Les jardins d'Hélène

polars - thrillers

La veuve - Fiona Barton

17 Janvier 2017, 20:22pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Séverine Quelet

 

La veuve - Fiona BartonJuin 2010. Kate Waters, journaliste au Daily Post, rend visite à Jane Taylor, « la veuve » harcelée par la presse. Son mari, Glen, est décédé trois semaines auparavant, renversé par un bus.

« Je ne pouvais tout de même pas leur avouer que j'étais heureuse qu'il soit mort. C'en était fini de de ses bêtises. »

 

Ses bêtises, comme elle dit, ce sont les faits de pédophilie pour lesquels il a été accusé en 2006. La petite Bella Elliott, 2 ans, a été enlevée alors qu'elle jouait dans son jardin, échappant quelques instants au regard de sa mère. C'est le policier Bob Sparkes qui s'est chargé de l'enquête. Très vite les soupçons se sont portés sur le mari, Glen Taylor.

 

Le roman va donc partir chronologiquement de la fin et alterner temps présent et retours en arrière, donnant tour à tour la parole à la veuve, à la journaliste, au policier, à la mère de la petite Bella, etc. L'enquête sera rouverte à un moment, montrant combien la première avait été bâclée.

 

La veuve est un polar psychologique qui veille à présenter les points de vue de chacun pour démêler le vrai du faux et dévoiler ce que savait en réalité ou non « la veuve ». Peut-on réellement ignorer ce que fait son conjoint ? Ne se voile-t-on pas la face volontairement ?

 

L'idée et la construction sont intéressantes mais manquent hélas un peu de dynamisme par moments, se révélant aussi assez peu crédibles (bâcler une enquête à tel point quand on voit les questions pourtant évidentes présentées lors de la réouverture?)

 

L'écriture est simple, trop peut-être, avec parfois une phrase bancale (maladresse de traduction ? : « c'est à cause du lait entier que Glen insiste pour qu'on achète »), on va au bout,curieux de connaître la vérité de la veuve, mais au final il ne restera pas grand-chose de ce premier roman qui n'échappe pas à quelques faiblesses. Intéressant toutefois de voir le pouvoir de la presse quand c'est plutôt à la police et à la justice qu'on devrait avoir affaire...

 

Fleuve éditions, janvier 2017, 416 pages, prix : 19,90 € (13,99 € en numérique)

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Getty Images et Fleuve éd.

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Maestra – L.S. Hilton

23 Mai 2016, 17:53pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Laure Manceau

 

Maestra - L.S. HiltonJudith Rashleigh est diplômée en arts et travaille pour une société de vente aux enchères de toiles de maîtres. Exploitée par son patron qui n'est pas très franc du collier, sous-payée, elle se trouve une activité secondaire dans un bar à hôtesses, sous le nom de Lauren. Elle prend goût à l'argent ainsi gagné et ne renie pas son plaisir.

 

Toutefois, gare à celui qui se met en travers de son chemin ou se moque d'elle, elle a le meurtre facile.

C'est parti pour des aventures brassant des sommes d'argent monumentales, et des parties fines sans limites à travers la France, la Suisse, et l'Italie.

 

Il faut bien cent pages avant que l'intrigue commence réellement, et la partie centrale est insupportable de name-dropping de marques de luxe de haute couture, de prêt-à-porter et autres sacs et chaussures, à croire que celles-ci ont financé pour partie l'édition de cet ouvrage.

 

Soyons honnête, il n'y a rien de réaliste ni de crédible dans cette histoire, c'en est même parfois si grotesque que ça en devient comique. Survendu sans aucun doute sur des relents sulfureux, il y a bien quelques scènes érotiques sans tabou mais pas tant que cela non plus. Je peine davantage à comprendre la publication sous le label « La bête noire », qui a fait ses preuves en matière de bon polar.

 

Une lecture détente pour les journées d'été au bord de la piscine, où l'argent et l'impunité coulent à flots, où une femme est maître en tous domaines, qui a le mérite de s'éloigner des mièvreries doucereuses de fifty shades, mais qui n'en reste pas moins risible. Plus c'est gros, plus ça passe, dit-on. Un bon phénomène d'édition qui préfère le buzz au talent.

 

Je vous laisse un exemple d'élégance : p. 107 : « Heureusement que les filles sympas avalent toujours : au moins, il n'y aurait pas de trace de mon ADN sur les draps. »

 

 

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Robert Laffont (La bête noire), mars 2016, 371 pages, prix : 18,90 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Jet Purdie et éd. Robert Laffont

 

 

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Un souffle, une ombre - Christian Carayon

14 Avril 2016, 19:53pm

Publié par Laure

Un souffle, une ombre - Christian CarayonÉté 1980, dans un village du sud du Massif Central. Quatre amis, deux filles, deux gars, jeunes adolescents, obtiennent la permission de leurs parents d'aller camper sur l’îlot du lac de basse-Misère. Ils seront de retour le lendemain matin à 10h, promis juré. Le lendemain, c'est une vraie boucherie que les parents découvriront, une seule survivante, dans le coma puis atteinte à vie au point de ne pouvoir parler, et les trois autres enfants assassinés et atrocement mutilés.

 

Marc-Edouard Peiresoles, professeur d'histoire à l'université de Toulouse, avait 10 ans à l'époque, et ce drame l'a marqué énormément, une peur insidieuse profondément ancrée en lui pendant de longues années. Même si un homme a été arrêté, certains le pensent innocent, et Marc-Edouard va se replonger dans l'enquête avec notamment l’abondante documentation d'un journaliste de l'époque.

 

Le prologue annonce la fin du roman (ou du moins le pense-t-on à ce moment-là), il s'agit donc d'un whodunit classique, où on va dérouler les éléments pour arriver au résultat : pourquoi et comment ?

 

Le récit est à la première personne quasi tout le long, et s'attache à décrire avec précision les lieux, les personnages, les intrigues secondaires (la vie universitaire et amoureuse du personnage principal). Si c'est intéressant et bien construit, ça n'en est pas moins interminablement long. J'ai failli abandonner ma lecture, et me suis accrochée parce que d'autres lecteurs annonçaient une deuxième moitié plus dynamique. Roman d'atmosphère, qui prend son temps, trop sans doute. On est tenté de survoler, on ne sait plus trop qui est qui, et le ressort tant attendu semble un peu sorti de nulle part. Soudain à la 3ème personne, il vient casser le rythme mais soit j'ai lu trop vite ce qui précédait, soit je n'ai pas compris comment Marc-Edouard en arrivait là, à ce récit extrêmement précis des faits. Comme il rétorque à un professeur qui met en cause ses théories sur la morale des soldats pendant la guerre 14-18, quand on n'a pas de documents l'attestant, on imagine.

Cette fin est-elle satisfaisante pour autant, que remet-elle en cause si ce n'est la paix intérieure retrouvée du narrateur ?

 

Si l'ensemble est bien fait malgré tout, je ne peux que regretter mon ennui à la lecture, mon envie de sauter des pages, de secouer le coco comme dirait … Au moins je ne peux lui reprocher cette surenchère de rebondissements tous plus invraisemblables les uns que les autres que je trouve souvent dans les thrillers contemporains, mais on est ici un peu à l'autre extrême. Dommage.

 

 

Fleuve noir, avril 2016, 552 pages, prix : 20,90 € (14,99 en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture (fort jolie d'ailleurs) : © éd. Fleuve noir

 

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Surtensions - Olivier Norek

5 Avril 2016, 15:10pm

Publié par Laure

surtensionsJe découvre Olivier Norek avec ce titre (qui est son 3ème polar publié) et c’est une très bonne surprise. Le polar est prenant (normal jusque là !), bien construit, et une fois n’est pas coutume, on n’est pas dans la surenchère du super héros qui s’en sort par un twist sorti de nulle part.

 

L’intrigue est fouillée, imbriquée, et composée de 5 grandes parties qui forment presque chacune un roman indépendant. La première partie s’ouvre sur une description du monde carcéral qui fait froid dans le dos, mais qui est tout à fait proche de ce que l’on peut voir dans un reportage télé. L’affaire du clan corse commence réellement dans la deuxième partie, et prend le temps de développer des sous-intrigues brillamment rattachées à l’ensemble.

 

Le récit est hyperréaliste, on croirait suivre une équipe de flics, jusque dans les rapports hiérarchiques, les relations personnelles compliquées en raison de l’investissement professionnel, etc.

 

Norek est un nouveau grand nom du Polar, à suivre sans hésiter pour les amateurs du genre.

 

Michel Lafon, mars 2016, 511 pages, prix : 19.95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Michel Lafon

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Tout ce qu'on ne s'est jamais dit - Celeste Ng

28 Mars 2016, 17:06pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Fabrice Pointeau

 

Tout ce qu'on ne s'est jamais ditLydia Lee, 16 ans, a disparu. Il faudra peu de temps aux enquêteurs pour la retrouver noyée au fond d'un lac. Que s'est-il passé ? Suicide ? Meurtre ? A vrai dire peu importe tant ce n'est pas ce qui occupe le roman, même si l'on aura bien évidemment la clé à la fin tout de même.

 

Ce qui m'a sans doute vraiment déçue dans ce livre, c'est que je m'attendais à un polar (une disparition et un décès amenant à une résolution du mystère ?), alors qu'il s'agit avant tout d'un drame psychologique. Les non-dits d'une famille, ou les attentes exagérées que des parents peuvent reporter sur leurs enfants, consciemment ou non, et les dégâts que cela produit à l'adolescence.

 

Tous sont cabossés dans cette famille : la mère, Marylin, au foyer alors qu'elle rêvait d'être médecin et qu'elle en fait le vœu de sa fille Lydia, le père, James, professeur d'université qui a toujours souffert de sa difficulté à s'intégrer, de par son origine chinoise, et la fratrie métissée, Nath, le grand frère qui ne rêve que de partir dans une grande université mais que Lydia veut retenir, et la petite sœur Hannah, invisible aux yeux de tous...

 

De suspense et d'enquête, point. Mais des retours en arrière à foison, sur le passé des parents et la vie des enfants, leurs pensées secrètes, leur désir entravé dans cette famille en apparence soudée et aimante. C'est long, long, long. Et quand on se surprend à balayer la page en diagonale et à se demander si on abandonne, c'est mauvais signe. Je me suis beaucoup ennuyée.

Je suis allée au bout pour savoir comment Lydia était morte, et n'ai ainsi fait qu'amplifier moi-même ma déception à cette lecture.

 

Je trouve erronée la présentation de l'éditeur qui affirme : « Bien sûr, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit distille un suspense d’une rare efficacité » de même qu'exagérée la comparaison avec l'univers de Laura Kasischke. Mais globalement ce roman est fort apprécié sur la blogosphère, ce n'est donc que mon avis dissonant, peut-être tout simplement parce que j'en attendais complètement autre chose.

 

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Ed. Sonatine, mars 2016, 288 pages, prix : 19 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Peter Glass / Arcangel Images et éd. Sonatine

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Ce qu'il nous faut c'est un mort – Hervé Commère

11 Mars 2016, 14:01pm

Publié par Laure

Ce qu'il nous faut c'est un mort12 juillet 1998, la France est championne du monde de football, le pays est en liesse. Sur une route en bord de corniche, trois jeunes hommes en voiture renversent une femme accidentellement et prennent la fuite. La victime n'est pas morte mais restera lourdement handicapée, les familles des trois jeunes étoufferont l'affaire. Au même moment à Nancy, une jeune femme est violée. Qu'est-ce qui scelle un destin, que choisit-on vraiment dans la vie ?
 
Dix-huit ans plus tard, dans ce village de Vrainville en Normandie, tous sont toujours là, le secret enfoui au plus profond des mémoires. Jusqu'à un ce qu'un mort vienne perturber ce qui semblait bel et bien enterré et réveille un conflit social qui se noie dans l'indifférence des médias.
 
Ne cherchez pas un polar classique ni un page-turner à la surenchère outrancière, vous seriez déçus, en revanche, Hervé Commère offre ici un roman social dense et passionnant, très bien construit, par des retours en arrière et des personnages tous très fouillés. Rien n'est gratuit et tout s'imbrique, même si le personnage clé du roman, au fond, c'est peut-être et avant tout l'usine de lingerie Cybelle, cœur de l'emploi dans le village. De l'entreprise familiale aux valeurs humanistes au projet de rachat froid par un fonds de pension, c'est bien de notre société actuelle dont il est question.
L'auteur brouille un peu les pistes mais l'enjeu est aussi celui du choix que l'on peut être amené à faire dans la vie, et de l'assumer.
 
Dans ses remerciements l'auteur cite l'excellente collection de Pierre Rosanvallon, « Raconter la vie », aux éditions du Seuil, et l'exemple des ouvrières de l'usine Lejaby, en effet, le roman social prend de toute évidence ici le pas sur le polar annoncé dans une collection « thriller ». Passé cet écart surprenant, c'est un très bon roman à lire en connaissance de cause.
 
 
Fleuve éditions, mars 2016, 400 pages, prix : 19,90 €
Etoiles :
Crédit photo couverture : fleuve éd.

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Cœur de lapin – Annette Wieners

29 Février 2016, 15:23pm

Publié par Laure

Traduit de l'allemand par Lucie Roignant

 

Coeur de lapinGesine Cordes est une ex flic qui s'occupe désormais de l'entretien d'un grand cimetière. Un matin, elle livre des couronnes mortuaires dans une chapelle, et réalise qu'elles sont destinées aux funérailles de sa sœur Mareike, qu'elle n'a pas vue depuis dix ans, depuis le décès de son petit garçon dans des circonstances étranges et non élucidées. Mareike a été retrouvée morte sur la voie ferrée après le passage d'un train. Que s'est-il réellement passé ?

 

Cœur de lapin est un roman policier classique au rythme très lent, dont la qualité principale est le développement du caractère de chacun des personnages.

L'intrigue se déroule donc lentement, en prenant les temps de poser les indices et les faits du passé, qui éclaireront ou mêleront davantage les faits du présent.

 

 

J'ai beaucoup aimé le personnage principal, mais aussi tous ceux qui gravitent autour, tous très travaillés, et qui contribuent au poids du secret familial et de ses conséquences, et la façon dont avance l'intrigue.

Si vous aimez les polars violents qui bougent à toute allure, passez votre chemin, en revanche, si vous aimez les intrigues psychologiques dans un décor surprenant (l'entretien d'un cimetière), vous ne serez pas déçus.

 

 

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Robert Laffont, coll. La bête noire, janvier 2016, 362 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Robert Laffont

 

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Tiré à quatre épingles - Pascal Marmet

27 Décembre 2015, 12:55pm

Publié par Laure

J'avais ce roman policier depuis un bout de temps, offert par l'auteur, et j'ai eu tort d'attendre aussi longtemps pour le lire, car une fois commencé, je l'ai trouvé vraiment très prenant et réussi.

 

Ce qui m'a freinée au départ, c'est sans doute la laideur de la couverture, désolée, mais si la statuette a un sens par rapport au contenu du roman, le fond et la couleur choisie forment un ensemble peu avenant, du moins à mon goût. Je vois ça en librairie, je ne m'y arrête même pas.

 

Et pourtant, le polar en soi est plutôt bon ! Une veuve un peu trop récidiviste du conjoint fatalement disparu pour être honnête, des statuettes aux pouvoirs étonnants et à la valeur digne du Musée des Arts Premiers, un couple bancal de cambrioleurs, et un commandant forcément attachant, malgré les clichés du genre sur le loup solitaire :

p. 103 : « Chanel était un célibataire, un fils unique, un chercheur de vérité, un inclassable, un sans enfant, sans ami, sans parent, un sans attache, un « sans ». Son plaisir était de regarder vivre les autres et d'empiler les enquêtes »

 

L'écriture s'efface totalement au profit de l'intrigue, preuve que l'auteur a mûri son style : on est complètement dans l'histoire. Les rebondissements sont réguliers mais pas forcés, l'ensemble tient la route sans être (trop) violent ou sombrer dans la mode actuelle de la surenchère du gore, bref, ça se lit avec beaucoup de plaisir, et c'est bien ficelé.

Une trame et un décor classiques à souhait, mais puisque c'est très bien ainsi, inutile de chercher à en faire plus. L'auteur devrait continuer dans cette voie du polar classique !

 

 

Du même auteur : à la folie

 

Michalon, avril 2015, 267 pages, prix : 18 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Corinne Binois – création graphique d’après © Lionel Le Jeune, fotofolia.com et éd. Michalon.

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Une autre vie – S.J. Watson

30 Octobre 2015, 08:20am

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Sophie Aslanides

 

Julia élève le fils de sa sœur Kate depuis sa naissance, celle-ci n'étant pas en mesure de le faire. Connor a donc toujours grandi dans le foyer de sa tante. Quand Kate est retrouvée assassinée dans une ruelle parisienne, Julia va éprouver le besoin de se plonger dans la vie trouble de sa sœur, et fréquenter les sites de rencontre que Kate utilisait, dans l'espoir de retrouver le meurtrier...

 

Je n'avais jamais lu de roman de S.J. Watson (je ne comparerai donc pas avec le best-seller Avant d'aller dormir), mais j'ai un peu peiné sur ce titre-ci. L'intrigue relevant du policier ou du thriller peine vraiment à démarrer, il faut passer toute la première moitié du livre, longue, banale et ronronnante (une femme mariée prenant goût à l'adultère après une rencontre sur le net). Ce n'est que lorsque la manipulation devient manifeste que le roman devient réellement intéressant, mais il est déjà bien tard. Dès lors le suspense fonctionne, les rebondissements se multiplient (un peu trop) jusqu'à un final un peu tordu.

 

Un roman malheureusement un peu trop déséquilibré dans sa construction, qui pêche par sa première moitié trop longue et hors genre. Je suis donc déçue de ma première lecture de cet auteur.

 

 

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Sonatine, octobre 2015, 445 pages, prix : 21 €

Etoiles : 

Crédit photo couverture : © éd. Sonatine

 

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Am stram gram – M.J. Arlidge

15 Mai 2015, 20:21pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Élodie Leplat.

 

Le rituel du serial killer est atroce : enlever un couple (au sens de duo : ce peut être des amoureux, mais aussi une mère et sa fille, deux collègues de travail, etc.) et l'enfermer dans un lieu clos sans possibilité d'évasion, sans nourriture et sans eau, mais avec un revolver. Si l'un des deux tue l'autre, il a la vie sauve. Quel choix feriez-vous ? Mourir de faim ou tuer votre ami, amoureux, fille … pour sauver votre peau ?

Et qu'est-ce qui est pire ? Mourir de faim ou vivre avec son acte meurtrier sur la conscience pour le reste de ses jours ? Et quelles sont les motivations du manipulateur ?

 

Helen Grace va peu à peu, avec son équipe, reconstituer les pièces du puzzle, même si elle mettra du temps à découvrir le lien entre elles.

 

Inutile d'en dire plus, c'est un thriller qui fonctionne parfaitement : aucun temps mort, le lecteur ne peut qu'aller au bout, bien ferré.

 

Ce que j'ai apprécié dans ce polar, c'est que pour une fois, contrairement à ce que je reproche habituellement au genre, la trame n'est pas grossière, les fils de couture du canevas sont fins, certes les chapitres sont courts pour créer un rythme haletant, mais n'alternent pas systématiquement entre drame et enquête de manière mécanique. Les fausses pistes s'y mêlent, de même qu'un récit en italique dont on se demande qui est l'auteur ? La flic ou le coupable ?

 

Certes on retrouvera des ficelles déjà vues ailleurs, le flic alcoolique, la psy suspecte, l'héroïne battante et solitaire, mais ça fonctionne sans lourdeur. Quant à la surenchère glauque du genre, ce qui m'agace souvent dans les polars actuels, on n'y coupe pas vraiment, mais seule la dernière scène est à la limite du soutenable. Le reste est à la hauteur de la manipulation, et de la peur... du lecteur ?

 

Une très bonne découverte.

 

Am stram gram est le premier roman de l'auteur, on ne peut que souhaiter que l'éditeur français ait acheté les droits de traduction des suivants déjà publiés en Angleterre.

 

 

P. 131 : "Pourquoi "elle" faisait ça ? Elle obligeait ses victimes à se livrer à un am stram gram diabolique, en sachant pertinemment que le tireur souffrirait au final beaucoup plus que la victime. Était-ce le traumatisme qu'endurait le survivant, le but, le plaisir ?"

 

 

 

éd. Les Escales (noires), mars 2015, 362 pages, prix : 21,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hokus Pokus Créations et éd. Les Escales.

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