Les jardins d'Hélène

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L’Odyssée d’Hakim : 1. De la Syrie à la Turquie – Fabien Toulmé

15 Avril 2019, 14:18pm

Publié par Laure

Je connaissais Fabien Toulmé pour ses romans graphiques intimistes (ici et ), je le découvre ici en narrateur intime toujours, mais ouvert plus largement sur le monde et sa triste actualité.

 

Dans un prologue il explique pourquoi il a eu envie de travailler sur les migrants et comment il a construit son projet, avec recherche d’un réfugié acceptant de témoigner, et de traducteurs.

 

Ce tome est le 1er d’une série de 3, relatant le parcours d’Hakim, que l’auteur a rencontré en 2017. Hakim avait alors trente ans, et vivait avec sa femme Najmeh et leur fils Hadi, âgé de trois ans.

 

Par un jeu de couleurs des cases l’auteur raconte le temps présent des interviews avec Hakim et le temps d’avant, de la Syrie de 2011 à 2013 (pour le 1er volume), avec un chapitrage réussi.  Il décrit le parcours d’Hakim, qui après le bac et deux ans de service militaire, choisit de devenir jardinier en montant sa pépinière avec son cousin, et comment à cause du régime d’El Assad et de la guerre il va fuir son pays jusqu’en Turquie, en passant par le Liban et la Jordanie. Il a tout perdu : son entreprise, son appartement, quitté sa famille…

 

Le point fort de Toulmé, c’est d’avoir réussi à raconter l’histoire de la Syrie de façon simple et humaine, à travers le parcours d’un homme ordinaire.

On a hâte de connaitre la suite du parcours d’Hakim, malgré les passages difficiles. L’important est de savoir et de comprendre ce que ces hommes et ces femmes ont traversé, mais on n’oublie pas non plus les jolis moments, le mariage notamment, même si ce n’est pas comme cela qu’ils l’avaient imaginé.

 

 

 

Le tome 2 est à paraître le 05 juin 2019.

 

 

 

 

« « Les migrants », ce n’est pas une entité. C’est un ensemble d’individus, de nationalités, d’histoires, avec des raisons différentes de vouloir quitter leur pays. »

« Selon le haut-commissariat des Nations Unies, 5,5 millions de Syriens ont fait le choix de l’exil pour fuir les combats.

Rien qu’en 2015, 3500 migrants sont morts noyés dans la Méditerranée (Syriens majoritairement, mais aussi Erythréens, Somaliens, …) »

 

 

 

Delcourt, coll. Encrages, août 2018, 267 pages, prix : 24,95 €, ISBN : 978-2-413-01126-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Fabien Toulmé et éd. Delcourt

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Les fleurs de grand frère – Gaëlle Geniller

27 Mars 2019, 19:19pm

Publié par Laure

L’histoire est vue du point de vue d’un enfant, qui voit pousser des fleurs sur la tête de son grand frère. En pleurs dans les bras de ses parents, celui-ci veut d’abord les couper, mais il va apprendre à vivre avec et à les écouter. Il appréhende néanmoins le retour à l’école et les moqueries qui ne manqueront pas d’arriver. Au fil du temps et de la curiosité, la bienveillance prend place.

 

A l’automne, les fleurs perdent leurs pétales mais ne refleuriront pas après l’hiver.

 

Un bel album sur la différence, la difficulté à la vivre et à l’appréhender, pour arriver à l’acceptation de soi et à sa reconnaissance bienveillante par les autres.  On peut voir dans ces fleurs la représentation d’un handicap, d’une différence physique, le passage à l’adolescence, peu importe le degré qu’on y place, le dessin et le scénario laissent libre cours à l’imagination.

 

Le dessin très doux concourt au message véhiculé, une histoire onirique sur la différence.

 

 

(Dès 8 ans.)

 

 

 

Delcourt, mars 2019, 61 pages, prix : 14,95 €, ISBN : 978-2-413-01243-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Gaëlle Geniller et éd. Delcourt

 

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Et puis Colette – Sophie Henrionnet, Mathou (ill.)

1 Mars 2019, 15:23pm

Publié par Laure

Une héroïne bibliothécaire qui adore les livres et les librairies, naturellement, quand on est grande lectrice soi-même (et bibliothécaire aimant les librairies), on ne peut qu’adhérer.

 

Anouk aimerait quand même bien échapper à sa chef acariâtre et rêve de se faire embaucher à la librairie voisine où elle est comme un poisson dans l’eau. Un coup de fil lui annonçant le décès de sa sœur avec qui elle avait perdu tout contact va changer le cours des choses. Surtout que celle-ci lui a confié par voie légale la tutelle de sa fille Colette, dont le père est parti avant même la naissance.

 

Mais Anouk n’a nulle envie de s’encombrer d’une gamine et de s’enterrer dans un bled, elle la Parisienne endurcie. Et puis Colette…. Plus mature qu’il n’y paraît du haut de ses sept ans et l’injustice de la vie vont la conduire à réfléchir.

 

Une BD feel good, au dessin rond et grand format (tout comme la taille de caractères du texte), aux couleurs gaies, qui semble par le trait assez enfantine et girly. Le sujet s’adresse davantage à des adultes, encore que, l’album peut être lu dès 10 ans à mon avis.

 

L’ensemble est peut-être un peu court, on devine l’issue sans difficulté, mais un peu de douceur de temps en temps ne peut pas faire de mal.

 

 

 

Delcourt, septembre 2018, 201 pages, prix : 23,95 €, ISBN : 978-2-413-01127-9

 

 

 

Crédit photo couverture : © Mathou et éd. Delcourt.

 

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Le grand méchant loup pue des pieds - Swann Meralli et Augel (ill.)

22 Janvier 2019, 09:32am

Publié par Laure

C’est l’histoire d’un petit chaperon rouge enrhumé qui n’a pas la langue dans sa poche (mais les écouteurs dans les oreilles) qui traverse la forêt pour retrouver sa mamie à son cours de fitness et lui donner ses galettes sans gluten. Évidemment un grand méchant loup l’arrête en chemin, ou plus exactement la Terreur des sous-bois, c‘est ainsi qu’il préfère se nommer et qu’il se voit. Et il y en a du monde dans la forêt, mais il ne fait peur à personne, et s’il fait fuir les diverses petites bestioles, c’est uniquement parce qu’il …. pue des pieds !

 

On y croise des personnages connus : un ours qui n’en peut plus de sa boucle d’or qui squatte chez lui, un vilain petit canard relookeur du comté, un grand méchant cochon, etc. mais dans des rôles à contre-emploi. Il y est aussi question de l’enfance, d’un orphelinat, du harcèlement scolaire, et d’un grand ménage de printemps.

 

Le scénario bouscule des codes connus et c’est plutôt drôle, on ne s’ennuie pas une seconde. Je suis plus mitigée sur le dessin, dont je ne suis pas spécialement fan, mais il va bien avec le ton décoiffant de l’album.  Il en deviendrait presque attachant ce pauvre loup tout efflanqué !

 

 

Dès 7/8 ans.

 

 

Jarjille éditions, septembre 2018, 48 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-918658-74-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Augel / et éd. Jarjille

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Simon & Louise - Max de Radiguès

17 Novembre 2018, 14:31pm

Publié par Laure

Simon & Louise est l'édition intégrale de deux albums parus précédemment : 520 km, et un été en apnée.


Chacune de des deux parties présente le point de vue d'un personnage : celui de Simon pour la première et de Louise pour la seconde.


Le temps d'un été, c'est le récit classique mais frais et réaliste des premières amours adolescentes, des premières ruptures sur le coup d'un quiproquo, des jeux amoureux et de la complicité entre cousines. Vacances en familles, audace, courage, désirs et envie... pour mieux se retrouver à la rentrée ?

 

 

Sarbacane, mai 2017, 125 pages, prix : 18,50 €, ISBN : 978-2-84865-979-4

 

 

 

Crédit photo couverture :  © Max de Radiguès et éd. Sarbacane.

 

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Didier, la 5e roue du tracteur – Ravard et Rabaté

14 Novembre 2018, 07:30am

Publié par Laure

(Scénario de Pascal Rabaté, dessin de François Ravard)

 

 

La première fois que j’ai vu cette couverture en librairie, j’ai hésité, j’ai pensé à un truc lourdingue et pas subtil pour deux sous. Et puis mince, c’est Rabaté au scénario quand même ! Alors j’ai craqué, et j’ai bien fait.

 

Un vrai coup de cœur, où j’ai ri franchement toute seule à maintes reprises.

 

Pas seulement parce que ces champs, ces vaches et ces éoliennes, c’est chez moi, je les vois tous les matins quand j’ouvre les volets. [Bien sûr, c’est juste une représentation réaliste de la campagne aujourd’hui, je ne pense pas que François Ravard soit venu dessiner la Sarthe tout particulièrement. Mais ces éoliennes, ces concours de labour et autres fêtes agricoles, c’est troublant quand même wink )

 

Didier, 45 ans, est un célibataire endurci qui n’a jamais connu le véritable amour. Et ça lui manque. Alors quand il a un p’tit souci de santé et qu’il imagine déjà le pire, il va se confier au docteur. Qui lui prescrit un anti-hémorroïdes et lui inscrit l’adresse du site Meetic sur un post-it.

 

Didier vit avec sa sœur Soazic, qui participe plus que nécessaire aux tâches de la ferme (il faut bien compenser le penchant de Didier pour la bouteille), et Régis, un collègue qui a fait faillite et dont la propriété, les bêtes et le matériel ont été vendus aux enchères.

 

L’ensemble est fin, hyper réaliste, sensible, drôle, touchant.

 

Certaines scènes sont cocasses (notamment la coquinette rencontrée sur Meetic), mais la tendresse de ceux qui l’aiment n’est jamais loin. Et il est beau de voir comme les choses sont simples pour Soazic et Régis.

 

Un régal de bonne humeur qui fait exploser les coups de mou et qui ne pourra pas ne pas vous faire penser à l’amour est dans le pré ! Je ne sais s’il y est, mais l’humour lui, y est bien !

 

 

 

Futuropolis, septembre 2018, 79 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-7548-2384-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © François Ravard et éd. Futuropolis.

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L’obsolescence programmée de nos sentiments – Zidrou et Aimée de Jongh (ill.)

31 Octobre 2018, 16:29pm

Publié par Laure

Ulysse, 59 ans, est licencié de son entreprise de déménagements. Il est veuf depuis pas mal de temps déjà. Méditerranée, 62 ans, devient la doyenne de la famille après le décès de sa mère, après neuf mois d’une longue maladie. Mannequin pour le magazine Lui dans sa jeunesse, elle tient désormais un magasin de fromages.

 

Ces deux-là vivent une nouvelle solitude, et doivent apprendre à composer avec elle. Mais le hasard va les faire se rencontrer, et avec humour et sans tabou, leur faire vivre un nouvel amour.

 

Le dessin d’Aimée de Jongh s’allie magnifiquement au scénario de Zidrou, j’aime ces pages sur le corps, le réalisme de la vieillesse sur les chairs, la tendresse des esquisses des scènes amoureuses.

 

Leçon de vie, réflexion philosophique sur l’âge, poésie souvent, le scénario ne manque pas de sensibilité, de justesse, et d’humour. Les références sont travaillées (la pomme de Blanche-Neige, Ulysse et Pénélope, …) et jamais gratuites, reprises dans le détail de-ci-delà.

 

Seule la fin, inattendue, peut laisser dubitatif, mais clôt avec douceur cette parenthèse lumineuse sur un amour de « vieillesse ».

 

 

Ulysse n'aime pas lire, et il explique pourquoi :

 

p. 63 : "-Si je puis me permettre... Qu'est-ce que les livres ont bien pu vous faire pour que vous les détestiez à ce point ?

- Ils m'ont foutu le dos en l'air, voilà ce qu'ils m'ont fait, ces fichus bouquins !

- J'ai été déménageur toute ma vie. Alors, des livres, pensez si j'en ai transbahuté ! Des caisses et des caisses ! Des bibliothèques entières ! Parce qu'à la fin, vous savez, Victor Hugo et Marc Levy... ça pèse pareil, hein !"

 

 

p. 118 : "... Le pire déménagement de ma vie ? Un collectionneur de bandes dessinées. Un vrai malade ! Il devait avoir dans les 15 000 albums ! On lui en a piqué un pour voir s'il le remarquerait. Eh bien... Il l'a remarqué, ce con !"

 

 

 

Dargaud, juillet 2018, 141 pages, prix : 19,99 €, ISBN : 978-2-5050-6756-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Aimée de Jongh et éd. Dargaud.

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Aubépine t.2 : le renard furax – Thom Pico et Karensac (ill.)

30 Octobre 2018, 10:37am

Publié par Laure

Le duo Aubépine et son chien Pelade est de retour ! (voir leur première aventure ici

 

Alors que sa mère est en déplacement et que son père tourne en rond devant ses jeux vidéo et tente de s'initier à la cuisine, Aubépine repart à l’aventure et se trouve à nouveau mêlée à une affaire quelque peu fantastique avec la vieille dame du premier épisode. Un renard furax arrive pour récupérer la Couronne des Cimes, qui change de tête à chaque saison. Mais cette dernière a perdu de son pouvoir et c’est accompagné de son armée de Chevaliers Châtaignes qu’il va tenter de récupérer la partie détenue par Aubépine.

 

Le climat déglingué et le passage direct de l’été à l’hiver n’est pas sans rappeler une certaine réalité…

 

 

Toujours aussi dynamique et plaisant, tant dans le scénario que dans le dessin, une série qui poursuit bien sa lancée et qui laisse présager de futurs bons tomes.  J’aime !

 

 

 

A partir de 6-7 ans

 

 

Dupuis, septembre 2018, 106 pages, prix : 9,90 €, ISBN : 978-2-8001-7434-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Karensac et éd. Dupuis.

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Timo l’aventurier tome 1 – Jonathan Garnier, Yohan Sacré (ill.)

24 Octobre 2018, 14:56pm

Publié par Laure

- Ils disent que tu fais que frimer avec tes livres mais qu’en vrai, tu sais rien faire !
- C’est n’importe quoi ! Je sais faire plein de trucs ! C’est juste…. C’est juste qu’il n’y a rien à faire ici

Parce qu’il a lu tous les livres disponibles dans son village et qu’il ne sait plus quoi faire, Timo, petit garçon d’une dizaine d’années, décide de partir seul à l’aventure, avec un sac-à-dos, quelques vivres et un carnet de notes. Il est plutôt débrouillard mais le monde est hostile.

Les créatures étranges qu’il va rencontrer et parfois affronter vont l’aider à grandir, réfléchir et faire des choix.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome – qui nous laisse hélas sur notre faim dans l’attente de la suite de l’aventure qui devrait s’achever en 2 volumes  – qui allie avec douceur et fantaisie récit d’aventure dans un monde faisant référence aux contes et légendes et juste ce qu’il faut de fantastique pour ne pas rebuter.

 

C’est frais, drôle, tendre, le dessin est doux et la BD traditionnelle s’intercale de scènes plus écrites représentant le journal de bord de Timo.

 

 

Un très bon album dont il faudra surveiller la suite !

 

Jonathan Garnier est le scénariste des très bons Momo et Bergères guerrières.

 

 

 

Le Lombard, août 2018, 64 pages, prix : 13,99 €, ISBN : 978-2-8036-7102-1          

 

 

Crédit photo couverture : © Yohan Sacré et éd. Le Lombard.

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En attendant Bojangles – Ingrid Chabbert et Carole Maurel (ill.)

30 Juillet 2018, 10:56am

Publié par Laure

D’après le roman d’Olivier Bourdeaut, scénario d’Ingrid Chabbert, dessin de Carole Maurel

 

 

Le succès faramineux du premier roman d’Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles, paru aux éditions Finitude en 2016 n’est plus à démontrer. Il fut d’ailleurs multi primé : Prix France Culture - Télérama 2016, Grand Prix RTL - Lire 2016, Prix Roman France Télévision 2016 et d’autres peut-être.

Eh bien je ne l’ai toujours pas lu. C’est comme le Goncourt de Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, j’y ai préféré l’adaptation en bande dessinée.

 

Ingrid Chabbert au scénario et Carole Maurel au dessin ont nécessairement dû faire des choix mais dans sa préface Olivier Bourdeaut lui-même le dit : « ce qui est occulté ne manque pas, ce qui est ajouté ne jure pas, bien au contraire, cela correspond aux couleurs et aux reliefs de [son] imagination ».

 

Le résultat (dont la lecture seule ne me permet pas de comparer) est agréable à lire, les illustrations dans les tons bistres donnent un p’tit côté désuet qui colle bien à l’esprit de l’histoire.

 

 

De la fantaisie à la folie en passant par la résistance des proches face à la vérité, j’imagine que le scénario respecte bien le roman. La fantaisie fait sourire quand la triste fin glace forcément un peu. L’histoire d’amour, un amour plus fort que tout, triomphe, en laissant un goût doux amer. A lire pour la fantaisie avant tout.

 

 

 

 

Pourquoi je l’ai lu : parce que je ne trouvais jamais le temps de lire le roman tellement critiqué que j’avais le sentiment de déjà le connaitre, et que ça me permettait de « rattraper le coup » quand même.

 

Où et comment je l’ai lu : je l’ai emprunté à la bibliothèque, et je l’ai lu un soir dans mon lit tout simplement.

 

 

 

Ed. Steinkis, novembre 2017, 132 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-236846-109-9

 

 

 

 

Crédit photo couverture : © Carole Maurel et éd. Steinkis.

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