Les jardins d'Hélène

L’embellie – Audur Ava Olafsdottir

25 Août 2012, 06:32am

Publié par Laure

Traduit de l’islandais par Catherine Eyjolfsson

 

l-embellie.jpgElle a trente trois ans lorsque son mari la quitte, et elle a presque l’air de trouver cela normal. Elle prend avec philosophie tout ce qui lui arrive dans la vie, avec une légèreté et un humour surprenant. C’est ce que j’ai aimé d’emblée, dans ce nouveau roman de l’auteur de Rosa Candida, cet humour distant, cette façon presque anecdotique et détachée de vivre des événements graves et intimes. Parce que son métier indépendant le lui permet, elle prend la route circulaire qui fait le tour de l’île, pour faire le vide, rejoindre une ancienne maison familiale abandonnée, mais elle ne part pas seule, elle fait le chemin avec un petit garçon de quatre ans, quasi sourd et malvoyant, que son amie Audur, enceinte de jumelles et hospitalisée, lui a confié. Ce duo détonant va faire quelques curieuses rencontres ! Et le récit qui s’entremêle en italique, narrant une douleur plus ancienne, apporte une saveur encore plus intense à l’ensemble. Un road trip tout en surprise et délicatesse, qui est pour moi une première découverte de son auteur, et un vrai coup de cœur !

 

logo on vous lit toutLu fin juin/début juillet 2012 dans le cadre de l’opération On vous lit tout !, organisée par Libfly et le Furet du Nord

  

Ed. Zulma, août 2012, 356 pages, prix : 22 €

 Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © éd. Zulma

Voir les commentaires

Avant la chute - Fabrice Humbert

24 Août 2012, 09:55am

Publié par Laure

 

 

avant la chuteLe nouveau roman de Fabrice Humbert dit, au moyen d'une narration chorale dans laquelle trois histoires se rejoignent, toute la violence du monde et la suprématie de l'argent, avec ses dérives, et le fil rouge ici de la drogue et de ses organisations qui prennent le pouvoir, en Colombie, au Mexique, aux États-Unis, ou plus près de nous, en banlieue parisienne.

 

Dans un petit village de Colombie, Emanuel et Yohanna Mastillo sont de modestes paysans qui vendent leur production de bananes et de maïs pour vivre et élever leurs deux filles Sonia et Norma. Mais mondialisation oblige, les prix ne cessent de chuter. Un homme leur conseille alors de transformer leurs cultures en plantation de coca, marché bien plus rentable et qui sert les révolutionnaires. Jusqu'au jour où un paramilitaire surgit et détruit tout, fusillant froidement Emanuel, le père de famille. Ainsi est posé le premier chapitre du roman. C'est le début de l'exil pour sa femme et ses filles, les deux jeunes femmes deviendront des migrantes en proie au danger permanent en tentant de rejoindre les Etats-Unis.

Pendant ce temps-là au Mexique, le sénateur Fernando Urribal gère d'une autorité ferme son grand domaine. L'auteur s'attachera à nous décrire ses versants sombres et le fonctionnement des cartels avec les autorités politiques.

En région parisienne, Naadir et son frère Mounir assistent à l'enterrement d'un jeune de la cité. Violences urbaines, guerre des bandes rivales, enjeux de la drogue et haine de la police. Un peu plus à l'écart, sinon qu'elle est reliée au reste par le fil conducteur de la drogue, du pouvoir et de la violence, cette histoire est touchante par le réalisme décrit et le personnage de Naadir, qui porte en lui l'espoir d'une rédemption, élève à contre-courant d'une école désespérée et condamnée.

 

Si la construction choisie (alternance des chapitres reprenant chacune des trois histoires) peut sembler artificielle, elle fonctionne, tant le désir de retrouver et suivre les personnages est forte auprès du lecteur. De même si l'on aurait pu craindre des situations trop « clichés », l'ensemble captive sans ennuyer, avec une ouverture et une fin d'une grande force, ne laissant toutefois guère de lueur d'espoir au lecteur quant à la noirceur du monde.

Avant la chute dit le titre, mais la chute n'a-t-elle pas déjà eu lieu depuis longtemps, quand on lit ce roman de Fabrice Humbert ? Il reste toujours une petite étincelle, celle de la vie qui lutte, qui espère et qui veut y croire, à travers les personnages de Norma et Naadir, mais pour combien de temps encore ?

Avant la chute est un grand roman qui parle de la violence de notre monde, de sa pourriture fétide et de son autodestruction insouciante devant les hommes, dans un écho hélas bien réaliste.

 

logo-on-vous-lit-tout.jpegMerci à Mimipinson qui en a fait un livre voyageur, après l'avoir reçu dans le cadre de l'opération On vous lit tout ! du site Libfly et du Furet du Nord.

 

Le Passage éditions, août 2012, 276 pages, prix : 19 €

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : ©Le Passage éd.

 


Voir les commentaires

Moi, je la trouve belle - Carina Rozenfeld

23 Août 2012, 06:15am

Publié par Laure

moi-je-la-trouve-belle.jpgAlex est collégien dans un établissement expérimental avec une section « échanges culturels interplanétaires » et il est secrètement amoureux de la correspondante qu’il reçoit actuellement chez lui, une jeune Slibuth de 12 ans, Myrlwen, qui va l’accompagner dans sa classe pour la première fois. Mais les Terriens ont la fâcheuse habitude de se moquer des habitants de la planète Slybuthia, qu’ils trouvent laids. Difficile pour Alex de laisser parler ses sentiments face au groupe….

 

Si vous êtes habitués des échanges linguistiques qui ont lieu au collège (en tant qu’élève ou parents d’élève !), vous trouverez dans ce petit roman toutes les angoisses habituelles de la première rencontre avec l’autre et l’observation intriguée de son mode de vie méconnu. Vous y ajouterez ici une touche de science-fiction qui séduira le jeune lecteur (9-12 ans), quelques repères quasi familiers (le PersoPad et la PS12 devraient vous rappeler quelque chose), et vous obtiendrez un sympathique petit roman sur la peur des différences, le rejet de l’autre et la moquerie en raison de ces différences, mais aussi les premiers émois amoureux et le courage de s’affirmer.

Le format est court (40 pages, standard de cette petite collection) mais peut séduire justement les lecteurs réticents. Si l’histoire est agréable, je la trouve toutefois un peu « facile », n’allant guère au-delà du message « nos différences sont nos richesses ». (J’ai le souvenir de titres plus aboutis dans cette collection, celui-ci notamment) mais ne boudons pas ces petites lectures à prix mini à conseiller à nos préados.

 

 

Syros, coll. Mini Syros Soon, août 2012, 39 pages, prix : 3 €

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © Stéphanie Hans et éd. Syros

Voir les commentaires

Laisser les cendres s'envoler - Nathalie Rheims

21 Août 2012, 07:16am

Publié par Laure

 

Premières phrases :

 laisser les cendres s'envoler« J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais, lorsque j'y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion. Tout reste plat comme une mer gelée, pas un seul petit frémissement à la surface de l'eau. Quand je pense à elle, il ne se passe rien. »

Alors qu'elle était encore adolescente, la mère de la narratrice a quitté le foyer pour suivre un amant qui l'a envoûtée tel un gourou, artiste qui l'a manipulée pour utiliser sa fortune. La narratrice en est profondément marquée, ne comprenant pas l'abandon de sa mère envers elle. Une mère peut-elle ainsi laisser sa fille ? L'amour maternel n'est-il pas inconditionnel ? Il lui aura fallu des années, longtemps après sa mort, pour revenir sur ces années, sa douleur et sa révolte tues, conformément aux règles familiales où le silence est roi.

Sentiments ambivalents sur ce court roman aux accents profondément autobiographiques (l'est-il?) car il m'a été difficile de rester en empathie avec la narratrice qui si elle s'exprime enfin (et définit ainsi le rôle de l'écriture dans sa vie), reste néanmoins dans un discours (trop ?) lisse, fade, conventionnel. Trop de retenue, comme si elle ne livrait pas totalement ses sentiments profonds. Et quid du père trop absent qui disparaît quasi du récit, de ses relations avec lui ? Certains passages retournent même la bonne volonté du lecteur : la pauvre petite fille riche ne parvient plus à émouvoir, même si à d'autres moments on la sent détachée de tout cela. Même si l'on n'est pas forcément plus heureux dans une grande famille bourgeoise, il est difficile de pleurer à la description des clochettes pour appeler les domestiques qui viendront vous servir le thé. Les passages relatifs au vide intérieur de la jeune femme, son rapport à la nourriture, sont bien plus touchants et justes. Mais la violence et la souffrance restent trop intérieures, muselées dans ce carcan familial trop bien élevé que les années ne parviennent que trop peu à desserrer.

Il faut reconnaître néanmoins à Nathalie Rheims une très belle écriture, sobre, classique, sans emphase. Et la beauté du titre, pour se libérer de ce trop grand poids subi à un moment de la vie. Faire la paix, au moins avec soi-même.

 

 

éd. Léo Scheer, août 2012, 254 pages, prix : 19 €

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : ©éd. Léo Scheer

 

Voir les commentaires

Sud - Patrick McDonnell

18 Août 2012, 10:20am

Publié par Laure

sud.jpgA l’automne, les oiseaux partent vers le Sud. Mais l’un d’entre eux, qui s’était endormi au pied de l’arbre, se retrouve seul,  perdu et désespéré. Il est pris en charge par un chat qui va l’accompagner un bout de chemin, et l’aider à retrouver les siens. Une jolie histoire d’entraide et d’amitié, entre deux personnages qui ne devraient pas s’entendre, sur fond de feuilles d’automne puis de neige…

 

Un très bel album sans texte, aux lignes épurées et aux couleurs douces, plein de tendresse et de réconfort. En feuilletant cet album, à la première apparition du chat, je me suis dit : « mais je connais ce dessin ! », sans parvenir à retrouver son origine. Mais oui bien sûr, il s’agit de Mooch, le chat du duo infernal Earl et Mooch, qu’une lectrice de la bibli m’a fait découvrir récemment ! (Patrick McDonnell est le créateur de la série Mutts, où apparaissent ces deux héros qui en chien (Earl) et chat (Mooch) s’entendent comme larrons en foire quand il s’agit de faire rire et d’avoir des réflexions pas piquées de vers pour parler des humains). D’ailleurs Earl apparaît dans l’une des pages de cet album. Dommage que les albums sans texte rencontrent peu de succès auprès des parents à la bibli (j’entends souvent la remarque : « prends pas ça y a rien à lire »), alors qu’il y a tant à imaginer, à créer et à partager justement, et que l’enfant peut s’approprier l’histoire sans même savoir lire !

  DSC01757

    © Patrick McDonnell

 

DSC01759

  © Patrick McDonnell

 (avec le chien Earl qui regarde passer Mooch et l'oiseau)

 

Publié aux défuntes éditions du Panama, j’espère que ces titres seront un jour réédités !

 

(défuntes) éditions du Panama, octobre 2008, non paginé

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Patrick McDonnell et éd. du Panama

Voir les commentaires

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n'étions pas toi et moi – Albert Espinosa

15 Août 2012, 20:19pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'espagnol par Christilla Vasserot

 

tout-ce-que-_-espinosa.jpgAlors qu'il vient de perdre sa mère qui était tout pour lui, Marcos est sur le point de s'injecter un produit qui l'empêchera définitivement de dormir. Beaucoup y sont déjà venus et en sont ravis. Mais sa journée est contrariée par un appel de son chef : il doit intervenir pour travailler sur un extraterrestre, appelé pudiquement « l'étranger » en faisant appel à son don : lire dans son passé. Mais cet homme a le même don que lui et va lui demander de l'aider à le libérer.

 

Je ne dois d'avoir achevé ce roman qu'à sa brièveté et sa mise en page très aérée. Le style d'emblée m'a déplu, sorte d'interpellation orale du lecteur que j'ai trouvée plutôt mal habile. Quant à l'histoire, elle souffre d'un aspect très brouillon, juxtaposition de faits qui ne permettent pas vraiment de savoir où l'auteur veut réellement en venir. Science-fiction mal exploitée, fin qui part dans tous les sens et tombe à plat, importance de la place de la mère et de son éducation particulière, en particulier dans sa vision de la sexualité ? Et le remède qui empêche de dormir n'est pas exploité plus que cela non plus. Beaucoup de pistes et d'idées pour un résultat très décevant.

 

Grasset, avril 2012, 255 pages, prix : 15 €

Etoiles : stars-2-0__V45687805_.gif

Crédit photo couverture : © Robert T.Schmidt / Getty Images et éd. Grasset.

Voir les commentaires

Pause estivale...

31 Juillet 2012, 20:43pm

Publié par Laure

On boucle les valises pour un p'tit tour au pays de Sissi et des Sachertorte... Promis, on rapportera des Mozartkugeln, les fameux chocolats à l'effigie de Mozart dans leur emballage rouge et or...

 

Schonbrunn.jpgAutriche, Vienne, Château de Schönbrunn

(source Wikipedia)

Voir les commentaires

Moi, Ambrose, roi du Scrabble – Susin Nielsen

25 Juillet 2012, 08:57am

Publié par Laure

Complément de titre : (roman garanti 100% sans cacahuètes) !

Traduit de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec

 

moi-ambrose.jpgAmbrose, douze ans, est un gamin solitaire à qui rien ne réussit, et surtout pas l’arachide à laquelle il est allergique. Surprotégé par sa mère (son père est mort subitement peu avant sa naissance), Ambrose n’a aucune confiance en lui et se retrouve souvent victime des mauvaises plaisanteries de ses camarades. Il ne parvient pas à s’intégrer, il faut dire que ce n’est pas facile, sa mère déménage régulièrement !

Quand ses copains manquent de le tuer en glissant une cacahuète dans son sandwich, (choc anaphylactique !), sa mère le déscolarise et lui fait suivre des cours par correspondance.

Très vite Ambrose s’ennuie et cherche un peu de compagnie auprès du fils des propriétaires qui logent juste au-dessus, mais un ex-taulard un peu suspect, autant dire que ça ne convient pas à sa mère.

 

Je ne vais pas tout raconter, mais j’ai pris vraiment beaucoup de plaisir à lire ce roman, à l’intrigue parfaitement construite, aux personnalités intéressantes et bien analysées, aux rebondissements certes attendus mais bien amenés, un vrai bon roman d’initiation où l’on accompagne Ambrose dans l’éclosion de son cocon et l’affirmation de ses envies, enfin. L’analyse psychologique finale est fine, peut-être un peu trop mature pour un gamin qui souffle ses 13 bougies, mais bien contrebalancée par ses expériences naïves dans la rue.

 

Le Scrabble est un élément moteur amusant, qui paraît à mille lieues de la littérature jeunesse d’aujourd’hui, et qui apporte un cachet supplémentaire au récit. Les titres de chapitre sont composés d’un tirage de lettres au Scrabble, des anagrammes trouvées, et du mot de Scrabble réalisé, en lien avec le contenu du récit évidemment. De même dès qu’Ambrose aborde un sujet qui l’embarrasse, il décline le mot tabou en anagrammes de Scrabble pour traduire sa gêne. Et je ne vous dis pas qu’à l’issue de ma lecture j’ai perdu quelques heures à jouer au Scrabble en ligne, sacré bouquin !

 

Susin Nielsen est aussi l’auteur du remarqué Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ?, son premier roman traduit en français publié chez hélium en 2011 mais postérieur à  Word Nerd (titre original de Moi Ambrose…) écrit en 2008 et traduit en 2012.

 

(Et dire que j’ai lu ce livre pour une raison pragmatique : il fallait que je détermine sa place entre secteur jeunesse et secteur ados à la bibli. Acheté au rayon ados en librairie, les catalogues des BM (la faute à Electre ?) le notifient « à partir de 9 ans ». On est bien dans l’entre-deux, entre enfance et adolescence, je dirais à partir de 11-12 ans et plus. S’il n’est jamais simple de trancher, (je l’ai mis en ados, secteur accessible dès 12 ans - ou avant avec accord des parents - d’autant que j’y ai un lectorat important) j’ai au moins gagné la lecture d’un roman sympa)

 

Le blog des éditions Hélium : clic !

  

Ed. Hélium, mars 2012, 197 pages, prix : 13,90 €

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Amélie Fontaine / Les associés réunis / éd. Helium

Voir les commentaires

Clara - Cécile & Lemoine

24 Juillet 2012, 15:49pm

Publié par Laure

Dessins et couleurs : Cécile

Scénario : Christophe Lemoine

 

Clara-BD.jpgClara est un très bel album, sensible et délicat, sur la perte d’une maman quand on est encore enfant, la difficulté à le comprendre et à l’accepter.

Clara mène une vie heureuse avec ses parents : son papa travaille beaucoup et rentre tard, sa maman la cherche tous les soirs à la sortie de l’école, et elles ont leur petit rituel : le square, nourrir les canards, passer par la boulangerie, musique à la maison, bain…. Mais un jour tout change, sa maman n’a pas pu être là et elle la sent anxieuse, absente, différente. C’est le jour de son anniversaire et Clara n’accepte pas que sa maman ait pu oublier son cadeau ! Ce n’est pas la poupée donnée vite fait qui la satisfait ou la rassure : Clara est fâchée, même si sa maman lui explique que c’était la poupée de son enfance. Vont suivre les temps douloureux de la maladie, de l’hôpital, et du décès. Les auteurs ont choisi une tournure fantastique par le biais de la poupée pour aborder le sujet de la mort, de la colère qui s’ensuit, et du chemin de Clara jusqu’à l’acceptation.

C’est douloureux, le sujet n’est pas joyeux, mais c’est beau et juste dans le traitement. Les couleurs s’assombrissent le temps du tourbillon, et si j’avais du mal au départ avec les couleurs trop roses et mauves du ciel, des vêtements, des décors, ils me semblent annoncer le malheur et la mélancolie qui planent, j’apprécie à la fin d’y trouver un ciel bleu plus naturel et apaisé.

 

Le Lombard, mai 2012, 48 pages, prix : 10,30 €

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Cécile et éd. Le Lombard

 

Voir les commentaires

Arrête de lire ! - Claire Gratias et Sylvie Serprix

22 Juillet 2012, 16:31pm

Publié par Laure

 

arrete-de-lire.jpgUn album jeunesse prônant l'amour de la lecture, ce ne pouvait être qu'une délicieuse nouvelle, et pourtant, quelle déception ! Je vous explique :

Horatio est un souriceau qui adore lire, de tout, tout le temps, partout. Il ne rêve d'ailleurs que de devenir rat de bibliothèque (c'est toujours mieux que rat d'égout ou rat de laboratoire, dit-il) au grand dam de ses parents qui aimeraient bien le voir faire autre chose (et qui rêvaient d'un petit rat de l'opéra) et finissent par lui confisquer ses livres, en lui assénant cette sentence : arrête de lire ! Tu vas t'user les yeux et tu vas devenir sourd !

Horatio dépérit, jusqu'à trouver une petite annonce sur une feuille de journal dans la rue : il participe en secret à Rat Pido, le questions pour un champion des rats, à une spéciale littérature. Il va bien sûr y être brillant et faire la fierté de ses parents et de son entourage.

 

On retrouve dans cet album les critiques habituellement liées à la lecture, celles qui ont la vie dure et qu'on va s'attacher à balayer, comme : tu n'as rien d'autre à faire, va donc prendre l'air, ça abime les yeux, ça rend asocial, et que sais-je... J'attendais donc un beau tournant, et je me suis pris une claque : lire ne servirait qu'à engranger un vernis pseudo culturel pour aller briller dans les émissions télé ? Quid du rêve et de l'imaginaire, de l'évasion et tutti quanti ? Lire sert juste à montrer qu'on n'est pas idiot en allant répondre à des quizz bateau à la télé ? D'autant que les quizz n'ont jamais fait la culture, ce n'est pas parce que vous savez que 1515 = Marignan façon rabâchage réflexe que vous savez expliquer ce que c'est. Triste revers de la société médiatique et consumériste, grrrr.

Enfin n'oublions pas que c'est un album pour enfants, et que c'est peut-être un moyen de les appâter. Si tu lis, tu seras intelligent et tu passeras à la télé ? Nan, je suis toujours énervée, y a rien à faire.

Et comme j'aimais moyennement les illustrations (et ça aussi c'est très subjectif), j'arrête là.

 

Belin, mars 2012, prix : 12,70 €

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © Sylvie Serprix et Belin éd.


Voir les commentaires