Les jardins d'Hélène

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Sauf quand on les aime - Frédérique Martin

8 Septembre 2014, 20:05pm

Publié par Laure

J'avais beaucoup aimé le précédent roman de Frédérique Martin, le vase où meurt cette verveine

Je suis restée hélas un peu plus à distance de ce nouvel opus, regardant de loin ces petits jeunes s'agiter sans qu'ils parviennent à me toucher ou m'intéresser.

 

Certes la scène d'ouverture est très forte et très actuelle, une jeune fille se fait agresser dans le métro sous le regard vide des autres voyageurs. Seule une femme osera réagir et s'interposer. Claire, elle, s'en veut de sa peur et de sa lâcheté, et pour se rattraper, aborde Tisha, la victime, et lui propose de venir chez elle, ou plutôt chez eux. A partir de là, on a beau mélange de « Ensemble c'est tout » façon « auberge espagnole », avec une bonne dose de« et puis Paulette ». C'est un peu trop vu, trop gentil, trop dans l'air du temps, réparons nos blessures tous ensemble, cessons l'égoïsme, aimons-nous les uns les autres sans oublier nos vieux.

 

Kader, Claire, Juliette, et Monsieur Bréhel ont tous des bleus à l'âme et le besoin d'aimer et d'être aimés. L'amour, l'amitié, de beaux sentiments qui s'entrecroisent dans l'errance d'une jeunesse qui se trouve. C'est la violence annoncée en quatrième de couverture qui m'a fait persévérer et finir le roman : de nouvelles scènes brutales heurtent les personnages pour mieux les rapprocher. Oui... mais ça reste un peu trop idéaliste et joue un peu trop sur les bons sentiments. A la crudité de la réalité, de beaux espoirs...

 

Belfond, août 2014, 221 pages, prix : 21 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Emile Loreaux / Picturetank et éd. Belfond.

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Le cercle des femmes - Sophie Brocas

22 Août 2014, 13:30pm

Publié par Laure

Quatre femmes adultes, de l'arrière-grand-mère à l'arrière-petite-fille, quatre générations : au décès de Mamie Alice, son arrière-petite-fille Lia découvre de vieilles lettres et un secret de famille en rangeant la maison de la défunte. « J'avais vingt ans. Mamie Alice était ma première morte » A l'âge où elle construit sa vie et hésite à s'engager avec son amoureux, cette découverte va la bouleverser et la conduire à s'interroger et à interpréter différemment les vies de sa mère et de sa grand-mère Sol. Ou comment la psychogénéalogie fait des siennes à l'ombre des secrets enfouis, et comment rompre le cercle.

 

Si le roman est joliment écrit, de manière très sobre et classique, son sujet manque un poil d'originalité. C'est une lecture agréable mais il manque l'étincelle qui le sortirait de l'ordinaire, d'autant que la fin convenue est sans surprise.

 

Et si cela n'a rien à voir avec l'histoire ni même l'écriture, il y a pour moi quelque chose de rédhibitoire dans l'édition de ce roman : son illustration de couverture. Certes lu en numérique, c'est typiquement le genre de couverture vers lequel je ne serais jamais allée en librairie, ou alors en pensant « tiens, un cadeau pour ma grand-mère peut-être... (je n'ose même pas dire ma mère) ». Dommage car la couverture, c'est souvent la première approche que l'on a avec le livre sur une table de libraire, avant même sa quatrième et son résumé. Mais son côté très daté pourra plaire à d'autres, les goûts et les couleurs, comme on dit...

 

Lu en juillet dans le cadre de l'opération "On vous lit tout !, en partenariat avec Libfly et le Furet du Nord"

 

Julliard, août 2014, 134 pages, prix : 18,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © DR / ed. Julliard

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A + 2 - Sophie Schulze

21 Août 2014, 18:02pm

Publié par Laure

A + 2, c'est la 2ème génération après A, A dans le livre étant le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz. Mais ce n'est que dans la dernière partie que ce titre prend sens. Récit dur, âpre, qui réinterroge l'identité et la culpabilité.

 

Étonnant parcours de lecture qui fut le mien : ce livre a bien failli me tomber des mains très vite, pour peu à peu m'attirer dans sa deuxième partie et me convaincre dans sa dernière, sur la qualité du projet littéraire.

Si vous cherchez une histoire reposante avec un début un milieu une fin, passez votre chemin. Si vous acceptez une construction non linéaire, un peu déstructurée mais au final ô combien intéressante, allez-y.

 

La première partie, intitulée « personnalité juridique » a failli m'ennuyer, bien qu'un peu ubuesque. Je n'étais pas loin de penser « pauvre petite fille riche qui narre ses innombrables voyages facilités entre autres par un passeport diplomatique », sa vie à Riyad, son safari en Tanzanie, sa journée à Jérusalem... Mais pourquoi ces interpellations en allemand, qui rappellent bien sûr une autre époque... C'est court, et pas inintéressant, je poursuis. La deuxième partie s'intitule : « la personne morale » et précise le parcours de l'auteur. Abrutissant premier chapitre sur la philosophie allemande, Sophie Schulze a été étudiante en philo à Strasbourg. Le cours sur Heidegger (son petit Heidi) et Arendt me perd. Ou ce n'est pas le bon moment. Parfois, c'est un rien qui vous accroche, Valdoie, la Savoureuse, Belfort c'est toute mon enfance auprès de ma grand-mère, Strasbourg et ses universités, mon adolescence. Ça me parle enfin, même si ce n'est pas pour les bonnes raisons. Puis son expérience de juriste à Paris (kafkaïenne), le Niger, Jérusalem.

Troisième et dernière partie, sans aucun doute la plus essentielle, « l'unicité ». Visite de A et B, choix d'un code de langage où A est Auschwitz et B Birkenau, découverte tardive du nazisme de son grand-père, nombreux passages (trop peut-être au regard de son propre texte) extraits de « Aucun de nous ne reviendra. Auschwitz et après, t.1 », de Charlotte Delbo  (Paris, Editions de Minuit, 1970).  Une réalité historique qui toujours frappe aux tripes, mais un regard sur la visite « musée » qui interpelle également. Et l’œuvre prend sens dans son ensemble, outre la question de porter le poids de son passé familial à génération + 2, la construction de soi dans un tel contexte, les parties « juridique » et « morale » prennent alors une nouvelle lumière.

 

La postface adressée à l'éditeur m'a un peu gênée. Lui l'homme de la génération A+1, juif né dans un camp. Façon « vous seul pouvez me comprendre ». Tout bon livre est publiable, choisir ses pairs viendrait presque le discréditer. Très belle réponse de l'éditeur.

 

 

éd. Léo Scheer, août 2014, 141 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Léo Scheer

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On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

20 Août 2014, 11:36am

Publié par Laure

Ce nouveau roman de Grégoire Delacourt est un chef d’œuvre ou s'en approche de très près, et je pèse mes mots. Pourtant, je n'étais pas fan de Delacourt, j'avais aimé La liste de mes envies, en avais mesuré les qualités et les défauts, l'écrivain de la famille m'était tombé des mains, et le "Scarlett" [comme quoi on voit bien ce que les médias nous en font retenir] ne m'a jamais attirée.

J'ai eu la chance de pouvoir découvrir ce titre en service de presse numérique, et une fois commencé, n'ai plus pu m'arrêter.

Peut-on évaluer le prix d'une vie ? Les assureurs le font très bien, selon les circonstances du décès. Entre 30 et 40 000 euros la plupart du temps. Antoine, qui approche de la quarantaine, expert automobile pour les assurances, dresse un bilan de sa vie. Ses parents, qui n'ont jamais été démonstratifs s'aimaient-ils vraiment, l'ont-ils jamais aimé, désiré ? Comment sa mère a-t-elle pu tourner le dos et fuir ainsi ? Peut-on être un bon père quand on n'a pas connu l'amour dans son enfance, ou quand on a du moins cette impression ? Mais de même peut-on être un bon fils, à l'annonce du cancer de votre père et de sa mort annoncée ?

De courts chapitres qui s'enchaînent à toute vitesse, non pas numérotés traditionnellement mais qui ont pour titre des valeurs (des sommes en euros la plupart du temps, symboles de bribes de vie), écrits à la première personne (le je pouvant représenter des narrateurs différents), mais le plus présent étant Antoine qui s'adresse à Léon, son fils. Raconte son enfance, ses parents, ses sœurs jumelles, le drame, le langage amputé de l'une d'entre elles, le lecteur sent une boule au ventre grandir, c'est noir, sombre, mais tellement juste. Jusqu'à se prendre une énorme claque en fin de première partie.

Une deuxième partie qui prend davantage le temps d'analyser, et une troisième qui donne la parole à la fille d'Antoine, adolescente. Terrible et absolument magnifique.

Si vous aimez les feel good books, passez votre chemin. On est très loin de La liste de mes envies. Si vous aimez les romans intimes qui décortiquent le cœur et l'âme, dans toute leur obscurité, vous ne pourrez qu'aimer ce livre. Soyez rassurés, la fin apporte un éclat de lumière.

Cette lecture est un vrai choc comme je les aime, on ne voit rien venir (comme sur ces photos de famille où l'on ne voyait que le bonheur) mais l'on se prend une claque monumentale, un texte d'une telle force et maîtrise qu'on en reste un peu sonné, à ne pas bien savoir quelle autre lecture pourrait bien suivre celle-ci. Chapeau bas, monsieur Delacourt. Pour moi incontestablement son meilleur roman, qui mériterait bien un prix d'automne.

 

p. 52/249 (attention, pagination numérique et non papier) : « On croit qu'on est venu au monde parce que nos parents s'aimaient et on découvre qu'ils ne nous désiraient pas assez pour rester avec nous. Grandir, c'est comprendre qu'on n'est pas autant aimé que ça. C'est douloureux. Moi aussi, je suis triste pour maman, triste qu'on ne soit plus une famille, que ça se soit passé comme ça, triste de voir que rien de dure jamais. Que l'amour aussi est lâche. Si tu savais comme je suis fatigué, Léon, comme j'ai du chagrin, cette nuit, à cause de cette chose horrible, de ce que je suis en train de faire. »

 

p. 208. « Parce que je devine qu'à un moment ou à un autre, derrière toute cette horreur, au-delà de l'effroi, il y a eu de l'amour. »

 

 

JC Lattès, août 2014, 360 pages, prix : 19 €

 

 

Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès

 

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Presque la mer - Jérôme Attal

17 Août 2014, 07:26am

Publié par Laure

Le village de Patelin se meurt comme bien des bourgs français : le médecin prend sa retraite et aucun successeur ne pointe le moindre coin de page d'ordonnancier. Réunion de crise au village : et si pour attirer un jeune médecin, on lui faisait croire qu'il y a la mer, à Patelin ? C'est déjà plus vendeur, non ?

Ne cherchez pas la moindre parcelle de crédibilité, mais acceptez la fantaisie, le sourire jusqu'aux oreilles, l'humour, le burlesque, et l'observation fine ou enjouée de la nature humaine.... Louise, la jeune femme humiliée au casting d'un énième radio-crochet à la Capitale, sa déprime, silencieuse et renfrognée au retour ; Stan, son prétendant délicat comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, et Frédéric, le tout jeune généraliste tellement bien entouré qu'il aura du mal à trouver le temps d'aller la voir, la mer.... Mais à défaut de trouver la mer on peut trouver l'amour ….

Alors non ce n'est pas de la grande littérature, mais c'est un roman bonbon qui donne la pêche (et que vous peinez à lâcher, « les enfants, vous faites des pâtes s'il vous plait » en mode mère indigne) et qui remet le temps de la lecture la rêverie, la poésie et la fantaisie au cœur de l'instant. A dévorer, même et surtout si vous n'allez pas à la mer, vous y serez. Tout est dans le « presque » du titre.

 

p. 120 : « Conception conseilla au docteur de noter le numéro de téléphone fixe du cabinet et de le donner à tous ses contacts à Paris, famille et proches. « Ici, dit-elle, le portable c'est comme les hommes du village passée la soixantaine : une petite barre de temps en temps, et quand on veut entrer en contact, plus rien ! » » C'est tout pareil dans mon Patelin à moi, je parle d'expérience, pour le téléphone, hein.

 

 

Hugo et Cie / Stéphane Million, mai 2014, 199 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hugo et cie

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Les faibles et les forts - Judith Perrignon

13 Août 2014, 10:24am

Publié par Laure

Le problème avec ce roman, c'est que la plupart des critiques ou commentaires en racontent l'histoire. L'intérêt ne peut donc plus venir que de la construction ou du style de l'auteur. Moi qui ne lis jamais les 4ème de couverture, je suis allée vérifier : c'est un extrait qui prend tout son sens après lecture, mais qui justement, ne dévoile pas ouvertement l'essence du roman. Pour une fois c'est un très bon point.

Donc aborder ce roman en sachant de quoi il parle, c'est déroutant : dans toute la première partie, on ne voit pas le rapport et l'on se demande où l'auteur veut en venir....

Tout prend sens évidemment à la fin de la lecture, mais je pense que je l'aurais bien davantage appréciée si je l'avais abordée sans avoir lu au préalable critiques et commentaires. (En même temps, quand on suit l'actualité littéraire, difficile de faire autrement !)

 

Une première partie se déroule le 02 août 2010 au nord de la Louisiane et est écrite sous forme de roman choral. Plusieurs personnages prennent la parole à tour de rôle, on s'y perd parfois légèrement. Il est question d'une fouille au corps du jeune Marcus et l'on perçoit bien l'importance du personnage de Mary Lee sans en mesurer encore toute l'implication.

 

Une deuxième partie, plus narrative, ramène le lecteur le 21 juin 1949 à Saint-Louis dans le Missouri, et rappelle un fait historique doublé d'un dramatique fait divers, lors de l'ouverture des piscines municipales aux Noirs. L'histoire familiale se reconstitue...

 

Une troisième partie revient au 03 août 2010, où des auditeurs interviennent au cours d'une émission de radio. La boucle est bouclée pour expliquer le dernier drame qui s'éclaire à la lumière de tout ce qui précède. C'est alors que le roman prend toute son ampleur. Tant dans ce qu'il narre que dans la façon dont il le fait. Si seulement j'avais pu le découvrir sans savoir de quoi il parlait !

 

De Judith Perrignon j'avais beaucoup aimé aussi Les chagrins, paru en 2010. 

 

Stock, août 2013, 155 pages, prix : 16 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Stock

 

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L'homme-horloge - Béatrice Hammer

13 Juillet 2014, 20:41pm

Publié par Laure

Un recueil de 7 nouvelles faites des petits riens de la vie mais à l'analyse sensible et juste quand il s'agit de sonder l'âme et le cœur. Parfois dérangeantes (l'incestueuse intitulée « Claude « ), souvent un peu amères, elles démontrent que rien n'est jamais aussi simple qu'on l'imagine. Paradoxalement, c'est sans doute la nouvelle centrale, qui donne son titre au recueil, la plus longue sans doute aussi, que j'ai le moins aimée. Même si elle interroge aussi la création puisqu'il y est question d'un écrivain, à travers son observation de son voisin « réglé comme une horloge ».

J'ai beaucoup aimé le ton de ces histoires d'amour au final pas si banales !

 

Mercure de France, mars 2006 (oui parfois je lis des vieux trucs), 176 pages, prix : 13,20 €

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Crédit photo couverture : © éd. Mercure de France

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Si tu passes la rivière – Geneviève Damas

17 Mai 2014, 14:14pm

Publié par Laure

« moi qui avant n’avais que du vent dans la tête et des cochons comme amis » (p.98)

 

Quel petit bijou que ce livre ! L’histoire nous est racontée par un jeune garçon, François, dont on ignore l’âge au départ – on saura plus tard qu’il a 17 ans, et l’on remarque qu’il est un peu le simplet du village et le laissé-pour-compte de la famille.

Très jeune, son père lui a dit : « Si tu passes la rivière, si tu passes la rivière […], tu ne mettras plus les pieds dans cette maison. Si tu vas de l’autre côté, gare à toi, si tu vas de l’autre côté. »

Bien sûr, cet autre côté intrigue et inquiète le garçon. Qu’y a-t-il sur l’autre bord, et pourquoi sa sœur Maryse, la seule qui semblait l’aimer, n’est-elle jamais revenue depuis qu’elle a bravé cet interdit ?

François vit dans son monde intérieur, à défaut d’amour venant des siens, c’est à la truie Hyménée qu’il confie sa souffrance et ses secrets.

 

Roman vraiment touchant et sensible, tout en fausse simplicité, qui fait une belle part à la lecture (en tant que « savoir lire ») comme outil de liberté, car François est analphabète, mais c’est patiemment qu’il va apprendre à lire, avec le curé du village (aux mœurs par ailleurs pas très catholiques !) et qu’il va pouvoir ainsi, seul et contre tous, percer le mystère de son enfance, le secret familial et la disparition mystérieuse de sa mère.

 

C’est un roman lumineux malgré le côté sombre et rustre du père, un cheminement intérieur et d’ouverture que fait le jeune garçon par le biais des mots, que le lecteur suit avec émotion et plaisir. Un très beau premier roman passé hélas inaperçu.

 

(J’ai eu une frayeur à un moment, mon exemplaire s’étant révélé défectueux et passant de la page 112 à 97 à nouveau, j’ai cru à un mauvais montage des cahiers, et un manque de l’un d’entre eux, mais par chance, je n’ai eu qu’une quinzaine de pages en doublon avant de retrouver, ouf, la fin !)

 

 

Éditions Luce Wilquin, août 2011, 114 pages, prix : 13 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Dimitri Delcourt et éd. Luce Wilquin

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Le liseur du 6h27 - Jean-Paul Didierlaurent

11 Mai 2014, 18:00pm

Publié par Laure

Je vais sans doute en décevoir beaucoup, mais à force de lire partout que ce roman est le bonbon du printemps, le feel good book qui vous remet du baume au cœur, j'ai cédé à l'appel de la douceur, et j'en suis fort marrie.

 

Le liseur du 6h27 est un ouvrier ordinaire qui a le malheur de s'appeler Guylain Vignolles, vous imaginez les mauvaises blagues dont il a été victime : Vilain Guignol est l’anagramme phonétique de son nom. Il travaille dans une entreprise de pilon, où il dompte et nettoie chaque jour la Zerstor 500, une grosse broyeuse qui déchiquette tous les livres invendus et autres retours qu'il coûterait trop cher de stocker. Un chefaillon pénible, un collègue qui récite des alexandrins à longueur de journée, un ami qui a perdu ses jambes dans la vilaine Zerstor, et un Guylain qui n'a que deux plaisirs dans la vie : raconter sa journée à Rouget de Lisle, son poisson rouge, et lire à voix haute aux voyageurs franciliens des pages isolées sauvées de la broyeuse dans le RER de 6h27 le matin. Jusqu'au jour où une clé USB trouvée là viendra bouleverser son quotidien...

 

Il y a de bonnes trouvailles dans ce roman, telles la personnification de la machine dans sa description (on croirait la bête humaine), la quête peu ordinaire de Giuseppe, mais je n'ai pas accroché du tout à la jolie bluette un peu niaise du conte de fée de supermarché (oui ça se passe dans un centre commercial, ne cherchez pas de jeu de mot) ... On pense inévitablement à la mercière de La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, Julie écrit et manie le verbe tout comme Jocelyne avait de la culture, sauf que je n'ai pas été séduite comme je l'avais été par Delacourt.

Et la fin laissera imaginer au lecteur toutes les belles romances du monde, s'il le souhaite.

 

Dommage aussi qu'en si peu de pages le correcteur ait laissé passer quelques coquilles. J'aurai au moins eu l’occasion de vérifier que « à la recherche de quelque chose auquel s’agripper » de la page 149 est correct (j'aurais mis « à quoi » mais quelque chose est neutre, auquel est donc correct). De même « il réserva ses embrassades aux deux sœurs Delacôte qui pâmèrent de reconnaissance » surprend (p. 150), (je pensais se pâmer toujours pronominal mais on trouve quelques rares formes vieillies et attestées du verbe transitif), tout comme l'on se demande si c'est un effet de style ou s'il manque un article à « avant que grelotte clochette » de la page 193. Même page : "j'ai pensé en mon fort intérieur" : sans t, on n'est pas à Fort Alamo ! "Le jeune homme s'endormît" page 57 ne devrait pas prendre d'accent circonflexe puisqu'il s'agit d'un passé simple et non d'un subjectif imparfait, et deux autres fautes d'accord pour lesquelles je n'ai pas noté les pages au fil de ma lecture et que je retrouve pas là tout de suite. Je sais que je suis pénible avec ça, mais 217 pages, 16 euros, ...

 

Au diable vauvert, mai 2014, 217 pages, prix : 16 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Olivier Fontvieille/offparis.fr et éd. Au diable Vauvert

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Son carnet rouge - Tatiana de Rosnay

11 Mai 2014, 16:49pm

Publié par Laure

Ce nouveau titre de Tatiana de Rosnay est un recueil de onze nouvelles dont 8 ont paru antérieurement aux éditions Plon en 1995 dans un recueil intitulé Mariés, pères de famille, mais ont été remaniées pour cette nouvelle édition (rafraîchies probablement, on y parle euros et Ipad en 2014). Toutes ont pour point commun l'adultère, au sein de couples tout ce qu'il y a de plus ordinaires, qui n'auraient pas imaginé en arriver là. Toutes sont précédées d'une citation d'un grand auteur classique et pour certaines, leurs personnages portent les prénoms des héroïnes de ces auteurs.

 

Souvent drôles ou sarcastiques, c'est un moment léger de lecture, vraiment plaisant, une récréation piquante où les faux-semblants côtoient les fins sans appel. Des histoires adultérines vieilles comme le monde qui ne prennent pas une ride parce qu'elles seront toujours recommencées tant que les couples existeront, et qu'on les savoure ici dans une lecture frivole assumée.

 

Editions Héloïse d'Ormesson, avril 2014, 190 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © plainpicture/Mato/Scata Stefano et éd. Héloïse d'Ormesson

 

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