Les jardins d'Hélène

essais - documents

Le beau sexe des hommes - Florence Ehnuel

11 Janvier 2011, 15:26pm

Publié par Laure

beau-sexe-des-hommes.jpgEnseignante agrégée de philosophie et mère de quatre enfants, Florence Ehnuel livre dans ce court récit l’évolution de son regard sur la sexualité en général, et sur le sexe des hommes en particulier, de la gêne au plaisir avoué. Ni essai ni roman, il s’agit du récit autobiographique de sa propre expérience, qui avec la maturité, s’est ouverte à l’observation et la contemplation. Si l’éloge est réussi sans jamais être vulgaire, et les réflexions convaincantes, il reste toutefois trop lié à sa seule intimité pour ouvrir à l’esthétisme littéraire que j’aurais aimé lui donner. Je me suis un peu lassée de la forme trop proche du « témoignage ».

 

Points (poche), avril 2009, 123 pages, prix : 5 €

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Crédit photo couverture : © BrandX/ Jupiterimages, et éd. Points

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Chroniques d'un médecin légiste - Michel Sapanet

28 Décembre 2010, 17:46pm

Publié par Laure

 

chroniques-medecin-legiste.jpgMichel Sapanet est médecin légiste au CHU de Poitiers, à ce titre il intervient sur beaucoup d'affaires du département de la Vienne, accidents, suicides, homicides, drames familiaux, mais aussi au tribunal où ses analyses ont valeur scientifique et permettent souvent de résoudre une affaire.

 

Ici, point de séries télé américaines où les cadavres sont toujours propres et frais, on est dans le descriptif très réaliste d'une nature humaine souvent décomposée et putréfiée.

L'auteur est un sacré personnage qui ne manque pas d'humour, il suffit de lire le premier chapitre, aux descriptions absolument écœurantes et insupportables pour se dire qu'on n'ira guère plus loin dans le livre, jusqu'à découvrir qui est le véritable narrateur... L'humour réapparaîtra régulièrement dans les récits, et il faut bien cela pour décompresser de cas souvent tous plus sordides les uns que les autres.

 

J'ai beaucoup aimé ses interventions dans le cadre d'expert en médecine légale, sur des vivants (oui oui, la médecine légale ne s'occupe pas que des autopsies) quand il s'agit notamment de déjouer des arnaques aux assurances : on apprend beaucoup sur la nature humaine ! Si les faits divers sont pour la plupart éprouvants, Michel Sapanet a une façon bien à lui de leur apporter vie et humanité : c'est un métier qui exige avant tout une grande rigueur scientifique et le respect de protocoles précis, qui vont ainsi conduire à élucider bien des mystères et des causes de décès. C'est la démarche intellectuelle et médicalement précise et expliquée qui est intéressante.

 

P. 208 : « l'autopsie est une opération violente qui altère l'intégrité du corps. Une violence ultime, extrême mais nécessaire. Puisque c'est elle qui va rendre une identité à un cadavre inconnu, qui va révéler ce qui a mis fin à son existence, qui va contribuer à démasquer celui qui l'a tué. C'est notre façon à nous, légistes, de lui rendre son humanité. » Et jamais en effet dans ses chroniques il ne se départ de ce respect du corps, de la personne et de sa famille.

 

Un document passionnant, mais attention aux cœurs et estomacs sensibles, c'est parfois très glauque et certains chapitres sont à la limite du supportable.

 

Ed. Jean-Claude Gawsewitch, mars 2009, 286 pages, prix : 19,90 €

(existe en poche)

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Crédit photo couverture : © team static / Getty Images et éd. JC Gawsewitch

 

 

 

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Les kilos émotionnels - Stéphane Clerget

27 Décembre 2010, 13:10pm

Publié par Laure

Dans la rubrique billet très vite fait, je lis de tout, mais tout ne vous passionne pas :

 

kilos-emotionnels.jpgUne approche psychologique intéressante des problèmes de surpoids et de kilos "protecteurs", assez complète, peut-être un peu trop large et superficielle du coup (on y traite autant de la construction psychique de soi dans la petite enfance que de l'estime de soi à l'âge à l'adulte, du stress et de la dépression), chaque point pourtant intéressant ne pouvant être appronfondi longuement sauf à lire d'autres livres. Il en ressort néanmoins que la meilleure solution reste ... la psychothérapie.


Vous ne trouverez donc pas de recettes miracle dans cet ouvrage, mais une approche qui invite à s'interroger sur soi et à aller plus loin.

 

(à compléter sans doute utilement avec la lecture de Zermati)

 

Albin Michel, septembre 2009, 284 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : éd. Albin Michel (ayant une autre édition, je n'ai pas de référence plus précise à vous donner)

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Nous, on n’aime pas lire – Danièle Sallenave

10 Novembre 2010, 15:32pm

Publié par Laure

nous-on-n-aime-pas-lire.jpgDanièle Sallenave est une militante de la lecture. Normalienne, agrégée de lettres, elle a longtemps enseigné. Elle est aussi écrivain.

Dans « Nous, on n’aime pas lire », elle retrace son expérience dans un collège « ambition réussite » en zone d’éducation prioritaire, le collège de la Marquisanne à Toulon. Il s’agissait de faire parrainer une classe de 3ème par un écrivain, vaste opération médiatique et politique. Trente écrivains se sont engagés. Libres à eux de s’organiser comme ils voulaient. Danièle Sallenave a finalement rencontré deux classes à trois reprises au cours de l’année 2007-2008 et a choisi de leur faire lire une de ses pièces de théâtre, courte, et mettant en scène des ados. Les élèves écrivent à leur tour des dialogues… On n’en saura pas beaucoup plus sur cette expérience, et c’est là où le bât blesse : en quoi cette expérience a pu inciter (ou non) à avoir envie de lire, a-t-elle réussi peu ou prou, qu’en a-t-elle tiré sinon le constat habituel que l’on fait des banlieues ? On reste un peu sur sa faim quant aux échanges avec les jeunes au cours de cette expérience. Trois séances, n’était-ce pas trop court non plus pour un projet si ambitieux ?

 

Néanmoins, il y a pas mal de choses intéressantes dans son récit. C’est un fait, une donnée sociale et collective, ces enfants-là n’aiment pas lire, dit-elle. Peut-être tout simplement parce que la lecture reste pour eux extrêmement difficile, ils ne maîtrisent pas l’acte de lecture, et quand ils ânonnent, ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent. Ils sont fatigués et découragés d’avance. Leur environnement, c’est le foot, la télé, les consoles de jeux, et la cité, bref, tout ce qu’on lit d’habituel sur le sujet. L’Etat met davantage de moyens dans ces établissements, alors pourquoi ça ne marche pas ? des moyens matériels certes (belles bibliothèques, rénovations, matériel informatique) mais pas tellement de moyens humains. Il faudrait réellement pouvoir faire de tous petits groupes d’élèves, et donc, disposer de beaucoup d’enseignants.

 

Elle a une position critique et engagée sur un certain nombre de points évidents, notamment la société consumériste, le « pédagogisme » qui essaie tout un tas de trucs et méthodes, mais aussi sur la formation des enseignants : plutôt qu’une formation extrêmement pointue dans un domaine universitaire, ne faudrait-il pas leur offrir une culture plus générale dans tous les domaines et plus de temps pour lire et travailler sur cet axe ? Beaucoup d’enseignants disent ne pas avoir le temps de lire (comme beaucoup de gens !), ce à quoi elle répond que lire ne devrait pas être une question de temps, quand c’est avant tout un besoin, une nécessité, ce qu’approuveront tous les convaincus et boulimiques de lecture.

 

Là où je ne la rejoins pas, c’est sur la littérature jeunesse, qu’elle fustige sévèrement. Elle intrigue notamment quand elle dit que « beaucoup de carrières d’écrivains se sont construites à bon compte sur la littérature jeunesse » (ah oui, lesquelles ? je suis curieuse !) et qu’elle semble juger simpliste la littérature dite de jeunesse, qu’elle trouve trop moraliste. Il y a  un demi-siècle peut-être, mais aujourd’hui cela me semble erroné et dépassé !

 

Une interview de l’auteur au magazine littéraire  

Ainsi que sur le blog de Didier Jacob, du Nouvel Obs 

 

Gallimard, janvier 2009, 156 pages, prix : 11,50 €

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Crédit photo couverture : © éd. Gallimard

 

 

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K, histoires de crabe - Marie-Dominique Arrighi

29 Août 2010, 16:09pm

Publié par Laure

 

MDA-K.jpgK, histoires de crabe est la publication in extenso d'un blog, ce qui n'est pas si courant.

Comme moi vous avez peut-être suivi l'aventure narrée quasi au quotidien par Marie-Dominique Arrighi, plus souvent appelée MDA, journaliste à Libération, atteinte en 2009 d'un nouveau cancer du sein, après un premier cancer (du sein déjà) en 2005. En juin 2009, elle décide alors d'ouvrir un blog pour raconter son quotidien, au plus près de la réalité. Bien sûr, des blogs sur le cancer, il y en a sans doute d'autres, mais il y a dans celui-ci un ton particulier, un sens de l'information et de la précision remarquable, on apprend réellement des tas de choses (sur les traitements, sur l'organisation de l'hôpital, sur les transports sanitaires ubuesques), tout en suivant la réflexion de son auteur et découvrant au fur et à mesure sa (forte) personnalité. Son humour et son humanité. Personnel soignant, personnel de la CPAM, malades, simples lecteurs, nombreux alors sont ceux qui la lisent au quotidien et sentent venir tristement le basculement, MDA s'éteindra à l'hôpital des Diaconesses le 19 mars 2010.

Plusieurs éditeurs se disaient intéressés par son blog, elle se donnait un temps de réflexion, disant elle-même écrire dans la spontanéité du blog, et non de la littérature ou un essai longuement travaillé. Ce livre existe aujourd'hui, et c'est une bonne chose. Contrairement à ce que je croyais, il ne s'agit pas d'extraits mais bien de l'intégralité de ses textes, que j'ai relus avec émotion. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez au choix lire ce journal d'une nouvelle aventure cancérologique en ligne, prenez-le alors à l'envers évidemment, allez au plus loin des archives pour le lire chronologiquement, ou commandez-le chez votre libraire, les droits d'auteur sont reversés à des associations de prévention du cancer.

 

K, histoires de crabe est un témoignage intéressant, intelligent, et humain. Drôle et vivant, malgré la gravité du sujet.

 

Ed. Bleu autour, mai 2010, 435 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : éd. Bleu autour.

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Lettres à mon libraire (Collectif préfacé par François Busnel)

26 Janvier 2010, 10:05am

Publié par Laure

lettres librairesDécouvert sur une table de libraire, dans un amphithéâtre en plein colloque sur la Lecture, je n’ai pas résisté à l’appel du titre et de la promesse de plaisir, évidemment.

Jean Morzadec anime « le choix des libraires » en partenariat avec France Info et France 5 (La grande librairie) et il a rassemblé dans ce recueil une bonne quarantaine de lettres d’écrivains à leur(s) libraire(s). Lieux de passion et d’impulsion, lieux de conseils et d’intimité, les librairies sont le maillon incontournable entre un auteur et un lecteur, et ce maillon peut gagner encore en sens et en plaisir quand vous avez la chance de nouer un lien étroit avec votre libraire, personnage en chair en et os.

Ce petit recueil leur rend hommage, sous des formes très variées mais toujours très courtes, anecdotes, souvenirs, déclarations passionnées, prétextes pour caser son propre roman, on y trouve un peu de tout. Quelques uns ont joué l’originalité et l’humour, mentions particulières à Benoît Hopkin qui fait tout pour ne pas s’arrêter mais c’est fichu, cette vitrine est un aimant !, à Jean-Loup Chiflet qui nous la joue humour et perles du métier, ainsi que Didier Daeninckx.

Pourtant … il manque un entrain dans ce livre, je n’y ai pas ressenti l’enthousiasme espéré, peut-être est-ce dû aux conditions particulières de découverte, deux jours d’immersion dans la thématique lecture, interrogations et réflexions, passions de métiers et savoirs universitaires, études sociologiques et récits d’écrivains et d’éditeurs, il y avait tant de passion, de partage et de vie dans ces propos échangés durant deux jours en Mayenne que le livre n’arrive pas à la hauteur de ces échanges. La forme est trop courte, parfois à peine écrite (certaines lettres sont plus ou moins des retranscriptions téléphoniques), l’exercice aurait mérité davantage de temps et d’espace pour s’épanouir pleinement.
Finalement, la plus belle lettre, c’est peut-être tout simplement la préface de François Busnel, qui n’est pas écrivain mais journaliste et qui conclut ainsi : « J’avais huit ans et décidais que, s’il me fallait travailler un jour, j’exercerai ce métier de passeur : je serai libraire. Parce que la vie est un roman et qu’un bon roman ne conduit jamais ses personnages où ils pensent aller, il n’en est rien. Tant pis ! Je me console en continuant d’arpenter les librairies, à Paris, en province, à l’étranger, à la recherche de ce qu’il y a de plus rare et de plus important au monde et que je trouve en ces lieux mieux qu’ailleurs : une émotion qui ne soit pas fausse. »

 

 

Le site du choix des libraires

 

L’avis de Cathulu

 

Le Rouergue et France Info, septembre 2009, 119 pages, prix : 6 euros

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Crédit photo couverture : éd. Du Rouergue.

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La vie m'a dit... - Christine Orban

13 Novembre 2009, 22:48pm

Publié par Laure

Il fut un temps lointain où j’ai aimé quelques romans de Christine Orban. Au début de l’année 2009, son dernier « n’oublie pas d’être heureuse » m’avait tant ennuyée que je crois bien ne même pas l’avoir fini. Il y a deux ans, elle publiait un recueil de citations et petites phrases, que j’avais feuilleté en librairie, et qui sous un joli titre, Petites phrases pour traverser la vie en cas de tempête et par beau temps aussi, me semblait surtout cacher un gros vide. Aujourd’hui paraît un nouveau recueil, « fait d’instantanés, de phrases entendues, de scènes surprises ici ou là, d’observations. Attraper la vie avec une succession de phrases. » Dit comme ça, l’idée est attrayante. Le découpage est organisé : dans la vie m’a dit, il y a « je connais quelqu’un », « j’ai entendu », « je me souviens » (tiens, ça quelqu’un l'a déjà fait !), des thématiques, l’amour, l’amitié, la sagesse, la solitude, la déception, etc. Comme ça ne semblait pas suffire à remplir une centaine de pages très aérées, l’auteur y ajouté des citations d’écrivains, de Molière à Flaubert, de Sénèque à Proust, en y mêlant des propos d’inconnus, un élève du lycée Surcouf à Saint-Malo, un petit enfant du Bhoutan… Le hic, c’est qu’hormis les citations de grands auteurs qui tombent hors propos comme des cheveux sur la soupe, l’ensemble de ces phrases ultra courtes est d’une vacuité telle que je ne sais quels exemples vous donner, tous plus plats les uns que les autres.

p. 19 : « Peut-être ne faut-il pas trop connaître les gens »

p. 15 : « Je connais quelqu’un qui ne fait rien par peur de faire mal »

p. 53 : « Faute d’affection, contentons-nous de la politesse »

p. 33 : « Je me souviens des jupes-culottes »

p. 91 : « Attendre c’est perdre un jour en espérant un autre »

Je ne sais pas ce qu’elle vous raconte à vous, la vie, mais moi il me semble que même à la pause café entre collègues,  ou en discutant avec mes enfants ou en écoutant une conversation à la caisse du supermarché, la vie m’apprend des choses plus intéressantes que ça !

 

Je vous livre quand même deux phrases qui me semblent avoir leur place dans ce recueil :

 

p. 22 : « J’ai entendu des gens parler et ne rien dire »

p. 107 : « C’est aux livres et aux disques médiocres qui sont encensés que l’on mesure le pouvoir de l’artiste sur la presse ».

 

CQFD.

 

Albin Michel, novembre 2009, 176 pages, prix : 12,50 euros

Etoiles :

Crédit photo couverture : © BSIP / Philip Rosenberg et éd. Albin Michel.

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Ancrés à Mafate, ouverts sur le monde : regards d'enfants

11 Septembre 2009, 14:05pm

Publié par Laure


En février 2009, j’ai passé une dizaine de jours de vacances sur l’île de la Réunion. Souvenez-vous, il gelait à Paris et nous avions là-bas 35°, une mer transparente et plein de petits poissons pour nous chatouiller les pieds.

La mer, le volcan, les cirques. Je ne suis pas allée au cirque de Mafate, j’ai juste profité d’un superbe panorama depuis le piton du Maïdo. Le cirque de Mafate est un lieu exceptionnel à la Réunion : on n’y accède que par hélicoptère ou par des chemins de randonnées. Des habitants y sont installés, des enfants vont à l’école, il y a une vie à Mafate, ce n’est pas qu’un paysage !

Cet album en est le reflet, entièrement réalisé par les enfants de Mafate, avec les souvenirs aussi, de quelques unes de leurs mamans. A l’origine, il y a un projet, celui de Geneviève Ceccaldi, intitulé « Livres sur l’Autre, Livres pour l’Autre », pour faire découvrir aux enfants la vie d’autres enfants à travers le monde. Un livre devait être réalisé par des enfants à Madagascar, mais le projet prenant du retard, ce sont les enfants de Mafate qui ont inauguré la collection « Enfants de l’Océan Indien ». Grâce au travail de Monique Juhel, directrice de l’école de La Nouvelle et de ses collègues, ce sont six années de travail qui ont été synthétisées dans un livre. Ancrés à Mafate, ouverts sur le monde, est donc rédigé par les enfants des écoles primaires du cirque, qui expliquent leur vie à Mafate, l’illustrant de nombreux dessins et photos. Beaucoup rêvent de devenir pilotes d’hélicoptères, parce que l’hélicoptère est crucial à Mafate : il amène les ravitaillements, les matériaux de construction, les médecins, etc. C’est le seul moyen de transport pour rejoindre le reste de l’île.

On découvre dans ce livre le quotidien des enfants, ce qu’ils aiment, la cuisine créole, les commerces, leurs jeux, le facteur qui marche plus de dix heures par jour pour distribuer le courrier, les touristes qui viennent passer une ou deux nuits en gîtes, mais aussi leur ouverture sur l’extérieur : des classes de mer à Ouessant (imaginez : La Réunion – Ouessant !), des séjours en Afrique du Sud, mais aussi des classes découverte de leur île, il n’est pas toujours nécessaire d’aller très loin pour apprendre plein de choses !

J’ai aimé leurs anecdotes, surtout celle-ci : « L’équipe de l’émission télé [C’est pas sorcier] est venue à La Nouvelle pour enregistrer une émission avec nous. Pour faire le film, on a mis une journée entière, il fallait recommencer plusieurs fois la même scène. Mais nous n’avons aucune photo, car Fred et Jamy les ont emportées. Quand on a regardé l’émission à la télé, on a vraiment trouvé ça très court. Ce fut une belle expérience quand même. » Ah bah alors, Fred et Jamy, partir avec les photos, non mais quoi, c’est pas sympa ça ! J’espère que depuis vous leur en avez renvoyé quelques unes !

Une autre qui forcément « me parle » : « Le cyclone Dina avait cassé la bibliothèque des Orangers. Tous les livres étaient mouillés et on ne pouvait plus rien faire avec. Même le gros dictionnaire était noyé dans la flaque d’eau. On serait content d’avoir des livres neufs à Mafate, chaque enfant doit pouvoir prendre un livre le soir et le maître raconter des histoires. Sans bibliothèque nous étions tristes, surtout depuis que le boeuf avait mangé les derniers « papiers ». J’imagine (j’espère !) que depuis des livres sont venus remplir à nouveau votre bibliothèque, et si tous les lecteurs de ce blog vous envoyaient un petit livre, elle serait encore plus grande votre bibliothèque ! Chiche mes lecteurs ? L’adresse des écoles de Mafate, ça doit se trouver non ?  


Bravo en tout cas pour ce beau projet, cet album traduit bien toute la vie et l’amour des petits Mafatais pour leur cirque. Il suffit de quelques enseignants ou éducateurs passionnés, des enfants curieux de tout, et voilà le résultat : un bel album entièrement conçu par eux !

 

En savoir plus sur le livre et l’éditeur : l’article de Ricochet  

En savoir plus sur l’initiatrice du projet : Geneviève Ceccaldi

 

Merci à Geneviève bien sûr, qui au hasard du net, m’a envoyée ce livre. Et un autre dont je vous parlerai bientôt, sûrement !

 

Ed. Orphie, 2007, 55 pages, prix : 13 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : éd. Orphie et tout le collectif de l’ouvrage J

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Nous sommes tous des patients - Martin Winckler

31 Juillet 2009, 09:01am

Publié par Laure

Pris au hasard d’un rayon parce que tiens, ça fait longtemps que j’ai rien lu de lui, et parce que j’aime sa vision humaniste de la médecine et de la relation patient-médecin, je n’ai pas été déçue par ma lecture.
Certes, pour qui a l’habitude de lire Martin Winckler (romans ou essais), il n’y a pas de grande nouveauté dans ce livre, transcription (parfois très orale) d’entretiens avec Catherine Nabokov. La France est dans un système pyramidal et élitiste, qui fourvoie ainsi le statut de médecin,  c’est donc toute la formation qui est à repenser. On fait médecine pour la spécialité la plus pointue donc la mieux valorisante et la mieux payée ou pour aider la vie des gens malades ? De même sur la formation continue, la toute-puissance des laboratoires pharmaceutiques de mèche avec l’Etat, etc. Beaucoup d’anecdotes aussi, qui illustrent le propos, soit de ses vacations en consultation de contraception, soit du temps où il était généraliste en milieu rural.
Même si cela semble devenu aujourd’hui un fonds de commerce (il vit bien de sa plume), j’aime toujours autant son point de vue sur le sujet. Le patient n’est pas en face d’un Dieu tout-puissant, c’est un échange entre deux êtres humains qui permet le meilleur traitement quand le médecin sait être à l’écoute. Tout n’est pas pain béni non plus dans les idées de Winckler, et je ne suis pas certaine que les modèles anglo-saxons ou nordiques soient si parfaits que cela non plus, mais j’aime l’idée plus large d’aller voir ce qui se passe ailleurs, et de tenter de faire bouger les choses.

Ce livre est également sorti en poche en 2005. 

L’avis de Cuné, qui était très remontée ce jour-là ! (je ne fais pas exprès de la citer, partout où je passe elle a déjà tout lu et pour le coup, je n'ai trouvé que son avis !)

 

Actualité de l’auteur : le chœur des femmes, sortie prévue le 27 août 2009 chez P.O.L.

 

Editions Stock, coll. Documents, mars 2003, 219 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : éd. Stock.

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La France vue du sol – Pascal Fioretto, Vincent Haudiquet et Bruno Léandri

30 Juillet 2009, 15:25pm

Publié par Laure

Si vous voulez être sûrs de piquer un fou rire quelle que soit la page, ouvrez n’importe où cet atlas non autorisé intitulé la France vue du sol. Trois joyeux compères ayant l’habitude d’œuvrer dans le pastiche vous ont concocté un vrai guide de notre beau pays, avec ses 100 départements et ses 26 régions (oui n’oubliez pas les DOM quoi !), ses spécialités locales, ses cartes géographiques légendées, ses photos couleurs des grands sites à voir, parfois un petit encart historique, et toujours de très brèves données statistiques, faut bien se culturer un peu.

Classés par région puis par département à l’intérieur de chaque région (oui faut réviser un peu votre alphabet et vos plaques minéralogiques pour vous y retrouver, z’inquiétez pas y a un joli index à la fin), chaque département français a donc sa double page en couleur, avec ses infos aussi sérieuses que loufoques. Et c’est bien évidemment le grand n’importe quoi mêlé au tout à fait exact qui va vous faire marrer comme des tordus.

Allez, je prends un département au hasard, pas le mien :

Sur la carte géographique qui le représente, il y a un authentique trou normand à découper. A Vire, l’apparition d’andouilles. A Lisieux, l’apparition de la Sainte Vierge. A Deauville, l’apparition de Brad Pitt. Ah, à Deauville on peut trouver aussi un stock de planches de rechange. Quelque part du côté de Pont l’Evêque, en plus de l’apparition d’une pâte molle à croûte lavée, le début de l’embouteillage pour la Porte de Saint-Cloud. Etc., etc.

Quelques infos sérieuses quand même : superficie = 5548 km², dont 2 km² en planches.

Le climat : « Prends ton parapluie, car il peut faire soleil chez ton voisin, et pleuvoir dans ton jardin ». « En vacances au VVF à Condé-sur-Noireau, le temps pourra sembler long et pluvieux. En revanche, à l’abri d’un vieux ciré jaune, il peut sembler presque sec ». Etc. Etc.

Spécialités locales : « le Calvados a longtemps souffert d’une réputation de boisson pour ripailles de notaires (pris au milieu du banquet, le calvados dissout l’albumine, débouche le foie et perfore l’estomac tout en procurant une sensation d’appétit.) Le bench drinking (ou « biture express ») qui fait fureur actuellement  chez les ados, a redonné une seconde jeunesse à cette boisson vieille comme les pommes. Selon une étude récente de la ligue contre l’alcoolisme à mobylette, un prémix calva - Red Bull permet d’atteindre les 2,5 g/l d’alcoolémie 3 fois plus vite qu’un whisky-Coca et 5 fois plus rapidement qu’une Vodka-Fanta. »

Et ce ne sont que des extraits, sans les images… Allez-y, il y en a 100 comme ça, et forcément le vôtre si vous vivez en France.

PS : vous aurez bien sûr reconnu le beau département du Calvados où vit dame C. D’ailleurs, « le Calvados n’est pas le trou normand que l’on croit mais un département où il fait bon vivre et payer l’ISF (dès que les Parisiens ont foutu le camp le dimanche soir). »


C’est pas moi qui le dis, c’est :


Chiflet & Cie, 251 pages, mai 2009, prix : 17,95 €
(totalement amortis si vous voulez vous moquer du clocher de chez belle-maman par exemple)

Etoiles :  parce que ça m’a fait rire

Crédit photo couverture : une belle noiraude française.

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