Les jardins d'Hélène

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La belle étoile / l’étoile rebelle – Cathy Cassidy

24 Août 2018, 18:40pm

Publié par Laure

La belle étoile / l’étoile rebelle – Cathy Cassidy

Traduits de l’anglais par Anne Guitton

 

 

La belle étoile :

Dizzie vit avec son père depuis que sa mère est partie alors qu’elle avait quatre ans. Chaque année, celle-ci lui adresse une carte avec un petit cadeau. Le jour de ses douze ans, Dizzie attend donc impatiemment ce courrier mais ... rien n’arrive.

Rien ? Ou plutôt si : sa mère en personne. Qui propose de l’emmener faire un tour des festivals de musique hippie. Comme si huit ans d’absence sans nouvelles n’avaient aucune incidence sur la vie de la jeune adolescente. Sur un malentendu avec son père (elle pensait avoir son accord), elle part en camping-car avec sa mère.

C’est l’immersion totale dans une communauté hippie, un mode de vie qu’elle ignore totalement et découvre souvent effarée. Elle va croiser un ado et un enfant tous deux attachants, et se trouver confrontée au regard des autres face à la vie des gens nomades et libres ou qui prônent cette liberté.

 

C’est un roman que j’ai trouvé très triste et rude, mais ô combien attachant ! Comme on a envie de la secouer cette mère défaillante et immature !  Comme on a envie de rappeler à Dizzie la stabilité et l’amour serein et pérenne qu’elle a auprès de son père ! Bien sûr tout finit bien et se veut plutôt positif, mais les drames n’épargnent pas les personnages, surtout les jeunes Finn et Mouse.

 

Un roman très émouvant dans lequel le lecteur ne peut qu’être en empathie avec les personnages (sauf celui de la mère !), qui évoque aussi l’amitié, l’amour naissant, le bien / le mal, et l’éducation parentale…

 

 

Conseillé par l’éditeur à partir de 11 ans, il s’adresse donc aux pré-ados et jeunes ados.

 

 

Nathan, janvier 2018, 252 pages, prix : 15,95 €, ISBN : 978-2-09-258022-6

 

 

 

 

 

L’étoile rebelle :

Autant j’ai aimé la belle étoile, autant j’ai trouvé cet épisode reprenant l’un des personnages quelques années plus tard beaucoup plus banal.

 

On retrouve le jeune Mouse sept ans plus tard, désormais âgé de quatorze ans. Il vit à nouveau avec sa mère, dans un logement social de banlieue, un quartier dans lequel les dealers font la loi. Lorsqu’il trouve et adopte un petit chien qu’il nomme Lucky, il est loin de se douter qu’il appartient au caïd de la cité.

 

Avec Cat, une jeune fille rencontrée par hasard (il notera lui-même le sort un peu forcé de « Cat & Mouse »), Mouse va lutter de manière non violente contre la drogue, par le tag notamment, présenté comme un outil artistique et dénonciateur.

 

Ce volume s’attarde davantage sur les différences de milieu social, la non-violence, la lutte contre la drogue, les liens familiaux, le mensonge. Si l’on a du plaisir à retrouver l’un des personnages de la belle étoile (et les autres apparaissent plus rapidement), je trouve cette nouvelle intrigue beaucoup plus fade et vaine.

 

Ce titre fonctionnera sans doute bien dans l’effet « série », même si les deux peuvent se lire tout à fait indépendamment, je le trouve toutefois beaucoup moins riche dans la réflexion et la pertinence de la psychologie des personnages par rapport au précédent.

 

 

Conseillé par l’éditeur à partir de 11 ans également.

 

 

 

Dites les gens de chez Nathan, il faudrait choisir : sur les couvertures un macaron imprimé indique « par l’auteure des filles au chocolat », et en fin d’ouvrage, on trouve une notice sur l’autrice Cathy Cassidy. ;-)

 

 

Nathan, juin 2018, 264 pages, prix : 15,95 €, ISBN : 9782-2-09-258013-4

 

 

 

 

Crédit Photos couvertures : Laurence Ningre / Anne-Lise Dugat / éd. Nathan

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Dancers - Jean-Philippe Blondel

22 Août 2018, 09:00am

Publié par Laure

Je peux bien l’avouer, j’ai lu tout Jean-Philippe Blondel, du moins tout ce qui est publié à ce jour et facile à trouver. Il doit bien y avoir quelques nouvelles ici ou là sur lesquelles je n’ai pas mis la main.

 

C’est peut-être même le seul auteur envers qui j’ai cette fidélité. Alors forcément parfois je suis un brin déçue. C’est un peu le cas de ce Dancers, même si là, c’est sans doute une question d’âge : je ne suis plus le public cible de cette collection, il y a bien longtemps que je n’ai plus quinze ans. Néanmoins j’ai adoré grand nombre des romans ados de Jean-Philippe Blondel.

 

Celui-ci m’est apparu plus fade, trop lisse, trop scolaire. Parfait dans la forme et le fonds, on peut même déjà y voir les questions des débats en Prix des Lecteurs. Mais il ne m’a pas touchée, pas émue. Et c’est sans doute ce que j’attends avant tout de mes lectures.

 

Trois adolescents l’année du bac français, en classe option danse. Anaïs, Adrien, Sanjeewa : deux garçons une fille, de mars à juin, aux parcours scolaires et familiaux différents, qui racontent leur histoire à tour de rôle. Un trio qui se mêle, se démêle, s’aime, se sépare, et la danse pour point commun. Dans des formes différentes. On y parle danse mais ça aurait pu être du foot, ou n’importe quel autre sport poussé à un niveau où le corps et le mental sont deux forces équitablement nécessaires.

 

Bien sûr, les personnages vont se révéler à eux-mêmes et ressortir grandis de l’expérience. Jean-Philippe Blondel est toujours maitre dans l’observation et l’écriture de l’intime. Quant à la fin, je reste un peu en suspens, je ne suis pas sûre de l’interprétation qu’il faille en faire.

 

Du bon boulot, mais qui a pour moi un goût d’exercice (bien) appliqué, sans le petit plus qui aurait pu m’enthousiasmer.

 

 

 

Pourquoi je l’ai lu : parce que c’est Jean-Philippe Blondel.

 

Où et comment je l’ai lu : sur ma nouvelle liseuse un soir de canicule au jardin, en service de presse numérique proposé par la plateforme Netgalley.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Actes Sud junior, août 2018, 176 pages, prix : 13,90 €, ISBN : 978-2-330-10849-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © proxyminder / gettyimages et éd. Actes Sud.

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Stony Bay beach (tome 1 : Sam & Jase) - Huntley Fitzpatrick

11 Août 2018, 09:58am

Publié par Laure

traduit de l'américain par Julie Lopez

 

Tout arrive dans la vie : j'ai réussi à faire lire un livre à Mosquito. Un livre en 7 ou 9 ans, c'est un exploit. Même pour le bac français, elle est passée entre les gouttes, je ne suis pas certaine qu'elle ait fini les œuvres au programme (et pourtant il y avait "au-revoir là-haut" de Pierre Lemaître !)

 

A force de lui casser les pieds cet été, elle a refusé les classiques mais accepté de piocher dans les piles qui trainent à la maison : elle voulait quelque chose de facile. Bingo.

 

Voici donc l'avis non censuré de ma petite dernière, Constance, 17 ans 1/2 :

 

Ce premier roman de Fitzpatrick est une histoire réaliste et captivante, mais seulement pour les adolescents de 15 ans. Une histoire d'amour dont on devine rapidement l'issue, un peu banale, de deux adolescents voisins dotés de tous les stéréotypes de la beauté à cet âge : cheveux longs et taches de rousseur pour elle, grand et musclé pour lui. Une relation qui ne peut être dévoilée à la mère de Samantha qui ne supporte pas ses voisins, cette grande famille nombreuse et non organisée. Il faut attendre plus de la moitié du roman pour avoir quelques péripéties intéressantes du côté de la meilleure amie Nan et d'un accident de voiture entraînant d'importantes conséquences.

Les personnages sont toutefois attachants, les différents caractères et différentes personnalités laissent une histoire réaliste.

Ce roman est facile et rapide à lire et reste plutôt pas mal. Je ne sais pas si je lirai son second roman qui est concentré sur deux personnages secondaires du premier.

 

 

 

Nathan, janvier 2018, 538 pages, prix : 17,95 €, ISBN : 978-2-09-257515-4

 

 

 

Crédit photo couverture :  © Laurence Ningre et éd. Nathan

 

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Qui ment ? - Karen M. McManus

18 Juillet 2018, 14:13pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Delcourt

 

 

 

Cinq lycéens sont collés pour avoir apporté des téléphones portables en cours et s’être fait surprendre par leur professeur. Cinq élèves aux hobbies et à la personnalité très différents : il y a Simon, qui alimentait un journal à potins, Bronwyn, la sage et bonne élève, Nate, le dealer, Cooper, le sportif, et enfin Addy la jolie fille sympa.

 

Mais très vite Simon meurt d’un choc anaphylactique : tout le monde connaissait pourtant son allergie aux arachides et sa méticulosité à éviter celles-ci, alors comment a-t-il pu boire de l’eau dans un récipient ayant contenu de l’huile d’arachide, lui qui ne buvait que dans sa propre gourde ? Quelqu’un a bien dû vouloir le tuer !  Les quatre autres lycéens sont donc suspects.

 

Peu à peu le lecteur va découvrir les secrets des uns et des autres, jusqu’au dénouement qui révélera le coupable.

 

Les secrets et défauts des lycéens étant assez vite connus, le roman s’enlise dans un bavardage creux et fade que j’ai trouvé bien ennuyeux. La fin est pourtant inattendue et plutôt bien menée, il est donc dommage que les trois premiers quarts soient aussi insipides (et longs !)

 

Le découpage égrène le calendrier en donnant successivement la parole aux quatre protagonistes, mais rien ne les différencie dans le discours, leur façon d’être et de s’exprimer, c’est fort dommage dans un roman choral.

 

 

Bref c’était l’été, le camping, les doigts de pied en éventail à la piscine, sinon je ne l’aurais même pas fini… Je n’en garderai pas un grand souvenir.

 

 

 

 

Nathan, mars 2018, 459 pages, prix : 17,95 €, ISBN : 978-2-09-257521-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © diverses banques d’images et éd. Nathan

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Si c’est pour l’éternité – Tommy Wallach

17 Juillet 2018, 13:35pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Anne Guitton

 

 

Parker Santé a 17 ans, et la particularité d’avoir perdu la parole cinq ans auparavant, au décès de son père dans un accident de voiture dans laquelle il se trouvait également. Il préfère développer ses talents de pickpocket dans les hôtels de luxe de San Francisco que de fréquenter le lycée. Il a une façon bien à lui de voir la redistribution des richesses. C’est ainsi qu’il va faire la connaissance de Zelda Toth, une très belle jeune femme aux cheveux d’argent.

 

Une étrange relation va naître en eux, car s’il la dépouille de son argent, elle ne lui en veut pas pour autant, à quoi bon, elle envisage de se suicider quelques jours plus tard. Il va dès lors faire tout ce qu’il peut pour la faire changer d’avis.

 

J’ai adoré ce roman pour adolescents : son humour, sa fantaisie, son originalité ont fait mouche. Écrit à la façon d’un journal à la première personne, le lecteur découvre aussi que le jeune Parker consacre du temps à l’écriture de fiction, ses contes insérés dans le récit apportent une touche complémentaire à l’ensemble du roman. Si je ne suis pas fan de l’élément fantastique de l’intrigue, peu importe, je me suis laissé embarquer dans l’histoire.

 

Que faire de sa vie, trouver quelqu’un sur sa route qui vous redonne espoir et vous aide à croire en vous, être prêt pour le premier amour, sont quelques-uns des éléments abordés ici. J’ai aimé l’audace de l’auteur dans ses choix, sa fantaisie et sa légère impertinence dans les dialogues. Une très bonne surprise !

 

 

 

Nathan, février 2018, 314 pages, prix : 16,95 €, ISBN : 978-2-09-257490-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © 2016, Ali Smith / éd. Nathan.

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Une fille de …. – Jo Witek

10 Juillet 2018, 14:55pm

Publié par Laure

p. 25 : « Je m’appelle Hanna Sobolev, je suis la fille d’Olga Sobolev, prostituée indépendante. Fille de pute, quoi. Je suis une insulte, la pire des insultes, celle que les gens de mon âge balancent si facilement à la tête de leurs ennemis. »

 

Du plus loin qu’elle s’en souvienne, Hanna a quatre ans, lorsqu’elle entre dans un magasin de chaussures. Sa mère lui dit de choisir avec la vendeuse, et pendant ce temps-là, elle file dans l’arrière-boutique avec le patron. La petite n’a pas encore les mots, mais déjà elle sait.

 

C’est pour la protéger de « ça » que sa mère l’enverra ensuite dans un internat loin d’elle, et la récupérera à l’âge de onze ans.

 

Officiellement, sa mère est serveuse de nuit dans un bar. Qu’importe, elle l’aime.

P. 29 : « Oui, je l’adore, ma mère, parce qu’elle m’a offert tout ce qu’elle n’a jamais reçu. »

 

 

Le récit à la 1ère personne alterne deux phases : celle en italique, de la course à pied qui lui redonne la force d’affronter le monde, de sa nécessité pour la jeune fille, de la rencontre, de l’amour naissant, et celle du récit de sa vie, de son histoire familiale. De la bêtise crasse des autres au collège, et de la construction de soi avec ce passé familial. Peut-elle croire en l’amour avec ce que vit sa mère ?

 

 

Un très beau texte, sur la prostitution, le jugement des autres, la violence de ce « métier », je trouve peut-être de trop le passage très pédagogique prêt à débattre en classe sur une école et une éducation égalitaires (mais le roman s’adresse avant tout à des ados), néanmoins l’ensemble est d’une grande justesse. Les phrases le plus souvent brèves donnent toute sa force au récit.

 

 

p. 61 : « Je suis le fruit d’un sale business entre un homme prêt à payer pour avoir du plaisir et une femme qui accepte le deal pour éviter de se faire buter par des mafieux »

 

Un indispensable.

 

 

 

Sélectionné pour le prix des lecteurs 13-16 ans de la Ville du Mans

et du Département de la Sarthe 2019

 

 

 

Actes Sud junior, coll. D’une seule voix, août 2017, 93 pages, prix: 9 €, ISBN: 978-2-330-08142-3

 

 

 

Crédit photo couverture : © Coprid – Fotolia / éd. Actes Sud junior

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Boom – Julien Dufresne-Lamy

8 Juillet 2018, 11:41am

Publié par Laure

La fin brutale d’une amitié : en voyage à Londres, Timothée va être fauché par une voiture sur le pont de Westminster par un fou de Dieu, un terroriste. Comment Étienne, son pote à la vie à la mort, au caractère bien différent mais complémentaire, va-t-il surmonter ce drame ?

 

Le récit à la deuxième personne du singulier par Étienne dit la douleur, la perte, le lien, la naissance de leur amitié, son évolution, leur parcours, leur jeunesse et ces trois ans de joies et délires. On sourit souvent, on comprend, l’empathie de chacun devient celle du lecteur également. Boom, c’était un tic de langage de Timothée, c’est aussi le choc de l’acte terroriste.

 

Un texte bref, au scalpel comme souvent dans cette collection, très fin, au ton parfait, et qui donne envie d’aller voir ce que l’auteur a déjà écrit par ailleurs.

 

 

 

P. 12 : « Tu es parti avec ma tranquillité. Je ne dors plus, je vis mal, mes nuits sont bruyantes et mes journées de viennent de longs tunnels silencieux. »

 

 

 

 

 

 

Actes Sud Junior, coll. D’une seule voix, avril 2018, 110 pages, prix: 9,80 €, ISBN : 978-2-330-09685-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © DR / Actes Sud junior

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Samedi 14 novembre - Vincent Villeminot

26 Juillet 2017, 10:39am

Publié par Laure

Vendredi 13 novembre 2015, attentats du Bataclan et en terrasses de café à Paris. B. a perdu son frère à l’une de ces terrasses. Il se fait soigner dans la nuit, une éraflure de balle, des blessures aux mains, et ne pouvant surmonter son deuil sur le moment, dans l’effroi général, s’enfuit. Dans le métro, il reconnaît un homme, l’un des terroristes de la veille au soir. Il le suit.

Commence d’abord une vengeance. Mais le terroriste est en présence de sa sœur Layla, qui n’a rien fait, elle. Le récit dérange, B. devient bourreau à son tour. C’est choquant, violent, humiliant. N’est-il pas en train de commettre pire ? comment peut-on même penser cela, qu’il y aurait une gradation dans l’acte, de torture, de terrorisme, de mort ? Mais est-on encore rationnel quand on a vu son frère mourir sous ses yeux ?

Mais l’espoir, l’humanité, émergent doucement, par la force de Layla, et l’intelligence de la jeune femme et de Benjamin. Ils ont des cultures différentes mais sont capables d’en discuter. L’évidence est là, dans le dialogue, l’ouverture, la curiosité, les désaccords, les arguments, mais quand tout cela n’existe pas, c’est la barbarie qui gouverne le monde.

Un très beau final (si l'on accepte de ne pas chercher le réalisme à tout prix) pour ce drame en 5 actes entrecoupé d’entractes qui font un focus sur des victimes collatérales ou des proches de B. En bonus, la playlist qui a accompagné l’auteur dans l’écriture. Un récit tendu, bien construit, qui glace autant qu’il redonne espoir. Un très bon roman qui se lit d’une traite.

 

 

(dès 14/15 ans)

 

Ed. Sarbacane, coll. Exprim’, novembre 2016, 213 pages, prix : 15,50 €, ISBN : 978-2-84865-922-0

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Sarbacane.

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Emmy & Oliver - Robin Benway

9 Juin 2017, 09:13am

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Anne Delcourt

 

Emmy et Oliver sont nés le même jour et voisins. Ils sont amis et dans la même classe, plutôt complices et inséparables. Mais à l’âge de sept ans, Oliver est enlevé par son père.

 

Sa mère, mais aussi tout le voisinage, font le deuil de ce petit garçon disparu, qui n’est pas retrouvé.

 

Dix ans plus tard, Oliver réapparaît, venant bouleverser des vies qui s’étaient reconstruites.

 

C’est un très beau roman, sensible et juste, empreint de douceur mais aussi de bonne humeur.

 

L’auteur aborde aussi bien le thème grave de l’enlèvement d’enfant avec mensonge à la clé pendant des années, le drame des proches, la difficulté de l’après, l’évolution de l’amitié, entre deux êtres proches longtemps séparés, mais l’amitié au sein du groupe aussi, ainsi que les incompréhensions des uns et des autres, selon le point de vue duquel on se place.

 

Bien sûr on verra naitre l’histoire d’amour entre Emmy et Oliver, tout en délicatesse, et à chaque fois que ça pourrait basculer dans la mièvrerie, l’auteur contrebalance avec une pointe d’humour.

 

Résultat, c’est frais, tendre et léger, tout en abordant l’affirmation de soi, le passage à l’âge adulte avec des choix personnels assumés face à ses parents, et puritanisme américain oblige, c’est romantique et ça exclut la sexualité avec humour.

 

Un roman que j’aurais adoré lire ado et que j’ai bien aimé même « vieille » 😊

 

Nathan, avril 2017, 436 pages, prix : 15,95 €, ISBN : 978-2-09-256470-7

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Nathan

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A samedi ! – Hubert Ben Kemoun / Zaü (ill.)

15 Mai 2017, 16:46pm

Publié par Laure

Ils sont adolescents ou parents, et sont amoureux. Pendant quatre jours, du mercredi au samedi, va se jouer la partition du sentiment amoureux, avec des notes tantôt douces tantôt amères, et des fins inattendues.

 

Damien et Mélodie se sont embrassés pour la première fois mercredi et déjà Damien réfléchit au cadeau qu’il lui fera samedi, un cadeau démesuré, unique, à la hauteur de sa passion naissante.

 

Malo, lui, est amoureux de Bettina, mais ne sait comment le lui dire. Il s’enferme au CDI et à la bibliothèque municipale pour chercher ses mots dans les classiques, lui qui n’ouvre jamais un livre, pas même ceux au programme. Et il y a Myriam, la mère de Mélodie, qui ne se remet pas d’avoir jadis laissé passer un amour de jeunesse, mais qu’elle n’a jamais vraiment perdu de vue.

 

Des fragments du discours amoureux particulièrement bien décrits par l’auteur, qui s’adressent aux adolescents (mais pas seulement !) et disent avec justesse la timidité, les émois, l’espoir, la peur, mais aussi la joie, les papillons dans le ventre, le tourbillon de la vie encore plus belle quand l’amour s’en mêle, et parfois aussi, la déception.

 

Les liens d’amitié ainsi que les relations mère-fille sont aussi très bien décrits. Si l’amour est au cœur des mots (et des maux !), le roman illustré tout de noir, gris et rouge, laisse aussi une large place au décor : celui de la ville, le parc, la bibliothèque, le tram, mais aussi au climat social : une ville où le racisme se traduit par des tags haineux sur la boutique de la mère de Mounir, elle qui est pourtant née en France.

 

L’illustration très graphique s’inscrit dans des cadres qui se partagent la page avec le texte, on pense aux tableaux de Mondrian, dans un choix de couleur différent. Le format album (assez grand : 31 cm) se prête à la mise en valeur du duo texte / images.

 

Un beau roman illustré sur un thème universel qui saura vous toucher.

 

 

Rue du Monde, septembre 2015, 70 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-35504-389-5

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Zaü et éd. Rue du Monde

 

 


p. 37 : « Allez Malo, le pire serait de te dire : « Dommage ! » « Dommage, j’aurais dû lui dire », « Dommage, j’aurais dû oser » Dommage est le pire mot qui puisse exister »

p. 58 : « Quand viendra son tour, il faudra commencer par lui parler de ses yeux. Ou lui dire le manque d’air quand il ne la voit pas. L’asphyxie totale tant elle lui manque. […] La toucher et la faire sourire, pas marrer, juste sourire. L’attendrir, pour que s’impose la tendresse entre eux. »

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