Les jardins d'Hélène

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Cadavre exquis - Pénélope Bagieu

16 Mai 2010, 10:56am

Publié par Laure

cadavre-exquis.jpg1ère BD très attendue de Pénélope Bagieu sur un scénario au long cours, elle était très connue jusque là pour son blog repris en albums, notamment Joséphine, en 2 tomes. Son 1er opus ma vie est tout à fait fascinante m’avait amusée alors que Joséphine m’avait laissé davantage de marbre, au point de même pas tenter le deuxième.

Mais ce cadavre s’annonçait partout réussi, critiques élogieuses nombreuses, et puis c’est dans la très bonne collection Bayou de chez Gallimard….

Quid du scénario ? Zoé, 22 ans, a un job alimentaire pas top : hôtesse d’accueil sur des salons type le salon de l’auto, la reine du fromage, et autres manifestations où il faut subir les pervers et détraqués du coin. Côté cœur, ça ne va pas fort non plus, son mec est un gros bourrin qui pète au lit en guise d’au revoir le matin. Zoé est pas mal cruche et pleurnicharde, mais elle aura quand même le déclic pour se reprendre en main : alors qu’elle déjeune d’un sandwich sur un banc, elle aperçoit un homme qui l’observe caché derrière son rideau à l’étage d’un immeuble : elle va sonner chez lui sous prétexte d’utiliser ses toilettes, et va s’intéresser à sa curieuse façon de vivre en reclus. Thomas Rocher est un écrivain, et pas des moindres : attaché à la critique, il a viscéralement besoin de sa dose de louanges quotidienne pour survivre…

Il ne faut pas en dire plus sous peine de gâcher la surprise du scénario, mais si vous êtes attentif au vocabulaire employé, vous pigerez tout de suite l’astuce (c’est dit clairement dès la page 15 sur 124), du moins la première, car la chute, elle, est tout à fait renversante !

·         j’ai trouvé peu crédible et un peu limite le postulat de départ : rencontrer quelqu’un au xème  étage d’un immeuble sous prétexte d’utiliser ses toilettes. « Vous pouvez me parler, hein, vous savez ! j’ai laissé ouvert exprès ! Il est drôlement épais votre papier ! » et le lecteur de regarder la demoiselle faire ce qu’elle a à faire et se reculotter tout en lui parlant…

·         J’ai trouvé horripilant le côté tarte de Zoé, mais ça fait partie du personnage : « Il écrit des livres. J’ai pas bien pigé quel genre, mais en tout cas il parle comme un mec qui écrit, ça c’est clair » Et dans une librairie quand elle demande conseil, vous aimez quoi lui demande le libraire, comme films par exemple ? : « Euh… chai pas euh… J’aime bien… Han, chais pas moi, euh… baaah… ». L’abrutie de service en quelque sorte. Je sais c’est de l’humooouur, mais bon, ça ne doit pas signifier platitude non plus…

·         J’ai aimé toutes les caractéristiques des névroses de l’écrivain, notamment vis-à-vis de la critique. « Mais je comprends pas… c’est si grave que ça, les mauvaises critiques ?  - Non, en soi, pas tellement… Mais Tom avait été habitué jusque-là à être l’enfant chéri du public et des journalistes. Les critiques de ce roman-là étaient un peu le présage de ce qui était déjà arrivé à des tas d’auteurs, mais à quoi Thomas n’était pas préparé… Il était en train de passer de mode. »

·         J’ai aimé le renversement final de l’intrigue

·         Côté dessins, personnellement je trouve ça très moyen : un peu simpliste, presque caricatural, rapide, mais c’est le style Bagieu, de ce point de vue-là, pas de surprise. Mais si ça fonctionne bien en saynètes ou sur son blog, sur une longue histoire, ça manque un peu de détails et de précision à mon goût.

Conclusion : à lire pour le scénario essentiellement. Un moment détente qui ne prend pas la tête, facile et rapide, à l’image de son dessin.

 

Gallimard, coll. Bayou, avril 2010, 124 pages, prix : 17 euros

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Crédit photo couverture : © pénélope bagieu et éd. Gallimard.

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Back in town, tome 1 : gloire aux trottoirs ! – Anne Baraou (scénario) et Nicolas Hubesch (dessins)

7 Mai 2010, 10:45am

Publié par Laure

Je vous parlais hier d’une BD façon “retour à la terre”, et bien voici son exact contraire : back in town !

 

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Marc et Andréa, avec leur petite Mona, reviennent à la ville (Paris plus précisément) après 5 ans passés à la campagne. Dès la sortie du TGV, c’est l’explosion du bonheur : yep, du monde partout, tous les moyens de transport qu’on veut, des escalators en pagaille, retour à la civilisation ! Et surtout, pensez-donc, il y a des trottoirs ! Plus besoin de salir ses talons de chaussures dans la bouillasse campagnarde, ni son entrée à la maison ! Gloire aux trottoirs ! (c’est le titre de ce 1er volume). Bien sûr, le jeune couple va rapidement déchanter : avec l’argent de la vente de leur maison de 200 m² et de leur terrain de 3000 m², ils espèrent pouvoir acheter un appartement de 100 m². Le vendeur leur rit très vite au nez, tout juste peuvent-ils espérer 25 m² ? Qu’importe, ils ne se laissent pas abattre et se tournent vers la location. Vous ne voulez pas de rez-de-chaussée ? Pourtant votre maison à la campagne, c’était un rez-de-chaussée non ? De son côté, la petite découvre sa nouvelle école (et les différentes langues maternelles de ses camarades), le parc du coin où elle se fait très vite plein de copines : « maman ! J’ai déjà deux copines ! Une marron et une qui à sa mère déguisée en fantôme ! », Andréa s’interroge elle sur la mode qui a bien changé depuis 5 ans, il va falloir se remettre à la page ! Marc peine à reprendre ses marques dans son job de journaliste et fait pas mal de cauchemars, allez, courage, Paris c’est les sorties quand on veut, les copains à toute heure, et l’agendite aiguë.

C’est donc l’anti-retour à la terre par excellence, sauf que voilà, l’intrigue journalistique est un brin embrouillée, les critères qui font la ville sont bien entendu connus (comme ceux de la campagne, on est bien d’accord), sauf que là, je n’ai rien trouvé de drôle. Je ne trouve pas non plus de profondeur aux personnages, on ne s’y attache pas, on les regarde se débattre dans leur bocal, sans même un brin d’empathie.

Lors de leur « total town party », Marc et Andréa invitent leurs amis à ouvrir le dernier carton, au contenu « total mystère ». Ils y retrouvent des tapettes à mouche et un sécateur, objets qu’ils peuvent définitivement oublier dans leur appart vue sur boulevard. Oui, mais après ?

 

A suivre sur un tome 2 donc, ou pas…

 

Dargaud, coll. Poisson Pilote, mars 2010, 48 pages, prix : 10,95 €

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Crédit photo couverture : © Baraou & Hubesch / Dargaud

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Un coin de ciel bleu, tome 1 : L’odeur du foin – scénario de Nicolas Jarry, Dessins de Paolo Deplano, couleurs Silvia Fabris

6 Mai 2010, 14:44pm

Publié par Laure

coin-de-ciel-bleu-1.jpg« J’en peux plus de cette ville, Eric ! Fais tes valises, prends ta fille sous le bras, on part vivre à la campagne ! » Ainsi débarquent dans un petit village oublié Eric et Lou, avec leur petite Annaëlle.

Dit comme ça et de prime abord, on a un peu envie de mordre : le coup du retour à la terre, on nous l’a déjà fait, même que c’était très réussi, et que non, on ne peut pas égaler Ferri & Larcenet, et que copier c’est pas beau.

Alors quand le vieux Gilbert et son voisin voient arriver le gros 4 X 4 avec pare-buffle (à parcmètres parisiens ?), face à la maison de la vieille Lanvieuse qui a des allures de la mère Mortemont dans le retour à la terre, on craint le pire. Il faut faire fi de ces a priori, car ce coin de ciel bleu se révèle drôle, caricatural juste ce qu’il faut mais point trop, et le père Eric nous en invente quand même de belles, avec son cochon nain qu’il baptise Elvis et qui n’en finit pas de grossir. Annaëlle sait attendrir les cœurs bourrus des vieux voisins, amadouer sa mère pour ramasser les chats errants, et Eric ne rate pas une gaffe quand il demande à ses voisins endimanchés s’ils vont à la noce : « vous savez monsieur Etxcheveri, ici c’est un pays de vieux, on ne marie plus nos amis depuis un demi-siècle. Non. On les enterre… »

On se surprend à quitter l’album en espérant que le tome 2 arrive bientôt ! La recette n’est pas nouvelle, mais elle fonctionne.

 

Lu aussi (et apprécié) par Joëlle, de la biblio du dolmen

 

Delcourt, janvier 2010, 47 pages, prix : 9,95 €

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Crédit photo couverture : © Deplano et éd. Delcourt

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Quand je serai grand... - Flamand Père & Fils

2 Mai 2010, 17:59pm

Publié par Laure

quand-je-serai-grand.jpgAprès les vacances à Saint-Prix, voici le retour des Flamand père & fils pour une suite autobiographique, avec Christian (dit Kiki) au scénario et son fils Julien au dessin.

BD intergénérationnelle, qui plaira aux petits comme aux grands, elle a un doux parfum de nostalgie, puisqu’elle retrace l’enfance de Kiki en 1965 lorsqu’il avait 10 ans. Ses parents prennent alors la gérance d’une magasin d’optique à Auxerre, et Kiki découvre sa nouvelle école. Dès la rentrée, la maîtresse leur demande parmi les renseignements habituels – nom, prénom, profession des parents – ce qu’ils veulent faire plus tard. Chris répond « dessinateur » - « Dessinateur ? Tu veux dire dessinateur industriel ? » - « Euh… non ! je veux faire de la bande dessinée ! comme Tintin, Astérix, Lucky Luke » - « Ah oui ! des petits miquets ! non, mais comme métier ? » Autant dire qu’avec ça, le chemin va être rude, car personne ne veut imaginer que cela puisse être un métier, tout au plus un passe-temps…

 Plongée dans les souvenirs d’enfance des années 60 qui plairont donc aux lecteurs de la même génération, et qui séduiront sans doute les plus jeunes façon « Petit Nicolas », s’ils n’ont pas lu les histoires, ils ont sûrement vu le film. Beaucoup de références dans cet album d’ailleurs, à des livres, des BD, des films, qui auront sans doute besoin d’un échange avec leurs aînés pour être comprises par les enfants, car quel enfant d’aujourd’hui sait ce qu’était le carré blanc à la télévision par exemple ?  Beaucoup d’humour aussi dans l’album, sur les bêtises d’enfant notamment.

S’il elle ne m’a pas séduite plus que cela, (elle est quand même très sympa à lire !), c’est sans doute qu’il ne faut pas attendre de surprise particulière du scénario : c’est autobiographique, ce sont des souvenirs d’enfance, ancrés dans une époque donnée. Et la fin peut laisser entendre qu’il y aura une suite, après tout pourquoi pas.  Comme dans l’album précédent, les dernières pages sont un collage de photos et documents d’époque, sympathiques, mais qui soulignent une fois encore la démarche passéiste de l’album.

Lire les premières pages : ici

Akiléos, février 2010, 50 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : © Julien Flamand et éd. Akileos.

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Elisa - Nathalie Ferlut

21 Février 2010, 07:48am

Publié par Laure

elisa.jpgJ’avais découvert Nathalie Ferlut avec Lettres d’Agathe, album que j’avais beaucoup aimé. On retrouve cette auteure (scénario et dessin) en ce début d’année avec Elisa, toujours dans la même collection, mais sur un ton et un style très différent.

Automne 1989, chute du Mur de Berlin. Peu de temps avant, en France, Rachel, Daniel et Elisa forment un trio de copains, amis, amoureux, ... A la mort accidentelle de Rachel dans un accident de voiture, Elisa perd pied et quitte sa famille, sa banlieue et ses études pour une fuite à Paris, dont on saura peu de choses. Sinon que dans ses errances et amochée, elle rencontre Antoine, jeune père divorcé un peu paumé mais attentif et protecteur, malgré leurs fréquentes engueulades.

Je n’ai pas retrouvé dans cet album ce qui m’avait charmée dans Lettres d’Agathe. Ici le scénario me paraît plus fouillis, embrouillé, inutilement alourdi et développé. L’histoire d’amour (entre Elisa et Daniel ? entre Elisa et Antoine ?) joue à cache-cache, et l’on aimerait bien que ça aboutisse quelque part, mais pour cela, il faudra vraisemblablement attendre un tome 2.

Ambiance très différente, des couleurs ocres très présentes qui vont bien au dessin, mais un cadre historique finalement peu exploité : quel intérêt d’avoir mis là la chute du Mur ? Pour parler d’une époque, et d’une génération sans doute, celle qui avait 20 ans en 1989, les enfants des soixante-huitards, la génération Mitterrand, à qui on reproche une mollesse d’engagement par rapport à celle de 68, une génération sans révolte et sans idéaux. Errance amoureuse et rebelle, même désappointement et indécision vis-à-vis de la famille et de l’amitié, qu’on chahute mais dont a viscéralement besoin quand même, Elisa, que tous ou presque appellent Lolita dans l’histoire, est un peu paumée. Lolita, Elisa, Nabokov, Gainsbourg, des figures lourdes à porter. 

De même en début d’album une allusion très claire à une certaine Princesse de Clèves qui ne sert à rien ni personne (« ha ha ! C’est sûr que ça, tes élèves, ils s’en serviront vachement dans la vie active ! ») mais qui n’a pas grand-chose à voir avec 1989.

Un scénario riche mais qui à mon goût s’éparpille un peu trop, part un peu dans tous les sens, pour finalement pas mal de redites, ou le même jeu un peu longuet du chat et de la souris à la  je t’aime moi non plus. Un peu dommage.

 

Delcourt, collection Mirages, janvier 2010, 110 pages, prix : 14,95 €

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Crédit photo couverture : © Nathalie Ferlut et éd. Delcourt

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Blessure d'amour-propre - Martin Veyron

15 Février 2010, 07:07am

Publié par Laure

blessure-d-amour-propre.jpgEn 1983, Martin Veyron publiait un album érotique sur le point G (fameux point G qui fait polémique aujourd’hui !), dont il tirait même un film deux ans plus tard, album qui semble lui avoir collé à vie une image de pornographe, dont il souhaiterait bien se débarrasser.

Un quart de siècle plus tard, il se met donc en scène dans un album pseudo autobiographique pour apporter une suite à l’affaire, qui peut tout à fait se lire indépendamment aussi. (Pour ma part, j’avais découvert Martin Veyron à travers un autre album, je ne sais plus lequel !)

Vieillissant, il accuse comme beaucoup d’hommes de son âge des problèmes de prostate, et restant pour les médias et le public l’auteur d’un seul livre, il galère financièrement. Une jeune journaliste le contacte pour un reportage sur le point G. Il l’envoie d’abord bouler, il en a marre, il voudrait enfin en sortir, de cette vieille histoire. Et puis le récit prend une tournure un brin loufoque, car quand on a besoin d’argent, jusqu’où peut-on aller surtout quand c’est si facile ? A un nouveau job juteux se mêle les problèmes du héros qui a dû choisir lors de son opération de la prostate entre incontinence ou impuissance.

Le scénario reste sympa et surprenant, dérangeant aussi, mais je ne suis pas très sensible au dessin, les femmes sont toutes très laides chez Veyron je trouve, ce n’est pas leur rendre hommage ! Et quelle idée aussi d’avoir choisi une police de caractère aussi grande et envahissante (pour le coup ça fait vraiment papy prostatique et presbyte) ! J’aime bien la couverture quand même : ces escaliers d’immeuble où se retrouvent exceptionnellement et simultanément toutes les femmes de l’histoire…

 

Dargaud, octobre 2009, 82 pages, prix 14,50 €

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Crédit photo couverture : © Martin Veyron et éd. Dargaud.

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Aya de Yopougon tome 5, Marguerite Abouet (scénario) et Clément Oubrerie (illustrations)

25 Janvier 2010, 18:23pm

Publié par Laure

aya 5Aya de Yopougon est désormais une série bien installée, valeur sûre qu’on retrouve avec grand plaisir à chaque nouveau tome. Il est parfois utile de revenir un peu en arrière, soit en relisant les tomes dans la foulée, soit au moins en relisant les précédentes notes de lectures (cf. ici pour le tome 4, qui renvoie aux précédents en fin de billet) pour se resituer dans les aventures.

Le vocabulaire est toujours aussi fleuri, entraînant sourires et situations cocasses. Le quotidien d’Aya n’est pas de tout repos, entre Félicité qui est séquestrée par son père et qu’il faut libérer, Grégoire qui a trouvé un attrape-gogos qui fonctionne bien (l’Eglise Internationale Réformée de Dieu Aucune Maladie), Innocent à Paris continue de trouver en France bien compliquée. Une mention particulière pour ce personnage que je trouve toujours bien développé, et une intrigue qu’on imagine à suivre dans un tome 6 entre Aya et le jeune homme l’a renversée sans dommage.

Une série de qualité, avec de grandes planches pleine page qui entrecoupent régulièrement le récit et la mise en page, des rebondissements nombreux, et toujours, le bonus ivoirien final.

A acheter, et dans l’idéal, à relire avant parution d’un nouveau tome.

 

Le site de l’illustrateur


Merci à Véronique et aux éditions Gallimard pour cet envoi, que je mets désormais en don à la bibliothèque publique pour compléter la série :-) (et oui, les filles, je l'ai retrouvé ce tome 5 envolé de mon bureau, il était juste bien caché sous une énorme pile au pied de mon lit)

 

Gallimard, coll. Bayou, nov 2009, 106 pages, prix : 16,50 €

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Crédit photo couverture : © Clément Oubrerie et éd. Gallimard.

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Une sacrée mamie, tome 2 – Yoshichi Shimada et Saburo Ishikawa

3 Janvier 2010, 07:51am

Publié par Laure

sacree-mamie-t2.jpgSéduite par le 1er tome de cette série aux souvenirs simples et drôles, je continue de suivre le petit monde cocasse et débrouillard d’Akihiro Tokunawa.Voilà deux ans déjà qu’il vit à Saga, chez sa grand-mère. Son quotidien est toujours aussi pauvre, mais la bonne humeur elle, ne manque jamais. On sera surpris de découvrir qu’il se bat même avec ses camarades de classe pour celui qui remportera la palme de la plus grande pauvreté ! Les chapitres constituent toujours de courts épisodes autonomes où les valeurs nobles de la famille et de l’entraide prennent le devant.

Sa grand-mère Osano lui offre le billet de train jusqu’à Hiroshima pour revoir sa mère, en lui faisant croire qu’il a été envoyé par sa mère, et que bon débarras, elle va enfin pouvoir souffler un peu ! Mais on voit bien qu’il lui manque, son petit-fils Akihiro, et combien elle a d’amour pour lui de ne pas oser lui avouer que sa mère n’a pas assez d’argent pour le  faire venir et qu’elle s’est sacrifiée encore un peu plus pour ce voyage… D’autres épisodes, qui ne manquent pas d’humour et de réflexion sur ce qui importe dans la vie, complètent ce recueil dans lequel cette sacrée mamie trouve toujours un moyen de positiver.

Décalé et toujours plaisant.

 

« Contrairement à aujourd’hui, les parents de l’époque savaient être impartiaux et pouvaient admettre que leurs enfants puissent faire des bêtises. Ils étaient déjà passé chez Taku pour présenter leurs excuses et s’en allèrent après nous avoir offert des gâteaux »

 

« Nous n’avions ni radio ni télévision. Chez nous, seuls les humains et les blattes bougeaient. Voilà pourquoi les soirs où nous n’avions rien à faire, nous regarder mutuellement était notre passe-temps favori. »

 

« Une télévision ? Ce n’est pas du tout impossible. Oui, il faudra juste que tu jeûnes pendant deux ans. »

 

Le tome 3 est sorti en octobre (mais je ne l’ai pas encore !) et le 4ème sortira en février 2010.

 

Delcourt / Akata, août 2009, 221 pages, prix : 7,50 €

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Crédit photo couverture : © éd. Delcourt

 

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Dessine-moi le bonheur

10 Décembre 2009, 10:29am

Publié par Laure

dessine-moi-le-bonheur.jpgA l’origine de cet album un projet vraiment original et inhabituel (du moins pour le peu que je connaisse de la BD en général) avec pour résultat une anthologie bien sympathique, colorée et contrastée. Pauline Bignon, fille d’Alain Bignon, auteur de BD subitement décédé alors qu’il travaillait sur le dernier album de la voix des anges avec Rodolphe, a eu l’envie de voyager à vélo en Amérique du Sud, avec son équipier Franck Cédolin, et de rencontrer des dessinateurs et scénaristes de BD, et de leur demander 3 ou 4 planches sur le thème du bonheur.

C’est quoi pour vous le bonheur ? Réponses en bande dessinée. L’ouvrage se compose de deux parties : l’Europe avec de grands noms de la BD franco-belge, et l’Amérique du Sud avec des créateurs que je ne connaissais pas. Chacun a joué le jeu, pour un album composite étonnant, plaisant, varié. D’emblée on repère les dessins avec lesquels on « accroche », ceux qu’on aime moins, et quant aux scénarios et aux réponses, on sourit ici ou là à la sensibilité, on écarquille les yeux à la fantaisie, on fronce les sourcils à une réponse un peu surréaliste ou fantastique.

Chaque série de planches est précédée d’une présentation des auteurs, scénaristes et illustrateurs. J’ai aimé cette découverte et l’envie d’aller plus loin en retrouvant les productions de certains d’entre eux.

Encore un heureux hasard de bibliothèque, pour un ouvrage peu médiatisé, et qui méritait qu’on s’y attarde.


extrait bonheur 

Le site officiel, avec présentation détaillée du projet

 

Dargaud, août 2008, 47 pages, prix : 10,40 euros

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Crédit photo couverture : © Emmanuel Lepage et Dargaud éd.

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Happy sex - Zep

17 Novembre 2009, 14:35pm

Publié par Laure

Nul doute que vous connaissez tous Titeuf et son auteur suisse : Zep.

Avec Happy Sex, Zep joue clairement dans la cour des grands, ce n’est plus un album pour la récré, du moins pas la même ! Sexe sans tabous, à la première lecture on pique de vrais fous rires, tant les chutes façon conversation de bistrot sont bien vues ! C’est joyeux, décomplexé, franchement drôle, et ce n’est pour déplaire aux lectrices femmes, les hommes y sont décrits comme un peu bourrins parfois, pas toujours très finauds les messieurs. Par saynètes d’une ou deux planches maxi, vous retrouverez forcément une anecdote qui vous rappelle quelqu’un ou quelque chose. Réaliste, fantaisiste et audacieux, tout en étant dans le ludique pur, c’est un album de haut vol !

 

Pour adultes avertis, comme on dit, car oui il y a des zizis à toutes les pages, mais c’est très « happy » !
Non vous ne pourrez pas le feuilletez avant d'acheter car il est vendu sous film, protection des mineurs oblige, mais oui vous pouvez y aller les yeux fermés, vous rigolerez ! (après débrouillez-vous pour savoir où le ranger si vous avez des gamins qui lisent Titeuf de leur côté et qui croient que c'est pareil ! Offrez-le à un copain, il vous dira merci !)  

 

Delcourt, novembre 2009, 61 pages, prix : 14,95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Zep et éd. Delcourt.
(merci à J. pour le cadeau !)

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