Les jardins d'Hélène

Présent ? - Jeanne Bénameur

27 Octobre 2006, 17:10pm

Publié par Laure

Pour commencer, merci, merci, merci ! monsieur JPB  (JPB n’ayant pas de blog, je mets un lien vers son dernier roman). Vous nous invitiez nous les blogueuses à lire d’urgence ce livre, et je l’avoue, sans votre enthousiasme à le défendre, je ne l’aurais pas lu. Encore un roman sur l’Education Nationale qui va mal, mouais [gros soupir], c’est pas en les démultipliant qu’on va régler le problème. Et puis je me suis laissée emporter par les mots, les phrases simples et si belles de Jeanne Benameur, qui enveloppent le lecteur d’une grande douceur, là, dans ce décor de collège de banlieue parisienne ni pire ni meilleur qu’un autre alentour. 

Ce roman, c’est du baume au cœur pour l’hiver et pour toutes les saisons, c’est une foi en l’homme (l’humain, qu’il soit élève ou prof) et en l’école inouïe. Débordant d’empathie quand il nous fait vivre les émotions des uns et des autres, de la petite prof de SVT qui bat des records d’absentéisme parce qu’elle est loin de son amoureux, de sa Bretagne et de la mer, et qui n’arrive plus à affronter les élèves, de D., l’élève qu’on dit violent mais qui reprend confiance en lui et se découvre dans l’atelier d’écriture de la documentaliste, Madison l’élève qu’on condamne d’avance parce qu’elle n’entre pas dans les cases des notes alors qu’elle est talentueuse en dessin, bref, profs, élèves, conseillers d’orientation, ATOS (les personnels de service), tous ont ce fond d’humanité qu’il est beau de percer, et ce livre y réussit merveilleusement. Bien sûr il y a quelques c*** (biiiip) aigris qui le resteront, ressassant leur fiel,  mais au final de ce conseil de classe de 3ème à la fois drôle et dramatiquement tendu, on ressort avec une croyance inébranlable en l’école et tous ceux qui la font. 

Alors bien sûr… c’est un roman. Une fiction optimiste et passionnée. Mais on a farouchement envie d’y croire ! Parce qu’il y en a encore, des profs ou des personnels qui y croient, qui continuent d’aimer leur métier et d’y mettre toute leur énergie, alors on se doit d’y croire avec eux.  

Eva, si tu me lis, ce livre est pour toi. En tout cas j’ai pensé à toi tout au long de ma lecture ! Comme la prof de SVT qui à la fin…(chut…)

L'avis de Florinette : ici

 

Et les mystères de l'édition : tout l'été ce roman nous était annoncé dans les magazines professionnels sous le titre : les alphabets ne dorment pas. Un changement de titre est toujours une intrigue. Après lecture, je préfère le titre retenu : présent ? pour le rituel de l'appel au début de chaque cours, et pour l'actualité qu'il traduit.

Denoël, août 2006, 209 p. ISBN 2-207-25885-8, prix : 16 € 

Ma note : 5/5  

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Le retour à la terre tome 4 : le déluge - Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet

26 Octobre 2006, 14:51pm

Publié par Laure

Il y a bien longtemps que je n’avais pas éclaté de rire toute seule en lisant une BD ! Dans ce quatrième tome, Ferri au scénario (ne l’oubliez pas, sinon il se fâche) et Larcenet à l’illustration nous ont concocté un nouveau petit trésor d’humour. Ça y est, Manu Larssinet est papa de la petite Capucine, Mariette passe son temps à s’occuper de bébé et Manu plonge souvent dans l’angoisse : nuits hachées par la petite qui ne dort pas, pause dans l’écriture, il faut se reprendre ! La vieille Mortemont est toujours là, le jeune couple lui confie Capucine pour aller au ciné (non sans peine pour Manu !) et quand Manu doit aller voir son éditeur à Paris, c’était pas prévu qu’elle soit du voyage, avec ses pommes et ses théories… euh…elle prend les hôtesses de l’air pour des créatures pétries de sexe parce qu’elles vous offrent à boire! Enfin il faudrait citer tout l’album tant ces saynètes d’une demi page sont délicieuses, passant des émotions et inquiétudes du jeune père à la difficulté de la création, nous offrant au passage un exposé de la mise en abyme (qui fait flipper Manu), quand c’est pas la fragilité du couple à la pensée d’une ex reparue via le blog. Le blog de Manu, le déluge (ah la scène avec les élus !), la cuite avec le père Henri, bref… ce livre est à acheter à prêter à offrir et surtout à lire !!!

 

(Hors planches vous noterez également que Cristina Ignacio Tomata de Rosso y Peñas del Fandago de la Cruz, l’ex de Manu revenue via le blog, est habillée par Anouk Ferri : j’aime ces petits clins d’œil délirants)

 

Jean-Yves et Manu : z’avez intérêt à nous faire un tome 5…

 

Dargaud, coll. Poisson Pilote, août 2006, 48 p. ISBN 2-205-05814-2, prix : 9,80 €

 

Ma note : 5/5

 

 

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Basic instinct 2, un film de Michael Caton-Jones

25 Octobre 2006, 10:07am

Publié par Laure

Bon, autant prévenir tout de suite, mon commentaire ne va pas apporter grand-chose au schmilblick, parce que quand j’ai loué ce film samedi soir, j’étais si fatiguée que j’ai passé les 110 minutes du DVD à lutter contre le sommeil. Le scénario n’y est pour rien, c’est vraiment moi qui étais HS. Je crois donc avoir zappé quelques scènes, il me reste des souvenirs vagues ! 

Catherine Trammel (Sharon Stone) revient, 14 ans après le premier opus, et comme elle est bien maquillée, même si elle a 14 ans de plus, ça ne se voit pas. Bien sûr elle est sexy la dame, le film est fait pour ça. 

La scène d’ouverture vaut le pompon du ridicule : la dame se fait jouir à 180 km/h au volant d’une voiture de luxe, avec à ses côtés un mâle qui n’a plus toutes ses capacités. La dame sachant mieux jouir que conduire, la voiture finit dans l’eau, et elle ne réussit pas à libérer le monsieur, qui meurt. 

Elle est accusée de meurtre et suivie par le Dr Michael Glass (David Morissey), psychiatre réputé dans le traitement de l’addiction au risque. Elle est libérée. S’ensuivent d’autres meurtres troublants et quelques scènes déshabillées où la dame est toujours aussi suspecte et farouchement provocante : puisqu’elle vous dit que ce n’est pas elle qui tue ! Et puis il y a la ravissante Charlotte Rampling en collègue psy, Rampling, moi j’adore. Alors bien sûr à la fin c’est comme dans le 1 : on interprète ce qu’on veut : c’est peut-être elle, c’est peut-être le flic… à vous de choisir. 

Ce film était descendu par toutes les critiques presse à sa sortie. Du coup je l’avais évité sans peine en me disant que je pourrais toujours me rattraper en location à 2 € et des broutilles. Ben je trouve les critiques sévères, parce qu’il y a quand même du bon dans ce film. Certes dispensable si on est allergique aux fins ouvertes, à la provoc gratuite et à miss Stone, mais regardable si on sait à quoi s’attendre. Une honnête moyenne. Si je n’avais pas somnolé, j’aurais sans doute trouvé ce film tout à fait correct. Dans son genre.

Ma note : 3/5 

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Des noix, des chats, Emma...

23 Octobre 2006, 10:20am

Publié par Laure

Je suis envahie par les noix ! Pourtant je n'ai pas de noyer, mais des tas de gens très gentils m'en donnent, alors à force de les voir s'étaler dans le garage, je me suis dit qu'il fallait vraiment que je fasse un gâteau avec. ça tombe bien, Elfe nous proposait une recette bien tentante il y a quelques jours : sublime !

Comme ce week-end je travaillais, et qu'à la fin du spectacle accueilli nous offrions un petit quelque chose, ces petits gâteaux ont fait fureur, j'ai récolté compliments et demandes de recettes. Merci Madame Elfe, car moi je n'ai fait que copier ! Je confirme que ces petits gâteaux aux noix avec une tasse de thé ou un bon café, c'est un petit bonheur facile et délicieux.

Ce matin, repos, enfin, ou plutôt, temps disponible pour les corvées. Les filles ont un petit hamster russe, et devinez qui nettoie la cage ? Mosquito l'a baptisée Emma, du prénom de sa meilleure copine. ça me chiffonnait un peu sur les bords, mais c'était signe d'une grande affection pour la petite Emma copine de classe, alors va pour Emma le hamster :

Il a donc fallu expliquer aux chats que non, ce n'est pas une souris, vous ne devez pas bouffer Emma !

   

 

Au fait, j'vous ai pas dit : Noiraud a été adopté la semaine dernière, il ne reste plus que Tigrou à caser !

 

Parce que Vachette dans son panier à champignons, vraiment, nous la gardons...

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Le prince bégayant - François Place

17 Octobre 2006, 15:32pm

Publié par Laure

Ah ! François Place !

 Avec le prince bégayant, il nous offre un très beau conte africain, écrit en vers, sublime album aux aquarelles chatoyantes et colorées par les terres d’Afrique. 

Quand naît le prince de haute lignée, c’est fête au village, d’autant qu’il grandit comblé par les dieux : il a la force et la beauté, la gaieté et le talent, seuls les mots le font souffrir : le prince bégaie. En lui naît alors une colère sourde et violente, il se lance à corps perdu dans la guerre, jusqu’à ne plus se reconnaître. Un jour, il épargne un pêcheur et monte avec lui à bord de sa pirogue. Il connaît enfin un instant de repos, avant de poser le pied sur l’autre rive du fleuve, un nouveau pays, le royaume des animaux. Il découvre un autre langage, sans paroles, celui de la nature et du corps. Et de manière féerique il rencontrera l’amour. 

Un texte poétique sur un handicap léger, le bégaiement, (mais tout le monde se moque d’un prince qui bégaie !), sur la colère et son dépassement, sur le besoin d’être soi, sans masque. Un très beau texte, plein de sagesse, et comme toujours, des illustrations magnifiques…

 A partir de 8 ans.

Gallimard jeunesse, avril 2006, ISBN 2-07-055069-9, prix : 13 € 

Ma note : 4/5

 

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A bonne école - Muriel Spark

16 Octobre 2006, 22:32pm

Publié par Laure

Voilà un petit roman qui se lit tout seul, qui est assez court mais délicieusement sadique.

Nina et Rowland Mahler dirigent une pension pour riches ados désoeuvrés, le Sunrise, situé à Ouchy, près de Lausanne, Suisse. Du moins pour un an, car l’originalité de ce collège, c’est d’être mobile et de changer de pays chaque année. Les jeunes y suivent des cours de maintien en société, y ont des activités bourgeoises un brin inutiles et prétentieuses et participent à un cours de creative writing, assuré par Rowland. Directeur et professeur, il écrit lui-même un roman, mais il se trouve en période de page blanche quand se présente à lui le jeune rouquin de 17 ans, Chris Wiley, qui semble bien plus doué et avancé avec son roman historique sur Mary Stuart.

C’est le début d’une jalousie obsessionnelle du maître vers l’élève, qui prend parfois des allures de polar : va-t-il le tuer pour l’empêcher d’écrire, de réussir mieux que lui, oui ou non ? Et quand l’élève a besoin du maître pour garder son inspiration et son débit d’écriture, comment fait-on ? Pendant que nos deux écrivaillons s’épient, la jeune épouse, Nina Parker, lasse de porter l’institution sur ses épaules, prend un amant. Roman « so british », il se dévore d’une traite, méchamment critique et amusant, il se finit toutefois un peu vite, avec une fin inattendue. (Enfin pas si surprenante que cela, mais si vite expédiée alors que rien ne l’annonçait.)

Gallimard, mai 2005, 168 p. ISBN 2-07-073763-2, prix : 13,90 €

Traduit de l'anglais par Claude Demanuelli.

Ma note : 4/5

 

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Le Diable s'habille en Prada, un film de David Frankel

16 Octobre 2006, 22:03pm

Publié par Laure

J’avais la salle pour moi toute seule à la séance de 11h ce matin : première fois que ça m’arrive ! Je précise que je n’ai jamais lu le roman éponyme de Lauren Weisberger, aussi je ne connaissais pas du tout l’histoire.

Une patronne tyrannique pour un journal de mode influent, une assistante naïve qui débarque et croit pouvoir défendre ses valeurs, voilà pour le pitch…

Meryl Streep nous la joue Cruella d’enfer, Anne Hathaway vend son âme au Diable, et nous, on regarde défiler les fringues et les chaussures avec tant de zéros sur l’étiquette qu’on peut toujours rêver. Et pis même en s’affamant on rentrera jamais dedans.

Alors, mouais, ça se regarde, je n’ai pas vu le temps passer, mais c’est le scénario qui m’agace : bien sûr la douce Andrea reviendra sur un chemin plus aimable mais j’avais tant envie qu’on lui dise ses 4 vérités en face, à la Miranda, alors quand 1h50 plus tard, tout le monde est toujours à ses pieds, ça m’éneeeerveeee !

Ma note : 3/5

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Le carnet de Rrose - Alina Reyes

16 Octobre 2006, 14:30pm

Publié par Laure

C'est un petit carnet beige rosé légèrement irisé, pâle, tendre et sans fioritures : en gris sur la couverture, le nom de l'auteur, le titre, tout simplement, et pour une fois en tout petit, l?éditeur. Un petit carnet qui contient 69 notules, dans lesquelles Alina Reyes nous conte les expériences amoureuses de Rrose, ses désirs de femme et ses souvenirs en compagnie au creux des draps. Il y est souvent question de roses et de tiges, je vous laisse deviner de quelles fleurs et branchages il s'agit... Pour qui connaît Alina Reyes, c'est bien sûr érotique, yeux chastes s'abstenir, mais ces quelques notes offrent aussi un brin de poésie. Cru mais pas vulgaire. Un seul dommage : c'est un peu court ! (et pourquoi rrose avec 2 r ?)

A conserver tout près, sur votre table de nuit...

 

Un extrait sobre (pour les autres, public averti etc. et je serais vite envahie par les requêtes Google) :  p. 20 "Je préfère de beaucoup les hommes qui ne sont pas persuadés de leur excellence, ou qui ne s'imaginent pas en savoir assez. Je les aime souples d'esprit, prêts à communiquer leurs goûts, leurs désirs, leur expérience, mais aussi à accepter mes propres envies et fantaisies. Sans se sentir humiliés par certains gestes ou certaines demandes qui les mettent, le temps d'un round parmi d'autres, dans une situation plus féminine que virile. Je les aime capables d'autorité mais aussi d'abandon.

Je les aime, je les aime profondément tels qu'ils sont venus au monde, dans leur brutale innocence."

p. 47 (note 45) : "Il y en avait un qui recelait de drôles de fantasmes. Jouer au viol, de l'une par l'un ou de l'un par l'une. La femme en lui croyait que la femme cherchait l'envahissement par le viol. La femme en moi veut l'envahissement par l'amour, je le lui ai montré et fait, il a compris."

Robert Laffont, mai 2006, 69 p. ISBN 2-221-1099-7, prix : 10 €

Ma note : 3,5/5

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2 femmes 2 hommes 4 névroses - Martina Chyba

15 Octobre 2006, 14:53pm

Publié par Laure

Martina Chyba, d’origine tchèque, vit et travaille en Suisse, où elle est journaliste. 2 femmes 2 hommes 4 névroses est son premier roman, qui m’apparaissait fort tentant au vu des résumés et critiques de presse que je vous livre ci-après :

 

Le début de la quatrième de couv : 

Aujourd’hui, on ne dispose que de 15 ans pour réussir sa vie. Entre 25 et 40 ans il faut du fric, du cul, des gosses, une carrière, du fitness, des voyages, des soirées échangistes, trouver un sens à sa vie, du shopping à new York, etc.  

Si vous êtes tout en bas de l’échelle de Richter de l’épanouissement personnel et de la reconnaissance sociale, il faut vous reprendre. C’est exactement ce que tentent de faire deux femmes et deux hommes. 

Premier roman et pari réussi pour ce livre hilarant, dont l’objectif est de décrire les errances névrosées d’une génération désespérément privilégiée sur le monde de la comédie grinçante.

 Quelques critiques des médias suisses romands

Migros Magazine  4 septembre 2006 

 « Un premier roman zinzin et névrosé »  

« Un ovni total, un objet virtuellement littéraire à l’écriture vive, explosée, sonore »   

 

« Drôle de chez drôle »

 Le Matin  9 septembre 2006  

 

« L’auteur manie la plume avec salacité pour évoquer les obsessions et autres états d’âme de ses personnages »  

 

« Un exercice de style un rien potache, un soupçon Almanach Vermot remastérisé »

  « Très moderne »

   Le Matin Dimanche  10 septembre 2006  

 

 « Fiction déjantée et enlevée, truffée de calembours et de plaisanteries »  

 

Coopération  12 septembre 2006

 « Acidulé comme un bonbon »  

 

« Le premier roman de Martina Chyba fait (très) fort »

 24 Heures  23 septembre 2006  

 

« Une première fiction délurée »  

 

« Un collage de textes hybrides à l’humour potache »

Cette lecture fut éprouvante pour moi. Car si je suis d’accord avec la plupart des critiques citées plus haut, je crois identifier ma difficulté : je n’arrive pas à lire ce livre comme un roman. D’abord, dans sa présentation graphique tout simplement : des paragraphes de 3 à 4 lignes, rarement plus ; beaucoup de sauts de lignes, des tableaux, de l’italique pour les propos ou pensées des personnages, du caractère normal pour les passages narratifs. Cette présentation conduit à une lecture hachée qui ne permet pas l’unité romanesque. De par le fond ensuite, il s’agit pour moi d’une juxtaposition de bons mots, de propos délirants, virulents, chaque phrase est une vanne qui me fait penser à Laurent Ruquier, et j’ai plutôt l’impression de lire un recueil de pensées déchaînées, de calembours, et de ce point de vue là, l’auteur a fait très fort ! Car se renouveler sur chaque phrase, ça ne doit pas être évident !

Je vous livre en vrac, quelques passages, notés au moment où j’avais un carnet à côté de moi, mais j’aurais tout aussi bien pu relever d’autres paragraphes, tout est de cet acabit : 

 

p.74 : « Violette entra finalement dans un magasin chic et cheap et n’éprouva pas la bouffée compulsive qu’elle ressentait d’habitude. Pour une jeune femme bien sous tous rapports (y compris sexuels), pénétrer dans un magasin, c’est déjà un orgasme.

Et ressortir sans avoir rien acheté, c’est un coïtus interromptus.

Violette s’offrit un survêtement neutre ce qui pour un survêtement suisse est une qualité non négligeable. » 

 

p. 78 : « les femmes qui portent la culotte sont toujours épanouies à l’étage des slips. » 

 

p.80 : « N’importe quel gamin de l’école élémentaire (mon cher Watson) pouvait le faire, mais les seniors/es avaient du mal » [Il s’agit d’acheter un ticket de bus à une borne automatique] 

 

p.84 : « Je n’ai pas de boulot en vue à part entamer un brillant master en histoire de l’art pour compléter ma licence es lettres. Et accessoirement (j’adore les accessoires) dépenser ce qu’il y a sur la Gold, ce qui contrairement à mon milieu n’est pas aisé, parce que la carte de crédit, c’est comme une flûte de champagne pendant un cocktail : il y a toujours quelqu’un qui la remplit sans qu’on s’en aperçoive ». [Elle a bien de la chance parce que ma carte de crédit, personne ne me la remplit, à moi !]

p. 85 : « Jean opina (pardon c’est comme ça qu’on dit mais on peut proposer une version moins sexuée). Donc : Jean donna son assentiment. » 

 

p.86 : « le déformaticien est de moins en moins net. 

Ben oui, c’est moi. 

Celui qui s’appelle Mac et qui n’a plus le droit de coucher avec son PC.

Mais qui doit trouver une femme bien (payée). »

 

 p. 90 : « Même s’il ne jure que par la bourse, il n’a pas de couilles » 

 

p.93 : Inutile de préciser que l’entretien d’évaluation de Jean se passa :

a – de manière catastrophique

b – de commentaires

[…] D’abord pour être performant, il faut être mince. Sinon vous risquez gros. » 

 

p.111 : « A la Saint-Valentin, si elle te caresse la main, réjouis-toi de la sainte Marguerite… » 

 

p. 156 : « le virtuel, c’est comme l’ordinaire : c’est bien à condition d’en sortir. D’ailleurs n’importe quel pékin (la Chine est à la mode dans le monde global et blogal) qui tient son blog rêve d’être édité par une grande maison parisienne et de voir son livre entre les rayons charcuterie et papeterie d’un supermarché. N’importe quel clampin qui fait de la télé sur internet rêve d’être diffusé sur une grande chaîne du canal hertzien entre deux blocs de publicité.

Alors parfois, on devrait savoir la mettre en veille (euse) avec nos nouvelles technologies et se les carrer quelque part. »

J’arrête là mes citations, pour vous parler de l’histoire. C’est là que le bât blesse. Cette avalanche de bons mots (qui n’a rien de surprenant quand on lit au dos que l’auteur est chroniqueuse à la Télévision Suisse Romande) étouffe dans l’œuf l’unité narrative. Je suis incapable de vous faire un résumé de l’intrigue. A chaque reprise du bouquin, j’avais oublié qui était qui, qui couchait avec qui, et où il en était de son projet de TCCC (thérapie cognitive comportementale entre copains). En gros il s’agit de Very Important Petasses (et leur pendant au masculin) qui ont des soucis de gosses de riches. Heureusement il y a des parties bien définies : Problèmes, Solutions simples, Solutions compliquées, Problèmes résolus, Epilogue. Pour les 4 personnages, il y a Armand Maunoir, 35 ans, ex-banquier, homme de TV, qui doit se faire épiler les couilles pour essayer de bander à nouveau (passionnant programme). Il y a Violette G. Edelweiss, clonasse belle et rebelle (et pas débile). Son problème : euh, ben ch’ais plus ! (quand je vous dis que j’ai eu du mal !). Puis vient Jean Mac Arthur, déformaticien divorcé point net. Vous plantez pas, il bosse sur PC. Et pour finir, Marguerite Richard-Conne, ménagère manager cuculpabilisée. Elle non plus je ne sais absolument plus quel était son problème.

Alors roman, non. Ovni, oui. Critique de notre société de consommation moderne à la dérive, assurément, mais à quel degré ? Je ne trouve pas la distance. Une fois encore l’écriture adoptée noie l’ambition romanesque : on n’en retient que l’humour quasi toujours en dessous de la ceinture et les jeux de mots multiples qui à la longue sont franchement usants.

Et la blogueuse que je suis sur mon temps de loisir n’a aucune, mais absolument aucune, prétention à être éditée dans une maison parisienne cf citation de la page 156. Lectrice je suis, et lectrice je resterai. 

 

 

Ed. Favre, août 2006, 225 p. ISBN 2-8289-0921-2, prix : 17 €

www.editionsfavre.com

 

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Ma 25 ème heure

14 Octobre 2006, 20:09pm

Publié par Laure

Ah comme j'aimerais qu'elle existe(ât?) cette 25ème heure ! Elle serait dédiée à la lecture, hors du temps et de mes 24 heures déjà trop remplies...

Au Mans nous avons un salon littéraire annuel, qui se déroule pendant Lire en fête. Il s'appelait d'abord les 24 H du livre (au Mans, quoi de plus normal), avant d'être rebaptisé la 25ème heure.

Cette année, la préhistoire est au programme. Vendredi 13 accueillait les scolaires, fillette y a participé avec sa classe, toute fière et émue de ses rencontres. Le week-end est ouvert au tout public.

Je ne trouve plus guère de plaisir à ces salons qui ne sont souvent que de plus ou moins grandes foires. Aux heures d'affluence on piétine on se bouscule on a chaud et on ne voit rien. Aux heures creuses les tables des libraires étiquettent des noms d'auteurs derrière lesquels ne sont que des chaises vides.

Mais bon, j'y suis allée... et j'ai acheté ! (les cadeaux à faire sont toujours un bon prétexte n'est-ce pas ?) Alors pour Anne-Claire, un roman dédicacé d'Evelyne Brisou-Pellen, le même (un si terrible secret)  + un autre pour l'anniversaire de sa copine la semaine prochaine, tant qu'à faire signer la dame...

Pour Mosquito, un album d'Anne Jonas qui avait l'air drôle (et beau !) illustré par Emile Jadoul, qui lui a fait un dessin adorable !

 

Pour moi... 4 romans pour un total de 6 € ... sur le stand du Secours Populaire ! Romans que je n'aurais pas forcément achetés ailleurs, mais à ce prix-là ! dont mon Gavalda fétiche que je possède déjà : mais à 1 €, je me suis dit que je pourrais toujours faire plaisir à quelqu'un !

 

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