En 1967, l’île Maurice devient indépendante mais les Britanniques vendent l’île de Diego Garcia, dans l’archipel des Chagos tout proche, aux Américains pour y installer une base militaire. Les Chagossiens sont contraints à l’exil et perdent tous leurs biens, leurs terres, et jusqu’au droit de revenir un jour sur leur île.
Cet épisode historique que j’ignorais totalement est narré à travers l’histoire d’amour entre Marie-Pierre Ladouceur et Gabriel Neymorin, ainsi que l’histoire de leurs familles respectives, pleine de rebondissements. Le récit est bien mené, use d’une chronologie éclatée qui malgré tout ne perd pas le lecteur, sauf peut-être au départ avec les nombreux prénoms de tous les personnages.
Le côté romanesque est peut-être un peu poussé, mais il fait aussi le charme de cette famille, et de ce couple auquel on s’attache très vite. Un très beau roman.
Les escales, janvier 2020, 412 pages, prix : 19,90 €, ISBN : 978-2-36569-402-5
Je ne suis pas une lectrice habituée des romances, ceci peut expliquer cela.
Adèle a tout quitté pour un poste de serveuse dans une crêperie à Saint-Malo. Elle ne supportait plus les faux-semblants du grand restaurant parisien où elle était sous-cheffe, et où les hommes s’attribuaient son mérite. A Saint-Malo, dans le restaurant de Joséphine, elle se reconstruit. Elle a quelques amis, dont Élisa, hospitalisée dans l’attente d’une greffe, avec qui elle écrit des lettres aux réalisateurs pour changer la fin des films. Lorsque Joséphine, qui prend de l’âge, va lui annoncer qu’elle lui cède son restaurant à part égale avec Arnaud Langlois, petit-fils d’un homme qu’elle a aimé plus jeune, un investisseur patron d’une grande multinationale qu’elle va devoir convaincre, tout va basculer.
Bien sûr ces deux-là vont tomber amoureux, et bien sûr cela ne va pas toujours être simple.
J’ai aimé le côté feel-good du roman avec parfois une verve bien sentie dans les dialogues et pensées des personnages, Adèle est fragile côté sentiments mais ne se laisse pas marcher sur les pieds et sait ce qu’elle veut, j’ai regretté toutefois que certaines pistes ne soient pas plus creusées, et j’ai regretté la bascule vers la fin dans le trop dégoulinant. Des bons sentiments, oui, mais l’équilibre entre le feel-good et le niais est délicat et là c’est un peu le pas de trop pour que j’adhère totalement.
Le genre bien codifié de la romance est ici respecté, si bien que le lecteur a toujours une longueur d’avance sur les personnages (bien sûr que l’on imagine ce qui va se passer), les amatrices du genre y trouveront sans doute leur compte.
HarperCollins France / Harlequin, coll. &H, juin 2020 (déjà sorti en numérique), 396 pages, prix : 16,90 €, ISBN : 978-2-2804-1097-7
François Rey est un chirurgien aguerri, il quitte sa clinique lyonnaise pour un week-end de Toussaint dans son relais de chasse familial en Savoie. Il blesse un magnifique cerf à six cors, et au moment de l’achever, hésite, le charge dans son pick-up et l’opère pour le soigner et le rendre à la vie dans la nature. Au cours de sa chasse, il croit apercevoir sa fille apeurée sur le siège d’une voiture qui roule à vivre allure et fait une embardée pour éviter le cerf. Il s’inquiète quand il ne parvient à la joindre au téléphone.
Ses enfants sont grands, son fils est devenu trader à New-York et passe en coup de vent, et sa fille fait médecine (longue tradition familiale) mais plus pour très longtemps, prise malgré elle dans le grand banditisme par son compagnon. Sa femme a sombré dans un mysticisme égoïste, elle s’absente régulièrement pour des retraites dans des couvents.
François est donc un homme solitaire, qui vit pour son travail et la nature, la chasse, la beauté animale. Il a un rapport très sensoriel à ce qui l’entoure. C’est un homme de l’art aussi, épris de musique sacrée et de peinture.
La construction de ce roman est très surprenante, réécrivant les scènes, mêlant les temps passé et présent, emportant le lecteur dans une sorte de roman noir haletant, mystérieux jusqu’à la dernière ligne. Où est la réalité ?
Regard de désillusion sur le monde financier d’aujourd’hui, où le travail ne vaut que par et pour l’argent, d’autant plus que cette désillusion vient de ses propres enfants, à qui il n’a pas réussi à transmettre ses valeurs.
J'ai beaucoup aimé, malgré mon peu d'appétence pour la chasse et la montagne !
Prix Médicis 2019
Stock, août 2019, 352 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-234-08738-5
Augustin Mal est un homme ordinaire qui a pour lui d’être bien éduqué, courtois, poli et propre sur lui. Du moins le croit-il, car son comportement est loin de le montrer. Il s’exprime sans filtre et ne s’embarrasse pas de codes sociaux ni de politesse bienveillante. Il est en manque d’amour et un peu de sexe ne lui déplairait pas. Il envie les femmes, car elles n’ont qu’à se laisser séduire, se servir et consommer !
Tout est simple finalement dans son monde, sauf que… tout ne se déroule pas comme il le croit. Il va rencontrer Gigi dans un groupe de parole, dont il ignore jusqu’au sujet des rencontres, sinon qu’elle dit beaucoup de mal de son mari, et que tous les gens qui sont là doivent être malades, sauf lui.
Et la situation va devenir… singulière, c’est le moins qu’on puisse dire. Quel curieux roman que ce petit ouvrage aussi bref que surprenant ! C’en est férocement drôle, la perception qu’a le héros de lui-même et celle qu’en a le lecteur étant diamétralement opposée. Un bonhomme sacrément dérangé, pour un roman qui ne laisse pas indifférent.
P.O.L, février 2020, 102 pages, prix : 13,90 €, ISBN : 978-2-8180-4932-7
Paris, dans un futur proche : la tour Eiffel a été détruite lors d’un attentat, le quartier a été entièrement reconstruit. C’est dans une résidence moderne entièrement neuve et sécurisée que s’installe Clarissa, qui a quitté son compagnon lorsqu’elle a découvert qu’il avait une liaison. Elle qui est ultrasensible à l’histoire des bâtiments, à la mémoire et à l’atmosphère qu’ils dégagent, pense pouvoir commencer une nouvelle vie dans cette résidence sans passé, appartenant au programme CASA réservé aux artistes.
Clarissa est écrivain, et tout dans son univers, rend hommage à Virginia Woolf et à Romain Gary, à commencer par son pseudo, « Clarissa Katsef », Clarissa pour Mrs Dalloway et Katsef pour le vrai nom de Gary : Kacev. Dans son appartement ultraconnecté, elle a d’ailleurs nommé son assistant domestique numérique Mrs Dalloway. Tout se commande de la voix. Mais très vite Clarissa se sent épiée et le malaise monte, jusqu’à sombrer dans la paranoïa ? A moins que tout ceci ne soit réel ?
Je retrouve Tatiana de Rosnay là où je ne l’attendais absolument pas : la dystopie. Mais une dystopie légère, crédible, qui sème le doute… et où la réflexion sur la création et l’amour reste présente.
L'héroïne est attachante, les personnages secondaires sont bien travaillés, et leur histoire donne à imaginer facilement ce que pourrait être le monde dans quelques années, et ce qu’il est déjà en partie d’ailleurs. Sans avoir lu le dernier Ian McEwan (Une machine comme moi, Gallimard 2020) auquel ces Fleurs de l’ombre m’ont fait penser, nul doute que l’intelligence artificielle inspire les écrivains !
Un titre plaisant, où l’imaginaire sème le doute : manipulation ou paranoïa ? Et dans quel but ? Qu’ont en commun tous ces résidents hormis d’être des artistes ? Et si même le chat Chablis y est sensible, alors c’est que c’est vrai ? Laissez-vous happer par ces fleurs de l’ombre !
Extraits :
P. 20 (numérique) : « La plupart des gens ne lisaient plus. Elle l’avait remarqué depuis un moment déjà. Ils étaient rivés à leur téléphone, à leur tablette. Les librairies fermaient les unes après les autres. Géomètre de l’intime, son plus grand succès, avait été tellement piraté depuis sa publication qu’il ne lui rapportait presque plus de droits d’auteur. D’un clic, on pouvait le télécharger, dans n’importe quelle langue. Au début, Clarissa avait tenté d’alerter son éditeur, mais elle s’était rendu compte que les éditeurs étaient démunis contre le piratage. Ils avaient d’autres angoisses. Ils faisaient face à ce problème encore plus inquiétant qu’elle voyait se propager comme une tumeur sournoise : la désaffection à l’égard de la lecture. Non, les livres ne faisaient plus rêver. On les achetait de moins en moins. La place phénoménale qu’avaient grignotée les réseaux sociaux dans la vie quotidienne de tout un chacun était certainement une des causes de cet abandon. »
p. 118 (numérique) : « Vos livres, leur réception, c’est chouette.
- Merci. Sauf que le public boude la lecture.
- Je sais, dit-il. Les gens prennent des jolies photos de livres, balancent ça sur les réseaux sociaux avec les bons hashtags, mais personne ne lit. Ou très peu. Les livres sont devenus des objets de décoration. »
Ed. Robert Laffont / Héloïse d’Ormesson, mars 2020, 329 pages, prix : 21,50 €
Une mère et sa fille décident de se retirer dans une cabane dans la forêt, pour surmonter leur douleur respective et commune. Chacune a perdu son fils, l’une a donc aussi perdu son frère et l’autre son petit-fils. On découvrira doucement comment mais là n’est pas l’important.
Préférer l’hiver est un roman introspectif et contemplatif. La langue est belle, on y trouve des réflexions sur la nature, la rigueur de l’hiver, la solitude, la lecture, la souffrance, mais il ne se passe strictement rien d’autre que cet enchainement de pensées émanant de la fille.
Parfois ce n’est juste pas le bon livre au bon moment, mais celui-ci n’était pas pour moi. Je me suis forcée à le finir, et bien que je reconnaisse la qualité de l’écriture, je me suis tellement ennuyée que ce fut un supplice, peine que j’aurais dû m’épargner, l’autrice le dit elle-même vers la fin de l’ouvrage.
Extraits :
p. 40 « Maman distingue les écrivains et les romanciers. Elle dit que les romanciers savent raconter des histoires. Que ce qui importe aux écrivains, ce sont les mots, leur enchainement et leur rythme. Ceux qui excellent dans les deux, elle les appelle les auteurs. Et j’adore la voir savourer leur œuvre auprès du feu. »
p. 49 : « Nous parlons peu de nos lectures, solitaires ou partagées. Nous trouvons que commenter les romans les assèche. En revanche, nous adorons relever certaines phrases qui nous ont marquées. »
p. 63 : « Notre vie aujourd’hui ressemble à celle d’un pays en guerre. Nous vivons avec peu de choses, coupées du monde. Nous ne communiquons plus avec l’extérieur, et l’humain représente le plus souvent une menace. »
HarperCollins, coll. traversée, janvier 2020, 240 pages, prix : 17 €, ISBN : 979-10-339-0447-2
« Hortense a disparu le 23 janvier 2008 à 16h20 », échappant trente secondes à la vigilance de sa mère, le temps de compter jusqu’à vingt-sept pour une partie de cache-cache. Un enfant l’a vue, emportée par un « petit homme sec ».
La vie des parents d’Hortense s’effondre, et chaque année revient cette marche blanche pour elle, ces photos d’elle au visage vieilli imprimées sur les briques de lait dans l’espoir de nouvelles pistes, car « Tant qu’on ne nous apporte pas les preuves de sa mort, elle est vivante. Et moi, tant qu’elle n’est pas vivante, je suis morte. Il n’aime pas que je lui réponde des inepties. » (p.20/153 en numérique)
Dix ans plus tard emménage dans le pavillon d’en face une nouvelle famille, avec deux enfants, dont une ado de quatorze ans, Hélène. Elle a pile l’âge qu’aurait Hortense et la mère dévastée en est certaine, c’est sa fille qui est revenue, qui habite en face. Elle va la récupérer.
« Il y a seulement la fille, sous mes yeux, qui vient d’emménager en face. Ça fait deux fois que j’en suis sûre. Deux fois, c’est bien. Tout à l’heure déjà, j’ai reconnu son port de tête, sa course, ses cheveux. Le tableau vivant n’est pas seulement ressemblant, il est d’abord troublant, puis absolument vrai. Et alors ? » (p. 10/153 en numérique)
Et là se déroule le talent de Claire Castillon, de nous emporter dans la folie de cette mère, toujours plus loin, toujours plus vraie, on doute, on y croit, on comprend les dégâts psychologiques irréversibles que causent le deuil d’un enfant et l’absence de réponse, et puis petit à petit, un pressentiment s’insinue… la fin surprendra ceux qui ne l’auront pas vu venir, et confirmera aux autres (dont je fus, j’ai pensé à Tom est mort de Marie Darrieussecq (P.O.L, 2007) tout du long), que l’autrice est brillante dans son analyse psychologique, glaçante jusqu’à la dernière ligne. Cette fin qui remet l’ensemble en perspective et donne une nouvelle clé à la lecture.
Bref mais efficace.
Gallimard, janvier 2020, 176 pages, prix : 16 €, ISBN : 978-2-07-284043-2
Joffrine Donnadieu n’avait pas encore trente ans quand paraissait ce premier roman fulgurant, aussi dérangeant que bien écrit, d’une construction maîtrisée qui laisse toute sa place à une écriture au scalpel, précise, qui évolue avec son personnage. Bref, le fond et la forme s’allient pour une histoire de France qui est autant celle d’un personnage (prénommé France) que celle d’une petite fille (Romy), mais aussi celle d’un pays, cette France sociale des bases militaires et des usines Kléber d’une ville moyenne de l’Est dans les années 2000.
Romy a neuf ans en 1999, un père souvent absent pour cause de missions militaires dont il surmonte les horreurs en buvant trop, une mère souvent hospitalisée souffrant de la maladie de Crohn, elle est donc souvent gardée par la voisine, France, épouse d’un militaire comme son père.
Mais France abuse de la petite Romy, la scène de viol qui ouvre le roman est difficilement soutenable et donne le ton. Et elles seront nombreuses sur ce Chemin des Dames qui titre la première partie, jusqu’à la mutation outre-mer du couple. C’est alors que commence cette guerre 14-18 (titre de la deuxième partie), guerre contre le mal subi, à un âge (14-18 ans) qui n’est pas d’or mais ne devrait pas être aussi violent : Romy s’enfonce dans la boulimie, l’anorexie, les tentatives de suicide, en lutte contre elle-même et son corps ennemi, et cet attachement à une France disparue qui était peut-être sa seule trace d’amour, face à l’incompréhension et le désintérêt de ses parents, en proie à leurs propres fantômes.
L’autrice n’épargne rien au lecteur jusqu’au bout de sa troisième et dernière partie, une « gueule cassée » qui de l’hôpital psychiatrique aux dérives de plus en plus rudes n’est jamais sûre de se reconstruire.
La littérature permet de démonter ici de manière brillante, juste et implacable les désastres causés par la pédocriminalité, rarement évoquée au féminin du côté du bourreau, mais aussi de montrer un couple en déliquescence, englué dans une vie subie. Le réalisme est redoutable mais nécessaire.
Moi qui trouve souvent les romans français contemporains fades et sans audace, me voici réconciliée avec une littérature courageuse, qui dérange et pointe du doigt ce que trop souvent l'on glisse sous le tapis, avec les dégâts que l'on sait.
A lire sans hésiter si vous avez le cœur bien accroché.
Gallimard, août 2019, 266 pages, prix : 19,50€, ISBN : 978-2-07-284692-2
Nin vient de tuer la maitresse de son amoureux, elle est en cavale et trouve refuge chez son père qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle retrouve sa jumelle Anna qu’elle n’a quasiment jamais connue, car à la séparation de leurs parents, ils s’étaient partagé la garde des filles.
Entre Italie, France et États-Unis, Nin va tenter de refaire sa vie et d’échapper à ses poursuivants. Nombreux sont les rebondissements, hélas tous si dramatiques et improbables qu’ils en deviennent parfois grotesques. Il faut accepter de fermer les yeux sur les invraisemblances, dommage car il y a pas mal de bonnes idées dans ce roman mais l’accumulation m’a un peu gênée. J’ai parfois eu l’impression de lire un roman auto-édité confus auquel il aurait manqué un travail éditorial de cohérence et d’ensemble. De même j’ai parfois été perdue dans la temporalité, notamment quand Stein propose à Nin sa maison dans les Hamptons, qu’il n’a pas habité depuis 2001 (p. 92), alors que des années après, Nin a des nouvelles de son père par Zanni « au matin du 28 octobre 2001 » (p. 137), or ça ne colle pas dans l’histoire où la scène se déroule bien des années après (ou alors je n’ai vraiment rien compris).
J’ai trouvé intéressants les personnages d’Anna (que j’aurais aimé voir creusé davantage) et de Natsuo, les relations complexes des membres de cette famille par les choix de vie faits ou subis, et si l’on avance avec plaisir dans l’histoire, on est très loin du mot « thriller » annoncé sur la couverture. Intrigue familiale et parfois sentimentale, plutôt. Trop de maladresses à mon goût, malgré une trame qui aurait pu conduire au meilleur, à condition de moins charger la barque des drames familiaux dont est victime l’héroïne.
Éditions Favre, janvier 2020, 191 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-8289-1816-3
J’avais beaucoup aimé suivre Ivana dans ses péripéties de célibattante, c’est donc avec plaisir que je l’ai retrouvée désormais en couple et maman de jumeaux aussi mignons qu’épuisants.
Comment survivre à la pression permanente de la mère et femme parfaite quand on est épuisée par une charge mentale aussi sociétale que personnelle et une jalousie qui sème un doute permanent dans votre cervelle ? Et pourtant on la comprend si bien Ivana !
Un deuxième volet toujours aussi enjoué, réaliste, qui pointe des aspects que toutes les femmes ont vécu un jour. Ça reste léger et divertissant, avec quelques facilités (la réussite magique à la radio, la belle-fille idéale) mais ça n’en dit pas moins des vérités.
Allez, un p’tit roman détente pour les cœurs guimauve qui n’ont toutefois pas perdu leur cerveau en route !
Extraits :
p. 38 : « On se demande souvent pourquoi les contes s’arrêtent à « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». C’est tout simplement parce que le quotidien, c’est chiant. Personne n’a envie de savoir que le prince rentre tard pendant que la princesse s’occupe des mioches et veille à ne pas oublier de sortir les poubelles. »
p. 91 : « Maudite société des « to do list » : on accumule une tonne de choses à faire dans le but ultime de parvenir à tout rayer le plus vite possible. Tout est fait pour nous inciter à être des gens organisés, modèles : planners, agendas, bullet journals… et pour culpabiliser de ne pas s’y tenir, surtout.
A côté de cela, on vous vend tout un tas de guides pour vous forcer à être heureux. Si, si, vous forcer. Il y a une sorte d’obligation au bien-être, à l’occupation utile et qui fait du bien. Parfois, je me dis que j’aurais dû écrire le roman ou le guide qui aide à être heureux Tu comprends que tu as le temps de vivre, quand tu n’as plus le temps. Ou quelque chose du genre, en mieux tourné, évidemment. »
Diva romance, mai 2018, 220 pages, prix : 14,90 €, ISBN : 978-2-36812-305-8