Les jardins d'Hélène

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Jeter l'ancre - Maryvette Balcou

7 Juillet 2011, 10:37am

Publié par Laure

jeter-l-ancre.jpgCe qui séduit d’abord, c’est l’objet livre : tout petit, 9 x 15 cm, qui tient dans la poche en étant plus petit qu’un poche, de belle qualité : belle couverture, rabats, l’ensemble est soigné.

Les trois nouvelles surprennent elles aussi, surtout les deux premières, qui une fois la chute arrivée, conduisent inévitablement à revenir au début, pour vérifier ce que l’on aurait loupé. Rien, c’est juste que la construction est habile !

Dans la première nouvelle, Chienne de vie, un SDF installé sous un pont, dans un quartier de St Denis, à la Réunion, vit entouré de chiens qu’il nourrit comme lui du tri des poubelles. Et puis un soir, les chiens qui hurlent, qu’on retrouvera morts, et la triste réalité d’une violence humaine qui ne touche pas que les animaux. La seconde nouvelle, Rouler sa bosse, est peut-être plus percutante encore, jouant parfaitement de ce quiproquo pourtant limpide quand on revient sur le texte, mais oui, tous les indices étaient là et on s’est laissé prendre au piège des mots. Douahalo embarque dans un container à Madagascar, destination ? la liberté ? Le mélange des hommes et des bêtes où l’on ne sait plus très bien qui l’on traite et de quelle façon, égale peut-être ? La dernière nouvelle, Jeter l’ancre, sur l’esclavage qu’on dit aboli depuis longtemps, interpelle et rappelle de tristes réalités tout à fait contemporaines.

Un tout petit livre qui touche par son habileté, et frappe fort sur des thèmes de société. Un tout petit livre que j’ai beaucoup aimé.

 (Merci Véro !)

 

Pour en savoir plus sur l’auteur : ici

 Le blog de l’auteur

 

Epsilon éditions, 71 pages, novembre 2010, prix : 5 €

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Crédit photo couverture : © Eric Robin et Epsilon éd.

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L'annonce - Marie-Hélène Lafon

25 Avril 2011, 14:58pm

Publié par Laure

l'annonce MH LafonC'est l'histoire simple et rude des gens de la terre, terriblement vraie et juste, sans jugement, sans apitoiement, mais comme une évidence criante de vérité.

Ils vivent en quasi autarcie, Paul et sa sœur Nicole, en compagnie de leurs deux vieux oncles, faisant marcher la ferme et l'élevage de vaches Salers. Nicole règne en maîtresse femme, seule présence féminine légitimée dans cette histoire familiale. Alors quand Paul passe une petite annonce pour trouver une compagne, et que celle-ci arrive de la ville, du plat pays du Nord, avec son histoire cabossée aussi et son fils Éric sous le bras, quid de ce bel équilibre ? Mais contre toute attente chacun va trouver sa place, dans l'effacement et le respect de l'autre, dans la ténacité de croire pour chacun en une vie meilleure ici, dans ces terres du Cantal. Le jeune Éric fait preuve d'une lucidité étonnante et vite adopté par la chienne Lola qui ne le quitte plus, il se fera souvent l'entremetteur discret de cette nouvelle famille. Sa mère Annette saura se faire sa place également.

De la petite annonce initiale écrite par Paul on ne saura jamais rien, sinon quelques exemples proches dénichés par Éric dans une vieille pile du Chasseur français, et les premières rencontres timides à Nevers.

Un très très beau roman, à l'écriture somptueuse, qui pénètre avec douceur l'apparence des cœurs  bourrus.

 

Folio Gallimard, avril 2011, 152 pages, prix : 5,10 €

1ère édition : Buchet-Chastel, 195 pages, septembre 2009, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : © Folio Gallimard

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Intuitions - Dominique Dyens

30 Mars 2011, 08:57am

Publié par Laure

intuitions.jpgTout semble aller pour le mieux dans la famille Royer : bonne situation, enfants qui réussissent, belle maison dans une belle petite ville chic de région parisienne, pourtant, Nathalie, la mère de famille est au bord de l’implosion. Dans son milieu extrêmement guindé où la bonne éducation est de rigueur, elle rêve d’un amant et n’a pas réglé de vieux démons qui rôdent autour de la chambre d’un enfant définitivement fermée. Son mari feint de ne rien voir…

Leur fils Grégoire, parti aux Etats-Unis, revient bouleverser ce microcosme quand il annonce son mariage avec Gala, une jeune fille rencontrée là-bas. A sa rencontre, Nathalie a un mauvais pressentiment, persuadée que cette jeune femme est dangereuse, au point de développer une véritable paranoïa.

 

Bien des choses m’ont agacée dans ce début de roman où le milieu bourgeois est décrit avec moult clichés du genre qu’il en devient une caricature de lui-même, très réussie pour le coup, avec ses codes, artifices, apparences, mentalités obtuses. Heureusement il y a Amélie l’adolescente de la famille, critique, clairvoyante et plus terre à terre, qui apporte un peu de vie et de fraîcheur dans ces murs étouffants. Mais les dés sont lancés : le décor social s’est mis en place pour vite laisser planer le mystère de cette chambre close interdite à tous : quel drame Nathalie et son mari ont-ils donc vécu ?

Et quel lien ce drame a-t-il avec Gala, sa future belle-fille qui la rend littéralement folle ?

Le roman si lisse au départ bascule rapidement dans le thriller psychologique, tant pour comprendre ce qui est arrivé à l’enfant vingt ans plus tôt que pour dénouer les secrets de Gala. Et le beau vernis s’écaille de manière angoissante.

Il y a bien un moment où je me suis dit « c’est bon, j’ai compris ! (facile) » mais mon hypothèse s’est vite révélée fausse ! Je me suis pris une claque qui m’a rappelée à l’humilité bien à propos. C’est à partir de là que l’engrenage bien huilé s’est emballé, et que je n’ai pas pu lâcher ce roman commencé innocemment : les rouages sont brillants, la psychologie complexe et bien étudiée, la fin étonnante jusqu’à la dernière page (où le choix fait dans l’épilogue est discutable ? Le débat m’intéresse !)

 

Dominique Dyens fait partie des auteurs que j’aime suivre, et une fois encore elle ne m’a pas déçue.

 

Ed. Héloïse d’Ormesson, mars 2011, 186 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © Helen Lyon / millennium images, UK et éd. EHO.

 

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Je pars à l’entracte – Nicolas d’Estienne d’Orves

29 Mars 2011, 16:16pm

Publié par Laure

je-pars-a-l-entracte.jpgAprès l’autre fille d’Annie Ernaux, je poursuis ma découverte de la collection épistolaire Les Affranchis. Cette fois, c’est l’écrivain et journaliste Nicolas d’Estienne d’Orves qui écrit une lettre à son ami de jeunesse, Nicolas (aussi), qui s’est suicidé quelques années auparavant.

Souvenirs de leurs quatre cent coups et de leur culture commune (fous de musique, d’opéra, de cinéma et de littérature), du décalage permanent de ce Nicolas disparu qui ne veut pas s’adapter au monde (gagner sa vie, avoir un salaire, une famille), de cet ami de trente ans qui ne lit pas les livres que son meilleur ami écrit, en tout cas ne lui en parle jamais, de cet artiste maudit qui préfère mourir seul et pour celui qui reste, paradoxalement, c’est un soulagement.

Belle lettre hommage à l’amitié, ce court texte frappe fort une fois encore, de par sa sincérité et sa justesse.

 

Un extrait (p.29) : « Mais la désinvolture avec laquelle je décrivais mes activités ne t’en agaçait que davantage. Pour moi, tout semblait si facile, si antitragique, alors que tu prenais la vie comme une épreuve, comme une journée constamment prométhéenne. Moi, je me laissais porter. Du moins j’en donnais l’impression (question de pudeur). Je suis de ceux qui se lèvent à 6 heures et pissent de la copie avant de donner l’illusion de tout faire en un claquement de doigt. C’était contraire à ton esthétique, ta philosophie.  L’artiste doit en chier et le faire savoir. Le créateur doit souffrir, quitte à en crever. Mais je n’étais pas encore créateur, juste journaliste ; critique, même (toi qui m’as si bien appris à aiguiser mon sens critique ; alors que j’écrivais des papiers chaleureux sur des livres médiocres et pas lus. Quelle ironie !). »

 

Nil éd. collection Les affranchis, mars 2011, 72 pages, prix : 7 €

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Crédit photo couverture : © Joël Renaudat et éd. Robert Laffont

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L'autre fille - Annie Ernaux

28 Mars 2011, 17:38pm

Publié par Laure

 

l-autre-fille.jpgD'emblée j'ai aimé l'idée même de cette collection : « Quand tout a été dit sans qu'il soit possible de tourner la page, écrire à l'autre devient la seule issue. Mais passer à l'acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa Lettre au Père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Ecrire une lettre, une seule, c'est s'offrir le point final, s'affranchir d'une vieille histoire. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Ecrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite » . »

J'ai choisi pour commencer le texte d'Annie Ernaux, lettre à sa sœur aînée disparue avant sa naissance, et dont elle n'a appris l'existence que par accident (en était-ce bien un d'ailleurs?). Tout au long de sa réflexion, l'auteur s'interroge sur son rapport à ses parents, à cette sœur qui n'a pas vécu, sur sa place de « remplaçante », et sur ce que cet événement a pu apporter dans son rapport à l'écriture. Analyse pertinente et intéressante, j'aime la plume précise et juste d'Annie Ernaux, et il apparaît comme une évidence que ce court texte s'inscrit parfaitement dans son œuvre, pièce supplémentaire d'un puzzle familial autobiographique et littéraire.

On souligne volontiers beaucoup de phrases, et ce petit opuscule fait partie de ces livres qu'on garde parce qu'un jour sans doute on le relira.

 

p. 15/16 : « Je joue près d'elles avec la petite fille, elle s'appelle Mireille, à courir et nous attraper. Je ne sais pas comment j'ai été alertée, peut-être la voix de ma mère plus basse d'un seul coup. Je me suis mise à l'écouter, comme si je ne respirais plus.

Je ne peux pas restituer son récit, seulement sa teneur et les phrases qui ont traversé toutes les années jusqu'à aujourd'hui, se sont propagées en un instant sur toute ma vie d'enfant comme une flamme muette et sans chaleur, tandis que je continuais de danser et de tournoyer à côté d'elle, tête baissée pour n'éveiller aucun soupçon.

[Ici, il me semble que les paroles déchirent une zone crépusculaire, me happent et c'en est fini.]

Elle raconte qu'ils ont eu une autre fille que moi et qu'elle est morte de la diphtérie à six ans, avant la guerre, à Lillebonne.

[…]

elle dit de moi elle ne sait rien, on n'a pas voulu l'attrister

A la fin, elle dit de toi elle était plus gentille que celle-là

Celle-là, c'est moi. »

 

p. 40 : « Depuis le début, je n'arrive pas à écrire notre mère, ni nos parents, à t'inclure dans le trio du monde de mon enfance. Pas de possessif commun. [Cette impossibilité est-elle une façon de t'exclure, de te renvoyer l'exclusion qui a été la mienne dans le récit du dimanche d'été?]

 

Un court mais très grand texte, qui donne qui plus est l'envie d'aller (re)lire les autres romans d'Annie Ernaux.

 

L'article de Bernard Desportes sur bibliObs.fr

 Les billets de Mirontaine, Cécile, Céleste, Cécile ivre de livres, ...

 

 

Nil éditions, collection Les Affranchis, mars 2011, 77 pages, prix : 7 €

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Crédit photo couverture : Nil éd., Joël Renaudat / éditions Robert Laffont

 

 

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Nathalie Hug - L'enfant-rien

12 Mars 2011, 17:33pm

Publié par Laure

 

enfant-rien.jpgJusqu’ici Nathalie Hug était plutôt connue pour l’écriture de polars à quatre mains avec Jérôme Camut (la série Les voies de l’ombre, dont Prédation est le 1er tome), elle se lance ici seule pour la première fois.

L’enfant-rien est l’histoire d’un petit garçon, Adrien, malade des reins, mais qui souffre surtout de solitude et d’un grand manque affectif : celui de ne pas savoir qui est son père. Il a bien une sœur ainée, Isabelle, qui part un week-end sur deux chez son père, mais de son père à lui, qui n'est pas le même, il ne sait rien. Sa mère est triste et repliée sur elle-même, et sa tante souvent de passage, Tante Barrettes parce qu'elle a plein de barrettes dans les cheveux, est qualifiée de méchante et langue de vipère par les enfants.

Adrien crie son mal-être en silence et rêve d’ouvrir la boîte rouge de sa mère, qui contient peut-être le secret de sa filiation… Quand sa mère est victime d’un accident de la route, transformée en « tas-de-fraises-à-la-crème », il est hébergé dans la famille du père de sa sœur, lequel a refait sa vie avec Catherine, avec qui il a un bébé. Il essaie par tous les moyens de se faire aimer de cet homme mais maladroit il ne fait que compliquer les choses.

Sa relation va se renfermer davantage sur sa mère et lui…

Le roman est très court, il ne faut point trop en dire… Les dernières pages de fin donnent la parole à la mère et apportent un revirement total à l’histoire, ce qui la sauve il est vrai de la banalité, car sans cela j’avoue qu’elle ne m’a pas touchée plus que cela (déjà trop vu?), sinon dans le lien peut-être entre la petite Isabelle et son demi-frère qu’elle surnomme tendrement le morpion…

La famille éclatée recomposée en plusieurs épisodes est actuelle, mais il faut un peu de temps pour s’y repérer !

De même le comptage des chapitres en cinq, cinq et demi, six, six et demi, sept, etc. trouve une jolie explication à la fin.

Je n’ai pas l’enthousiasme d’autres lecteurs, mais c’est un petit roman qui mérite quand même le détour.

 

Calmann-Lévy, janvier 2011, 133 pages, prix : 14,50 €

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Crédit photo couverture : © cedric© scandella.fr photographie : © Plainpicture / Wildcard / Alison Morton et éd. Calmann-Lévy

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Fais de beaux rêves - Pierre Lagier

6 Mars 2011, 21:00pm

Publié par Laure

 

fais-de-beaux-reves.jpgQuelques mois après le décès de son grand-père dont il se sentait très proche, Pierre reçoit une lettre de lui. Un retard de la Poste ? Non, car étonnamment elle porte la date du jour. C'est le début d'une série de missives dans lesquelles l'aïeul pousse son petit-fils à s'interroger sur le sens qu'il donne à sa vie, par le biais de petites histoires façon fables, et qu'il termine toujours affectueusement par « fais de beaux rêves ». Mais comment est-il possible que ces lettres lui parviennent ? Persuadé qu'il est suivi par une femme rencontrée dans la file d'attente à la caisse de la Fnac, il se met à son tour à la suivre et c'est ainsi qu'il fait la connaissance de Marie Dantérion...

 

Un petit roman tout simple, frais, léger, enjoué, avec au détour une petite histoire d'amour. Je n'en garderai sans doute pas un grand souvenir non plus, d'autant que le mystère se devine aisément, mais j'ai passé un bon moment à sa lecture, quoiqu'un peu court sans doute ?

 

Buchet-Chastel, fév. 2010, 136 pages, prix : 13,50 €

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Crédit photo couverture : éd. Buchet Chastel.

 

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Dos à dos - Sophie Bassignac

16 Février 2011, 19:40pm

Publié par Laure

 

dos-a-dos.jpgAu départ, une présentation éditeur attrayante, forcément (différente de la quatrième de couverture, c'est entre autre pourquoi je la cite) :

 

« Fin août, une nuit du côté de Saint-Tropez.
Dans la Villa des Roses, tout le monde dort lorsqu’Arnaud, visage d’ange mais cœur sombre, débarque sans prévenir chez ses parents qu’il n’a pas vus depuis longtemps. Ses bonnes résolutions, il les a déjà oubliées. Le lendemain, Gabriel, romancier quinquagénaire qui n’écrit plus, lit un message destiné à son fils. Un message qui lui fait l’effet d’un coup de couteau. Arnaud est recherché par la police. Aussitôt, dans un tourbillon de rage, d’accablement et d’angoisse, l’homme de lettres se lance à sa poursuite.
Tourmenté par ses états d’âme d’écrivain mais aussi et surtout par sa femme italienne, Ester, toujours en guerre dès qu’il s’agit de sauver son fils, Gabriel devra redécouvrir cet enfant qu’il pensait connaître. Comment les êtres qui nous sont le plus proches deviennent parfois des étrangers ? Autour de cette famille décomposée où les tensions s’amoncèlent, gravitent des personnages qui participent, impuissants, à la catastrophe annoncée.
Pamela, l’amie de toujours de la famille, veuve, alcoolique et infatigable poseuse de questions ; Fumiko la Japonaise, poétique amie d’Arnaud qui dessine les gens dans le métro ; Jean-Mi Causse, le détective-écrivain de science-fiction, ou encore la troublante et fragile Guinevere, photographe débutante perchée sur ses talons échasses. Tragi-comédie du désir et des liens filiaux, voici un roman au style réjouissant et effréné, qui sonde les thèmes de la création artistique, de la culpabilité et de la part d’ombre qui nous habite tous. »

 

À l'arrivée, une énorme déception, et un profond ennui. Je n'ai terminé ce roman que parce qu'il s'agissait d'une lecture en partenariat avec BOB et que je trouvais normal de remplir le contrat, sans quoi j'aurais sans doute abandonné.

Je n'y ai rien retrouvé de la présentation éditoriale alléchante sinon des personnages creux et superficiels, peu crédibles. J'ai attendu en vain une étincelle d'émotion ou d'action, sans que jamais elle se produise.

 

J'en tire la leçon d'arrêter ce type de partenariats, car parler d'un livre qu'on n'a pas aimé est dans ces conditions très pénible (d'autant que ce n'est pas la première fois : ou c'est pas de chance, ou c'est qu'il est temps d'arrêter). Leçon bis : ne jamais lire les 4ème de couv et autres prières d'insérer, c'est d'ailleurs ce que je pratique habituellement.

 

Lu aussi par Melo, Estelle, Griotte, ...

 

JC Lattès, janvier 2011, 232 pages, prix : 16,50 €

Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès

 

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Un jardin sur le ventre – Fabienne Berthaud

31 Janvier 2011, 07:38am

Publié par Laure

 

jardin-sur-le-ventre.jpgDès les premières pages de cette histoire annoncée comme ordinaire et banale dans son prologue, l'écriture vous happe pour ne plus vous lâcher. Les phrases courtes à la deuxième personne du singulier sont efficaces pour décrire le tableau de cette femme en train de mourir d'un accident vasculaire cérébral tandis que le portrait d'un mari vil et insupportable s'esquisse simultanément. Puis c'est au tour des flash-backs de reconstituer l'histoire triste de Suzanne, quelque temps sauvée par l'amour d'une grand-mère et d'une tante, mais vite rattrapée par le désamour d'une mère. Si on lui souhaite de retrouver une certaine douceur de vivre, c'est pour la voir plonger dans un mariage tout aussi affligeant d'irrespect.

On en arrive à penser qu'il y a quand même un peu trop de surenchère dans le malheur, mais l'ensemble reste parfaitement cohérent dans la personnalité abjecte et paumée des personnages créés, et toute la force du récit tient dans son écriture parfaitement adéquate et maîtrisée.

Un très beau roman, qu'on ne peut plus lâcher une fois commencé, qu'on lit donc d'une traite ou presque, avec le cœur qui parfois se serre, et l'on en ressort avec la promesse à soi-même de lire d'autres livres de cet auteur !

 

Lu dans le cadre du Club Testeurs d'Amazon

 

 

Jbz et Cie, janvier 2011, 286 pages, prix : 19,50 €

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Crédit photo couverture : © Valérie Delis et éd. Hugo & cie

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Un coup à prendre - Xavier de Moulins

10 Janvier 2011, 21:06pm

Publié par Laure

(ou comment donner le bâton pour se faire battre, pour continuer à jouer sur les mots) 

 

coup-a-prendre.jpgAntoine Duhamel se sépare de sa femme après 10 ans de mariage, parce qu'elle n'est plus celle qu'il aimait, parce que de ses deux grossesses elle semble avoir gardé surtout l'adjectif « grosse », bref, Antoine se fait la malle avec la première qui passe, pour se retrouver seul tout aussi vite, avant de découvrir que oui il avait deux filles, et qu'il est toujours père une semaine sur deux, même si ça ne va pas de soi. p. 12 « tout ça n'est pas bien grave, c'est juste un coup à prendre »

 

C'est donc un roman sur le divorce et le chemin d'un père célibataire complètement paumé avec ses deux petites filles, Alma et Claire. Un père qui ne s'est jamais impliqué avant, ni dans sa vie de famille, ni dans sa paternité. Le problème, c'est que le héros de Xavier de Moulins est une vraie tête à claques, un type qui ne semble vivre que pour lui, et faut surtout pas trop le fatiguer, nourri logé blanchi, faut quand même pas lui demander de vider en plus le lave-vaisselle, bref un héros qui ne suscite pas l'empathie. Et ça finit par se retourner contre son auteur qui enfonce des portes ouvertes à coup de détails du quotidien banals à mourir, et boucle un roman vite lu qui manque cruellement d'originalité et de singularité. La fin qui tombe avec une exemplaire rapidité soulage finalement le lecteur pressé d'en finir.

 

p. 39 « Je sais ce que tu penses en lisant ces lignes, que je suis au mieux un salaud ordinaire, au pire la personne la plus abjecte que tu aies jamais rencontrée.

Je dirais, pour abonder dans ton sens, que je ne suis qu'un homme. »

(puisqu'il le dit. J'ose croire qu'il reste quand même quelques hommes plus intéressants)

 

Rentrée littéraire d'hiver, lu dans le cadre du Club Testeurs d'Amazon

Au Diable Vauvert, janvier 2011, 179 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © Au diable Vauvert éd.

 

 

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