Les jardins d'Hélène

romans etrangers

Ce qui restera de nous – Mark Gartside

14 Juillet 2013, 19:27pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Isabelle D. Philippe

 

« Ce qui restera de nous, c'est l'amour », extrait d'un poème de Philip Larkin cité par le narrateur.

ce qui restera de nousGraham Melton rencontre Charlotte Marshall, il est d'une famille de travaillistes, elle est issue d'une famille bourgeoise et conservatrice. Comment imposer à leurs parents leur volonté de se voir parce qu'ils s'aiment tout simplement ? C'était en 1985 en Angleterre, Thatcher était au pouvoir. Mais ils se sont aimés coûte que coûte et ils ont eu un fils, Michael. En 2009, Graham élève seul son fils, devenu adolescent qui fréquente à son tour une fille qui n'est pas du même milieu social que lui.

C'est Graham qui raconte leur histoire, histoire d'amour dramatique, histoire de papa solo, histoire de résilience, par un aller-retour maîtrisé entre passé et présent.

C'est ce que je pourrais appeler un bon roman d'été : rien de nouveau sous le soleil car l'histoire est assez attendue, mais la lecture en est rapide et plaisante. Un bon gros roman d'amour et de famille pas trop niais, qui sait placer ses ressorts, un peu de sensibilité et un fond d'actualité (il s'inscrit dans son époque, on se souvient de quelques événements). L’Angleterre n'a à mon sens que peu d'incidence sur l'histoire, les désaccords politiques et de classe, la crise économique auraient pu se trouver ailleurs dans le monde. Quant au vécu des personnages, il est universel, entre amours et malheurs, c'est la vie !

Quelques maladresses de traduction ici ou là, parfois un peu trop littérales : « C'était un tic que je lui avais déjà vu, mais j'ignorais jusqu'à ce jour qu'elle le faisait après le sexe ; (...) ». En français on dirait plutôt après l'amour, non ?. Ce premier roman, souvent comparé à ceux de David Nicholls, vaut surtout pour la qualité de sa construction et il saura toucher un large public (plutôt féminin?) en quête de romans d'amour et de société dans l'air du temps.

 

Lu dans le cadre du Club testeurs d'Amazon.

 

Belfond, mai 2013, 429 pages, prix : 20,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Fabrice Lerouge – Onoky – Getty Images, illustration ADT et éd. Belfond.

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Le manuscrit retrouvé - Paulo Coelho

26 Mai 2013, 17:54pm

Publié par Laure

 

traduit du portugais (Brésil) par Françoise Marchand Sauvagnargues

 

manuscrit-retrouve.jpgL'argumentaire éditeur était alléchant (en même temps, c'est le but des 4èmes de couv' hein) :

14 juillet 1099. Alors que les croisés sont aux portes de la ville, les habitants de Jérusalem se pressent autour d’un homme mystérieux connu sous le nom du Copte pour entendre ses derniers enseignements. La foule, composée de chrétiens, de juifs et de musulmans qui vivaient jusqu’alors en parfaite harmonie, s’apprête à livrer combat et la défaite semble imminente. Mais, loin de toute stratégie guerrière, c’est une véritable leçon de vie qui leur est dispensée. Le Manuscrit retrouvé est une invitation à repenser notre humanité qui pose une question d’une brûlante actualité : quelles valeurs subsistent lorsque tout a été détruit ?

Je ne sais pas pourquoi, manuscrit, aspect historique, j'ai pensé à Umberto Eco. Naïve que j'étais de croire que ce roman (?) de Coelho (dont je voulais aussi comprendre le succès auprès des lecteurs) était un bon roman historique avec une bonne intrigue. Rien de tout cela, le manuscrit n'est que prétexte à une suite de préceptes mystiques qui me laissent absolument indifférente.

Faut-il en supporter des pages pour lire des dogmes d'une telle banalité :

« Personne ne peut revenir en arrière, mais tout le monde peut aller de l'avant. », et j'en passe, tout est de cet acabit. Pour le coup, on ne peut plus mensongère que cette 4ème de couv. Cette fois c’est décidé, je n'ouvrirai plus de Paulo Coelho.

 

Flammarion, mai 2013, 177 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © Labrand. Psicologia de Marcas SL. / éd. Flammarion

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Et la vie dans tout ça, Verna ? - Judith Freeman

13 Mai 2013, 12:20pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'américain par Hugues Leroy

(Titre original : the chinchilla farm)

 

et-la-vie-verna.jpgà 34 ans, Verna voit sa vie s’effondrer lorsque son mari Leon la quitte pour une autre. Mais elle reprend du poil de la bête en entassant ses affaires dans le vieux van qu'elle va tirer jusqu'à Los Angeles : grand changement quand on vit dans une communauté mormone de l'Utah !

Un long road movie semé d'histoires colorées, de l'auto-stoppeur Duluth aux membres de la famille éparpillés qui ont tous une histoire particulière, en particulier sa belle-sœur Inez, qui n'a pas vraiment de chance dans la vie. Des retrouvailles avec cette belle-sœur qui mèneront Verna et son nouvel équipage jusqu'au Mexique.

Des personnages attachants, intéressants, des traditions et des décors « dépaysants », de multiples petites histoires au sein du roman pour dire la reconstruction d'une femme quand elle se retrouve face à elle-même.

Une traversée mémorable des grands espaces américains pour une nouvelle entrée dans la vie d'une femme somme toute « comme une autre ».

 

Albin Michel, collection Terres d'Amérique, octobre 1999 (oui parfois je lis des vieux trucs !), 346 pages, prix : 20,15 € (Existe en poche)

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Crédit photo couverture : © Cathy Saksa et éd. Albin Michel

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Une fille, qui danse - Julian Barnes

28 Février 2013, 16:08pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin

 

une-fille-qui-danse.jpgJe n’avais jamais lu Julian Barnes, j’ai abordé celui-ci sur la foi d’un bon bouche-à-oreille, sans rien savoir de l’histoire, ni lire la 4ème de couverture (ce que je ne fais d'ordinaire jamais et qui de toute façon, en numérique, est bien cachée au fond du fichier ^^), et bien m’en a pris, j’ai trouvé là avec certitude mon premier très bon roman de l’année 2013.

J’y ai tout aimé, l’écriture, l’histoire, les personnages intrigants pour certains, ambitieux, la construction, les pièces du puzzle qui s’emboîtent les unes après les autres, et une fois la dernière page tournée, les premières phrases anodines de la première page qui font pleinement sens. Aucun détail gratuit, Julian Barnes est un virtuose.

Sur le contenu de l’histoire, eh bien je crois qu’on l’apprécie vraiment en le découvrant vierge de tout résumé, faites simplement confiance au bouche-à-oreille qui poursuit son chemin.

 

Facile, me direz-vous. "Elle s'est pas foulée". Peut-être. Mais le plaisir n’en est que meilleur. Lisez-le !

 

Mercure de France, février 2013 (1er DL nov. 2012), 192 pages, prix : 19 €

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Crédit photo couverture : © éd. Mercure de France

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Les trois lumières - Claire Keegan

23 Janvier 2013, 11:23am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Irlande) par Jacqueline Odin

 

les-trois-lumieres.jpgDans le Wexford, au fin fond de l’Irlande, une petite fille est confiée par ses parents à un autre couple sans enfants, le temps que sa mère accouche d’un nouvel enfant qui vient accroître une famille déjà nombreuse. D’abord intimidée, la petite va découvrir peu à peu l’attention qu’on lui porte, l’amour qu’on peut donner, et une vie bien différente de la sienne.

L’économie de moyens ne fait pas l’aridité du texte : que de choses suggérées en si peu de pages ! Le récit laisse entendre bien plus qu’il ne dit, en laissant planer des zones d’ombre, y compris dans la famille d’accueil, si bien que le lecteur ne peut jamais relâcher son attention : un nouveau drame couve-t-il, quand cela va-t-il basculer ? ou l’apaisement heureux est-il un bonheur simple à savourer tant qu’il est présent ? Le lecteur chemine sur une route inconnue au même rythme que la réflexion de l’enfant. p. 20 : « Pourquoi est-il parti sans même me dire au revoir, sans jamais préciser qu’il reviendrait me chercher ? »

p. 52 « Alors que nous marchons sur la route, il y a dans l’air le goût d’une chose plus sombre, d’une chose qui pourrait arriver et s’abattre et changer la situation »

Jusque dans la fin qui offre tous les possibles, le lecteur ne saura jamais vraiment. A lui de choisir sans doute…

Si j’ai aimé tout particulièrement l’atmosphère de cette nouvelle, la force de ses personnages, la concision des propos qui révèle tant de non-dits, j’en demeure toutefois un peu « frustrée », il en manque trop encore, l’auteur n’en dit vraiment pas assez pour que l’histoire me satisfasse pleinement, mais c’était bien le but sans doute, laisser le lecteur troublé, séduit, mais entre deux eaux. Un très beau texte en tout cas.

  

(Première parution en français chez Sabine Wespieser en 2011)

 

Éd. 10-18, août 2012, 87 pages, prix : 6,10 €

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Crédit photo couverture : © Mélanie Wintersdorff- Photo Ricardo Demurez / Trevillion Images / et éd. 10-18.

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(Juste une citation)

3 Décembre 2012, 20:36pm

Publié par Laure

extraite du très bon roman de Louise Erdrich, la Chorale des maîtres bouchers, Albin Michel, janvier 2005, 467 pages, traduction d'Isabelle Reinharez. Un monument, d'une richesse et d'une qualité rares sur la longueur.

 

chorale des maitres bouchers« p. 366 : "Elle avait toujours beaucoup lu, surtout depuis qu'elle avait perdu Clarisse. Mais désormais c'était une obsession. Depuis sa découverte de la réserve de livres à l'étage du dessous, sur son lieu de travail, elle avait été mêlée à une foule invraisemblable de gens et à leurs faits et gestes. Elle lisait Edith Wharton, Hemingway, Dos Passos, George Eliot, et pour le réconfort, Jane Austen. Le plaisir de ce genre de vie - livresque, pouvait-on dire à son avis, une vie passée à lire - avait donné à son isolement un caractère riche et même subversif. Elle habitait un personnage réconfortant ou terrifiant après l'autre. Elle lisait E.M. Forster, les sœurs Brontë, John Steinbeck. Qu'elle garde son père drogué à côté de la cuisinière, qu'elle soit sans enfant, sans mari et pauvre, comptait moins dès lors qu'elle prenait un volume en main. Ses erreurs y disparaissaient. Elle vivait avec une énergie inventée." »

 

(retour de Montreuil, que de monde même en journée professionnelle, tables rondes - intéressantes - sur la lecture en mutation, le numérique, tout ça toussa)

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Cinquante nuances de Grey - E.L. James

11 Novembre 2012, 15:39pm

Publié par Laure

 

(tome 1 de la trilogie Fifty shades)

Traduit de l'anglais par Denyse Beaulieu

 

cinquante-nuances-de-Grey.jpgNous y voilà... que puis-je bien penser du dernier best-seller à la mode ? (si tant est que quelqu'un en ait quelque chose à faire de ce que j'en pense )

A moins de vivre sur la planète Mars, vous avez déjà dû lire des cinquantaines d'articles sur le sujet, je ne vais donc pas vous faire l'affront de vous le re-résumer, de la genèse fanfiction de Twilight à la mise en place marketing que l'on sait. Je l'ai lu. Jusqu'au bout. Et très franchement, je m'attendais à pire.

C'est une gentille romance avec tous les codes du genre, qui séduira les lectrices habituelles des collections Harlequin et autres romans sentimentaux.

 

On dit que c'est très mal écrit : alors on devrait avoir l'honnêteté de dire aussi que 80% de la production littéraire actuelle est très mal écrite. C'est écrit dans une langue correcte (si vous voulez du très mal écrit, allez voir ), certes avec des phrases très simples, très courtes, au vocabulaire restreint, et les phrases avec subordonnées relatives ou autres tournures complexes sont sans doute à chercher à la loupe. Comme du Marc Levy ou n'importe quel roman grand public aujourd'hui, il ne faut pas fatiguer le lecteur à réfléchir (j'en sais quelque chose, je passe mon temps à répondre à la demande : vous n'auriez pas un roman facile à lire qui ne prend pas la tête? - et dont on a entendu parler sinon je ne suis pas crédible dans mon conseil). Les éditeurs d'aujourd'hui produisent donc ce que (la plupart des) gens attendent. Certes l'auteur a des tics de langage fort agaçants parce que trop récurrents : merde alors, à plus bébé, ou devenus désuets dans notre culture comme doux jésus ! et dont on pourrait se passer mais rien de pire que la plupart de ce qui se vend.

 

L'intrigue et ses ressorts sont prévisibles. Comme dans les romans de Marc Levy. Ce n'est donc pas pire, et ce serait peut-être même meilleur, si on s'en tient au registre donné.

Ce n'est donc pas du Jérôme Ferrari, on est bien d'accord, mais ce n'est pas plus mauvais que tout ce qui se vend en masse actuellement. Je pourrai donc me permettre de ricaner doucettement quand je lirai dans les mêmes colonnes qui le flinguent sur ce point-là des billets élogieux sur du roman de masse qui s'éloigne un peu trop de Proust stylistiquement parlant. Et comme ils sont légion, ce sera enfantin.

 

On dit que c'est du porno, ou au contraire, que c'est tout ce qu'il y a de plus soft. Je suis du deuxième clan : si l'on écarte les quelques accessoires et orientations SM (et encore même là ça reste très soft), les scènes de sexe sont tout ce qu'il y a de plus banal, dans une histoire d'amour normale. Le côté domination-soumission est là pour faire monter la sauce (euh, mauvais choix d'expression) et tenir en haleine sur la personnalité torturée du mâle - pourquoi il en est venu là, et pour le savoir, il faudra lire le tome 2, voire même le 3, c'est malin hein. Ceux qui s'offusquent des galipettes décrites n'ont jamais dû ouvrir un roman de littérature érotique de leur vie (y a pas de honte à cela non plus, mais avant de crier au loup...) Pas de quoi fouetter un chat. Un écart de culture entre le mummy porn et la littérature érotique française ?

 

Bref, beaucoup de bruit pour rien. Ou pas grand-chose.

 

Ce qui me semble réellement critiquable avec ce roman, c'est la mise en place, et le buzz marketing qui en a été fait (et la preuve que ça marche, tout le monde a un avis dessus) Je n'en reviens d'ailleurs toujours pas que l'auteur soit passée chez Busnel. Mince, à la grande librairie quoi ! Mais il faut bien que Busnel fasse de l'audimat s'il veut que son émission continue à exister, alors la noblesse de la littérature, hein, elle tient à quoi ? Quelques best-sellers bien vendus qui font survivre d'autres choix plus engagés et audacieux. Laissez les midinettes rêver au Prince Charmant, elles ne font de mal à personne, et replongez-vous dans Joyce, vous je ne sais pas, mais moi Ulysse, je n'en suis toujours pas venue à bout. Au fond, on en revient toujours au même, la légitimité du populaire, le jugement de valeur élitiste, etc. etc.

En ce qui me concerne, les Pléiade de Joyce (James) et Cohen (Albert) côtoient ma table de nuit comme EL James, les premiers sont justes plus durables, dans tous les sens du terme... et autrement marquants.

 

 

JC Lattès, octobre 2012, 560 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès

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Les oreilles de Buster - Maria Ernestam

1 Novembre 2012, 17:12pm

Publié par Laure

 

Traduit du suédois par Esther Sermage

 

oreilles-de-buster.jpgEva, 56 ans, partage sa vie avec Sven dans leur petite maison de Frillesas. Elle s'occupe de ses roses qui tiennent une place très importante et particulière dans sa vie. Pour son anniversaire, sa petite-fille Anna-Clara lui offre un journal intime. Journal qu'elle va tenir pendant trois mois d'été, le commençant ainsi : « 13 juin. J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution ». Le ton est donné, et la reconstitution ouverte. Retours en arrière se mêlent au récit du temps présent, Eva confie ainsi au lecteur les moments importants de sa vie, les meilleurs comme les pires. Si sa relation avec sa mère méprisante est la part la plus forte et la plus intéressante, elle est loin d'être le seul point d'intérêt du roman, plus riche et habile qu'il n'y paraît. Des surprises sont ménagées jusqu'au bout, et si j'ai trouvé quelques longueurs vers le milieu du livre (son histoire d'amour avec John), j'ai aimé la complexité du personnage d'Eva, ses vengeances compréhensibles mais discutables, sa dualité intérieure qu'elle traduit par sa face noire et sa face blanche, j'ai aimé l'étonnement de la scène que traduit le titre (je vous laisse découvrir à qui appartiennent ces oreilles et quel sera leur rôle) et quelques autres revers tout aussi surprenants. Bien d'autres femmes sont présentes dans l'histoire : sa fille Susanne en plein divorce, ses meilleures amies et leurs difficultés de couple, la vieille Irène dont elle s'occupe et qui lui permet de dénoncer les mouroirs que sont certaines maisons de retraite, tout en jouant un rôle de miroir avec son propre mère.

 

Une très belle lecture qui m'a donné envie de découvrir d'autres titres de cet auteur.

 

Les oreilles de Buster est annoncé en poche (chez Babel – Actes Sud) pour début janvier 2013.

 

Gaïa, septembre 2011, 409 pages, prix : 24,40 €

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Crédit photo couverture : © Yenty Jap / getty images / et éd. Gaïa

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L'ombre de l'autre femme – Dorothy Koomson

1 Octobre 2012, 10:23am

Publié par Laure

 

Traduit de l'anglais par Maud Ortalda

 

ombre-de-l-autre-femme.jpgParfois il me vient l'idée saugrenue d'aller jeter un œil aux best-sellers France Loisirs, ces avant-premières lancées à grand coup de pub et de promos, vous annonçant forcément des heures de bonheur de lecture et vous laissant entendre que si vous ne cédez pas à l'appel, vous ratez le meilleur de la littérature d'aujourd'hui.


Hum. Quand j'ai commencé ce roman, j'ai bien cru que je ne dépasserais pas les 50 premières pages, tant je l'ai trouvé mal écrit. Ou peut-être mal traduit, je n'ai que la version française, © éd. Belfond 2012, j'imagine donc que le roman sortira prochainement chez Belfond. J'espère juste qu'ils auront revu la traduction d'ici-là, parce que comment dire....

p. 66 : « Il se tut et ses yeux montèrent jusqu'au ciel, comme si ses qualités étaient écrites quelque part dans l'air pour pouvoir les réciter. » Je lève parfois les yeux au ciel, mais de là à monter au ciel..

p. 69 : "En attachant ma ceinture je m'aperçus que si je l'avais rencontré dehors si tôt, cela signifiait qu'il rentrait certainement de chez quelqu'un. Mon estomac se remplit de glace liquide et se retourna un peu." De la glace liquide tiens donc...

p. 102 : « l'accident a été causé par un homme qui utilisait son téléphone tout en conduisant sa voiture ; il a mal évalué la distance entre la sienne et la nôtre et il a exécuté une manœuvre irresponsable. » Bref, il téléphonait en conduisant quoi. On se doute bien vu l'accident déjà décrit qu'il n'était pas à vélo.

p. 171 : « Si elle ne se souvient jamais de ce que j'ai fait après l'accident, alors aucune autre femme que j'aime ne me regardera jamais plus avec tant de haine ». Celle-là, j'ai beau la tourner dans tous les sens, enlever des négations, les remettre, je ne comprends rien.

p. 174 « J'ai pensé que tes ongles ont dû être négligés ces deux dernières semaines. » y a pas un problème de concordance des temps ?

p. 503 « et pourtant vous avez la photo du mariage dans ton salon ». Vous = ses beaux-parents, ils sont toujours ensemble donc "votre" salon ? Et quand bien même ce serait un vous de politesse (c'est une scène avec sa belle-mère), pourquoi tout à coup un « ton » salon ?

 

Bon, une fois cela oublié, eh bien, le roman n'est pas mal du tout. Genre roman noir sentimental pour un bon moment de lecture, ce n'est pas le chef d’œuvre littéraire du siècle non plus. Si le début est franchement bancal, il gagne réellement en densité et intérêt avec l'apparition des journaux intimes d’Ève. Un court résumé pour situer : Libby réchappe d'un accident de voiture au cours duquel son mari conduisait. Sa première épouse étant décédée quelques années auparavant dans des circonstances inexpliquées, il n'est pas exclu que Libby soit en danger et son mari un dangereux criminel... En tout cas on nous le laisse entendre, y compris la police qui mène les interrogatoires. ça tarde un peu à démarrer, mais le réel intérêt du livre est bien la lecture insérée des journaux intimes d’Ève, la première épouse, que Libby retrouve bien cachés dans la maison. L'auteur réussit alors à tenir son lecteur en haleine jusqu'au bout, avec une intrigue retorse et riche qui tient la route, des cahiers intéressants et bien mieux écrits (traduits?), avec une fin claire et fermée sur laquelle le lecteur rage de ne pouvoir influer (!), car si elle est tout à fait satisfaisante, on aimerait je crois aller plus loin encore...

 

(Tiens je profite du sujet pour donner ce lien qui traduit bien le nouveau monde dans lequel on vit )

 

France Loisirs, août 2012, 542 pages, prix : 19,50 €

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Crédit photo couverture : © Patricia Turner / Arcantel Images / dpcom.fr / éd. France Loisirs

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L’embellie – Audur Ava Olafsdottir

25 Août 2012, 06:32am

Publié par Laure

Traduit de l’islandais par Catherine Eyjolfsson

 

l-embellie.jpgElle a trente trois ans lorsque son mari la quitte, et elle a presque l’air de trouver cela normal. Elle prend avec philosophie tout ce qui lui arrive dans la vie, avec une légèreté et un humour surprenant. C’est ce que j’ai aimé d’emblée, dans ce nouveau roman de l’auteur de Rosa Candida, cet humour distant, cette façon presque anecdotique et détachée de vivre des événements graves et intimes. Parce que son métier indépendant le lui permet, elle prend la route circulaire qui fait le tour de l’île, pour faire le vide, rejoindre une ancienne maison familiale abandonnée, mais elle ne part pas seule, elle fait le chemin avec un petit garçon de quatre ans, quasi sourd et malvoyant, que son amie Audur, enceinte de jumelles et hospitalisée, lui a confié. Ce duo détonant va faire quelques curieuses rencontres ! Et le récit qui s’entremêle en italique, narrant une douleur plus ancienne, apporte une saveur encore plus intense à l’ensemble. Un road trip tout en surprise et délicatesse, qui est pour moi une première découverte de son auteur, et un vrai coup de cœur !

 

logo on vous lit toutLu fin juin/début juillet 2012 dans le cadre de l’opération On vous lit tout !, organisée par Libfly et le Furet du Nord

  

Ed. Zulma, août 2012, 356 pages, prix : 22 €

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Crédit photo couverture : © éd. Zulma

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