Froidure - Kate Moses
Quai Voltaire, sept.2004, 328 p. ISBN 2-7103-2648-5 Ma note : 2/5
Encore un roman à ranger dans la case des commencés jamais finis. Grâce à la très bonne critique de Clarabel, j’ai appris qu’il s’agissait d’une biographie romancée de l’auteur(e) Sylvia Plath. Ou du moins une partie de sa vie, alors que son mari vient de la quitter et qu’elle est seule avec ses deux enfants en bas âge dans la rigueur de l’hiver 1962 à Londres. J’ai avalé patiemment 75 pages de petits caractères denses noircissant des pages sans grande marge, avant de jeter l’éponge devant les descriptions bucoliques trop nombreuses des petites fleurs et autres arrosages de jardin, et mon ennui grandissant.
Je ne voulais pas faire de ce blog un journal intime, mais je m’étais autorisée des écarts. Dimanche dernier, j’évoquais une crainte d’embrigadement dans une secte… Avec l’aide et le soutien de membres de la famille, nous craignons hélas, que le danger soit réel et déjà bien avancé. A moins que les associations de défense et d’aide aux familles et individus victimes qui nous ont conseillé aient vraiment dramatisé… Toujours est-il que je n’ai pas l’esprit à la lecture en ce moment, du moins pas au plaisir de la littérature. Ma concentration se mobilise sur la (très grande) qualité des informations et conseils donnés par les sites web spécialisés dans la lutte contre ce fléau que sont les manipulations sectaires. En espérant qu’il ne soit pas trop tard.
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Synopsis : allocine.fr
Il fait gris et il pleut. Non non nous ne sommes pas en novembre. J’entame aujourd’hui ma 35ème année, en voilà 34 d’accomplies. La vie est bien faite parfois : Noël tombe le 25 décembre, facile pour savoir quand j’ai x années et demi, mon anniversaire le 25 juin : voilà qui équilibre pour les cadeaux dans l’année ! 

Il y a longtemps que je voulais lire un roman de Philippe Ségur. Hélas pour moi, Autoportrait à l’ouvre-boîte, seul livre de lui disponible à la bibliothèque, fut une mauvaise pioche. Je n’ai pas été accrochée plus que cela, me forçant à poursuivre, les critiques annonçant une fin intéressante.
Je ne partagerai pas l’enthousiasme des critiques professionnels ni celui de notre référente Clarabel sur ce court roman. (C’est écrit roman sur la couverture et nouvelle sur la page de titre : à vous de choisir !). C’est sans doute la brièveté qui a fait que je suis allée jusqu’au bout, d’ailleurs. Christine joue au bowling, elle est mariée avec Joel. C’est en croisant un type dans la rue sans se souvenir de son nom que l’histoire démarre. Retour sur le passé de Chris. Elle détient le record du baisodrome : 197 hommes en un temps déterminé, une nuit sans doute. Jusqu’au jour où son record est battu par une prostituée. La voilà déstabilisée, à nous raconter les détails sordides des sacs de glace entre les cuisses pour pouvoir marcher le lendemain. Bien sûr il y a un passé à tout cela, mais ô combien attendu : l’absence du père, le viol à 11ans, les amants qui défilent, rien que du banal dans la littérature qui tente d’expliquer ce comportement. Le style est oral, long monologue parlé de Chris. Et l’oreille attentive du mari, qui épaule sans réagir outre mesure. Et l’inaptitude de Chris à trouver le bonheur dans sa vie de couple pourtant stable et heureuse en apparence.
C’est l’histoire presque banale d’une jeune femme amoureuse qui rêve d’avoir un enfant pour prolonger l’amour de son couple. Et son compagnon la soutient, lui aussi désireux d’être père. C’est le récit de l’attente, chaque mois déçue. Puis enfin le bonheur et le drame, la fausse-couche, les nouveaux essais infructueux, la jeune femme est probablement une fille « Distilbène », ce médicament donné aux femmes enceintes (et qu’a dû prendre sa mère) dans les années 60. Dans son obstination à faire naître un enfant, le docteur Gromstein, un gynécologue chaleureux et humain, qui veut l’aider. Jusqu’à lui proposer une solution peu déontologique. (Je suis pour l’adoption, par pour le trafic d’enfant !) Voilà pour la première moitié du roman. Des phrases courtes, efficaces, sobres, des chapitres qui ont pour titre des verbes à l’infinitif tels que désirer, jouir, aimer, vouloir, attendre, croire, perdre, décider, et savoir. Dans la deuxième moitié, une autre femme (d’où le titre au pluriel : Mères) qui va décliner les mêmes verbes, mais pas dans le même ordre. Une jeune femme que l’enfance a blessée, orpheline de mère et au père qui n’a pas su être présent quand il le fallait. Tous les médecins la disent stérile, c’est médicalement expliqué. Jusqu’au jour où elle se retrouve enceinte. Mais voilà, elle ne veut pas d’enfant, jamais, c’est comme ça, viscéral, elle préfère se détruire qu’enfanter. Elle va se terrer chez elle jusqu’à ce que cette « chose » sorte d’elle. Accoucher sous X. Avec le même gynécologue. Et un conjoint qui lui veut devenir père, mais qu’elle a écarté. Vous aurez probablement fait le lien entre les deux histoires. Cette seconde partie est forte, dure, violente, cette femme est tout aussi déterminée que la première, dans un but inverse. Je n’ai pas pu me détacher de ce livre, qu’au départ je trouvais presque banal.
Ce recueil comprend deux nouvelles : l’histoire de Shunkin, et Ashikari, une coupe dans les roseaux, qui dateraient respectivement de 1933 et 1932.
Après il faut tuer José Bové, Jul revient avec une croisade tout aussi drôle. Même plus peut-être. La croisade s’amuse, c’est la lutte américaine du Bien contre le Mal, où chacun en prend pour son grade : Bush est un abruti mangeur de bretzels, Condoleeza Rice joue du piano, un duo de choc pour commander le bombardement du Terroristan où vit Ben Laden, dans la banlieue de Bagboul. Mme Ben Laden tient son journal intime (et fait du shopping en fashion victim sous sa burka, ne ratant pas un potin people), ce qui lui vaudra d’être la nouvelle Bridget Jones quand le couple sera en fuite à Paris. On y croise aussi des vendeurs d’otages, des soldats de l’Onu bien incapables, et une quantité de détails bien vus, essentiellement basés sur des jeux de mots : les galeries Al-Fayette, le général Al-Zheimer, il y a des Molah Donald (McDo) et du Mecca Cola à tous les coins de rue, la prison centrale d’Abou-Mérogis est contrôlée, etc. Tout est tourné en ridicule pour un humour pas toujours très fin, mais une petite demi heure de lecture qui fait sourire (et parfois rire), ça ne se boude pas…
Synopsis (copyright Allocine.fr) :