Les jardins d'Hélène

3 - Julie Hilden

17 Avril 2007, 12:20pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Béatrice Commengé

 

Un roman curieux, étrange et dérangeant, comme je ne pensais pas en trouver chez Actes Sud. Je vous livre la fin de la 4ème de couv : « Envoûtante, d’une sulfureuse noirceur, cette contemporaine Histoire d’O new yorkaise est la chronique d’une possession, d’une aliénation – et d’une transmission. Porté par une écriture cinématographique, parfois crue, ce premier roman, véritable thriller sexuel, explore, entre distance et passion, les arcanes de l’éros féminin. » Ouch, pas si facile d’adhérer à ce roman quand même !

Une semaine après avoir surpris son petit ami Ilan avec une autre, Maya fait germer un bien étonnant projet pour son couple : elle se résigne à accepter les infidélités revendiquées par son amoureux, en contrepartie elle exige qu’ils se marient, que jamais il ne lui cache rien, et que toujours elle soit présente. Déjà là vous vous dites que ce n’est pas très sain c’t’affaire. S’ensuivent alors des rencontres érotiques aussi troublantes que dérangeantes au cours desquelles peu à peu tout va basculer. Consciente et lucide du danger et du risque, Maya n’en aime pas moins ce qu’elle vit, ça s’appelle du masochisme. Et elle ira loin, très loin, même lorsqu’Ilan ne sera plus, mais aura manigancé pour elle un plan tout aussi pervers. Mouais…

 

Si chacun est libre de ses pirouettes sous la couette, je ne suis pas certaine que lire celles dérangées des autres m’apporte grand-chose… parce que l’héroïne du roman, elle a quand même un sacré grain, et comme Clarabel, non vraiment je ne la suis pas !

Néanmoins le roman se lit vite et bien, parce qu’on se demande quand même où ça va mener tout cela… à la conclusion qu’il y a des gens tordus sur terre, mais je n’en doutais pas ;-))

 

Actes Sud, fév.2004, 230 pages, prix : 19 €

Ma note : 3/5

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La fin, en un livre offerte

16 Avril 2007, 13:27pm

Publié par Laure

fin

* divorce prononcé au tribunal du Mans le lundi 16 avril 2007 à 11h32.

Un cadeau de fin, les plus perspicaces auront reconnu mon roman préféré de l'année 2006. Parce qu'un jour peut-être, espérer cet apaisement...

Tous ces jeunes couples (si jeunes !) qui patientent comme nous sur une chaise, dans une cité judiciaire anonyme, ces 3 ou 4 juges aux affaires familiales, des femmes, jeunes, belles, elles ont moins de 30 ans, et peut-être pas encore d'enfants, et elles prononcent à la chaîne des divorces dans leur bureau, au rythme de 10 minutes par couple.

Penser à l'homme qui envisage de se remarier aussitôt, mais comment croire encore à cet engagement quand il est si facile et si rapide de le rompre ? Essayer de dire mon EX mari... Essayer ... rien du tout, juste la vie qui continue.

Le premier qui serait tenté de m'offrir les tribulations d'une jeune divorcée risque de se le prendre en pleine face, du moins en pensée (je serai polie, je dirai merci) car il est encore trop tôt pour que j'aie de l'humour...

 

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L'ancre des rêves - Gaëlle Nohant

15 Avril 2007, 16:08pm

Publié par Laure

Comme quelques autres, la littérature fantastique m’attire peu. Les histoires de marins bretons non plus. Comme quelques autres j’ai cédé à la tentation de la découverte, de cette si belle couverture, de ce premier roman d’une blogueuse, c’est pas tous les jours que ça arrive, et on a envie d’applaudir et d’encourager, d’acheter et de lire !

Quatre frères aux prénoms adorables (Benoît, Lunaire, Guinoux et Samson) souffrent d’affreux cauchemars qui les terrifient. Un bateau au capitaine effrayant, une mère qui noie sa fille, des chevaux sanglants devenus fous, qu’est-ce qui peut bien relier ces trois cauchemars et nos trois garçons ? Laissez vous happer par ce texte à la beauté onirique et à la douceur transparente de la fratrie Guérindel, couvée par leur mère, Enogat Guérindel, cette histoire qui mêle passé et présent, arbre familial et secrets enfouis.

Elles en ont parlé avec beaucoup de passion : Flo, Choupynette, Clarabel, Florinette, Lilly , Thom  (pour les plus rares garçons blogueurs) et si je semble montrer moins d’enthousiasme, c’est que quelques passages m’ont pesée : longueurs dans le récit, phrases très longues et descriptives… parfois oui, le livre m’a pesé. Mais je suis allée au bout sans me forcer, et j’ai aimé l’atmosphère qui s’en dégage, l’originalité du propos et la cohérence de l’ensemble. A découvrir donc !

Robert Laffont, mars 2007, 381 pages, prix : 20 €

Co-lauréate de la Résidence du Premier Roman (Robert Laffont) à l’abbaye de Fontevraud, avec Jennifer D. Richard pour Bleu poussière.

Ma note : 3,5/5

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Pourquoi les enfants grandissent-ils plus vite loin de vous ?

15 Avril 2007, 15:40pm

Publié par Laure

Voilà ma tribu à nouveau réunie auprès de moi, et leurs chamailleries retrouvées !

J’aime ces moments de complicité avec fiston, qui se fout gentiment de moi avec ses blagues nulles, ses private jokes, ses bidouilleries informatiques et les vidéos parodies sur youtube de ses copains (« dans quelle planète on est tombé, c’est plein de livres ici ?!) , ses leçons de conduite quand il m’apprend à tondre le gazon avec le tracteur, et moi qui fais semblant de rien comprendre à l’usage des vitesses et des hauteurs de coupe, moi qui réalise que je ne le paie vraiment pas assez quand il tond les 3 hectares parce que c’est crevant, nos fous rires et ses 1m70 dépassés, à 12 ans et demi…

 

Grandinette qui revient ravie de sa colo poney, incollable en vocabulaire équitation tout neuf, pressée d’y retourner, qui n’a pas eu le temps ni de m’écrire, ni de lire 3 pages. Sa visite guidée du poney club en mon honneur et les km dans la campagne qu’elle fait soudain sans rechigner.

Mosquito qui a appris à faire du vélo sans roulettes chez sa grand-mère (oui vu l’âge il était temps, mais elle avait tout le temps peur !), sa fierté, et la mienne !

Demain reprendre le chemin de l’école. Les laisser se retrouver tous les trois, s’engueuler, rêver, partager, pleurnicher dans les jupes de leur mère…

Le gué de Selle, Mayenne (53)

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Pause

9 Avril 2007, 06:42am

Publié par Laure

Les jardins font une pause, le temps de quelques trains, des allers, des retours, des enfants, des lectures à 300 km/h. A vendredi.

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Caroline assassine - Sophie Jabès

8 Avril 2007, 17:50pm

Publié par Laure

Ce court roman me laisse un peu perplexe : il y a toute la matière à, mais voilà, ça ne prend pas, pas beaucoup, pas assez… Caroline a 7 ans, et pour échapper à sa famille frappadingue (alcoolisme, misère sociale et intellectuelle, mère qui la déteste), elle se réfugie dans la lecture. Mais quand sa mère envoie son exemplaire des Misérables dans les toilettes et tire la chasse d’eau, c’en est trop : Caroline décide d’assassiner sa mère. S’ensuivent des descriptions de cette vie tordue à 6 dans un 2 pièces : les grands-parents, la grande sœur Solange qui a un copain (déjeuner surréaliste avec les futurs beaux-parents), et le petit frère Bertrand qui a besoin de Caroline pour le protéger, le père alcoolo ramené par les flics après 5 ans d’absence… On comprend combien la petite Caroline peut tenter de trouver un peu de stabilité et d’affection auprès de sa bibliothécaire…

Donc voilà : tous les ingrédients y sont (on pense beaucoup au dernier Isabelle Minière) mais ça ne marche pas : Vous en connaissez beaucoup vous des gamines de 7 ans qui ont lu tout « Hugo, George Sand, Alexandre Dumas mais aussi Somerset Maugham, Tolstoï et Dostoïevski » ? Vous en connaissez vous des écoles primaires dans lesquelles il y a une bibliothécaire à temps plein ? Fable, conte, me dira-t-on… oui, mais fin fantastique en plus, moi je dis non. Pourtant il y a quelque chose qu’on voudrait aimer dans cette histoire de Sophie Jabès, mais tout va trop vite, ça mélange le grave et le délire fantaisiste, sans analyser plus longuement des passages qui mériteraient de l’être, c’est superficiel sur un sujet qui ne l’est pas, et sur ce sujet-là, je suis exigeante !

p. 23 : « Elle [sa mère] l’avait prévenue. Lire, répétait-elle, surtout des romans, c’était une perte de temps. »

 

L’avis de Clarabelet d’Amy

J’ai lu, fév. 2006, 123 pages, prix : 3.70 €

Ma note : 2,5/5

 

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Il faut sauver Saïd - Brigitte Smadja

8 Avril 2007, 17:43pm

Publié par Laure

Prix Sorcières 2004

Choisi par le magazine Lire dans ses 20 meilleurs livres de l’année 2003.

 

  Saïd est un « petit » 6ème qui aimerait bien apprendre tranquille, lui qui aime l’école et la langue française, lui qui se sent français et qui est né en France. Mais dans son collège de banlieue, c’est la loi des caïds qui triomphe, et les profs eux-mêmes sont bien malmenés : chahut, pneus crevés, violences verbales et physiques des élèves, bref, tout ce qui vous disent déjà très bien vos journaux. Quand à cette violence scolaire s’ajoute la violence familiale, Saïd se sent bien petit pour réagir. Piégé par son grand frère et son cousin qui règnent sur le quartier et dealent un peu de tout, il voit l’impuissance de son père qui a peur de son propre fils. L’aînée est une fille, et c’est encore bien plus difficile pour elle : son frère veut lui faire prendre le voile et la traite de tous les noms parce qu’elle sort avec un français. Elle est obligée de s’enfuir de chez elle. Terreur, impuissance, réalité des banlieues, y a-t-il encore un espoir au bout du chemin pour Saïd qui voudrait tant apprendre à l’école ? Certains ont reproché ces traits un peu caricaturaux donnés par l’auteur, tant dans le négatif social que dans la croyance enseignante : quand les profs rudoyés accompagnent avec bonheur leurs élèves au musée, quand un prof promet à Saïd de ne pas le laisser tomber… Oui il faut sauver Saïd mais est-ce encore possible ?

Un livre beaucoup donné à lire dans les collèges je crois… Brigitte Smadja a su mettre en mots une réalité, dans une création littéraire où notre jeune Saïd aime jouer avec les mots difficiles : oui il emploie parfois un vocabulaire soutenu et se plaît à recopier les définitions. Un petit livre riche pour ouvrir le débat entre élèves….

 

Voir aussi sur l'article de Ricochet , du magazine Lire, le débat sur Citrouille.net.

Ecole des Loisirs, coll. Neuf, sept. 2003n prix : 8 €

Ma note : 4/5

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L'art et la manière d'être un garçon génial - Irène Colas et Yann Hamonic

7 Avril 2007, 13:00pm

Publié par Laure

 Si vous avez un fils de 12 ans à la maison (11 à 14, ça marche aussi), offrez lui ce livre sans hésiter ! la preuve que ça marche ? le mien qui ne lit plus que des mangas a dévoré ce petit bouquin en revenant sans cesse m’en parler, m’en citant des passages, livre en main et illustration à l’appui.

Avec beaucoup d’humour, ce petit livre expliquera à votre (pré)ado garçon les règles de base de l’hygiène, de la politesse, de la vie en société, à commencer par la vie familiale et le respect du lieu de vie commun. Des illustrations et une mise en page très modernes, qui rappellent un peu les magazines (y a même des mini-tests), bref ça fonctionne, car ils lisent sans y penser et reviennent vous en parler : regarde maman, ce qui énerve les parents à table : « arriver en hurlant ; qu’est-ce qu’on mange ? » J’vous l’dis, celui décrit dans le livre, qui râle qui rote qui p.. et qui se lave pas, j’l’ai à la maison, et comme il a de l’humour…

 

A noter : il y a toute une collection ! Je n’ai pas testé l’art d’être un frère génial, ni celui d’être une sœur géniale, en revanche comme j’ai sous la main la fille géniale et l’élève géniae, je vais laisser ça traîner négligemment dans les chambres de la tribu, avec l’espoir qu’ils reviennent m’en causer !

 

Public : collégiens, dès la 6ème.

Milan Jeunesse, 2006, 69 pages, prix : 8 €

PS : c'est bien sûr un documentaire mais j'ai décidé de mettre tout ce qui était jeunesse dans la rubrique "Littérature jeunesse", trop paresseuse pour refaire mes catégories !

 

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Equinoxe - Arnauld Pontier

7 Avril 2007, 09:02am

Publié par Laure

Voilà un roman qui vous envoie un uppercut en pleine face comme vous aimeriez en recevoir plus souvent en littérature ! Carine est une jeune femme paralysée qui vit en fauteuil, elle a perdu l’usage de ses jambes et de la parole dans un accident de voiture qui a coûté la vie à son père. Pour communiquer, elle griffonne sur une ardoise. Elle vit seule avec sa mère, laquelle se noie dans sa culpabilité et sa détresse. Carine hurle sa rage en même temps que son désir, celui d’un homme qu’elle aperçoit à la fenêtre de l’immeuble d’en face. Commence alors le récit de leurs rencontres, leur désir qui dérange mais qui est un cri à la vie. A moins que … ? 

Des ressorts romanesques bienvenus et c’est un livre qui bouleverse, qui vous pousse à vous interroger sur votre regard et votre compassion bien-pensante à l’égard des handicapés, tout ce que vous faites et ce que vous ne faites pas. Un livre qui fuit le conformisme ambiant sans toutefois dénoncer agressivement ou diaboliser, un livre qui offre intelligemment un regard différent, et c’est beau ainsi.

L'avis de Clarabel, et d'Amandine

Le site de l'auteur : http://www.arnauld-pontier.com/

Actes Sud, janv. 2006, 120 pages, prix : 16 €

Ma note : 4/5

 

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Le questionnaire des 4

6 Avril 2007, 12:35pm

Publié par Laure

Quand Clarabel demande, je m’exécute… un peu en retard, certes…

 

 

 

Les 4 livres de mon enfance :

-         Les malheurs de Sophie,  Comtesse de Ségur

-         Sans famille, Hector Malot

-         Tous les Fantômette (et pas mal de Club des Cinq)

-         Tous les Alice, Caroline Quine

En gros et sans compter, beaucoup de bibliothèque rose, verte et rouge & or !

 

 Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore :

-         Anna Gavalda

-         Alice Ferney

-         Jean-Philippe Blondel

-         Nancy Huston

 

 Les 4 auteurs que je n’achèterai pas/plus :

Il ne faut jamais dire fontaine …

-         Mary Higgins Clark

-         Alexandre Jardin

-         Philippe Besson

-          ? 

 

Les 4 livres que j’emporterais sur une île déserte :

-         A la recherche du temps perdu, parce que je l’ai abandonné en fac et jamais repris

-         Verlaine (ou Rimbaud ? Verlaine ? Rimbaud ? Verlaine ?)

-         Un dictionnaire

-         Autant en emporte le vent, dans son édition de 1939, parce que je ne l’ai jamais lu, parce que c’est le seul vieux livre que j’ai [et le seul que je tolère], parce que c’est le seul souvenir / objet que j’ai de ma grand-mère.

 

 

 

Les 4 premiers livres de ma PAL :

Je suis incapable de répondre à cette question, car je ne choisis toujours qu’au dernier moment, et j’en ai toujours plus de quinze qui me tendent les bras. Si vraiment il vous faut une réponse :

-         L’Ancre des Rêves de Gaëlle Nohant

-         Samedi de Ian McEwan

-         Le soupirant d’Isabelle Minière

-         Valse Noire d’Anne Bragance

Mais je vous parie n’importe quoi que je ne tiendrai ni ces titres-là ni cet ordre-là.

 

 

 

Les (4 x 4) derniers mots d’un de mes livres préférés :

[j’ai fait plusieurs choix et n’ai gardé que celui qui coupé de tout contexte me plaisait encore]

« Je hais les téléphones portables, je hais Sagan, je hais Baudelaire et tous ces charlatans. Je hais mon orgueil ». Anna Gavalda, Petites pratiques germanopratines.

 

 Les 4 lecteurs dont j’aimerais connaître les 4 :

Tout le monde y est passé non ? Sinon, à vot’bon cœur ! n’est-ce pas Dame Cunégonde ;-)

 

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