Les jardins d'Hélène

N'oublier jamais - Michel Bussi

23 Août 2014, 09:42am

Publié par Laure

Présentation de l'éditeur :

« Vous croisez au bord d'une falaise une jolie fille ?
Ne lui tendez pas la main !
On pourrait croire que vous l'avez poussée. »

Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s'entraîner sur la plus haute falaise d'Europe, il a d'abord remarqué l'écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l'écharpe comme on lance une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l'inconnue.
A son cou, l'écharpe rouge.

 

De Michel Bussi, j'avais lu Nymphéas noirs, Prix Polar Michel Lebrun 2011, que j'avais plutôt bien aimé. Je n'avais pas récidivé dans la lecture de cet auteur français devenu « bankable » et qui a su se hisser au top des meilleurs ventes avec plusieurs best-sellers.

 

N'oublier jamais, qui fait beaucoup causer pour son titre (faute, pas faute, c'est bien un infinitif, c'est bien dans cet ordre-là – et non pas « ne jamais oublier », c'est bien énoncé dans le roman mais ça convainc peu), est un polar efficace dans le genre : le lecteur est happé et veut savoir, donc tourne les pages sans s'en rendre compte. De ce point de vue-là, ça fonctionne : je l'ai lu en 2 soirées.

 

Maintenant rarement je n'ai autant eu envie de bondir aux renversements qui me sont proposés : si l'on se doute bien que le héros malheureux est manipulé et que l'on cherche à savoir par qui et pourquoi, la mise en scène trouvée est quand même grand-guignolesque et vraiment trop tirée par les cheveux. Je veux bien entendre que plus c'est gros plus ça passe ou que la crédibilité n'est pas l'élément essentiel dans un polar, il ne faut quand même pas se moquer du monde. C'est dommage, car cela a vraiment tout gâché pour moi.

Les deux dernières parties (Exécution, Révision) qui apportent de nouveaux renversements (il y a toujours un dernier retournement de dernière minute sinon c'est pas drôle) sont déjà plus réalistes, quoique... au moins ça passe mieux que la partie centrale (Jugement). A trop vouloir en faire ? Déception en tout cas pour ma part, qui tient aux choix faits dans l'intrigue.

 

Ça reste un bon bouquin détente, si on en accepte les règles.

 

(et c'est moi où il y a vraiment une erreur à cet endroit-là (page 64 de la version numérique, à la fin du chapitre 8 : « Depuis, j'ai beaucoup repensé au regard de Denise quand je lui avais parlé du suicide de Morgane Avril. Ce regard où je lisais sa consternation de me découvrir aussi naïf... » Morgane Avril ? A cette étape du roman ça ne peut être que Magali Verron, non ? Je renonce à relire tout le début, mais cela m'a interpellée)

 

 

Ed. Presses de la Cité, mai 2014, 504 pages, prix : 21,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Thierry Sestier / Presses de la Cité

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Le cercle des femmes - Sophie Brocas

22 Août 2014, 13:30pm

Publié par Laure

Quatre femmes adultes, de l'arrière-grand-mère à l'arrière-petite-fille, quatre générations : au décès de Mamie Alice, son arrière-petite-fille Lia découvre de vieilles lettres et un secret de famille en rangeant la maison de la défunte. « J'avais vingt ans. Mamie Alice était ma première morte » A l'âge où elle construit sa vie et hésite à s'engager avec son amoureux, cette découverte va la bouleverser et la conduire à s'interroger et à interpréter différemment les vies de sa mère et de sa grand-mère Sol. Ou comment la psychogénéalogie fait des siennes à l'ombre des secrets enfouis, et comment rompre le cercle.

 

Si le roman est joliment écrit, de manière très sobre et classique, son sujet manque un poil d'originalité. C'est une lecture agréable mais il manque l'étincelle qui le sortirait de l'ordinaire, d'autant que la fin convenue est sans surprise.

 

Et si cela n'a rien à voir avec l'histoire ni même l'écriture, il y a pour moi quelque chose de rédhibitoire dans l'édition de ce roman : son illustration de couverture. Certes lu en numérique, c'est typiquement le genre de couverture vers lequel je ne serais jamais allée en librairie, ou alors en pensant « tiens, un cadeau pour ma grand-mère peut-être... (je n'ose même pas dire ma mère) ». Dommage car la couverture, c'est souvent la première approche que l'on a avec le livre sur une table de libraire, avant même sa quatrième et son résumé. Mais son côté très daté pourra plaire à d'autres, les goûts et les couleurs, comme on dit...

 

Lu en juillet dans le cadre de l'opération "On vous lit tout !, en partenariat avec Libfly et le Furet du Nord"

 

Julliard, août 2014, 134 pages, prix : 18,50 €

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Crédit photo couverture : © DR / ed. Julliard

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A + 2 - Sophie Schulze

21 Août 2014, 18:02pm

Publié par Laure

A + 2, c'est la 2ème génération après A, A dans le livre étant le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz. Mais ce n'est que dans la dernière partie que ce titre prend sens. Récit dur, âpre, qui réinterroge l'identité et la culpabilité.

 

Étonnant parcours de lecture qui fut le mien : ce livre a bien failli me tomber des mains très vite, pour peu à peu m'attirer dans sa deuxième partie et me convaincre dans sa dernière, sur la qualité du projet littéraire.

Si vous cherchez une histoire reposante avec un début un milieu une fin, passez votre chemin. Si vous acceptez une construction non linéaire, un peu déstructurée mais au final ô combien intéressante, allez-y.

 

La première partie, intitulée « personnalité juridique » a failli m'ennuyer, bien qu'un peu ubuesque. Je n'étais pas loin de penser « pauvre petite fille riche qui narre ses innombrables voyages facilités entre autres par un passeport diplomatique », sa vie à Riyad, son safari en Tanzanie, sa journée à Jérusalem... Mais pourquoi ces interpellations en allemand, qui rappellent bien sûr une autre époque... C'est court, et pas inintéressant, je poursuis. La deuxième partie s'intitule : « la personne morale » et précise le parcours de l'auteur. Abrutissant premier chapitre sur la philosophie allemande, Sophie Schulze a été étudiante en philo à Strasbourg. Le cours sur Heidegger (son petit Heidi) et Arendt me perd. Ou ce n'est pas le bon moment. Parfois, c'est un rien qui vous accroche, Valdoie, la Savoureuse, Belfort c'est toute mon enfance auprès de ma grand-mère, Strasbourg et ses universités, mon adolescence. Ça me parle enfin, même si ce n'est pas pour les bonnes raisons. Puis son expérience de juriste à Paris (kafkaïenne), le Niger, Jérusalem.

Troisième et dernière partie, sans aucun doute la plus essentielle, « l'unicité ». Visite de A et B, choix d'un code de langage où A est Auschwitz et B Birkenau, découverte tardive du nazisme de son grand-père, nombreux passages (trop peut-être au regard de son propre texte) extraits de « Aucun de nous ne reviendra. Auschwitz et après, t.1 », de Charlotte Delbo  (Paris, Editions de Minuit, 1970).  Une réalité historique qui toujours frappe aux tripes, mais un regard sur la visite « musée » qui interpelle également. Et l’œuvre prend sens dans son ensemble, outre la question de porter le poids de son passé familial à génération + 2, la construction de soi dans un tel contexte, les parties « juridique » et « morale » prennent alors une nouvelle lumière.

 

La postface adressée à l'éditeur m'a un peu gênée. Lui l'homme de la génération A+1, juif né dans un camp. Façon « vous seul pouvez me comprendre ». Tout bon livre est publiable, choisir ses pairs viendrait presque le discréditer. Très belle réponse de l'éditeur.

 

 

éd. Léo Scheer, août 2014, 141 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © éd. Léo Scheer

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On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

20 Août 2014, 11:36am

Publié par Laure

Ce nouveau roman de Grégoire Delacourt est un chef d’œuvre ou s'en approche de très près, et je pèse mes mots. Pourtant, je n'étais pas fan de Delacourt, j'avais aimé La liste de mes envies, en avais mesuré les qualités et les défauts, l'écrivain de la famille m'était tombé des mains, et le "Scarlett" [comme quoi on voit bien ce que les médias nous en font retenir] ne m'a jamais attirée.

J'ai eu la chance de pouvoir découvrir ce titre en service de presse numérique, et une fois commencé, n'ai plus pu m'arrêter.

Peut-on évaluer le prix d'une vie ? Les assureurs le font très bien, selon les circonstances du décès. Entre 30 et 40 000 euros la plupart du temps. Antoine, qui approche de la quarantaine, expert automobile pour les assurances, dresse un bilan de sa vie. Ses parents, qui n'ont jamais été démonstratifs s'aimaient-ils vraiment, l'ont-ils jamais aimé, désiré ? Comment sa mère a-t-elle pu tourner le dos et fuir ainsi ? Peut-on être un bon père quand on n'a pas connu l'amour dans son enfance, ou quand on a du moins cette impression ? Mais de même peut-on être un bon fils, à l'annonce du cancer de votre père et de sa mort annoncée ?

De courts chapitres qui s'enchaînent à toute vitesse, non pas numérotés traditionnellement mais qui ont pour titre des valeurs (des sommes en euros la plupart du temps, symboles de bribes de vie), écrits à la première personne (le je pouvant représenter des narrateurs différents), mais le plus présent étant Antoine qui s'adresse à Léon, son fils. Raconte son enfance, ses parents, ses sœurs jumelles, le drame, le langage amputé de l'une d'entre elles, le lecteur sent une boule au ventre grandir, c'est noir, sombre, mais tellement juste. Jusqu'à se prendre une énorme claque en fin de première partie.

Une deuxième partie qui prend davantage le temps d'analyser, et une troisième qui donne la parole à la fille d'Antoine, adolescente. Terrible et absolument magnifique.

Si vous aimez les feel good books, passez votre chemin. On est très loin de La liste de mes envies. Si vous aimez les romans intimes qui décortiquent le cœur et l'âme, dans toute leur obscurité, vous ne pourrez qu'aimer ce livre. Soyez rassurés, la fin apporte un éclat de lumière.

Cette lecture est un vrai choc comme je les aime, on ne voit rien venir (comme sur ces photos de famille où l'on ne voyait que le bonheur) mais l'on se prend une claque monumentale, un texte d'une telle force et maîtrise qu'on en reste un peu sonné, à ne pas bien savoir quelle autre lecture pourrait bien suivre celle-ci. Chapeau bas, monsieur Delacourt. Pour moi incontestablement son meilleur roman, qui mériterait bien un prix d'automne.

 

p. 52/249 (attention, pagination numérique et non papier) : « On croit qu'on est venu au monde parce que nos parents s'aimaient et on découvre qu'ils ne nous désiraient pas assez pour rester avec nous. Grandir, c'est comprendre qu'on n'est pas autant aimé que ça. C'est douloureux. Moi aussi, je suis triste pour maman, triste qu'on ne soit plus une famille, que ça se soit passé comme ça, triste de voir que rien de dure jamais. Que l'amour aussi est lâche. Si tu savais comme je suis fatigué, Léon, comme j'ai du chagrin, cette nuit, à cause de cette chose horrible, de ce que je suis en train de faire. »

 

p. 208. « Parce que je devine qu'à un moment ou à un autre, derrière toute cette horreur, au-delà de l'effroi, il y a eu de l'amour. »

 

 

JC Lattès, août 2014, 360 pages, prix : 19 €

 

 

Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès

 

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Presque la mer - Jérôme Attal

17 Août 2014, 07:26am

Publié par Laure

Le village de Patelin se meurt comme bien des bourgs français : le médecin prend sa retraite et aucun successeur ne pointe le moindre coin de page d'ordonnancier. Réunion de crise au village : et si pour attirer un jeune médecin, on lui faisait croire qu'il y a la mer, à Patelin ? C'est déjà plus vendeur, non ?

Ne cherchez pas la moindre parcelle de crédibilité, mais acceptez la fantaisie, le sourire jusqu'aux oreilles, l'humour, le burlesque, et l'observation fine ou enjouée de la nature humaine.... Louise, la jeune femme humiliée au casting d'un énième radio-crochet à la Capitale, sa déprime, silencieuse et renfrognée au retour ; Stan, son prétendant délicat comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, et Frédéric, le tout jeune généraliste tellement bien entouré qu'il aura du mal à trouver le temps d'aller la voir, la mer.... Mais à défaut de trouver la mer on peut trouver l'amour ….

Alors non ce n'est pas de la grande littérature, mais c'est un roman bonbon qui donne la pêche (et que vous peinez à lâcher, « les enfants, vous faites des pâtes s'il vous plait » en mode mère indigne) et qui remet le temps de la lecture la rêverie, la poésie et la fantaisie au cœur de l'instant. A dévorer, même et surtout si vous n'allez pas à la mer, vous y serez. Tout est dans le « presque » du titre.

 

p. 120 : « Conception conseilla au docteur de noter le numéro de téléphone fixe du cabinet et de le donner à tous ses contacts à Paris, famille et proches. « Ici, dit-elle, le portable c'est comme les hommes du village passée la soixantaine : une petite barre de temps en temps, et quand on veut entrer en contact, plus rien ! » » C'est tout pareil dans mon Patelin à moi, je parle d'expérience, pour le téléphone, hein.

 

 

Hugo et Cie / Stéphane Million, mai 2014, 199 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hugo et cie

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Extraits d'été ...

16 Août 2014, 10:20am

Publié par Laure

Qui lit quoi : à vous de jouer ....

(Les lecteurs : grand fiston, 20 ans, grande fille, 18 ans, et moi)

 

 

Les lectures de plage
Les lectures de plage
Les lectures de plage
Les lectures de plage
Les lectures de plage
Les lectures de plage
Les lectures de plage
Les lectures de plage
Les lectures de plage

Les lectures de plage

Entre les gouttes, quelques sorties ....

Fort Boyard (Charente-Maritime) et les 3 kids bien sérieux à Fouras.Fort Boyard (Charente-Maritime) et les 3 kids bien sérieux à Fouras.

Fort Boyard (Charente-Maritime) et les 3 kids bien sérieux à Fouras.

Bibliothécaire en milieu rural, seule en poste, c'est aussi cela :

quand même en congés, de retour à la maison, je suis nourrie par mes bénévoles, et les travaux de bricolage que je ne sais pas faire sont gracieusement et gentiment faits par les lecteurs et amis.... Sourire de ces p'tits bonheurs de la vie, ils sont précieux ! Merci merci !

Poser un portillon et une clôture, manger des légumes du jardin tout juste cueillisPoser un portillon et une clôture, manger des légumes du jardin tout juste cueillis

Poser un portillon et une clôture, manger des légumes du jardin tout juste cueillis

(ah aussi : over-blog nous impose désormais les pubs. Je ne m'en rends pas trop compte car je ne les vois pas - il semble que Firefox me les bloque tout seul avec sans doute l'extension adéquate, je vous souhaite de faire de même avec votre navigateur. Beaucoup migrent actuellement vers wordpress en auto-hébergé - la plateforme wordpress en gratuit est insuffisante - mais le problème quand on a déjà basculé en over-blog kiwi (la fameuse V2 catastrophe), c'est qu'on ne peut plus rien récupérer. Pas d'export possible, sauf en payant. (ou en choisissant la seule plateforme qui pour le moment gère l'import d'OB kiwi : Eklablog - bof). Bon c'est pénible tout ce binz, mais je n'ai ni le temps ni le courage de m'y pencher !)

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Apprendre à ronronner - Coline Pierré

15 Août 2014, 09:31am

Publié par Laure

Illustrations de José Parrondo

 

Albin a 8 ans lorsqu'il arrive dans une nouvelle école en milieu rural, il est un peu perdu lui qui n'a toujours connu que la ville. Il se sent un peu seul, à l'écart, seule Léane, une petite fille attentive mais un peu triste, lui parle.

Pour son anniversaire, ses parents font comme si de rien n'était : Albin est d'abord vexé, avant de découvrir son cadeau bien caché sous la couette : un chaton tout mignon et ronronnant, blanc avec des taches noires comme une petite vache : il l'appellera Panda. Il découvre très vite l'effet apaisant du ronronnement de Panda. Et s'il apprenait lui aussi à ronronner pour réconforter la douce Léane, inconsolable depuis le décès de sa maman ?

 

C'est parti pour une aventure aussi amusante que sensible, Albin se documente et veut absolument réussir à ronronner lui aussi. Mais seuls les chats semblent avoir cette capacité, alors s'il se comporte comme un chat, peut-être cela marchera-t-il ? Formidables parents qui le laissent faire son expérience, bienveillants et attentifs à leur petit garçon. Bien sûr, manger des croquettes, laper dans un bol et faire ses besoins dans une litière, quand on est un enfant, ça devient vite compliqué.

 

Formidable petit roman doux et apaisant comme le ronronnement d'un chat, qui montre comme il peut être difficile parfois de dire ses émotions. C'est simple et drôle, et le lecteur adulte (s'il est un parent curieux quelque part) se régale de tout ce qui n'est pas dit ouvertement mais qui transparaît dans cette histoire (faisons confiance à nos enfants, formidable maman sociologue et papa cuisinier qui apportent le gage de l'observation et de la fantaisie au récit également). L'enfant y trouvera plusieurs niveaux de lecture selon sa sensibilité et sa maturité, mais surtout, une belle part d'imagination :-)

 

Les illustrations simples et colorées de José Parrondo font penser à de la BD et rappellent un peu les dessins d'Anouk Ricard (Anna et Froga).

 

 

L'école des loisirs, collection Mouche, septembre 2013, 85 pages, prix : 8,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © José Parrondo et éd. L'école des Loisirs

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Les princes charmants n'existent pas – Maïa Brami

14 Août 2014, 12:28pm

Publié par Laure

Nora, 15 ans, est en 3ème au collège. Fan d'Ava Gardner, elle lui voue un culte au point d'en faire la confidente de son journal intime. Nora est complexée par son absence de poitrine, et souvent agacée par sa meilleure amie qui s'interroge sans cesse sur l'amour de son petit copain Sam. Un beau jour arrive dans la jardinière de son balcon une lettre de rupture destinée à un jeune voisin de l'entrée d'à côté. Visiblement dépité, le jeune homme l'a jetée par la fenêtre.

Nora engage alors une correspondance avec ce Rodrigue, plus âgé (il est en 1ère, avec des préoccupations sérieuses, lui : le Bac français et une audition de piano qui engage son avenir !) et revisite la carte du Tendre. Elle se plaît à le vouvoyer, à rêver d'un amour noble et plus élégant que les amours terre à terre de Julie.

Les échanges sont savoureux, il faut bien le reconnaître, et Rodrigue ne se laisse pas toujours faire : pourquoi sortir une plume et du beau papier quand c'est si simple et si rapide par texto ou par email ?

 

Ce mélange des genres, entre une liaison épistolaire que la plupart des jeunes d'aujourd'hui voient comme d'une autre époque (de nombreuses références aux Liaisons dangereuses également) et la réalité très cruelle des réseaux sociaux (manipulation d'image sur Facebook par jalousie et bêtise) ajoute au charme du roman. Entre rêve et réalité, imagination et prosaïsme.

 

On trouvera de nombreux thèmes qui parlent aux jeunes filles de 12-15 ans, puberté, corps qui change, amours, amitié, image de soi, idéalisme, modèles, etc.

 

Un roman plutôt bien vu qui sort de l'ordinaire par son côté correspondance à l'ancienne, tout en demeurant très « dans l'air du temps ».

 

 

Nathan, avril 2014, 304 pages, prix : 14,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Nathan

 

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Les faibles et les forts - Judith Perrignon

13 Août 2014, 10:24am

Publié par Laure

Le problème avec ce roman, c'est que la plupart des critiques ou commentaires en racontent l'histoire. L'intérêt ne peut donc plus venir que de la construction ou du style de l'auteur. Moi qui ne lis jamais les 4ème de couverture, je suis allée vérifier : c'est un extrait qui prend tout son sens après lecture, mais qui justement, ne dévoile pas ouvertement l'essence du roman. Pour une fois c'est un très bon point.

Donc aborder ce roman en sachant de quoi il parle, c'est déroutant : dans toute la première partie, on ne voit pas le rapport et l'on se demande où l'auteur veut en venir....

Tout prend sens évidemment à la fin de la lecture, mais je pense que je l'aurais bien davantage appréciée si je l'avais abordée sans avoir lu au préalable critiques et commentaires. (En même temps, quand on suit l'actualité littéraire, difficile de faire autrement !)

 

Une première partie se déroule le 02 août 2010 au nord de la Louisiane et est écrite sous forme de roman choral. Plusieurs personnages prennent la parole à tour de rôle, on s'y perd parfois légèrement. Il est question d'une fouille au corps du jeune Marcus et l'on perçoit bien l'importance du personnage de Mary Lee sans en mesurer encore toute l'implication.

 

Une deuxième partie, plus narrative, ramène le lecteur le 21 juin 1949 à Saint-Louis dans le Missouri, et rappelle un fait historique doublé d'un dramatique fait divers, lors de l'ouverture des piscines municipales aux Noirs. L'histoire familiale se reconstitue...

 

Une troisième partie revient au 03 août 2010, où des auditeurs interviennent au cours d'une émission de radio. La boucle est bouclée pour expliquer le dernier drame qui s'éclaire à la lumière de tout ce qui précède. C'est alors que le roman prend toute son ampleur. Tant dans ce qu'il narre que dans la façon dont il le fait. Si seulement j'avais pu le découvrir sans savoir de quoi il parlait !

 

De Judith Perrignon j'avais beaucoup aimé aussi Les chagrins, paru en 2010. 

 

Stock, août 2013, 155 pages, prix : 16 €

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Crédit photo couverture : © éd. Stock

 

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Le club des tongs tome 1 : l'été des mystères – Ellen Richardson

11 Août 2014, 20:32pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Anne Guitton

 

Lizzie (Elizabeth de son vrai prénom), qui a perdu sa mère d'un cancer quatre mois auparavant, est en vacances chez sa tante à Sunday Island (aussi appelée l'île des mystères), où elle s'ennuie ferme. Jusqu'à trouver une enveloppe sur son oreiller avec ce message sibyllin : « Top secret ! Réservé à Lizzie Porter » et une invitation à un rendez-vous dehors à minuit. Elle fera la connaissance de Tash (Natasha) et son fidèle chien Mojo, et de Sierra, fan de … tongs et de mode ! Elles retrouveront chacune un bijou ayant appartenu à leur mère, qui elles aussi étaient amies et avaient dans leur jeunesse caché un trésor... Nos trois aventurières vont mener l'enquête.

 

On pense au Club des cinq, revu ici en trio féminin, l'enquête reste assez simple (et pas très crédible) mais ce n'est pas l'important, c'est l'amitié qui est mise en avant, et les relations aux parents, aux caractères assez marqués, et à ce besoin naturel à l'adolescence de se soutenir et de comprendre.

Assez léger, idéal pour les 9-12 ans, avec quelques piques humoristiques, ça se dévore assez vite (mais un deuxième tome est paru et deux autres sont prévus pour 2015) : une lecture parfaite pour nos jeunes minettes à la plage (oui c'est plutôt girly, rien qu'à la couverture !)

 

Et à la fin du livre, quelques bonus : bricolages, recettes de gâteaux et tests...

 

Nathan, juillet 2014, 160 pages, prix : 9,95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Nathan.

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