Les jardins d'Hélène

Le tyran domestique - Anne Fine

19 Août 2006, 16:52pm

Publié par Laure

Anne Fine : celle de l'excellent roman jeunesse le journal d'un chat assassin ? La même, mais cette fois dans un roman pour les parents. C'est assez succulent, férocement méchant, terriblement prenant.

Tilly divorce rapidement d'avec Bill et invite Geoff à venir vivre chez elle. Mais Geoff est père de deux enfants, et la place ainsi dans le rôle de la vilaine sorcière, la marâtre, plus communément appelée la belle-mère. Geoff est adorable, amoureux, attentionné, bon cuisinier, mais pas très courageux, surtout quand il s'agit d'affronter son ex ou sa nouvelle compagne. Par ailleurs, il est très doué pour mentir, ou plus exactement "oublier de dire". Tilly elle, ingénieure sur une plate-forme pétrolière, est déterminée, indépendante, efficace, cruellement intelligente, manipulatrice et pas si honnête que cela non plus.

Nous allons donc suivre les accrocs quotidiens de ce couple pendant près de 20 ans, leurs relations avec l'ex femme de Geoff, les enfants, etc. De petites perfidies en vilaines mesquineries, c'est un combat homme-femme permanent dans lequel l'homme n'a pas franchement le beau rôle.

Jusqu'à la fin réellement machiavélique, où Tilly sort une de fois plus victorieuse, dans un élan de vengeance froidement calculé. ça n'a pas l'air rose comme ça, mais c'est vraiment plaisant à lire, car plutôt féroce. On a tantôt envie de prendre partie pour ce pauvre Geoff, tantôt de soutenir Tilly, pas facile, il y a un peu de nous dans ces personnages !

cet extrait, p. 114-115 : "J'insinue que tu te nourris des faiblesses des autres. Que tu adores leurs petits travers. Ton problème, Tilly, c'est que tu crois bien faire en t'intéressant soi-disant aux autres (...) En réalité, tu te contentes de rassembler des petits morceaux de munitions. Et dès que tu as compris comment fonctionne quelqu'un de ton entourage, tu prends ton pied à lui sortir ses quatre vérités, comme une punition méritée. Tu connais quelque chose de plus pervers que ça, Tilly ? Tu crois franchement qu'il y a plus pervers ?"

Ed. L'Olivier, juin 2006, 281 p. ISBN 2-87929-495-9, prix : 20 €

Ma note : 4/5

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Départ

17 Août 2006, 17:41pm

Publié par Laure

Demain je pars me mettre au vert avec toute la tribu, là. Et dans les environs.

Le 26, nous serons même de mariage. Je penserai à Blandine.

Il me reste à faire les bagages

à choisir suffisamment de lecture pour 10 jours mais pas trop non plus

Je laisse les commentaires ouverts mais aurai sans doute peu d'accès au web, alors ne soyez pas surpris si je ne donne pas de signe de vie.

Les p'tits minous seront bien gardés. Ils ont bien grandi, ils commencent à boire et manger seuls, mais ils aiment encore téter leur mère. Ils ont 5 semaines aujourd'hui. Leur activité préférée, c'est de jouer à la guerre. Et de miauler quand l'un a mordu un peu plus fort que prévu. De grimper partout où c'est possible. De mordiller nos pieds. De se de cacher derrière la cuisinière pour dormir tranquilles. De sauter sur leur mère pour la mordiller quand elle mange. Et de se faire cajoler.

Prenez soin des jardins.

Je rentre le 28, reprends le travail le 29. Bonne fin d'été !

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Ces enfants malades de leurs parents - Anne Ancelin Schützenberger et Ghislain Devroede

16 Août 2006, 13:55pm

Publié par Laure

Un livre choisi par erreur car je cherchais quelque chose sur les souffrances des enfants (devenus adultes) en rapport avec ce qu’avaient pu leur faire vivre leurs parents. Le titre m’a induit en erreur, car ce livre est à la fois beaucoup plus précis que cela et sur un sujet un peu différent.

L’auteur s’attache à montrer par des cas cliniques combien les enfants (y compris une fois adultes) somatisent des souffrances vécues par leurs parents et gardées secrètes. Leur corps exprime des souffrances non dites. Si je simplifie à l’extrême, les maux de ventre inexpliqués par des causes physiques pourraient être dû à un secret de famille bien gardé. Les exemples sont nombreux et détaillés sur des cas de constipation sévère quasiment tous liés à des abus sexuels subis par les parents ou arrière grands-parents. Dès que la victime réussit à se libérer par la parole, les symptômes disparaissent chez l’enfant. Les abus ne sont pas tous sexuels, mais le plus souvent. La démonstration est intéressante, mais un peu trop concentrée sur les détails défécation/viol, ce qui devient assez pénible (je vous épargne les détails). En revanche ce livre intéressera sans doute des personnes qui seraient concernées, mais pour ma part j’aurais souhaité une étude plus générale. Bref, ce n’est pas ce que je cherchais. Le sujet est intéressant, mais pas sur des questions intestinales ;-)

 

Payot, 2003, 179 p. ISBN 2-228-89792-2, prix : 15,50 €

Existe en poche

Ma note : 2,5/5

 

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Quand j'étais drôle - Karine Tuil

16 Août 2006, 13:36pm

Publié par Laure

Il faut croire que je manquais cruellement de patience hier soir car j’ai commencé et abandonné au bout de 75 pages ce dernier roman de Karine Tuil qui pourtant avait l’air apprécié des critiques, professionnels ou non. Moi il ne m’a tout bonnement pas intéressée du tout. Un humoriste sans talent qui se retrouve en prison, le tout décrit avec un humour qui... bof, n’est pas si drôle que cela, et puis les vilains américains qui n’aiment pas les gentils français depuis l’Irak en 2003, ça m’a un peu saoulée. Hop, dans le chariot retour de la bib.  

Pour des avis beaucoup plus positifs, voir Clarabel (sur Amazon, car je ne retrouve pas sur son blog) et l’article de Tatiana.

Grasset, juin 2005, 356 p. ISBN 2-246-65411-4, prix : 18,50 €

Ma note : 2/5

 

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Qui a peur de Victoria About ? - Toby Litt

16 Août 2006, 13:18pm

Publié par Laure

Les blogueuses en ont déjà parlé, la dernière en date étant Lo, dont je partage tout à fait l’avis ! Voilà donc ce pavé que je traîne depuis un mois au moins et que j’hésitais à abandonner (et qui intriguais Cathulu). C’est fait, il me lasse vraiment. Allez, pour la postérité, je m’arrête à la page 336/506. L’expérience était tentante et le procédé original : un fac-similé de manuscrit, corrigé à la main à l’encre bleue par l’éditrice, avec des passages barrés, d’autres annotés… un livre en train de se faire et qui nous est donné tel quel ! Et puis l’expérience loft story littéraire : l’auteur, en mal d’imagination, réunit 10 amis dans une maison louée pour l’occasion et les observe vivre, pour trouver matière à écrire. L’ennui, c’est que justement, c’est vite d’un ennui mortel ! Il ne se passe absolument rien. C’est d’un bavard ! Creux et insipide. Les multiples références à Virginia Woolf (le titre du livre qui a peur de victoria about, le titre prévu pour le manuscrit était retour au phare, entre autres) ne suffisent pas à redonner un peu de souffle à l’ensemble. Une « expérience » qui aurait méritée d’être allégée d’au moins 200 pages.

L’avis de Cuné : ici

L’avis plus enthousiaste de Sophie.

Et je découvre sur Evene que Toby Litt que je croyais être une femme est un homme. Honte à moi, je ne connais rien aux prénoms anglais !

Seuil, avril 2004, 506 p. ISBN 2-02-059686-5

Ma note : 2/5

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Mamette t.1 Anges et démons - Nob

16 Août 2006, 10:25am

Publié par Laure

Vous ne connaissez pas encore Mamette, fraîchement débarquée dans le paysage de la BD ? C’est une adorable grand-mère haute comme trois pommes, alerte et gourmande, qui sait parler aux djeuns sans en avoir l’air, et qui est toujours partante ! Elle est trésorière du club des seniors, mais ne comptez pas trop sur elle pour les après-midi Scrabble. Elle a une copine qu’on a envie de passer par la fenêtre, Madame Vidal, qui souffre de toutes les pathologies imaginaires et passe son temps (et son argent) chez le pharmacien. Tout le contraire de Mamette. Il y a aussi Choupinou, son fils débordé, et son défunt mari Jacques, avec qui elle va partager un gâteau d’anniversaire de mariage sur la tombe. Le maire aussi vaut le détour. Bref, Mamette est une petite vieille comme on en voudrait tous pour grand-mère, humaine et gaie, entourée d’une galerie de personnages qui ont leur lot de défauts. Publié dans la collection Tchô, c’est pour les enfants, mais vous pouvez leur piquer sans problème !

Glénat, mai 2006, 47 p. ISBN 2-7234-5489-4

Ma note : 4,5/5

 

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Escapade angevine

15 Août 2006, 19:50pm

Publié par Laure

Hier, visite de la ville d'Angers. Balade en petit train touristique couvert car le ciel menaçait. Nous sommes passés entre les gouttes. Sortie sympa...

Gros plantage informatique (virus ?) qui a fait bricoler mon homme pendant près de 24h sur cette machine. Tout n'est pas encore comme avant mais ça a l'air de fonctionner. Si vous n'aviez pas de nouvelles de moi, ce ne serait pas de mon fait, et sans doute seulement dû à un caprice logistique. Je vais pouvoir retourner tranquille à mes lectures !

 

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Je viens de tuer ma femme - Emmanuel Pons

15 Août 2006, 16:00pm

Publié par Laure

Le narrateur porte le même nom que l’auteur : Emmanuel Pons. Exaspéré  par onze ans de vie commune, il tue sa femme. Ce qui l’ennuie le plus, c’est l’envoi des faire-part. Il part acheter des timbres pour les poster avant de se rendre à la gendarmerie, dans son petit village normand. Mais voilà, en chemin, il est pris d’euphorie meurtrière et continue son massacre. Il voulait confier son exploit à un voisin, comme un scoop avant que les journaux l’annoncent, mais celui-ci ne l’a pas pris au sérieux. Hop, zigouillé. Et la femme de ce dernier aussi, parce qu’elle allait crier. Et ça continue. Il congèle sa Sylvie avant de trouver une solution pour s’en débarrasser, et se met à lui faire la conversation, là, dans la cave, devant le congélateur. Un remake d’Hibernatus. Tout est déjanté, noir, très noir (surtout l’humour !) et notre tueur en série réalise que finalement sa femme, malgré tous ses défauts et tout ce qui l’agaçait, il l’aimait. Seulement on ne peut pas revenir en arrière comme cela ! Nous voilà embarqués pour 7 jours avec le personnage, et bien moins en temps de lecture, puisque ce premier roman est assez court, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas banal !

Une petite collection que j’aime bien chez cet éditeur, mais un roman très spécial.

Je vous livre l’incipit :

« Je viens de tuer ma femme. Ce qui m’ennuie, c’est les faire-part. Je dois absolument les écrire avant d’aller à la gendarmerie. Evidemment, je n’ai plus de timbres. Je lui avais pourtant demandé d’en acheter. En prévision. Je vais devoir m’habituer à faire les choses moi-même. Au moins aujourd’hui. Demain, le juge s’occupera de tout. Je n’aurai plus à penser. Je serai libre. »

Et ce passage que j’aime beaucoup, p. 127, quand il éprouve des remords : « Elle était insupportable dans sa tristesse, horripilante dans sa détresse et comédienne dans sa douleur. Je ne dois pas l’oublier. »

Arléa, coll. 1er mille, mars 2006, 154 p. ISBN 2-86959-729-0, prix : 14 €

Ma note : 4/5

 

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La tournée d'automne - Jacques Poulin

13 Août 2006, 12:58pm

Publié par Laure

Encore un livre de Poulin pour les amoureux des livres. C’est vrai que l’on retrouve les mêmes thèmes et les mêmes personnages dans ses romans : l’écrivain Jack, et la passion du personnage principal, ici le Chauffeur du Bibliobus, pour les livres, la littérature américaine (Hemingway, Carver) et québécoise (Gabrielle Roy, Anne Hébert) et les chats. Pourtant j’ai moins accroché qu’avec les yeux bleus de Mistassini.

Le chauffeur du bibliobus part faire sa tournée d’été. Il va desservir avec son camion aménagé tous les coins retirés entre Québec et la Côte-Nord. Un vaste territoire. C’est ce qui m’a un peu perdue dans ce livre, car il y a beaucoup de descriptions de voyage, de paysages, de noms cités, que je ne situais pas du tout. Le chauffeur est un homme d’âge mûr, un peu usé par la vie. Sa tournée d’été sera la dernière. Mais il fait la connaissance de Marie, une Française qui accompagne une fanfare et qui va faire le même parcours que lui. Ils deviendront intimes peu à peu, et elle lui redonnera goût à la vie, et l’envie de faire une tournée d’automne. C’est un nouveau roman intimiste d’une grande douceur mais aussi très mélancolique.

Sinon tout ce qui a trait aux livres fait rêver : c’est un bibliothécaire amoureux de ses livres, mais il les donne volontiers, ça fait bien longtemps qu’il a renoncé aux fiches de prêt. Les gens empruntent ce qu’ils veulent, peuvent à leur tour les prêter à d’autres, et normalement, ils doivent les renvoyer par courrier au Ministère. Ou les rapporter à la prochaine tournée. Normalement, car le chauffeur, ça lui est bien égal que les livres reviennent ou pas. Un livre qui ne revient pas, c’est un livre qui est aimé, et c’est le plus important pour lui.

Un roman de Poulin découvert grâce à la très belle critique de Cathe, mais qui m’a nettement moins enthousiasmée que le précédent, de par mon ignorance de la géographie du pays, de par l'histoire d'amour trop lente et trop timide, même si l’expression de l’amour littéraire me charme.

Léméac, déc. 1993, 207 p. ISBN 2-7609-3155-2

Existe aussi en Babel / Actes Sud, prix 6,50 €

(Littérature québécoise)

Ma note : 3/5

 

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Le questionnaire de Cathulu

12 Août 2006, 22:27pm

Publié par Laure

Je me prête au jeu du questionnaire proposé par Cathulu, vous pouvez lire ses réponses sur son blog  

1/Quel est le titre du premier livre que vous avez lu ?

Je ne m'en souviens absolument pas !

J'ai lu ensuite pas mal de bibliothèque rose avant de passer à la verte, j'ai dévoré les Comtesse de Ségur, les Fantômette et les Alice, comme beaucoup de petites filles !

2/Quel est le grand classique que vous n’êtes jamais arrivé à lire jusqu’au bout ?

Ulysse de Joyce, mais j'ai honte d'avouer que je n'ai pas dû dépasser les 25 pages. Je l'ai repris et réabandonné plusieurs fois.

3/ Quelles sont vos héroïnes de roman favorites ?

Sans hésitation Anna Karénine et Emma Bovary

4/Quels sont les livres ou les auteurs qui vous ont aidé à vous structurer ?

Là encore, je ne sais pas. Ce qui est certain, c'est que les livres m'ont accompagné à chaque période de ma vie, et qu'ils sont des compagnons de refuge fidèles et qui ne m'ont jamais déçue.

Deux néanmoins, au cours de l'an 2000, m'ont marquée pour leur résonance en moi : la conversation amoureuse d'Alice Ferney, et les nouvelles d'Anna Gavalda, Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part.

5/Quel livre avez-vous eu envie de jeter par la fenêtre ?

Je ne crois pas avoir cette envie avec mes livres. Le dernier Nicolas Fargues peut-être (J'étais derrière toi).

J'ai plutôt des réactions épidermiques avec les livres que demandent certains lecteurs à la bibliothèque, en disant haute t fort qu'on n'a rien et qu'ils ont tout lu. Dernier exemple : le dernier Dan Brown, celui qui est en avant-première chez France-Loisirs, qu'on me réclame sans cesse. Il n'est pas encore en vente dans le circuit traditionnel des librairies. Une bibliothèque publique n'achète pas chez France Loisirs. Point barre. J'ai vraiment envie de passer tous les Dan Brown par la fenêtre, parce que je passe mon temps à faire des réservations sur ses titres et à me faire engueuler par les lecteurs qui les attendent parce qu'ils trouvent qu'ils n'arrivent pas assez vite. Y a pas marqué "librairie gratuite" en haut de ma porte. Nan mais.

6/Quel livre regrettez-vous de ne pas avoir écrit ?

Les nouvelles de Gavalda et Mal à ma mère, de Clara Vidal

7/Qu’utilisez-vous comme marque-page ?

Ce qui me tombe sous la main. Parfois un bout de papier déchiré d'un magazine, les marque-pages de la bibli que je passe aussi du temps à faire pour les lecteurs, ceux qu'on m'a offerts, dont un magnétique tout droit arrivé d'Afrique du Sud, un en métal des Etats-Unis via la Suisse, souvent aussi une carte postale ou un petit mot glissé par une amie dans un colis de livres. J'avoue que ça n'a pas tellement d'importance pour moi. J'ai parfois la mauvaise habitude de les laisser ouverts à l'envers, pour garder ma page, sur la pile de ceux en attente au pied de mon lit. En revanche je ne supporte (et donc ne me permets) pas ni les coins cornés, ni les annotations.

Voilà, vous savez tout... Je laisse à qui le souhaite le droit de poursuivre ce petit jeu et de répondre à son tour à ce questionnaire de Cathulu...

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