Mon bel amour - Frédéric Poincelet
Une BD un peu déroutante car ça ne ressemble pas à la BD : pas de cases, des toutes petites bulles blanches avec une écriture patte de mouche, et des grandes pages au papier lourd et épais, au fond kaki clair et des dessins au trait très fin. Voilà pour la forme.
Pour l’histoire, des couples. Qui nous sont présentés simplement par le dessin avant même la page de titre. Avant que le scénario commence. Après, ce sont des tranches de vie, ou plutôt, des tranches d’émotions. Des amours déçues, des ruptures, du plaisir sexuel qu’on devine, des larmes qui perlent délicatement au coin des yeux d’un homme, une femme qui accepte d’abord de regarder un porno avec son compagnon, puis qui s’en va. Un homme qui ne reconnaît plus la femme qu’il a aimée. Une autre qui se trouve trop grosse et qui se compare à toutes celles croisées dans la rue : mais pour son homme elle ne ressemble à aucune autre, et elle est parfaite comme cela !
C’est un livre d’émotions retenues qui pourtant réussit à faire passer avec délicatesse tous les moments et sentiments d’une vie de couple. On doute toujours de soi, de l’autre, de son attachement. Les têtes de chapitres sont extraites des journaux d’André Gide. C’est un bel album intimiste au trait fin, déroutant, surprenant en tout cas. Mais est-ce encore de la BD ?
Certains diront avec raison que l’album est cher (28 €), mais c’est l’occasion de faire un beau cadeau aux passionnés, à ceux qui aiment la ligne d’ego comme X (petite maison d’Angoulême), ou d’aller visiter votre bibliothèque !
A lire aussi : La critique d’Evene.
Ego comme X, 2006, 170 p. ISBN 2-910946-55-X, prix : 28 €
Ma note : 4/5
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L’immeuble d’en face est un manga à la française. L’auteur nous donne à voir le quotidien et les relations des habitants d’un immeuble : au premier étage, une jeune mère célibataire, enceinte, déjà entouré d’un petit Rémi de 6 ans, dont on comprendra la solitude affective à la toute fin de l’album. Au second, un couple d’âge moyen, sans enfants, mais au dogue allemand qui en a pris la place. Et au troisième, un jeune couple amoureux. Vanyda est jeune (23 ou 24 ans ?) mais elle a su décrypter avec finesse les caractères de ses personnages : l’usure du couple désabusé, la modernité des situations affectives, et le reflet parfait de la jeunesse d’aujourd’hui. C’est ce qui m’agace dans ce livre : ce côté adulescent dont je me sens loin. Ils ont l’âge d’être adulte mais ils se comportent comme des adolescents attardés. Les copains qui squattent pour jouer à la console, certes Claire, 22 ans, est encore étudiante (et va à la Fac quand ça lui chante), ce
Les pavés romanesques me tombant tous des mains en ce moment, je poursuis ma lecture de Larcenet. Très différente du Combat ordinaire, cette légende de Robin des Bois n’en est pas moins complètement hilarante et déjantée.
Dans le tome 1, Marco, photographe de guerre, est lassé de tout, de son boulot, de ses 8 ans de psychanalyse qui semblent vains : il est temps de faire un break. Il y a son frère Georges avec qui il fume des gros pétards, et son chat Adolf avec qui il partage ses crises d’angoisse. Il y a aussi son père, qui souffre d’Alzheimer. En faisant soigner Adolf qui est blessé, il fait la rencontre d’Emilie (la vétérinaire), la douceur qui manquait dans sa vie, même si de toute évidence, il a peur de s’engager.
Dans le tome 2, les quantités négligeables, Marco est installé avec Emilie, et il a pour projet de faire une expo sur un atelier des chantiers navals, qui représentent toute la vie professionnelle de son père et celles de ces gens simples et courageux qui ne rechignent pas à la tâche. Mise en place du projet, réflexion sur l’art avec d’autres photographes bien différents. Le père qui s’enfonce un peu plus, et la rencontre de ce voisin sage et serein qui a connu son père, mais qui a commis le pire pendant la guerre d’Algérie. Marco doit-il pardonner à cet homme qui semble regretter sincèrement ce qu’il a fait ? Toujours victime de crises d’angoisse (alors même qu’il garde Chahida, son adorable petite nièce), il peine à donner un sens serein à sa vie, alors même qu’il apprend le suicide de son père. Il accepte de déménager dans une maison plus grande avec Emilie.
Le tome 3, ce qui est précieux, est plus profond, plus intérieur, sur la relation père-fils et ce qui en reste après la mort. Moins d’humour, moins de légèreté, différent quoi, même au niveau du dessin. Ce n’est pas le trait qui importe, mais l’émotion passée dans le récit. Marco doit faire le tri de l’atelier de son père, il ne veut toujours pas d’enfant, ce qui met son couple en danger car Emilie en a elle un besoin viscéral. Il reprend sa psychanalyse. Un éditeur veut faire un livre à partir de son expo. Son frère file un mauvais coton, tandis que Marco continue d’explorer les carnets de son père, tout en jouant avec tendresse avec la petite Chahida, « c’est Gugusse avec son violon, qui fait danser les filles, qui fait danser les filles et les garçons… » Apugugu ? Non apu gugu. Même si la fin laisse augurer un tome 4 qui inévitablement nous réjouira. Vite, Manu !
Clarabel a déjà très bien
J’ai découvert cette BD grâce au blog d’une lectrice (oups, je ne sais plus laquelle) et elle en parlait avec un tel enthousiasme que j’ai eu envie de la commander. Et voilà qu’aujourd’hui Clarabel en parle à son tour
Après il faut tuer José Bové, Jul revient avec une croisade tout aussi drôle. Même plus peut-être. La croisade s’amuse, c’est la lutte américaine du Bien contre le Mal, où chacun en prend pour son grade : Bush est un abruti mangeur de bretzels, Condoleeza Rice joue du piano, un duo de choc pour commander le bombardement du Terroristan où vit Ben Laden, dans la banlieue de Bagboul. Mme Ben Laden tient son journal intime (et fait du shopping en fashion victim sous sa burka, ne ratant pas un potin people), ce qui lui vaudra d’être la nouvelle Bridget Jones quand le couple sera en fuite à Paris. On y croise aussi des vendeurs d’otages, des soldats de l’Onu bien incapables, et une quantité de détails bien vus, essentiellement basés sur des jeux de mots : les galeries Al-Fayette, le général Al-Zheimer, il y a des Molah Donald (McDo) et du Mecca Cola à tous les coins de rue, la prison centrale d’Abou-Mérogis est contrôlée, etc. Tout est tourné en ridicule pour un humour pas toujours très fin, mais une petite demi heure de lecture qui fait sourire (et parfois rire), ça ne se boude pas…
Voilà une BD qui déborde d’imagination et qui sort de l’ordinaire : pas de bulles ni de cases, juste des dessins et des textes, comme un petit roman en images. Une araignée, des tagliatelles et au lit, ce sont plusieurs histoires qui s’entremêlent pour n’en former qu’une, même si les temps et les personnages se mélangent. Il y a l’écrivain qui tente d’écrire mais qui a l’air plutôt fainéant, il veut écrire l’histoire d’Adèle, une bibliothécaire à la vie morne et sans reliefs. Il y a l’histoire d’Adèle qui rêve de partir au Pérou et de voguer sur le lac Titicaca. Il y a le fantôme Ivan Bertin, pirate sorti de son tableau (oui oui tableau, pas bateau, il était en portrait sur le mur), il y a le gros poisson rose qui dévore les bateaux de touristes sur le lac, et il y a Anna, la petite fille qui ouvre l’histoire avec la mort de son cochon d’Inde et à qui l’on fait croire qu’il est monté au ciel. Et si Anna c’était … encore un autre personnage… bref une jolie boucle à découvrir, une BD fraîche et amusante, avec une fantaisie certaine. Jolie pioche !
Jack Palmer doit enquêter sur la disparition d'une jeune fille, Lucie Pèlerin. Il la retrouve dans une école coranique, elle s'est convertie à l'Islam dans sa branche la plus intégriste. Elle se fait désormais appeler Yasmina Fatwa. Par ailleurs, la fille de l'imam qui l'a aiguillé dans son enquête veut au contraire se débarrasser du voile et vivre un islam plus libre. Avant de réaliser sa méprise toute bête dans l'enquête (une simple erreur), Pétillon nous offre tous les arguments des uns et des autres sur le port du voile entre autres, la place de la femme et la religion islamique. C'est un bon album, mais on ne peut plus consensuel. Avec une pointe d'humour léger, Pétillon ne prend aucun risque, on l'a connu plus mordant avec l'enquête corse notamment. En même temps on peut comprendre que dans l'actualité brûlante, il soit inutile d'en rajouter...