Les jardins d'Hélène

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Moka - Tatiana de Rosnay

4 Juin 2006, 17:43pm

Publié par Laure

Malcolm, 13 ans, se fait renverser sur un passage piéton par une vieille Mercedes couleur Moka qui prend la fuite. Il est dans le coma. Ses parents Andrew et Justine, couple mixte qui nous offrent un délicat tableau franglais, vont réagir différemment. Justine a besoin de savoir et de comprendre, vite, car l’enquête menée par la police n’avance guère…

Jusqu’au deux tiers du livre, je me sentais un peu gênée, car oui c’était bien écrit, bien amené et bien conduit, mais non je n’étais pas aussi enthousiaste que mes amies blogueuses Clara, Cuné et Amandine. Je ne réussissais pas à trouver cela réaliste, je restais extérieure, pas d’empathie pour les personnages, ou alors pour Andrew. Peut-être ne suis-je pas capable de prendre le recul nécessaire avec le roman, j’ai plutôt envie de crier « vous pouvez imaginer tout ce que vous voulez, vous ne savez pas de quoi vous parlez ». Peut-être que sur ce sujet de la perte de l’enfant, ou de l’accident grave, je ne tolère que les récits vécus.

Moka me paraissait convenu, sans surprise, même la fin, je l’avais vite comprise (bon sauf l’identité réelle de Lisa, mais le ressort de l’intrigue, oui) or j’aime qu’un roman me surprenne et me bouscule. Mais cette dernière partie justement ranime un rythme quelque peu ronronnant (dans ce genre de situation, le couple va-t-il tenir ou éclater, ça aussi c’est … si entendu ici et là) et au final, force m’est de reconnaître qu’il y a beaucoup de choses justes dans ce livre, (ah si je pouvais avoir une belle-mère comme celaJ) C’est juste que je n’ai pas réussi à être émue par le personnage de Justine.

Moka est le deuxième roman que je lis de l’auteur, après Spirales. Je garde un faible pour Spirales, que j’avais trouvé plus haletant, même si Moka est bon aussi. Mais il m’en reste d’autres à découvrir, et ça c’est chouette !

Plon, déc. 2005, 249 p., ISBN 2-259-20213-6, prix : 18 €

Ma note : 3,5/5

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Trop de bruit dans le vide-ordures - Françoise Guillaumond

1 Juin 2006, 09:45am

Publié par Laure

J’ai toujours eu un faible pour les couvertures de la collection la Brune aux éditions du Rouergue, dans leur version colorée d’avant 2004 (pas sûre de la date), même si leurs nouvelles couvertures blanches à peine illustrées font sans doute plus modernes et correspondent bien à l’idée épurée des textes. J’aime leur format, leur papier et leur police de caractères. J’y ai trouvé des petites pépites de lecture, des romans sobres et d’une intensité dramatique troublante. Je cite en vrac ceux que j’ai beaucoup aimés : L’office des vivants, de Claudie Gallay, Tu t’appelles Amandine Khedda de Christophe Léon, L’eau du bain et les amants américains de Pascal Morin, la baie de Franck Bijou, ceux qui m’ont un peu déçue : Seule Venise, de Claudie Gallay, Petites morts d’Isabelle Rossignol, ceux qui sont encore dans mes envies d’achats : les titres de Julien Bouissoux et de Karine Reysset, et d’ailleurs, j’aimerais bien avoir la collection entière ! (Chers éditeurs du Rouergue, si vous passez par là, j’accepte les cadeaux ;-))

Le dernier en date dans mes lectures, c’était donc ce titre énigmatique de Françoise Guillaumond, trop de bruit dans le vide-ordures. Dès le début j’y ai retrouvé la touche « maison » d’un style concis et elliptique, qui traduit un drame en devenir. Anna ne peut pas vivre sans son grand frère, cette partie d’elle-même qui lui apporte l’amour et l’affection qu’elle ne trouve pas auprès de son père colérique et de sa mère mal aimante et plus ou moins alcoolique. Le bruit dans le vide-ordures, c’est celui que font les canettes de bière de la mère quand elle les jette. D’ailleurs elle ne les jette pas dans le vide-ordures, justement parce qu’il y en a trop et que ça ferait trop de bruit. Un foyer où domine la violence morale. L’écriture sobre annonce un drame qu’on ignore puis ce sera la disparition du grand frère, banal accident. Anna perd pied et s’isole, anorexie, quasi autisme, même si les mots ne sont pas écrits, ils sont ressentis. J’ai beaucoup aimé cette atmosphère et cette écriture, jusqu’à ce que je sois particulièrement déçue par la fin : porteuse d’espoir elle arrive pourtant bien trop vite, comme si l’auteur elle-même était pressée d’en finir et de se débarrasser d’une corvée. Pour moi cette fin casse le roman, mais accordons à l’auteur l’excuse du premier roman (pour adultes, elle écrit sinon pour la jeunesse).

 

Le Rouergue, coll. La Brune, 2001, 149 p., ISBN 2-84156-275-1, prix : 10,52€

Ma note : 3/5

 

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Le ciel t'aidera - Sylvie Testud

30 Mai 2006, 13:55pm

Publié par Laure

Une lectrice m’a rendu ce roman en me disant : « si tout ce qu’elle écrit là-dedans est vrai, elle est sacrément déjantée la fille ! » J’ai entamé ce roman hier soir à 21h, avec une envie de lecture légère et qui me ferait oublier ma fatigue (ben oui, pas fait le pont moi hein ;-)) et bien m’en a pris car je l’ai achevé à 23h et des poussières le sourire aux lèvres. 

2 possibilités : (1) une actrice connue écrit histoire d’ajouter une flèche à son arc  (et quelques euros dans son Vuitton) parce que ça fait mode, et la vie larmoyante de la déesse des caméras, bof, j’ai bien cru que j’allais m’ennuyer quand j’ai vu que ça démarrait avec Sylvie chez le psy à 12 ans. Mais ça prend vite une autre allure et imaginez que vous ne connaissiez pas du tout Mlle Testud, jamais vue jamais entendu parlé et vous avez là (2) un roman bien fichu et drôle ! 

Melle Testud a des talents et d’actrice et d’auteur !  

 

Alors voilà la vie de Sylvie quand elle ne tourne pas. C’est une angoissée perpétuelle, elle n’ose pas sortir seule, a peur des toitophiles (ceux qui pénètrent chez vous par les vélux sur les toits pour vous v(i)oler), elle flippe tout le temps et pour un rien. Elle a un gentil cabot qui s’appelle Tiago, mais voilà, il est bien trop gentil pour mordre qui que ce soit, et donc la défendre ! Alors elle a ses propres remèdes, comme de cacher des couteaux sous les matelas, de massacrer les ficus au sabre japonais, ou de se réfugier sur le toit parce que ça sent les tartines dans la cuisine !!! Son amoureux fait face et lui ressasse sans fin : « il n’y a aucun danger dans cette maison, à part toi ! » même si parfois on sent bien qu’il en a un peu marre ! 

Puis Sylvie part en tournage, à Aix-les-Bains. C’est bien connu, c’est le bout du monde, à 1h de Lyon, pensez donc, elle emmène une valise 3 fois plus grosse qu’elle, pour être certaine de ne rien oublier d’essentiel. Sur le tournage elle a mal au ventre mais la copine Josi la bichonne et l’accompagne à l’hôpital. Et voilà comment naît une autre peur : faute de radiologue présent, on lui fait une échographie, et là, figurez-vous qu’on trouve un truc dans son ventre. Un cancer en phase terminale ? Non, non, je vous laisse le découvrir, un truc qui finit bien, mais qui la fait encore plus flipper. ;-)) 

Ah la la on a vraiment envie de la plaindre la pauvre Sylvie, mais elle a su à travers les mots mettre beaucoup d’ironie et d’humour dans son « handicap ». A lire, vraiment. Et pourtant, j’étais sceptique…

Fayard, mai 2005, 218 p., ISBN 2-213-62304-X, prix : 15 €

Ma note : 4/5

 

 

 

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La femme de Gilles - Madeleine Bourdouxhe

29 Mai 2006, 14:08pm

Publié par Laure

Je trouve toujours un peu dommage de lire un livre APRÈS avoir vu son adaptation cinématographique, mais je voulais goûter à l’écriture de Madeleine Bourdouxhe. Bien sûr j’ai eu tout au long des pages l’image d’Emmanuelle Devos en tête et pu constater que ce film que j’avais beaucoup aimé était en tout point fidèle au livre, et dans son récit, et dans son « atmosphère ». A noter que ce roman est paru pour la première fois en 1937.

Elisa est donc mariée à Gilles, mère de deux petites filles et enceinte d’un troisième enfant lorsque commence l’histoire. Elisa n’existe pas pour elle-même, elle est la mère, la femme de, en l’occurrence la femme de Gilles. Leur bonheur simple se suffit à lui-même jusqu’à ce que Gilles vive une passion amoureuse dévorante avec la propre sœur d’Elisa, Victorine. Elisa comprend (ou essaie), pardonne, écoute et soutient. C’est un peu le monde à l’envers mais elle aime son mari plus que tout. Mais la jeune Victorine se joue des hommes et finira par choisir le mariage, ce qui anéantit Gilles. Après la jalousie et la violence : le désespoir. Peu à peu Gilles se détache de cet amour perdu et Elisa pense le regagner, avant de réaliser qu’elle ne l’aime plus. On ne meurt pas d’amour, mais du manque d’amour. Un très beau livre, empreint de douce patience, de force et de courage dans l’abnégation de cette femme aimante.

Actes Sud / Babel, réed. 1990, 137 pages, ISBN 2-86869-505-1

Ma note : 4/5

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Août - Sophie Lasserre

27 Mai 2006, 09:28am

Publié par Laure

Tout d’abord, merci à Tatiana de m’avoir fait découvrir ce livre, et à Clarabel d’avoir confirmé qu’il me plairait. (Elle me connaît donc si bien ?!). En effet, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre, court, trop court (88 pages) mais dense et prenant, bien qu’il soit écrit dans un style minimaliste (mais pas simpliste) et épuré. Ce livre, c’est un sentiment rapide d’étouffement. Celui de la chaleur écrasante du mois d’août dans cette maison de pierre à la campagne, celui de l’ennui de Charlotte, cette mère de famille qui n’arrive plus à rien : elle n’arrive plus à écrire, ni à dormir, ni à aimer ses enfants, les deux jeunes garçons qui profitent eux, des joies du plein air, ni celui qu’elle porte et qu’elle ne souhaite pas garder, ni son mari Jacques et surtout ce qu’il représente : l’incursion du dehors, de l’extérieur dans sa vie. Bref une descente lente mais sûre dans la dépression. Un aimant pourtant attire Charlotte, celui de la douleur - gardée secrète - ou de la résignation lorsque qu’elle est témoin de l’adultère entre son mari et Jeanne, la femme d’un couple d’amis venus passer quelques jours chez eux. Jacques et Jeanne sont amants depuis toujours, et Charlotte s’y brûle. Elle les observe. Se tait. En jouit. C’est un bien curieux roman dont on ne peut se détacher avant la fin, de ceux dont on veut changer le cours sans bien sûr le pouvoir, de ceux qui vous marquent pour longtemps, parce qu’ils sont dérangeants.

 

Et hasard (ou non ?) des télescopages, voilà que juste après je commence la femme de Gilles de Madeleine Bourdouxhe…

L’Arpenteur, mars 2006, 88 pages, ISBN 2-07-077663-8, prix : 9 €

 

Ma note : 4,5/5

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En retard pour la guerre - Valérie Zenatti

26 Mai 2006, 16:15pm

Publié par Laure

 Constance Kahn a 25 ans. Elle est française, elle étudie les textes de Flavius Josèphe à Jérusalem, tout en travaillant pour payer son loyer, elle vit en couple avec un peintre, Nathanaël. Elle accompagne la grossesse de son amie Tamar, est intriguée par sa curieuse voisine, mais surtout, elle n’est pas prête. Elle est en retard pour la guerre. Elle n’a pas encore acheté les rouleaux d’adhésifs et de plastique ainsi que les serpillières pour calfeutrer une pièce en cas d’attaque au gaz. Car l’ultimatum approche. Le 17 janvier 1991, la guerre du Golfe éclate. L’Irak tire sur Israël. Constance se calfeutre à chaque hurlement de sirène, elle a peur, comme tout le monde. Pourtant elle n’a pas voulu rentrer en France, au grand désarroi de ses parents.

 Si le sujet reste vraiment intéressant, je n’ai pas ressenti le même emportement qu’à la lecture de Quand j’étais soldate. Ce roman me semble plus éclaté, avec un début qui semble hors propos (abus sexuels dans l’enfance) et dont la présence trouvera finalement une explication dans la fin, mais ces passages auraient tout aussi bien pu ne pas exister. Le personnage de Constance semble un peu perdu, ne pas savoir où elle veut aller, ni ce qu’elle veut vraiment. Des émotions en demi-teinte. Un bon roman néanmoins, mais pas aussi fort que ses écrits publiés à l’Ecole des loisirs.

Le 17 janvier 1991, 1er jour de la guerre du Golfe. Ce roman en est un témoin. Une date qui a pour moi une résonance particulière. Ce jour-là à 4h du matin, j’apprenais par téléphone le décès de ma grand-mère. Bien sûr je n’ai pas pu me rendormir. Avec l’homme nous avons fini par allumer la télé qui diffusait alors les premiers tirs de missile irakiens. A 9h j’allais à la Fac plancher sur une version latine. J’errais moi aussi sans plus trop savoir dans quel tragédie j’évoluais.

Ed. de l’Olivier, janv. 2006, 188 p., ISBN 2-87929-512-2, prix : 17,50 € 

Ma note : 3,5 / 5 

Merci à C. pour le prêt de ce livre !

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La femme quittée - Raphaële Vidaling

14 Mai 2006, 16:59pm

Publié par Laure

Son mari la quitte, elle reste seule avec leur petit garçon de 2 ans. Sous forme de journal, 144 courts chapitres ou plutôt paragraphes d’une 10aine de lignes, on suit l’évolution post séparation de la narratrice. D’abord complètement déprimée et larmoyante, elle va petit à petit reprendre le dessus et chercher de nouvelles rencontres via Internet et les petites annonces, jusqu’à se sentir enfin « quitte », et non plus quittée. Au début je me demandais pourquoi j’avais tant cherché à lire ce petit livre que je trouvais bien décevant, tournant sans charme aucun autour d’un nombril féminin de pauv’fille qui se lamente. Et puis le roman prend une belle tournure, avec des petites phrases facétieuses, une pointe d’humour ou de calembours sympathiques, offrant un ensemble plus distancié du personnage, ou du moins une évolution positive de l’histoire qui nous sauve d’un hypothétique ennui.

Cet extrait : « 130. L’amour versant amer »

            « L’homme aux yeux verts – comment l’appeler, voyons : X, Y, Z ? – X ne fait que passer, chez moi, il dit. Et puis finalement il reste une partie de la  nuit. Il a la peau élastique, l’odeur alchimique, l’émotion contagieuse. Il m’use les lèvres comme à dix-sept ans. Pas d’engagement, il cherche une fille pas chiante : scout toujours, me voilà ! Dégringolade. Je glisse du tout-est-possible à un rôle que je connais bien, la jamais-déçue-pas-exigeante. Avec toi tout est simple, il dit. Je sais faire, oui, je sais faire les choses pour qu’on me dise cela. En glissant je renonce à plus, je fais de lui mon simple bonus. C’est un amant hors pair, lisse, sensible et délicieux. Je prends tout ce qu’il a de bon à donner, je donne ce qu’il attend, je n’attends rien. Je perds l’accès, et lui plus encore, à quelque chose en moi qui n’a pas eu le temps de s’épanouir, je le sais. Mais il est très bon aussi de faire l’amour au brouillon. » (p.136)

Cet extrait m’a marquée, parce que des filles comme ça, j’en connais.

Grasset, avril 2003, 157 pages, ISBN 2-246-65031-3, prix : 9.90 € 

Ma note : 3/5 

Merci à C. pour le prêt de ce livre !  

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L'adieu au Nord - Pascale Kramer

11 Mai 2006, 14:18pm

Publié par Laure

Il m'a fallu du temps pour savoir si j'aimais ou non ce livre. Dès le début est né un sentiment de malaise à la lecture de ce roman que je trouvais oppressant et malsain. Mais j'avais envie néanmoins de poursuivre ma lecture. C'est alors que j'ai perçu le talent de l'auteur à créer, plus qu'une histoire, d'abord une atmosphère, un climat étouffant de violence et de sentiments malmenés par le désarroi.

Dans le Nord de la France, Alain, la petite quarantaine, travaille à la cressonnière de son frère Jean, avec d'autres employés, hommes célibataires tout aussi bourrus que lui, Sven, et Serge. Au village la fille de l'épicier s'ennuie, la jeune Patricia, pas tout à fait majeure, va occuper son ennui à séduire le taciturne Alain. Elle ne se sépare jamais de sa copine Luce, fillette de 11 ans, tout aussi désoeuvrée qu'elle. Dans la chaleur écrasante de l'été naît la violence du désir. Le désir d'Alain pour Patricia. Le début de leur liaison. L'affolement d'Alain lorsque Patricia lui annonce son départ pour l'Irlande. Il la suit.

D'errances en drames, le viol de Luce, la grossesse de Patricia, c'est l'histoire annoncée d'un échec, dans ce monde miséreux de jeunes gens incapables de dire leurs sentiments. La violence latente et l'incapacité des personnages à faire des choix cohérents ou "adultes" concourent à cette impression d'étouffement.

Il m'a fallu du temps donc, pour comprendre cela. Et penser alors que ce roman était excellent. Même s'il en reste un certain pessimisme, toujours empreint de malaise. Pour le talent de l'auteur j'ajouterai aussi que tous les personnages secondaires sont bien définis, presque tous aussi paumés qu'Alain et Patricia, apportant davantage encore, si besoin était, de cohésion à l'ensemble.

Le choix de l'éditeur d'avoir mis une scène clairement érotique en 4ème de couv. me gêne un peu : non pas pour la description crue, (les scènes d'amour le sont toutes dans ce livre) mais pour le malentendu : il ne s'agit pas d'un roman érotique, encore moins d'un genre douteux. La violence du désir décrit ne traduit qu'une très grande pauvreté intérieure. Attention donc à ce qu'il n'y ait pas tromperie sur la marchandise.

On pourra lire l'interview intéressante de l'auteur sur ce site.

Mercure de France, juin 2005, 227 pages, ISBN 2-7152-2581-4, prix : 17 €

Ma note : 3,5/5

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Les vagues sont douces comme des tigres - Christine Féret-Fleury

5 Mai 2006, 17:17pm

Publié par Laure

Premier roman de l’auteur paru en 1999, que j’avais découverte à la lecture de l’évier, roman que j’avais beaucoup aimé et rangé dans mes meilleurs livres de 2005.

 

Dans les vagues …, Marcelle a 12 ans, une petite sœur de deux ans, Julie ; c’est l’automne 1917, la guerre gronde au loin sur le front, seules les femmes et les enfants maintiennent la vie au village, là, en Normandie. Marcelle est une enfant solitaire, renfermée, sauvage. Sa mère la rudoie bien trop. Pour échapper à cette vie sombre et douloureuse, elle va se prendre de passion pour son institutrice, qui lui manifestera attention et douceur, sensations qu’elle ne connaît pas auprès de sa mère. 1er amour de jeune adolescente qui se terminera tragiquement, lorsque l’institutrice se mariera, à l’automne 1918.

 

Il y a à mon goût trop de descriptions des éléments dans ce court roman : atmosphère, climat, nature, froid, pluie, qui s’ils créent une ambiance, empiètent trop sur l’intrigue elle-même. (Mais ce n’est que mon humble impression). Malgré une lueur d’espoir vers le milieu, c’est un roman bien sombre et douloureux, pas aussi cruel que l’évier, pas aussi incisif. L’écriture de l’auteur a gagné en précision, efficacité et violence avec les années.

Arléa, fév.1999, 117 pages, ISBN 2-86959-441-0

Ma note : 3/5

 

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Le marié était trop beau - Valérie McGarry et Patrick de Bourgues

4 Mai 2006, 06:39am

Publié par Laure

Le marié était trop beau est un court roman écrit à quatre mains, que j’ai choisi après la lecture d’un article dans le magazine Elle récemment. C’est l’histoire d’une amitié amoureuse contrariée. Charles, homo, est amoureux d’Aurélien. Mais Aurélien ne goûte pas de ce pain là, alors va pour une amitié fraternelle. Jusqu’au jour où Aurélien rencontre Anne-Charlotte et se marie.

Les chapitres alternent entre le récit de Charles à son nouvel amant Fabrice, et les impressions d’Anne-Charlotte. Autant le dire tout de suite, le seul intérêt de ce roman est dans sa chute. Surprenante, et dérangeante. Mais il y a peu de pages pour y arriver : 118 en tout, et encore, pas pleines. Je crois que je m’attendais à mieux dans mon envie de lire ce petit livre, d’où une légère frustration due surtout au style qui m’a énervée : langage familier (pas de problèmes)  mêlé de tournures alambiquées où il faut parfois relire plusieurs fois une phrase pour trouver d’où peut bien provenir tel complément. Cela m’est arrivé plusieurs fois dans ma lecture, si bien qu’il a manqué pour moi la fluidité de l’écriture, et sur un texte court, il me semble que cette erreur est fâcheuse. (Mais peut-être étais-je trop fatiguée hier soir pour des phrases complexes ?) Une bonne moyenne quand même, mais pas un chef d’œuvre. 

 

JC Lattès, mars 2006, 118 pages, ISBN 2-7096-2774-4, prix : 10 €

Ma note : 3/5

 

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