Les jardins d'Hélène

litterature jeunesse

Les tartines au kétcheupe - Marie-Sabine Roger

7 Juillet 2010, 08:58am

Publié par Laure

tartines-au-ketcheupe.gifRéédition d’un titre épuisé paru en 2000 chez Nathan, Les tartines au kétcheupe est un roman  drôle et bouleversant. Quelle belle façon spontanée et déroutante de dédramatiser la violence !

Nicolas a 5 ans, il est en grande section de maternelle, un peu turbulent, il est souvent repris par les enseignants. Il s’est inventé deux amis imaginaires à qui il confie ses tracas : Petit Toiseau et Fourmisseau. Et c’est ainsi que le lecteur comprend le quotidien de Nicolas quand il franchit le seuil de chez lui : père qui le bat, frères un peu violents aussi, mère en souffrance et violentée elle aussi, oh non sa vie n’est pas gaie à la maison ! Marie-Sabine Roger a réussi le tour de force d’en faire une histoire drôle par la fraîcheur des propos du petit garçon, notamment quand il nous raconte son histoire du Petit Poussé :

« Quand on revient en classe, la maîtresse nous raconte une histoire.

C’est un petit qu’a tout un tas de frères plus grands. Ben, moi, je sais ce que ça doit donner à la maison : ses frères, ils doivent passer leur temps à lui flanquer des claques, et à lui crier dessus en disant :

« Hé, le nain, tu vois pas que tu gênes ?! Pousse-toi du milieu ! »

C’est pour ça qu’on l’appelle le petit poussé. […]

 Il court ramasser des petits cailloux blancs en bas de chez lui. Il habite dans une chômière. C’est un immeuble où il y a que des chômeurs dedans. [...] »

Et quand les adultes tentent de l’aider, il va chez l’espliquologue, et quand ce dernier lui demande de dessiner sa famille, il oublie de se dessiner lui. Quand le psy (pardon, l’espliquologue, qui ne lui explique pas grand-chose au demeurant !) insiste, il ne réussit pas à se placer dans son dessin de la famille, il finit par se mettre au dos de la feuille, parce qu’il ne voit pas bien où il pourrait se mettre.

 

Un roman qui touche par les faits qu’il dénonce, sous couvert d’humour. Tendresse et gravité, éclats de rire et tristesse. Le langage et la fraîcheur de l’enfance sont très bien retranscrits. Dommage peut-être que la fin ne laisse guère plus d’espoir. Une lecture à accompagner peut-être auprès des plus jeunes, pour voir ce qu’ils en saisissent réellement ?

 

(A proposer dès 9 ans)

 

Lu et approuvé par Mel, de la soupe de l’espace, Gawou la libraire, Clarabel

 

Rouergue, coll. DacOdac, janvier 2010, 94 pages, prix : 6,50 €

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Crédit photo couverture : Frank Secka et éd. du Rouergue

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Gros pipi - Emile Jadoul

1 Juin 2010, 14:54pm

Publié par Laure

gros-pipi.JPG« Chaque nuit, c’est pareil. » Léon est un adorable petit pingouin qui habite un igloo avec son papa et sa maman. Mais voilà, chaque nuit, Léon se réveille car il a envie de faire pipi, alors il appelle sa maman : « Mamaaan, pipiiii ! » Maman est bien obligée de se lever, l’apprentissage de la propreté chez un petit vaut bien quelques nuits hachées ! Mais quand Léon a envie plusieurs fois dans la nuit, il appelle aussi Papaaaa !(y a pas de raison, hein). Mais les parents n’en peuvent plus, et sont très fatigués devant leur bol de café le matin. Alors maman Pingouin suggère à son Léon que pendant la nuit, les grands pingouins comme lui vont faire pipi tout seuls. Léon promet d’essayer. Le moment venu, il hésite bien un peu, mais allez courage, il y va tout seul ! Et que croyez-vous qu’il arrive quand un petit pingouin est très très fier de lui ? Ah bah je vous laisse deviner la chute !

Un album tendre et drôle qui aborde avec humour le thème de la propreté, mais aussi la dure vie nocturne de parents et le courage qu’il faut à un petit bout de pingouin adorable pour grandir, avec son ourson doudou violet qu’il trimballe partout !

Un régal pour les petits dès 2 ans.

(un album découvert chez Mimi, et comme je suis fan des albums de Jadoul, tout comme elle, je le recommande chaudement !)

 

(J’aime le soin particulier apporté aux pages intérieures de couverture : tout est noir, avec juste la lune blanche… l’histoire va donc se passer de nuit… mais le reste est très clair, blanc et pastel, simple mais superbe !)

 

Pastel / L’école des Loisirs, avril 2010, prix : 11 €

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Crédit photo couverture : © Emile Jadoul et Pastel / EDL

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Un koala dans la tête - Elise Fontenaille

20 Mai 2010, 15:04pm

Publié par Laure

koala-dans-la-tete.jpgCharlotte est une élève rêveuse et un poil paresseuse. Elle n’arrive pas à s’intéresser aux cours, et elle ne connaît personne dans ce nouveau collège depuis qu’elle a déménagé l’été dernier. Elle ne voit son père qu’un week-end sur deux, et un jour dans un tiroir, elle découvre une photo d’un homme jeune qui ressemble fort à son père, avec un koala, un vrai, sur la tête ! Elle gamberge et son père lui explique qu’il s’agit de son grand-père (son père à lui) qui a vécu en Australie, avant de disparaître en mer.

 

Charlotte va alors se prendre de passion pour l’Australie, l’histoire du peuple aborigène, son art, et lorsque sa prof d’histoire-géo lui donne un exposé au sujet libre à faire comme punition, sa soif de connaissances se révèle et ne tarit plus.

 

Un joli petit roman sur l’ennui à l’école, sur l’amour de la lecture (Charlotte lit des livres en cachette en classe !), sur la complicité entre un père et sa fille par la transmission de l’histoire familiale, sur la curiosité et l’envie d’apprendre autrement, avec un petit côté documentaire sur l’Australie, son peuple premier, ses koalas quand tout le monde pense kangourous … Une histoire positive qui se lit d’une traite, que j’ai pour ma part trouvé bien trop courte, mais n’oublions pas qu’elle est avant tout destinée à des enfants de 9 à 12 ans, et que si ces derniers peuvent être effrayés ou rebutés par des « gros » romans, ils peuvent découvrir là le bonheur simple de lire.

  

A la fin de l’ouvrage, une reproduction de la photo qui a inspiré l’auteur, la photo du papa d’une amie australienne, avec son koala sur la tête ! 

 

 

Lu et aimé aussi par Clarabel, Bauchette, Gaëlle, Zazimuth, ... 

 

 

Rouergue, coll. Dacodac, septembre 2009, 44 pages, prix : 5 €

 

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Crédit photo couverture : © Frank Secka et éd. du Rouergue.

 

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Le chat perdu – Constance A.

15 Avril 2010, 19:29pm

Publié par Laure

Dans cette maison, il y a des livres qui traînent absolument partout : de chaque côté du clavier de l’ordi, sur le buffet de la cuisine, sur les tables, sur les accoudoirs du canapé, sous les lits des filles, sur la poubelle des recyclables (n’y cherchez pas malice, c’est juste qu’on manque vraiment de place dans cette maison), partout, ah non, sauf aux toilettes et à la salle-de-bain, lieux accessoires où l’on va pour des choses pratiques et rapides, enfin chez nous c’est comme ça, chez vous, faites comme vous l'entendez.

Quand dans un tel capharnaüm il m’arrive de déplacer une ou deux piles de livres (quand j’ai vraiment trop de retard à la bibliothèque, quand je me fais engueuler par une attachée de presse, quand j’ai perdu l’ordonnance vitale de ma fille qui doit traîner là en-dessous), il m'arrive aussi de faire des découvertes totalement incroyables, inattendues, surprenantes, attendrissantes, etc, etc. Ce soir, j’ai trouvé un livre d’artiste, le premier roman de Constance A (plus connue en ces jardins sous le pseudonyme de « Mosquito »), je vous assure la transcription graphique, mais je vous garantis que tout est authentique, orthographe comprise, jouez du clic et du zoom sur les photos si vous ne me croyez pas !

 

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Ce soir donc, j’ai lu un roman illustré en couleurs (ah, manque quand même le couv. ill. en coul cher à mon job), intitulé « Le chat perdue », par Constance A, dans la colèction Maman (oui y a pas d’éditeur, est-ce prémonitoire, métier en voie d’extinction ?)

L’histoire étant courte, je me permets de vous la livrer (on verra plus tard pour les droits d’auteur)

Chapitre 1

Il était une fois un petit chat qui s’appeler vachette. C’était un chat heureux elle avait une maîtresse très gentille mais un jour elle mourut. 

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Chapitre 2

Le petit chat partie de la maison pour appeler du secour. Il a-la chez la cousine de sa maîtresse, qui habitai a 100 Km. En route le petit chat se perdu.

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Chapitre 3

Le petit chat ne trouvas plus son chemin c’est come ment ça qui s’appelle Le Chat perdu. FIN

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 ****

Quatrième de couv :  Le chat perdu – Constance A

Un chat perd sa maîtresse il essait de chercher de laide mais…

Colection Maman

 

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Mon avis sur ce premier roman : bon, si j’étais éditrice, même avec une bonne correctrice pas loin, je conseillerais à l’auteur de travailler encore, il faut persévérer, ce n’est pas encore totalement abouti. Mais en tant que maman de la jeune auteure, à votre avis ??

 

Colèction Maman,  7 pages, illustrations couleurs, prix : non indiqué

Etoiles : stars-5-0__V7092072_.gif (mais suis-je objective ?)

Crédit photos : la maman de l’auteure mais tout le mérite revient bien sûr à Constance A

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Mon coeur n'oublie jamais - Agnès de Lestrade

7 Avril 2010, 13:15pm

Publié par Laure

Illustrations de Violaine Marlange

 

coeur-n-oublie-jamais.jpgAngèle part quelques jours chez sa grand-mère, Maria Brantôme, une ancienne grande actrice qu’elle appelle tout simplement Mamia. Ces vacances sont un peu particulières, car la maman d’Angèle est enceinte, Angèle va avoir un petit frère, mais voilà, bébé voudrait déjà s’annoncer et c’est bien trop tôt, alors le temps que sa maman soit hospitalisée quelques jours et que son papa gère son travail, Angèle part chez Mamia, la belle et un peu fantasque Mamia. Mais cette année, Mamia est vraiment bizarre : elle l’appelle Nouck, (du prénom de sa mère, Anouck), elle fait une soupe de cerises vertes, elle veut retrouver son Léonard de mari sans se souvenir qu’il est mort depuis plusieurs années, elle entraîne sa petite-fille dans de drôles d’aventures qui inquiètent réellement Angèle…

Sans que jamais soit nommée la maladie d’Alzheimer, on assiste ici au regard d’une petite-fille sur les absences et « bizarreries » de sa grand-mère. C’est évoqué avec délicatesse et pudeur, avec des mots d’enfants qui sans peut-être tout comprendre savent faire la part des choses entre la fantaisie et l’alerte plus sérieuse. Sans dramatiser non plus, Agnès de Lestrade offre un petit roman sensible et généreux sur ce thème de la maladie et de la mémoire qui s’en va. De façon plus large aussi on verra un beau roman sur le lien entre enfants et grands-parents, sur ces souvenirs de vacances qu’on garde presque tous précieusement au fond de soi. 

Les illustrations de Violaine Marlange complètent agréablement l’ouvrage, j’ai particulièrement aimé une pleine page lorsque la petite fille est couchée dans son lit avec son doudou, ce joli dessin tout simple et si parlant…

 

Le billet de Clarabel, …

 

Rouergue, coll. ZigZag, février 2010, 109 pages, prix : 6,50 €

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Crédit photo couverture : © Violaine Marlange et Frank Secka / éd. du Rouergue

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La reine des chats - Elise Fontenaille

5 Avril 2010, 05:58am

Publié par Laure

reine-des-chats.jpgNina vient d’emménager à Nantes avec sa famille, une ville où elle ne connaît personne, une ville « moche, grise, sale, où il pleut tout le temps, même l’été, même pas une vraie pluie, franche, qui fait un joli bruit : une bruine humide, ici on appelle ça le crachin, je déteste ! » Et il ne neige jamais, pas comme à Nancy, d’où elle vient. Heureusement, la petite Nina a sa chatte Mina, compagnon fidèle, et le bonheur est total quand Mina donne naissance à deux adorables chatons. Hélas, quand son petit frère Alexandre fait une violente crise d’asthme, ses parents sont inflexibles : il faut se débarrasser des chats. Nina ne peut accepter cette décision et s’enfuit avec ses chats, comme le fait une petite fille, courageuse, déterminée, insouciante.

Dans le parc de la ville où elle finit par s’endormir, elle rencontre Eve, belle « princesse gothique », jeune femme artiste folle de chats et qui en a déjà sept chez elle. Et comme vous le devinez sans doute, Eve va proposer une solution à Nina, parce que quand on a déjà sept chats, on n’est plus à 3 près !

 

C’est une belle histoire pour les plus jeunes, Mosquito, 9 ans, a adoré. Peut-être parce que les enfants sont très touchés par ce lien à leur animal de compagnie, quand ils en ont déjà un à la maison eux-mêmes.

Pour ma part, j’ai trouvé le jeu graphique particulièrement réussi dans ce petit roman, car si dans la collection ZigZag on sait le principe du va-et-vient permanent entre le texte et l’image, je le trouve ici vraiment abouti, dans le jeu des noirs et blancs, texte blanc sur dessin noir et inversement, et bien sûr les illustrations de Céline Le Gouail sont parfaites, expressives, répondant au texte, le complétant, formant un bel ensemble. Bien sûr l’histoire est un peu « conte de fées merveilleux » où tout finit bien, mais n’oublions pas que ce petit roman est avant tout destiné à un jeune lectorat !

 

Les pages en exergue à la fin du livre nous présentent brièvement l’auteure et l’illustratrice, et l’on apprend ainsi que cette histoire est née d’un fait réel dans l’enfance d’Elise Fontenaille, et que bien plus tard elle a rencontré aussi cette Eve et ses sept chats. Quant à Céline Le Gouail, elle s’est bien fait avoir aussi, par l’arrivée d’une petite chatte espiègle qui s’est installée dans sa maison.

 

Rouergue, collection ZigZag, 107 pages, février 2010,  prix : 6,50 €

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Crédit photo couverture : © Céline Le Gouail, Frank Secka, et éd. du Rouergue.

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Toujours – Alison McGhee et Pascal Lemaitre

31 Mars 2010, 15:04pm

Publié par Laure

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C’est l’histoire tendre et douce d’un petit chien et d’une petite fille, vue par l’animal, qui s’engage avec humour à toujours protéger sa jeune maîtresse. Il est le « gardien du château » que toujours il protégera, parce que là que vit la petite fille. S’il le faut, il domptera les écureuils, il stoppera les avalanches, il traquera les bêtes féroces, et en face du texte de très belles illustrations pastel décalées avec humour : les avalanches sont les jouets qui tombent des placards, les bêtes féroces sont des araignées ou des souris, etc.

 

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C’est mignon et fantaisiste, ça rappelle le petit couple infernal de Rita et Machin, ça plaira sans nul doute aux jeunes enfants qui ont pour complice dans la vie un petit chien, courageux (en rêve seulement ?) et fidèle !

 

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(spéciale dédicace to Miss C.)

 

 

Pastel, mars 2010, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Pascal Lemaitre et éd. Pastel

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Je veux qu’on m’aime – Leo Timmers

31 Mars 2010, 11:06am

Publié par Laure

Adaptation française d’Etienne Schelstraete    

 

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« Le corbeau était toujours tout seul. On le fuyait. On l’évitait. « Pourquoi personne ne m’aime ? » se disait-il tristement. » Pauvre corbeau, tout noir, qui fait peur à tout le monde. Il a pourtant une bonne bouille sous le trait de l’auteur et illustrateur Leo Timmers ! C’est que le corbeau aimerait beaucoup devenir ami avec les gais et colorés pinson, perruche et mésange. Il a une super idée ! Qui ne va pas vraiment marcher… Ou plutôt si, mais pas comme il l’entendait.

Un album très simple (mais très efficace !) sur la différence, la peur de l’autre, la solitude et le besoin d’amitié. Un album facétieux qui ne manque pas d’humour ! On a tous besoin de couleurs dans la vie, et surtout, d’amis !

 

Milan jeunesse,  septembre 2009, prix : 10,90 €

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Crédit photo couverture : © Leo Timmers et éd. Milan jeunesse.

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Un livre – Hervé Tullet

27 Mars 2010, 18:40pm

Publié par Laure

un-livre-tullet.jpgJ’avais déjà lu ici ou là des critiques très enthousiastes sur cet album jeunesse, et je ne pouvais m’empêcher de penser que ça devait encore être ce que j’appelle habituellement dans mon job  « un truc d’instit », ce genre de livres qu’adorent les enseignants de maternelle ou de primaire parce qu’il y a des super machins pédagogiques dedans que moi  je ne vois pas, puisque je ne suis pas enseignante. Et que je n’attends pas d’un livre qu’il ait des qualités de ce genre. C’est vrai quoi, des ronds jaunes, bleus et rouges et on va nous sortir un truc sur les différences parce qu’un carré va apparaître dans l’histoire et que le carré ne rentre pas dans le rond mais l’inverse si, ou que le bleu et le jaune vont faire du vert, que sais-je encore.  Ça, c’est le genre de livres qui m’énervent et que je laisse aux instits qui eux semblent les adorer. (Mais si, j’aime bien les instits, même que je travaille toute l’année avec  eux !)

Et puis… j’ai trouvé un livre, ce livre,  sur une table de librairie jeunesse,  je l’ai ouvert, et là, j’ai ri comme une andouille en m’exclamant « génial ! » à chaque page.  Je me suis retenue tout ce que je pouvais pour ne pas faire ce qui était écrit sur le livre parce que quand même j’étais pas toute seule et que déjà je rigolais et je parlais tout haut en public ! Mais là tout de suite, j’ai fait l’expérience à la maison (parce qu’évidemment je l’ai acheté !) : Mosquito l’a trouvé, l’a ouvert, et je l’ai observée en douce : à la première page, elle a fait comme indiqué : « appuie sur ce rond jaune et tourne la page », et elle a continué, tournant chaque page, faisant scrupuleusement tout ce qu’on lui demandait de faire, riant de plus belle, pour finir sur un fou rire, et aller porter le livre à sa sœur de 13 ans. Qui a fait tout pareil. Même si on comprend le truc très vite, et bien on ne peut pas s’en empêcher, de tourner, de  « cliquer », de souffler, de pencher à gauche ou à droite, et de rire, même si ça, ce n’est pas écrit dans le livre.

C’est tout simple, ça a l’air tout bête, et c’est formidablement inventif et amusant. Voilà aussi ce que j’attends d’un livre : d’être surprise, étonnée, amusée, admirative… Humour, fantaisie, imaginaire : on ne peut pas résister  à ce livre !

 

Bayard jeunesse, février 2010, prix : 10,90 euros

Etoiles : stars-5-0__V7092072_.gif  (parce que vraiment, j’ai ri tout le temps)

Crédit photo couverture : © Hervé Tullet et éd. Bayard jeunesse

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Nanouk et moi - Florence Seyvos

18 Mars 2010, 09:55am

Publié par Laure

nanouk-et-moi-copie-1.jpgThomas est un petit garçon bouleversé par des cauchemars, et surtout ce qu’il appelle des « cauchemars éveillés », lorsqu’il repense au film Nanouk l’Eskimo, de Robert Flaherty. Plus exactement, c’est la phrase écrite qui ouvre ce film documentaire qui le hante : On apprend avant même le début du film que Nanouk est mort de faim en allant chasser le cerf deux ans après le tournage. Thomas a la chance d’avoir des parents attentifs et ouverts qui vont lui proposer d’aller voir le docteur Zblod (c’est un pseudonyme inventé par Thomas pour que vous n’alliez pas téléphoner au docteur en vrai pour lui faire des blagues, oui, il y a aussi beaucoup d’humour dans ce livre, on est dans l’enfance, n’oublions pas !). Le docteur Zblod est (sans doute) un excellent pédopsychiatre, neutre et bienveillant, qui peu à peu va aider Thomas à exprimer ses peurs et à comprendre combien il est normal d’avoir peur de la mort.

Pas de panique si vous ne connaissez pas le film de Robert Flaherty, Thomas résume très bien l’histoire de Nanouk, à la demande du médecin qui ne s’en souvient plus très bien (et au passage, ça rend bien service au lecteur, voyez l’habileté romanesque de la chose).

Grâce au docteur Zblod, Thomas va dépasser ses angoisses : « tu as découvert que la mort était infiniment inquiétante et triste. Tu as aussi vérifié que tu pouvais y penser sans devenir fou. » (p. 90). A propos d’inquiétude, l’auteur nous en fait traverser une grande aussi, lorsque Thomas décide d’avaler des médicaments trouvés dans l’armoire à pharmacie familiale, pour retrouver la gaîté car il a entendu à la télé que c’était possible grâce aux anti-dépresseurs. Là encore, belle écoute et réponse du docteur Zblod. (Je vous rassure, le médicament ingéré n’était en fait que des comprimés … contre les aphtes !)

C’est donc un très beau roman sensible et fin que nous offre Florence Seyvos pour aborder ce thème délicat. C’est aussi un roman qui ouvre plein d’autres pistes, désacralise la psychiatrie, donne une folle envie de voir le film de 1920 Nanouk l’Eskimo, rappelle les débuts de la photographie, la vie des Inuits, … Une belle relation enfant / médecin, enfant / parents, un livre intelligent qui fait du bien !

 

(à proposer dès 9/10 ans)

 

L’école des loisirs, coll. Neuf, janvier 2010, 103 pages, prix : 8 €

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Crédit photo couverture : © Gabriel Gay et éd. l’école des loisirs

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