Les jardins d'Hélène

Comme des larmes sous la pluie – Véronique Biefnot

12 Juin 2012, 15:17pm

Publié par Laure

comme-des-larmes-sous-la-pluie.jpgNaëlle est une jeune femme solitaire qui travaille dans un magasin de tissus et ne semble trouver de réconfort qu’auprès de son chat Nicolas et des livres, notamment des romans de Simon Bersic.

Simon Bersic, écrivain donc, vit avec son fils adolescent, et ne s’est jamais vraiment remis du décès de sa femme.

Entre les deux, un couple d’amis de Simon, famille modèle, Céline, Grégoire et leurs deux enfants. Céline est décoratrice d’intérieur et s’approvisionne dans le magasin où travaille Naëlle, qui est d’ailleurs sa vendeuse et conseillère de référence.

Je vous laisse imaginer la romance qui va naître …

Entre ces différentes voix qui donnent leur prénom aux chapitres, une voix anonyme, différente, qui semble narrer un événement dramatique dont on comprend très vite qu’il s’agit d’un fait divers sordide ultra médiatisé (voyez du côté de Room, et Claustria, …)

 

Pendant les deux premiers tiers du roman, j’ai trouvé cette lecture terriblement lisse et prévisible. De beaux clichés (les bas qui crissent, ils sont tous beaux, tristes et seuls, abîmés par la vie, ont malgré tout la réussite pour eux, et bien sûr on va les réunir). Le lecteur a toujours un temps d’avance sur la narration, peut-être parce que les fils de trame sont convenus et apparents, on devine sans problème ce qui va se passer au chapitre suivant. Je ne me voyais pas d’autre réflexion que de conseiller ce livre comme une bonne alternative aux lecteurs friands de Marc Lévy et Guillaume Musso, on est dans le même registre, un cran au-dessus peut-être. Puis le dernier tiers m’a finalement enfin captée, peut-être parce que le temps de la lecture rejoint enfin le temps de la narration : le lecteur n’a plus systématiquement une longueur d’avance, on vit les événements en même temps qu’ils nous sont contés, et là ça fonctionne enfin, la bluette gagne un peu en complexité et léger suspense, au point de réussir son pari : attacher le lecteur aux personnages, et lui donner envie de lire la suite !

 

Comme des larmes sous la pluie est en effet le premier volet d’une trilogie, dont le deuxième tome, les murmures de la terre, a déjà paru aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Si d’emblée je pensais n’aller jamais plus loin que le 1er tome, je reconnais avoir pensé continuer la route avec Naëlle et Simon. Mais le second tome (qui peut se lire sans connaître le premier, annonce l’éditeur) semble faire la part belle au chamanisme, et pour cela, j’avoue que j’ai déjà été échaudée avec Cohen.

 

En conclusion, Comme des larmes dans la pluie est un premier roman bien construit, qui saura séduire les lecteurs occasionnels ou les amateurs de romance, mais laissera sur leur faim les lecteurs aguerris qui y verront un canevas trop bien tissé, trop romantique et peu crédible. Je rejoins en ce sens le point de vue de Miss Alfie, même si elle parle plutôt de l’aspect thriller. Je le mettrai volontiers dans ce qu’on appelle et sans que cela soit péjoratif, un bon roman de plage. A lire l’été les doigts de pied en éventail, sans en attendre autre chose qu’une belle histoire d’amour et un moment de détente. 

 

Lu en juin 2012 dans le cadre d’un partenariat avec le Livre de poche.

 

Le livre de poche, juin 2012, 354 pages, prix : 7,10 €

(1ère publication : éd. Héloïse d’Ormesson, 2011)

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Crédit photo couverture : © Ingvil Holm / Millenium Images et LGF / Le livre de poche.

 

 

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Boule à zéro, tome 1 : Petit cœur chômeur – Ernst et Zidrou

9 Juin 2012, 20:15pm

Publié par Laure

 

Scénario : Zidrou, Dessins : Ernst, Couleurs : Laurent Carpentier

 

boule-a-zero.jpgElle s'appelle Zita mais tout le monde l'appelle Boule à Zéro dans son hôpital, oui c'est un peu devenu « son » hôpital depuis 9 ans qu'elle y « vit » « Boule à zéro » parce que cancer et chimio... le sujet est difficile (les maladies longues durées ou incurables chez les enfants) mais le résultat n'est pas du tout larmoyant bien au contraire.

Zita a une énergie incroyable, un humour débordant, et toujours un bon mot pour tous ceux qu'elle croise. C'est un peu le boute-en-train du service. Elle s'apprête à fêter ses 13 ans (alors que tout le monde lui en donne 10 et la prend pour un garçon, ce qui l'agace un peu!) et invite patients de son entourage et personnels soignants. Mais son cœur se serre car elle n'a pas revu sa mère depuis longtemps, celle-ci ne vient presque plus la voir...

Beaucoup de justesse, de subtilité et d'humour dans les dialogues, un équilibre bien trouvé entre douleur des situations et dynamisme du personnage, quelques clins d’œil au journal de Spirou, et un bon reflet de la réalité hospitalière des enfants malades qui ne sont souvent pas bien loin de la gériatrie dans les malades rencontrés sur la durée.

Des liens se tissent entre les infirmières, les médecins et leurs jeunes patients, entre les enfants aussi, une complicité sur le fil où pointe toujours un sourire. Ah le sacro-saint café de la salle des infirmières et leurs traditionnels sabots en plastique ajourés...

Un seul regret : ça finit un peu vite (on resterait bien plus longtemps avec cette petite Zita!) et le tome 2 est annoncé pour début 2013, c'est loin !

 

 

Bamboo éd., mars 2012, 46 pages, prix : 10,95 €

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Crédit photo couverture : © Ernst et éd. Bamboo

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Splat est un vrai chef / Splat raconte ses vacances – D’après le personnage de Rob Scotton

7 Juin 2012, 09:14am

Publié par Laure

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Les Splat petit format sont de retour avec 2 nouveaux titres qui paraissent en même temps, sous licence, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas été faits par Rob Scotton. Les enfants ont le plaisir de retrouver leur personnage préféré et les livres de plus petit format sont moins chers.

 

Dans Splat est un vrai chef, on a affaire à un Super Splat super-héros qui fait des supers bêtises et qui va tenter de se rattraper ! En effet, alors qu’il regarde Supermatou à la télé, en voulant imiter son héros, Splat renverse un verre posé sur la télé, tout tombe et la télé se casse. Sa mère l’envoie dehors faire du vélo. Il aperçoit une affiche pour un concours de pâtisserie dont le premier prix à gagner est … une télé ! Il se met sans tarder à un atelier gâteaux, non sans quelques nouvelles bêtises…Mais tout finit bien, rassurez-vous (et devinez qui gagne la télé…)

Sympathique mais je ne retrouve pas l’intérêt des premiers Splat qui avaient pour mérite d’aborder des thèmes qui accompagnaient les petits (la première rentrée à l’école, le premier amour d’enfance, Noël, la peur de l’eau à la piscine avec l’école, …), la série se développe de façon plus fantaisiste mais un peu inégale (le scénario est quand même un peu tiré par les cheveux), sauf si on aime au contraire ce décalage un peu loufoque. Je préfère le second titre : Splat raconte ses vacances.

 

Texte original : Amy Hsu Lin

Illustrations intérieures : Robert Eberz

Titre original : Splat the Cat Takes the Cakes

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Splat raconte ses vacances nous a davantage plu (Mosquito est co-lectrice cobaye ), pour sa chute qu’on pressent mais qui fait sourire. C’est la rentrée des classes et Splat est content de retrouver ses camarades et sa maîtresse. Mais le soir venu, il est déjà plus anxieux : il doit raconter ses vacances et rapporter un souvenir en classe. Mais que choisir ? Il a fait tant de choses passionnantes ! Une course de vélos, une baignade dans un océan de requins (avec un décalage humoristique dans l’illustration !), un grand match de foot, et ainsi de suite… de vraies aventures ! Mais à chaque fois, un point commun… sa petite sœur dans les pattes, qui voulait participer à tout avec lui. Devinez quel souvenir Splat va choisir ?

On a beaucoup aimé ce clin d’œil d’amour familial, ainsi que l'humour et l'imagination de l'illustration !

 

Texte original : Laura Bergen

Illustrations intérieures : Charles Grosvenor et Joe Merkel

Titre original : Splat the Cat – Back to school, Splat !

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Nathan, juin 2012, prix : 5,80 € chaque.

 

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Lulu et le brontosaure – Judith Viorst, ill. par Lane Smith

5 Juin 2012, 17:07pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Natalie Zimmermann

 

lulu-et-le-brontosaure.jpgLulu est une vraie peste, fille unique pourrie gâtée par ses parents, elle ne tolère pas le refus qui la plonge dans des colères noires. Elle a tout, elle veut tout, et ses parents ne parviennent jamais à lui dire non, même quand ils essaient, ça finit toujours par « Bon, juste pour cette fois. »

Alors quand à deux semaines de son anniversaire Lulu demande un VRAI brontosaure comme cadeau, ça se complique un tantinet. P. 19 : « Un chien, un chat, un poisson rouge, un oiseau, une gerbille, un cochon d’Inde : oui. Un brontosaure ? Certainement pas. »

Lulu la peste pique donc sa fameuse colère à en exploser les ampoules et part avec sa petite valise sous le bras chercher sa bestiole dans la forêt voisine, non sans déranger quelques paisibles animaux sur son passage. Mais quand elle le trouve son brontosaure, les rôles pourraient bien s’inverser…

Une jolie fable pleine d’humour pour parler des caprices et de la colère, de son apaisement, et ouvrir la réflexion sur la possession. L’auteur s’immisce dans le récit en faisant des commentaires de-ci de-là (l’auteur fait ce qu’il veut, non ?) et propose trois fins possibles, car après tout Lulu pourrait bien atteindre l’âge de raison en même temps que son anniversaire ? Et si les (brontosaures des) histoires, ça aidait à grandir ?

Un très beau livre (à partir de 8 ans), qui est aussi un très bel objet : j’aime le format assez peu commun (24 x 13), la couleur du papier, la mise en page, les choix de couleur des présentations de chapitres, les dessins (au fusain ?) de Lane Smith, et l’apaisement qui ressort de ces choix.

N’oubliez pas d’ouvrir en grand le livre à plat, pour voir 1ère et 4ème de couv dans leur entier, le tableau est superbe !

 

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Milan, avril 2012, 123 pages, prix : 10,90 €

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Crédit photo couverture : © Lane Smith et éd. Milan

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Le vrac du dimanche (8)

3 Juin 2012, 19:31pm

Publié par Laure

Un dimanche de fête (des mères), où ce qui est toujours touchant, c'est de découvrir ce qu'ils ont manigancé en grand secret. Ainsi j'ai appris que pendant que je travaillais samedi, les filles sont allées acheter des fleurs au village. Mais comme à leur première sortie le fleuriste n'était pas encore ouvert, elles y sont retournées plus tard (4 x 20 min de marche, ça c'est de la persévérance.) Puis Mosquito était persuadée que j'allais voir qu'il manquait un vase et que forcément ce jour-là, j'allais avoir besoin d'aller dénicher un truc au fin fond du garage pile là où elles avaient caché ledit vase. Euh.... j'ai rien vu du tout !


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Dimanche matin, Mosquito s'est attelée au bricolage avant que je me lève, pour m'offrir (en même temps que les fleurs) des marques pages maison ! Et un petit sac fait à l'école, qui quand on l'ouvre, dévoile un poème. Chapeau aux maîtresses qui font encore faire des cadeaux en CM2. Mon grand chez sa copine pour le week-end a quand même pensé au texto "bonne fête maman !!!!!", l'honneur est sauf

 

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mp2.JPGmp3.JPG(je l'adore celui-là !!)

 

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Et puis dans les cadeaux uniques parce que faits main et dont on se souvient, pour rebondir sur l'article de la Pyrénéenne que j'avais inspirée dans sa réflexion quant à l'achat d'une liseuse, voici la pochette que m'a réalisée Estelle. (Estelle est une fidèle lectrice de la bibliothèque avec qui j'aime beaucoup discuter). Je ne voulais pas d'un étui de la marque, qui s'ouvre comme un livre, qui encombre et alourdit, et qui vaut le tiers du prix de la liseuse ou presque. Quitte à passer à la lecture numérique, j'assume l'objet, j'avais juste besoin d'une pochette de transport pour le glisser dans le fatras de mon sac. Et comme dit Mosquito : "j'aime bien les trucs, ça fait moderne et classe". Dans le langage Mosquito, les "trucs", ce sont les parements en biais coloré. Et je suis d'accord avec Mosquito.

 

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L’ostie d’chat, tome 2 – Iris et Zviane

2 Juin 2012, 14:44pm

Publié par Laure

ostie-dchat-t2.jpgValeur constante pour cette série où l’on retrouve les qualités déjà énoncées pour le 1er tome et le même plaisir de lecture.

Jasmin joue à présent dans le groupe « Les Doigts Sales » où il rencontre un bon succès, et craint qu’on le prenne pour un gay parce qu’un des gars du groupe l’a « frenché » (ah le québécois, c’est joli cette expression pour le french kiss !). De son côté, Jean-Seb s’entiche de Natasha, une groupie vraiment niaiseuse mais qui va l’émouvoir pour une raison inattendue (qu’elle semble elle-même ignorer !), et il va finir par coucher avec une autre…

Un chapitre est consacré quand même au fameux chat Légolas, jamais à son avantage le pauvre,  qui là s’est empêtré dans  un ruban collant tue-mouches, je vous laisse découvrir l’opération sauvetage.

Dans ce tome encore, c’est le retour en arrière sur la rencontre de Jasmin et Jean-Seb et leur parcours familial respectif que je trouve le plus touchant.

Comme il est dit en 4ème de couv, une série avec « du suspense, des drames, du sexe, de la romance, des dégâts, et plein de folleries ! », sans vraiment se prendre au sérieux, avec une petite note sensible derrière le côté grands ados immatures.

Le tome 3 vient de paraître.

 

Delcourt, coll. Shampooing, janvier 2012, 159 pages, prix : 8.95 €

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Crédit photo couverture : © Delcourt / Iris et Zviane

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Si tu existes ailleurs - Thierry Cohen

31 Mai 2012, 11:16am

Publié par Laure

si-tu-existes-ailleurs.jpgRarement il m’a été donné de lire un roman aussi creux et insignifiant. Ceci dit, j’aurais dû me méfier : avec une couverture et un titre pareils, ça ne vous évoque pas nos amis Lévy et Musso ? Ajoutez une pincée de Coelho, et le cocktail est prêt.

 

Alors qu’il était enfant, Noam a assisté au décès de sa mère, renversée par une voiture sous ses yeux. Et les paroles d’une passante (« c’est la faute de l’enfant ») l’ont culpabilisé à vie. Le roman s’ouvre donc sur le récit de cette scène dans le cabinet du docteur Laurens, « psy » renommée (le fantôme de Dolto n’est pas loin), qui demande à l’enfant âgé de 6 ans de décrire un dessin. On ne saura jamais ce qu’il y a sur le dessin qui n’est pas décrit, mais le récit de l’accident est d’une précision rare avec moult détails. Hum, pas très cohérent. Plus de trente ans après, Noam peine toujours à se réaliser et à construire une vie de couple,  probablement toujours empreint du drame de son enfance. La psy n’a pas vraiment fait preuve de son efficacité, elle qui l’a suivi pendant plus de dix ans et reçu encore à l’âge adulte. Noam souffre toujours d’angoisses et ça ne va pas s’arranger quand sa nièce de 3 ans lui annonce qu’il mourra du cœur en même temps que 5 autres personnes.

La psy jette et l’éponge et l’envoie chez une étrange collègue, une « sorte de psy » (sic), qui verse dans le mysticisme. Et c’est parti pour une série d’aventures aussi grotesques qu’irréalistes. Le pire, c’est que le dénouement de l’histoire tient la route, si j’écarte la guimauve sentimentale finale, mais il est fort dommage d’avoir dû subir 300 pages aussi creuses avant d’en arriver là.

Ce qui m’a surtout agacée dans ce roman, c’est la « sauce psy » d’une superficialité éhontée, qui mêle joyeusement toutes les disciplines (psychologue, psychothérapeute, psychiatre, psychanalyste, …) d’ailleurs à quoi bon s’embarrasser, l’auteur se contente d’appeler son héroïne la psy, c’est plus simple (en précisant parfois qu’elle est psychiatre renommée pour redevenir psychologue un peu plus loin). Je bondis quand je lis un tel salmigondis d’approches à l’emporte-pièce, ainsi les crises d’angoisse ne seraient autre que « la crise de la quarantaine, de la cinquantaine, l’angoisse existentielle » «  Y a-t-il des traitements contre cette maladie ? » Ce n’est pas une maladie, Noam » (p.105) L’auteur souhaite-t-il que je lui transmette une bibliographie sur les attaques de panique / troubles anxieux, maladie qui se soigne avec un traitement adapté et un médecin compétent et dont on peut souffrir à 20 ans (elle a bon dos la quarantaine), et dont on peut guérir, aussi. Mais il faudra faire mieux qu’une « sorte de psy » de roman, ça c’est sûr.

P. 120 : « - Mon histoire vous touche ? Marrant, je croyais que les psys ne devaient pas dévoiler leurs émotions ? 

- Les psys peut-être, reconnut Linette, embarrassée. Mais je vous l’ai dit, je suis une thérapeute d’un autre genre et l’empathie fait partie de mon approche. Elle est également une des composantes de mon caractère. »

Une « thérapeute d’un autre genre », voilà autre chose… Les psy(chologues, chiatres, chothérapeutes) sont des êtres humains qui ont des émotions comme les autres, et en général pas mal d’empathie pour exercer un tel métier. Seuls les psychanalystes peut-être se doivent de rester de marbre, les autres sont dans l’échange.

Mais j’ai dû trop réduire mon âme pour comprendre :

p. 119 « Chaque âme possède sa propre dimension. Il convient simplement de ne pas la forcer à être ce qu’elle n’est pas, à aller là où elle ne veut pas aller et surtout, éviter de la réduire. » Vous remarquez comme cela veut absolument tout et rien dire. C’est quoi réduire son âme ?

p. 286 « Quant à la « communication facilitée », elle comportait une assise pseudo-scientifique suffisamment plausible pour que tu acceptes la « théorie de la prophétie des innocents ». Sarah, elle, était la passeuse, celle qui te livrait les clés d’un monde parallèle. » C’est bien là le problème de ce roman : tout est pseudo-quelque chose, pseudo-psy, pseudo-scientifique, mais surtout, surtout, n’essayons pas d’expliquer. Le lecteur décérébré se contentera de l’assise pseudo-fourre-tout, c’est juste un roman oh !

Et 300 pages plus loin on se demande toujours si la mort de sa mère est la cause de son blocage … euh, c’est ce qu’on posait dès le départ, non ? On n’a donc pas vraiment progressé.

 

Toujours est-il que je n’ai pas vu « le suspense haletant, les personnages sincères et attachants, et l’histoire envoûtante que vous n’oublierez jamais » annoncés en 4ème de couv. J’ai juste bien rigolé. (Et parfois pensé que ce genre de bouquin pouvait être dangereux pour les gens psychologiquement fragiles)

 

Flammarion, mai 2012, 327 pages, prix : 19,90 €

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Crédit photo couverture : © Studio création Flammarion

 

 

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L'amour avant que j'oublie - Lyonel Trouillot

29 Mai 2012, 14:19pm

Publié par Laure

l-amour-avant-que-j-oublie.jpgPremière lecture pour moi de cet auteur haïtien. Si j’ai eu un peu de mal à entrer véritablement dans le roman (écriture dense et foisonnante, aucune aération dans le texte – ni paragraphes ni alinéas) j’ai tout de même été séduite par cet univers riche et littérairement dépaysant.

Alors qu’il rencontre une jeune femme lors d’un colloque et n’ose l’aborder, celui que l’on nomme ici  l’Ecrivain lui écrit un roman dans l’urgence. Raconter les autres pour peut-être en dire un peu de lui. Il convoque dans son récit les Aînés qu’il a fréquentés alors qu’il était jeune enseignant et syndiqué et habitait la même pension de Port-au-Prince. Trois personnages hauts en couleur, qui tous ont vécu une histoire surprenante, trois personnages qui donnent leur nom aux trois parties du roman : l’Etranger, l’Historien, et Raoul. J’ai beaucoup aimé les deux premiers, l’histoire du dernier m’a un peu plus égarée, tant s’emmêlent tout du long les fractures du temps et des lieux, de l’imaginaire et du réel, du récit et du dialogue qui n’apparaît pas immédiatement comme tel. Les histoires des trois personnages se reprennent et se poursuivent en permanence, et malgré cette construction qui m’a parfois un peu perdue, j’en garde le souvenir d’un beau texte, riche et poétique.

Ce n’est pas un roman jetable qui se lit et s’oublie, au contraire, il donne envie d’y revenir, de relire certains passages et revivre un temps les émotions de ces personnages aux rêves malmenés.

 

p. 33-34 : « Il se savait mourant mais il ne voulait pas donner à son histoire une portée universelle. Vers la fin, sa voix était devenue un râle, mais ce n’était pas un râle triste. J’en ai déduit, je n’ose pas encore le crier en public, le devoir d’apprendre à écrire sous la dictée des absents pour fondre toutes les vies en une seule grande histoire. J’écris pour te parler et garder en mémoire l’étrangeté des chemins qui conduisent à l’amour. »

 

p. 36 : « J’ai peur de la proximité. Ecrire est moins vain qu’on ne le croit. C’est la proposition d’une présence différée. […] Je préfère t’écrire ce roman d’apprentissage par vieux messieurs interposés. Je me protège en cultivant cette prudence si chère aux auteurs réalistes. »

 

Merci à Véro pour la découverte !

 

Actes Sud, coll. Babel, août 2009, 182 pages, prix : 6,60 €

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Crédit photo couverture : © Steve Perraultn Internal Awareness, 2009, et éd. Actes Sud.

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Un bébé, dans le ventre de maman ? Stephanie Blake

25 Mai 2012, 10:48am

Publié par Laure

bebe-ventre-maman.jpgUne nouvelle aventure du petit lapin Simon, qu’on ne présente plus depuis Caca boudin et je veux des pâtes, tant il est devenu culte et familier des petits.

Simon et son frère Gaspard jouent aux petites voitures quand leurs parents viennent leur annoncer une grande nouvelle : il y a un petit frère ou une petite sœur dans le ventre de maman ! Est-ce que vous êtes contents ? Ben, je sais pas, je le connais pas encore ! Il arrive à quelle heure ? Euh, pas tout de suite, il doit d’abord grandir dans le ventre de maman.

Et vient l’inévitable question : « dis papa, comment on fait les bébés ? » Le papa réussit à éluder en partant vite travailler et promet d’expliquer le soir venu. Simon est encore tout ému quand vient l’heure de la récré, et sa copine Lou qui n’a pas la langue dans sa poche et qui a l’air bien plus au courant que les garçons, lui explique comment on fait les bébés. Pour de vrai et sans détour, avec ses mots d’enfant.

En rentrant Simon explique à son papa que ce n’est plus la peine d’expliquer, il sait tout. Je vous laisse quand même la surprise de la chute, qui m’a vraiment fait rire.

Un album drôle et bien vu, bien amené pour parler de ce sujet qui embarrasse encore tant de parents. Un récit qui joue aussi sur la complicité « entre hommes », sur l’entrée dans le monde des grands, sur les filles qu’on dit plus mûres (mais les garçons ne sont pas idiots non plus !), des dialogues très spontanés et réalistes (la vraie vie des enfants) et des illustrations toujours aussi simples mais expressives. Une réussite pleine d’humour.

 

 

L’école des loisirs, mars 2012, prix : 12,70 €

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Crédit photo couverture : © Stephanie Blake et l’école des loisirs

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Les amateurs – Brecht Evens

22 Mai 2012, 15:10pm

Publié par Laure

les-amateurs.jpgEtonnante BD, novatrice, déroutante, mais presque drôle et souvent proche du livre d’art ! Pas de cases, pas de bulles, on se rapproche du roman graphique, tout en le déjouant, il y a régulièrement de splendides pleines pages à l’aquarelle, des tableaux flamboyants, et des dialogues dont la couleur des propos est attachée à son personnage. Original, vraiment !

Pieterjan est invité en résidence d’auteur à une première biennale d’art de Beerpoele, dans la campagne flamande. Il réalise vite qu’il débarque au milieu de nulle part, et que les gentils organisateurs ont quand même l’air d’une sacrée bande d’amateurs. Il faut le voir logé sur un lit de camp au fond du garage avec un simple seau en guise de sanitaires mais quand même avec un poisson rouge dans son bocal « pour réchauffer l’atmosphère ». C’est pas gagné ! D’autant qu’il faut laisser s’exprimer chacun, du psychotique qui dessine des spirales ad vitam aeternam (et pourrit un peu la vie de l’artiste) aux divers personnages aux compétences elles aussi déroutantes. Il s’attachera à rassembler ce petit monde autour d’un grand projet, une géante sculpture, qui finira de façon assez déjantée, je vous laisse la surprise. Au fil des jours, l’artiste perd de ses convictions pour s’adapter à son environnement, et semble se consacrer davantage à la jeune et jolie Cléo qui joue les apprentis photographes.

Un album qu’on se surprend à aimer, aux nombreuses scènes sublimes graphiquement et cocasses dans le scénario, et dont on sent évoluer la réflexion sur la création artistique et la place de la culture.

Une curiosité à découvrir !

 

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  © Brecht Evens et Actes Sud BD

 

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   © Brecht Evens et Actes Sud BD

 

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   © Brecht Evens et Actes Sud BD

 

Actes Sud BD, novembre 2011, 120 pages ; prix : 25,40 €

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Crédit photo couverture : © Brecht Evens et Actes Sud BD éd.

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