Les jardins d'Hélène

Quelques jours avec un menteur - Etienne Davodeau

1 Avril 2007, 04:22am

Publié par Laure

5 copains trentenaires laissent femmes et enfants pour passer ensemble une semaine de vacances au grand air, loin du boulot, du stress et des soucis. Blagues, souvenirs d’enfance, jeu de dames pour savoir qui dort sur le canapé chaque soir (il n’y a que 4 lits pour 5), footing, ravitaillement courses, soirées bars, bref une semaine paisible rythmée par les appels des épouses, les convictions politiques des uns et des autres et les rêves d’accomplissement qui reviennent sur le tapis. Mais pendant cette semaine bucolique, de curieuses explosions de peinture blanche ont lieu un peu partout, et l’un des 5 compères a des « pressentiments » sur ces événements, qu’il est capable de localiser à l’avance…

Une BD en noir et blanc sympathique, moins engagée que ses mauvaises gens, qui se laisse lire, sans pour autant m’enthousiasmer tant que cela. De la franche camaraderie à offrir à un trentenaire homme qui rêve de partir en vacances avec ses potes ?

voir aussi la très belle critique de Lo qui m'avait donné envie.

 

Delcourt, août 1997, 175 pages, prix : 12,90 €

Ma note : 3/5

 

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Je m'attache très facilement - Hervé Le Tellier

31 Mars 2007, 13:33pm

Publié par Laure

Au croisement de la A32 et de la S70, dans la lande verdoyante écossaise, c’est la fin de l’histoire. La fin de l’amour au grand jour, si tant est qu’il ait jamais existé.

Un homme de 50 ans (« notre héros » dans le texte) quitte Paris pour 3 jours en Ecosse, où il rejoint sa jeune maîtresse (30 ans, « notre héroïne »), il sait pourtant que sa venue n’est pas désirée, mais il s’y rend quand même. Il passe son temps sur les routes, dans sa Nissan Almera de location, à discuter avec la demoiselle dont le vélo ne rentre pas dans le coffre ! Un tout petit récit (100 pages à peine) léger et original sur l’amour non partagé, qui se joue avec dérision de la déconfiture amoureuse. Un narrateur extérieur interpelle sans cesse le lecteur, chaque chapitre est résumé en 2 lignes au début des pages en question, bref, on a l’impression que l’auteur s’amuse beaucoup, ce qui donne au lecteur une lecture plaisante, rapide et enjouée.

Pourtant sur ce sujet j’aurais aimé plus de profondeur, plus de détails et d’analyses, je reste un peu sur ma faim.

Extrait p.64 : « Notre héros veut partir, désormais. Son désir pour elle est intact, sa tendresse aussi, il veut rentrer avant de se sentir boueux. Il ne veut pas lutter. Il n’a ni l’envie d’être tyrannique, ni l’énergie d’être colérique. S’il a appris une chose, une seule, c’est que les sentiments, la tendresse, le désir doivent aller ou se défaire d’eux-mêmes. Et aussi que l’amour – donnons-lui ce nom par convention – que l’amour, donc, n’est pas un caillou au bord de la route, immobile, venu de nulle part et né de rien. L’amour disparaît, revient, il change, il bouge, il tombe et se redresse alors qu’on le croit mort. 

Mais pour l’heure, il lui faut partir. 

Il veut l’aider, elle, à se débarrasser de lui. Et il veut faire vite. » 

 Lire ici l’avis très proche de Clarabel.

Merci à C. pour le prêt de ce livre !

Mille et une nuits, janvier 2007, 103 pages, prix : 10 €

Ma note : 3/5

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Je ne sais pas quoi lire ! Marie-Aude Murail

31 Mars 2007, 09:51am

Publié par Laure

Ne pas savoir quoi lire, voilà qui ne devrait jamais m’arriver ! Mais j’étais curieuse de ces conseils de lecture destinés aux collégiens, ou même aux plus jeunes, dès le CM je dirais. Et puis Marie-Aude Murail est quand même une sacrée pointure en littérature jeunesse !

Alors comme l’indique le sous-titre, elle propose 220 livres d’humour, d’amour et d’horreur pour vous aider à choisir. Le postulat est que vous êtes jeune, que vous aimez lire, mais que vous êtes un peu perdu face à l’offre gigantesque des bibliothèques ! M-A. Murail parle davantage des bibliothèques que des librairies tout simplement parce que les jeunes n’ont pas forcément les moyens (ni leurs parents l’envie) d’acheter beaucoup de livres.

Elle propose donc trois grands chapitres : l’humour, l’horreur, et l’amour, avec plein d’exemples qui donnent envie. Je me suis noté des titres pour moi avec gourmandise ! Les références sont classiques : Jody Blume, Susie Morgenstern, toujours de qualité et jamais niaises, l’auteur n’hésite pas à conseiller des titres que l’on pourrait croire pour les adultes (Woody Allen, Desproges, Coluche), mais donne aussi un niveau de lecture (très facile, facile, ou difficile). Elle cite très peu ses propres ouvrages, je crois que je n’en n’ai vu qu’un, pourtant, elle fait référence elle aussi ! Dans le chapitre amour, tous les sujets (y compris graves, anorexie, suicide) sont abordés.

Et j’aime beaucoup la fin, où elle donne toute sa liberté au lecteur, en particulier sur l’âge indiqué sur les livres : « Quant à l’âge supposé du lecteur (« à partir de 10 ans »), c’est une indication pour la dame qui veut offrir un livre à sa nièce de onze ans et qui ne connaît ni les livres ni sa nièce. Vous pouvez lire au-dessus et au-dessous de votre âge. Un livre n’est pas un vêtement. »

 

Mon seul bémol : le livre commence à dater un peu (1998), presque 10 ans, et donc forcément, les références aussi. Si elles sont toujours pertinentes, il en manque sans aucun doute de nouvelles qui seraient les bienvenues. J’ignore s’il existe une réédition mise à jour ?

 

C’est donc un livre qu’on peut offrir à un jeune dès 10 ans, ou qu’on peut s’offrir en tant que parent pour offrir ensuite des livres à ses enfants !

De la Martinière Jeunesse, coll. Oxygène, avril 1998, 105 pages, 11 €.

Ma note : 4/5

 

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La chambre - Philippe Bonilo

30 Mars 2007, 11:38am

Publié par Laure

Ce petit texte très court (66 pages à peine et beaucoup d’aération) ne se donne pas facilement. Il demande concentration et attention, malgré la simplicité du langage. Dialogue entre une jeune femme et un homme plus âgé (sans que l’on ait pour autant davantage de détails), ils échangent sur leur amour, avec parfois des considérations charnelles. D’ordinaire j’aime beaucoup ce que publie Arléa, c’est d’ailleurs pour cela que j’avais repéré ce petit bouquin dans leurs nouveautés, avec en plus une très jolie couverture : deux bonnes raisons de m’attirer. Hélas je suis restée complètement hermétique au propos de l’auteur, au discours entre les deux personnages (pas compris où ils voulaient en venir), désolée de le dire ainsi, mais cela m’a semblé un bavardage stérile.

 

Merci à C. pour le prêt de ce livre !

 

Arléa, mars 2007, 66 pages, 9 €

1,5/5

 

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Eloge de la cellulite et autres disgrâces - Dominique Dyens

29 Mars 2007, 16:00pm

Publié par Laure

J’ai beaucoup aimé  les précédents romans de Dominique Dyens, la femme éclaboussée  et Maud à jamais  (je n’ai pas lu une maison bleue), mais en empruntant celui-ci, je n’ai pas fait attention qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles et non d’un roman. Pourtant c’est écrit en sous-titre : nouvelles caustiques ! Et pour être caustiques, ça oui, elles le sont ! Pour mon plus grand régal d’ailleurs : j’ai adoré la plupart des textes ! (il y en a 7 en tout).

La première nouvelle, Eloge de la cellulite, nous plonge tout droit dans un futur pas si invraisemblable : celui de la chirurgie esthétique devenu le seul credo des femmes, on se croirait vraiment dans la série nip/tuck. Mais voilà, les hommes en ont marre, les petites rondeurs, le moelleux et l’authenticité, ça leur manque sacrément ! Dans la seconde, La ménagère de moins de cinquante ans, on est en avril 2007 (tiens, tiens), une femme, Henriette Laverge, est élue présidente de la République (tiens, tiens) et fait ouvrir des MCFR : maisons closes pour femmes respectables, où elles pourront consommer librement du mâle . Grand succès, mais qui ne plaît pas à tout le monde. Les deux nouvelles suivantes sont mes préférées. Dans Noces de verre, un couple est invité aux dix ans de mariage de leurs amis, Bettina et François. Tout est délicieusement égratigné, ce petit monde du chic et des fringues où l’apparence est reine, la copine envieuse et jalouse, mais la fête et surtout le cadeau du mari se transforment en véritable bombe à retardement : c’est jubilatoire ! Puis dans la soumission de Marie, une femme finit par accepter de coucher pour que son mari puisse obtenir un contrat, et ainsi de suite. Un régal de faux-semblants, de bourgeoisie chic qui vole en éclats, de couples qui s’ennuient (va voir chez les autres)… Bref, ce livre ne m’avait pas attirée pour une bête histoire de couverture que je trouvais moche et de titre pas terrible, et il m’a très agréablement surprise. Un vrai plaisir de lecture !

Toutefois, si vous croyez au couple à la vie à la mort je t’aimerai toujours, passez votre chemin.

Ed. Héloïse d’Ormesson, fév. 2006, 171 pages, prix : 16 €

Ma note : 4,5/5

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Ne le dis à personne, un film de Guillaume Canet (2006)

28 Mars 2007, 08:45am

Publié par Laure

Avec François Cluzet, André Dussolier, Marie-Josée Croze, Kristin Scott Thomas, Nathalie Baye, François Berléand, Jean Rochefort, Guillaume Canet, Olivier Marchal, etc !

D'après le roman d'Harlan Coben, bien sûr.

Synopsis :

Sa femme Margot a été sauvagement assassinée par un serial killer. Totalement détruit, Alex ressasse jour après jour le souvenir bouleversant de son amour perdu.
Huit ans ont passé. Alex reçoit un e-mail anonyme. Il clique : une image... le visage d'une femme au milieu d'une foule, filmé en temps réel. Celui de Margot...

Ce film jouant les prolongations en salle, je suis finalement allée le voir, alors que le roman de Coben m'avait moyennement inspirée. Je trouvais justement l'écriture des courses poursuites en voiture trop cinématographique et je n'étais qu'à moitié convaincue par l'auteur, au point de rien lire d'autre de lui, même si depuis il explose les stats de ventes en librairies et de prêts en bibliothèques.

J'avoue que l'adaptation française de Guillaume Canet (avec quelques modifications par rapport au roman) est une vraie réussite, avec notamment une pléïade de très bons acteurs que je ne me lasse jamais de voir (Cluzet, Dussolier, Scott Thomas, Baye, etc.) On ne s'ennuie pas une minute, en même temps pour un thriller, c'est plutôt normal ! En clair, j'ai largement préféré le film au livre ! A voir sans hésiter.

L'avis de Lilly

Ma note : 4,5/5

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Mon salon 2007

26 Mars 2007, 21:16pm

Publié par Laure

Chaque année vous m'entendez râler : le lundi en journée professionnelle, il y a très peu d'auteurs présents au Salon du Livre, faut les comprendre, ils ont signé tout le week-end dans cette foire surchauffée, ils se reposent, et puis ils sont là quand les gens sont susceptibles d'acheter un max. Le lundi, on croise des libraires, des bibliothécaires, des éditeurs, bref des gens qui ne sont pas là pour acheter (impossible, avec nos bons de commande administratifs et tout ça) mais pour débattre, écouter des conférences et découvrir des collections. Chaque année pourtant vous me voyez reprendre mon TGV et arpenter des dizaines d'allées, avec mon sac en bandoulière qui s'alourdit de catalogues et de quelques achats, les yeux écarquillés et les pieds en compote.

J'avais repéré dans la liste des signatures une courageuse du lundi : Gaëlle Nohant. Bien sûr que si vous la connaissez, vous fréquentez son café ! Je me dépêche de trouver le stand Robert Laffont dès mon arrivée, mais il n'y a plus personne, les tables de dédicaces sont vides. Juste Martin Winckler qui cause avec une dame. Mais Martin Winckler je le vois dans tous les salons, pas Gaëlle. Et puis je vois une télé qui interviewe une jeune et belle Jennifer, lauréate du prix du premier roman en résidence d'auteur, à côté d'elle une jeune et jolie blonde, toute menue, aux beaux cheveux longs : les photos affichées m'ont renseignée, c'est bien Gaëlle, co-lauréate du prix ! Elle a été adorable, car je lui ai demandé une signature rien que pour moi, alors que c'était vraiment pas le moment, et on a échangé quelques mots.

Un peu plus tard en début d'après-midi, j'ai rencontré Karine Reysset sur le stand de l'école des loisirs. J'ai acheté son dernier roman « ados » et elle a franchement éclaté de rire quand je lui ai dit qu'à cause de son livre, mon blog était très populaire, battant des records de fréquentation sur une requête toujours identique et reprenant deux mots de son titre. Doivent être déçus, Karine, les messieurs qui arrivent ici. Pourtant vous êtes charmante ! (Mais Google ne semble pas intégrer les négations dans ses réponses !)

J'ai acheté quelques livres pour les enfants aussi, car samedi je vivrai mes premières vacances scolaires version divorce : ils partent avec leur père chez leurs grands-parents paternels pendant que je travaille, et la deuxième semaine je les récupère. Je leur ferai donc la surprise d'un courrier-cadeau-lecture dans le courant de leur semaine tarnaise. Pour JB j'ai choisi un Nathalie Legendre (que j'ai rencontrée au CDI du collège il y a 2 ans pour Mosa Wosa) dans la collection autres mondes chez Mango, pour Anne-Claire une série sur les poneys (un peu léger côté texte mais elle part en colo poney), pour Mosquito une horreur de Dora (mais elle adore ça !!!) et en lot commun, le dernier Arrou-Vignod parce que JB avait adoré l'omelette au sucre : la suite des aventures de Jean A, Jean B etc. dans la soupe de poissons rouges. Enfin, un petit bouquin jeunesse à offrir et pour finir, un petit cadeau rien que pour moi : le dernier Brigitte Giraud tout juste sorti de chez l'imprimeur : L'amour est très surestimé. Celui là, je sens que je vais l'adorer !

PS : le petit poche de chez Rivages est une nouvelle hors commerce qui était offerte à tous les passants !

                                                         Giraud, Reysset, Nohant : rien que pour moi !

Et quid des célébrités ? Ben j'ai croisé des collègues du Mans, des formateurs vus à Angers ou ailleurs, et le temps d'un fragment de seconde, un homme qui me dévisage. Moi aussi, je le connais, mais je n'arrive pas à le situer sur le moment. C'était François Busnel, du magazine Lire et des livres de la 8. Normal que je le connaisse, lui en revanche, a dû me prendre pour une autre ;-))

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Fringales - Jacques Perry

26 Mars 2007, 21:09pm

Publié par Laure

Impossible de me rappeler où j’ai pu lire qu’il fallait lire ce livre ! Pourtant je l’avais noté sur mes listes, réservé à la BDP, et comme c’est le seul que j’avais dans le train ce matin, je l’ai lu. Mais je ne l’ai pas aimé du tout ! (Je l’ai fini parce qu’il est court : 130 pages). C’est une histoire curieuse, dérangeante, sans style particulier. Un vieil homme habite au bout d’un bois. Il n’a pas de nom. D’ailleurs il se fera appeler Dubois. Il ne fait rien. Une jeune femme (19 ans) lui apporte à manger régulièrement, elle travaille au supermarché de l’autre côté du bois. Elle lui donne de la nourriture, en échange il lui fait l’amour. Ils ne se parlent pas, ou pas beaucoup. Parfois elle ne vient pas, pendant 15 jours, 3 semaines ou plus. Alors il veut mourir. Et puis il a rien à manger. Mais l’agent de sécurité et le vieux père d’Anna, patron du magasin, le sauvent. Il ne se passe rien d’autre. A manger, de l’amour. Enfin sans amour, sans sentiments, sans cœur qui bat. Bizarre. Non vraiment, vous pouvez passer votre chemin. Malgré la première phrase qui voudrait en rappeler une autre : « Ce matin, je me suis levé de bonne heure » et le côté petit chaperon rouge …

L'avis d'Evene

Ed. du Rocher, août 2006, 130 pages, prix : 17,90€

Ma note : 1,5/5

 

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World Trade Center, un film d'Oliver Stone (2006)

26 Mars 2007, 20:01pm

Publié par Laure

Avec Nicolas Cage, Michael Pena, Maria Bello

Il est difficile de parler d'un tel film, qui relève autant du documentaire que du devoir de mémoire, bien davantage que de la fiction. Le réalisateur a pris le parti de focaliser son action sur deux policiers, John MCLoughlin et Wil Jimenon, partis en renfort dès les attentats du WTC connus, le matin du 11 septembre 2001. Il se font piéger dans les décombres lorsque les tours s'écroulent et l'on suit en parallèle l'angoisse des familles sans nouvelles de leurs conjoints portés disparus, et le soutien que tentent de s'apporter les deux hommes en parlant de leurs femmes, de leurs enfants, de leurs souvenirs et de leurs espoirs, alors qu'ils sont prisonniers du béton. Je ne sais pas si j'aurais été capable de voir ce film sur grand écran, en tout cas même en DVD, il est aussi atroce (la réalité!) et (hélas) spectaculaire. Seules 20 victimes sont sorties vivantes des décombres, ces deux policiers étaient les 18 et 19 èmes.

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Se résoudre aux adieux - Philippe Besson

25 Mars 2007, 11:56am

Publié par Laure

Après une lecture peu concluante d’un précédent roman de Besson, je me donnais une seconde chance avec celui-ci dont le sujet me semblait proche, très proche, de moi. Et bien je dois avoir du mal avec Besson… je ne l’ai fini que parce qu’il est court, et sans débordement passionné dans ma réaction de lectrice.

Clément a quitté Louise pour une autre femme, Claire. Louise tente de surmonter sa douleur et son chagrin en partant revisiter les lieux qu’ils ont visités, ou d’autres, comme une fuite en avant pour se libérer de cette souffrance qui la dévore de l’intérieur. De la Havane, de New-York ou d’Italie, elle écrit. Des lettres à Clément, sur leur amour passé. Elle n’en attend pas de réponse. C’est sa façon à elle d’essayer d’en guérir. Jusqu’à la dernière lettre justement, celle du retour à Paris et de l’apaisement. Louise a rencontré quelqu’un avec qui elle va démarrer une nouvelle vie. Finies la rancœur et la tristesse, elle peut tourner la page.

On peut reconnaître à l’auteur le talent de s’être mis dans la peau d’une femme pour écrire, et d’avoir réussi un très bel exercice de style. Mais voilà, il ne s’en est dégagé pour moi quasi aucune émotion, un exercice un peu lisse et contemplatif, qui m’a parfois donné envie d’abandonner ma lecture.

Et puis pourquoi les héroïnes romanesques qui sont larguées ont-elles toujours la possibilité de partir au bout du monde aussi longtemps qu’elles le souhaitent, sans contraintes matérielles particulières ? Louise n’a pas d’enfants, elle est libre de son temps professionnel (elle écrit des articles pour des journaux), elle n’a pas de souci d’argent (elle a hérité de son père). Comme un idéal éthéré pour faire son deuil hors du monde. Pourquoi moi j’ai un boulot chronophage et mal payé, l’incapacité réelle de prendre ne serait-ce que deux jours de congés pour souffler, et trois beaux enfants pour qui il faut que je sorte de mon lit pour faire à manger ? Contemplative et idéaliste, la littérature ? J

 

Extrait p.33-34 : « J’écris pour ne pas être tout à fait morte, parce que le mouvement de la main est au moins un mouvement, parce que cette occupation me soustrait à l’ennui, c’est tout. […] Je ne cherche personne non plus, tu me le reprocheras. Cela t’arrangerait que je flirte avec un autre, que je refasse ma vie, pourquoi pas ? Mais j’en suis incapable. Je ne peux laisser aucun homme s’approcher, ni envisager de blottir mon corps contre un corps étranger. »

 

p. 69 : « Tu me jurais que cela lui aurait fait trop de mal d’apprendre qu’elle avait été trompée, il convenait de ne pas ajouter à la séparation l’humiliation de l’adultère. »  [J’en connais qui ne se donnent pas tant de mal…]

Julliard, janvier 2007, 188 pages, 18 €

Ma note : 3/5

 

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