Les jardins d'Hélène

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Vous aimer - Caroline Bongrand

18 Juillet 2016, 17:10pm

Publié par Laure

Vous aimer - Caroline BongrandElle et lui, un roman à la troisième personne du singulier : un homme et une femme se rencontrent dans un déjeuner professionnel, tous deux sont mariés et ont des enfants, tous deux veulent préserver leur couple et leur famille, d'autant qu'elle a déjà vécu un premier divorce. Mais la séduction, l'attraction et le désir opèrent. Pour se préserver, ils concluront un pacte : ne jamais faire l'amour.

Mais un tel engagement est-il tenable ?

 

On retrouve dans vous aimer toutes les qualités de l'auteur du Souligneur (que j'avais énormément aimé en 1993), qui décrit à merveille l'amour platonique, la finesse du désir amoureux, le tourbillon de la passion, l'enfermement dans les contraintes ou les normes que l'on s'impose.

Sur un sujet certes rebattu, la passion amoureuse, l'amour et l'adultère, l'auteur nous enveloppe dans un cocon de douceur et de bien-être : c'est tout en finesse qu'elle réinvente l'art d'aimer. Moderne (les échanges se font par SMS) et romantique (parce que pur et platonique?), vous aimer est un roman d'amour qui interroge sur le bonheur et l'appartenance, et la liberté d'être soi.

 

Idéaliste sans doute, mais si féminin et agréable !

 

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Robert Laffont, mai 2016, 170 pages, prix : 17,50 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Josef Ladik / getty Images et éd. Robert Laffont

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L'heure bleue - Elsa Vasseur

17 Juillet 2016, 12:12pm

Publié par Laure

L'heure bleue - Elsa VasseurZoé, 17 ans et quelques mois, le bac en poche, part avec Lise, une camarade de classe, sur une île grecque où les parents de cette dernière possèdent une luxueuse maison. Zoé sera la baby-sitter du jeune neveu de Lise. D'emblée l'ambiance est troublante, notamment dans le couple que forment Adam et Rose, parents du petit garçon, et la personnalité de Rose n'est pas sans rappeler celle de la mère de Zoé, esquissée dans le préambule.

Il est question de drame qui se réitère, de psychose maniaco-dépressive, d'accidents domestiques, de manipulation et de drames de la vie. Mais ne fuyez pas tout de suite, l'amour y fait son apparition aussi !

 

L'heure bleue est un roman plaisant à lire, qui sur fond dramatique développe une intrigue sentimentale. Le roman d'été par excellence, facile à lire, mais qui tient la route, qui plaira à un lectorat en quête d'aventures amoureuses torturées.

 

J'ai regretté que soit aussi prévisible la récurrence du drame entre le petit garçon en Grèce et le petit frère de Zoé des années auparavant.

J'ai aimé que l'intrigue soit bien conduite et réserve un dénouement inattendu alors qu'il s'annonçait tout tracé.

 

Un roman léger pour l'été, au bord de la piscine, ou dans une chaise longue au jardin.

 

 

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Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du projet de Charlotte l'insatiable, les 68 premières fois.

 

Les 68 premières fois - édition 2016

 

 

Robert Laffont, mai 2016, 252 pages, prix : 18,50 € (existe en numérique)

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Claude Holzforster et Maria Heyens / Arcangel images / et éd. Robert Laffont

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Moro-sphinx – Julie Estève

16 Juillet 2016, 14:39pm

Publié par Laure

Moro-sphinx - Julie EstèveLola a la trentaine et souffre d'un amour perdu, et de la mort de sa mère. Elle ne voit plus guère son père non plus.
Lola est une chasseuse d'hommes, pour s'oublier, elle se maquille outrageusement et consomme du mâle sans plaisir ni délicatesse. Elle a un rituel bien rôdé : à chaque proie elle coupe un morceau d'ongle qu'elle conserve dans un bocal. Cette vie semble lui convenir, mais lorsqu'elle semble tomber amoureuse, son indifférence affichée et sa hargne en étendard ne vont-elles pas baisser la garde ?
 
Je n'ai pas été séduite par ce roman, l'étrange thérapie ou vengeance sur la vie choisie par l'héroïne m'a parue creuse et pathétique, je n'ai pas été touchée par ce personnage, ni par l'écriture de l'auteur. Un roman qui se veut sans doute percutant dans son intrigue mais qui pour moi n'a été qu'un coup d'épée dans l'eau, déjà quasi oublié.
 
Extrait (p.85 en numérique) : « Elle est électrique, instable, susceptible, sauvage, cinglée, …, excessive, vulgaire, bordélique, secrète, menteuse, capricieuse, jalouse, superstitieuse. Elle a tout ce qu'il n'aime pas chez une femme mais il voyage. Avec elle, il voyage à rebours dans les temps perdus de l'innocence. Il a dix ans et ça n'a pas de prix. Il lui confie sa vie, avec la fougue d'un gamin, il lui offre ses souvenirs, il en invente aussi. Il a sauté d'une falaise sans mourir : à dix ans, les rochers sont des pyramides. »
 
 

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Une lecture qui s'inscrit également dans le projet "68 premières fois".

 

68 premières fois 2016

 

Ed. Stock, avril 2016, 177 pages, prix : 18 €
Etoiles :
Crédit photo couverture : © éd. Stock

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Le monde entier - François Bugeon

5 Juillet 2016, 15:04pm

Publié par Laure

Le monde entier - François BugeonChevalier est un taiseux, un brin bourru dans ses relations, qui se limitent aux voisins et quelques proches dans son village. Ouvrier à l’usine (il y est très apprécié), copain de pêche au bord de l’étang, célibataire taciturne, il n’en a pas moins un grand cœur, qu’il révélera lors de l’incident et des jours qui suivront.

Une voiture accidentée sur le bord de la route : de crainte qu’elle ne prenne feu il en sort les corps qu’il pose sur le bas-côté. Le lendemain, hospitalisé avec quelques blessures, il comprend que le corps d’une jeune femme n’a pas été signalé parmi les secourus. Qu’est-elle devenue ? Ou a-t-elle disparu ?

Salomé ne manquera pas de réapparaitre très vite dans sa vie et de bouleverser son quotidien bien rôdé. Et si Chevalier s’écoutait enfin un peu ?

 

Le monde entier est un premier roman tout en délicatesse, qui décrit les gens simples avec une grande tendresse, les sentiments pudiquement gardés, leur bienveillance discrète, leur attention à l’autre sans tape-à-l’œil. D’emblée le lecteur se sent bien avec ce Chevalier sans prénom, dans cette atmosphère feutrée où les gestes sont anodins, mais emplis de sens.

 

Un roman où l’on se sent bien, de ceux qu’on aimerait qu’ils ne finissent jamais pour que le plaisir dure encore.

 

 

Une lecture qui s'inscrit dans le projet des 68 premières fois, lancé par l'insatiable Charlotte.

 

68 premières fois

 

 

Rouergue, coll. L’estive, mars 2016, 176 pages, prix : 17,80 €, ISBN 978-2-8126-1031-8

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Patrick Tourneboeuf / Tendance floue et éd. du Rouergue

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Le reste de leur vie – Jean-Paul Didierlaurent

12 Juin 2016, 14:13pm

Publié par Laure

Le reste de leur vie - Jean-Paul DidierlaurentManelle est aide à domicile auprès de personnes âgées, lesquelles peuvent être sympathiques ou acariâtres, avec parfois de drôles de lubies. De son côté, Ambroise, fâché avec son père, célèbre médecin lauréat du Nobel, est thanatopracteur. Il délivre les derniers soins aux défunts avant les funérailles. Il aime son métier et l'exerce avec talent et dévouement.

 

Solitaires tous les deux, Manelle et Ambroise vont être amenés à se rencontrer par le hasard des dernières volontés de Samuel...

 

Le deuxième roman de Jean-Paul Didierlaurent, après Le liseur du 6h27, est un roman doudou, ou « feel-good », qui réussit le pari de mêler tendresse et sourires sur le thème douloureux de la maladie et de la fin de vie. D'emblée les personnages sont attachants, touchants dans leurs forces et leurs faiblesses.

 

L'intrigue aborde aussi avec pudeur le thème du suicide assisté. J'ai passé un excellent moment avec ce roman, qui rappelle ceux de Pierre Béguin, vous ne connaîtrez ni le jour ni l'heure (éd. Philippe Rey, 2013) et surtout d'Edouard Moradpour, Nous parlions d'amour de peur de nous parler d'autre chose (Michalon, 2015).

 

Il aurait pu être un coup de cœur si la fin avait été différente. Le twist choisi, totalement improbable offre un dénouement trop beau, trop guimauve, une fin qui réjouira les lecteurs au petit cœur tout mou qui veulent une belle histoire d'amour et des romans qui font du bien, mais qui pour ma part, m'a déçue.

Le reste de leur vie plaira, de toute évidence, aux lecteurs qui par exemple aiment les romans d'Agnès Ledig, car c'est à ses romans que m'ont fait penser les cinquante dernières pages.

 

 

 

Au diable Vauvert, mai 2016, 288 pages, prix : 17 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Gettyimages et éd. Au diable Vauvert

 

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Les gens heureux n'ont pas d'histoire - Eloïse Lièvre

7 Juin 2016, 17:54pm

Publié par Laure

Les gens heureux n'ont pas d'histoireLe procédé choisi pour ce roman est original : l'auteur a écrit chaque jour, du 2 décembre 2013 au 10 janvier 2014, à la veille de ses 40 ans, un texte à partir d'une photo d'elle (reproduite en tête de chapitre), de zéro à trente-neuf ans. Un chapitre par photo, une photo par année de vie, et par jour d'écriture. Voilà qui apporte de la singularité à l'histoire d'une vie somme toute banale.

 

J'ai beaucoup aimé les passages relatifs aux réflexions sur la maternité, le désir de grossesse ou non, les relations amoureuses, j'ai trouvé certains autres abords de ses textes ennuyeux. L'auteur joue également sur le temps : malgré un procédé clairement défini, chaque photo entraîne un récit ou une pensée non chronologique. Pour une même photo de son enfance, le texte grappille de-ci de-là dans le temps, et c'est ce qui rend la reconstruction de sa vie intéressante.

 

Séduisant, mais malgré tout très personnel, ce roman plaira surtout à ceux qui aiment l'analyse de l'intime.

 

 

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JC Lattès, avril 2016, 200 pages, prix : 18 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès

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Une famille normale - Garance Meillon

7 Juin 2016, 15:07pm

Publié par Laure

Une famille normale - Garance MeillonUne famille normale tout ce qu’il y a de plus standard en France : papa, maman, deux enfants, le choix du roi, même si ici c’est une fille qui est l’aînée. Maman Cassiopée, Papa Damien, Lucie (16 ans) et Benjamin (13 ans).

 

J’ai aimé le ton enjoué et caustique du début (les personnages prennent la parole à tour de rôle et n’y vont pas par quatre chemins pour évoquer la réalité de leur vie), mais ce n’est qu’un appât qui s’affadit très vite. Dès lors, il reste une famille « normale » dans son mal-être quotidien : l’usure du couple, les névroses de madame, qui est tout particulièrement chamboulée par le décès de sa mère, et les relations parents-ados qui se délitent. Tout n’est finalement que solitude ensemble, jusqu’à ce que les faux-semblants explosent.

 

Réflexion sur le couple, sur la transmission, sur les non-dits familiaux avec lesquels on grandit, l’idée est banale mais aurait pu être plaisante si le ton sarcastique avait été maintenu plus longtemps. A défaut, on sombre vite dans l’ennui et une certaine vacuité. Si les gens heureux n’ont pas d’histoire, cette famille normale aussi bancale soit-elle n’en a guère plus.

 

Un premier roman qui s’inscrit dans mon parcours des 68 premières fois de Charlotte.

 

68 premières fois 2016

 

 

Fayard, janvier 2016, 237 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hokus Pokus et éd. Fayard.

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Jupe et pantalon - Julie Moulin

30 Mai 2016, 14:21pm

Publié par Laure

Jupe et pantalon - Julie MoulinUn parti pris très original pour ce premier roman, qui passe … ou qui casse. Le récit de la première moitié est mené par les membres du corps d'Agathe, ses jambes essentiellement, prénommées Marguerite et Mirabelle pour l'occasion, mais aussi Babette, son postérieur, ou encore Camille, son cerveau, qui nous narrent la vie de leur propriétaire de sa naissance à son burn-out la trentaine venue.

La seconde partie redonne un prénom à l'être dans son entier (Agathe) et se fait plus classique pour analyser et décrire les suites de cette crise tant physique que psychologique.

 

Premier roman paru à la rentrée de janvier 2016, il fait donc partie de la sélection lue par le groupe des 75 doux dingues auquel j'appartiens, et les lecteurs sont divisés : ce livre, je crois qu'on l'aime ou qu'on le déteste. J'avais bien noté que la première partie tombait des mains de beaucoup, mais qu'il fallait persévérer, que la seconde rachetait largement l'ensemble, au point de basculer vers le ravissement.

 

Effectivement, j'ai détesté la première partie, que j'ai trouvée ennuyeuse et sans intérêt malgré son originalité de point de vue. Mais j'étais décidée à poursuivre, tout en m'interrogeant : quand bien même la situation basculerait, peut-on vraiment aimer un roman dont on a détesté les 150 premières pages ? La suite justifierait-elle à ce point de changer d'avis et d'apprécier alors d'un œil neuf le début ? J'y ai cru un instant, mais lorsque le fond du roman en est venu à aborder le thème archi rebattu de peut-on être une femme accomplie si l'on n'est pas mère, comment concilier travail, performance, vie de famille, maternité et féminité.. Crise de couple et amant de passage pour faire passer le tout, n'en jetez plus, tout cela pour ça ... Je l'ai fini très agacée.

 

Pourtant il y avait quelque chose de novateur dans l'idée, mais le risque pris n'a pas su me séduire.

Ce roman m'a déplu autant qu'il en a réjoui beaucoup : à vous de jouer pour vous faire votre propre opinion ?

 

 

68 premières fois 2016

 

 

éd. Alma, février 2016, 297 pages, prix : 18 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Alma

 

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Le monde sensible – Nathalie Gendrot

26 Mai 2016, 09:11am

Publié par Laure

Le monde sensible - Nathalie Gendrot

Delphine, la narratrice, dans un récit à la première personne, raconte sa rencontre amoureuse et l’hospitalisation qui a suivi après un accident en traversant un carrefour pour aller rejoindre son amant.

 

La partie la plus importante du roman est celle de l’hospitalisation, où Morphée et morphine se côtoient dans le déroulement des jours et des nuits de Delphine, qui tient des propos parfois décousus, en proie à l’hallucination opiacée.

 

Mesurer sa douleur sur une échelle de 1 à 10 est un fait qui rythme ses journées et qui trouve un drôle d’écho dans l’émission « Des chiffres et des lettres » que sa voisine de chambre écoute à la télé. S’y mêlent aussi des formules chimiques, celles des substances qu’on lui instille et notamment la morphine.

 

Le propos est parfois déroutant mais également fascinant tant il semble bien retranscrire une possible réaction sous antidouleurs de ce type. De la salle de réveil en soins intensifs au retour à la maison chez ses parents (elle a besoin d’une longue convalescence), c’est le parcours du corps et de l’esprit qui est décrit, tout comme le monde hospitalier avec ses protocoles et ses agacements.

 

Intéressant, bien écrit, souvent surprenant (je trouve qu’il n’est pas si facile de comprendre l’accident immédiatement si l’on n’a pas lu la quatrième de couverture ou d’autres critiques avant), ce premier roman est original et fascine par son exploration de l’hallucination qui se traduit par une écriture parfois déconstruite et fantasmagorique.

 

p. 49/50 : « Les infirmières m’avaient demandé où se situaient ma douleur, sur une échelle de 0 à 10. « 0 ça veut dire pas mal du tout et 10 c’est la douleur la plus intense possible. » J’avais le choix entre dix chiffres, onze en comptant le zéro. Zéro est l’ailleurs du corps, celui qui ne sent pas. La non-douleur, la paralysie, la tétanie, l’insensation : tout un monde s’ouvre derrière ce zéro. C’est le monde insensible. A partir de 1, on passe de l’autre côté, celui qui perçoit, qui sent. De 1 à 10, on fait le tour du monde sensible. »

 

p. 73 : « Morphine ne fait pas mourir la Douleur, elle oblige à regarder ailleurs. »

 

 

Pour les Sarthois, Nathalie Gendrot sera samedi 28 mai 2016 à la Librairie L'Ancre des Mots à Sablé sur Sarthe, à partir de 15h.

 

Ed. de l’Olivier, janvier 2016, 183 pages, prix : 16 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © cedric©scandella.fr / et éd. de L’Olivier

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Le Caillou - Sigolène Vinson

17 Mai 2016, 10:45am

Publié par Laure

Le Caillou - Sigolène VinsonLorsque son voisin meurt, la narratrice revient sur leur rencontre, et sur ce que ce monsieur Bernard a instillé dans sa vie. Elle quitte tout pour un petit village corse où elle reprend l’œuvre qu’il avait entreprise : sculpter un caillou qui a ses traits à elle. Elle dont l’objectif déroutant est de devenir un caillou.

 

Étrange roman parfois déstabilisant, sous le soleil et les parfums de garrigue corse. On s’attache au personnage, on se laisse porter par la bizarrerie de l’histoire.

Et puis soudain, la fin remet l’ensemble en perspective, il y avait bien deux parties totalement inégales, mais dont les titres sont révélateurs : (les choses à peu près) qui occupe 180 pages de l’ouvrage, et (les choses telles qu’elles sont) (je laisse les parenthèses) pour les 10 dernières pages. Comme quoi on ne prête pas toujours attention à un titre qui changera beaucoup de choses.

 

J’ai aimé l’originalité de ce roman même si j’ai trouvé la deuxième moitié un peu répétitive et un poil longuette, je ne suis pas sûre d’y avoir perçu les intentions (métaphoriques ?) de l’auteur mais il semble bien que ce roman interroge sur ce que l’on subit de sa vie, ou au contraire ce choix que l’on peut faire d’en devenir acteur en sortant des sentiers battus (et rassurants).

 

Étrange et déroutant, un brin fantaisiste, mais original et sympathique, et qui rappelle combien l’écriture romanesque peut se jouer de nous.

 

 

Le Tripode, mai 2015, 194 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Estelle Ribeyre et éd. du Tripode.

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