Les jardins d'Hélène

Mon bel amour - Frédéric Poincelet

2 Août 2006, 08:31am

Publié par Laure

Une BD un peu déroutante car ça ne ressemble pas à la BD : pas de cases, des toutes petites bulles blanches avec une écriture patte de mouche, et des grandes pages au papier lourd et épais, au fond kaki clair et des dessins au trait très fin. Voilà pour la forme.

Pour l’histoire, des couples. Qui nous sont présentés simplement par le dessin avant même la page de titre. Avant que le scénario commence. Après, ce sont des tranches de vie, ou plutôt, des tranches d’émotions. Des amours déçues, des ruptures, du plaisir sexuel qu’on devine,  des larmes qui perlent délicatement au coin des yeux d’un homme, une femme qui accepte d’abord de regarder un porno avec son compagnon, puis qui s’en va. Un homme qui ne reconnaît plus la femme qu’il a aimée. Une autre qui se trouve trop grosse et qui se compare à toutes celles croisées dans la rue : mais pour son homme elle ne ressemble à aucune autre, et elle est parfaite comme cela !

 

C’est un livre d’émotions retenues qui pourtant réussit à faire passer avec délicatesse tous les moments et sentiments d’une vie de couple. On doute toujours de soi, de l’autre, de son attachement. Les têtes de chapitres sont extraites des journaux d’André Gide. C’est un bel album intimiste au trait fin, déroutant, surprenant en tout cas. Mais est-ce encore de la BD ?

 

Certains diront avec raison que l’album est cher (28 €), mais c’est l’occasion de faire un beau cadeau aux passionnés, à ceux qui aiment la ligne d’ego comme X (petite maison d’Angoulême), ou d’aller visiter votre bibliothèque !

 

A lire aussi : La critique d’Evene.

 

Ego comme X, 2006, 170 p. ISBN 2-910946-55-X, prix : 28 €

Ma note : 4/5

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L'immeuble d'en face (tome 1) - Vanyda

1 Août 2006, 09:26am

Publié par Laure

L’immeuble d’en face est un manga à la française. L’auteur nous donne à voir le quotidien et les relations des habitants d’un immeuble : au premier étage, une jeune mère célibataire, enceinte, déjà entouré d’un petit Rémi de 6 ans, dont on comprendra la solitude affective à la toute fin de l’album. Au second, un couple d’âge moyen, sans enfants, mais au dogue allemand qui en a pris la place. Et au troisième, un jeune couple amoureux. Vanyda est jeune (23 ou 24 ans ?) mais elle a su décrypter avec finesse les caractères de ses personnages : l’usure du couple désabusé, la modernité des situations affectives, et le reflet parfait de la jeunesse d’aujourd’hui. C’est ce qui m’agace dans ce livre : ce côté adulescent dont je me sens loin. Ils ont l’âge d’être adulte mais ils se comportent comme des adolescents attardés. Les copains qui squattent pour jouer à la console, certes Claire, 22 ans, est encore étudiante (et va à la Fac quand ça lui chante), ce  côté nonchalant, c’est un excellent reflet de notre société actuelle, c’est vrai, mais ainsi j’ai le sentiment que cette BD s’adresse davantage à ce genre de lecteurs : cette nouvelle vague adulescente qui fait la une des magazines de psycho branchés.

La boîte à bulles, 2004, 166 p. ISBN 2-84953-002-6, prix : 13,50 €

Ma note : 3,5/5

 

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Une bouteille dans la mer de Gaza - Valérie Zenatti

1 Août 2006, 09:23am

Publié par Laure

Ce roman de Valérie Zenatti est un roman pour la jeunesse publié dans une collection dite « pour ados » (medium de l’Ecole des Loisirs), parce que les thèmes sont proches des préoccupations des ados. Mais il a un gros quelque chose en plus : c’est un roman intelligent !

Tal Levine a 17 ans et vit à Jérusalem. Elle ne s’habituera jamais aux attentats qui secouent son pays. Et si elle jetait une bouteille à la mer, un message d’espoir pour correspondre avec une jeune palestinienne « ennemie », parce que la politique internationale n’a pas à gérer sa vie et ses sentiments de jeune adulte, parce qu’elle est avant tout un être humain comme les autres ? Elle trouvera une réponse à son message, en la personne d’un jeune palestinien. Le roman est essentiellement composé des échanges d’e-mails entre « Gazaman » et « Bakbouk », d’abord agressifs, puis plus ouverts à la sensibilité quand le jeune homme laissera tomber peu à peu sa résistance. La psychologie des personnages est très bien vue, tant du point de vue de l’adolescence, que de leur quotidien. La fin est courageuse, car elle tranche, avec une note d’espoir sans être complètement guimauve.

Mais le réel « plus » de ce roman, c’est ce qu’il nous apprend. Ce quotidien du conflit israélo-palestinien, qui ne nous parvient qu’à travers le prisme de l’actualité, et qui nous est donné ici à travers la réalité de deux jeunes qui le vivent.

Des romans comme ça, j’en redemande !

Ecole des Loisirs, coll. Medium, oct.2005, 166 p. ISBN 2-211-07275-5, prix : 9,50€

Ma note : 4,5/5

 

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Mosquito : le retour !

31 Juillet 2006, 15:08pm

Publié par Laure

Mosquito est rentrée de colo samedi soir, rayonnante et bavarde, comme toujours.

Dimanche, nous sommes allés faire un tour à l'arche de la nature. Elle tout particulièrement aimé :

le baudet du Poitou !!

et un à qui elle ressemble un peu parfois, surtout quand elle mange ... :

Et depuis son retour, c'est la minette qui souffre : elle ne sait jamais où elle va retrouver ses petits ! (et mosquito pourrait bien finir par se ramasser un coup de griffe)

compter les têtes !

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Tant qu'il y aura des livres - Laurence Santantonios

29 Juillet 2006, 09:18am

Publié par Laure

D’abord enthousiaste à la lecture de ce livre, le soufflé est un peu trop vite retombé. Au début j’apprenais plein de choses, ensuite beaucoup moins ! Je suis donc beaucoup plus proche de l’avis de Flo que de celui de Cuné. Peut-être parce que travaillant dans le milieu du livre, j’ai déjà lu une bonne part de ces infos dans des articles professionnels. C’est néanmoins un très bon livre pour un public néophyte qui voudrait un aperçu complet mais compréhensible et clair du monde l’édition, des librairies et des bibliothèques.

Je vous livre quand même les passages qui m’ont plu, comme ça, sans logique particulière, dans le sens de lecture, c’est tout :

(tous les passages en bleu-vert sont des citations de l’ouvrage) 

4000 nouveaux livres paraissent chaque mois. 

Les éditeurs détruisent des millions de livres chaque année (104 millions plus les 2 millions pilonnés par les bibliothèques françaises)

18% seulement des Français sont de gros lecteurs, c’est-à-dire qu’ils lisent plus de 20 livres par an. (nous c’est par mois ou presque, nous ne sommes pas normaux, mais vous le saviez déjà !) 

La crise du disque (celle de la vidéo bientôt ?) libère de la place pour le livre. En 1995, Virgin avait fait 14% de son chiffre d’affaires avec le livre et 65% avec la musique. En 2004, les chiffres étaient de 25,5% avec le livre et 31% avec la musique. 

Sur la différence entre livre soldé et livre d’occasion (ça fait du bien de le rappeler) :

Le solde est principalement un palliatif au pilon. Le livre d’occasion est une manière de donner une seconde vie à des livres qui ont déjà été achetés et lus.  

Le directeur d’une grande maison d’édition généraliste constatait que l’édition de littérature générale voue à la destruction (déstockage, pilonnage) à peu près la moitié de ce qu’elle fait imprimer. (p.147)

Cette remarque de François Taillandier à propos de la réédition en format de poche : « La réédition en format de poche veut dire que les éditeurs jugent que ça vaut le coup, que l’ouvrage peut trouver un deuxième souffle, un public que l’édition première n’a pas atteint.

Combien de fois a-t-on entendu : « je l’achèterai quand ça sortira en poche… » Au passage, les lecteurs qui disent cela devraient songer que si tout le monde réagit comme eux, cela n’arrivera jamais… » (p.150-151) 

En général, un livre de poche est réimprimé à partir de 300 exemplaires vendus par an.

Et pour finir, une citation qui fait chaud au cœur des bibliothécaires :

p.220 : les bibliothèques [publiques] sont les gardiennes du trésor (…) Les livres n’ont pas de meilleures maisons pour vieillir en beauté que les bibliothèques.

Et j'aurais pu citer d'autres passages sur la passion de beaucoup de libraires, j'ai aimé qu'elle cite Lirabur, la petite librairie qui a lancé son Prix du Livre oublié (et qui a son blog), la part énorme des diffuseurs dans le circuit, etc.

Bartillat, mars 2005, 240 p. ISBN 2-84100-339-6, prix : 18 €

Ma note : 3/5

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Un bonheur inattendu - Lucy Clare

29 Juillet 2006, 08:31am

Publié par Laure

Le bonheur attendra, j’en verrai d’autres ! Je ne sais plus sur la foi de quoi ou de qui j’avais noté ce livre comme étant à lire absolument, ceci dit quand je l’ai vu arriver en édition VDB (gros caractères pour bibliothèques mais pas seulement, qui fait surtout du sentimental et du terroir) j’aurais dû sentir le vent venir. Enfin ce n’est pas un achat, ni personnel ni professionnel, juste une navette bibliobus et je suis sûre en plus que ce livre trouvera son public, même si je passe à côté.

C’est l’histoire de Liddy, qui fête son 50ème anniversaire, lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte. Oui mais voilà, il ne se passe plus rien entre elle et son mari depuis des années, alors comment lui annoncer à la fois un adultère et une grossesse ? Et puis voilà que ses 3 grands enfants, mariés et parents eux aussi, lui font une surprise pour ses 50 ans. C’est vraiment pas le moment ! Les chapitres alternent angoisse de la grand-mère future mère et les soucis de couples ou de parents des enfants. J’ai arrêté ma lecture au bout de 140 pages sur 500, c’est pas que ce soit mauvais, c’est juste d’un sirupeux attendu vraiment trop gentillet à mon goût. Et j’ai décidé, face aux piles de livres qui basculent partout dans la maison, de ne plus perdre mon temps avec les livres qui ne me plaisent pas vraiment (enfin j’dis ça mais j’ai un pavé en cours auquel je tente désespérément de donner sa chance, je vous en reparlerai un jour…)

Ed. VDB, sept.2004, 500 pages, ISBN 2-84694-206-4, prix : 18,30 €

Existe en poche.

Ma note : 2/5

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Quand Tigrou fait la sieste...

28 Juillet 2006, 21:35pm

Publié par Laure

Un p'tit minou juste pour Cathe...  ;-))

Allez, un deuxième, ch'suis pas vache...

euh, d'ailleurs y en a deux dans le panier !

ça fait donc trois (fatiguée la photographe ce soir ;-))

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Le tiroir à cheveux - Emmanuelle Pagano

27 Juillet 2006, 13:05pm

Publié par Laure

Débutée avec un sentiment de malaise, cette lecture est devenue révélation. Il y a des livres qui ont ce pouvoir là, et c’est à la fois comme un choc violent et un doux instant magique. Vous ne comprenez pas ce que je raconte ? Moi non plus. Je n’aimais pas le titre de ce livre. Une lectrice l’avait rapporté en disant « ouais ça c’est moyen » et puis suite au passage d’Emmanuelle Pagano elle-même sur mon blog (article sur Pascale Kramer), je m’étais promis de lire un de ses livres. 

 

Elle est jeune et on ne connaît même pas son prénom. (Enfin je ne crois pas). Son père est gendarme au village. Sa mère est femme de gendarme. Elle, elle est mère de deux jeunes enfants : Titouan, et Pierre, qui est handicapé. Au début je ne sais pas encore si j’aime. Mais pourquoi elle ne leur coupe pas les cheveux à ses gosses, c’est n’importe quoi cette obsession ! (Ça m’énerve !) Et puis je ne comprends pas tout de suite que Pierre est handicapé. J’ai envie de la secouer dans son mélange de désarroi et de fatalisme cette mère. Puis je découvre le déni de grossesse, les 15 ans à peine, la violence de la situation, la souffrance fœtale à l’accouchement, qui n’en fera jamais un enfant « normal ». Puis la deuxième naissance, à 18 ans, mais pourquoi ? La conception dans la même violence sordide. Et ce métier de coiffeuse, qui ne lui rapporte rien mais qu’elle aime. Elle n’a pas fait les études, elle n’est que shampooineuse. Cet art inné qui lui vient pourtant quand elle touche des cheveux. Et puis cet éclat d’espoir dans cette jeune voisine toujours perdue dans ses livres dans la cour de la gendarmerie…

Par ce quotidien simple et vrai relaté par des mots justes pas toujours agréables à entendre (à lire), c’est un livre fort qui se construit. Une lumière qui éclaire doucement ce climat sordide. Cette jeune femme qui devient mère avec amour et avec force, mais à qui la jeunesse et la justice ont enlevé ce droit. Pourtant, cette histoire, c’est une naissance : celle d’une mère qui aime ses enfants plus fort que tout.

Ce livre, c’est un choc, une rencontre … entre des mots, des phrases, un texte et la lectrice que je suis. Et pour cela, merci,  Emmanuelle Pagano.

 

Le site de l’auteur : http://www.lescorpsempeches.net/

POL, août 2005, 135 pages, ISBN 2-84682-084-8, prix : 14,50 €

Ma note : 4,5/5

 

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Des livres et des chats - comme toujours !

27 Juillet 2006, 08:43am

Publié par Laure

Une pause lecture dans le jardin hier soir, enfin. Après des jours de canicule à 38 et mon bureau insupportable à 31°5 hier soir. L'orage qui n'a pas fait grand-chose.

Les medias me font rire quand ils conseillent de fréquenter les endroits frais : les cinés et les bibliothèques. les cinés OK, les bibliothèques, vous serez pas déçu du voyage, si vous voulez vous traîner en suant d'un livre à l'autre dans mon repaire. Bon, j'arrête de râler ;-)

27° dans mon bureau ce matin. Et le ventilo piqué aux collègues en congés.

Donc hier soir une pause lecture sur l'herbe cramée, avant le retour de Mosquito (dans 48h, déjà ! ou enfin ?, humm mon ptit mosquito...)

Puis la minette qui déménage toujours ses minous, qui ont 15 jours aujourd'hui, et une bouille toujours aussi craquante...

et over-blog qui ratiboise toujours mes photos du côté droit, et j'esssaie de corriger, et je sais pas faire, et je ronchonne, donc si photos un peu déformées, désolée, c'est pour essayer qu'elles ne soient pas trop coupées... (tiens, minette a perdu sa tête, et mon bouquin son coin droit, grmfhf !)

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Buvez du cacao Van Houten ! - Ornela Vorpsi

27 Juillet 2006, 08:30am

Publié par Laure

Ornela Vorpsi est albanaise, elle a vécu à Milan avant de s’installer à Paris en 1997. Elle écrit en italien. Ce petit recueil de nouvelles offre un choix varié de textes courts qui ont pour point commun d’être assez sombres ou moroses. J’avais lu les deux premiers puis ai laissé reposer le livre quelques mois sur ma table de nuit. Il ne me retient pas. Oh les nouvelles ne sont pas mauvaises mais elles sont fades : il manque l’étincelle qui me ferait les dévorer. J’ai repris ce recueil hier soir. Ai lu les deux nouvelles suivantes : Petite vie d’homme et le prix du thé. Avec curiosité bien sûr, quand on est gourmande de thés comme moi. Oui. Mais toujours cette distance imperméable. Il ne se passe rien entre ce livre et moi. Je passe à autre chose.

Actes Sud, sept.2005, 156 p. ISBN 2-7427-5649-3, prix : 16 €

 

Ma note : 2/5

 

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