Les jardins d'Hélène

Qui ment ? - Karen M. McManus

18 Juillet 2018, 14:13pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Delcourt

 

 

 

Cinq lycéens sont collés pour avoir apporté des téléphones portables en cours et s’être fait surprendre par leur professeur. Cinq élèves aux hobbies et à la personnalité très différents : il y a Simon, qui alimentait un journal à potins, Bronwyn, la sage et bonne élève, Nate, le dealer, Cooper, le sportif, et enfin Addy la jolie fille sympa.

 

Mais très vite Simon meurt d’un choc anaphylactique : tout le monde connaissait pourtant son allergie aux arachides et sa méticulosité à éviter celles-ci, alors comment a-t-il pu boire de l’eau dans un récipient ayant contenu de l’huile d’arachide, lui qui ne buvait que dans sa propre gourde ? Quelqu’un a bien dû vouloir le tuer !  Les quatre autres lycéens sont donc suspects.

 

Peu à peu le lecteur va découvrir les secrets des uns et des autres, jusqu’au dénouement qui révélera le coupable.

 

Les secrets et défauts des lycéens étant assez vite connus, le roman s’enlise dans un bavardage creux et fade que j’ai trouvé bien ennuyeux. La fin est pourtant inattendue et plutôt bien menée, il est donc dommage que les trois premiers quarts soient aussi insipides (et longs !)

 

Le découpage égrène le calendrier en donnant successivement la parole aux quatre protagonistes, mais rien ne les différencie dans le discours, leur façon d’être et de s’exprimer, c’est fort dommage dans un roman choral.

 

 

Bref c’était l’été, le camping, les doigts de pied en éventail à la piscine, sinon je ne l’aurais même pas fini… Je n’en garderai pas un grand souvenir.

 

 

 

 

Nathan, mars 2018, 459 pages, prix : 17,95 €, ISBN : 978-2-09-257521-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © diverses banques d’images et éd. Nathan

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Si c’est pour l’éternité – Tommy Wallach

17 Juillet 2018, 13:35pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Anne Guitton

 

 

Parker Santé a 17 ans, et la particularité d’avoir perdu la parole cinq ans auparavant, au décès de son père dans un accident de voiture dans laquelle il se trouvait également. Il préfère développer ses talents de pickpocket dans les hôtels de luxe de San Francisco que de fréquenter le lycée. Il a une façon bien à lui de voir la redistribution des richesses. C’est ainsi qu’il va faire la connaissance de Zelda Toth, une très belle jeune femme aux cheveux d’argent.

 

Une étrange relation va naître en eux, car s’il la dépouille de son argent, elle ne lui en veut pas pour autant, à quoi bon, elle envisage de se suicider quelques jours plus tard. Il va dès lors faire tout ce qu’il peut pour la faire changer d’avis.

 

J’ai adoré ce roman pour adolescents : son humour, sa fantaisie, son originalité ont fait mouche. Écrit à la façon d’un journal à la première personne, le lecteur découvre aussi que le jeune Parker consacre du temps à l’écriture de fiction, ses contes insérés dans le récit apportent une touche complémentaire à l’ensemble du roman. Si je ne suis pas fan de l’élément fantastique de l’intrigue, peu importe, je me suis laissé embarquer dans l’histoire.

 

Que faire de sa vie, trouver quelqu’un sur sa route qui vous redonne espoir et vous aide à croire en vous, être prêt pour le premier amour, sont quelques-uns des éléments abordés ici. J’ai aimé l’audace de l’auteur dans ses choix, sa fantaisie et sa légère impertinence dans les dialogues. Une très bonne surprise !

 

 

 

Nathan, février 2018, 314 pages, prix : 16,95 €, ISBN : 978-2-09-257490-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © 2016, Ali Smith / éd. Nathan.

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Une fille de …. – Jo Witek

10 Juillet 2018, 14:55pm

Publié par Laure

p. 25 : « Je m’appelle Hanna Sobolev, je suis la fille d’Olga Sobolev, prostituée indépendante. Fille de pute, quoi. Je suis une insulte, la pire des insultes, celle que les gens de mon âge balancent si facilement à la tête de leurs ennemis. »

 

Du plus loin qu’elle s’en souvienne, Hanna a quatre ans, lorsqu’elle entre dans un magasin de chaussures. Sa mère lui dit de choisir avec la vendeuse, et pendant ce temps-là, elle file dans l’arrière-boutique avec le patron. La petite n’a pas encore les mots, mais déjà elle sait.

 

C’est pour la protéger de « ça » que sa mère l’enverra ensuite dans un internat loin d’elle, et la récupérera à l’âge de onze ans.

 

Officiellement, sa mère est serveuse de nuit dans un bar. Qu’importe, elle l’aime.

P. 29 : « Oui, je l’adore, ma mère, parce qu’elle m’a offert tout ce qu’elle n’a jamais reçu. »

 

 

Le récit à la 1ère personne alterne deux phases : celle en italique, de la course à pied qui lui redonne la force d’affronter le monde, de sa nécessité pour la jeune fille, de la rencontre, de l’amour naissant, et celle du récit de sa vie, de son histoire familiale. De la bêtise crasse des autres au collège, et de la construction de soi avec ce passé familial. Peut-elle croire en l’amour avec ce que vit sa mère ?

 

 

Un très beau texte, sur la prostitution, le jugement des autres, la violence de ce « métier », je trouve peut-être de trop le passage très pédagogique prêt à débattre en classe sur une école et une éducation égalitaires (mais le roman s’adresse avant tout à des ados), néanmoins l’ensemble est d’une grande justesse. Les phrases le plus souvent brèves donnent toute sa force au récit.

 

 

p. 61 : « Je suis le fruit d’un sale business entre un homme prêt à payer pour avoir du plaisir et une femme qui accepte le deal pour éviter de se faire buter par des mafieux »

 

Un indispensable.

 

 

 

Sélectionné pour le prix des lecteurs 13-16 ans de la Ville du Mans

et du Département de la Sarthe 2019

 

 

 

Actes Sud junior, coll. D’une seule voix, août 2017, 93 pages, prix: 9 €, ISBN: 978-2-330-08142-3

 

 

 

Crédit photo couverture : © Coprid – Fotolia / éd. Actes Sud junior

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Gros ours & Petit lapin – Nylso

9 Juillet 2018, 14:14pm

Publié par Laure

C’est l’histoire d’un ours qui retrouve régulièrement dans la forêt un petit lapin. D’ailleurs il rêve d’être un lapin, mais ce n’est pas possible. Parfois, c’est le lapin qui aimerait être un ours qui hiberne. Dans une nature grandiose ou sur un talus, ces deux amis devisent, mieux, ils philosophent. S'interrogent sur la vie, sur leur place ici-bas. Chaque saynète est une aventure et un élément de réflexion, parfois on rit tout simplement, de cette amitié improbable et des horreurs qu’ils se racontent. Mais toujours ils se retrouvent.

 

Et puis il y a ce dessin si reconnaissable de Nylso. Je l’avais découvert avec Jérôme d’Alphagraph, ce trait très fin à l’encre, comme de mini hachures, qui compose de vastes paysages, un ours assez reconnaissable et un tout petit lapin qu’il faut parfois chercher un peu plus dans la page. Somptueux.

 

Délicatesse, humour, philosophie, nature : admirable !

 

(Pour ados et adultes)

 

©  Nylso et Misma éd.

 

 

Misma éd., mai 2016, 224 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-916254-49-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © Nylso et éd. Misma.

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Boom – Julien Dufresne-Lamy

8 Juillet 2018, 11:41am

Publié par Laure

La fin brutale d’une amitié : en voyage à Londres, Timothée va être fauché par une voiture sur le pont de Westminster par un fou de Dieu, un terroriste. Comment Étienne, son pote à la vie à la mort, au caractère bien différent mais complémentaire, va-t-il surmonter ce drame ?

 

Le récit à la deuxième personne du singulier par Étienne dit la douleur, la perte, le lien, la naissance de leur amitié, son évolution, leur parcours, leur jeunesse et ces trois ans de joies et délires. On sourit souvent, on comprend, l’empathie de chacun devient celle du lecteur également. Boom, c’était un tic de langage de Timothée, c’est aussi le choc de l’acte terroriste.

 

Un texte bref, au scalpel comme souvent dans cette collection, très fin, au ton parfait, et qui donne envie d’aller voir ce que l’auteur a déjà écrit par ailleurs.

 

 

 

P. 12 : « Tu es parti avec ma tranquillité. Je ne dors plus, je vis mal, mes nuits sont bruyantes et mes journées de viennent de longs tunnels silencieux. »

 

 

 

 

 

 

Actes Sud Junior, coll. D’une seule voix, avril 2018, 110 pages, prix: 9,80 €, ISBN : 978-2-330-09685-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © DR / Actes Sud junior

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Le retour – Bruno Duhamel

3 Juillet 2018, 14:52pm

Publié par Laure

J’ai découvert Bruno Duhamel récemment par son album « Jamais »; aussi ai-je eu la curiosité d’aller voir ce qu’il avait fait avant.

 

J’ai lu Le retour, un scénario bien différent, mais une construction hyper intéressante et une plutôt bonne intrigue. Il explique dans la préface s’être très librement inspiré de la vie de l’artiste César Manrique (1919-1992).

Cristobal, un artiste revenu au pays, sur son île de Lanzarote, est horrifié de voir à quel point la nature est sacrifiée au profit d’un tourisme immobilier d’une grande laideur et combien l’appât du gain fait des ravages. Mais Cristobal est aussi très mégalo et apte à se mettre très vite tout le monde à dos. Aussi quand il est retrouvé mort dans un accident de voiture, l’inspecteur Claudio Ramirez est chargé d’enquêter discrètement : meurtre, suicide ou banal accident ?

 

J’ai beaucoup aimé les allers-retours temporels, et le choix des couleurs qui y est associé, la beauté des décors (et notamment quelques doubles pleines pages qui font à la fois un focus dans le récit et un tableau à contempler !) De même la relation au père, au couple, l’impétuosité du personnage sont des éléments psychologiques très bien conduits.

 

Le sujet m’a moins séduite que « Jamais » mais j’ai néanmoins beaucoup aimé cette palette de l’auteur.

 

 

 

Bamboo éd., collection Grand Angle, mai 2017 ; 96 pages : prix : 18,90 €, ISBN : 978-2-8189-4097-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Bruno Duhamel et Bamboo éditions.

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Juin en 2018 en couvertures ...

1 Juillet 2018, 15:20pm

Publié par Laure

En juin, j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

   

  

 

 

 

 

 

 

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Cinq ami(e)s au soleil – Emma Sternberg

30 Juin 2018, 11:06am

Publié par Laure

En rentrant chez elle, Linn, la trentaine, retrouve son amoureux en fâcheuse posture avec une de ses amies. Son petit monde s’écroule, d’autant qu’elle travaille dans l’entreprise de ses beaux-parents, et ne se voit pas continuer comme si de rien n’était. Elle décide de partir sur le champ, mais c’est à ce moment-là que sonne un exécuteur testamentaire qui lui annonce qu’elle vient d’hériter d’une maison d’une valeur de 11 millions de dollars dans les Hamptons, sur l’île de Long Island, dans l’état de New-York, d’une vieille tante qu’elle n’a même pas connue.

 

Elle quitte l’Allemagne avec un maigre bagage, va aller de surprise en surprise en découvrant la beauté du lieu mais aussi que cette gigantesque bâtisse est toujours habitée par cinq retraités qu’elle ne veut pas mettre à la porte.

 

On pourrait penser, après ce postulat peu crédible, (et je l’ai pensé très fort) que tout est cousu de fil blanc, qu’elle va trouver un moyen de sauver la maison, que tout ce petit monde va vivre ensemble, et qu’elle va bien sûr tomber amoureuse du fils d’une pensionnaire qui vient faire quelques menus travaux.

 

Eh bien oui et non, car le déroulement de l’intrigue fut plutôt une bonne surprise, et se veut un brin plus complexe qu’attendu. On y côtoie le monde de l’art, des personnalités sans scrupules, des hésitations sincères de la part de l’héroïne, un cheminement plus retors qu’imaginé ; je me suis plutôt laissé prendre au jeu.

 

Un roman feel-good certes, mais qui emprunte des voies moins convenues que prévues : un bon premier roman allemand à conseiller pour une lecture détente.

 

 

 

 

L’archipel, juin 2018, 393 pages, prix : 22 €, ISBN : 978-2-8098-2441-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © ph. iStock et éd. de l’Archipel

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Tu deviens adulte le jour où tu pardonnes à tes parents – Gérard Salem

27 Juin 2018, 10:31am

Publié par Laure

Boris écrit une lettre à ses parents, qu’il n’a pas vus depuis sept ans. Il a volontairement coupé les ponts. L’incipit est incisif, la rancœur est toujours présente : « J’espère que cette lettre empoisonnera votre journée ».

 

Boris est malade, son ex-femme lui refuse tout contact avec ses enfants, bref, rien ne va. Il ne veut pas pour autant qu’on s’apitoie sur son sort, juste régler ses comptes. Sur le conseil de son psychiatre avec qui sa sœur Charlotte correspond également, toute la famille d’abord proche puis étendue, se met à s’écrire de vraies lettres, à l’ancienne. De celles qui nécessitent de se poser.

 

Si la première moitié est très bien menée, plaçant bien les relations parentales et fraternelles, avec des réflexions de fond intéressantes sur la famille, la seconde partie, à trop vouloir se disperser, s’essouffle et tourne en rond. Au final peu de réponses sont données si ce n’est certains liens qui se sont un peu renoués, et encore, artificiellement et de manière sans doute éphémère.

 

Si l’idée (et le titre !) étaient bien séduisants, l’ensemble est décevant, ne tenant pas l’intérêt du lecteur sur la longueur. Fort dommage.

 

 

Ed. Flammarion / Versilio, mai 2018, 246 pages, prix : 17,00 €, ISBN : 978-2-0814-3462-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © logotitre : Djorh © Flammarion

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Timoto aime très beaucoup sa maman / Timoto veut un vrai cheval – Rémi Courgeon

21 Juin 2018, 15:20pm

Publié par Laure

Timoto aime très beaucoup sa maman / Timoto veut un vrai cheval – Rémi Courgeon

J’avais beaucoup aimé les deux précédents titres de Timoto, qui ouvraient la série, et je trouve ces deux nouveaux opus très réussis.

 

Timoto aime très beaucoup sa maman, et pour le lui dire, il lui écrit un poème ; un long poème. Mais il faut aussi un cadeau avec et ça devient de plus en plus cocasse. Aimer, c’est beaucoup de travail et c’est aussi très salissant ! Timoto le roi des bêtises toutes mignonnes !

L'occasion aussi de discuter avec son enfant de l'amour, des cadeaux et du lien qui peut exister entre les deux !

 

Timoto veut un vrai cheval, comme les indiens, comme dans les films de Cow-boys. Mais son papa lui dit qu’il est trop petit, il peut faire du poney. Non non non, pas de poney, ni de double poney, ni de bombe sur la tête. Vexé et un peu en colère, Timoto va encore inventer de sacrées bêtises, heureusement papa est là !

 

Deux beaux albums sur l’amour entre parents et enfants, la complicité avec le parent, la frustration, l’envie d’être grand, et l’imagination débordante des petits.

Une série qui continue de me réjouir !

 

 

Nathan, mai 2018, 32 pages chaque, 6,95 € chaque.

Crédit photo couvertures : © Rémi Courgeon et éd. Nathan

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