Les jardins d'Hélène

litterature jeunesse

Retrouve-moi ! – Anthony Browne

13 Janvier 2018, 14:51pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Camille Guénot

 

Poppy et son frère Cyril sont tristes car leur chienne Goldie a disparu. Pour s’occuper et se changer les idées, ils sortent jouer à cache-cache dans la forêt.

 

Comme souvent chez Anthony Browne, l’inquiétude, le frisson et la peur vont naître du dessin et de la situation (Poppy peine à retrouver son frère, trop bien caché) mais rassurez-vous, ça finit toujours bien. Les ombres, ainsi que des éléments inquiétants apparaissent dans le dessin surtout dans les branches d’arbres, d’ailleurs dès la couverture, voyez-vous cette patte d’animal à la racine de l’arbre à côté de laquelle se trouve la petite fille ?

 

Un jeu qui fait peur, un peu, mais un jeu qui stimule l’observation et l’imaginaire des enfants, de cette partie de cache-cache Anthony Browne fait aussi un vrai livre-jeu façon cherche et trouve, car il dissimule des objets et animaux à retrouver, listés en fin d’album.

 

Et puis une surprise aussi, cette « maison » à laquelle on ne s’attendait pas, avec l’immeuble en arrière fond…. Superbe et riche, belle exploitation de la couleur aussi, comme toujours chez Browne !

 

(Dès 5 ans)

 

 

Ed. Kaléidoscope / L’école des loisirs, octobre 2017, 40 pages, prix : 14 €, ISBN : 978-2-877-67941-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Anthony Browne et éd. Kaléidoscope.

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Mon lion blanc – Jim Helmore et Richard Jones (ill.)

12 Janvier 2018, 14:23pm

Publié par Laure

Une petite fille qui se prénomme Margot emménage dans une nouvelle maison avec sa maman, une maison où tout est blanc, les murs, les plafonds, les portes. Elle se sent seule et n’a pas d’amis, jusqu’au jour où elle voit apparaître à ses côtés, dans la maison, un beau et grand lion blanc.

 

C’est l’histoire d’un ami imaginaire qui va redonner confiance en soi à la petite fille, l’aider à s’ouvrir aux autres, à jouer avec de nouveaux camarades et se faire des amis. La petite ne craint plus de sortir de chez elle mais elle aime retrouver son lion blanc quand elle regagne sa chambre.

 

Un peu plus tard, la maman fait venir tous ses amis pour repeindre de couleurs vives et gaies tout l’intérieur de la maison. Mais alors le lion blanc ne pourra plus se fondre sur les murs de la chambre de Margot ? Comment va-t-elle faire ? Il est temps pour le lion de partir, mais elle sait comment le retrouver…

 

Un très bel album doux et coloré (et pas seulement blanc !), qui souligne l’importance d’un ami imaginaire pour accompagner une enfance solitaire, une transition le temps de reprendre ses marques et de s’ouvrir aux autres, plus confiante.

 

Pour petits rêveurs en manque d’amitié (non, pour tous en fait !) dès 4 ans 😊 Idéal aussi pour accompagner un enfant dans un déménagement ou une séparation.

 

 

Albin Michel Jeunesse, novembre 2017, 32 pages, prix : 13,50 €, ISBN : 978-2-226-40148-9

 

 

 

Crédit photo couverture : © Richard Jones et éd. Albin Michel Jeunesse

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Y aura quelqu’un – Thomas Scotto et Csil (ill.)

11 Janvier 2018, 11:20am

Publié par Laure

L’an dernier j’avais découvert la collection « La question (l’album philo) » des éditions Frimousse avec La leçon de Michaël Escoffier et Kris di Giacomo, cette année je poursuis avec « y aura quelqu’un », de Thomas Scotto et Csil.

 

Il faut une lecture attentive de cet album pour ne pas passer à côté, une bonne observation des illustrations qui montrent ce que le texte ne dit pas :

 

Deux personnages se baladent, l’un plus grand et plus costaud, s’adresse au plus petit qui s’appelle Michel. Il lui raconte une histoire farfelue selon laquelle un dragon, qui se révèle finalement être une hirondelle, attaque le Maire, lequel est obligé de faire appel aux pompiers, à la police, et même au président. L’intensité dramatique de l’histoire va crescendo, malgré les tentatives d’intervention répétées de Michel, qui l’interpelle par des « hé ! » (Dont le nombre de e final augmente au fil du texte), tout au long de leur parcours. Mais à chaque fois le grand se contente de répondre : « t’inquiète, y aura quelqu’un… »  Jusqu’à ce que …

 

Michel a tenté d’attirer l’attention sur ce qui se passait autour d’eux : un cerf qui s’est emmêlé les bois dans les branches d’un arbre et qui aurait besoin d’aide, une forêt en feu, une situation anormale au musée, une baleine échouée sur la plage, et ainsi de suite, des situations où leur aide ou intervention serait nécessaire.

 

Mais le grand reste indifférent et poursuit son histoire qui n’intéresse personne.

 

Jusqu’à la leçon qu’il ne manquera pas de prendre….

 

Un album qui suscite donc le débat ensuite, sur l’égoïsme et l’indifférence. Faut-il toujours compter sur les autres ? Y aura-t-il toujours quelqu’un pour vous venir en aide ?

 

Subtil et bien fait, faites confiance aux enfants pour voir les détails qui vous échappent, et à chaque relecture vous y verrez un indice supplémentaire.

 

Je ne connaissais pas du tout l’illustratrice Csil, j’aime bien l’occupation du dessin dans la page, l’utilisation du chemin sur lequel cheminent les deux personnages, comme un fil conducteur vers… chut, je ne vous dis pas la chute.

 

 

Une collection intéressante à suivre.

(à partir de 7/8 ans ?)

 

Éditions Frimousse, coll. La question, août 2017, prix : 18 €, ISBN : 978-2-35241-325-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © Csil et éd. Frimousse

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Le renard et l’étoile – Coralie Bickford-Smith

10 Janvier 2018, 10:20am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Marie Ollier

 

 

J’adore cet album pour ses illustrations très graphiques, ce sont des tableaux magnifiques à chaque double page.

 

Mais le dessin sert aussi une très belle histoire, celle d’un renard qui a toujours vécu à la clarté d’une étoile, SON étoile, sa seule amie, celle qui éclairait tout pour lui et l’aidait ainsi à se nourrir, égayait ses promenades. Mais un jour Étoile a disparu, Renard sombre alors dans la tristesse. Il lui faudra faire le deuil de cette amitié, apprendre à se relever, et retrouver la joie.

 

Un coup de cœur pour la beauté des illustrations !

 

 

 

 

 

 

La couverture de l'édition anglaise :

 

 

 

quelques pages intérieures :

 

 

 

 

 

Feuilleter l’album : ici

 

 

Gallimard jeunesse, septembre 2017, 64 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-07-508380-5

 

 

 

Crédits photos  : © Coralie Bickford-Smith et éd. Gallimard Jeunesse

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Roméo moustique sympathique – Luc Blanvillain

4 Janvier 2018, 10:29am

Publié par Laure

Illustrations de Marie Novion

 

 

Roméo est entré chez Camille, une vieille grand-mère un peu sourdingue, et il regarde avec elle les feux de l’amour, pardon, les Flammes de la passion. C’est ainsi qu’il est devenu un sympathique moustique domestique.

 

Il vit en paix avec Camille, mais demeure vigilant quand il faut éviter le chat boulet qu’est Bernard, et Pénélope la chauve-souris qui vit au grenier. Roméo parle plusieurs langues, dont l’humain, c’est quand même plus pratique pour communiquer.

 

Arrive Clélia, la petite-fille de Camille, elle est allergique aux insectes… et sa mère est une maniaque psychopathe… Les mésaventures commencent pour Roméo, qui va frôler la mort à de nombreuses reprises.

 

 

La série tient la route avec ce qui fait son succès : un humour dévastateur, une joyeuse impertinence, une belle liberté fantaisiste, une mise en page agréable : grand interlignage = texte aéré et lecture facilitée, illustrations mêlées au texte, et infos véridiques sur la vie du moustique, ce n’est pas négligeable 😊

 

 

Idéal pour les 8-12 ans, et pour le moment, il n’y a que du très bon chez Poulpe Fictions.

 

 

D’autres titres du label :

- Tarzan poney méchant, Cécile Alix

- 100 % bio : Leonardo, Cécile Alix

 

 

 

 

Poulpe fictions, coll. Nos amies les sales bêtes, septembre 2017, 183 pages, prix : 9,95 €, ISBN : 978-2-3774-2012-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © Marie Novion et éd. Poulpe fictions.

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Les carnets de Cerise tome 5 – Joris Chamblain, Aurélie Neyret (ill.)

3 Janvier 2018, 09:56am

Publié par Laure

Titre du volume : « Des premières neiges aux perséides »

 

Cerise souffre de ne pas avoir de souvenirs de son père, décédé quand elle avait quatre ans. Or pour avancer dans la vie et se construire, elle a besoin de réponses à ses questions.

 

Sa mère va l’y aider. Cerise va mener une nouvelle enquête dont elle sera cette fois elle-même le personnage-mystère.

 

Elle remonte à son plus ancien souvenir, son arrivée à l’école sous la neige (les premières neiges du sous-titre). S’enchainent comme dans les précédents volumes les planches de BD et les carnets manuscrits et illustrés, qui reconstituent son histoire et celle de sa famille.

 

Les dessins et couleurs sont toujours aussi beaux et les textes sensibles et justes.

 

Toute la vie de Cerise s’éclaire à présent, les personnages présents dans les précédents tomes aussi, et une nouvelle étape vers une nouvelle vie familiale débute.

 

Ce cinquième tome clôt le cycle des Carnets de Cerise en marquant la fin de l’enfance. L’adolescence est une nouvelle voie qui prend forme, avec une Cerise apaisée par les réponses apportées.

 

Un très beau scénario qui revient sur l’ensemble de la série et le besoin de lever les mystères et les silences de sa propre vie.

 

Les Carnets de Cerise c’est fini, mais peut-être Cerise reviendra-t-elle autrement, puisqu’elle franchit une étape de sa vie ? Il fallait oser clore la série, et c’est fait ici avec finesse, par un scénario qui le justifie, qui nourrit et rappelle les nécessités pour grandir sereinement.

 

Touchant et réussi.

 

 

Ed. Soleil, coll. Métamorphoses, novembre 2017, 80 pages, prix : 15,95 €, ISBN : 978-2-302-06492-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Aurélie Neyret et éd. Soleil.

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Le loup en slip se les gèle méchamment – Lupano / Itoïz / Cauuet

20 Décembre 2017, 09:51am

Publié par Laure

Au scénario : Wilfrid Lupano, au dessin et à la couleur : Mayana Itoïz, avec la participation amicale et artistique de Paul Cauuet (sic)

 

 

C’est l’hiver, et en hiver il fait froid. « Dans la forêt, on le sait, quand la neige est là, il fait un froid de ouf ». Le ton est donné.

 

Mais l’hiver, quand on y est préparé, c’est plutôt sympa : on mange des fondues, on met des doudounes, on fait du ski, etc. Les commerces de meules de fromage et de miches de pain tournent à plein régime. Alors pourquoi monsieur loup est-il grincheux, bougonnant à qui l’interroge : « Non ça va pas, on se les gèle ! »

 

Ah... mais on se gèle quoi ? avec son super beau slip, il ne devrait pas avoir froid monsieur le loup. Si c’était les pieds ? demandons à la chouette de lui tricoter des chaussettes, puis un bonnet pour les oreilles. Mais ça ne s’arrange pas, et pire, les petits animaux porteurs des cadeaux disparaissent. La peur du loup revient, il est temps d’alerter la brigade spéciale.

 

De quiproquos en comique de répétition, la question principale demeure : « au nom de la loi, tu te gèles quoi ? » Les meules, les miches, les noisettes, le double sens est perçu par l’adulte sans basculer trop dans le graveleux, et la morale est sauve, [attention spoiler] il n’était question que de solidarité hivernale : pas question de laisser dormir dehors ceux qui n’ont rien !

 

Les pages de fin (avant dernière et 3ème de couv) reprennent la mise en abyme du théâtre du loup en slip dans les vieux fourneaux, et n’oublient pas une petite pique politico-sociétale bienvenue.

 

Humour et solidarité, un album qui plait autant aux parents qu’aux enfants ! (car avouons-le, ce sont les parents fans des vieux fourneaux qui craquent les premiers)

 

 

 

 

 

Dargaud, novembre 2017, 40 pages, prix : 9,99 €, ISBN : 978-2-5050-7040-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Mayana Itoïz et éd. Dargaud

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L’oiseau de Colette – Isabelle Arsenault

19 Décembre 2017, 15:04pm

Publié par Laure

Colette vient d’emménager dans un nouveau quartier de Montréal, le Mile-End. Pour la énième fois, sa mère lui refuse un animal de compagnie et l’incite plutôt à jouer dehors. En colère, la petite donne un coup de pied dans un carton vide déposé dans le jardin, et un oiseau qui s’y était réfugié s’en échappe. Elle rencontre Albert et Tom, deux petits voisins, avec qui elle sympathise et à qui elle confie avoir perdu son animal de compagnie, une perruche bleue et jaune.

 

Au fil des questions la petite fille affabule, mais son mensonge prend vie au fil des rencontres, la troupe s’agrandit à la recherche de cette perruche à la description de plus en plus précise et de plus en plus fantasque, un élément s’ajoutant au précédent à chaque nouvelle personne rencontrée. Présente dans le dessin, elle en devient quasi réelle pour le lecteur aussi !

 

Il a suffi d’une imagination débordante pour que Colette se fasse plein d’amis et vive de nouvelles aventures, ce n’est que le premier épisode d’une série qui devrait traiter des enfants de ce quartier du Mile-End.

 

Le dessin est doux, camaïeu de gris et noir, aux touches de sépia léger, de bleu, et surtout de jaune, qui traduit la vivacité et la fantaisie de Colette et de sa perruche imaginaire.

 

A mi-chemin entre l’album et la BD, c’est une histoire simple qui ramène à l’imaginaire enfantin, aux bandes de copains qui s’inventent le monde avec autant de magie que d’évidence, le tout dans un très beau dessin et palette de couleurs.

 

 

Le site de l’auteure-illustratrice : ici

 

 

La Pastèque, août 2017, prix : 14 €, ISBN : 978-89777-015-0

 

 

Crédit photos : © Isabelle Arsenault et éd. La Pastèque.

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Puisque c’est ça, je pars – Yvan Pommaux

15 Décembre 2017, 09:44am

Publié par Laure

Norma joue au parc avec son singe en peluche Jojo, sa maman la surveille depuis le banc voisin. La petite s’invente mille histoires. Mais c’est l’heure de partir, maman s’impatiente après avoir rappelé Norma plusieurs fois. Le portable de maman sonne, et cette dernière, happée par son appel téléphonique, devient sourde aux interpellations de Norma, qui elle, est désormais prête à rentrer.

 

« - Puisque c’est ça, je pars ! » s’agace Norma. « Loin, là-bas, ailleurs ». Et le parc devient univers fantastique, les statues s’animent, les animaux fabuleux interagissent avec les enfants – Norma a retrouvé son ami Félix, qui lui aussi a décidé de fuguer, le lecteur bascule dans ce monde imaginaire riche d’images et de jeux, de peur, d’aventures, jusqu’à ce que Norma réalise qu’elle a perdu Jojo, son doudou.

 

Une nouvelle histoire nait, sur le départ de Jojo, sur son animation au fil des pages, jusqu’aux retrouvailles finales, avec les mamans respectives.

 

 

Un très bel album dans un format à l’italienne, avec des découpages qui font parfois penser à la BD, mais aussi des illustrations pleine page, un album riche de thèmes : les priorités que l’on se donne, l’envahissement du quotidien par les technologies (le fameux portable qui prend toute la place), l’univers magique, féérique, imaginatif de l’enfance, l’amitié, la peur, l’aventure, le doudou, les choix que l’on fait….

 

A lire et relire, pour le plaisir aussi des illustrations, pleines de détails, de couleurs, de vie et d’imaginaire. Une belle réussite.

 

 

 

 

 

L’école des loisirs, septembre 2017, 44 pages, prix : 14,80 €, ISBN : 978-2-211-23403-0

 

 

Crédit photos : © Yvan Pommaux et éd. l’école des loisirs

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Banquise blues - Jory John et Lane Smith (ill.)

13 Décembre 2017, 08:04am

Publié par Laure

 

C’est l’histoire d’un petit manchot sur la banquise qui râle tout le temps : il fait trop froid, ses congénères font trop de bruit, il ne sait pas voler, sa démarche est ridicule, j’en passe et des meilleures.  Jusqu’à ce qu’un morse un brin philosophe l’interpelle et lui démontre la beauté de ce(ux) qui l’entoure(nt). Ah oui tiens, et si ce morse avait un tout petit peu raison ?

 

Notre manchot est prêt à voir ce qu’il y a de positif dans sa vie…. Mais pour combien de temps ?

 

Un très bel album – comment résister à cette couverture ? – qui invite à voir le verre à moitié plein pour ceux qui ont toujours tendance à le voir à moitié vide. Allez, souriez !

 

 

Un flocon de philosophie dans le blues de la banquise, et des dessins expressifs et craquants !

 

(dès 4 ans)

 

 

 

Gallimard jeunesse, octobre 2017, 40 pages, prix : 14 €, ISBN : 978-2-07-508251-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Lane Smith et éd. Gallimard Jeunesse

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