Les jardins d'Hélène

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Un papillon sauvage – Joëlle Ecormier

15 Février 2012, 17:39pm

Publié par Laure

papillon-sauvage.jpgLa rencontre n’a pas eu lieu entre ce livre et moi. Pourtant, on est plutôt bien intentionnés dans la famille envers les titres d’océan éditions (Mosquito est collectionneuse ), mais bon, voilà, ça arrive, j’ai tourné en rond entre une bibliothécaire acariâtre et un roman d’aventures qui ne m’a pas enthousiasmée…

 

Miky Glance est un très vieil homme qui s’offre une échappée belle de la maison de retraite les Papillons, pour revenir sur un lieu qu’il a beaucoup fréquenté l’été de ses quatorze ans : la bibliothèque municipale de Galforquin. Parce qu’il était menacé d’exclusion de son collège, sa mère lui a imposé des vacances studieuses : sous l’œil peu aimable de Foinsec, la bibliothécaire du village, Miky avait pour obligation de lire sur place chaque après-midi et de rendre un résumé écrit de sa lecture. Autant dire qu’il n’y va pas de bon cœur, jusqu’au jour où il découvre un pavé qui le passionne : les mines de Galforquin, d’un certain Cassy Jok, stimulé également par une étonnante rencontre avec un authentique rat de bibliothèque. Ce livre sera son cheval de bataille, et déterminera sa vie.

Un soupçon de fantastique (on pense inévitablement à Firmin qui m’était déjà tombé des mains), un roman d’aventures façon chasse au trésor, une quête du père et de soi, une bonne dose de clichés usés et usants sur les bibliothèques, le parcours d’un homme qui a toujours gardé en lui ce cheval intérieur au galop, le papillon sauvage qui le caractérise. Alors pourquoi ça n’a pas marché, je ne sais pas, j’ai eu vite l’impression qu’une fois découverte la lecture qui allait motiver Miky, on tournait en rond, et que le chemin était tracé. Je l’ai fini parce que c’était court, mais je me suis honnêtement un peu ennuyée.

 

p. 14 : « A l’époque, je commençais sérieusement à lorgner vers les filles, surtout une en particulier. En vérité, juste une. Ma pénitence aurait été moins dure si ma geôlière avait été jeune et séduisante. Mettons que si elle avait ressemblé à Amy, j’aurais trouvé la punition presque douce. Or, il se trouve que la bibliothécaire de Galforquin était loin de ressembler à Amy. Et d’ailleurs, je doute qu’il existe une seule jolie bibliothécaire au monde. Pourquoi une jolie fille viendrait-elle s’enfermer dans un trou à rat ? Foinsec avait la charge de me faire lire et de me surveiller. Et je crus comprendre le premier jour où j’entrai dans mon piège que ce rôle lui procurait un certain plaisir. Le ton sec, qui lui valait son surnom et qu’elle employa pour me signifier que j’avais dix minutes de retard, me le confirma. C’était le temps qu’il m’avait fallu pour gravir les marches. (…) Foinsec était la preuve vivante que les livres ne rendent pas heureux. »

 

Le billet de Véro, plus enthousiaste 

 

Océan éditions, coll. Océan fiction ados, mai 2011, 192 pages, prix : 9,90 €

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Crédit photo couverture : © Océan éditions

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Trop loin la mer - Frédérique Niobey

11 Janvier 2012, 10:04am

Publié par Laure

trop-loin-la-mer.jpgDepuis que son père a refait sa vie, Rosa n’y trouve plus sa place et ne cesse de fuguer. Son père l’a décidé, avec l’aide des services de l’aide à l’enfance, elle va être placée en famille d’accueil. L’extraire de son milieu familial pour lui faire du bien, pensent-ils tous. C’est ainsi que Rosa débarque au milieu de nulle part, dans un village perdu du Périgord, chez Mame et Sid, qui accueillent des ados comme elle dans leur maison baptisée « Le lieu de vie ». Rosa fait la connaissance de Sister, une autre ado, et de trois garçons placés là comme elle. Malgré toute leur bonne volonté, elle refuse de se lier à eux.

Elle reste rebelle, refuse de s’intégrer, cherche constamment le conflit. Seules les errances au bord de la Dordogne l’apaisent un peu, de même que les rencontres avec Mona, une jeune du village. Mais les parents de Mona désapprouvent cette « mauvaise » fréquentation.

On est sur le fil en permanence dans ce roman, avec une violence sourde qu’on sent gronder, tapie à l’intérieur, tout près d’exploser, le texte est âpre pour décrire le mal-être de Rosa, une violence et une rébellion qui cachent une grande détresse et tristesse aussi, juste un énorme besoin de sentir aimée. Quant au pourquoi du titre, trop loin la mer, vous le découvrirez sur la fin de l’histoire.

Ce texte m’a souvent fait penser au roman de Maud Lethielleux, « tout près le bout du monde », de par le thème abordé, car le style est très différent. Ici l’auteur a très bien réussi à retranscrire cette violence qui enfle, l’agitation intérieure sans repos, laissant au lecteur le sentiment que tout va basculer, car malgré la présence de l’eau (qui libère ?), l’atmosphère est étouffante, sombre et pesante pour le lecteur. Les tensions s’allègeront par une lueur d’espoir qui fait du bien, un dénouement peut-être un peu trop simple, mais sans doute espéré de tous.

 

Rouergue, coll. DoAdo, octobre 2011, 136 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

 

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Comment (bien) gérer sa love story – Anne Percin

27 Décembre 2011, 10:27am

Publié par Laure

comment-bien-gerer-sa-love-story.jpgMaxime est de retour ! Si j’avais adoré Comment (bien) rater ses vacances, je suis un peu plus réservée sur ce titre-là, peut-être tout simplement parce que je n’ai plus l’âge du lectorat visé. J’avais trouvé très drôle le premier volume, mais il s’enrichissait d’une profondeur intéressante sur le rapport à la famille et d’une grande sensibilité et finesse dans le récit. 

Maxime continue son bout de chemin, avec sa copine Natacha, son smartphone tout neuf, sa guitare et son ambition de musicien, traduisez « quelqu’un qui aime la musique et pas les soupes commerciales reprises par les lolitas de huit ans ». Alors pourquoi ça blesse ? (mais ça n’engage que moi !) Parce que j’ai eu dans ce deuxième volume l’impression d’un exercice de style permanent : inventer trois vannes à la ligne place forcément sur la corde raide, et pour moi, l’auteur en fait (un peu) trop. De même les pseudo notes de bas de page m’ont assez vite agacée, ajoutant à la surenchère dans l’humour. Arrêtons de surjouer pour revenir à plus de simplicité, parfois ça fait juste du bien de souffler un peu.

Et il n’y a pas vraiment de fin, sinon qu’on imagine déjà le bandeau  Comment (bien)…« saison 3 ». Pourquoi pas ?

 

p. 35 "J'ai reconnu la voix châtré de Don" : ce serait pas mieux avec un "e" à châtré ?

p. 183 " La saison 1 de Dr House repassait sur TF1, en version française évidemment, pour les ploucs." Ah ces jeunes, aucune pitié. Mais on ne peut pas demander non plus à TF1 de faire du Arte, et c'est tellement plus snob de jouer les puristes. Je suis la première à penser qu'il faut arrêter le nivellement par le bas, mais pas à penser que toutes les cultures populaires sont illégitimes. Bon, c'est un autre débat. A la cave Maxime, avec ta guitare, montre-nous de quoi t'es capable, et on en reparle.

  

   

Rouergue, novembre 2011, 244 pages, prix : 13,50 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

 

 

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Le faire ou mourir - Claire-Lise Marguier

15 Octobre 2011, 15:00pm

Publié par Laure

le-faire-ou-mourir.jpgDamien Decarolis, Dam DeCaro (dame de carreau ?!), 16 ans, était un jeune plutôt craintif et renfermé, jusqu’à ce qu’il rencontre Samy, qui illumine ses journées, par son écoute et son amitié. Dam est un peu la tête de turc du lycée, régulièrement victime de la bande de skateurs, et ça met Samy en rogne. Samy et sa bande, vêtus de noir, piercings, eyeliner noir… tout cela ne plaît guère aux parents de Damien.

Dam est un jeune en souffrance, qui n’a trouvé comme réconfort que l’automutilation, par des scarifications quotidiennes.

Un récit sombre et trouble qui nous plonge en apnée dans la vie de Dam, et dans le manque de communication et l’incompréhension entre ses parents et lui. Là où ils ne voient que mauvaises influences et peur de l’homosexualité, Dam ne voit que douceur et mieux-être. La pression monte jusqu’à cette fin si terrible, atroce, mais logique et évidente. Une énorme claque pour le lecteur qui en reste anéanti un moment. Et puis ce n’était pas la fin, le texte reprend, offrant une autre fin plus optimiste.

J’aime cette littérature jeunesse-là, forte, engagée, dérangeante, qui laisse son lecteur étourdi et mal à l’aise. J’aime moins cette fin alternative. Un peu comme si l’auteur me laissait le choix : d’un côté une fin terrible, noire, sans espoir, (souvenez-vous de la polémique dans une autre collection chez un autre éditeur jeunesse), et de l’autre, une fin plus optimiste, celle que s’imposent beaucoup d’éditeurs jeunesse face à lectorat adolescent qu’ils jugent fragile par définition.

Et moi je n’aime pas avoir le choix, ça ne m’intéresse pas en lecture. Pour moi la première fin me convenait donc très bien et la seconde affadirait presque le texte. Mais ce qui est amusant, c’est que d’autres lecteurs n’ont pas eu cette impression du tout : ce que je prends pour une fin alternative, ils l’ont pris pour un rebondissement du roman : non c’était juste un mauvais rêve, ça ne pouvait pas finir comme ça, c’était juste un rouage de l’intrigue, mais la vraie fin, la seule et unique, c’est bien la dernière.

Mais moi je doute, et c’est là qu’on rêve tous de poser la question à l’auteur !

Mais surtout, je ne veux pas qu’on me laisse le choix de prendre celle qui m’arrange.

(D’autant que là, celle qui m’arrange, c’est la pire, celle qui ressemble aux faits divers de la télé)

 

En tous les cas, pour un premier roman, c’est un coup de maître : tout y est maîtrisé, effroyable et sensible, et indéniablement marquant.

 

Rouergue, septembre 2011, 102 pages, prix : 9,50 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

 

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Délit de fuite - Christophe Léon

5 Octobre 2011, 09:28am

Publié par Laure

delit-de-fuite.jpgSébastien, 14 ans, a des parents divorcés. Un week-end sur deux, il part avec son père dans leur maison de campagne. Parce que celui-ci a un rendez-vous avec le plombier et qu’il craint d’être en retard, il fait fi de la prudence, et percute à vive allure une femme qui venait de sortir de sa voiture, sur le bord de la route.

A la grande surprise de son fils, il fuit, et lui demande de tout oublier et de ne plus en parler. Ce que bien sûr ne peut supporter Sébastien. La femme est-elle morte, ou juste blessée ? Il réussit à la retrouver, elle est hospitalisée, et il sympathise avec son fils Loïc, 17 ans, seul à affronter la situation.

La construction est intéressante et habile : par alternance des chapitres, on a le récit de Sébastien, à la première personne, et celui de Loïc, plus surprenant, à la deuxième personne. Ce « tu » crées une mise à distance étonnante mais plaisante. Même si les ressorts de la construction sont un peu trop visibles, ça fonctionne, et l’on ne peut s’empêcher d’aller au bout quasi d’une traite, pour savoir jusqu’où va pouvoir se nouer cette amitié, et si Sébastien va avouer ou non ce qui le bouleverse.

Un roman intéressant sur l’image qu’on peut avoir d’un père, et qui se trouve chamboulée du jour au lendemain, et si le roman aborde la question de la sécurité routière, il n’est absolument pas moralisateur, il évoque des faits, et les réactions des personnages qui doivent « faire avec ». Car même avec une idée arrêtée sur la question, on ne peut s’empêcher de se dire « et moi, qui sait ce que j’aurais fait dans un moment de panique ? »

Le roman aborde aussi la question d’une amitié improbable qui néanmoins triomphe, quand l’autre est peut-être avant tout une bouée de secours.

Un bémol sur la fin, bien trop ouverte à mon goût (les habitués de ce blog savent que je déteste les fins ouvertes, genre on a tout bien fait jusque là, maintenant débrouillez-vous, imaginez ce que vous voulez. Non, j’ai l’impression qu’on me laisse en plan et que l’auteur n’a pas eu le courage de faire un choix), même si ici, on peut imaginer sans trop se tromper une partie des conséquences, mais absolument ce qu’on veut au sujet de la mère.

Pour conclure, un roman inhabituel et vraiment prenant, qui mérite largement qu’on s’y arrête !

 

Des avis (enthousiastes aussi) ici : les riches heures de Fantasia (Sophie), Oceanicus in folio (Bladelor), ...

 

 

La joie de lire, coll. Encrage, janvier 2011, 175 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : © Hervé Tullet et éd. La Joie de Lire

 

 

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Brise glace - Jean-Philippe Blondel

30 Septembre 2011, 14:30pm

Publié par Laure

brise-glace.jpgAurélien, 17 ans, nouveau venu au lycée, est un élève solitaire qui ne cherche pas trop à se lier d’amitié avec les autres. Paraître invisible lui convient très bien. Effacé, il porte un drame en lui, auquel il s’efforce de survivre depuis quatre ans. « Cela avait un rapport avec l’hiver, avec la glace. Avec le deuil. » (p.85) Inutile d’en dire plus, d’ailleurs quand on connaît tous les autres ouvrages de Blondel, l’histoire nous est quasi familière. Mais Aurélien va céder sous le « brise-glace » qu’est Thibaud (avec un d, il insiste) et c’est par l’intermédiaire du slam que l’adolescent va se libérer du poids qui l’engourdit. Un très beau roman sur la culpabilité, la trahison, la vie qui continue toujours, et le pouvoir de l’écriture dans la reconstruction.

 

Sans doute pas mon préféré de l’auteur, peut-être parce que le slam et l’écriture qui y est liée ne m’ont pas vraiment touchée - même si j’apprécie toujours autant la sensibilité intérieure des personnages et leur façon d’y faire face - parce que son univers peut-être m’est devenu trop familier, ou les parutions trop rapprochées, alors que paraissait au même moment Et rester vivant, et que je perçois forcément les similitudes… Mais pour un ado qui découvrirait Blondel par ce titre-là ou après quelques autres de cette collection (ce qui est quand même le plus vrai semblable !), je pense qu’il y a là matière à le toucher, ne serait-ce que par le ton très proche : Blondel est un fin observateur de l’adolescence (il est enseignant en lycée) et ça se sent !

 

Lu et aimé par Clarabel, Bauchette,  Serge Cabrol pour encres vagabondes, …

 

Actes Sud junior, septembre 2011, 106 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Ocean / Corbis et éd. Actes Sud junior

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Camille aime pas danser - Marie-Sophie Vermot

21 Septembre 2011, 09:11am

Publié par Laure

camille-aime-pas-danser.jpgCamille, 14 ans, en classe de 3ème, vit dans l’ombre de sa sœur Anastasia, 15 ans, en classe de 2nde, « brillante, belle, gracieuse ». Elles vivent seules avec leur mère depuis le départ de leur père, qui a fondé une nouvelle famille ailleurs. Mais la tante Mathilde et la grand-mère sont très présentes. Un jour de shopping, Mathilde s’exclame sur le petit ventre à peine rond d’Anastasia : l’adolescente est enceinte, mais s’est voilée la face.

La tante Mathilde va prendre la situation en main, planning familial, avortement en Espagne car les délais légaux français sont dépassés, tout cela sous le regard attentif de Camille, qui nous raconte l’histoire.

Ce qui est extrêmement surprenant dans ce roman, c’est l’attitude de la mère : elle fuit, ne veut rien savoir de tout cela, laisse les autres se débrouiller, part faire une cure de silence on ne sait où, mais ne veut surtout pas affronter le problème, ni même en entendre parler. Immature et irresponsable. Personne ne la juge ni ne cherche à comprendre, aucune tentative d’explication : on la laisse à sa petite vie, les autres gèrent à sa place, et tout paraît si normal et si facile. C’est agaçant et l’on reste sur sa faim.

Que ce soit sur le personnage de la mère ou le parcours de l’avortement, le récit est extrêmement détaché, reste en surface des choses, suit un fil logique et sans embûche, où tout semble à la fois simple et hors du monde. Camille tente bien d’avoir un regard plus réaliste (notamment sur le fait que sa sœur ne reprenne pas sa scolarité immédiatement), mais elle ne fait pas le poids. Trop de questions sans réponses, de distance, de chevaliers servants (la tante, la grand-mère, le père qui débarque du Japon) m’ont laissée sur le bord de la route. Le personnage de la mère était intéressant mais l’on n’en fait rien, le reste me paraît « trop facile », sans véritable questionnement psychologique. 16 ans, enceinte, c’est trop tard pour avorter, bah on va à l’étranger tout de suite, et puis voilà. S'agissant d' un roman jeunesse, j'ai du mal à percevoir s'il y avait un message à faire passer et lequel.

 

J’avais commandé ce livre parmi d’autres auprès de ma libraire jeunesse (le commentaire enthousiaste de Clarabel sans douteJ), et puis en récupérant ma commande, elle a laissé échapper cela : « ah celui-ci je l’ai lu. C’est un roman sur l’avortement, mais …bof quoi. » Déstabilisée, je n’ai pas osé le retirer de mon panier, mais après lecture, je crois que j’ai la même conclusion qu’elle.

 

Ed. Thierry Magnier, août 2011, 110 pages, prix : 8 €

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Crédit photo couverture : © Véronique Figuière et éd. Thierry Magnier.

 

 

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J'me sens pas belle - Gilles Abier

26 Août 2011, 10:06am

Publié par Laure

jme-sens-pas-belle.jpgSabine a vingt ans et s’est toujours trouvée très laide. D’ailleurs depuis toute petite elle économise patiemment pour s’offrir plus tard une chirurgie du nez et des paupières. Mais parfois la vie bouleverse vos projets, surtout quand l’amour pointe son nez sans crier gare.

Sabine rencontre Ajmal au rayon des mousses à raser d’un hypermarché alors qu’elle fait les courses pour ses parents. Ce jeune homme est d’une beauté époustouflante, et semble un peu perdu. Elle l’aborde et fait ainsi connaissance avec ce jeune Afghan sans papiers. Leur liaison va vite déplaire à son père.

Dès lors on s’attend à un roman assez convenu sur le sort réservé en France aux sans-papiers, les arrestations musclées, les centres de rétention et les renvois en charters. Force est de reconnaître qu’outre cela, ce roman offre bien plus : une vraie réflexion assez osée sur l’amour aujourd’hui (Sabine fait quelques expériences pour le moins un peu surprenantes), et sur le droit à l’erreur et ses conséquences. Le personnage de Sabine est complexe et bien décrit, entre adolescence et âge adulte, et plutôt audacieux dans ses choix. Les personnages gravitant autour (ses parents, leur employé à la boucherie familiale, son frère Ludo) ont une bonne consistance également. Le tout forme un roman pertinent qui bouscule les idées bienpensantes, sans épargner ni les personnages ni les lecteurs. Une audacieuse réussite.

 

 

Actes sud junior, mai 2011, 139 pages, prix : 11,50 €

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Crédit photo couverture : © Rubberball / Jason Todd et Actes Sud junior

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Visions - Kim Harrington

11 Août 2011, 13:16pm

Publié par Laure

 

traduit de l'américain par Laure Manceau

 

visions.jpgClaire Fern, 16 ans, vit dans une famille de cinglés (c'est elle qui le dit) car ils sont tous dotés d'un pouvoir  : elle est extralucide (elle peut voir des scènes qui se sont déroulées en touchant un objet ayant appartenu à la personne concernée), sa mère est télépathe (elle lit dans les pensées), et son frère médium (il entre en contact avec les esprits des défunts), mais attention, rien à voir avec la voyance, ce truc de charlatan (dit-elle toujours), personne ne peut lire l'avenir, elle s'en défend mordicus. Son père est parti il y a longtemps. Pendant les vacances, Claire et son frère accompagnent donc leur mère dans des séances de lectures (du passé), dont on ne sait d'ailleurs pas très bien ce qu'elles apportent à leurs clients (que viennent-ils vraiment chercher?)

Dans leur ville, une jeune fille de 18 ans vient d'être retrouvée morte, et le frère de Claire est mêlé malgré lui à l'enquête car il a fréquenté la victime juste avant le meurtre.

Les policiers étant soit débordés soit incompétents, c'est à Claire qu'ils vont, avec le maire de la ville, demander de l'aide. (ça c'est super crédible, hein)

Fausses pistes, trio amoureux pour Claire dont le cœur balance entre deux jeunes hommes, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un modèle de collection« young adult » : comme le dit la 4ème de couv : Suspense (hum, c'est pas un polar non plus), romance (très chaste), action, j'ajouterais l'indispensable ingrédient « surnaturel », mais pas fantastique non plus, non, le tout est dosé subtilement.

C'est un roman qui se lit aisément, très vite (écriture et vocabulaire ultra simples) mais que je pense néanmoins réservé à de jeunes adolescents (plutôt filles d'ailleurs), je dirais 12/15 ans. Au-delà, j'avoue que l'intérêt s'émousse vite. C'est plaisant, mais pas suffisamment riche pour qu'il m'en reste un souvenir dans quelques mois.

 

J'ai souhaité avoir l'avis de ma fille de 15 ans moins quelques semaines : « ouais c'est pas mal mais sans plus. Je l'ai lu très vite. C'est pour les ados. Je mettrais stars-3-0__V7092079_.gif aussi. »

 

A noter qu'aucune mention de collection n'apparaît sur l'ouvrage, mais qu'il est bien mentionné sous la loi de 49 des ouvrages jeunesse.

 

Une lecture réalisée en partenariat avec le site Newsbook et les éditions du Seuil, que je remercie tous deux !

 

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Seuil, mai 2011, 269 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : © éd. du Seuil

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Voie interdite - Anne Vantal

8 Juillet 2011, 14:10pm

Publié par Laure

voie-interdite.jpgUn jeune homme organise précisément sa fuite dans un campement abandonné et isolé en forêt, en veillant bien à ne laisser aucune trace de lui. On ne sait rien de lui, pas même son prénom qu’on ne découvrira qu’à la fin, et l’on s’interroge bien évidemment sur ce qui a pu le conduire à vouloir ainsi disparaître. Dans une atmosphère de plus en plus oppressante, au récit de survie de ce jeune ermite des bois se dévoile la tragédie de son départ.

On en sort mal à l’aise et étourdi, et on comprend alors la mise en garde sur la 4ème de couverture : « des passages de cet ouvrage peuvent heurter la sensibilité de certains jeunes lecteurs » Certes il y a des scènes sombres, mais c’est l’histoire dans son ensemble qui fait froid dans le dos ! Pourtant, si ça fonctionne si bien, c’est justement parce que l’auteur a su créer cette tension croissante vers une effroyable vérité (et sa fin très dure), avec un regard froid et distancié sur les faits ; une histoire ténébreuse qui hélas ressemble à un nombre croissant de fait divers.

  

Le très bon article de Sophie Pilaire  

 

Actes Sud junior, Romans Ado, avril 2011, 89 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : ©plainpicture/PhotoAlto/Matthieu Spohn et éd. Actes Sud

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