Les jardins d'Hélène

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Petit pays - Gaël Faye

20 Septembre 2016, 14:20pm

Publié par Laure


- Vous avez lu tous ces livres ? j’ai demandé.
- Oui. Certains plusieurs fois, même. Ce sont les grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Ils me permettent de m’échapper. Ils m’ont changée, ont fait de moi une autre personne.
- Un livre peut nous changer ?
- Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis.
(p.168-169)

Petit pays - Gaël FayePetit pays, c’est l’histoire d’une enfance innocente et douce au Burundi, qui vire au drame du génocide rwandais de 1993 sans qu’on l’ait vu venir…

 

Premier roman, déjà primé par le Prix du Roman FNAC dès sa sortie, Petit pays est un « grand » roman, stupéfiant d’émotions, de maturité, de réalisme violent qui pourtant dans le récit n’est presque jamais frontal, tempéré par le regard de l’enfant, sans jamais être enfantin non plus.

 

Gaby a dix ans et vit dans la félicité familiale, avec sa petite sœur Ana, sa bande de potes… ils font les quatre cents coups (ah, les mangues qu’ils vont voler dans le jardin d’à côté pour les revendre à leur propre propriétaire !) C’est une histoire d’enfance douce et heureuse, même si très vite pointe le malheur : le couple se sépare, et à hauteur d’enfant, c’est déjà douloureux. Mais tout va basculer dans un contexte historique qui dépasse totalement les enfants : si son père est français, la mère de Gaby est rwandaise d’origine Tutsie. Le génocide va s’immiscer dans l’enfance en même temps que la perte brutale de l’innocence et de la joie de vivre.

 

Les scènes relatives au récit de la mère sont difficiles, contrebalancées par la littérature qui vient apaiser les âmes, Gaby ayant pour habitude d’aller se fournir en romans chez la voisine Mme Economopoulos. Fin de l’enfance par la force des choses, horreur historique, regard du petit garçon devenu adulte, Gaël Faye, qui n’est sans doute pas très loin du petit Gaby de l’histoire, a écrit un premier roman d’une qualité rare. À découvrir sans hésiter.

 

 

p. 114-115 : « On vivait sur l’axe du grand rift, à l’endroit même où l’Afrique se fracture.

Les hommes de cette région étaient pareils à cette terre. Sous le calme apparent, derrière la façade des sourires et des grands discours d’optimisme, des forces souterraines, obscures, travaillaient en continu, fomentant des projets de violences et de destruction qui revenaient par périodes successives comme des vents mauvais : 1965, 1972, 1988. Un spectre lugubre s’invitait à intervalle régulier pour rappeler aux hommes que la paix n’est qu’un court intervalle entre deux guerres. Cette lave venimeuse, ce flot épais de sang était de nouveau prêt à remonter à la surface. Nous ne le savions pas encore, mais l’heure du brasier venait de sonner, la nuit allait lâcher sa horde de hyènes et de lycaons. »

 

 

p. 185 : « Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie »

 

p. 197 : « Il m’arrivait parfois de traverser la rue, très rapidement, pour emprunter un livre à Mme Economopoulos. Puis je revenais aussitôt m’enfoncer dans le bunker de mon imaginaire. Dans mon lit, au fond des histoires, je cherchais d’autres réels plus supportables, et les livres, mes amis, repeignaient mes journées de lumière. »

 

 

 

Badge Lecteur professionnel 68 premières fois édition 2016

 

 

Grasset, août 2016, 215 pages, prix : 18 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Byron Hirsch / EyeEm / Gettyimages / et éd. Grasset

 

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Celui-là est mon frère – Marie Barthelet

9 Septembre 2016, 08:23am

Publié par Laure

Celui-là est mon frère – Marie BartheletEn fois n’est pas coutume, je garde une partie de la présentation éditeur, car elle résume bien clairement le roman :

 

« Un jeune chef d’état reçoit la visite de son frère tant aimé, disparu dix ans plus tôt. La brève joie des retrouvailles cède très vite la place à l’amertume et à l’indignation : celui qui est revenu a changé. Il est désormais l’Ennemi. À cause de lui, le pays va s’embourber dans une crise sans précédent. »

 

Cette histoire se révèle progressivement, par une narration à la première personne :

 

« En te voyant, j’ai pensé que tu étais revenu pour moi, puis que tu avais vieilli. Je me trompais. Déjà tu souhaitais repartir. Et ce n’était pas tant que tu avais vieilli, tu étais transformé - défiguré, allais-je dire, par la brûlure d’une foi neuve. »

 

La rencontre n’a pas eu lieu entre ce roman et moi ; ou alors il nécessiterait une relecture, pour mieux l’apprécier après l’avoir appréhendé de manière chaotique.

Si le drame d’une relation fraternelle et de la politique d’un pays tout entier se dévoile, le chemin m’a semblé tortueux, presque prétentieux dans l’écriture, j’ai fait de nombreux retours en arrière pour comprendre, le style choisi m’a vraiment dérangée.

 

Il faut peut-être le laisser reposer, et le reprendre, car tous les éléments sont présents, indices d’un soulèvement politique dans un pays indéterminé à une époque indéterminé, la violence de la rébellion fait des victimes, il y a des éléments très forts, mais une fois encore, c’est la façon dont l’histoire est racontée qui m’a déplu et agacée, trop artistiquement travaillée peut-être. Et de fait, à la relecture, du moins des quelques pages que j’ai regrapillées de-ci-delà, tout est limpide, et plus esthétique. Mais je me refuse à lire un livre deux fois pour l’apprécier.

 

Toutefois ce roman est pour le moment fort apprécié des autres participants aux 68 premières fois, alors n’hésitez pas à vous faire votre propre avis !

 

 

68 premières fois - edition 2016

 

 

Buchet-Chastel, août 2016, 166 pages, prix : 14 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Libella, Anne Defreville

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Fils du feu - Guy Boley

7 Septembre 2016, 08:40am

Publié par Laure

Fils du feu - Guy BoleyUn homme revient sur ses souvenirs d’enfance, dans la France des années 50 ou 60, où son père était forgeron et travaillait le fer sous le feu, où sa mère battait le linge à la main et décapitait les grenouilles au couperet et les dépeçait pour en cuisiner les cuisses.

 

Un parcours de lecture qui a bien failli s’arrêter assez vite pour ma part, je n’arrivais pas à m’intéresser à l’histoire, même si j’en reconnaissais la beauté de la langue, travaillée, élégante. Et puis survient le décès du petit frère, qui reste nimbé de mystère, et qui révèle un peu plus le côté taiseux des personnages. L’histoire devient singulière, et tout interpelle alors : la mère qui bascule dans la folie et fait comme si l’enfant était encore vivant, la sœur qui s’en va après un geste violent du père envers la mère et le narrateur, qui souffre en silence d’observer, de ne pas dire, et se réfugie dans la peinture… Ce n’est qu’adulte et au fil du récit qu’il reconstituera l’ensemble de l’histoire familiale, avec ses blancs, et ses apaisements.

 

Un roman court qui aborde la perte d’un enfant, événement qui n’est jamais dans le cours des choses, et son retentissement sur la famille, qui se place du point de vue du grand frère, qui grandit ainsi dans une solitude exacerbée.

La beauté de la langue en fait le sel, pour un premier roman, c’en est admirable de maîtrise.

 

 

Badge Lecteur professionnel       68 premières fois - édition 2016

 

Grasset, août 2016, 160 pages, prix : 16,50 € (11,99 € en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Guillem Costas / Gettyimages / et éd. Grasset & Fasquelle

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(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire – Stéphanie Pélerin

5 Septembre 2016, 18:02pm

Publié par Laure

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire – Stéphanie PélerinIvana a la trentaine, et huit ans de vie commune avec Baptiste quand celui-ci décide un beau matin de faire ses valises et de la planter là. Comment garder le moral et l’œil vif pour tenter de refaire sa vie, ou du moins, commencer par du bon temps ?

 

J'ai été agréablement surprise par ce roman (de chick-litt?) que j'ai trouvé dynamique et drôle, je me suis surprise à éclater de rire à plusieurs reprises dès les premières pages, Stéphanie Pélerin a le sens de la formule et le bon mot qui fait mouche. Elle aborde de manière légère la rupture sentimentale, la drague sur internet, les rencontres via ce media, mais le fond est plus profond qu'il n'y paraît, sur le diktat que nous impose la société, ou que l'on s'impose trop souvent soi-même, à savoir être en couple et heureuse, filiforme, sportive, hyperactive tant dans son travail que dans ses loisirs, avoir toujours la pêche avec ses copines, etc.

 

J'ai aimé également le regard réaliste que porte l'auteur sur les élèves et le métier de prof aujourd'hui, enfin une image tout ce qu'il y a de plus vrai !

 

J'ai trouvé la fin peut-être un peu rapide (l'épilogue avance un peu vite en besogne), peut-être parce que je me sentais bien avec ces personnages et que j'aurais bien passé un peu plus de temps avec eux !

 

Un roman enjoué, lucide et très actuel.

 

 

Badge Lecteur professionnel

 

éd. Mazarine, juin 2016, 208 pages, prix : 15 € (10,99 € en numérique)

Étoiles :

Crédit photo couverture : éd. Fayard / Mazarine

 

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Sortie de classes - Laurent Torrès

2 Septembre 2016, 16:21pm

Publié par Laure

Sortie de classes - Laurent TorrèsJulien est enseignant dans un collège de banlieue parisienne. Il raconte le quotidien avec les élèves, la difficulté des enseignants à les motiver, leur attention néanmoins envers chacun, et la volonté d'essayer de les aider, même si la communication avec les familles est souvent vaine.

 

En parallèle, Julien se souvient de sa propre scolarité, de son camarade Louis, brillant élève par là-même décalé, à qui il s'était attaché. Dans sa propre classe aujourd'hui en tant qu'enseignant, il y a Sofiane, cet élève qu'il aimerait aider sans y parvenir. Sofiane et Louis, deux élèves que la différence écarte et rassemble à travers les années.

 

Un roman désabusé qui dit bien toute la difficulté de l'école et de sa maison-mère, l’Éducation Nationale, aujourd'hui.

 

Ce premier roman souffre des poncifs habituels de l'exercice : un récit plus ou moins autobiographique, qui peine à basculer dans la fiction réellement, mais qui s'inscrit bien en tant que roman. Un héros solitaire, dépassé, tant par son métier que par sa vie sentimentale, ou plus exactement son absence.

 

S'il pose un constat assez déprimant sur le collège aujourd'hui, il ne donne pas de clés, il s'attache plutôt à en faire un récit très personnel, avec une large part consacrée au passé, et au déterminisme social qui lui ne s'estompe pas. Déculturation, inadaptation de l'école, errance sentimentale, c'est un portrait très désenchanté que dresse l'auteur.

 

Il n'a pas manqué de me faire bondir quand il se plaint des heures tardives des rencontres avec les parents d'élèves, placées à 17h et 18h. Mais bien sûr, tous les salariés quittent leur job à 16h pour être au collège à 17h, c'est bien connu. Et dans l'établissement de ma fille, on met au centre du discours le dialogue avec les parents, avec des rencontres à 17h, quand en zone rurale, 97% des élèves prennent le car scolaire faute de parents disponibles à la sortie à cette heure-là. Hum.

 

Heureusement qu'il reste toujours des enseignants qui ont la pêche, et bien du courage de garder intacte leur motivation.

 

« Sortie de classes » est à lire davantage comme un roman sur les liens passés d'une amitié scolaire que comme un roman sur l'école, où d'autres témoignages ou essais plus pertinents ne manquent pas.

 

(Lu en juillet 2016)

 

Albin Michel, août 2016, 268 pages, prix : 18 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel

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De ce pas - Caroline Broué

23 Août 2016, 13:48pm

Publié par Laure

De ce pas - Caroline BrouéMarjorie a passé les cinq premières années de sa vie au Cambodge, d’ailleurs son vrai prénom c’est Tin. Mais sous le joug des Khmers Rouges, son père est laissé pour mort et sa mère décide de l’emmener en France. Adulte, elle rencontre Paul, avec qui elle aura une petite fille. Danseuse à l’opéra de Paris, des problèmes de santé l’obligent à arrêter sa carrière plus tôt que prévu.

Tous deux en proie à des souvenirs d’enfance et à passé douloureux non apaisé, à quarante ans, ils se cherchent toujours, et leur couple est au bord de l’implosion.

 

Jolie réflexion sur ce que l’on fait de sa vie, et combien les relations familiales dans l’enfance sont cruciales pour son devenir d’adulte. L’écriture est délicate, sensible, même si j’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman au départ, trouvant qu’il partait un peu dans tous les sens.

Je n’ai pas regretté d’avoir persévéré, les personnages secondaires, Jérôme et tout particulièrement Justine, sont intéressants dans ce qu’ils apportent à la construction de Marjorie, même si quelques digressions rendent la construction un peu trop éparse.

 

De même les nombreuses références culturelles à la danse, à la photographie, à la peinture, sont un peu trop présentes, faisant courir le risque d’égarer le lecteur, tenté de penser assez vite « ce n’est pas pour moi, je ne connais pas tous ces noms »

 

Toutefois, le roman dans son ensemble parcourt avec finesse et élégance le chemin de l’intime, méritant qu’on s’y arrête.

 

 

Lu dans le cadre du Projet 68 premières fois initié par l’Insatiable Charlotte

 

68 premières fois édition 2016

 

 

Éd. Sabine Wespieser, janvier 2016, 169 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Sabine Wespieser

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Giboulées de soleil – Lenka Hornakova-Civade

22 Août 2016, 14:56pm

Publié par Laure

Giboulées de soleil - Lenka Hornakova-CivadeElles sont trois narratrices, mais à vrai dire 4 femmes d'une même lignée, de mère en fille, à dévoiler leur combat de femmes et à défendre leur particularité : être des filles-mères, ayant engendré des « bâtardes ». Elles sont fières de transmettre leur seul nom, et ce don qu'elles ont puor la broderie traditionnelle qui se veut aussi le fil rouge du roman.

 

Chaque histoire, singulière, est touchante, attachante, et montre la force et le courage d'une femme au sein d'une famille ou d'un environnement qui tendait plutôt à la réduire à moins que rien.

Ces histoires d'amour et de vie sont aussi intimement liées à l'histoire de leur pays, l'ancienne Tchécoslovaquie devenue République tchèque, notamment sous le joug du communisme.

 

Giboulées de soleil est un roman qui vous enveloppe (on a envie de prendre l'auteur dans ses bras et de faire partie de la famille!), et qui mêle habilement petite et grande Histoire. L'auteur est originaire de Moravie et écrit directement en français (elle vit actuellement en France), chapeau bas !

 

Une très belle découverte faite grâce aux 68 premières fois initiées par Charlotte l'insatiable.

 

 

68 premières fois édition 2016

 

 

Alma éd., avril 2016, 292 pages, prix : 18 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © éditions Alma

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Je suis de celles qui restent – Bernadette Pécassou

16 Août 2016, 14:33pm

Publié par Laure

Je suis de celles qui restent - Bernadette PécassouAlice vient de perdre son mari lorsqu’elle reçoit un colis qui lui était adressé. Celui-ci contient un briquet de luxe, alors qu’il était non fumeur. Pourquoi avait-il commandé cet objet ?

Alice enquête sur les origines de cet achat, et découvre avec fascination un univers qui lui était inconnu : tout ce que l’on peut trouver en vente sur des sites d’annonces sur internet.

Encore sous le coup du chagrin du décès de Michel, elle est aussi en désaccord avec les choix de vie de ses enfants, Paul et Juliette. Elle qui a tant souffert d’avoir quitté son Sud-Ouest natal pour suivre son mari à Paris, elle aimerait tant que ses enfants restent près d’elle…

 

Si la réponse liée à ce mystérieux briquet arrive lentement, amenant avec elle la révélation d’un secret de famille, le roman se veut surtout une réflexion sur le lien à la famille et son rapport à un lieu d’attache, alors que tout bouge et va trop vite dans notre monde moderne.

 

J’ai été assez déçue par l’histoire familiale de Michel, que j’ai trouvée embrouillée entre tous les personnages, et assez peu crédible dans ce qui tend à justifier l’achat du fameux briquet de collection. De même je trouve que le dénouement de l’intrigue tarde à venir, et si l’auteur offre des réflexions justes sur le mode de vie des familles qui a beaucoup changé, j’ai été un peu lassée par l’esprit passéiste du récit, qui me semble s’adresser à une autre génération que la mienne.

 

A propos de la découverte d’Alice des nombreux objets en vente sur internet : (p.102) : « Le plus grand magasin de services de tables du monde. Du plus accessible – 15 euros – au plus inabordable – 6000 euros ! Riches ou humbles apparats des familles d’avant, démodés, trop fragiles, ils n’étaient plus désirables. Ces lointains compagnons des belles heures n’étaient plus utiles. Dans les grandes villes où les mètres carrés se vendaient à prix d’or, ils étaient encombrants, impossibles à ranger dans des meubles inadaptés à leur poids et à leur incroyable volume. Quelque chose s’en allait avec eux : le temps des familles, le temps où l’on ne quittait pas sa terre d’origine pour s’en aller au loin, le temps où l’on vivait ensemble, longtemps, où l’on se mariait et où l’on travaillait, au pire, dans la région voisine, le temps où l’on ne suivait pas de si longues études pour obtenir de brillants diplômes internationaux qui menaient à l’autre bout du monde. »

 

 

Flammarion, avril 2016, 274 pages, prix : 21 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Tomek Dyczewski / éd. Flammarion

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De nos frères blessés - Joseph Andras

10 Août 2016, 12:25pm

Publié par Laure

De nos frères blessés - Joseph AndrasMédiatisé au moment de l’annonce du Prix Goncourt du 1er Roman 2016 alors qu’il n’était même pas sur les listes, Prix refusé par l’auteur, c’est d’abord comme cela que j’ai entendu parler de ce roman.

Il s’avère raconter un fait de l’histoire de la guerre d’Algérie que pour ma part je ne connaissais pas, Fernand Iveton fut le seul condamné à mort européen par la justice française, guillotiné le 11 février 1957 à l’âge de trente ans.

Le roman s’ouvre sur la préparation de la bombe par Fernand, ouvrier indépendantiste, mais si celui-ci est engagé dans ses idées et son combat politiques, il ne veut pas pour autant faire de victimes innocentes. Il prévoit que la bombe explose après la fermeture de l’usine, quand tous les ouvriers seront partis. Mais il est arrêté avant même l’explosion, interrogé et torturé alors même qu’il n’a fait aucune victime ni blessé.


L’écriture sèche, presque aride, frappe par sa puissance et sa force d’évocation. Les passages sur la torture physique, sont difficilement soutenables, même s’ils sont décrits avec retenue, loin de toute émotion débordante.


Malgré la fin inéluctable connue d’avance, on garde l’espoir d’un acquittement tant la peine est démesurée. On suit le procès, et l’optimisme de Fernand quant à son devenir.
Ces scènes sombres sont éclairées par des retours en arrière sur la rencontre en France de Fernand avec celle qui devint son épouse, Hélène, leurs moments de bonheur et leur amour indestructible.

Un premier roman qui frappe par sa maîtrise, sa force, son écriture sobre et efficace, sa dénonciation sans arrogance, qui réhabilite avec retenue cet épisode peu glorieux de l’histoire française. Selon les sources citées en fin d’ouvrage, Roland Dumas aurait affirmé que François Mitterrand, ministre de la Justice à cette époque, aurait ensuite tenu, une fois au pouvoir, à abolir la peine de mort pour se racheter de ses décisions pendant la guerre d’Algérie.

 

 

 

Lu dans le cadre du projet 68 premières fois de l'insatiable Charlotte 

 

68 premières fois 2016

 

 

 

Actes Sud, mai 2016, 139 pages,  prix : 17 €

Étoiles : 

Crédit photo couverture :  portrait de Fernand Iveton, DR / et éd. Actes Sud

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Les grandes et les petites choses – Rachel Khan

27 Juillet 2016, 13:59pm

Publié par Laure

Les grandes et les petites choses - Rachel KahnNina Gary a 18 ans, et représente la quête identitaire d’une jeune fille née d’un métissage familial. Un père noir et musulman, avec en arrière plan la colonisation, une mère blanche et juive et une histoire liée à la Shoah, culture multi ethnique et dramatique, voilà qui forge un caractère riche. Pour se trouver, Nina pratiquera la course et se surpassera au cent mètres.

 

Un joli roman d’apprentissage sur la construction de soi, qui se lit aisément mais manque peut-être un peu de profondeur. Elliptique sur certains passages dramatiques, expressif sur la recherche identitaire et l’observation de l’humain, ces grandes et petites choses composent un premier roman agréable, qui malheureusement s’oublie assez vite, comme tant d’autres.

 

 

La trouverai-je, ma pépite des 68 premières fois ?

(je crois que je fais une overdose, j'ai besoin de faire une pause dans les romans français pour un temps)

 

les 68 premières fois édition 2016

 

Anne Carrière, février 2016, 205 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Roberto Westbrook / Getty Images / et éd. Anne Carrière

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