Les jardins d'Hélène

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Une année au lycée : guide de survie en milieu lycéen – Fabrice Erre

6 Juin 2014, 08:15am

Publié par Laure

Une année scolaire au lycée, vue par un prof d'histoire-géo, de la prérentrée des enseignants aux résultats du bac.

J'ai passé les 3/4 de l'album à le trouver empli de clichés caricaturaux allant finalement à l'encontre de l'humour attendu, et en le reprenant une semaine plus tard pour le finir, je me suis surprise à sourire aux épreuves de passage du baccalauréat et d'ajustement des notes lors des corrections.

Comme quoi, je n'étais peut-être pas dans le bon état d'esprit en le commençant.

 

A offrir à un élève entrant en Terminale pour tester son humour ?

Et entre adultes, attention au débat houleux qui rejaillira forcément sur les défauts de l’Éducation Nationale et la nonchalance prétendue des jeunes d'aujourd'hui.

 

 

Dargaud, avril 2014, 158 pages, prix : 17,95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Fabrice Erre et éd. Dargaud.

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7 Shakespeares, volumes 1 à 6 - Harold Sakuishi

16 Mai 2014, 13:26pm

Publié par Laure

7 Shakespeares, volumes 1 à 6 - Harold Sakuishi

Traduit du japonais par Thibaud Desbief

 

L’histoire commence par un long prologue : à Londres, en 1600, la pièce de Shakespeare, Hamlet, rencontre un succès populaire. Même la reine y goûte avec plaisir. Mais le théâtre est alors considéré comme un art vulgaire et entraîne des émeutes :

« Comte Cecil, nous ne pouvons plus hésiter par peur de froisser la reine. Le théâtre est un spectacle abject. Mettez les tous en prison et faisons-leur goûter au châtiment qui les attend en enfer. Comédiens, régisseurs, imprésarios, poètes, … Ne me dites pas que vous rechignez à tuer un écrivain… »

Au même moment dans une taverne, un homme dit être en possession du manuscrit non édité de la pièce et affirme que celui qui prétend être Shakespeare est un imposteur…

Au chapitre suivant, l’histoire revient en arrière, en 1587 à Liverpool dans le quartier de Chinatown. La jeune Li a un don particulier, celui de voir ce qui va se dérouler, ce qui cause bien des ennuis à sa famille et la met elle-même en danger. (Je n’en dis pas plus !). Le récit prend une tournure de roman d’aventure légèrement surnaturel que j’ai trouvé vraiment prenant, mystérieux et intriguant. Shakespeare réapparaît à la toute fin, pour entretenir plus encore le mystère et donner envie vraiment, de lire la suite.

Des personnages aux traits fins, très expressifs, une histoire envoutante, un très bon 1er tome !

 

Kazé éditions / coll.  seinen, avril 2012, 264 pages, prix : 9,99 €

Etoiles :

Crédits photos couvertures : © Harold Sakuishi et éd. Kazé.

 

 

Vol. 2

« the lost years ». Pendant sept années, à partir de 1585, on perd toute trace de Shakespeare. Nul ne sait vraiment ce qu’il a fait… Dans sa biographie, on les appelle « the lost years ». Pendant ce temps-là, en 1587, Lance Carter (qui deviendra Shakespeare, donc) et son ami Wallace ont recueilli Li. Elle se sent apaisée chez eux, même si elle ne comprend pas leur langue. Elle passe beaucoup de temps avec Mill, leur camarade, qui lui apprend l’anglais. Elle a des capacités étonnantes. Toujours aussi intrigante et mystérieuse, Wallace est persuadé que Li peut avoir une influence dramatique sur leur avenir. Pourtant, elle va les aider dans l’arnaque dont ils sont victimes auprès de leur patron, elle va écrire des textes poétiques qui inspireront Lance… « Cette fille cache en elle les traces d’un passé incroyable… et j’ai l’impression qu’elle est capable de conjurer un avenir tout aussi incroyable » dit Wallace.

Une impression de douceur ressort de ce volume essentiellement consacré à la jeune Li, au mystère qui l’entoure, et à la fascination qu’elle provoque auprès de ceux qui la fréquentent. Et son rôle dans l’écriture du futur Shakespeare ne semble pas anodin…

On n’attend qu’une chose : la suite de cette histoire toujours aussi captivante !

 

Kazé éditions / coll.  seinen, juin 2012, 215  pages, prix : 9,99 €

Etoiles :

Crédits photos couvertures : © Harold Sakuishi et éd. Kazé.

 

 

Vol. 3

« La douzième nuit »

Le tome démarre doucement sur le passé de Li, pour prendre plus d’ampleur et d’intrigue avec le duel théâtral de « la douzième nuit ». Lance prend un pari avec un auteur concurrent dont l’enjeu est l’amour d’une jeune femme, la belle Anette. Le perdant devra renoncer à Anette mais surtout, renoncer à écrire des pièces. Lance bien conscient de la qualité des textes de Li, est complexé par son manque d’éducation et se lance dans la lecture effrénée de toutes sortes d’ouvrages pour se cultiver.

Le tome 3 fait la part belle à l’importance du théâtre amateur dans la ville, et à ce qu’il régit implicitement : « La guilde des marchands de vin et celle des marchands d’aliments sont les deux corporations qui investissent le plus dans le théâtre… Elles sont rivales. Leurs pièces sont évaluées selon la puissance des applaudissements du public. Elles mettent en jeu le pain distribué par l’Eglise…. Parfois même elles jouent de l’argent. Elles se livrent un combat acharné. Nos pièces, celles de guilde des marchands de sel, n’ont jamais été plus applaudies que les leurs. C’est de la folie de les défier, Lance ! »

Alors, « laquelle de nos pièces sera la plus raffinée, et la plus brillante ? Laquelle sera vulgaire et décriée ? »

La compétition théâtrale a lieu, on est dans Shakespeare, vous vous doutez bien du gagnant, et pourtant, tout n’est pas si simple, notamment dans le sort d’Anette et le devenir de Lance, Wallace, Li et Mills.  « Épouser un être qui ne vous fait pas vibrer revient à mener une vie remplie de vide ».

Et si l’avenir de Lance et de ses amis était à Londres ? Et qu’en est-il de ce bracelet offert par Lance à Wallace gravé de noms qui ne sont pas les leurs ? Tous porteraient donc des faux noms ? (Pourquoi le futur Shakespeare s’appelle-t-il Lance Carter ?)

Intrigues, théâtre, rivalités, poésie, amours, secrets, humour et détente : nul doute, cette série est toujours aussi bonne, et je vais me plonger avec plaisir dans le tome 4 !

 

 

Kazé éditions : coll Seinen, septembre 2012, 266 pages, prix : 9,99 €

Etoiles :

Crédits photos couvertures : © Harold Sakuishi et éd. Kazé.

 

 

Vol. 4

 

Toujours aussi réussi ce tome 4 ! On se replonge cette fois réellement dans l’enfance de Shakespeare, l’ambition de son père à obtenir des armoiries, un rang social qui s’achète, avec son lot de magouilles. L’amitié de William avec John Combe, l’amour naissant entre Cathy Hamlet et John, le drame qui s’ensuit, sur fond de querelles religieuses, les protestants pourchassant alors les prêtres catholiques pour les torturer dans la fameuse tour de Londres… un tome très historique mais suffisamment scénarisé pour que ce soit toujours passionnant et agréable à suivre. Un volume qui s’arrête sur une histoire inachevée, qui ne peut qu’inciter à filer vers le 5ème !

 

Kazé éditions : coll Seinen, janvier 2013, 270 pages, prix : 9,99 €

Etoiles :

Crédits photos couvertures : © Harold Sakuishi et éd. Kazé

 

 

Vol. 5

 

Un tourbillon d’épreuves cruelles et injustes pour le jeune Shakespeare dans ce tome 5, c’est toujours aussi prenant !

Le jeune Shakespeare assiste aux messes secrètes de John Cottam, un jeune prêtre de Stratford, dont le frère a été arrêté et enfermé à la Tour de Londres pour ces mêmes raisons : la religion catholique est jugée dissidente, elle est donc combattue.

John Cottam est arrêté et emporté par une voiture aux armoiries représentants 3 grands brochets : celles du protestant Sir Thomas Lucy. Le même jour, il y avait dans la foule une jeune protestante : Anne Hathaway. John Cottam sera torturé et exécuté le 30 mai 1582.

Anne, enceinte d’un homme qui ne veut pas d’elle, monte un traquenard à l’encontre de Shakespeare : « mais le plus désagréable, c’était son rire moqueur, ce rire bestial qu’elle avait libéré tournait dans la tête de William Shakespeare… et s’accompagnait d’un grand regret » (p. 89-90). Le jeune homme est pris au piège d’une sombre manipulation, qui ne s’arrête pas là, il sera également victime d’un autre piège avec son ami John Combe… Sans trop en dire, les épreuves sont rudes dans ce tome, et tiennent le lecteur en haleine. Les dessins des scènes de sexualité, sensuels et vénéneux, traduisent bien les pensées secrètes des personnages (ou plus exactement leur réel dessein !) et apportent un nouveau cachet à l’histoire.

Une qualité d’ensemble qui ne faiblit pas, bien au contraire avec ce tome.

 

Kazé éditions : coll Seinen, mai 2013, ~200 pages, prix : 9,99 €

Etoiles :

Crédits photos couvertures : © Harold Sakuishi et éd. Kazé

 

 

Vol. 6

Emprisonnés dans les geôles de Sir Thomas Lucy pour un vol de cerfs qu’ils n’ont pas commis, Will et John ne peuvent s’expliquer comme ils le souhaiteraient. Au contraire, humiliés et rabaissés, c’est l’épisode qui va les convaincre de changer de vie. Bienvenue désormais à Lance et Wallace. La boucle est ainsi bouclée et l’on revient aux premiers tomes avec les personnages de Mill et Li. On comprend à présent pourquoi les personnages ont changé de nom et qui ils sont réellement.

Le tome insiste sur les questions de rang social et les persécutions des Catholiques, amenant ainsi le conflit entre Elizabeth et Marie Stuart, et la guerre entre l’Espagne et l’Angleterre.

Il vaut mieux lire les tomes dans la foulée afin de ne pas être trop perdu dans les personnages, la construction des 6 tomes se jouant des époques et des noms et étant assez riches de faits.  Ces 6 tomes forment un premier cycle, qu’on espère bientôt suivi d’un second cycle de 6 volumes, mais la série semble en pause au Japon pour le moment, il va donc falloir patienter. Dommage car on aimerait à présent pouvoir revenir davantage au théâtre qui nous occupait au tout début de la série, et qui nous laisse sur notre faim.

 

Kazé éditions : coll Seinen, nov 2013, 260  pages, prix : 9,99 €

Etoiles :

Crédits photos couvertures : © Harold Sakuishi et éd. Kazé

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Mamette, tome 6 : les papillons - Nob

12 Mai 2014, 13:25pm

Publié par Laure

Un nouvel album de Mamette, le 6ème, toujours aussi tendre et espiègle, peut-être un peu plus grave aussi : Mamette semble connaître les prémices d'Alzheimer, à moins que ce ne soit que quelques petites pertes de mémoire sans conséquence. Il n'empêche, son fils n'ose plus trop la laisser seule et l'héberge quelque temps.

 

Mamette se met aussi aux nouvelles technologies avec sa petite fille qui lui a offert un ordinateur portable pour rester toujours en contact : mais les réseaux sociaux et les photos numériques, ce n'est pas simple pour une vieille dame !

 

On fait aussi plus ample connaissance avec la mère de sa belle-fille, et on salive à l'échange de leurs recettes traditionnelles !

 

Un album familial toujours aussi séduisant, mais Mamette vieillit, ne nous l'enlevez pas tout de suite, cher auteur, c'est qu'on l'aime, nous !

 

Glénat, mars 2014, 48 pages, prix : 9,99 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Nob et éd. Glénat.

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Cœur de pierre – Séverine Gauthier (scénario) et Jérémie Almanza (ill.)

20 Février 2014, 09:46am

Publié par Laure

Un coup de cœur pour ce cœur de pierre !

Cet album BD emprunte à différents genres, se démarquant des cases habituelles (formats et découpages différents) et sans bulles : le texte poétique (il y a des rimes !) se rapproche du conte, récit à la troisième personne tout du long. Chaque illustration est un tableau en soi, riche de détails, d’ombres, de couleurs faisant sens avec le texte. On pense aussi inévitablement à l’univers de Tim Burton.

Qu’en est-il de l’histoire ? Un petit garçon nait avec un cœur de pierre : il ne connaîtra jamais de sentiments. « À dix ans seulement, il avançait voûté, sous le poids d’un cœur bien trop lourd à porter » (p. 6). Le même jour naissait une petite fille au cœur d’artichaut : « On n’avait jamais vu une enfant si heureuse. Elle passait son temps à tomber amoureuse » (p.10). Mais que de souffrance quand elle rencontrera le petit garçon au cœur de pierre qui par définition ne peut l’aimer ! Alors que tout près passe un petit garçon au cœur d’or….

 

Une histoire à la fois sombre et lumineuse, comme les illustrations et les couleurs qui en sont le miroir, un conte sur l’amour et la douleur des sentiments non partagés, sur l’attention à l’autre et la solitude : un album somptueux qui séduira tout le monde, enfants comme adultes, une valeur sûre que l’on relira assurément.

 

 

Delcourt jeunesse, mars 2013, 31 pages, prix : 9,95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Jérémie Almanza et éd. Delcourt

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Le chien qui louche – Etienne Davodeau

28 Janvier 2014, 14:48pm

Publié par Laure

Fabien est agent de surveillance au Musée du Louvre. Selon les plannings, il est en charge de telle ou telle salle, l’occasion pour le lecteur de profiter d’une belle visite !

Fabien est amoureux de Mathilde, plutôt indépendante, ils ne vivent pas ensemble, mais elle le présente tout de même à sa famille, le clan des hommes Bénion, père, grand-père et frères, artisans du meuble de père en fils dans une bourgade angevine.

Les préjugés sur le monde de l’art et le monde rural, sur la pénibilité ou le « sérieux » des métiers sont finement observés. Et Fabien n’est pas dans l’embarras quand sa belle-famille lui déniche une vieille toile du grenier et lui demande de la faire entrer au Louvre, histoire de consacrer l’aïeul qui a peint ce chien qui louche et de vérifier la bonne volonté du futur beau-frère à entrer dans la famille.

Mais ce n’est pas si simple, qui décide qu’une œuvre n’est pas une vulgaire croute ? Fabien n’est pas tiré d’affaire ! Il va pouvoir compter sur le soutien d’un fidèle ami du Louvre : Monsieur Balouchi, et sa société secrète …

J’ai aimé le dessin, tout de noir et nuances de gris, les traits des visages, très expressifs, l’observation du genre humain (les visiteurs d’un musée ne regardent plus les œuvres, ils regardent l’écran de leur appareil photographiant l’œuvre, il n’est pas rare de voir des nuées de bras levés, tendant un compact numérique ou un encombrant Ipad), j’ai moins aimé la tournure prise par le scénario, loufoque et tiré par les cheveux.

Mais la justesse des situations psychologiques l’emporte, non sans une pointe d’humour, et l’on prend bien du plaisir en passant à revisiter quelques sculptures du Louvre.

 

Futuropolis / Louvre éditions, octobre 2013, 135 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : ©Etienne Davodeau et Futuropolis / Louvre éd.

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Tonoharu – Lars Martinson

2 Janvier 2014, 07:56am

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Anne Cavarroc

 

Une belle édition soignée, beau format, beau papier, un bel ouvrage de qualité qui réunit ici les deux premiers tomes de ce roman graphique américain qui doit comporter quatre volumes.

Autant le savoir, car cela surprend quand en plein milieu de volume, l'auteur propose, entre la première et la deuxième partie, un résumé de la première partie. Le lecteur n'est quand même pas idiot au point d'avoir déjà oublié ce qu'il vient de lire ou de n'avoir rien compris à l'histoire pourtant simple : non, c'est juste que dans l'édition originale, la publication était en deux tomes.

 

Quid de l'histoire ? Dan Wells, étudiant de 25 ans, s'installe au Japon dans une petit ville, pour un contrat d'assistant en anglais dans un établissement scolaire. Le postulat est que le Japon est toujours rêvé par les étrangers, qui tomberont de haut et seront déçus quand ils seront confrontés à la réalité de leur expatriation. Hum... il faut dire que Dan ne fait pas beaucoup d'efforts : il est extrêmement seul, ne fait pas rien pour se lier avec d'autres (qui auront vite compris sa naïveté et l'utiliseront, notamment en lui empruntant de l'argent). Immaturité, solitude, barrière de la langue et de la culture, amours déçues, désespoir, dépression, je ne sais pas si ce dernier mot est trop fort, mais c'est vraiment ce qu'il en ressort à la lecture, qui en devient un peu déprimante ! On a bien envie de le secouer ce Dan !

 

Les planches sont toutes du même modèle : 4 cases de même format par page, noir, gris et blanc étant les seules couleurs. Cela en rend la lecture agréable et le rendu assez esthétique, un peu à la manière d'estampes anciennes. L'auteur explique d'ailleurs sa technique en fin d'ouvrage.

Dommage qu'il ne soit pas mieux précisé non plus qu'il s'agit d'un premier volume pour l'édition française, car le lecteur reste réellement sur sa faim en fin d'ouvrage ! Et le deuxième volume ne semble pas annoncé pour le moment, alors que celui-ci date de 2011 pour sa traduction.

 

 

Le lézard noir, mai 2011, 270 pages, prix : 23 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Lars Martinson et éd. Le lézard noir

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Undercurrent – Tetsuya Toyoda

16 Novembre 2013, 17:11pm

Publié par Laure

Traduit du japonais par Thibaud Desbief

 

Undercurrent, c’est un courant, quelque chose de sous-jacent, de sous-entendu, rappelle une définition du Collins en ouverture du livre. Et toute la finesse de ce manga se révèle en effet dans les non-dits, dans ce que perçoit le lecteur sans jamais avoir la garantie que cela se produira.

 

Kanaé dirige seule les bains publics hérités de son père depuis que son mari est parti sans laisser aucun message ou explication. Est-il parti pour quelqu’un d’autre, a-t-il eu un accident, avait-il des ennuis ? Nul ne le sait.

 

Après quelques mois de fermeture pour se remettre du choc, Kanaé rouvre l’établissement avec l’aide de sa tante et d’un employé envoyé par le Syndicat pour les seconder. S’il y a beaucoup de discrétion et de pudeur dans leurs échanges, ne seraient-ils pas attirés l’un par l’autre ? Mais les ragots vont déjà bon train dans la petite ville, point n’est besoin de les nourrir davantage. Avec l’aide d’une amie, Kanaé embauche un curieux détective privé, plutôt excentrique et hors-norme, pour tenter de retrouver son mari, tant il est difficile de rester dans l’ignorance et l’incertitude. Faut-il espérer son retour ou non ? Ce dernier guide sa réflexion dans ce sens : connaissait-elle vraiment son mari ? Connaît-on jamais celui qui vit au plus près de soi ?

 

Même si ce manga est bien antérieur au roman de Thomas B. Reverdy, les évaporés, paru en août dernier, il m’y a souvent fait penser : le roman de Reverdy évoque en effet le cas de ces Japonais qui disparaissent en toute liberté, sans être nécessairement recherchés, et qui peuvent ainsi changer de vie sans rendre de comptes à personne. On les appelle les évaporés, et c’est bien ce qu’est Satoru, le mari envolé.

 

Le manga est riche d’une intrigue qui évolue entre mystère à résoudre, sentiments latents, drames et souvenirs anciens qui rejaillissent, tout en étant parsemé de quelques notes d’humour, rien n’est triste ni sombre dans l’histoire. Mais ce fait sa beauté et sa réussite, c’est avant tout la timidité des sentiments qui transparaissent, ce « undercurrent » du titre. Les rebondissements sont nombreux et ce jusqu’à la dernière page, ainsi ce n’est pas non plus un récit purement intimiste.

 

Une belle lecture due au hasard d’une rencontre avec sa couverture dans une bibliothèque, et d’autant plus amusante que Véro l’a chroniqué sur son blog alors que je venais de l’emprunter la veille, un manga de 2008, on ne peut pas dire que ce soit une nouveauté ultra médiatisée ;-)

 

Éd. Kana, coll. Made in, 299 pages, septembre 2008, prix : 12,70 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Tetsuya Toyoda et éd. Kana

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Ouessantines – Patrick Weber (scénario), Nicoby (dessin)

26 Octobre 2013, 15:39pm

Publié par Laure

Après une séparation, Soizic veut changer de vie en ouvrant des chambres d’hôtes sur l’île d’Ouessant (justement nommées « le rêve de Soizic »), ce qui n’est pas du goût de sa mère : « contre l’idée d’aller [s]’enterrer sur une île au bout du monde pour faire un métier inintéressant, au service de clients désagréables et entourée de voisins arriérés » (p.4)

Ouessant, ça se mérite, et Soizic peine à se faire accepter des habitants, et surtout des femmes, les « Ouessantines » du titre. Les vieilles du village sont hostiles face à cette étrangère. Seule la vieille Marie sympathise avec elle. Quelques jours après, Marie se suicide. Quel secret cachait-elle et pourquoi a-t-elle confié à Soizic la responsabilité de vider sa maison ? Soizic va enquêter pour découvrir le secret de Marie…

Hélas quelque chose pêche au niveau du scénario, la réponse est assez peu crédible dans sa résolution, et la fin est banale et rapide, ce qui est dommage car l’histoire commençait vraiment bien. Côté dessin, j’ai eu un peu de mal avec les visages des personnages, surtout ceux des vieilles qui ont des traits très masculins.

Un dossier documentaire clôt l’album en expliquant un peu l’histoire et les traditions de l’île.

 

Vents d’Ouest, mai 2013, 126 pages, prix : 18,25 €

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Crédit photo couverture : © Nicoby et éd. Vents d’Ouest

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Jeu de gamins, tome 3 : les chevaliers – Mickaël Roux

23 Juillet 2013, 17:36pm

Publié par Laure

Jeu de gamins t3Après les pirates et les cow-boys, voici venu le temps des Chevaliers

Tout se passerait presque bien (il y a quand même quelques accidents de catapulte) s’il n’y avait toujours dans les parages une fille pour rabrouer leur liesse : on ne fait plus des châteaux forts de sable, mais des immeubles avec antenne TV, faut vivre avec son temps, et nul besoin de triple rempart si une fille vous fait peur en vous criant dans le dos ! (« t’es folle, ça se fait pas d’arriver par derrière, y a des règles de guerre à respecter ! »), une fille qui sait se faire princesse ou sorcière, selon ce qui intéresse nos trois garçons. Des chevaliers du Jedi, des crapauds princes charmants, des lézards dragons et des ours en peluche qui se transforment en grizzlis dans les cauchemars, ah ils ne manquent pas d’imagination nos zigotos ! Parfois la réalité se rappelle à eux (il faut faire ses devoirs !) mais ils ont encore du bon temps devant eux avec leurs jeux de gamins !

À savourer dès 7 ans et faire circuler en famille.

 

Bamboo éd., avril 2013, 46 pages, prix : 10,60 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Mickaël Roux et éd. Bamboo

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Ça n’a pas l’air d’aller du tout ! Olivia Hagimont (et Christophe André)

19 Juillet 2013, 08:53am

Publié par Laure

(ou comment les crises de panique me sont tombées dessus)

 

ça n'a pas l'air d'aller du tout !Olivia Hagimont est illustratrice, mariée et mère de deux enfants, la trentaine, une vie tout ce qu’il y a de plus normale. Quand soudain les crises de panique lui tombent dessus. Les vraies, ce trouble anxieux récurrent avec sensation de mort imminente, consultation des urgences et écart peu à peu de toute vie sociale pour éviter toute situation qui pourrait entraîner une nouvelle crise. Les attaques de panique sont une maladie bien connue des psychiatres, qui ont les remèdes adéquats (médicaments au départ, puis psychothérapie comportementale). (Les généralistes sont plus rares à faire immédiatement le diagnostic, on vous balade souvent de spasmophilie en tétanie en passant par stress et anxiété)

Bien sûr chaque cas est particulier et il ne sera pas forcément nécessaire de se faire interner volontairement en HP comme l’auteur pour s’en sortir, mais son ouvrage est excellent à plus d’un titre :

- il explique bien, clairement, et de manière juste

- il dédramatise et fait sourire

- la BD est sympa, scénario et dessins, tout se tient (ça donne envie d’aller voir ce qu’Olivia Hagimont a fait d’autre)

Ce qui est encore plus intéressant peut-être (la BD est un témoignage personnel), c’est la quinzaine de pages en postface rédigées par le médecin psychiatre Christophe André : il explique le mécanisme des crises, les façons de les gérer, de vivre avec, et de s’en débarrasser, ou du moins, de les accepter et de les maîtriser. Il écarte toutes les idées reçues et bêtises fréquemment entendues sur le sujet, et des pistes de lecture et de sites internet sont proposés en fin d’ouvrage pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin.

 

Un ouvrage qui allie humour, dédramatisation et explications simples, intelligentes et professionnelles.

A lire par tous ceux qui en souffrent, ou par leur entourage souvent démuni.  

 

Odile Jacob, mai 2012, 95 pages, prix : 14,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Olivia Hagimont et éd. Odile Jacob

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