Les jardins d'Hélène

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Boule à zéro tome 7 : Goal ! – Ernst & Zidrou

3 Juin 2018, 15:10pm

Publié par Laure

Ah cette Zita ! Elle a un sacré sale caractère au début de ce nouvel épisode, mais elle a toujours au fond d’elle ce cœur en or.

 

Pas facile de partager sa chambre avec un nouveau venu de cinq ans, qui ne parle pas, qui a une leucémie, pas de parents, et qui plus est, est de sexe masculin aimant le foot. Mais dans le malheur la façade se lézarde et le petit cœur de Zita va fondre. La patiente la plus ancienne de l’hôpital entend bien continuer de veiller sur son petit monde.

 

Ce nouveau tome dénonce au passage la surcharge de travail des personnels soignants, les baisses de moyens financiers et humains, les conséquences sur les vies familiales des uns et des autres.

 

L’attitude des médias au sujet des migrants est aussi l’un des éléments engagés de cet album.

 

Un septième tome qui renouvelle à merveille ce qui fait le charme de Boule à Zéro, entre rires et larmes, entre douleurs de la vie et de la maladie, et force de caractère, bonne humeur et espoir en étendard.

 

 

Et sentir ses yeux se mouiller en lisant une BD pour enfants à 45 ans, comment dire….

 

 

 

Bamboo éditions, mai 2018, 46 pages, prix : 10,95 €, ISBN : 978-2-8189-4498-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Ernst et éd. Bamboo.

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Aubépine t.1 : le génie saligaud – Thom Pico et Karensac (ill.)

12 Mai 2018, 13:20pm

Publié par Laure

Aubépine emménage contre son gré dans une vieille ferme à la montagne, car ses parents s’y installent sans l’avoir prévenue. Sa mère travaille sur un robot censé dévier la vague d’oiseaux migrateurs hyper dangereux.

Elle s’ennuie, il n’y a rien à faire et la connexion Internet n’est pas top.

Mais c’est sans compter sur une rencontre avec une vieille dame qui lui offre un chien bizarre – qui parle et qu’elle appelle Pelade – et avec qui Aubépine va vivre de sacrées aventures. Ils vont rencontrer un robot capable d’exaucer trois vœux, mais attention celui-ci s’appelle le génie saligaud… ça n’augure rien de bon…

 

C’est gentiment loufoque et le scénario entrouvre le monde imaginaire et fantaisiste des enfants. Aubépine va surmonter son ennui de manière rocambolesque et le duo qu’elle forme avec le chien Pelade promet de drôles et belles aventures. Un premier tome très prometteur !

 

 

Extrait : « Mais c’est pas du tout ce que je voulais !   – Et comment je le devine moi ? Je suis un esprit ancestral, pas Google. »

 

 

 

 

Dupuis, avril 2018, 99 pages, prix : 9,90 €, ISBN : 978-2-8001-7379-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Thom Pico et éd. Dupuis.

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Nos embellies – Gwénola Morizur et Marie Duvoisin (ill.)

1 Mai 2018, 13:44pm

Publié par Laure

Lily l’Amandier apprend qu’elle est enceinte au moment où Félix, son compagnon, décroche un contrat avec un groupe de musiciens et doit partir en tournée. C’est aussi le moment qu’il choisit pour la laisser seule avec son neveu de sept ans, Balthazar, qui arrive du Canada pour les vacances de Noël, car ses parents sont en plein divorce. Ça fait beaucoup pour Lily, qui ne sait d’ailleurs pas du tout si elle va être capable de s’occuper de ce malheureux gamin qui réclame sa mère sans cesse.

 

Forte de ses souvenirs d’enfance, elle loue une voiture et l’emmène dans le massif central. Ils « ramasseront » en route Jimmy, un jeune un peu paumé qui traine lui aussi une histoire familiale compliquée. Une panne de voiture les mènera à la ferme de Pierrot, veuf dont les enfants vivent aux quatre coins du monde.

 

Brassez tout cela et vous obtenez un « ensemble, c’est tout » réconfortant qui fait chaud au cœur. Certes on pourra reprocher le côté peu réaliste de ces bons sentiments en cascade, mais le scénario et le dessin, riche et coloré, font du bien au moral, et le temps d’une belle lecture, on a envie d’y croire.

 

Mettons au moins cette embellie-là dans nos vies.

 

Une BD dans la vague histoires de vie très sympathique et qu’on quitte à regret.

 

 

 

Ed. Bamboo, coll. Grand Angle, mars 2018, 70 pages, prix: 16,90 €, ISBN : 978-2-8189-4461-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Marie Duvoisin et éd. Bamboo.

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Jamais – Bruno Duhamel

20 Avril 2018, 08:34am

Publié par Laure

Madeleine a 95 ans, aveugle de naissance, elle est veuve et vit seule avec son chat Balthazar dans une belle maison au bord de la falaise, à Troumesnil, sur la côte d’albâtre en Normandie.

 

Mais l’érosion gagne du terrain et sa maison risque de s’effondrer à tout moment, le Maire fait tout pour lui faire entendre raison et la reloger à la maison de retraite du village. Que nenni, la vieille est têtue ! Rien ne peut perturber son quotidien bien rôdé : acheter du poisson frais au marché, cuisiner pour elle et son défunt Jules (elle continue de faire comme s’il était là, Balthazar le chat en profite bien !), soigner ses fleurs et se balader.

 

Quelle belle BD et magnifique scénario ! SI le dessin est très classique, ligne claire et couleurs pastel, l’ensemble est fin, drôle, fourmille de détails bien trouvés, que ce soit dans l’image ou le texte. L’humour est omniprésent mais laisse poindre d’autres sentiments pour cette mamie au grand âge.

 

Elle est peut-être aveugle mais elle a développé bien d’autres sens et le bon (sens) ne lui fait pas défaut, même si elle est têtue comme une mule.

 

Sensible et drôle, Jamais fait partie des incontournables si vous aimez les histoires intimistes, mais elle va bien au-delà d’une histoire de vie, soulevant des questions environnementales, politiques et sociétales sans pour autant plomber l'atmosphère.

 

 

Ed. Bamboo, coll. Grand Angle, janvier 2018, 56 pages, prix : 15,90 €, ISBN : 978-2-8189-4381-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Bruno Duhamel et éd. Bamboo.

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Petite maman - Halim

4 Avril 2018, 13:46pm

Publié par Laure

Petite maman est le récit noir d’une enfance maltraitée.

 

Devenue adulte, Brenda consulte un psychiatre à qui elle déroule le fil de son enfance. Comment sa mère s’est retrouvée enceinte d’elle à l’âge de 15 ans, comment immature et esseulée elle n’a pas pu ni su l’élever, autrement que dans la violence et les coups.

 

Partagée entre sa mère et sa grand-mère, Brenda ne connait que la brutalité et l’absence d’amour pour grandir. Malgré tout, elle est « la petite maman » de sa mère, prenant soin d’elle à chaque effondrement. Enceinte à nouveau, un nouveau compagnon partage leur vie, mais il n’est que le nouveau maillon d’une violence plus terrible encore. L’engrenage est sans fin, la terreur culmine.

 

Pourtant Brenda s’exprime aujourd’hui, malgré l’échec de l’assistante sociale qui avait tenté d’aider à l’époque, c’est donc qu’il y a une lueur d’espoir et de résilience. Heureusement.

 

Le récit est habilement construit entre celui des personnages secondaires qui s’imbrique dans celui, central, de Brenda, avec un mélange des temps aisé à reconnaître. Toutes les formes de cases sont utilisées pour traduire en dessin le mouvement de la violence, le chaos de la destruction morale et physique.

 

L’ensemble est noir, sombre, très sombre, décrit ce qu’il y a de plus vil chez l’être humain, la lecture est éprouvante mais néanmoins nécessaire. On pense à l’affaire Marina ou à d’autres cas de violences sur enfants, on mesure l’impuissance des services sociaux, mais on espère avec Brenda qu’un adulte violenté dans son enfance ne deviendra pas nécessairement un parent violent.

 

 

p. 91 : « Vous n’aviez pas d’autre choix que de vous enfuir, Brenda. Il en allait de votre survie. C’était ça ou mourir ».

 

Indispensable.

 

 

 

Dargaud, septembre 2017, 191 pages, prix : 19,99 €, ISBN : 978-2-5050-6710-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Halim et éd. Dargaud.

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Les petites victoires – Yvon Roy

3 Avril 2018, 15:37pm

Publié par Laure

BD autobiographique qui raconte à travers la voix du père le combat quotidien pour gagner ces petites victoires durement acquises quand on a un enfant autiste sévère.

 

Olivier a 18 mois quand il est diagnostiqué autiste. Le couple parental n’y résistera pas mais fera tout son possible pour s’occuper du mieux possible de l’enfant malgré la séparation.

 

Les méthodes du papa peuvent sembler radicales et dures parfois, elles dénotent totalement avec les soins académiques, mais elles portent leurs fruits car Olivier progresse et réussit à communiquer avec son papa.

 

 

Une BD qui aimerait pouvoir aider tous les parents concernés, à faire le deuil de l’enfant rêvé, se relever et se battre. Un dessin en noir et blanc et simple qui laisse toute sa place au propos.

 

 

On notera l’avant-propos de l’auteur : « Il ne s’agit pas d’un ouvrage sur l’autisme – je laisse ça aux spécialistes – même si cette condition est au cœur de mon récit. Il était important pour moi de faire un livre qui s’adresse à tous les parents, puisque chacun sans exception aura des défis à relever avec son gamin, le plus grand d’entre eux étant d’aimer sans condition et sans jamais faiblir, qu’importe l’enfant qui nous est donné. »

 

 

p. 74 : « Je ne veux pas qu’il apprenne à vivre avec son handicap, je veux qu’il apprenne à le surmonter. Il faut qu’on travaille tous dans le même sens. »

 

 

Rue de Sèvres, juin 2017, 150 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-369-81469-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Yvon Roy et éd. Rue de Sèvres

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L’air de rien – Aude Picault

8 Mars 2018, 11:42am

Publié par Laure

J’ai beaucoup aimé cette BD, simple, plaisante à lire. Elle regroupe 90 strips (sur 2 lignes chacun) qui traitent de la vie, comme ça, l’air de rien : le couple, les enfants (et les règles d’éducation qui vont avec), le sexisme ordinaire, les relations hommes-femmes, un peu de sexe aussi, souvent entaché de complexes.

 

Les saynètes sont régulièrement entrecoupées de doubles pages avec à gauche deux petites vignettes, et à droite un dessin pleine page, où le champ s’élargit pour un autre éclairage de la scène (de vie parisienne) énoncée par les miniatures.

 

Attention, ces dessins ont déjà été publiés entre 2013 et 2015 en noir et blanc dans le supplément week-end de Libération, ce ne sont pas des inédits, mais si comme moi vous ne connaissiez pas cette auteure, cet album est une belle découverte.

 

 

Dargaud, octobre 2017, 69 pages, prix : 16,50 €, ISBN : 978-2-205-07737-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © Aude Picault et éd. Dargaud.

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Les carnets de Cerise tome 5 – Joris Chamblain, Aurélie Neyret (ill.)

3 Janvier 2018, 09:56am

Publié par Laure

Titre du volume : « Des premières neiges aux perséides »

 

Cerise souffre de ne pas avoir de souvenirs de son père, décédé quand elle avait quatre ans. Or pour avancer dans la vie et se construire, elle a besoin de réponses à ses questions.

 

Sa mère va l’y aider. Cerise va mener une nouvelle enquête dont elle sera cette fois elle-même le personnage-mystère.

 

Elle remonte à son plus ancien souvenir, son arrivée à l’école sous la neige (les premières neiges du sous-titre). S’enchainent comme dans les précédents volumes les planches de BD et les carnets manuscrits et illustrés, qui reconstituent son histoire et celle de sa famille.

 

Les dessins et couleurs sont toujours aussi beaux et les textes sensibles et justes.

 

Toute la vie de Cerise s’éclaire à présent, les personnages présents dans les précédents tomes aussi, et une nouvelle étape vers une nouvelle vie familiale débute.

 

Ce cinquième tome clôt le cycle des Carnets de Cerise en marquant la fin de l’enfance. L’adolescence est une nouvelle voie qui prend forme, avec une Cerise apaisée par les réponses apportées.

 

Un très beau scénario qui revient sur l’ensemble de la série et le besoin de lever les mystères et les silences de sa propre vie.

 

Les Carnets de Cerise c’est fini, mais peut-être Cerise reviendra-t-elle autrement, puisqu’elle franchit une étape de sa vie ? Il fallait oser clore la série, et c’est fait ici avec finesse, par un scénario qui le justifie, qui nourrit et rappelle les nécessités pour grandir sereinement.

 

Touchant et réussi.

 

 

Ed. Soleil, coll. Métamorphoses, novembre 2017, 80 pages, prix : 15,95 €, ISBN : 978-2-302-06492-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Aurélie Neyret et éd. Soleil.

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Et si l’amour c’était aimer ? – Fabcaro

28 Décembre 2017, 15:03pm

Publié par Laure

Sandrine est heureuse en ménage avec Henri, mais elle tombe sous le charme du livreur de Speed Macédoine, Michel, musicien dans un groupe de rock par ailleurs.

 

« Tout à coup, Sandrine sentit tous ses sens s’enflammer tel un incendie se propageant dans la forêt de son corps… Le regard de cet homme, noir comme une nuit sans lune, la magnétisait tel un aimant dont elle ne pouvait se détacher… »

 

Alors Sandrine trompe Henri avec Michel, après des soirées ininterrompues de macédoine au dîner (« la macédoine est un symbole phallique », sic), ce dernier finit par l’apprendre, ah la bienveillance des potes !  « Mais oui, c’est vrai, vous avez raison, mes amis de l’amitié ».

 

 

J’avais découvert Fabcaro avec Zaï zaï zaï zaï que j’avais adoré, et je suis un peu moins emballée cette fois, même si l’on retrouve bien le côté complètement barré de l’auteur, un grand n’importe quoi qui part dans tous les sens, au énième degré de l’absurde.

 

On notera le travail graphique et stylistique qui parodie avec succès les romans photo et les romances Harlequin des années 1980.

 

100 % décalé.

 

 

 

Éditions 6 pieds sous terre, octobre 2017, prix : 12 €, ISBN : 978-2-35212-135-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Fabcaro et éd. 6 pieds sous terre

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Edelweiss – Cédric Mayen (scénario) et Lucy Mazel (ill.)

26 Décembre 2017, 15:05pm

Publié par Laure

Edmond et Olympe se rencontrent après-guerre. Olympe est une femme indépendante, qui travaille et vit seule, ce pour quoi elle a dû demander l’autorisation de son père, car c’était audacieux pour l’époque.

 

Edmond est ouvrier chez Renault, ce qui est loin d’être un parti suffisant pour le père d’Olympe.

 

Mais Olympe est tenace ; tout comme elle est passionnée par la montagne, et comme sa tante Henriette l’a fait avant elle, elle rêve d’escalader le Mont Blanc.

 

En mars 1950, Edmond fait son service militaire chez les chasseurs alpins, l’école militaire de haute montagne, le père d’Olympe n’y est pas étranger, c’est sans doute mieux que l’Indochine dont son cousin Honoré reviendra amoché.

 

En signe d’amour, Edmond cueille un edelweiss qu’il envoie à sa bienaimée Olympe, geste sacrilège, mais quand on aime ….

 

 

Je n’en dirai guère plus sous peine de trop dévoiler de l’intrigue, mais les épreuves n’épargneront pas le jeune couple ni leur famille et amis.

 

Le personnage d’Olympe est fort, toujours avant-gardiste, elle se débat avec les conventions sociales prônées par son père, elle est libre et déterminée, audacieuse, courageuse, têtue. Edmond tente souvent de la raisonner mais par amour se surpassera bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

 

Une très belle histoire d’amour et d’affranchissement des conventions sociales, qui donne tout pouvoir à l’affirmation de soi et à la poursuite de ses rêves et de ses idéaux.

 

Si l’on se laisse porter par le scénario et le dessin, dans de beaux fondus de couleurs et quelques très belles pleines pages qui rythment l’avancée du récit, on a bien du mal à retenir une petite larme à la fin. Touchant et réussi, même quant a priori, on ne s’intéresse pas du tout à l’alpinisme !

 

 

 

Vents d’Ouest, juillet 2017, 89 pages, prix : 17,50 €, ISBN : 978-2-7493-0814-2

 

 

 

Crédit photo couverture : ©Lucy Mazel et éd. Vents d’Ouest

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