Les jardins d'Hélène

essais - documents

Tous les enfants sauf un - Philippe Forest

7 Octobre 2007, 05:34am

Publié par Laure

tous-les-enfants.jpgCet essai de Philippe Forest est une somme de réflexion d’une intelligence rare et juste, à laquelle j’applaudis et adhère sans retenue. Quel plaisir de trouver encore dans la littérature des ouvrages de cette qualité !

« Tous les enfants, sauf un, grandissent » est la phrase d’ouverture du roman de James Barrie, Peter Pan. C’est aussi le titre de cet essai, que citait déjà l’auteur dans un précédent roman il y a dix ans, L’enfant éternel. Dans le premier chapitre, Philippe Forest revient sur le décès de sa fille de 4 ans, emportée par un cancer des os il y a tout juste 10 ans. Ses propos sont d’une froideur détachée  frissonnante, sans sentimentalité, les faits cliniques, rien que les faits. De ce chapitre sous-tend bien sûr toute la souffrance et la difficulté d’un deuil, d’un deuil encore plus insupportable quand il s’agit de la mort d’une enfant. Réflexions sur l’hôpital, sur le travail de deuil, sur la religion, sur la littérature comme pseudo thérapie, tous les propos qui suivent mêlent dans une connaissance épatante histoire de la philosophie, de la religion et de la mort en Occident. A l’heure où la polémique Laurens/Darrieussecq agite le petit monde germanopratin autour de la légitimité d’écrire sur ce deuil parental, ce petit ouvrage est salutaire et ô combien élévateur. On reprochera peut-être des propos parfois pointus, tant dans le style soutenu de l’écriture que dans l’étendue philosophique des connaissances, qui ne rendent pas la lecture facile, mais face à la pertinence du questionnement, on ne peut que s’incliner. Merci M. Forest, pour cet essai qui préfère la réflexion au pathos, et même si pour moi cela fait bientôt 15 que l’enfant s’en est allé, le questionnement reste vif, et parlant. On se surprend à vouloir noter telle phrase et bien vite à les recopier presque toutes. Ce livre est de ceux que l’on garde, et que l’on relit, un jour, inévitablement.
 
Lu en septembre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, sélection d'octobre.

Gallimard, janv. 2007, 176 pages, prix : 11,90 €
Ma note : 4,5/5

Note barème Elle : 18/20

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Et si c'était niais ? : pastiches - Pascal Fioretto

1 Octobre 2007, 12:27pm

Publié par Laure

et-si-cetait-niais.jpgLe livre m’est parvenu accompagné d’un post-it : « M’a fait rire aux larmes, excellentissime ! Amuse-toi bien ! » C’est un pari gagné !!

Si vous avez envie de glousser de plaisir et de ricaner sans vous cacher, ouvrez vite ces pastiches, et vous verrez, vous vous esclafferez bien vite !

Plus qu’un collage de pastiches très réussis, c’est d’abord un roman : tous les grands écrivains des éditions Jean-Louis Chiflon (traduire ceux qui vendent à plus de 100 000 exemplaires) disparaissent les uns après les autres. Qui peut bien leur en vouloir ainsi ? Le commissaire Adam Seberg accompagné de son lieutenant Antoine Glandard mène l’enquête. Les grandes plumes de la maison se sont prêté au jeu pour écrire chacune un chapitre : démêlez donc l’intrigue avec Denis-Henri Lévi à Barbès Vertigo (là où tout commence), continuez avec Christine Anxiot (Pourquoi moi ?), Fred Wargas, Tais-toi si tu veux parler, Marc Levis (Et si c’était niais ?), Mélanie Notlong (Hygiène du tube, et tout le tremblement), Pascal Servan (Ils ont touché à mes glaïeuls – journal tome XXII), Bernard Werbeux (des fourmis et des anges), Jean d’Ormissemon (de la française Académie) avec C’était rudement  bath !, Jean-Christophe Rangé (Les limbes pourpres du concile des loups), Frédéric Beisbéger (64%), et l’enquête se clôt brillamment avec Anna Galvauda : Quelqu’un m’attend, c’est tout.

Vous les avez reconnus… même si vous ne les avez pas lus, ils sont suffisamment médiatiques pour que vous retrouviez l’image qu’on vous donne d’eux, et si vous les avez lus, vous savourerez d’autant mieux les allusions nombreuses ! Ils sont plus vrais que nature ! Fioretto a un immense talent, c’est excellentissime !

Du grand art, une bouffée d’air frais insolente dans ce paysage de rentrée, qu’est-ce que vous faites encore là ? Courez l’acheter !!

 

Ed. Chiflet & Cie, août 2007, 210 pages, prix : 15 €

Ma note : 5/5

Crédit photo couverture : éd. Chiflet & Cie et Amazon.fr

Crédit tout court : merci Cuné !

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Pour l'amour d'un guerrier - Brigitte Brault et Dominique de Saint Pern

6 Septembre 2007, 04:37am

Publié par Laure

pour-l-amour-d-un-guerrier.jpgDominique de Saint Pern a prêté sa plume à Brigitte Brault pour recueillir son expérience et son histoire surprenante en Afghanistan. Journaliste dans une délégation régionale de France 3, Brigitte Brault prend sur ses RTT pour partir en Afghanistan, où elle monte un cours de « camerawomen » pour les jeunes afghanes. J’ai beaucoup aimé le premier tiers du livre, où elle rencontre le commandant Massoud, assassiné peu après par des terroristes qu’elle a côtoyés sans le savoir, et se bat pour former de jeunes afghanes au métier de reporter. Cette femme a une volonté de fer et un grand courage, ainsi qu’une grande passion qui lui permettent d’œuvrer intelligemment pour la « libération » de la femme afghane. Au cours de son expérience et de ses déplacements, elle rencontre Shazada Mohmand Khan, un chef de tribu pashtoune qui règne sur les Mohmands, dont elle tombe éperdument amoureuse. Il est marié et père de 7 enfants. Plus tard, il sera élu au parlement de Kaboul. Dès lors l’auteur s’attache à nous narrer cette histoire d’amour impossible, mais néanmoins vécue au profit d’arrangements, de concessions, et de tolérance. Brigitte se convertit à l’Islam par amour, mais n’est pas encore prête à subir le sort des femmes voilées recluses et totalement à la merci de leur mari. Comment surmonter le choc des cultures et des traditions, l’amour peut-il tout ? Cette seconde partie du livre m’a lassée, je l’ai trouvée assez répétitive et un peu trop sentimentale, une guimauve dégoulinante qui ne prend pas suffisamment de recul. Il ne s’agit donc plus d’un témoignage sur l’Afghanistan mais d’une banale histoire d’amour, aussi compliquée soit-elle.

Un autre point m’a choquée dans le récit : l’auteur se plaint à deux reprises de ne gagner que 1000 euros par mois (ce qui résulte de son choix), ce qu’elle qualifie de trop peu et de difficile. J’ignore quel est le niveau de vie en Afghanistan et quel était le coût de la vie là-bas au moment de son expérience, mais des salaires à 1000 euros en France, il y en a énormément, et celles qui les subissent n’ont pas vraiment le loisir de s’en plaindre !

 

Nota : livre lu fin juillet / début août dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008 pour le jury de septembre. La synthèse étant parue dans le Elle de cette semaine (n° du 3 septembre), je m'autorise à présent à mettre mes critiques en ligne.
Deux documents nous étaient proposés à la lecture, c'est Edith Thomas, passionnément résistante qui a remporté les suffrages dans cette catégorie pour le mois de septembre. A suivre pour les 3 romans et les 2 polars sélectionnés !

Grasset, mars 2007, 332 pages, prix : 17,90 €

Ma note :2,5/5
Crédit photo couverture : éd. Grasset et Amazon.fr

 

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Comment traire une poule ? - Marie et Hubert Deveaux

26 Juillet 2007, 08:34am

Publié par Laure


 
comment-traire-une-poule.jpg Manuel à l'usage des nouveaux campagnards
Allez, soyons fous, comme dit Philippe, c’est les soldes et je me lâche : je mets un 5/5 ! Tout simplement parce que j’ai beaucoup ri et que tout dans ce petit livre est parfaitement juste !

Petit guide des nouveaux campagnards, on y trouvera différents profils : l’ex baba cool éleveur de chèvres dans le Larzac, le résident secondaire (riche et moins riche, le moins riche est enseignant !), l’invité, le rurbain (le pavillonnaire en proche banlieue qui met une balançoire dans son jardin pour ses gamins), le néorural, l’hôte (qu’il soit touriste ou propriétaire d’une chambre d’hôtes) et les fameux anglais du Périgord ou d’ailleurs…

Bref, juste assez long pour être complet, et pas trop pour qu’on ne s’y ennuie pas, ce bouquin déborde d’humour et d’exemples délirants (et néanmoins pertinents). Les nombreuses notes de bas de page sont truculentes ! Et n’en déplaise au lecteur, il se reconnaîtra forcément dans l’un ou l’autre exemple, parole de lectrice !

 

Elles ont ri avant moi : Flo, Cathulu , Agapanthe, ...

 

Ed. Chiflet & Cie, oct. 2006, 125 pages, prix : 10 €

Ma note : 5/5

Crédit photo couverture : éd. Chiflet & Cie et © Raphaëlle d’Hautefeuille

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Cahier de vacances pour adultes de 17 à 77 ans - Christophe Absi

29 Juin 2007, 19:16pm

Publié par Laure

Pêché chez Cathulu, j'en ai commandé 3 dans la foulée, j'espère qu'ils feront sourire les instits de mes enfants ! (ça remplacera la rose ou la bougie déco en traditionnel cadeau de fin d'année !)

cahier-vacances.jpg Car il n'y a pas de raison que seuls les enfants soupirent sur leur sempiternel cahier de vacances, à tenter de résoudre des problèmes de maths à deux mètres de la piscine ! Voici une découverte aussi sérieuse que loufoque, drôle et décalée ! De vrais exercices, des jeux, des questionnaires, histoire de tester vos connaissances en culture générale et de réviser vos vieilles années scolaires. Le tout parsemé de "bizarreries" qui n'ont d'autre effet que de vous faire éclater de rire, bref, c'est bourré d'humour et ça fait grand bien ! 
PS : ne ratez pas le "concours factice avec obligation d'achat" pour gagner des lots de bonbons et de jambon de pays si vous trouvez les 3 erreurs laissées dans l'encarté des corrigés !

Ed. Chiflet & Cie, juin 2007, prix 7,95 € (même format qu'un vrai cahier de vacances !)
Ma note : 5/5
Crédit photo couverture : éd. Chiflet et Cie

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à dans quinze jours ... - Arnaud Guigue

24 Avril 2007, 08:49am

Publié par Laure

Ce court récit est le témoignage d’un père divorcé, 35 ans, prof de philo dans un lycée parisien, séparé de sa femme qui vit à Fontainebleau avec leurs deux garçons de 8 et 10 ans. Tout cela se passe en l’an 2000. Mais le divorce est plus ancien, quand les garçons avaient 3 et 5 ans. Le père a une nouvelle compagne, la mère est remariée et a deux petites filles. Famille recomposée, comme il est banal d’en trouver aujourd’hui. Mais là n’est pas tant le propos que le ressenti et l’analyse de ce père en manque de ses enfants.

Du samedi midi où il les prend à la sortie de l’école au dimanche soir où il les reconduit chez leur mère, et cela un week-end sur deux, le temps est précieux. Presque minuté, en tout cas organisé, afin que chaque moment soit consacré avec amour à ses enfants.

Des réflexions aussi sur l’entité familiale, les nouveaux conjoints, des espoirs sur les partages et la complicité à venir lorsque ses garçons seront adolescents, des regards sur le passé sur la toute petite enfance qu’il a laissé filer parce qu’il n’y était pas prêt, bref, un très beau regard de père, qui comme tout témoignage est unique, mais dans lequel sans doute beaucoup pourront se retrouver.

 

Cet extrait p. 61-62 : « Le beau-père, c’est l’autre. Peut-être est-il pour les enfants un autre père, cela je n’en sais rien, mais pour moi il n’est que l’autre. Je ne sais pour ainsi dire rien de lui. […] Il partage la vie quotidienne des enfants depuis que je suis séparé d’eux. J’ai le souvenir d’avoir beaucoup souffert de cette situation au début. J’enrageais qu’une personne anonyme puisse se substituer à moi aussi radicalement dans l’existence des enfants. Je craignais sincèrement, je crois, de me voir évincé et remplacé du même coup dans mes prérogatives de père. L’idée qu’il puisse se nouer une complicité entre cet inconnu et mes fils m’épouvantait. Il allait nécessairement les éduquer autrement que je ne l’aurais fait, il allait leur inculquer des valeurs contraires aux miennes, inévitablement il ferait tout pour les séduire et tenter, par exemple, de blaguer avec eux. Que mes enfants puissent rire de bon cœur avec lui m’apparaissait comme la pire chose qui pourrait m’arriver. […] Je regrettais sincèrement que cet intrus n’ait pas quelques défauts qui pourraient le rendre antipathique auprès des enfants. »

 

Vous aurez compris combien ce passage résonne en moi, quand je pense à elle, l’autre, celle qui les verra… un week-end sur deux.

 

Bayard éditions, mars 2000, 140 pages, prix : 13,72 €

 

Ma note : 4/5

 

Crédit photo couverture : éd. Bayard et Amazon.fr

 

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Le nouveau magasin d'écriture - Hubert Haddad

5 Janvier 2007, 10:10am

Publié par Laure

Ce livre est une somme, et si c’est un magasin, il ressemble plus à un hypermarché qu’à une épicerie de campagne, tant il offre de richesses (mais avec la qualité de l'épicier parisien de luxe !) Pourtant, je n’y ai pas trouvé de véritable bonheur, malgré toutes les louanges de Clarabel. Le nouveau magasin d’écriture est un livre savant et exigeant, qui ne s’adresse pas au public le plus large possible (là c’est le défaut de la bibliothécaire !) C’est un livre pour les amoureux des mots, les poètes et les aspirants écrivains, et tous les animateurs d’ateliers d’écriture (parmi lesquels j’inclus les enseignants, l’ouvrage proposant beaucoup d’exemples pour la jeunesse). Je ne fais pas partie de ce « public cible ». Oui mais. En même temps qu’un recueil d’exercices et de pistes pour susciter les jeux d’écriture, c’est aussi un gigantesque manuel d’histoire littéraire, qui fourmille d’exemples et de références à explorer. Ce n’est donc pas un essai qu’on lit d’une traite, mais un ouvrage de référence dans lequel on reviendra piocher régulièrement, au gré des envies, et selon que l’on s’intéressera à la poésie, au conte, au surréalisme, à tous les champs possibles du roman et de la littérature. A condition d’avoir au préalable fait une fac de lettres et de se souvenir, si l’on a pris de l’âge, de tout ce vocabulaire qui emprunte à la critique littéraire, car bien sûr, vous savez par cœur, vous, ce que sont les actants, le paratexte et les hétéronymes, la cénesthésie, le chiasme et la fatrasie, l’expolition et l’apologue ? (Vous avez raison, il n’y a pas d’âge pour apprendre). Sans emprunter au champ lexical de la rhétorique, vous emprunterez des passages stertoreux : oups, je vous jure que je n’ai pas fait exprès de relever ce mot, c’est un des nombreux qui pour moi nécessite une lecture avec dictionnaire à portée de main : et bien figurez-vous que stertoreux signifie « caractérisé par le ronflement ». ça relèverait pas du lapsus, ce mot relevé par ma petite main sur 900 pages très denses ?

Intéressant, mais il faut être très motivé, ce qui visiblement, n’est pas mon cas !

Zulma, janv. 2006, 938 pages, ISBN 2-84304-352-2, prix : 30 €

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Ces enfants malades de leurs parents - Anne Ancelin Schützenberger et Ghislain Devroede

16 Août 2006, 13:55pm

Publié par Laure

Un livre choisi par erreur car je cherchais quelque chose sur les souffrances des enfants (devenus adultes) en rapport avec ce qu’avaient pu leur faire vivre leurs parents. Le titre m’a induit en erreur, car ce livre est à la fois beaucoup plus précis que cela et sur un sujet un peu différent.

L’auteur s’attache à montrer par des cas cliniques combien les enfants (y compris une fois adultes) somatisent des souffrances vécues par leurs parents et gardées secrètes. Leur corps exprime des souffrances non dites. Si je simplifie à l’extrême, les maux de ventre inexpliqués par des causes physiques pourraient être dû à un secret de famille bien gardé. Les exemples sont nombreux et détaillés sur des cas de constipation sévère quasiment tous liés à des abus sexuels subis par les parents ou arrière grands-parents. Dès que la victime réussit à se libérer par la parole, les symptômes disparaissent chez l’enfant. Les abus ne sont pas tous sexuels, mais le plus souvent. La démonstration est intéressante, mais un peu trop concentrée sur les détails défécation/viol, ce qui devient assez pénible (je vous épargne les détails). En revanche ce livre intéressera sans doute des personnes qui seraient concernées, mais pour ma part j’aurais souhaité une étude plus générale. Bref, ce n’est pas ce que je cherchais. Le sujet est intéressant, mais pas sur des questions intestinales ;-)

 

Payot, 2003, 179 p. ISBN 2-228-89792-2, prix : 15,50 €

Existe en poche

Ma note : 2,5/5

 

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Quand la lecture devient voyage

4 Août 2006, 14:07pm

Publié par Laure

Je profite de l’été un peu plus creux au travail (pas d’accueils de classes !) pour lire enfin quelques livres professionnels. Je ne vais donc pas vraiment parler de ce livre qui n’intéressera que les bibliothécaires et les enseignants, mais j’en garderai juste quelques notes pour mémoire. Ce livre propose de monter une animation intéressante (le fameux voyage-lecture) dans un partenariat intéressant avec les enseignants, plaçant l’enfant au cœur de la lecture, en dehors des productions écrites obligatoires ou rasoirs, et nous sortant nous, bibliothécaires de notre rôle parfois énervant de simples fournisseurs de l’éducation nationale.

Bref ce livre m’a remis du baume au cœur, ne serait-ce qu’en rappelant que malgré tout notre bon vouloir, nous en oublions trop souvent que notre tâche principale devrait d’abord être, pour devenir de bons passeurs, conseillers, médiateurs ou initiateurs du livre, la lecture ! C’est tout bête mais à force de pédaler au quotidien le nez dans le guidon parce qu’il faut bien avancer et parce qu’on nous en demande toujours plus (trop ?), on en oublie aussi que parfois ça fait du bien de se poser pour réfléchir un peu à ce que l’on fait ! (et on ne lit jamais au travail !)

Si monter un voyage lecture demande un gros investissement  (en temps et en concertation) au départ, il me semble pour le moins passionnant et payant en retour.

Si d’ailleurs vous avez idée de titres de romans pour des enfants de CM1-CM2 (9-10 ans) sur le thème de la mer, n’hésitez pas à me laisser un commentaire (parce que je trouve toujours vos idées meilleures que les miennes !!)

Le voyage-lecture, bibliothèques et écoles associées, ou comment vivre avec douze livres une histoire commune de lecture, par Véronique-Marie Lombard

Ed. Du Cercle de la Librairie, sept.2003, 93 p. ISBN 2-7654-0865-3, prix : 25 €

Ma note :4,5/5

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Tant qu'il y aura des livres - Laurence Santantonios

29 Juillet 2006, 09:18am

Publié par Laure

D’abord enthousiaste à la lecture de ce livre, le soufflé est un peu trop vite retombé. Au début j’apprenais plein de choses, ensuite beaucoup moins ! Je suis donc beaucoup plus proche de l’avis de Flo que de celui de Cuné. Peut-être parce que travaillant dans le milieu du livre, j’ai déjà lu une bonne part de ces infos dans des articles professionnels. C’est néanmoins un très bon livre pour un public néophyte qui voudrait un aperçu complet mais compréhensible et clair du monde l’édition, des librairies et des bibliothèques.

Je vous livre quand même les passages qui m’ont plu, comme ça, sans logique particulière, dans le sens de lecture, c’est tout :

(tous les passages en bleu-vert sont des citations de l’ouvrage) 

4000 nouveaux livres paraissent chaque mois. 

Les éditeurs détruisent des millions de livres chaque année (104 millions plus les 2 millions pilonnés par les bibliothèques françaises)

18% seulement des Français sont de gros lecteurs, c’est-à-dire qu’ils lisent plus de 20 livres par an. (nous c’est par mois ou presque, nous ne sommes pas normaux, mais vous le saviez déjà !) 

La crise du disque (celle de la vidéo bientôt ?) libère de la place pour le livre. En 1995, Virgin avait fait 14% de son chiffre d’affaires avec le livre et 65% avec la musique. En 2004, les chiffres étaient de 25,5% avec le livre et 31% avec la musique. 

Sur la différence entre livre soldé et livre d’occasion (ça fait du bien de le rappeler) :

Le solde est principalement un palliatif au pilon. Le livre d’occasion est une manière de donner une seconde vie à des livres qui ont déjà été achetés et lus.  

Le directeur d’une grande maison d’édition généraliste constatait que l’édition de littérature générale voue à la destruction (déstockage, pilonnage) à peu près la moitié de ce qu’elle fait imprimer. (p.147)

Cette remarque de François Taillandier à propos de la réédition en format de poche : « La réédition en format de poche veut dire que les éditeurs jugent que ça vaut le coup, que l’ouvrage peut trouver un deuxième souffle, un public que l’édition première n’a pas atteint.

Combien de fois a-t-on entendu : « je l’achèterai quand ça sortira en poche… » Au passage, les lecteurs qui disent cela devraient songer que si tout le monde réagit comme eux, cela n’arrivera jamais… » (p.150-151) 

En général, un livre de poche est réimprimé à partir de 300 exemplaires vendus par an.

Et pour finir, une citation qui fait chaud au cœur des bibliothécaires :

p.220 : les bibliothèques [publiques] sont les gardiennes du trésor (…) Les livres n’ont pas de meilleures maisons pour vieillir en beauté que les bibliothèques.

Et j'aurais pu citer d'autres passages sur la passion de beaucoup de libraires, j'ai aimé qu'elle cite Lirabur, la petite librairie qui a lancé son Prix du Livre oublié (et qui a son blog), la part énorme des diffuseurs dans le circuit, etc.

Bartillat, mars 2005, 240 p. ISBN 2-84100-339-6, prix : 18 €

Ma note : 3/5

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