Les jardins d'Hélène

romans etrangers

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n'étions pas toi et moi – Albert Espinosa

15 Août 2012, 20:19pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'espagnol par Christilla Vasserot

 

tout-ce-que-_-espinosa.jpgAlors qu'il vient de perdre sa mère qui était tout pour lui, Marcos est sur le point de s'injecter un produit qui l'empêchera définitivement de dormir. Beaucoup y sont déjà venus et en sont ravis. Mais sa journée est contrariée par un appel de son chef : il doit intervenir pour travailler sur un extraterrestre, appelé pudiquement « l'étranger » en faisant appel à son don : lire dans son passé. Mais cet homme a le même don que lui et va lui demander de l'aider à le libérer.

 

Je ne dois d'avoir achevé ce roman qu'à sa brièveté et sa mise en page très aérée. Le style d'emblée m'a déplu, sorte d'interpellation orale du lecteur que j'ai trouvée plutôt mal habile. Quant à l'histoire, elle souffre d'un aspect très brouillon, juxtaposition de faits qui ne permettent pas vraiment de savoir où l'auteur veut réellement en venir. Science-fiction mal exploitée, fin qui part dans tous les sens et tombe à plat, importance de la place de la mère et de son éducation particulière, en particulier dans sa vision de la sexualité ? Et le remède qui empêche de dormir n'est pas exploité plus que cela non plus. Beaucoup de pistes et d'idées pour un résultat très décevant.

 

Grasset, avril 2012, 255 pages, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : © Robert T.Schmidt / Getty Images et éd. Grasset.

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Trouble - Helene Uri

30 Avril 2012, 15:11pm

Publié par Laure

 

Traduit du norvégien par Alex Fouillet

 

trouble-helene-uri.jpgLe roman s'ouvre sur une probable scène d'inceste, tout en sous-entendus, à vrai dire on ne sait pas, et c'est bien ce qui fera le trouble de ces 360 pages ! Juste après vient l'enterrement du père de famille soupçonné, Karsten Wiig, auquel assistent six personnes seulement. Construit en boucle, le récit reprend le fil de ce qui fit la perte de ce père, la suspicion d'inceste, son reniement, et tout du long le doute et la culpabilité des uns et des autres.

Dit comme cela, cela peut paraître sombre et déprimant, pourtant c'est un grand roman qui interroge en permanence sur la réalité des choses, la justice, la parole des enfants, la parole des experts, l'amour d'un père, le délitement d'un couple, le zèle d'un juge qui s'est juré d'être parfait pour se racheter d'un drame vécu enfant. Ils sont peu de personnages en réalité, le juge Edvard Frisbakke et sa sœur Alma, les fillettes Henriette et Elise, le couple qui se sépare au départ pour cause d'adultère (Karsten Wiig et Marianne Henriksen), et la nouvelle compagne de Karsten, Barbara. Tous sont extrêmement fouillés par l'auteur, sans pour autant que jamais le doute ne se lève dans la tête du lecteur, doute dans un sens ou dans l'autre, tant les arguments des uns et des autres semblent fiables. Il faudra attendre la toute fin du roman pour enfin savoir (encore que, toute autre interprétation n'est pas complètement exclue !) et l'évolution des personnages tout au long du récit est intéressante, notamment l'attitude des deux filles lorsqu'elles deviennent adultes.

Un roman passé quasi inaperçu à sa sortie, et qui pourtant, mérite un vrai détour et questionnement. Le titre français choisi, Trouble, lui va parfaitement, tant c'est ce qu'éprouve en permanence le lecteur. Le titre original, Den Rettferdige, si j'en crois les logiciels de traduction, signifierait « les justes », ce qui après lecture, fait sens tout autant !

Troublant, attirant, intéressant.

 

 

Jean-Claude Lattès, mai 2011, 359 pages, prix : 22 €

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Crédit photo couverture : © Simon Cook / Getty Images et éd. JC Lattès


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Stoner - John Williams

2 Avril 2012, 20:08pm

Publié par Laure

 

traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anna Gavalda

 

stoner.jpgWilliam Stoner est originaire d'une famille pauvre du Missouri. Agriculteurs, ses parents font tout pour lui payer néanmoins des études d'agronomie à l'université. Ainsi débute le roman. Mais très vite Stoner va se découvrir une passion pour les études... de littérature anglaise et tomber amoureux d'une jeune femme qui n'est pas de son rang.

Roman de facture classique, puis « roman universitaire » (on pense à Lodge notamment), ce texte date de 1965 et n'avait jamais été traduit en français avant qu’Anna Gavalda ne s'y attelle. Quel que soit votre goût ou non pour Gavalda la romancière, oubliez tout, la traductrice révélée ici a réalisé un magnifique travail.

Une fois marié, William Stoner va découvrir la personnalité cachée de sa jeune épouse, qui se refuse à lui et fuit tout dialogue. Stoner est malheureux, mais résigné et bien élevé, il se tourne davantage vers son travail, ses livres, ses étudiants.

p. 102 : « Au bout d'un mois, il comprit que son mariage était un échec et au bout d'un an, il cessa d'espérer. »

p. 136 : « Il ressentait une vague pitié, une amitié échaudée et une sorte de respect « domestique ». Mais une insondable tristesse aussi, car il savait que plus jamais, en la regardant ainsi, il ne revivrait cette agonie de désir qui l'avait subjugué un jour... Sa présence, et il le réalisait à l'instant même, ne le troublait plus, ne le troublerait plus. »

Le centre du roman prend une tournure plus « universitaire », dévoilant les manipulations et autres bassesses venant autant des enseignants que des étudiants ! Derrière son air effacé et toujours discret, Stoner n'en est pas moins très fin, et les joutes oratoires offertes au lecteur sont proprement jubilatoires !

Ce n'en est pas fini des rebondissements, sa femme Edith finit par lui donner un enfant, une petite fille qui révélera davantage encore les caractères profonds et opposés de ses parents.

Les personnages de John Williams ont une réelle densité, complexes, intéressants, aimables ou détestables, ils ne laissent pas indifférent le lecteur.

Je n'en dis pas plus sur la dernière partie du roman, mais j'ai passé un très bon moment en ces pages. Roman très bien écrit, tout en subtilité et richesse. Stoner, avec l'air de toujours s'effacer, s'est construit une vie intérieure sans jamais déroger à sa droiture et à son amour de la littérature. Une passion que l'auteur réussit à nous faire partager.

 

 

Le Dilettante, septembre 2011, 380 pages, prix : 25 €

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Crédit photo couverture : © éd. Le Dilettante

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Vie animale - Justin Torres

14 Mars 2012, 15:07pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Laetitia Devaux

 

vie-animale.jpgIls sont trois frères qu’à peine trois années séparent, le narrateur dont on ne connaît pas le prénom au début de l’histoire, alors âgé de 7 ans, et ses aînés, Manny, 10 ans, et Joel 8 ans.

Ils crèvent de faim et vivent comme ils peuvent entre Paps et Ma, leurs parents complètement paumés, sans le sou, qui les ont eus bien trop jeunes (à l’âge de 14 et 16 ans). Par courts chapitres et avec une économie de moyens remarquable, l’auteur relate des épisodes de leur vie, entre violence et amour malgré tout. On les voit grandir unis dans cette fratrie, régulièrement battus, malmenés, et pourtant, malgré les pires horreurs, une tendresse est omniprésente dans cette curieuse famille. Ils évoluent entre cris et misère, dans ce qui leur semble être la normalité de la vie, et toujours unis.  Seul le petit dernier semble gagner son libre arbitre, affirmer avec l’âge sa différence, sa fragilité, sa volonté de s’élever (il aime les livres, pensez donc), toutes choses qu’il paiera cher, car la fin, inattendue, est aussi superbe qu’effrayante.

Le premier roman très prometteur d’un jeune écrivain à surveiller, par sa capacité à dire tant en si peu de pages de la nature humaine qui parfois, n’est pas si loin de la vie animale, sauvage et rustre.

 

L’Olivier, janvier 2012, 141 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : © Mike Nowak et éd. de l’Olivier.

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La couleur des sentiments - Kathryn Stockett

5 Décembre 2011, 20:37pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Girard

 

couleur-des-sentiments.jpgA Jackson, Mississipi, entre 1962 et 1964, Skeeter, jeune fille blanche de bonne famille, entreprend d'écrire un livre de témoignages de bonnes noires, afin de révéler leurs conditions de vie réelles et leurs relations avec leurs patronnes. Elle noue des liens avec quelques unes d'entre elles pour mener à bien son projet.

Premier roman devenu rapidement best-seller, adapté au cinéma, la couleur des sentiments a remporté l'adhésion d'un très grand nombre de lectrices, dont celles du magazine ELLE qui lui ont décerné leur grand prix 2011.

Beaucoup en ont parlé avec des étoiles dans les yeux et des trémolos dans la voix, j'ai attendu patiemment qu'il soit disponible à la bibliothèque, un peu refroidie quand même par un récent échange avec une collègue qui l'avait abandonné en route, le trouvant simpliste et sans grand intérêt. (gloups)

 

La trame choisie – alternance des points de vue des personnages principaux, Aibileen, Minny et Skeeter – fonctionne bien, avec le revers attendu : l'intrigue est ultra prévisible, et malgré la vraie densité des personnages, tout comme la galerie de personnages secondaires qui gravitent autour, on n'évite pas une histoire cousue de fil blanc, qui n'est jamais loin du mélo un peu mielleux.

C'est agréable à lire, bien sûr, mais ça reste très superficiel sur le fond historique, tout juste le Ku Klux Klan et Martin Luther King sont-ils cités une fois ou deux, mais sans aucun développement, même romanesque, pourtant sur un tel sujet il y avait matière donner un peu de sérieux à l'ouvrage ? A trop développer toujours le même exemple (l'interdiction pour le personnel noir d'utiliser les toilettes de leurs patronnes blanches), et à attendre indéfiniment ce qu'ont bien pu commettre Minnie et Constantine, on finit par s'enliser dans un roman répétitif qui tourne un peu en rond. Trop pétri de bons sentiments, on obtient un solide roman de détente, mais qui perd toute force lorsqu'il s'agit d'évoquer le ségrégationnisme ou les engagements des intégrationnistes. C'est « gentillet » quoi.

L'exercice de style façon jolie romance avec clichés forcés m'a laissée en dehors de toute émotion, point de sourire ou de larmes pour ma part, malgré quelques scènes cocasses qui donnent un peu de peps à l'ouvrage.

 

 

Ed. Jacqueline Chambon, septembre 2010, 525 pages, prix : 23,80 €

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Crédit photo couverture : © Marion Post Wolcott / Library of Congress FSA Collection … / éd. Jacqueline Chambon.

 


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Mémoire assassine – Thomas H. Cook

29 Novembre 2011, 15:21pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Philippe Loubat-Delranc

 

mémoire assassineSteve Farris a neuf ans lorsque son père tue toute sa famille : sa mère Dorothy, son frère aîné Jamie (17 ans) et sa sœur Laura (16 ans), avant de prendre la fuite. Il ne sera jamais retrouvé. Ce 19 novembre 1959 restera à jamais gravé dans la mémoire de Steve qui n’a échappé au massacre que parce qu’il était chez des amis, et encore, il pense que son, père l’a attendu un moment avant de s’enfuir. Devenu adulte, marié et père de famille, Steve vit avec ce passé douloureux. Voilà qu’arrive Rebecca, qui écrit un livre sur ces drames familiaux inexpliqués, et qui par de longues discussions avec lui, va raviver ses souvenirs pour peut-être dénouer l’affaire.

L’histoire avance assez lentement, posément, sereinement, s’attachant à décrire efficacement les faits et la psychologie des personnages. Au fil du texte vont bien sûr se lever quelques voiles pour faire éclater la vérité sur les dernières pages, avec un bon dernier quart d’intrigue qui s’accélère et s’enrichit. Il faut donc se méfier de l’eau qui dort, c’est un intéressant roman noir que Thomas H. Cook nous livre là, sans violence apparente, mais à la vérité lourde de conséquences. Si l’on peine parfois à trouver crédible la précision des souvenirs et leur reconstitution si longtemps après, l’ensemble fonctionne bien. Quelques passages prennent à mon goût des raccourcis rapides (l’effet Rebecca sur le couple et son devenir) mais j’ai découvert avec plaisir quand même ce texte écrit en 1993 et traduit pour la première fois en français en 2011. Cette traduction m’a permis par la même occasion de faire connaissance avec les éditions Point2 ( .2) et leur format ultrapoche (8 x 12 cm, contre 10 x 18 cm pour un poche habituel). Si j’étais sceptique sur l’utilité de ce nouveau format, je suis après lecture totalement séduite. Plus de détails sur mon expérience du format ici   

  

Une lecture proposée par le site Libfly et les éditions .2 que je remercie tant pour la découverte littéraire que pour celle du nouvel objet livre.

  

Editions Point2 (.2), août 2011, 493 pages, prix : 11 €

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 Crédit photo couverture : © éd. Point2

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Room - Emma Donoghue

24 Octobre 2011, 11:33am

Publié par Laure

 

Traduit de l'anglais (Canada) par Virginie Buhl

 

room.jpgSans doute pour moi le meilleur livre de l'année 2011 (après celui de Thierry Laget, mais on est sur un registre différent, et plus grand public). Quelle force se déploie de ce roman, mêlé conjointement d'horreur et d'amour.

Je l'ai abordé sans savoir du tout de quoi il parlait (ça fait belle lurette que je ne lis plus aucune 4ème de couv), et le début n'était pas gagné : Jack, un petit garçon de 5 ans, fête son anniversaire avec sa maman, avec qui il semble vivre enfermé dans une pièce, redoutant les visites régulières du « grand méchant Nick ». Il donne des noms à tous les objets qui l'entourent, ainsi il s'adresse à Monsieur Lit, Madame Table, Petit dressing, … et il n'a pour ouverture sur le monde que la télé où il regarde notamment Dora l'exploratrice, sa grande copine. Au début, on peut trouver risqué ce point de vue naïf et enfantin, un peu longue d'ailleurs cette description de leur vie, mais très vite, dès lors que l'on comprend à peu près la situation, on n'a de cesse de comprendre « pourquoi », et comment cela va se terminer. Le roman ne se limite pas à cet enfermement, il va bien au-delà, mais je ne souhaite pas en dire davantage. Il faut juste le lire !

Sur un sujet dramatique, l'auteur réussit un formidable tour de force, nous rendant les personnages attachants (on ne peut plus, on ne veut plus s'en détacher, j'ai lu les 400 pages dans la journée, heureusement c'était un dimanche!), émouvants, admirables, sans jamais nous entraîner dans un voyeurisme malsain ou basculer dans le sordide, alors que l'évidence du rapport à des faits divers récents se fait immédiatement. C'est là tout l'art de la fiction magistralement conduite. A noter d'ailleurs les remarquables passages sur la manipulation de la médiatisation.

Un roman inoubliable.

 

Le coup de cœur de Brigitte Namour, libraire 

 

 

Stock, coll. La Cosmopolite, août 2011, 399 pages, prix : 21,50 €

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Crédit photo couverture : © Ella Burstein, et éd. Stock

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Les averses d’automne – Tuna Kiremitçi

21 Octobre 2011, 09:42am

Publié par Laure

Traduit du turc par Jean Descat

 

averses-d-automne.jpgElles vivent toutes deux à Genève, tout les sépare, mais elles vont passer ensemble de longues heures à discuter. Rosella est une dame âgée, elle vit en Suisse depuis plus de soixante ans, juive allemande originaire de Berlin, elle a vécu à Istanbul pendant la guerre. Pelin, elle, étudie la littérature française en 2ème année à Genève, mais elle est stambouliote d’origine.

Ce qui relie ces deux femmes ? Une petite annonce et la langue turque. En effet, Rosella ne veut pas oublier cette langue qu’elle a pratiqué quelques années, cette langue dans laquelle elle a beaucoup de souvenirs, notamment d’amour. Elle passe donc une petite annonce pour trouver quelqu’un avec qui converser dans cette langue, et c’est Pelin qui se présentera.

            Roman un peu déroutant car entièrement construit en dialogues (il n’y a aucune autre narration), il surprend aussi parfois par des tournures un peu bizarres qui sont peut-être dues à une traduction bancale ( ?) On comprend dès lors que le vocabulaire employé par la jeune Pelin n’est pas celui de Rosella (question de génération) qui lui demande de réexpliquer autrement, et si l’on imagine que cela doit être naturel en VO, en français dans le texte ça paraît parfois étrange. Au fil des vies très différentes des deux femmes, même si j’ai eu du mal à en entrer vraiment dans le roman à cause de ces seuls dialogues, je me suis surprise à être très touchée par la fin. (et à en trouver finalement la forme très originale !)

Et puis j’étais curieuse de découvrir la littérature turque contemporaine qui n’est pas si courante dans les textes traduits en France, en dehors d’Orhan Pamuk et d’Elif Shafak (qui écrit aussi en anglais d’ailleurs).

 

 

Galaade éditions, octobre 2011, 218 pages, prix : 17 euros

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Crédit photo couverture : © Mathilde Sébastien / photo Harold Lloyd / Flickr / Getty Images / et Galaade éditions.

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Famille modèle - Eric Puchner

4 Octobre 2011, 14:32pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par France Camus-Pichon

 

famille-modele.jpgUne famille modèle classique : papa, maman, leurs trois enfants, et Mister Leonard, le chien ; ils ont quitté le Wisconsin pour le rêve américain sous le soleil de Californie, las, la réalité est bien loin d’être dorée !

Surendetté, Warren Ziller, le père, ne veut pas avouer ses échecs à sa femme, et tous vont connaître, amers et désabusés, une multitude d’épisodes tragi-comiques.

Le thème n’est pas nouveau, le roman possède ces qualités de verve au long souffle avec rebondissements nombreux, mais l’ensemble pour moi s’est néanmoins essoufflé bien vite, et passé le pivot central qui fait basculer la vie du fils aîné Dustin (et par ricochets la famille entière), j’ai trouvé le temps bien long. Rien d’exceptionnel sous le soleil californien, des passages déjantés un peu forcés qui réussissent à réattirer l’attention (toute la partie sur la fugue du jeune Jonas), une lecture facile, mais pas de coup de cœur particulier.

 

Lu dans le cadre du club testeurs d’Amazon

 

  

Albin Michel, août 2011, 522 pages, prix : 24 €

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Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel

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Le dîner - Herman Koch

20 Août 2011, 12:33pm

Publié par Laure

 

Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin

 

le-diner-koch.jpgDeux couples, dont les deux hommes sont frères, l'un futur premier ministre des Pays Bas, l'autre prof d'histoire en disponibilité, se retrouvent dans un restaurant chic autour d'un dîner pour parler de ce qui les préoccupe : leurs enfants respectifs, et ce qu'ils ont vraisemblablement fait ensemble. L'intrigue se met en place de façon tendue et mystérieuse : Paul, le père de Michel, a regardé des vidéos sur le portable de son fils, et l'on pressent un drame que chacun préférerait éviter.

La construction du récit est intéressante : autant de parties que d'étapes dans un dîner : l'apéro, l'entrée, le plat, le dessert, le digestif, et le pourboire ; hélas de nombreux flash-back nécessaires à la compréhension des personnages viennent interrompre ce rythme, de même que de nombreuses sorties à l'extérieur du restaurant pendant le repas ou de nombreux allers retours aux toilettes donnent une impression un peu décousue au dîner et à la construction choisie.

La psychologie des personnages est intéressante également dans le sens où s'opère un basculement des ressentis pour le lecteur, entre le politicien présenté comme détestable par son frère, et la situation finale.

Un roman dérangeant, qui conduit à s'interroger sur la responsabilité, son rapport personnel à la loi, et ce que l'on est prêt à faire pour sauver ou non ses enfants. De lecture facile, le roman se lit très vite, ne serait-ce que pour savoir quelle va en être l'issue. J'ai trouvé toutefois agaçant et inutile le choix de l'auteur de ne pas nommer certaines choses, notamment les noms des maladies. Un roman qui peut ouvrir des débats intéressants entre lecteurs, car les choix des personnages ne peuvent laisser indifférents.

 

 

Belfond, mai 2011, 329 pages, prix : 18,50 €

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Crédit photo couverture : © photo Vilma Pimenoff / Millenium Images, UK et éd. Belfond


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