Les jardins d'Hélène

romans etrangers

La Ballade d'Hester Day – Mercedes Helnwein

25 Août 2014, 06:41am

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Francesca Serra

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'est pas banale, cette jeune Hester Day. Pas encore majeure qu'elle veut déjà adopter un enfant, et l'âge fatidique tout juste franchi, il faut bien un mariage vite signé avec un étudiant poète à ses heures et qu'elle croise régulièrement à la bibliothèque pour arriver à ses fins. Rebelle à sa famille et pas la langue dans sa poche, Hester va tailler la route avec Fenton Flaherty, époux de son état, et Jethro, son jeune cousin obèse qui s'enfuit avec eux.

C'est parti pour un road trip en camping-car, complètement déjanté, entre insouciance et vie à bras le corps sans chercher midi à quatorze heures. Mais Jethro étant mineur, on se doute bien que l'envolée finira en queue de poisson.

 

Un roman initiatique qui est vraiment original, mais qui ne m'a pas autant séduite que le précédent titre de cet éditeur (Dieu me déteste, d'Hollis Seamon.) La ligne éditoriale est cohérente (des romans qui parlent d'adolescents mais qui s'adressent aux adultes), mais cette ballade ne m'a pas embarquée comme elle aurait pu, je trouve qu'on tourne assez vite en rond, à attendre comment l'aventure va se terminer. Le rapport à la mère, à la non-conformité de l'image attendue par celle-ci dans son lien à sa fille, aurait mérité d'être davantage développé peut-être, même si l'épilogue est … on ne peut plus clair !

 

Une lecture qui décoiffe dans le rang des familles bien proprettes, mais qui ne m'a pas réjouie outre-mesure, en dépit de son ton singulier qui en fait toute l'originalité.

 

 

éd. Anne Carrière / La belle colère, mai 2014, 366 pages, prix : 20 €

Etoiles :

crédit photo couverture : © Anne Carrière / La belle Colère

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Miss Alabama et ses petits secrets – Fannie Flagg

26 Juillet 2014, 14:16pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Luc Piningre

 

Maggie Fortenberry, une ancienne miss Alabama aujourd’hui âgée de soixante ans, mûrit sa décision depuis quelques années et s’apprête à passer à l’acte : elle orchestre son suicide dans les moindres détails, caressant l’espoir de disparaître tranquillement sans déranger personne, puisqu’elle ne trouve plus grand intérêt à sa vie pourtant paisible. Mais c’est ce même jour que sa collègue de travail l’invite à un spectacle de derviches tourneurs, un événement pour la ville de Birmingham. Pour ne pas éveiller les soupçons, Maggie repousse son projet … et ce n’est que le début d’une curieuse aventure sans cesse ajournée.

 

Ce qui vaut surtout dans ce nouveau roman de Fannie Flagg (célèbre pour son best-seller autant romanesque que cinématographique, Beignets de tomates vertes – que je n’ai ni lu ni vu), c’est le personnage de Maggie, particulièrement attachant, ainsi que l’ancienne patronne et ses collègues de l’agence immobilière. Le personnage de peste de Babs Bingington ajoute au piquant de l’intrigue. Mais quand il s’agit de vendre le plus beau manoir de Birmingham, Crestview, pas question de lâcher l’affaire à la mégère. Un mélange de chick-lit et d’aventure (on a tous des cadavres dans ses placards non, au propre ou au figuré ?) pour un petit roman d’été agréable à lire, à la fin un peu mielleuse, qui n’en fera pas un grand roman, mais un bon moment. Ni plus, ni moins.

 

Cherche midi, mai 2014, 431 pages, prix : 21 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © rémi papin 2014 – Ill : © Kathykonkle / Getty Images / et éd. du Cherche-midi.

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Le nageur dans la mer secrète – William Kotzwinkle

23 Juillet 2014, 18:30pm

Publié par Laure

p. 47 : « Ce sont des choses qui arrivent. Je suis sûre que vous aurez plus de chance la prochaine fois. »

 

 

Traduit de l'américain par Jean-Paul Gratias

 

Texte original datant de 1975, traduit pour la première fois en français en 1998 et publié chez Actes Sud (où il existe en Babel poche aussi), cet éditeur français le republie cette année dans sa belle collection « les inépuisables », qui comme son nom l'indique, est faite pour durer. Tant sur le plan de l'objet, soigné, couverture rigide toilée, beau papier, ruban de satin, que sur le fond, un petit bijou que l'on conserve et transmet.

 

J'ai ouvert ce nageur dans la mer secrète sans savoir de quoi il parlait, sinon que la poésie du titre m'évoquait l'idée d'une grossesse. Et c'est bien de cela qu'il s'agit, d'une naissance, de la perte des eaux à … l'inattendu. Johnny (Laski tout du long du récit) accompagne sa femme Diane à la maternité pour donner naissance à ce premier bébé tant désiré, dix ans d'espoir, le jour est grand.

 

Quel beau récit que cet accouchement où les contractions adoptent le mouvement du ressac de la mer, dans la violence des vagues et l'apaisement temporaire du reflux. Il ne faut pas en dire plus, ce serait gâcher la seconde moitié du récit, sinon que c'est un texte magnifique, indémodable, d'une grande pudeur et beauté. Une sobriété toute travaillée qui rend hommage au sujet délicat de l'histoire. Un coup au cœur, marquant.

 

 

(à ne pas offrir à une femme enceinte toutefois).

 

p.27 : « La vague revient, les emportant sur une mer de souffrance, et Laski se demanda encore pourquoi la vie avait cru bon de naître dans l'univers. La beauté limpide de la nuit sur la route, lorsque toutes les étoiles semblaient les couver du regard, disparaissait maintenant sous un flot de sueur. Le plus beau visage qu'il eût jamais vu paraissait à présent bouffi, cramoisi, et disgracieux. »

 

p.37 : « Il se souvint tout à coup du bébé, du petit nageur dans la mer secrète. Il se démène, lui aussi, il se bat pour nous rejoindre, il lutte tout comme nous. »

 

Lu le 19 juillet 2014 dans le TGV entre Le Mans et la gare TGV de Haute-Picardie, perdue dans la nuit au milieu de nulle part, dans un train imprévu sur un parcours alternatif après deux heures de retard dues à un énième "accident de personne" qui traduit pudiquement un suicide. Terminé à la gare de Roissy-Charles-de-Gaulle, au croisement ....

 

 

Actes Sud, coll. Les inépuisables, mars 2014, 89 pages, prix : 13 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Actes Sud

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Premier appel du paradis - Mitch Albom

31 Mai 2014, 09:35am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Emmanuel Pailler

 

Sully Harding sort de prison, à l’issue d’une condamnation pour un accident d’aviation pour lequel il a été jugé à tort responsable, veuf, il retrouve son petit garçon dans son village natal, Coldwater, près du lac Michigan. Ce même jour, plusieurs habitants reçoivent d’étranges appels téléphoniques : des proches décédés se manifestent par téléphone, avec des messages laconiques et rassurants. Tout va bien dans l’au-delà.

La fièvre s’empare aussitôt du village : miracle ou arnaque ? Quand Sully réalise que son fils espère des appels de sa mère, il décide de prouver que tout cela n’est qu’une vaste supercherie.

 

Ce qui est bien narré dans ce livre, c’est l’attrait voyeuriste et la manipulation des médias qui ont besoin de faire du chiffre avec du sensationnel, au mépris du respect de chacun. Comment une petite ville anonyme peut devenir par le montage médiatique une destination touristique prisée et comment cette petite ville devra s’adapter alors qu’elle n’a pas les infrastructures nécessaires. La réalité humaine se dévoile, dans ce qu’elle a de plus bas.

Ce qui est exaspérant dans ce livre, c’est l’intrigue délayée à n’en plus finir, il ne se passe pas grand-chose une fois le mystère posé et son dénouement, sinon un bavardage saccadé et bien longuet. Pour maintenir le suspens, l’auteur fait alterner sans cesse les dialogues des différents personnages, les interrompant pour mieux nous retenir, mais à force, le lecteur s’emmêle les pinceaux et ne sait plus très bien qui est qui.

Quant au besoin de croyance et à l’enveloppe légèrement mystique, chacun y prendra ce qu’il voudra. Au mieux on pourra trouver ce roman gentillet mais il aurait gagné à être plus ramassé, car il n’est pas dénué pour autant de quelques personnages intéressants.

 

 

Ed. Kero, mars 2014, 394 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Atelier Didier Thimonier et éd. Kero

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Les complémentaires – Jens Christian Grøndahl

29 Avril 2014, 12:48pm

Publié par Laure

Traduit du danois par Alain Gnaedig

 

David Fischer est en voyage d’affaires à Londres où il en profite pour rendre visite à la mère de sa femme. Une famille cosmopolite : Emma est anglaise donc, mais s’est installée à Copenhague avec David. Leur fille Zoë est aux beaux-arts et prépare une expo réalisée en commun avec son petit ami Nabeel, d’origine pakistanaise. Une expo sulfureuse qui va raviver des tensions dans les familles, tout comme la croix gammée que David trouve un matin taguée sur sa boite aux lettres.

 

Un roman introspectif où il ne se passe quasi rien mais qui interroge beaucoup sur les origines de chacun, sur l’appartenance à une nationalité, une culture, une religion (David est juif, Nabeel est musulman), et sur le brassage qui nait de ces rencontres dans notre monde moderne.

L’occasion pour nos personnages principaux de revenir sur leur histoire familiale et celle de leurs parents, ainsi que leur place dans le couple, les choix de vie qui en découlent.

 

Les complémentaires, c’est notamment le titre de l’expo de Zoë, qui crée une vidéo qui fait scandale avec deux corps qui se roulent dans les drapeaux pakistanais et danois et la peinture de leurs deux couleurs (d’où le vert et le rouge de la couverture) mais aussi une réflexion sur l’identité, l’immigration et le multiculturalisme.

 

Un peu trop introspectif et statique mais agréable à lire néanmoins. Sans que ce soit un coup de cœur non plus.

 

Gallimard, coll. Du monde entier, octobre 2013, 235 pages, prix : 18,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © d’après photo Lauren Nicole / Getty Images et éd. Gallimard

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Dieu me déteste - Hollis Seamon

28 Avril 2014, 16:10pm

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Marie de Prémonville

 

La belle colère est un nouveau venu dans l'édition : pas si novice, puisqu'il s'agit de l'association de deux professionnels, Stephen Carrière (des éditions Anne Carrière) et Dominique Bordes (des éditions Monsieur Toussaint Louverture) qui ont œuvré ensemble pour la création d'une nouvelle collection de romans français et étrangers pour adultes dont les personnages principaux sont des adolescents.

Dieu me déteste est donc le premier titre de cette collection.

(Maintenant je comprends pourquoi la douceur de la couverture et la qualité de l'ouvrage – dans tous les sens du terme - me faisait penser aux éd. Toussaint Louverture!)

 

Richard Casey a 17 ans, mais il n'est pas sûr de fêter ses 18 ans. En tous les cas il n'aura jamais 19 ans. Il est hospitalisé dans le service de soins palliatifs de l'hôpital Hilltop à New-York, cancer en phase terminale. A son étage, des gens comme lui, souvent plus âgés, mais une jeune adolescente aussi, qui comme lui aimerait bien connaître l'amour avant de mourir.

 

Si le sujet peut paraître plombant d'emblée, il n'en est rien, et c'est bien là l'une des étonnantes qualités de ce roman : il parvient à être léger et à donner foi en la vie quand la maladie et la mort inéluctable sont omniprésentes. Deux personnages adolescents sacrément pêchus, qui mettent toute leur énergie à vivre leurs derniers rêves, à se moquer des règles et du sérieux de leur environnement : on en sort avec le sourire aux lèvres et le sentiment d'un tour de force réussi.

Les personnages secondaires y sont pour beaucoup, l'oncle déjanté, le père de Sylvie dévasté par le chagrin et l'alcool qui en devient violent, la mère et la grand-mère de Richard aussi, il leur fallait bien à tous ce grain de folie pour que l'échappée belle fonctionne.

 

L'auteur mêle bêtises de gamins à gravité de la maladie avec talent, et culmine avec une fin métaphorique bien trouvée : une ultime partie de poker bluffante, c'est le cas de le dire.

 

Un livre paradoxalement léger à lire, qui éclaire sur dix jours durant la vie de deux adolescents condamnés, mais qui laisse malgré tout un petit goût de tristesse au lecteur : la littérature peut tout, mais la réalité la rattrape toujours. Une jolie parenthèse qu'il serait néanmoins dommage de manquer.

 

La belle colère, mars 2014, 276 pages, prix : 19 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © ed. La belle colère

 

 

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Le chardonneret – Donna Tartt

17 Mars 2014, 15:34pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Edith Soonckindt

 

Théo Decker a 13 ans quand il perd sa mère dans un attentat lors d'une visite dans un musée new-yorkais. Mais pourquoi file-t-il avec le tableau préféré de sa mère sous le bras, au milieu du chaos, cette petite toile de Carel Fabritius, Le Chardonneret (1654), qui deviendra le fil indéfectible du roman ? Voilà le début de l'histoire, et d'une longue, longue aventure.

 

J'avoue, j'ai entamé ce roman à reculons tant de nombreux avis déçus de la blogosphère m'avaient refroidie (la principale critique émergeant étant la longueur – les longueurs), d'autant plus que je n'avais jamais réussi à finir jusque-là un roman de Donna Tart, qui tous (il n'y en avait pourtant que deux jusqu'alors!) m’étaient tombés des mains par ennui. Eh bien contre toute attente, celui-ci m'a embarquée d'emblée, et je lui ai consacré le temps qu'il méritait, avec une curiosité toujours renouvelée. Certes, j'ai trouvé le temps long à un moment (la fin de la période à Las Vegas), mais pas tant que cela sur l'ensemble.

 

Orphelin, (père vivant mais absent), Théo est recueilli – un temps seulement - par une famille bourgeoise pour échapper aux familles d'accueil des services sociaux. Son secret le conduit à fréquenter également un antiquaire, le bon vieux Hobie. Inutile d'en dire plus tant le roman d'aventures est dense et joue son rôle avec des rebondissements et des personnages hors normes, vous accrocherez ou pas, si oui, quel roman ! Qui pourrait en contenir plusieurs à lui seul.

 

Roman d'apprentissage, les références à Dickens et Dostoïveski souvent citées se retrouvent en effet dans l’atmosphère, les personnages, les situations, pour balayer tout autant de thèmes : un 11 septembre qui hante encore le souvenir des Américains au point d'en nourrir beaucoup de fictions (ici l'explosion au musée), se remet-on jamais d'un tel traumatisme et de la perte d'un être cher ?, le monde sage et compassé des familles bourgeoises qui cachent leurs cadavres intimes sous le tapis, la violence de milieux où drogue et alcool abolissent la raison, le monde de l'art et son revers monétaire, l'amour (le grand, le vrai, pas si simple), mais aussi la possibilité de croire encore en quelque chose et en l'autre dans un tel monde, etc.

 

Donna Tartt excelle dans l'art de raconter une histoire au long souffle.

Certains y ont vu trop de clichés, pour ma part je penche plutôt pour des longueurs où j'aurais bien eu envie de dire : c'est bon là, on a compris, il est temps de passer à la suite maintenant !

 

Le rapport intime tant universel qu'individuel à l'art est abordé en toute fin de roman, une réflexion un peu tardive mais qui apporte une conclusion intéressante, soignée, et apaisante après tant de remous éprouvants. Alors long, oui, mais sans regrets : jusqu'au bout j'ai voulu savoir ce qu'il adviendrait de chacun des personnages, et de cette toile qui est mise en valeur aussi par un joli jeu de couverture sur l'objet livre : un trompe-l’œil sur la première de couv, et la reproduction du tableau qui s'ouvre avec les rabats en couverture intérieure, permettant d'y revenir à tout moment.

 

Un roman qui marquera inévitablement, de par son ambition et sa prouesse, dans une époque où le vite lu vite consommé est devenu plus ou moins la norme, on dirait bien que celui-ci a vocation à prendre le chemin des classiques.

 

 

Plon, janvier 2014, 786 pages, prix : 23 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Plon

 

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Le bruit de tes pas - Valentina d'Urbano

27 Septembre 2013, 07:25am

Publié par Laure

Traduit de l’italien par Nathalie Bauer

 

Le roman s’ouvre sur un enterrement, le 24 juin 1987. Beatrice raconte…

C’est une histoire d’amitié forte qui se mue en amour, celle de deux enfants qui se sont rencontrés quinze ans auparavant. Bea et Alfredo habitaient le même immeuble, une espèce de squat dans la banlieue romaine. Un quartier où les logements sont occupés illégalement, où la police et les médecins n’osent plus aller. Alfredo est battu par son père, ivre la plupart du temps. À l’étage juste en dessous, Beatrice est plutôt heureuse avec son grand frère et ses parents (qui l’ont eu très jeune, sa mère avait 16 ans). Très vite Bea et Alfredo vont devenir inséparables, au point que tous les appellent « les jumeaux » Mais à l’adolescence, Bea aimerait bien qu’Alfredo la regarde autrement, et celui-ci a sombré dans la drogue dure. Bea tente tout pour l’en sortir.

 

Il y a de très beaux passages, des moments forts (l’avortement clandestin d’une copine de Bea), un espoir, une lutte perdue d’avance, une atmosphère, celle d’un quartier, dans les années de plomb en Italie. Des personnages qui ont une épaisseur, des drames qui s’enchevêtrent. C’est un premier roman de qualité, Valentino d’Urbano a un ton, une plume agréable à suivre, mais je n’ai pas trouvé l’histoire exceptionnelle non plus. Agréable, mais pas inoubliable … (c’est déjà pas si mal !)

 

 

Ed. Philippe Rey, septembre 2013, 237 pages, prix : 19 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © ritA Scaglia / Picturetank et éd. Ph. Rey

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Esprit d'hiver - Laura Kasischke

27 Août 2013, 13:04pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Aurélie Tronchet.

 

Je n’avais encore jamais lu Laura Kasischke, et ce n’est pas faute d’en entendre beaucoup de bien ! L’erreur est réparée, et je confirme tout le bien qu’on en dit ! (Je me réjouis d’avoir donc encore tous ses précédents romans à découvrir).

 

Le jour de Noël, quelque part dans le Michigan, Holly se réveille plus tard que d’habitude. C’est un peu la panique à bord, elle a un repas à préparer et beaucoup d’invités qui vont arriver. Sa fille Tatiana dort encore, et son mari se lève en vitesse pour aller chercher ses parents à l’aéroport. Dès lors, plus rien ne se passera comme prévu.

Holly est obsédée par une phrase qui lui revient sans cesse à l’esprit : « Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux », elle voudrait l’écrire, et prendre le temps de noter ce que cela lui évoque. Mais il faut faire vite, rattraper le temps perdu, composer avec l’humeur maussade de son adolescente enfin réveillée, et préparer ce fichu repas.

Tout se joue dans le huis-clos de l’appartement, sur cette journée de Noël, avec des retours sur le passé de Holly, de son couple et surtout l’adoption de leur fille dans un orphelinat russe quand elle avait deux ans. Les éléments extérieurs se déchaînent, le blizzard (qui vu de l’intérieur ressemble à une journée de neige ordinaire) empêche toute circulation, les invités annulent les uns après les autres, le mari se retrouve coincé à l’hôpital avec ses parents (sa mère a eu un problème de santé, sombrant soudainement dans la confusion) : tout est étrange aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur et le récit se recentre sur les échanges entre Holly et Tatiana. Pourquoi son ado a-t-elle choisi ce jour-là pour avoir ce comportement déroutant, pourquoi change-t-elle sans cesse de vêtements…

Ce roman est fascinant par l’ambiance et la tension qu’il crée, et explose dans une fin aussi inattendue que grandiose. Une fin qui remet en perspective tout ce qui a été dit jusque là, et qui donne sens aussi aux détails que le lecteur pouvait trouver étrange sans vraiment les comprendre.

Pour une première lecture de cet auteur, je suis totalement séduite !

 

(Attention à ne pas faire la même erreur que moi : à peu près à mi-lecture, je ne sais pas pourquoi j’ai machinalement feuilleté le livre pour voir ce qu’il me restait de pages, et j’ai vu que les dernières pages étaient écrites dans une typographie différente. Ce qui m’a bien sûr attiré l’œil et j’ai lu ces dernières pages. Cette fin terrassante qui donne une nouvelle lecture du récit. Mais qui gâche tout aussi si on la lit avant d’y être ! C’est d’autant plus idiot que normalement ça ne m’arrive jamais – je connais des lecteurs qui vont systématiquement lire les fins – je ne suis pas de ceux-là)

 

 

Ed. Christian Bourgois, août 2013, 283 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Ch. Bourgois.

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Une chanson pour Ada – Barbara Mutch

7 Août 2013, 16:46pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Françoise du Sorbier

 

une chanson pour adaAda naît en 1930 à Cradock house, fille d'une bonne noire dans une famille de Blancs, les Harrington.

p. 14 : « Cradock se situe dans le Karoo, la grande région semi-désertique où l'on arrive dès que l'on s'éloigne assez du collier de montagnes vertes aux versants abrupts qui bordent la côte, et que l'on s'enfonce vers l'intérieur. Le Karoo est une région pénible à traverser avant d'atteindre Johannesburg (…) »

L'apartheid en Afrique du Sud est donc la toile de ce roman qui s'attache à décrire la vie exceptionnelle d'Ada, de sa naissance à la vieillesse, et le lien particulier qui l'unit à Cathleen, la propriétaire de Cradock House. Enceinte de son maître, elle accouche d'une enfant métisse et par honte s'enfuit. La place de ces enfants métisses est aussi au cœur du livre, ainsi que la musique qui unit Ada et Cathleen.

Attachant, le roman se fait par moments un peu trop gentillet (bien sûr que l'histoire sera belle avec juste quelques ressorts bien placés, bien sûr que les différents liens d'attachement sont forts et définitifs, que les méchants sont toujours méchants et les gentils très gentils), c'est bien construit, maîtrisé, et cela rappelle par bien des aspects le succès de La couleur des sentiments, de Kathryn Stockett : populaire, roman détente idéal pour l'été, belle histoire, fond historique réaliste …

A lire si vous cherchez un roman d'évasion avec une « belle histoire », la saga d'une maison et de deux familles opposées par leur couleur de peau et leur rang social.

p. 220 : « J'avais eu la sottise de mettre au monde une enfant métisse dans un univers où les seules possibilités étaient le noir et le blanc. Dans le monde blanc, elle pourrait même être utilisée contre le maître pour le conduire en prison. Madame en était-elle consciente ? »

 

Lu dans le cadre du Club Testeurs d'Amazon

 

Presses de la Cité, mai 2013, 410 pages, prix : 21,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Ed. Presses de la Cité

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