Les jardins d'Hélène

litterature jeunesse

Mon p'tit vieux - Jo Hoestlandt

10 Février 2007, 16:08pm

Publié par Laure

Illustrations de Sandrine Martin

Tim(othée) fête ses 10 ans avec quelques copains dans sa cité HLM de banlieue. Parfois, il y a des télés qui passent par les fenêtres, quand les voisins du dessus se chamaillent. Et puis il y a le Vieux, en face, un vieux sale et bougon, qui insulte les enfants. Timothée le croise souvent à la supérette, il mange en cachette du chocolat dans les rayons, et il achète toujours la même chose : des boites pour son chat. Et puis un jour, ce n’est pas une télé qui passe par la fenêtre, mais le Vieux. Tim se pose alors bien des questions. Avec sa mère, il va dans l’appartement du Vieux, pour s’occuper du chat. Mais il n’y a jamais eu de chat. Les boîtes, elles étaient pour le p’tit vieux. P't'être, p't'être pas. Ça fout un sacré coup au moral, de ne pas voir la solitude et la misère au pied de sa porte. Et il est toujours trop tard quand on le réalise, car Tim commençait à bien l’aimer, ce p’tit vieux qui lui avait souhaité « bon anniversaire » par la fenêtre. Un peu de temps encore, et ils se seraient apprivoisés tous les deux. Mais c’est fini. Voilà.

Un petit texte tout simple mais qui marque longtemps…

La fin : (p.45) « Depuis çui-là, les autres vieux du coin, je les surveille du coin de l’œil. Y zont-y des chats, y z’en ont-y pas ? Faudrait savoir… Y sont roublards, j’vous dis pas.

Et puis je regarde en l’air, des fois que. Parce que les vieux, ça devrait pas tomber du ciel. Jamais. Voilà. C’est tout. »

Conseillé dès 9 ans (mais possible dès 7 ans : lecture facile)

Le baron perché, mars 2006, 45 pages, prix : 7,90 €

Ma note : 3/5

 

 

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Spécial copinage

5 Février 2007, 17:49pm

Publié par Laure

C’est une vraie belle surprise, et je vous la livre avec d’autant plus de plaisir que personne – et surtout pas elle – ne m’a demandé de le faire (vous savez, ces petits mails d’autopromotion qu’on reçoit parfois : si vous pouviez, etc.) Elle, c’est Emmanuelle Eeckhout, auteur-illustratrice jeunesse que j’ai découverte avec la Vengeance de Germaine. Elle est un peu la gardienne secrète des jardins, car elle les lit régulièrement, mais toujours discrètement. Parfois, elle laisse un petit message juste signé de son prénom, et si je n’avais pas son adresse email dans l’admin du commentaire avec son nom complet, je ne saurais pas que c’est elle, l’auteur qui me fait l’honneur de me lire.

Alors aujourd’hui, quand elle m’écrit que Mosquito est jolie, (bon je suis flattée) et je vois du neuf : yess, elle a un site web tout neuf tout beau. Mais elle est trop discrète pour le dire, et moi je veux que vous alliez cliquer dessus, parce qu’il est vraiment chouette ! 

Et qu’est-ce que je découvre ? qu’elle va sortir 2 nouveaux albums en mars prochain, et je ne sais pas s’ils pourront plaire à Mosquito, m’en fous, les veux, et comme c’est en plein salon parisien, je courrai les acheter ! Ce sont deux albums en collaboration : dans l’un elle est auteur, dans l’autre illustratrice. Bon, OK, vous me direz : nouveau site, nouveaux albums, c’est de la promo, peut-être, mais elle la fait si discrètement que….

Et puis elle nous offre aussi son portrait : il est craquant (et plein d’humour) ! D’abord, elle fait pile la même taille que moi (1,64 m) et puis elle a plein de petits défauts pas vrais ont dit ceux qui ont signé le livre d’or. Et surtout, vous savez quoi ? Elle est née … en 1976 ! mais elle jeuuune !! Bon, n’allez pas croire Emmanuelle, que je vous croyais vieille, mais quand même, disons… un peu plus que moi : quand on entend parler de vous à une table ronde sur les livres qui posent problème en bibliothèque, ceux que des collègues ont décidé de censurer, quand on nous explique pourquoi (la vengeance de Germaine serait amorale), quand ensuite on les découvre et qu’on les trouve géniaux et rigolos comme tout (moi je le mets dans ma bibliothèque !), et quand on voit votre talent, comment dire… on se dit que vous avez forcément tout plein d’expérience ! Alors j’en suis baba et d’autant plus admirative. Et puis vous êtes aussi bibliothécaire, …  vous avez tous les talents !

 

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Rendez-vous n’importe où – Thomas Scotto, illustrations d’Ingrid Monchy

26 Janvier 2007, 18:53pm

Publié par Laure

J’ai envie de parler de ce très bel album auquel pourtant mes filles (de 10 et 6 ans) n’ont pas accroché du tout. C’est une histoire tendre et poétique, qui offre une belle part au rêve et à l’imaginaire. Rendez-vous n’importe où, c’est un échange épistolaire entre un homme et une femme, une histoire d’amour, celle des palpitations du cœur qui précèdent le premier rendez-vous.

(désolée pour le jeu d'ombre et lumière qui n'est dû qu'au rayon de soleil qui traversait mon bureau !)

Monsieur écrit à Madam’zelle (je fonds pour ce Madam’zelle !)

« Rendez-vous lundi en neige quand il fera tout blanc.

Je serai debout devant la fontaine gelée.

Très facile à reconnaître avec mon écharpe rouge, vraiment rouge.

PS : je vous jure que c’est très sérieux cette lettre »

Aussitôt Madam’zelle lui répond :

« Monsieur,

Pour le lundi des flocons, je crois que c’est très possible […] »

Puis s’égrainent les jours, mardi en pluie pour monsieur, mardi en gouttes pour madam’zelle, mercredi en grêle, et ainsi jusqu’au lundi en flocons de neige tant attendu. On suit avec bonheur les inquiétudes et les espoirs de l’attente. Cet album est magnifiquement porté par les illustrations d’Ingrid Monchy, tantôt blanches comme la neige, tantôt jaunes soleil comme les tournesols ou orangées comme les citrouilles. C’est beau et poétique, tout simplement.

 

Conseillé dès 5 ans, à proposer peut-être à une petite fille un peu rêveuse ou … amoureuse ?

Ce que Mosquito a aimé (du haut de sa grande section de maternelle) : reconnaître les jours de la semaine au début de chaque page !

Thierry Magnier, oct. 2003, ISBN 2-84420-258-6, prix : 15,50 €

Ma note : 4/5

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Petite soeur grande soeur - Leuyen Pham

25 Janvier 2007, 09:32am

Publié par Laure

Découvert grâce à Ktl, ce livre est vite devenu le gros coup de cœur de Mosquito, qui ne veut plus trop le rendre à la bibliothèque !

Petite sœur grande sœur est donc l’histoire de deux sœurs, vue par la plus petite. C’est bourré de tendresse et d’émotion, d’espièglerie et de jalousie, mais d’amour aussi, tout simplement ! La petite sœur nous énumère tout ce que peut faire sa grande sœur et pas elle, leurs petites querelles et leurs complicités. J’adore le côté un peu rétro des dessins et la bouille de la petite sœur qui a l’air d’une sacrée chipie. Vraiment drôle et bien vu, et qui plaira bien sûr si vous avez deux filles ! Finalement, c’est mon coup de cœur à moi aussi !

Dès 5 ans.

Albin Michel Jeunesse, 2006, ISBN 2-226-17070-7, prix : 10,50 €

Ma note : 4/5

 

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Kurt et le poisson - Erlend Loe

19 Janvier 2007, 13:34pm

Publié par Laure

Prix  Tam-Tam 2006 dans la catégorie plus de 9 ans

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Couraud

Illustré par Kim Hiorthoy

J’ai gardé le meilleur pour la fin, sans vraiment le savoir, mais je m’étais promis de lire en dernier le livre primé par les jeunes de 9-11 ans pour le Prix Tam-Tam du Salon Jeunesse de Montreuil en 2006, celui qu’ils ont élu par leurs votes via le magazine J’aime lire. Et bien je peux vous assurer que les enfants ne se sont pas trompés, c’est de loin le livre le plus réjouissant de cette sélection ! Il est presque dommage de le résumer tant il faut laisser intact le plaisir de la découverte (savoureuse). Mais il faut aussi vous donner envie, alors allons-y : 

Kurt est conducteur de chariot élévateur transpalette, cet engin encore autrement appelé Fenwick. Son travail consiste à transporter, charger et décharger toutes les cargaisons qui arrivent par bateau dans son port de Norvège. Kurt est marié, il a 3 enfants. Sa femme dessine des maisons, sa fille aînée s’appelle Héléna et elle est toute maigre, il a un fils qui lui ressemble tellement qu’il s’appelle petit Kurt, et un petit dernier : Bud, parce que sa mère était fan de séries télé américaines et que tous les héros américains s’appellent Bud. Un beau jour, Kurt père trouve sur le port un gros poisson, très très gros (même qu’il ressemble à une baleine). Il le ramène chez lui, et pendant des mois et des mois, ils vont le manger. Et s’ils faisaient une escapade autour du monde, en famille, sur leur Fenwick et avec leur poisson ? Et vogue pour New-York, le Brésil, l’Afrique (ah non, ils se sont trompés de chemin et se retrouvent en Antarctique où ils ont, comment dire, un peu… froid !), l’Inde en avion (avec la baleine, hein), et ils rencontrent des tas de gens, même qu’ils parlent le Norvégien, de l’autre côté de la terre, c’est normal, non ? Le poisson diminue au fur et à mesure qu’Héléna grossit, Petit Kurt cultive sa passion du soda, Bud grandit, mais ils finissent par rentrer à la maison, mangent la dernière miette de leur poisson, et la vie reprend son cours. « C’est dingue tout ce qu’on peut faire rien qu’avec un poisson » (dernière phrase du livre). Parenthèse enchantée, magie de l’écriture où tout est simple et facile, possible et réalisable. J’ai adoré ce petit bouquin, complètement loufoque, délirant, ça a l’air d’être « n’importe quoi » et c’est franchement drôle ! De l’évasion, de la fantaisie, voilà un livre qui développe l’imaginaire ! Les enfants ont eu mille fois raison d’élire ce livre. Ceux avec qui je vais travailler à partir d’aujourd’hui et jusqu’au mois de juin feront-ils le même choix ? eh eh, je vous le dirai …

Et je suis ravie de découvrir que l’auteur en a sorti un deuxième il y a deux jours à peine : Méchant Kurt ! 

 Et puis l’auteur, je suis sûre que vous le connaissez : Clarabel en a parlé ! Du coup, je vais sérieusement me pencher sur sa production « adultes » .

La joie de lire, mars 2006, 91 pages, ISBN 2-88258-343-5, prix : 7 € 

Ma note : 4,5/5  

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Un garçon comme moi - Rosa Amanda Strausz

18 Janvier 2007, 14:53pm

Publié par Laure

Traduit du brésilien par Anne-Marie Rumeau  

 

 

Suite de mes lectures professionnelles du prix Tam-Tam 2006. Là, je n’ai pas accroché du tout. C’est bien simple, à la fin de ma lecture, je n’avais rien compris ! Je l’ai repris (c’est un livre jeunesse, les chapitres sont courts et la pagination aérée), et …mouais…

La vie de deux petits garçons dans les favelas de Rio de Janeiro : par alternance des chapitres, on suit le quotidien de Jean-Victor, qui n’est pas issu d’une famille riche mais qui a la chance d’aller à l’école et une mère qui l’y encourage (un peu trop à son goût) et de Uolace qui vit dans la rue avec sa mère alcoolique. Quand les bandes se croisent, elles se craignent ou s’affrontent, mais au fond, ces gamins, ils ont bien tous les mêmes rêves : manger des hamburgers, que la vie soit meilleure, et devenir quelqu’un. Le parallélisme entre les deux personnages est parfait et les fins de chapitre souvent identiques : « Qu’est-ce que fait un garçon réveillé au milieu de la nuit ? Je regarde mieux et je reconnais le gosse qui mange des hamburgers au petit-déjeuner. Même de loin je vois qu’il n’a pas son air méprisant de tous les jours. Il a l’air tellement … perdu. Comme moi. Comme moi, je répète tout bas. »

Une approche des écarts des milieux sociaux, des rêves et des espoirs de l’enfance, mais qui ne va hélas pas plus loin … qu’une simple approche. Après tout, cette histoire pourrait tout aussi bien se passer en France, des gens qui dorment dans les rues, il y en a aussi…

Seuil /Métailié, oct.2005, 76 p. ISBN 2-02-0844710, prix : 8 €

Ma note : 1,5/5

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Sadi et le général - Katia Sabet

17 Janvier 2007, 16:53pm

Publié par Laure

Illustré par Clément Devaux

Je poursuis mes lectures professionnelles du prix Tam-Tam 2006, avec le deuxième livre proposé (sur 4) : Sadi et le général. Sadi est un petit garçon perdu par ses parents sur la grande place de la mosquée du Caire un jour de fête de saint Hussein. Il est recueilli et adopté par la famille de Farghali, matelassier de métier, qui a déjà trois garçons. L'enfant va apprendre le métier de son père adoptif et se révéler être un excellent élève. Il a 10 ans lorsqu'arrive le général Bonaparte, qui s'installe avec ses troupes dans le palais d'Elfi bey, Mamelouk qui s'est enfui. En regarnissant des coussins et des matelas, le petit Sadi va trouver un véritable trésor de pierres précieuses, de bijoux et de diamants cachés. Il en avertit immédiatement le Général, mais honnête et droit, il veut rendre les bijoux à sa propriétaire. S'ensuit une petite aventure qui tient en haleine, les bijoux ayant disparu.

Ce petit roman est dépaysant, très joliment illustré, et met en avant l'honnêteté, la bonne foi et le courage du jeune Sadi. Un bon roman d'aventure pour les plus jeunes ! Le vocabulaire propre aux traditions égyptiennes peut décourager un peu, car il est expliqué en fin de volume, mais le renvoi par astérisques est assez pénible (j'aurais préféré des notes de bas de pages), et c'est vrai qu'au début, cela alourdit un peu la lecture de devoir toujours s'interrompre pour aller voir ce que sont un caftan, une felouque, un kadi, etc.

Mais j'avoue que j'ai préféré ce roman au précédent lu pour ce prix, car il ouvre davantage l'imaginaire et me semble bien plus enrichissant. Très différent, certes, donc la comparaison est délicate. Les aquarelles, hélas en noir et blanc, sont d'une grande finesse, à la fois simples et transmettant parfaitement la féerie propre à l'Orient. 

 

Conseillé dès 8 ans.

 

Folio cadet, oct. 2005, 103 pages, ISBN 2-07-0519082, prix : 4.90 ?

Ma note : 3,5/5

 

 

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Les rois du monde - Hélène Vignal

12 Janvier 2007, 17:26pm

Publié par Laure

Illustré par Eva Offrédo

Ce petit roman jeunesse faisait partie de la sélection 2006 (avec trois autres dont je vous parle bientôt) du Prix Tam-Tam du Salon de littérature jeunesse de Montreuil, dans la catégorie + de 9 ans (partenariat avec J’aime Lire). Il y a aussi une catégorie plus de 12 ans (partenariat avec Je Bouquine), une catégorie albums, etc. (pour plus d’infos voir ici )

Alors voilà, je commence à les lire car je vais travailler dessus avec une classe de CM2 d’ici la fin de l’année, et ils vont à leur tour élire leur préféré (je vais bien sûr leur taire le résultat officiel !)

 

Les rois du monde, c’est l’histoire d’une famille nombreuse monoparentale qui part pour la première fois en vacances. « Ils iront voir la mer » grâce à des aides sociales et au courage de la mère d’embarquer sa tribu dans le TGV en gare de Lille-Europe pour Les Sables d’Olonne (avec quelques changements de train, bien sûr). Il y a Romuald, qui nous raconte l’histoire, sa sœur aînée Jessica, qui répond tout le temps et se prend autant de baffes par sa mère, Samy qui pleurniche souvent et Charline, avec son rire atomique et ses couches sales. Il y a de la vie et un sacré franc-parler dans cette famille « pauvre », une énergie joyeuse même quand au détour d’une phrase on apprend que les enfants sont de plusieurs pères différents et bien sûr il n’y en a aucun avec eux. La découverte d’un voyage pour la première fois, camping pour la première fois, mer pour la première fois, quand tout le camping est couché… Fin surprenante et qui laisse le lecteur sur sa faim. Le résumé dit tout, car hélas, on n’en retient qu’un gros « bof ». Rien d’extraordinaire dans ce livre, rien qui fasse rêver, juste une narration simple et sans grandes péripéties. J’attends donc l’avis des enfants, et je vous tiens au courant !

 

Ed. du Rouergue, fév. 2006, coll. ZigZag, 73 pages, ISBN 2-8415-6714-1, prix : 6 €

Ma note : 2/5

 

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Le Père Noël noir - Bruno Heitz

19 Décembre 2006, 17:23pm

Publié par Laure

 Vous saviez, vous, que le père Noël était habillé en noir ? Et qu’il était marié ? Et même que sa femme n’est pas commode du tout ! D’ailleurs, c’est elle qui en assez de laver son habit et de décrasser sa barbe quand il rentre de sa tournée la nuit de Noël, après être passé par toutes les cheminées… Alors cette année c’est décidé, elle lui rase la barbe et lui ordonne de mettre un vêtement noir. Mais notre père Noël noir sur les toits de la ville ressemble alors étrangement à Dédé le bandit, et se fait arrêter par la police. Il a beau se débattre en criant qu’il est le Père Noël, personne ne le croit et il finit en prison.

Quand le vrai Dédé entend cela, il se dit qu’il faut tirer le père Noël de là, sinon qui va lui apporter son cadeau cette nuit ? Hop, il imagine aussitôt l’évasion du Père Noël, et prend sa place le temps que tous les cadeaux soient livrés. Facétieux, ingénieux et amusant, c’est un album tout simple qui plaît beaucoup aux enfants (je l’ai lu encore à une classe de CP cet après-midi). On peut s’attarder à une lecture plus complexe du texte et de l’image, une partie de l’album ressemblant fort à de la BD. Faut-il regretter l’orientation donnée par l’auteur dans son illustration selon laquelle la nuit de Noël tous les policiers sont ivres morts (on en voit un qui dort par terre, le litre de rouge vide à ses côtés), ont le nez rouge et jouent aux cartes ? La question m’a réellement été posée par un enfant : pourquoi tous les policiers ont le nez rouge ? Ah la la pas facile, cette lecture implicite pour nous de l’image, qui ne fait pas forcément rire un enfant de 6 ans qui ne comprend pas pourquoi un policier devrait être bourré… De même lorsque Dédé arrive bien involontairement au logis du Père Noël et que Madame Noël le prend pour son mari, il se fait bien engueuler le pauvre, et d’ailleurs il est puni : le voilà condamné aux travaux forcés par Madame : il doit « répondre aux courriers des enfants du monde entier, faire des milliers de tonnes de jouets, les distribuer, les réparer… et tout ça pour l’ETERNITE.» Pauvre Dédé. Et pendant ce temps-là, notre Père Noël peut enfin vivre tranquille de petits boulots : ramoneur, Père Fouettard,... 

Bref, un album très drôle, qui joue sur le quiproquo, et qui a plusieurs niveaux de lectures, si l’on retient cette caricature populaire de la police et de la femme qui porte la culotte. Un album dont la lecture se fait autant par l’image que par le texte, chez un petit éditeur sympa, qui fait beaucoup dans les livres d’art pour enfants. 

Et si vous vous demandez vous aussi si le Père Noël est un beau garçon svelte et élancé, chargé de magnifiques présents rien que pour vous, allez donc lire notre Clarabel… elle le trouve un peu malotru aujourd’hui !

Palette, oct. 2004, ISBN 2915710031, prix : 13,50 € 

Ma note : 4,5/5  

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Grand ours - François Place

14 Décembre 2006, 20:22pm

Publié par Laure

On ne présente plus François Place, qui est un auteur-illustrateur de livres jeunesse de grand talent. Je viens de lire grand ours et une fois encore je suis séduite, surtout par ses illustrations, car je trouve toujours ses textes un peu difficiles pour les enfants (voir par exemple le prince bégayant). Ne commettez pas l’erreur d’offrir grand ours à un enfant de 4 ans sous prétexte que c’est un album, que la couverture est magnifique, et que ça parle d’un ours. Bons critères, mais le texte s’adresse vraiment à des enfants de CM1- CM2, soit 9-10 ans et plus, bien sûr.

Grand ours est un récit initiatique qui nous présente la préhistoire, les tribus, le courage, l’amitié, la notion d’esprit protecteur, bref, pas facile.

Kaor est un marche-debout (un petit d’homme !) En grandissant il doit chasser le peuple des têtes boisées (les cerfs) pour nourrir son clan, mais il ne doit jamais affronter le regard de Tanda, la grande femelle blanche.  Kaor grandit et chasse mais son oncle Traho se moque de lui car il ne tue que des petites têtes cornues (des chèvres). Un grand chasseur doit chasser des grands souffles, tel celui de frère ours, qui dort dans la bouche de la terre. Il part affronter frère ours, protégé par l’esprit de Grand Ours, à qui il doit la vie sauve. Blessé, il est recueilli par Thia et Fran, qui le soignent et lui font découvrir la peinture et les dessins dans les grottes. Lorsqu’il revient dans son clan, il est rejeté par les siens, car au lieu de rapporter comme promis une peau et un collier de griffes, il rapporte deux nouvelles bouches à nourrir : une femme qui ne chasse pas (Thia) et un vieux trop faible pour chasser (Fran). Et les grandes têtes boisées sont parties nourrir d’autres clans. Traho va donc s’en prendre physiquement à son neveu Kaor, mais c’est le plus jeune qui sortira vainqueur. Kaor explique à sa mère et à tous ceux de son clan que jeunes ou vieux, hommes ou femmes, ils sont tous du clan des marche-debouts. Et pour les femmes, c’est Thia elle-même qui le dit, elle qui porte l’enfant de Kaor...

Conte d’une grande richesse, il faut je crois le lire plusieurs fois pour en saisir toutes les portées. Phrases poétiques et illustrations pleine page somptueuses, c’est un album qui vaut son prix car 1) il est beau ! 2)il accompagnera longtemps l’enfant qui le recevra, tout en réjouissant le parent qui le lira peut-être à un plus jeune.

Toute la difficulté me semble être dans ce format d’album destiné aux grands qu’on ne réussit guère à faire lire au public concerné, du moins c’est ainsi en bibliothèque : dès que l’enfant sait lire, il délaisse trop souvent l’album pour aller vers la BD, les petits romans de poche, alors à 10 ans je ne vous dis même pas… c’est là notre rôle de médiateurs, parents, enseignants, bibliothécaires, libraires... Une libraire me disait la semaine dernière alors que je feuilletais le dernier Dautremer que je trouvais très difficile (oui, un tout nouveau tout beau) que ce genre d’albums, les gens les achètent davantage pour les parents que pour les enfants. C’est bien aussi, mais je crois que cela ne se fait que dans les familles amoureuses des livres, et déjà fidèles de Place et Dautremer !

                                                               (le dernier Dautremer)

Duculot, oct. 2005, ISBN 2-203-55411-8, prix 16,95 €

Et le tout dernier François Place paru chez Rue du Monde (octobre 2006) :

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