Les jardins d'Hélène

polars - thrillers

Rupture - Simon Lelic

6 Janvier 2011, 15:15pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Christophe Mercier

 

rupture.jpgÇa commence comme un sombre fait divers : un jeune enseignant ouvre le feu en pleine réunion, tue trois élèves et un enseignant, avant de retourner l’arme contre lui. Drame de la vie moderne comme on semble en voir de plus en plus aux infos, diront certains. L’affaire est claire : le meurtrier est identifié, et il s’est donné la mort. Ce n’est pas l’avis de Lucia May, enquêtrice qui essaie de comprendre pourquoi Samuel Sjajkowski, ce jeune prof d’histoire, en est arrivé là. Et ce qu’elle va entendre (le roman est pour beaucoup constitué de transcriptions d’auditions de témoins, livrées telles quelles, dans leur expression naturelle proche de l’oralité et propre à chaque personne interrogée), ce qu’elle va entendre donc, fait froid dans le dos. Harcèlement, acharnement, persécution, on ne peut qu’avoir envie de se révolter pour faire entendre la vérité. Mais que faire quand un chef d’établissement étouffe et couvre les faits pour ne pas faire de vagues, histoire de ne pas manquer de subventions ?

Parallèlement à l’enquête que ses supérieurs tentent tout autant d’étouffer au plus vite, c’est la situation de Lucia qui est mise à jour, entourée dans son quotidien professionnel de collègues et d’un supérieur tous misogynes, qui n’hésitent pas à user d’intimidation et d’atteintes sur sa personne.

Des faits « divers » proprement abominables qui dénoncent à quel point également notre société va mal, à travers la violence scolaire et des subversions intolérables. Pour son premier roman, Simon Lelic a frappé très fort !

 

Ils l’ont aimé aussi :  Hannibal le lecteur, Ankya, Yv, mlle curieuse, …

 

Ed. du Masque, avril 2010, 304 pages, prix : 19 €

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Crédit photo couverture : © WE-WE et éd. du Masque

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Trahie - Karin Alvtegen

17 Novembre 2010, 08:07am

Publié par Laure

 

Traduit du suédois par Maurice Etienne

 

trahie.jpgEva sent bien que son couple commence à battre de l'aile, alors quand elle interroge son mari sur leur avenir, celui-ci ne trouve pas d'autre réponse que « je ne sais pas ». Très vite, elle s'aperçoit qu'il entretient une liaison, et quand elle découvre avec qui, trahie, humiliée, elle imagine la pire vengeance...

Parallèlement, en chapitres alternés, le lecteur suit Jonas, qui se rend chaque jour au chevet d'Anna, son amoureuse, hospitalisée dans un état de coma avancé.

 

Au cours des premiers chapitres, j'ai eu le sentiment d'être dans un roman sentimental, à me demander si je ne m'étais pas trompée d'auteur... Et puis l'on se doute bien que les deux intrigues sans lien apparent vont se rejoindre (l'exercice est rôdé), et dès lors, la tension monte de façon perceptible. On est bien dans un page-turner machiavélique, sans meurtre apparent et sans bain de sang, mais au déroulement et à l'analyse psychologique très efficace. La fin est terrible, emprisonnant le lecteur dans un aboutissement logique mais insupportable. On referme le livre avec le besoin de prendre l'air, et de passer à autre chose, vite, tout en étant forcé de reconnaître que sur ce dénouement, l'auteur est sacrément douée.

 

D'autres romans de l'auteur :

- Honteuse

- Recherchée 

 

Plon, octobre 2005, 258 pages, prix : 18 €

Existe en poche, Points Policiers, 2007, 309 pages, prix : 7 €

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Crédit photo couverture : éd. Points / Seuil.

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Mortelles voyelles - Gilles Schlesser

18 Août 2010, 18:27pm

Publié par Laure

 

« Un Français qui a fait une petite merveille, intelligent et brillant » sont les mots de Gérard Collard, libraire à la Griffe Noire, qui m'a fait découvrir ce polar (par émission de télé podcastée interposée) : je ne serai pas aussi enthousiaste que lui, je ne crie pas au chef d'oeuvre, mais intelligent et brillant, assurément. Un polar littéraire, érudit mais pas ennuyeux, bourré de références, et qui sort des page-turner habituels, c'est vrai que ça ne court pas les rues.

mortelles-voyelles.jpgQuid de l'intrigue ? Oxymor Baulay (beau/laid, c'est un oxymore, vous savez « cette obscure clarté qui tombe des étoiles », etc.) est journaliste, et prépare un reportage papier sur les SDF. Pour cela, il s'immerge dans leur milieu et sympathise avec Vaïda, « le dernier roi des Gitans », qui en échange d'une cartouche de cigarettes, lui file un vieux manuscrit trouvé dans le fond d'une valise. Quand Oxymor réalise que ce manuscrit est un sacré polar qui raconte des meurtres assez atroces, selon un principe assez étonnant (les voyelles de Rimbaud, le manuscrit s'appelle « A noir », toutes les voyelles y passent, sauf le y qui est étonnamment absent et remplacé par un i, de même le verbe être n'est pas dans le texte), et que ces meutres ont réellement eu lieu trente ans plus tôt par un serial killer jamais arrêté qui se faisait appelé Hamlet, il est plus qu'intrigué. Il confie le manuscrit à un ami éditeur, et en route pour le montage d'un Goncourt ultra médiatisé. Quelques nouveaux meurtres se greffent sur l'affaire, l'enquête prend des détours par une association oulipienne pour analyser la construction du texte pour essayer d'en trouver l'auteur... Intéressant, vraiment !

Je n'ai pas eu le courage de sortir mon dictionnaire à chaque nouvelle figure de rhétorique énoncée (souvent accompagnée d'un exemple), mais ça m'a plutôt amusée comme procédé. Le héros est un peu paumé dans sa vie, entre deux ou trois femmes et sa solitude, il connaît Paris comme sa poche (je ne connaissais pas les éditions Parigramme, voici la politique de leur collection Polar noir 7.5 : « Noir 7.5 est une nouvelle collection de polars marquant les premiers pas de Parigramme dans la fiction. Sans s’éloigner de son territoire de prédilection – on ne se refait pas ! Paris, donc, mais un Paris d’aujourd’hui. Un Paris qu’on reconnaisse et non la toile de fond intemporelle d’un décor qui n’aurait guère changé depuis Nestor Burma. (...) Une exploration tambour battant du Paris actuel, avec ses tensions et ses zones d’ombre, dans tous les genres du roman noir. Une collection dirigée par Olivier Mau. ») Plus d'infos sur cet éditeur : ici

 

Un roman noir vraiment bien fichu, original, innovant, qui fait la part belle imaginaire aux jeux contraints d'écriture des oulipiens, imaginaire seulement car hélas, on n'a jamais d'extraits du manuscrit, et il est vrai qu'alléchés par l'enquête de Baulay, on aimerait réellement s'y plonger. Ne vous y méprenez pas, ce n'est pas non plus un polar purement intello : c'est très facile à lire, gouaille parisienne et ironie critique d'un certain milieu germanopratin, des propos parfois très « oralisés » ou un peu crus, on n'est pas du tout dans le snobisme.

Ah et puis je sais pourquoi ce polar plaît tant à Gérard Collard : il y a un beau passage sur son graaaannd ami Marc Lévy (si vous connaissez un peu Collard, vous savez qu'il ne peut pas faire une émission sans sortir dix méchancetés vérités sur Marc Lévy) :

p. 23 : « Maurice sirote son Banania à même la boîte. Un écrivain, le pépé ? Sans blague. C'est pas tout le monde qui peut être Marc Lévy. Faut savoir écrire. Avoir des idées qu'ont pas été pensées avant. Comment c'était déjà ? Ah oui : « Et si c'était vrai... » Trop beau. S'il était pas un homme, il en aurait pleuré. Non mais ! Qu'est-ce qu'il se croit le vieux ? »

 

Un coup de coeur de Gérard Collard, de la Griffe Noire

 

Parigramme, mai 2010, 264 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : © Stéphane Lenglet et éd. Parigramme

 

 

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Sukkwan Island - David Vann

29 Avril 2010, 15:10pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Laura Derakinski

 

sukkwan-island.jpgIl n’est plus guère utile de présenter ce livre tant il a fait parler de lui à sa sortie en janvier 2010, et quand je l’ai abordé, je savais à peu près ce qu’on en disait partout : inoubliable, bouleversant, noir, dérangeant, un renversement de situation vers le milieu du livre, incroyable, le truc qui fait dire que c’est un grand roman. Voilà ce que j’en avais entendu.

 

C’est donc (on va faire bref) l’histoire d’un père (Jim) qui emmène son fils de 13 ans (Roy) sur une petite île au Sud de l’Alaska (Sukkwan Island, donc), pour y faire un break loin de toute agitation, réapprendre à se connaître l’un l’autre (divorcé, Jim ne voit plus guère son fils), et vivre simplement au plus près de la nature. Une fois déposés par un hydravion avec quelques vivres de base, c’est parti pour l’aventure de nos deux Robinson sur leur île.

 

On suit donc leurs péripéties quotidiennes : chasser et pêcher pour se nourrir, construire un fumoir et une réserve pour l’hiver, stocker du bois pour le feu, etc. Dieu que c’est long et barbant. La chasse et la pêche, ça va bien cinq minutes, mais je commençais à m’ennuyer ferme. Je commençais même à me demander si je n’avais pas loupé le renversement extraordinaire tant annoncé, parce que j’avais atteint la moitié du livre et rien vu d’exceptionnel sinon un père paumé, qui n’a pas vraiment préparé son truc, et qui serait plutôt dépressif sévère. J’ai hésité à abandonner mais quand même, il fallait que je le trouve, le point renversant de cette deuxième partie. Effectivement on ne peut pas le louper : soyez prévenus, il se produit page 113, tenez au moins jusque là. A partir de là, oui c’est logique, ça tient la route, une route qui s’assombrit et qui devient parfois pénible à lire (cette fois dans ses descriptions horribles) mais voilà, je ne peux pas crier au chef-d’œuvre parce que ce que j’en retiens surtout, c’est l’ennui préalable, la longueur répétitive de la première partie, et puis finalement, on se doute bien que ça ne peut finir que comme cela, une deuxième partie dans la logique des choses. Est-ce si extraordinaire que cela, si dérangeant que cela?

Les avis sont partagés sur ce roman (entre la grande majorité qui a beaucoup aimé, et ceux qui n'ont pas aimé, soit parce qu'ils l'ont trouvé trop glauque, soit parce qu'ils se sont ennuyés), et je fais de toute évidence partie de ceux qui n’en resteront pas si marqués que cela !

 

Ed. Gallmeister, coll. Nature writing, 191 pages, prix: 21,70 €

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Crédit photo couverture : © Bill Curtsinger / National Geographic / Gettyimages / et éd. Gallmeister

 

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La ligne de sang - DOA

26 Avril 2010, 20:35pm

Publié par Laure

ligne-de-sang.jpgMadeleine Castinel n’en peut plus de son amant, Paul Grieux, trop souvent alcoolisé,  violent et exigeant avec elle, squattant un peu trop son appart’ à son goût. Elle préfère rompre et lui demande de lui rendre ses clés. C’est semble-t-il en sortant de chez elle que Marc Grieux a un accident de moto et sombre dans le coma. Priscille Mer et Marc Launay, du SRPJ de Lyon, vont enquêter sur ce qui n’est en apparence qu’un banal accident de la route, doublé quand même d’une étrange disparition, car Madeleine reste introuvable.

Et puis peu à peu, on bascule dans l’enfer. Un monde sombre de magie noire, d’occultisme, de pédophilie, de violence extrême, un monde dont il est souvent difficile de cerner les limites entre hallucinations ou fantastique. L’intrigue est très prenante, on est complètement happé par le récit (j’ai avalé les 650 pages en moins de 48h), et plus on approche de la fin, plus cela devient carrément flippant. A ne pas lire le soir juste avant de s’endormir !

Mieux vaut prévenir les âmes sensibles, certains passages sont vraiment insoutenables. Pour autant, ils ne sont pas gratuits, ils tiennent totalement aux personnages mais l’horreur à peine dicible découverte par les deux policiers est difficilement supportable.

C’est un roman que j’ai découvert grâce au partenariat Blog-O-Book et Folio policier, et pour ma première participation, c’est une réussite, je suis très tentée d’aller jeter un œil aux autres romans de DOA ! Il faut dire qu’avec un tel pseudonyme (DOA signifie Death on arrival), on pouvait en effet s’attendre à une telle noirceur humaine. Mais quand elle est au service d’une intrigue très maîtrisée (et bien documentée), on en redemanderait presque…

 

Folio policier, mars 2010, nouvelle édition revue par l’auteur, 644 pages, prix : 8,20 €

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Crédit photo couverture : © Zir / Signatures et éd. Gallimard

 

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Un pour deux (la trilogie Twain tome 1) – Martin Winckler

5 Mars 2010, 16:01pm

Publié par Laure

un pour deuxRené et Renée, jumeaux que tout oppose dans leur caractère, tiennent une agence de protection rapprochée, l’agence Twain Peeks. (Toute allusion à une série télé est bien sûre autorisée). Ils vont se trouver mêlés à des meurtres, des magouilles, des enquêtes, et nous étonner en même temps par leur très déroutant secret.

Ce premier volet de la trilogie Twain est foisonnant : c’est bourré de clins d’œil et de références, j’avoue, côté enquête policière, la construction morcelée, différents locuteurs,  je me suis un peu perdue, mais ça ne m’a pas gênée, parce qu’au final, ça ne me semble pas être l’essentiel. Winckler s’amuse, et nous avec (et encore, je n’ai sans doute pas perçu toutes les allusions, n’étant pas, contrairement à l’auteur, une pro des séries télé américaines.)

On retrouve également tout ce qui fait le corps de ses autres romans : la fidèle ville de Tourmens (qui a ici des allures plus parisiennes que l’ordinaire mix Tours/Le Mans) qui déborde de caméras de surveillance, administrée par un maire petit et nerveux, Francis Esterhazy, ancien policier, dont l’épouse Clara Massima est une ancienne mannequin (ah bon, ça vous dit quelque chose ? mais non, c’est de la fiction !), les avortements clandestins, les trafics de laboratoires pharmaceutiques, les interventions chirurgicales illicites, ... bref si vous connaissez un peu les romans de Winckler, vous y retrouverez plein de sujets déjà abordés par ailleurs.

L’intrigue et le livre sont construits de façon complexe, avec beaucoup de ramifications, on touche un peu à tout, dans tous les sens, au policier, au fantastique, aux épisodes de séries télés et aux classiques du cinéma, c’est presque trop riche et trop fouillis, mais au final c’est un livre de détente, presque un jeu, je n’ai pas du tout les mêmes exigences que j’ai d’ordinaire pour un roman… Je me laisserai volontiers tenter par les deux tomes suivants (déjà parus), à prendre comme une récréation entre deux autres lectures.

 

Le livre présenté par l’auteur lui-même : ici

 

Calmann-Lévy, coll. Interstices, mars 2008, 280 pages, prix : 17,90 €

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Crédit photo couverture : © Nejib Belhadj Kacem et éd. Calmann-Lévy

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Dans les bois - Harlan Coben

7 Janvier 2010, 07:41am

Publié par Laure

Je crois que j'ai un problème avec Coben, auteur de thrillers idôlatrés la plupart du temps, mais non vraiment, je persiste à trouver ça très moyen, mal écrit, facile et peu novateur.

J'avais lu son premier « ne le dis à personne », je ne retrouve pas mon commentaire, (sinon Amazon qui a enregistré mon 3 étoiles/5), ce qui est certain, c'est que Guillaume Canet en a fait une adaptation cinématographique bien meilleure.


dans les boisMais revenons à mon deuxième essai de lecture de cet auteur :

Présentation de l'éditeur : (oui, je n'ai même pas le courage de résumer moi-même)

« Eté 1985, New Jersey. Paul Copeland est animateur d'un camp de vacances à la lisière des bois. Une nuit, il abandonne quelques heures son poste. Quatre jeunes en profitent pour s'éclipser, dont sa sœur, Camille. On ne les reverra plus. Seuls deux corps seront retrouvés. On attribuera leur mort à un tueur en série qui sévissait dans la région. Vingt ans plus tard. Paul est devenu procureur. Alors qu'il plaide dans une affaire de viol, il est appelé à identifier un corps. Stupéfait, il reconnaît formellement Gil ferez, un des disparus. Pourquoi les parents de Gil s'obstinent-ils à nier son identité? Et si Gil a été en vie tout ce temps, se pourrait-il que Camille le soit aujourd'hui? Bien décidé à faire la lumière sur le drame qui n'a jamais cessé de le ronger, Paul va replonger dans les souvenirs de cette terrible nuit... »


Dans les bois se veut un page-turner formaté facile à lire : beaucoup de dialogues, chapitres courts, intrigues qui s'entrecroisent, révélations finales qui se bousculent et se démultiplient dans les toutes dernières pages, peu crédibles ou grotesques dans ce titre-ci, bref, ce sont près de 500 pages souvent répétitives et qui n'ont pas réussi à me captiver plus que cela. Je suis allée au bout histoire de connaître la fin, mais sans enthousiasme, et au final, cela m'a semblé bien long pour pas grand-chose...


Pocket, mars 2009, 490 pages, prix : 7,80 €

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Crédit photo couverture : éd. Pocket

 

 

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Le contrat - Donald Westlake

28 Décembre 2009, 22:00pm

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Daniel Lemoine.


le-contrat.jpgEn plein divorce houleux et financièrement éprouvant, Bryce Proctorr, écrivain célèbre et à succès, peine à fournir un nouveau manuscrit à son éditeur. Wayne Prentice, lui, va bien en amour, écrit toujours des romans, mais sa notoriété n'est plus aussi bonne depuis que ses livres se vendent mal, et son éditeur ne veut plus le publier. Que vont donc faire deux écrivains dont l'un a un éditeur mais pas de roman et l'autre un roman mais pas d'éditeur ? Passer un contrat bien sûr ! C'est l'offre que va faire Bryce Proctorr à son « collègue » : publier son manuscrit sous son nom, en partageant le copieux à-valoir. Il y a tout de même une clause inattendue au contrat : Wayne devra tuer l'embarrassante femme de Bryce.


Et le lecteur plonge dans un univers noir mâtiné d'humour, où les choses semblent aller d'elles-mêmes, sauf dans les réactions des auteurs.... Dès lors s'amorce un renversement que l'on sent venir et qui n'offre au final que peu de surprise. Malgré une première partie très prenante et assez instructive sur les ventes de romans aux Etats-Unis, on espère davantage de l'intrigue et reste donc un peu dans l'attente. Mais le rythme est prenant, on avance donc vite quand même !


C'est le premier roman que je lis de Westlake, décédé au début de l'année 2009. Il y a un paquet d'autres titres à découvrir, c'est une bonne chose ! Et je découvre également dans les pages liminaires que l'auteur a publié aussi sous le pseudonyme de Richard Stark, de quoi faire sourire quand on repense à l'intrigue et à la stratégie de Wayne Prentice pour renaître vierge de tous chiffres de ventes !


Les avis d'Amanda, et de Cuné


1ère publication en 2000.


Rivages / Noir, novembre 2007, 315 pages, prix : 8,40 €

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Crédit photo couverture : Pix, et éd. Rivages.

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Ténébreuses - Karin Alvtegen

27 Octobre 2009, 17:55pm

Publié par Laure

Si j’avais beaucoup aimé les romans noirs de Karin Alvtegen jusqu’à présent (voir Honteuse et Recherchée), autant le dire tout de suite, celui-ci m’a un peu déçue. Peut-être pas le bon moment pour le lire, tout simplement. Car si l’on est toujours dans le roman noir psychologique, je l’ai trouvé plus fouillis que les autres, je me suis un peu perdue d’un soir sur l’autre dans les personnages et les allers-retours passé / présent. C’est pourtant ce qui donne du ressort et de l’intérêt à l’intrigue, mais pour moi ça fonctionne moins bien avec celui-ci.

Le roman s’ouvre sur l’abandon d’un enfant dans un jardin public. Puis saut dans le temps, une femme décède, Gerda Persson, 92 ans passés. Apparemment, aucun rapport. Sans famille, c’est à Marianne Folkesson, employée par les services sociaux, qu’il appartient de retrouver des proches pour organiser les funérailles et donner ses biens. Des romans saccagés d’un certain Axel Ragnerfeldt, prix Nobel de Littérature, retrouvés dans le congélateur de Gerda sont une première piste. Gerda a en effet travaillé pendant des années dans sa famille comme employée de maison. Et peu à peu, ce sont de sordides secrets de famille qui remontent à la surface, qui s’emberlificotent sur deux générations, et détruisent tout sur leur passage.

Au final, c’est quand même assez brillant, retors, bien construit, mais non, ce n’est pas mon préféré de l’auteur. Comme toujours chez Karin Alvtegen, la psychologie des personnages est complexe et bien travaillée, les rapports de couple et de génération père / fils prennent une grande place dans ce livre, les apparences sont trompeuses, le sordide (dans la manipulation des relations) n’est pas loin, c’est peut-être le rythme qui est moins prenant ici… Mais ça reste pas mauvais du tout !

 

L’avis mitigé d’Ys, que je rapprocherais du mien, et celui de Cuné, qui l’a trouvé vraiment très bien ! 

 

Ed Plon, coll Roman noir, fév. 2008, 314 pages, prix : 20 €

Existe en poche, 7 euros.

Etoiles :

Crédit photo couverture : éd. Points Seuil.

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L'enfant sans nom - Amy MacKinnon

9 Août 2009, 06:52am

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Carine Chichereau

 

Clara exerce le métier de thanatopractrice, souffrant d’un lourd passé, elle est solitaire et tout entière dévouée à son métier. L’embaumement des morts et leur embellissement pour leur dernière rencontre avec leurs proches sont toute sa vie, avec sa passion pour les fleurs, qu’elle cultive avec dévouement et dont elle connaît la signification secrète pour chaque espèce.

Sa routine se voit bouleversée par l’arrivée d’une petite fille, Trecie, qui vient jouer régulièrement dans le funérarium, drôle de choix pour une enfant ! De même une enquête ancienne va se rouvrir et une affaire de pédophilie remonter à la surface. Clara se trouve bien malgré elle au cœur de l’enquête.

 

Je ne suis pas aussi enthousiaste que les lecteurs dont j’ai pu lire les avis sur la blogosphère. (cf liens plus bas). J’ai trouvé ce roman assez long, lent et ennuyeux pour le peu qui s’y passe.

Dès le début me sont revenus les souvenirs de mes premières (et anciennes !) lectures de Patricia Cornwell et Mary Higgins Clark : en lieu et place de Scarpetta, médecin légiste qui nous gratifiait de descriptions détaillées d’autopsies, on a Clara, thanatopractrice qui nous décrit longuement comment elle vide les corps de leurs fluides et les remplace par des produits conservateurs, puis comment elle habille, coiffe, maquille, etc. Mary Higgins Clark, pour la pseudo histoire d’amour, car même si c’est moins glamour chez Amy MacKinnon, on devine gros comme une maison le sentiment réciproque qui naît à l’apparition de Mike dans l’enquête.

Les personnages sont intéressants, mais l’intrigue l’est moins. Elle patine aussi, manque d’entrain. La fin qui s’étire sur une bonne dizaine de pages est insupportable d’ennui et de longueur. Tout est convenu et attendu, donc je suis déçue, oui !

 

Les lectures de Clarabel, Fabienne, Joachim

 

Fleuve noir, avril 2009, 290 pages, prix : 18,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : ©Kamil Vojnar / Getty Images et éd. Fleuve noir

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