Les jardins d'Hélène

Pour l'amour d'un guerrier - Brigitte Brault et Dominique de Saint Pern

6 Septembre 2007, 04:37am

Publié par Laure

pour-l-amour-d-un-guerrier.jpgDominique de Saint Pern a prêté sa plume à Brigitte Brault pour recueillir son expérience et son histoire surprenante en Afghanistan. Journaliste dans une délégation régionale de France 3, Brigitte Brault prend sur ses RTT pour partir en Afghanistan, où elle monte un cours de « camerawomen » pour les jeunes afghanes. J’ai beaucoup aimé le premier tiers du livre, où elle rencontre le commandant Massoud, assassiné peu après par des terroristes qu’elle a côtoyés sans le savoir, et se bat pour former de jeunes afghanes au métier de reporter. Cette femme a une volonté de fer et un grand courage, ainsi qu’une grande passion qui lui permettent d’œuvrer intelligemment pour la « libération » de la femme afghane. Au cours de son expérience et de ses déplacements, elle rencontre Shazada Mohmand Khan, un chef de tribu pashtoune qui règne sur les Mohmands, dont elle tombe éperdument amoureuse. Il est marié et père de 7 enfants. Plus tard, il sera élu au parlement de Kaboul. Dès lors l’auteur s’attache à nous narrer cette histoire d’amour impossible, mais néanmoins vécue au profit d’arrangements, de concessions, et de tolérance. Brigitte se convertit à l’Islam par amour, mais n’est pas encore prête à subir le sort des femmes voilées recluses et totalement à la merci de leur mari. Comment surmonter le choc des cultures et des traditions, l’amour peut-il tout ? Cette seconde partie du livre m’a lassée, je l’ai trouvée assez répétitive et un peu trop sentimentale, une guimauve dégoulinante qui ne prend pas suffisamment de recul. Il ne s’agit donc plus d’un témoignage sur l’Afghanistan mais d’une banale histoire d’amour, aussi compliquée soit-elle.

Un autre point m’a choquée dans le récit : l’auteur se plaint à deux reprises de ne gagner que 1000 euros par mois (ce qui résulte de son choix), ce qu’elle qualifie de trop peu et de difficile. J’ignore quel est le niveau de vie en Afghanistan et quel était le coût de la vie là-bas au moment de son expérience, mais des salaires à 1000 euros en France, il y en a énormément, et celles qui les subissent n’ont pas vraiment le loisir de s’en plaindre !

 

Nota : livre lu fin juillet / début août dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008 pour le jury de septembre. La synthèse étant parue dans le Elle de cette semaine (n° du 3 septembre), je m'autorise à présent à mettre mes critiques en ligne.
Deux documents nous étaient proposés à la lecture, c'est Edith Thomas, passionnément résistante qui a remporté les suffrages dans cette catégorie pour le mois de septembre. A suivre pour les 3 romans et les 2 polars sélectionnés !

Grasset, mars 2007, 332 pages, prix : 17,90 €

Ma note :2,5/5
Crédit photo couverture : éd. Grasset et Amazon.fr

 

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Le diable de Milan - Martin Suter

5 Septembre 2007, 04:50am

Publié par Laure

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

 

diable-de-milan.jpgVoici un roman étrange et énigmatique, qui vous happe dans son mystère dès les premières pages. Sonia Frey fuit un mari violent et démarre une nouvelle vie en se faisant embaucher comme masseur-kinésithérapeute dans un hôtel de luxe, le Gamander, à Val Grish, petit village montagnard suisse. Dès son arrivée, des événements inquiétants se produisent, un ficus qui perd ses feuilles en une nuit, des balises qui sont jetées dans la piscine, un oiseau noyé dans un aquarium… Qui peut en vouloir à la propriétaire qui tente de faire renaître l’hôtel de ses cendres ? Qui au village cherche à s’en prendre au personnel ? Tout au long du roman, de curieux SMS sont échangés entre Sonia et son amie Malou. Quel passé conjugal Sonia cherche-t-elle réellement à fuir ? Pourquoi son ex mari a-t-il été arrêté ?

L’auteur prend tout son temps pour installer et développer une intrigue à la tension dramatique montante et diablement efficace ! Je regrette peut-être quand même une fin aussi peu spectaculaire après toute cette montée de l’angoisse. D’autant que les événements étranges qui se réalisent les uns après les autres sont les commandements d’un vieux conte local intitulé le diable de Milan

Un auteur réputé (la face cachée de la lune, Lila lila) que je découvre par ce roman et que je ne manquerai pas de continuer à lire au fil de mes trouvailles.

 

Sortie en poche du Diable de Milan annoncée pour le 15 novembre 2007.

 
PS : cet article est le 500 ème du blog ! (en 1 an 1/2 d'existence)

Christian Bourgois, août 2006, 310 pages, prix : 25 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : Bourgois éd. et Amazon.fr

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Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary - Philippe Doumenc

4 Septembre 2007, 05:29am

Publié par Laure

contre-enquete-eb-doumenc.jpgYonville l’Abbaye (Normandie, France), le 24 mars 1846 à deux heures de l’après-midi, Emma Bovary, 25 ans environ, décède par empoisonnement à l’arsenic. Aux deux médecins appelés à son chevet, le docteur Canivet et le professeur Larivière, elle a le temps de dire : « assassinée, pas suicidée ». Et comme chacun sait (nous dit le roman), en une seule prise, l’arsenic n’est presque jamais mortel. De plus, elle a des traces d’ecchymoses ici et là. Le commissaire Delévoye et son jeune assistant Remi, dépêchés de Rouen, vont mener l’enquête. Et l’on retrouve ainsi tous les personnages du roman de Flaubert, une belle flopée de suspects !

Tout le talent de Philippe Doumenc est d’avoir su retrouver cette écriture flaubertienne, un style fidèle et délicieux. Le lire est un régal ! Certes il prend quelques fantaisies libertines, attribuant notamment à Homais une fille de 16 ans quelque peu aguicheuse, il replace dans le contexte le jeune Flaubert, tout cela est très plaisant ! A lire donc comme un excellent exercice de style, qui ne vous donnera qu’une envie, relire Madame Bovary (pour ma part, ma dernière lecture remonte 1) au lycée 2) à la fac où en cours de littérature comparée j’étudiais l’adultère dans le roman à travers Flaubert, Tolstoï (Anna Karénine), et Theodor Fontane (Effi Briest), sans doute mes meilleurs souvenirs de cours par la magie d’une jeune professeur passionnante !)

 

Actes Sud, mai 2007, 186 pages, prix : 18 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : éd. Actes Sud et Amazon.fr

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La fille du docteur Baudoin - Marie-Aude Murail

3 Septembre 2007, 05:25am

Publié par Laure

fille-docteur-baudoin.jpgAttention, gros coup de coeur en vue ! Il y a une richesse incroyable de pistes à explorer dans ce roman (dit « pour ados ») de Marie-Aude Murail.
Violaine Baudoin, 17 ans, vit au sein d'une famille aisée et sans problèmes. Son père est médecin, sa mère dirige un laboratoire d'analyses médicales. Son frère vit sa vie d'ado et sa petite sœur Cerise est craquante comme beaucoup de gamines. Parce qu'elle n'a pas voulu passer pour une fille « coincée », Violaine se retrouve enceinte d'un garçon dont elle n'est pas amoureuse. A qui se confier ? Sa meilleure amie, Adélaïde l'aide et l'accompagne dans ses démarches. Parce qu'elle ne peut se confier à son père, elle se rend au planning familial où elle rencontre par hasard l'associé de son père, le jeune Vianney Chasseloup, généraliste humaniste qui nous rappelle sans hésiter le docteur Sachs, de Matin Winckler. Même plaisir de lecture dans les narrations de consultations : le jeune Vianney qui écoute et prend son temps et se contente souvent d'une dose de bon sens en guise d'ordonnance, le docteur Baudoin aguerri qui soigne à coup d'analyses à faire au labo de sa femme bien sûr, et d'ordonnances inutiles de médicaments fourgués par la jolie visiteuse médicale.
Bref, des tas de pistes, vous disais-je : un regard juste sur la médecine et ses travers, le résilience du Dr Chasseloup qui se sort d'une enfance atroce, les soucis sérieux d'une adolescente à l'heure du choix (IVG ou pas), les relations amicales, amoureuses aussi, les relations complexes avec les parents, etc. Et tous ces personnages sont attachants. Tantôt très mature et responsable, Violaine affronte avec courage ses soucis, avec des réflexions très pertinentes, tantôt encore dans l'enfance ou juste en train d'en sortir, elle a des préoccupations bien naturelles d'adolescente. Un très très bon roman, que je n'ai pu lâcher avant la fin. Un seul bémol : l'histoire d'amour finale me semble inutile et d'ailleurs peu crédible, mais sans doute ajoute-t-elle au romantisme attendu par la lectrice un peu midinette, l'adolescente pas encore femme et plus tout à fait enfant. Bref, un « livre jeunesse » d'une grande intelligence, bien fichu du point de vue de l'histoire, et qui se dévore tout seul. Les jeunes filles (et les vieilles mères de famille !) en redemandent !

A proposer dès 13-14 ans, aux filles de préférence...

EDL, coll. Medium, sept. 2006, 260 pages, prix : 10,50 €
Ma note : 4,75/5
Crédit photo couverture : L’école des loisirs et Amazon.fr

 

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Désolation et destruction - Sophie Tasma

2 Septembre 2007, 09:54am

Publié par Laure

desolation-et-destruction.jpgEmma est une jeune adolescente de 14 ans qui vit seule avec sa mère, depuis le départ de son père après une aventure adultère. Emma est une enfant sage, très bonne élève, assez renfermée. Elle se raccroche à son souvenir du bonheur familial passé dans la maison, à sa relation fusionnelle avec sa mère, aux visites annuelles à la grand-mère italienne. Son seul ami est son professeur de gymnastique, un être sombre et renfermé, une relation simple entre deux êtres solitaires ; il a la vingtaine et ils ne se voient que dans des cafés ou des lieux publics, pour ne pas être accusé de détournement de mineure.

Tout bascule dans la vie d’Emma quand arrive le nouveau compagnon de sa mère, Harris, avec sa fille Hélène, âgée de 16 ans. Hélène est une ado dévergondée à l’opposé d’Emma, mais elle souffre surtout d’avoir perdu sa mère dans un accident de voiture et de ne s’en être jamais remise.

Le poison s’instille lentement, une relation perverse va naître entre les deux jeunes filles, la folie de l’une perturbant la fragilité de l’autre.

Un court roman pour deux portraits d’adolescentes tout en délicatesse, auquel une violence sourde n’échappe pas. Deux adolescentes très différentes mais chacune avec ses fantômes et « perdue » dans la vie. Le personnage de Virgile ajoute au drame de l’histoire. Deux portraits très bien vus, tout deux dans la douloureuse réalité de la vie.

 

Ed. de l’Olivier, sept. 1997, 142 pages, prix : 13,57 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : éd. L’Olivier et Amazon.fr

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Pension alimentaire - Eric Neuhoff

1 Septembre 2007, 16:34pm

Publié par Laure

pension-alimentaire.jpgLe narrateur est un éditeur de romans étrangers dans une grande maison, qui connaît bien ce petit monde germanopratin à l’ego démesuré dont la vie tourne autour des ragots de bistrots bien célèbres. Il divorce de sa deuxième épouse, Camille, à peu près au même moment qu’il perd son père. Mais ce qui est insupportable pour lui, plus encore que le manque de ses deux fils Oscar et Hector, c’est d’apprendre, deux ans plus tard, que leur mère vit avec son ex ami Pierre Maurin, un individu aussi vulgaire que peu fréquentable. L’essentiel du livre consiste d’ailleurs à dresser un portrait de ce quinqua qui travaille dans la pub, « Monsieur Vingt Briques Par Mois », un type imbu de lui-même, qui se moque de tout et de tous, et qui ne vit que par et pour l’alcool et la baise tarifée. Les vomissures et les boîtes à partouze, ça va on a compris, dommage que l’auteur soit aussi répétitif là-dessus. Une façon sans doute de montrer combien ce « gros porc » (il n’y a pas d’autre terme) n’a rien à faire dans la  vie de ses deux gamins. Qui dit divorce dit souvent relations conflictuelles avec l’ex, et pour un homme, il n’est souvent plus rien d’autre qu’un payeur de pension alimentaire. Prends les insultes en pleine poire mais n’oublie pas de payer le premier du mois. Les pages sur ce que ressent cet homme à la perte de ses enfants, sur la fin de son couple et sa solitude toute neuves sont rares, mais sonnent justes. Avant d’acheter ce livre, je ne sais plus où j’avais entendu que les propos de ce livre sont si caustiques et virulents qu’ils sont certainement authentiques. Alors autobiographique ou non ? A vrai dire peu importe, tant les mots personnels sont universels, quand il s’agit de dire la fin d’un amour et la douleur de voir ses enfants élevés ailleurs par une ex qu’on ne reconnaît plus. Je regrette simplement que ces pages excellentes soient rares, au profit d’une description toujours plus vile de cet ex ami qui le remplace. J’y vois une volonté  pour le narrateur dans ce portrait sordide et sans pitié une ultime volonté de ne pas sombrer, de ne pas devenir comme lui : pour un homme qui divorce, l’alcool et le sexe ne sont-ils pas des remèdes faciles aux désillusions de l’échec ?

Face à cet étalage de secrétions et débordements du corps, les propos du narrateur en souffrance n’en ont que plus de valeur. Dommage toutefois que la fin tombe un peu vite. On se surprend aussi souvent à penser qu’il y a une vie en dehors de ce parisianisme nombriliste, et sur ce point, le livre est agaçant. Et quand je lis tous ces verres aux Deux-Magots, chez Lipp ou à la Closerie (des Lilas), j’ai l’impression de lire le blog des 3 compères. Restons naïfs et feignons de croire que la littérature n’est que du plaisir donné au lecteur, et non des dégueulis d’huîtres au champagne trop chèrement payés pour caser untel à l’émission de tel autre, ou arracher tel poulain à l’éditeur voisin. Tiens, Neuhoff serait-il des trois ?

Donc, un livre sur le divorce, à condition de le lire entre les lignes !

 

p. 12 « On dit que les gens changent. C’est une façon de signifier que les maris se lassent de leur femme et vice versa. »

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Albin Michel, août 2007, 134 pages, prix : 12,50 €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : éd. Albin Michel et Amazon.fr

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Fantaisie sur l'échafaud

30 Août 2007, 12:35pm

Publié par Laure

- Hélène et le Wifi : parfois, Hélène fait des trucs cons, comme tout le monde. Au lieu de continuer à se transformer en homard sur la plage ensoleillée, elle interrompt la cuisson pour faire le geste stupide : ouvrir son portable sur un hot spot wifi. Wouah ! Il pleut des emails ! Du coup, ça rafraîchit.

- Hélène a un QI de moule : « vous n’avez rien compris au dernier J***-P*** B*** ! » lui écrit-on. Ah ben oui,  peut-être, mais Hélène n’a jamais prétendu qu’elle avait la science infuse.

- Hélène a enfreint la loi (que nul n’est censé ignorer) : - euh, quelle loi ? « L’écrivain chouchou tu aduleras » - Ah… euh… c’est quoi un écrivain chouchou ? C’est un romancier (possible au féminin) qui laisse des petits mots gentils sur les blogs, ou par extension, toute personne liée au Royaume éditorial qui dit du bien des blogueuses sur un espace public. – Ah… euh… il est publié où cet article de loi ? Il est intrinsèque, voyons, Hélène, tu vas pas chipoter ! La vindicte populaire a parlé : guillotine en place publique.

Epilogue : Hélène n’a plus de tête (comme elle n’avait qu’un QI de moule, elle n’a pas perdu grand-chose) mais elle a gagné mieux : la liberté.

Et dans la pluie de mails, Hélène a oublié de remercier la journaliste qui l’informe qu’elle l’a référencée sur un grand site féminin en 2 petites lignes : « des notes de lecture directes et franches et un humour qui fait mouche, pour découvrir des livres en tout genre »

Hélène s’en retourne au soleil et jure un peu tard qu’on ne l’y prendra plus : le wifi est interdit en vacances, sous peine de nuit d’insomnie.

- Hélène rédige une nouvelle charte (déformation poldocienne) :

Ø      Des auteurs étrangers tu liras : le temps que leur agent  littéraire aille à la pêche et traduise, on a des litres de moules devant nous.

Ø      Des auteurs morts tu liras : ah non, ils ont des ayant droits, et certains mordent très fort !

Ø      Comme toujours tu continueras, parce que sinon ça n’a plus aucun sens. Ou comme Cuné tu arrêteras.

Retourne à tes moules Hélène, et n’oublie pas les frites.

 

(Longeville-sur-Mer (85), 29 août 2007, 3h30 – 4h du matin.)

 

 

 

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J'apprends - Brigitte Giraud

28 Août 2007, 17:07pm

Publié par Laure

j-apprends.jpgNadia apprend… Elle apprend à lire à l’école primaire, elle apprend la vie quotidienne et le racisme dans la cité, on la suit jusqu’au collège. On essaie aussi de comprendre pourquoi elle vit avec « celle qui n’est pas [sa] mère ». L’Algérie en ombre de fond… Souvenirs tout simples qui « parleront » bien aux 35-45 ans, j’ai souvent eu l’impression d’avoir fréquenté la même école qu’elle. Bel hommage soit dit en passant, à cet « ascenseur social » qui ici a bien rempli sa mission et d’éducation et d’épanouissement. Un texte simple régulièrement émaillé de petits poèmes, de ceux qu’on apprenait à l’école… Pourtant au bout d’un moment on s’en lasse un peu. Le charme n’opère plus. Mais en poche à petit prix, c’est une petite madeleine qu’on peut s’offrir sans hésiter.

 

Elles l’ont lu : Cuné,  Cathulu  et Clarabel ...

 

Stock, août 2005, 156 pages, prix : 15 €. Existe en poche (5 €)

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : Le livre de poche et Amazon.fr

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Vacances !

25 Août 2007, 05:26am

Publié par Laure

tongs-rayees.jpg                     OU                 parapluie.jpg ??



Maintenant que j’ai assuré l’intérim tout l’été (32 articles en juillet, 22 au 25 août, on va dire que c’est pas si mal), je vous abandonne sans scrupules pour aller patauger dans l’océan et patouiller sur les plages du sud...Vendée ! A moi le premier soleil de l’été (ahem) ou toujours le k-way de rigueur, de toute façon ça ne pourra pas être pire que les 2 mois qui viennent de s’écouler. Oui, je vis au nord de la Loire, ce qui s’est traduit par un 19° maxi, et la seule fois de tout l’été où j’ai mis le linge à sécher dehors, il a fallu que je le réessore. 
 

Au retour et bien, c’est pas original, mais ce sera la rentrée scolaire, et la mienne avec un mois de septembre professionnel très chargé. Sans compter que le 13 septembre, je change de case, je transporte mes cartons mes mômes et mes bestioles dans une maison miniature à 1 km d’ici. Même boulot d’ailleurs que si je partais à l’autre bout de la France.  

Il risque donc d’y avoir des interruptions involontaires de programme, blogueuse surbookée ou techniques numériques en attente.

D’ici là, lisez bien, et faites le tri pour moi dans ce grand bal qu’est la rentrée littéraire !

Retour prévu le 2 septembre.

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This is not a love song - Jean-Philippe Blondel

24 Août 2007, 03:22am

Publié par Laure

result.png D’emblée, que l’auteur me pardonne. J’ai aimé tous ses précédents romans, certains m’ont bouleversée, et je suis bien la première désolée de ne pas avoir été subjuguée par ce dernier. Ce sont tout simplement des choses qui arrivent… et ça n'engage que moi !

 

this-is-not-a-love-song.jpgPeut-on aimer un roman dont tous les personnages sont haïssables ?

Vincent, la quarantaine, marié et père de deux fillettes, dirige la chaîne de restaurants les cafés bleus, en Angleterre, où il vit désormais. Joli revers à son adolescence de loser. 
Susan a besoin de faire un break, pas de le quitter non, juste respirer. Elle l’envoie donc passer une semaine en France, chez ses parents. L’occasion pour Vincent de revoir son frère Jérôme, sa belle-sœur Céline, ses amis de jeunesse, Etienne, Olivier, et Fanny, son ex…

Vincent est le modèle parfait du mec à baffer : arrogant, imbu de lui-même, prétentieux, vulgaire, mais à force de traiter tous les autres de beauf, on l’est  bien davantage soi-même non ? Jusque là, je n’ai pas trop vu où l’auteur voulait en venir. (Euh plus loin non plus d’ailleurs). Descendre en flèche la médiocrité de son passé. Jouer les durs pour taire la faiblesse ?

Malgré tout, retrouver Etienne, le meilleur ami, l’ex colocataire pendant 9 ans, celui qui a tant fait jaser. Vincent nie l’homosexualité, sans en avoir démenti la rumeur, cultive le plaisir du trouble, ambigu. Il dit non mais il en crève d’envie. Pas clair avec son désir. Dix ans après, Etienne est introuvable, les copains sont évasifs et la belle-sœur qui se débat avec sa stérilité se dévoue : viens Vincent, faut que je te parle. La descente en misère d’Etienne, l’ascension du riche pendant que le pauvre se meurt. Est-on responsable pour autant de ses amis quand on ne les voit plus ? Alors à défaut d’avoir baisé Etienne, Vincent baise sa belle-sœur. Là encore, c’est trouble, ambigu, ça se veut violent, c’est seulement pathétique.

p. 198 : « Papa est en haut qui fait du gâteau. Maman est en bas qui fait du chocolat. Le grand frère et sa belle-sœur sont à la cave et baisent dans les betteraves. » Il a fumé quoi Blondel pour écrire ça ?

Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans ce roman. Peut-être parce que Blondel a voulu jouer à ce qu’il n’est pas, un mauvais garçon ?

La presse nous annonçait un roman différent, plus dérangeant. On y retrouve ses fantômes : le trio amoureux sous une forme ou une autre, l’homosexualité latente, mais au lieu de les traiter avec finesse et sensibilité comme dans ses précédents romans, il a fait jouer les gros durs à ses personnages : on cherche midi à quatorze heures et on finit par baiser vulgairement pour étouffer ses démons, au lieu de les affronter. Non, this is not a love song.

 

Quelques mots de l’auteur : sur le site de Robert Laffont


Robert Laffont, août 2007, 211 pages, prix : 18 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Robert Laffont

 

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