Les jardins d'Hélène

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L'immeuble d'en face (tome 1) - Vanyda

1 Août 2006, 09:26am

Publié par Laure

L’immeuble d’en face est un manga à la française. L’auteur nous donne à voir le quotidien et les relations des habitants d’un immeuble : au premier étage, une jeune mère célibataire, enceinte, déjà entouré d’un petit Rémi de 6 ans, dont on comprendra la solitude affective à la toute fin de l’album. Au second, un couple d’âge moyen, sans enfants, mais au dogue allemand qui en a pris la place. Et au troisième, un jeune couple amoureux. Vanyda est jeune (23 ou 24 ans ?) mais elle a su décrypter avec finesse les caractères de ses personnages : l’usure du couple désabusé, la modernité des situations affectives, et le reflet parfait de la jeunesse d’aujourd’hui. C’est ce qui m’agace dans ce livre : ce côté adulescent dont je me sens loin. Ils ont l’âge d’être adulte mais ils se comportent comme des adolescents attardés. Les copains qui squattent pour jouer à la console, certes Claire, 22 ans, est encore étudiante (et va à la Fac quand ça lui chante), ce  côté nonchalant, c’est un excellent reflet de notre société actuelle, c’est vrai, mais ainsi j’ai le sentiment que cette BD s’adresse davantage à ce genre de lecteurs : cette nouvelle vague adulescente qui fait la une des magazines de psycho branchés.

La boîte à bulles, 2004, 166 p. ISBN 2-84953-002-6, prix : 13,50 €

Ma note : 3,5/5

 

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La légende de Robin des Bois - Manu Larcenet

23 Juillet 2006, 20:54pm

Publié par Laure

Les pavés romanesques me tombant tous des mains en ce moment, je poursuis ma lecture de Larcenet. Très différente du Combat ordinaire, cette légende de Robin des Bois n’en est pas moins complètement hilarante et déjantée. 

Messire Robin des Bois sévit dans la forêt magique de Rambouillet. Mais le pauvre hélas, est atteint de l’affection du sieur Alzheimer, alors souvent il oublie et se met à chanter des refrains de notre haut patrimoine français, tels ceux d’Annie Cordy, et j’en passe. Mais son fidèle petit-Jean veille et il suffit de lui assener un bon coup de gourdin sur le crâne pour lui remettre les idées en place. Donc la mission de messire Robin dans ces bois de Rambouillet consiste à voler le riche pour donner au pauvre. Mais quand par un malheureux coup de bâton il tue le touriste au bob Ricard, le sheriff de Nottingham enquête. Et c’est ainsi que d’épisode en épisode tous plus loufoques les uns que les autres, on croise Tarzan devenu vieillard fripé mais toujours en slip de peau, frère Tuck est devenu Pape, et Messire Robin part délivrer lady Marianne, sa promise, oubliée dans un donjon il y a 42 ans. Un petit tour par la banlieue (sarrazine !) et zou, l’aventure continue.

Un scénario et des bulles complètement farfelues, des tas de petits détails dans le dessin (on aperçoit le Professeur Tournesol toujours aussi dur de la feuille), c’est un éclat de rire permanent.

Il sait tout faire ce Larcenet, quel talent ! Une BD humoristique à dévorer.

Dargaud, collection Poisson Pilote, 2003, ISBN 2-205-05496-1, prix : 9,80€

Ma note : 4/5

 

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Le combat ordinaire (3 tomes parus) - Manu Larcenet

23 Juillet 2006, 11:38am

Publié par Laure

Je voulais à tout prix relire les deux premiers tomes du Combat ordinaire avant de me pencher sur le troisième paru en mars 2006. Voilà qui est fait. Et je vous garantis que ça fait un bien fou de lire (ou relire) à la suite ces 3 titres de Larcenet.

Si vous ne les connaissez pas encore, foncez, je ne connais personne qui n’ait pas aimé, même (et surtout) parmi ceux qui habituellement ne lisent pas de BD.

Les BD de Larcenet, c’est de l’émotion et de l’intelligence à l’état pur. C’est beau, on rit, on pleure, et on applaudit l’humanité qui transparaît de ces histoires. 

 

Un petit résumé pour la forme :

Dans le tome 1, Marco, photographe de guerre, est lassé de tout, de son boulot, de ses 8 ans de psychanalyse qui semblent vains : il est temps de faire un break. Il y a son frère Georges avec qui il fume des gros pétards, et son chat Adolf avec qui il partage ses crises d’angoisse. Il y a aussi son père, qui souffre d’Alzheimer. En faisant soigner Adolf qui est blessé, il fait la rencontre d’Emilie (la vétérinaire), la douceur qui manquait dans sa vie, même si de toute évidence, il a peur de s’engager.

 

Dans le tome 2, les quantités négligeables, Marco est installé avec Emilie, et il a pour projet de faire une expo sur un atelier des chantiers navals, qui représentent toute la vie professionnelle de son père et celles de ces gens simples et courageux qui ne rechignent pas à la tâche. Mise en place du projet, réflexion sur l’art avec d’autres photographes bien différents. Le père qui s’enfonce un peu plus, et la rencontre de ce voisin sage et serein qui a connu son père, mais qui a commis le pire pendant la guerre d’Algérie. Marco doit-il pardonner à cet homme qui semble regretter sincèrement ce qu’il a fait ? Toujours victime de crises d’angoisse (alors même qu’il garde Chahida, son adorable petite nièce), il peine à donner un sens serein à sa vie, alors même qu’il apprend le suicide de son père. Il accepte de déménager dans une maison plus grande avec Emilie.

 

Le tome 3, ce qui est précieux, est plus profond, plus intérieur, sur la relation père-fils et ce qui en reste après la mort. Moins d’humour, moins de légèreté, différent quoi, même au niveau du dessin. Ce n’est pas le trait qui importe, mais l’émotion passée dans le récit. Marco doit faire le tri de l’atelier de son père, il ne veut toujours pas d’enfant, ce qui met son couple en danger car Emilie en a elle un besoin viscéral. Il reprend sa psychanalyse. Un éditeur veut faire un livre à partir de son expo. Son frère file un mauvais coton, tandis que Marco continue d’explorer les carnets de son père, tout en jouant avec tendresse avec la petite Chahida, « c’est Gugusse avec son violon, qui fait danser les filles, qui fait danser les filles et les garçons… » Apugugu ? Non apu gugu. Même si la fin laisse augurer un tome 4 qui inévitablement nous réjouira. Vite, Manu !

 

Et pour les fans, le tome 4 du retour à la terre, le déluge, est annoncé pour septembre.

Bref si après tout le bien qu’on dit de lui vous hésitez encore, je ne comprends pas !

(A voir aussi : le blog de l'auteur dans ma colonne liens)

Dargaud, 2-205-05589-5 pour le tome 1

Dargaud, 2-205-05425-2 pour le tome 2

Dargaud, 2-205-05791-X pour le tome 3

13 € le volume.

Ma note : 5/5

 

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Orage et désespoir - Lucie Durbiano

19 Juillet 2006, 10:38am

Publié par Laure

Clarabel a déjà très bien résumé cette BD, je ne ferai pas mieux.
C'est un album qu'on peut lire dès 11-12 ans et sans limite d'âge, qui est à la fois simple et riche de thèmes exploités. Récit d'aventure et de mystère parsemé de surnaturel, on y parle aussi des sentiments à l'adolescence, de la famille moderne avec père divorcé, et l'humour est toujours là, en trame de fond légère. Un projet ambitieux que cette BD donc, réussie, même si personnellement j'accroche assez peu à l'histoire.

Gallimard, coll. Bayou, mars 2006, 123 p. ISBN 2-07-057296-X, prix : 15,50 €

Ma note : 3/5

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Fraise et chocolat - Aurélia Aurita

4 Juillet 2006, 20:13pm

Publié par Laure

J’ai découvert cette BD grâce au blog d’une lectrice (oups, je ne sais plus laquelle) et elle en parlait avec un tel enthousiasme que j’ai eu envie de la commander. Et voilà qu’aujourd’hui Clarabel en parle à son tour (là, et là aussi), alors vite, je l’attrape pour la lire.

Chenda est invitée à Tokyo pour un projet BD, elle en profite pour rejoindre son amoureux, qui n’est autre que l’auteur de BD Frédéric Boilet (dont j’avais bien aimé l’épinard de Yukiko), français installé au Japon. Journal intime et érotique aux dessins légers parfois juste esquissés, Chenda fait le récit de sa passion amoureuse, de son envol dans le désir et de ses fougueuses rencontres sexuelles avec son amant. Parler de sexe en appelant un chat un chat, en le dessinant sans fards et sans être vulgaire, c’est le pari réussi d’Aurélia Aurita. Fraise et chocolat est une BD franchement osée et souvent drôle (j'ai éclaté de rire plusieurs fois toute seule dans mon bureau !). Pourtant, si la sexualité crue et directe est omniprésente dans le dessin et l’histoire, il ressort de cet album une grande tendresse. Car Chenda est amoureuse, elle est heureuse, et bien sûr elle a peur [de s’engager]. Mais l’osmose est telle entre elle et son Frédéric que ça va être dur de les séparer ! Et bravo pour la chute, là encore j'ai ri !

Une BD d’une nouvelle vague originale, à lire assurément, même si elle n’est pas à mettre entre toutes les mains…(public averti comme on dit). A noter la très belle préface de Joan Sfar, en BD bien sûr.

Les Impressions Nouvelles, mai 2006, 142 p., ISBN 2874490091 , 15 €

Ma note : 5/5  

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La croisade s'amuse - Jul

19 Juin 2006, 21:07pm

Publié par Laure

Après il faut tuer José Bové, Jul revient avec une croisade tout aussi drôle. Même plus peut-être. La croisade s’amuse, c’est la lutte américaine du Bien contre le Mal, où chacun en prend pour son grade : Bush est un abruti mangeur de bretzels, Condoleeza Rice joue du piano, un duo de choc pour commander le bombardement du Terroristan où vit Ben Laden, dans la banlieue de Bagboul. Mme Ben Laden tient son journal intime (et fait du shopping en fashion victim sous sa burka, ne ratant pas un potin people), ce qui lui vaudra d’être la nouvelle Bridget Jones quand le couple sera en fuite à Paris. On y croise aussi des vendeurs d’otages, des soldats de l’Onu bien incapables, et une quantité de détails bien vus, essentiellement basés sur des jeux de mots : les galeries Al-Fayette, le général Al-Zheimer, il y a des Molah Donald (McDo) et du Mecca Cola à tous les coins de rue, la prison centrale d’Abou-Mérogis est contrôlée, etc. Tout est tourné en ridicule pour un humour pas toujours très fin, mais une petite demi heure de lecture qui fait sourire (et parfois rire), ça ne se boude pas…

Albin Michel BD, avril 2006, 48 p., ISBN 2-226-17133-9, prix : 12,50 €

Ma note : 4/5

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une araignée, des tagliatelles et au lit : tu parles d'une vie ! - Camille Jourdy

14 Juin 2006, 20:34pm

Publié par Laure

Voilà une BD qui déborde d’imagination et qui sort de l’ordinaire : pas de bulles ni de cases, juste des dessins et des textes, comme un petit roman en images. Une araignée, des tagliatelles et au lit, ce sont plusieurs histoires qui s’entremêlent pour n’en former qu’une, même si les temps et les personnages se mélangent. Il y a l’écrivain qui tente d’écrire mais qui a l’air plutôt fainéant, il veut écrire l’histoire d’Adèle, une bibliothécaire à la vie morne et sans reliefs. Il y a l’histoire d’Adèle qui rêve de partir au Pérou et de voguer sur le lac Titicaca. Il y a le fantôme Ivan Bertin, pirate sorti de son tableau (oui oui tableau, pas bateau, il était en portrait sur le mur), il y a le gros poisson rose qui dévore les bateaux de touristes sur le lac, et il y a Anna, la petite fille qui ouvre l’histoire avec la mort de son cochon d’Inde et à qui l’on fait croire qu’il est monté au ciel. Et si Anna c’était … encore un autre personnage… bref une jolie boucle à découvrir, une BD fraîche et amusante, avec une fantaisie certaine. Jolie pioche !

 

Drozophile/Quiquandquoi, 2004, ISBN 2-940275-18-1, prix : 22€

Ma note : 4/5

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Les mauvaises gens - Etienne Davodeau

21 Avril 2006, 21:27pm

Publié par Laure

C’est l’histoire des parents de l’auteur, mais c’est bien plus que cela ! Un récit en images, une BD sobre, pudique, intelligente, prodigieuse, partant de l’évolution du syndicalisme en milieu rural par le biais de l’histoire d’un couple, à l’accession de la gauche au pouvoir en 1981.

Marie-Jo et Maurice Davodeau sont tous deux nés en 1942. Ils grandissent dans le pays des Mauges, région rurale, catholique et ouvrière dans l’Ouest de la France, située entre Cholet et Angers.

Tous deux ouvriers, ils vont d’abord s’épanouir au sein de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), mouvement social et chrétien, et son pendant féminin la JOCF, avant de militer à la CFDT au sein de leurs entreprises respectives, défendant leurs droits à des conditions de travail et de salaire décentes. Après leur mariage en 1965, ils vont adhérer à l’ACO, Action Catholique Ouvrière, mouvement laïc qui allie religion et classe ouvrière, tout en continuant à militer activement. Maurice deviendra professeur de mécanique dans un lycée technique mais ne reniera jamais son origine ouvrière qui lui a tout appris. Il adhérera ensuite au parti socialiste et participera aux élections cantonales.

Mêlant intimement l’autobiographie et l’histoire d’un élan social et politique, cette BD d’Etienne Davodeau est un véritable chef-d’œuvre qui se lit comme un roman, et se révèle passionnante du début à la fin, même si on ne connaît pas les Mauges. Les Mauges qui tireraient leur nom, si l’on en croit les mauvaises langues, de la contraction de « mauvaises gens » !

Delcourt, août 2005, 183 pages, ISBN 2-84789449-7, prix : 13,95 €

Prix du scénario, Prix du public, Prix de la Critique au Festival d’Angoulême 2006 (annonce fièrement l'ex angoumoisine que je suis !)

Ma note : 4,5/5

 

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L'affaire du voile - Pétillon

16 Avril 2006, 15:55pm

Publié par Laure

Jack Palmer doit enquêter sur la disparition d'une jeune fille, Lucie Pèlerin. Il la retrouve dans une école coranique, elle s'est convertie à l'Islam dans sa branche la plus intégriste. Elle se fait désormais appeler Yasmina Fatwa. Par ailleurs, la fille de l'imam qui l'a aiguillé dans son enquête veut au contraire se débarrasser du voile et vivre un islam plus libre. Avant de réaliser sa méprise toute bête dans l'enquête (une simple erreur), Pétillon nous offre tous les arguments des uns et des autres sur le port du voile entre autres, la place de la femme et la religion islamique. C'est un bon album, mais on ne peut plus consensuel. Avec une pointe d'humour léger, Pétillon ne prend aucun risque, on l'a connu plus mordant avec l'enquête corse notamment. En même temps on peut comprendre que dans l'actualité brûlante, il soit inutile d'en rajouter...

Albin Michel BD, 46 pages, janvier 2006, ISBN 2-226-13245-7, prix : 12,50 €

Ma note : 4/5

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Je veux (toujours) le prince charmant - Hélène Bruller

3 Avril 2006, 20:59pm

Publié par Laure

Si le premier tome, lu en juin 2005 m’avait enthousiasmée– je découvrais alors une BD pleine d’humour, des vignettes hilarantes et colorées pointant avec drôlerie les petits travers des filles, en particulier trentenaires : la mode et nous, le couple et nous, etc., on s’y retrouvait forcément quelque part – le second tome paru à l’automne dernier et lu ce soir m’a franchement déçue. Madame Zep à la ville a toujours un dessin hors du commun piquant sur le vif ce qu’elle veut caricaturer, mais ça part un peu dans tous les sens, pas de fil qui ferait une histoire, juste des juxtapositions de défauts et préjugés limite vulgaires et bien moins drôle qu’avant. Un volume de trop ?

Albin Michel BD, octobre 2005, ISBN 2-226-16670-X, prix : 13,90 €

Ma note : 2/5 (pour le tome 2)

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