Envie - Kathryn Harrison
Traduit de l’américain par Sylvie Schneiter
Will a 47 ans, une carrière de psychanalyste, une épouse, Carol, et une petite fille, Samantha. Ensemble, ils ont perdu un premier fils, Luke. Tout commence à la
25ème rencontre annuelle de la promo 1979, où les anciens élèves se retrouvent. Will y va seul, Carol ne s’intéresse pas à ce genre de réunion. Sur place, tout le monde s’enquiert d’un
absent : le frère jumeau de Will, Mitch, un sportif champion en natation. Mais Will n’a pas davantage d’informations, il ne l’a pas vu depuis 15 ans.
C’est une rencontre avec Elizabeth, une ancienne petite amie, et la lecture de l’annuaire de l’Ecole qui font tout naître : et si Jennifer, la fille d’Elizabeth, était celle de Will ? Les dates sont troublantes. En proie à cette question, Will l’est aussi avec sa sexualité. Désirs, fantasmes, envies, quand il reçoit ses patientes. Aussi quand l’une l’approche d’un peu trop près s’empresse-t-il de la confier à un autre thérapeute. Et pourquoi ces désirs ? N’est-il pas heureux avec son épouse ? Un couple peut-il continuer à s’aimer normalement après le décès d’un enfant ? Son épouse lui impose un rituel qui ne le satisfait pas.
Une quantité d’ingrédients mis en place, qui s’enchevêtrent pour peu à peu se démêler de façon assez magistrale. Une introspection poussée à l’extrême pour percer à jour des secrets de famille, et mieux comprendre son fonctionnement personnel.
Envie n’est pas un roman érotique, contrairement à ce que le titre et la couverture pourraient laisser imaginer. Quelques scènes certes, aussi explicites que bien menées, ponctuent le roman, mais toutes se justifient au rythme de l’intrigue où chaque détail préalablement semé compte.
On pourra reprocher peut-être une intellectualisation poussée du désir masculin mais les surprises que révèle peu à peu l’enquête sur soi ajoutent à la qualité du récit.
Bref, un roman bien construit, aux rebondissements nombreux, qui lassera peut-être ceux l’analyse ennuie, et qui plaira sans doute à ceux qui aiment décortiquer le pourquoi du comment, en matière d’amour comme de frustration.
Jean-Claude Lattès, octobre 2007, 332 pages, prix : 19 €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : éd. JC Lattès, Amazon.fr
/image%2F0683481%2F20161028%2Fob_56b2ff_chaussette.jpg)
C
J’ai vécu cette lecture de façon exceptionnelle, et il y a longtemps qu’un roman ne
m’avait pas autant « chamboulée ». Pour en garder le souvenir, je laisse intact mon parcours. Exceptionnellement, il n’y aura pas de résumé, juste de
l’affect :
La petite Marion vit seule avec sa mère
Fanny. De père, il n’y a plus. Derrière le silence se cache une paternité « allemande », pendant la guerre, et de cela, on ne parle pas. Et puis, ce père est mort à Stalingrad. Fanny
restera à tout jamais la femme de l’Allemand, est-ce cet événement dans sa vie qui fera décompenser sa maladie, une psychose maniaco-dépressive ? Si au début Marion ne voit pas trop la folie
de sa mère, elle devient plus évidente et plus lourde à gérer en grandissant. Quel déchirement pour la jeune fille devenue adolescente que de trahir sa mère en la confiant à des instituts aux
soins spécialisés, quelle souffrance que de s’opposer ainsi à elle. Mais il n’y a pas d’autre réponse que la fuite pour se libérer de cette douleur et de cette folie pour laquelle elle ne peut
rien.
Je ne ferai pas de résumé, car à ce sujet
la quatrième de couverture est parfaite, et avouons-le, plutôt engageante (en même temps, c’est son rôle !). La voici, donc :

S’il n’y avait ce seul mot à deux pages de la fin (et c’est bien la seule fois où il apparaît), « congélateur », on n’aurait peut-être mêlé Mazarine Pingeot et l’affaire
Courjault, on n’aurait peut-être pas essayé de faire vendre un livre sur du fait divers sensationnel, alors quoi, ça ne suffisait plus d’être fille
de, pour remplir les tiroirs ?
J’avais lu de
bonnes critiques de blogueuses sur ce petit roman de la rentrée littéraire, et le thème me tentait.
Deux couples : Thomas (Roschdy Zem) et Carole (Alice Taglioni), et Lionel (François Cluzet) et Lisa (Mathilde Seigner). Thomas trompe sa femme avec
Lisa. Banal adultère, folle passion, etc. Mais les deux couples officiels sont amenés à se rencontrer, par le biais de l’école que fréquentent leurs gamins, notamment. Et Carole et Lionel ne vont
pas tarder à comprendre où (et surtout à quoi) leurs conjoints respectifs passent leurs prétendues réunions de travail. Que vont-ils faire ?
Camille a 15 ans quand s’ouvre le roman. Toujours surnommé Fanfan par ses parents, il vient d’échouer au concours d’entrée à l’école normale. On
est dans les années 50, c’est le