Le chat dans la gorge - Colette Pellissier
Conseillé et prêté par Cuné, applaudi par Clarabel, ce
premier roman est une petite perle, ciselée et sobre comme je les aime. (Ah elle me connaît bien dame Cuné quand elle a dit que ça me plairait !)
N’en déplaise au titre, ce n’est pas un livre sur les chats – même s’il en est question dans l’histoire – mais plutôt un livre sur ces petits riens de la vie que vous avez du mal à ravaler.
Ça commence sur un anniversaire d’épouse à ne pas oublier, gentiment rappelé au père par un des trois enfants du couple, ça s’achève sur… non je ne vous le dis pas, mais entre, c’est rempli d’émotions à demi-mot, des tromperies de la vie et de ses tracas – presque – ordinaires. Tous les personnages ont leur secret ou leur difficulté intérieure, que ce soit l’usure du couple, les petites chamailleries des enfants, le double amour passé de la grand-mère ou le souci de la famille pour Mich, ce tonton pas tout à fait comme les autres.
Beaucoup de tendresse et de sensibilité, un bien joli roman, bien trop court et en même temps juste comme il faut (oui je ne suis pas à un paradoxe près), 26 petits chapitres qui sont à eux seuls presque des nouvelles, une bien jolie plume, non vraiment, c’est à découvrir !
Et si votre libraire ne l’a pas, insistez pour qu’il vous le commande, ou allez faire un tour directement chez Delphine Montalant : elle vous l’enverra très vite !
Ed. Delphine Montalant, août 2007, 80 pages, prix : 12 €
Ma note : 4,5/5
Crédit photo couverture : éd. D. Montalant et © Antoine Durand
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Voilà bien le genre de livres qui ne sert
strictement à rien mais qui plaît diablement à tous ! Ce ne sont pas des photos d'art, juste des minets sous un angle décalé, la patte "Hanadeka".



éd. Hors collection, avril 2004, prix : 10 €
C’est l’histoire presque banale d’un adolescent ordinaire qui fait une fugue ordinaire. Yoan en a assez des remarques désobligeantes des
profs : « insuffisant », « peut mieux faire » et des exigences démesurées de ses parents. On ne pourrait pas le laisser vivre un peu ?!
Régina est une mère célibataire très occupée par son job, et ne sait plus comment faire quand il s’agit d’être maman. Elle ne témoigne pas d’affection à sa
petite Louise de 6 ans. A l’école, l’institutrice s’alerte de voir Lise toujours silencieuse et triste. Elle propose un rendez-vous avec la psychologue. Quand Régina croit avoir une fille
surdouée (car Lise est très bonne élève et on lui propose de passer directement en CE1 aux vacances de Toussaint) elle est fière mais refuse toujours de voir une quelconque souffrance chez sa
fille et prie l’équipe éducative de se mêler de ce qui la regarde. Jusqu’au jour où Lise perd connaissance en cours de danse, un malaise bien plus grave qu’en apparence.
Il est rarissime que je relise un livre, et là, je ne l’ai pas fait exprès. Mais quand je me suis souvenue du texte,
j’ai continué, avec grand plaisir !
Le titre est tentant et l’auteur est lauréate de la résidence d’auteur de l’abbaye royale de Fontevraud 2004 (souvenez-vous,
le cru 2006 c’est
Un polar qui se passe dans l’univers fermé et inquiétant d’un hôpital psychiatrique, voilà qui m’intéressait. Un auteur docteur en psychologie
et psychanalyste, voilà qui apportait un peu de garantie au sujet. La volonté claire de ce texte ? Dénoncer la barbarie et les tortures infligées dans les asiles du XIXème siècle à nos
jours, avec un petit détour par l’Inquisition du XVème et sa chasse aux sorcières, sous couvert de soins apportés aux malades, les soignants étant sûrs alors des vertus thérapeutiques des
douleurs et humiliations infligées.
Telles sont les premières lignes de ce roman de Laurence Tardieu. Léa attend dans une petite pièce étroite, en compagnie d’un gardien, que le verdict des jurés
soit rendu. Elle est tétanisée, les larmes de coulent pas. Peu à peu, elle va raconter par saccades son passé, son enfance perdue et l’homme de passage qui est le père de Théo. Le gardien
l’écoute et l’encourage, à ½ heure du verdict, même si ça ne changera plus rien, au moins on comprend, on l’écoute, elle se libère. Tendu, dramatique, on pense un peu à l’écriture de Véronique
Olmi en lisant Laurence Tardieu. Tous les commentaires que j’ai pu lire sur le net partent du postulat que Léa est coupable. Pour ma part, ai-je mal lu ou mal compris le roman ?, je lui accorde
le bénéfice du doute (infanticide ou accident ?) Tout le roman tend vers l’explication du drame, la raison du décès de l’enfant. Comme
Armand est un vieil homme que l’âge ralentit, veuf et délaissé par ses deux enfants, mariés et vivant loin de lui. Professeur de philo à la
retraite, il est un peu déprimé et s’est toujours montré fier et droit devant les autres, un peu trop peut-être. Aussi est-il profondément ému quand Pauline, une jeune femme sans famille
(orpheline depuis un accident dans l’enfance) l’aide dans le bus en lui ramassant sa canne et en lui adressant quelques mots et un sourire. Entre ces deux êtres brisés par la solitude et
l’incompréhension ou l’ignorance du monde autour d’eux va naître une belle relation d’amitié, Pauline le choisissant comme grand-père d’adoption.