemment les regards sont rarement réciproques au même moment !

Visiblement d’inspiration autobiographique (le personnage de la BD a le même nom que l’auteur et la page d’achevé d’imprimer le précise), c’est aussi un scénario rassurant qui montre que toutes les épreuves se surmontent, qu’elles aident à s’affirmer, et que nul ne peut venir entraver votre personnalité. Je ne suis pas sûre qu’il faille offrir ce livre à une adolescente qui va commencer un traitement d’orthodontie, mais si votre fille est déjà dedans, avec un traitement « normal », allez-y ! Lu et apprécié également par mes deux filles de 15 et 11 ans, dont la première endure un peu le même genre d’épreuves. En tous les cas la lecture est positive, soyez sans crainte, on n’en ressort pas traumatisé ! Cheeeese !

 

Akileos, mars 2011 pour la traduction française, 213 pages, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : © Raina Telgemeier et éd. Akileos

 

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We need to talk about Kevin, un film de Lynne Ramsay (2011)

20 Février 2012, 19:09pm

Publié par Laure

 

Durée : 1h50

Avec : Tilda Swinton, John C. Reilly, Ezra Miller, ...

 

Adapté du roman éponyme de Lionel Shriver.

 

we-need-to-talk-about-kevin.jpgLe synopsis d'Allociné : « Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. A l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle tente de comprendre ce qu’elle aurait pu ou peut-être dû faire. »

 

On reste sous le choc quelques heures après le visionnage de ce film, comme le besoin d'aller respirer un grand bol d'air. Eva est la seule à sembler se rendre compte que son fils (encore enfant) est différent, elle peine à construire une relation avec lui, il est dur, violent, cruel avec elle. Manipulateur, haineux, maléfique ? Le regard du petit Kevin est glaçant. Mais le père ne trouve rien d'anormal, allez, ce n'est qu'un enfant, et ce n'est pas bien grave s'il porte encore des couches à 6 ans. Et l'enfant sait jouer et rire avec son père...

La narration du film est éclatée, des flashbacks permettent de reconstituer le drame qui a conduit Kevin en prison, et l'interrogation permanente de cette mère qui a fait ce qu'elle a pu pour élever son fils, en surmontant les épreuves terribles qu'il a fait endurer à sa famille (notamment envers sa petite sœur Célia), et tout ce qu'il faut continuer à endurer après. Et que sont devenus le mari et la petite sœur ? On ne le saura qu'à la fin. La mère semble s'être toujours sentie bien seule pour surmonter tout cela, et n'a pas pu (su) trouver d'aide extérieure. L'histoire fait froid dans le dos à bien des moments, la mise en scène est vraiment réussie et Tilda Swinton et Ezra Miller sont impressionnants dans leur rôle. L'omniprésence de la couleur rouge marque, la peinture qu'Eva passe son temps à nettoyer, la sauce tomate à plusieurs reprises, le rouge qui annonce le sang (qu'on verra très peu au moment du drame), mais la stigmatisation de cette mère que la société rend coupable, l'incapacité à se faire aider ou ne serait-ce qu'entendre, c'est frappant, dur, terrifiant.

Un film dont on ne ressort pas indemne, sans toutefois avoir vraiment de réponse sur le pourquoi, ce qui laisse ouvertes toutes les interprétations. Même si le final laisse entendre que peut-être, tout n'est pas fini dans cette relation mère-fils.

A voir, assurément, mais en sachant que la tension est croissante !

 

(Film interdit en salles aux moins de 12 ans.)

 

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1, 2, 3, 4, 5, 6, … (7, 8, 9 dans mon panier neuf ?…)

17 Février 2012, 18:53pm

Publié par Laure

 

Ce blog a 6 ans aujourd'hui... ça n'a plus vraiment de sens, les blogs sont complètement has been disent de nombreux médias, explosion des réseaux sociaux, nouveaux sites participatifs, etc. Peu m'importe. Je suis restée égale à moi-même toutes ces années, depuis Zazieweb en 1999, le blog m'a juste permis d'ajouter des billets plus personnels dans un espace individuel. 

Je me suis quand même demandé si la BNF ne s'était pas trompée en m'indexant dans ses signets, de même que d'autres blogs choisis, je ne pense pas que cela se justifie, mais bon, après tout, entre la BNF et les sites X hébergés à Hong Kong parce qu'il y a quelques romans érotiques dans ces pages, disons que je préfère quand même le premier référencement.

 

6 ans, ça fait quelques billets, forcément … 1264 avant celui-ci, dont au moins 850 parlant uniquement de livres. Mais qu'en reste-t-il vraiment à part des données sur un serveur ? Les livres qui m'ont réellement marquée, accompagnée à un moment de ma vie, n'occupent sans doute pas plus d'une demi étagère... Tout le reste ne découle-t-il pas simplement d'une surproduction / surconsommation ? Je lis trop de livres comme d'autres mangent trop de bonbons. Moins que d'autres certes, mais je ne fais la course à rien, de toute façon, il n'y a rien à gagner au bout !

 

Et les choses précieuses, je ne les expose pas tant que cela. Merci aux auteurs avec qui la conversation se poursuit en privé, merci aux collègues qui sont plus nombreux que je l'imaginais (ah les fameuses stats' qui donnent des provenances de mairies et de CG ), aux lecteurs fidèles ou de passage, aux anciens et aux nouveaux, aux anonymes silencieux, à ceux dont les livres sauront m'émouvoir, aux libraires manceaux qui me surveillent - c'est réciproque  , aux libraires blogueurs qui étirent mes listes au-delà du possible, et j'en oublie sans doute beaucoup.

 

Je n'arrive pas à me concentrer, j'écris ce billet dans un brouhaha de filles qui piaillent, parce que 6 ans, c'est d'abord cela : des enfants qui grandissent ! À l'ouverture de ce blog, Mosquito avait tout juste 5 ans, une jolie bouille d'enfant, aujourd'hui elle est à l'aube de l'adolescence et à trois pas du collège.... Aïe !? Et 11 bougies de ce côté-là de la vie.

 

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(Constance, février 2006)

 

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(Constance, février 2012)

 

 


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