Les jardins d'Hélène

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Une vie sans Barjot – Appollo & Oiry

7 Juillet 2012, 15:38pm

Publié par Laure

 

Scénario : Appollo

Dessins et couleurs : Oiry

 

une-vie-sans-barjot.jpgMathieu a 18 ans et vient d'avoir le bac. C'est sa dernière nuit dans la petite ville de son adolescence, demain, il part à Paris poursuivre ses études. Il veut profiter de cette dernière nuit, avec les potes, et peut-être enfin approcher la belle Noémie dont il est amoureux.

Succession de rencontres, de lieux où rien ne se passe vraiment comme prévu, Mathieu erre dans la nuit avec Christophe, l'intello ivre de Kerouac et de Rimbaud qui ne rêve que d'un tel avenir d'auteur, et Barjot, de son vrai prénom Jean-Mohamed, plus désinvolte, un peu barge comme son surnom l'indique.

Le principal atout de cet album est de sonner profondément juste, si le langage cru et bassement vulgaire des ados vous rebute, passez votre chemin, mais c'est aussi ce qui en fait son réalisme. On s'y croirait, dans cette adolescence désabusée entre alcool, joints, et sexe. Devient-on adulte en cessant de fanfaronner, en écoutant ses sentiments, en acceptant ses forces et ses faiblesses ? Devient-on adulte parce qu'après le bac on part vers l'inconnu ?

Le jeu de couleurs de cette longue nuit est très bien vu aussi, jouant essentiellement sur le bleu, le rouge et le jaune en plus du noir de la nuit. Une fin plus douce, plus intimiste, révèle tout l'intérêt des personnages et leur basculement. Un passage initiatique de l'adolescence à l'âge adulte, symbolisé par une nuit d'errance et de regards sur la ville et ses amis.

 

Futuropolis, mars 2011, 64 page, prix : 16,25 €

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Crédit photo couverture : © Oiry et éd. Futuropolis

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Boule à zéro, tome 1 : Petit cœur chômeur – Ernst et Zidrou

9 Juin 2012, 20:15pm

Publié par Laure

 

Scénario : Zidrou, Dessins : Ernst, Couleurs : Laurent Carpentier

 

boule-a-zero.jpgElle s'appelle Zita mais tout le monde l'appelle Boule à Zéro dans son hôpital, oui c'est un peu devenu « son » hôpital depuis 9 ans qu'elle y « vit » « Boule à zéro » parce que cancer et chimio... le sujet est difficile (les maladies longues durées ou incurables chez les enfants) mais le résultat n'est pas du tout larmoyant bien au contraire.

Zita a une énergie incroyable, un humour débordant, et toujours un bon mot pour tous ceux qu'elle croise. C'est un peu le boute-en-train du service. Elle s'apprête à fêter ses 13 ans (alors que tout le monde lui en donne 10 et la prend pour un garçon, ce qui l'agace un peu!) et invite patients de son entourage et personnels soignants. Mais son cœur se serre car elle n'a pas revu sa mère depuis longtemps, celle-ci ne vient presque plus la voir...

Beaucoup de justesse, de subtilité et d'humour dans les dialogues, un équilibre bien trouvé entre douleur des situations et dynamisme du personnage, quelques clins d’œil au journal de Spirou, et un bon reflet de la réalité hospitalière des enfants malades qui ne sont souvent pas bien loin de la gériatrie dans les malades rencontrés sur la durée.

Des liens se tissent entre les infirmières, les médecins et leurs jeunes patients, entre les enfants aussi, une complicité sur le fil où pointe toujours un sourire. Ah le sacro-saint café de la salle des infirmières et leurs traditionnels sabots en plastique ajourés...

Un seul regret : ça finit un peu vite (on resterait bien plus longtemps avec cette petite Zita!) et le tome 2 est annoncé pour début 2013, c'est loin !

 

 

Bamboo éd., mars 2012, 46 pages, prix : 10,95 €

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Crédit photo couverture : © Ernst et éd. Bamboo

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L’ostie d’chat, tome 2 – Iris et Zviane

2 Juin 2012, 14:44pm

Publié par Laure

ostie-dchat-t2.jpgValeur constante pour cette série où l’on retrouve les qualités déjà énoncées pour le 1er tome et le même plaisir de lecture.

Jasmin joue à présent dans le groupe « Les Doigts Sales » où il rencontre un bon succès, et craint qu’on le prenne pour un gay parce qu’un des gars du groupe l’a « frenché » (ah le québécois, c’est joli cette expression pour le french kiss !). De son côté, Jean-Seb s’entiche de Natasha, une groupie vraiment niaiseuse mais qui va l’émouvoir pour une raison inattendue (qu’elle semble elle-même ignorer !), et il va finir par coucher avec une autre…

Un chapitre est consacré quand même au fameux chat Légolas, jamais à son avantage le pauvre,  qui là s’est empêtré dans  un ruban collant tue-mouches, je vous laisse découvrir l’opération sauvetage.

Dans ce tome encore, c’est le retour en arrière sur la rencontre de Jasmin et Jean-Seb et leur parcours familial respectif que je trouve le plus touchant.

Comme il est dit en 4ème de couv, une série avec « du suspense, des drames, du sexe, de la romance, des dégâts, et plein de folleries ! », sans vraiment se prendre au sérieux, avec une petite note sensible derrière le côté grands ados immatures.

Le tome 3 vient de paraître.

 

Delcourt, coll. Shampooing, janvier 2012, 159 pages, prix : 8.95 €

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Crédit photo couverture : © Delcourt / Iris et Zviane

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Les amateurs – Brecht Evens

22 Mai 2012, 15:10pm

Publié par Laure

les-amateurs.jpgEtonnante BD, novatrice, déroutante, mais presque drôle et souvent proche du livre d’art ! Pas de cases, pas de bulles, on se rapproche du roman graphique, tout en le déjouant, il y a régulièrement de splendides pleines pages à l’aquarelle, des tableaux flamboyants, et des dialogues dont la couleur des propos est attachée à son personnage. Original, vraiment !

Pieterjan est invité en résidence d’auteur à une première biennale d’art de Beerpoele, dans la campagne flamande. Il réalise vite qu’il débarque au milieu de nulle part, et que les gentils organisateurs ont quand même l’air d’une sacrée bande d’amateurs. Il faut le voir logé sur un lit de camp au fond du garage avec un simple seau en guise de sanitaires mais quand même avec un poisson rouge dans son bocal « pour réchauffer l’atmosphère ». C’est pas gagné ! D’autant qu’il faut laisser s’exprimer chacun, du psychotique qui dessine des spirales ad vitam aeternam (et pourrit un peu la vie de l’artiste) aux divers personnages aux compétences elles aussi déroutantes. Il s’attachera à rassembler ce petit monde autour d’un grand projet, une géante sculpture, qui finira de façon assez déjantée, je vous laisse la surprise. Au fil des jours, l’artiste perd de ses convictions pour s’adapter à son environnement, et semble se consacrer davantage à la jeune et jolie Cléo qui joue les apprentis photographes.

Un album qu’on se surprend à aimer, aux nombreuses scènes sublimes graphiquement et cocasses dans le scénario, et dont on sent évoluer la réflexion sur la création artistique et la place de la culture.

Une curiosité à découvrir !

 

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  © Brecht Evens et Actes Sud BD

 

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   © Brecht Evens et Actes Sud BD

 

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   © Brecht Evens et Actes Sud BD

 

Actes Sud BD, novembre 2011, 120 pages ; prix : 25,40 €

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Crédit photo couverture : © Brecht Evens et Actes Sud BD éd.

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Souriez - Raina Telgemeier

23 Février 2012, 10:12am

Publié par Laure

souriez.jpgAprès une chute banale qui lui endommage gravement deux incisives supérieures, Raina va connaître des années de traitements dentaires et orthodontiques qui vont la mettre à rude épreuve. Surtout quand on a 11 ans, qu’on entre en 6ème, et qu’on va traverser toute l’adolescence avec des appareils dentaires, des trous, des prothèses, et j’en passe.

Si au départ l’aventure « dentaire » fait frémir (qui aime réellement aller chez le dentiste tous les 15 jours ?!) , c’est d’abord et avant tout le portrait d’une jeune fille qui traverse l’adolescence, puisqu’on la suit de 11 à 15 ans, de la 6ème à l’entrée au lycée, avec son caractère, ses différences, ses premiers émois amoureux platoniques, et ses pensées qui séduiront sans doute bien de jeunes lectrices : « est-ce qu’il a vu que je rougissais, est-ce qu’il m’aime aussi ? » et bien évidemment les regards sont rarement réciproques au même moment !

Visiblement d’inspiration autobiographique (le personnage de la BD a le même nom que l’auteur et la page d’achevé d’imprimer le précise), c’est aussi un scénario rassurant qui montre que toutes les épreuves se surmontent, qu’elles aident à s’affirmer, et que nul ne peut venir entraver votre personnalité. Je ne suis pas sûre qu’il faille offrir ce livre à une adolescente qui va commencer un traitement d’orthodontie, mais si votre fille est déjà dedans, avec un traitement « normal », allez-y ! Lu et apprécié également par mes deux filles de 15 et 11 ans, dont la première endure un peu le même genre d’épreuves. En tous les cas la lecture est positive, soyez sans crainte, on n’en ressort pas traumatisé ! Cheeeese !

 

Akileos, mars 2011 pour la traduction française, 213 pages, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : © Raina Telgemeier et éd. Akileos

 

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Paul à Québec - Michel Rabagliati

25 Janvier 2012, 06:26am

Publié par Laure

PaulQuebec3d.jpgSixième tome de la série des Paul ; Michel Rabagliati poursuit son art délicat de la chronique familiale tout en noir et blanc.

Juin 1999. Paul part avec sa femme et leur fille passer le week-end chez ses beaux-parents à Québec, dans une belle maison familiale où tous les enfants et petits-enfants se retrouvent avec grand plaisir. On sent le lien et le bonheur de ceux-là, heureux d’être ensemble.

Roland, son beau-père, est soigné pour un cancer de la prostate, qui semble bien évoluer sur le chemin de la guérison. Dès lors le découpage choisi suit l’évolution de la maladie, chienne de vie, un an plus tard, puis mois par mois, puis jour après jour : le temps se rapproche dans la succession des bulles, le parcours de la maladie, de la fin de vie et de son accompagnement sont très bien retranscrits, dans le dessin qui voit Roland changer physiquement au fil des mois puis des semaines, dans le scénario qui ne cache rien de la difficulté de l’acceptation et du sens de l’entrée en soins palliatifs, de la famille éprouvée mais présente.

Très bel album, sensible, juste, qui sublime un quotidien fait de petits gestes presque anodins. Les passages sur les mouvements indépendantistes de la province du Québec au début de l’album et les expressions québécoises typiques apportent un intérêt et une saveur supplémentaires à l’ouvrage. Du bel ouvrage.

 

Lauréat du Prix du Public au Festival BD d’Angoulême en janvier 2011

 

Ma lecture plus ancienne de Paul en appartement et Paul dans le métro

 

La Pastèque, mars 2010, 187 pages, prix : 20 €

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Crédit photo couverture : © Michel Rabagliati et éd. La Pastèque

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Coucous Bouzon - Anouk Ricard

12 Janvier 2012, 14:38pm

Publié par Laure

coucous bouzonDésopilante BD qui se moque avec joie de certaines méthodes de management ! Tous les personnages ont des têtes d'animaux, mais les situations sont bien celles du monde de l'entreprise, des relations au chef et aux collègues. Richard est embauché chez Coucous Bouzon, une fabrique de coucous suisses et autres pendules, son entretien d'embauche est assez surréaliste : sait-il toucher ses pieds en gardant les jambes tendues ? non, tant mieux car son patron non plus. Il salue le poisson rouge mort dans son bocal, il doit apporter son propre ordinateur, et il n'est pas au bout de ses surprises : il remplace un collègue qui a disparu, et qu'une émission de télé-réalité essaie de retrouver... Dans quelle galère Richard a-t-il mis les pieds ?
Drôle, totalement absurde dans bien des cas, dessin coloré simple et efficace, pseudo enquête, chef complètement barjot, vous en redemanderez !

 

Gallimard, coll. Bayou, septembre 2011, 91 pages, prix : 16 €

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Crédit photo couverture : © Anouk Ricard et éd. Gallimard

 

 

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L'ostie d'chat, tome 1 - Iris et Zviane

21 Septembre 2011, 09:54am

Publié par Laure

ostie-dchat-tome1.jpgC’est l’histoire d’un blog publié en format manga, comme ça arrive de plus en plus souvent. C’est l’histoire d’un chat qui sert de prétexte à narrer les aventures sentimentales de deux jeunes potes. C’est frais et dynamique, et 100 % québécois, ce qui dans le ton et le vocabulaire peut dérouter ou au contraire séduire !

Ne cherchez donc pas un manga sur les chats, ce n’est pas vraiment le sujet, même si le bon gros Legolas est bien là, et se trouve baladé entre Jasmin et Jean-Séb, il n’est pas l’essentiel du récit. Il faut remonter un peu en arrière, ce chat avait été recueilli par un ancien colocataire, qui s’est suicidé, et depuis, par respect et en souvenir de lui, ses amis se partagent la garde du chat, en râlant mais sans avoir vraiment envie non plus de s’en séparer.

Histoires sentimentales, soirées drague, plans qui tombent à l’eau, colocation, on est dans un registre qui plaira sans doute aux jeunes adultes. Des retours en arrière expliquent la rencontre des deux amis, leur histoire familiale, cela apporte un fond plus grave ou tout simplement plus riche au récit.

Beaucoup de scènes dénudées qui peuvent sembler un peu gratuites, mais qui sont souvent marrantes. Ma grande surprise a été de découvrir que derrière ces deux noms d’auteurs qui se mettent si bien dans la peau de deux jeunes hommes se cachent en fait deux jeunes femmes !

 

 A lire « pour le fun », comme ils disent J

 

Le blog d’ostie d’chat : http://legolaslove.canalblog.com

 

(Parution prévue en 3 tomes)

 

Delcourt, coll. Shampooing, août 2011, 159 pages, prix : 8,95 €

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Crédit photo couverture : ©  Iris et Zviane et éd. Delcourt.

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Les souvenirs de Mamette, tome 2 : le chemin des écoliers – Nob

18 Juillet 2011, 07:45am

Publié par Laure

 

souvenirs-mamette2.jpgAh ! Mamette qu'on prend toujours autant de plaisir à retrouver, que ce soit dans son enfance avec « les souvenirs de Mamette » ou les albums en grand format dans sa vie actuelle de grand-mère !

Dans ce deuxième tome des souvenirs, on retrouve la petite Marinette confiée à ses grands-parents à la campagne. L'album s'ouvre sur une lettre de la mère à sa fille : « Cela fait déjà quelques semaines que tu m'attends. J'avais promis de venir te chercher très vite. Mais les parents ne font pas toujours ce qu'ils veulent, tu sais. Malgré mes efforts, ça ne s'arrange pas du tout entre papa et moi... nous allons nous séparer. (…) » Marinette se méprend et se persuade que ses parents ne l'aiment plus et veulent se débarrasser d'elle. Heureusement, elle a sa chèvre Biquette qu'elle adore et qui la suit partout, et une grande aventure va changer le cours de ses journées : l'entrée à l'école. La communale où l'on va à pied, avec son pique-nique dans le sac, les punitions systématiques données par une institutrice tyrannique qui ne rigole pas avec la ponctualité et la propreté, ses leçons de morale… Dur dur quand on aide aussi à la ferme et qu'on aime jouer avec les copains dans les bois, les accompagner à la pêche, etc.

Un très beau retour sur la vie dans les années 1930 (ici 1935), entre simplicité et rudesse de la campagne. De très belles planches, bien mises en couleurs, qui offrent une nouvelle tranche de vie de Mamette qu'on lira à tout âge, qu'on ait 8 ans ou bien davantage ! Un retour dans le temps qui remet la valeur des choses à leur juste place (point de course à la consommation!). Et on ne s'en lasse pas.

 

Retour sur le tome 1 : ici

 

Glénat, 88 pages, janvier 2011, prix : 9,95 €

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Crédit photo couverture : © Nob et éd. Glénat

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Le viandier de Polpette, tome 1 : L’Ail des ours – Olivier Milhaud – Julien Neel

10 Juin 2011, 15:19pm

Publié par Laure

Scénario : Olivier Milhaud

Dessins : Julien Neel

 

viandier-de-polpette.jpgUn autocollant vous alerte sur la couverture : "par l’auteur de Lou !" C’est donc bien le dernier ouvrage de Julien Neel, même s’il n’a pas grand-chose à voir avec Lou ! J’ai eu un peu de mal à entrer dans cette lecture, une fois n’est pas coutume, à cause du dessin. Je n’aime pas beaucoup les traits des personnages, ce cuisinier Polpette au visage trop large, carré, aux traits à peine esquissés et peu expressifs. De même pour les autres personnages, le comte Fausto a des traits trop féminins, et les bouches sont rarement dessinées, à peine marquées, seuls les hauts des visages prennent toute la place. Je n’avais jamais prêté attention à cela chez Neel auparavant, là ça m’a frappée d’emblée et je suis restée réticente au dessin.

 

Quant au scénario, il semble prendre deux pistes différentes, l’une pour moi plus intéressante que l’autre. Polpette est le cuisinier de l’auberge au « coq vert », et ses recettes sont données tout au long de l’ouvrage. Du solide, roboratif qui tient au corps. C’est bien, je n’ai rien contre, mais on finit par se demander si on est dans un concours de cuisine façon M6 un soir de semaine. Et puis Polpette n’a pas la place d’honneur annoncée, celle prise par le jeune Comte Fausto de Scaramanda me semble plus importante, avec bonheur d’ailleurs car l’intrigue semble plus riche que le Larousse de comment cuisiner les herbes de la forêt.

Fausto est un épicurien, élevé par son précepteur Biryani, qui l’entoure encore à l’âge adulte et s’efface devant ses caprices et sa paresse. Mais voilà que le père de Fausto s’annonce, en compagnie de trois cousins, alors que cela fait quinze ans qu’ils ne se sont pas vus. Que peut bien annoncer cette visite ? Cousins intrigants en quête d’héritage prématuré, forêt formant comme un huis-clos mystérieux, entre deux époques aussi, sans date mais où se mêlent carrosses et chevaux et premières automobiles, modernité aussi de la sensuelle Alméria qui n’a pas froid aux yeux, les personnages secondaires sont intéressants, mais c’est bien la relation père-fils qui me semble au cœur de l’ouvrage. Je ne sais quelle place prendra le cuisinier Polpette dans le tome suivant, mais j’avoue que ce premier volume qui ne le met en avant qu’en apparence, par le biais d’un titre daté, et des premières planches ne me séduit que modérément.

 

 

Gallimard, mai 2011, 136 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : © Julien Neel et Gallimard jeunesse.

(Et c’est bien en voyant le © Gallimard jeunesse et loi de 49 que j’ai réalisé que c’était bien une publication jeunesse. Je n’en suis pas convaincue à la première lecture.)

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