Les jardins d'Hélène

M : I : 3, un film de J.J. Abrams

14 Mai 2006, 15:51pm

Publié par Laure

Hier soir nous inaugurions un nouveau type de sortie : nous allions au ciné avec grand fiston, ne confiant plus que les deux filles à la baby-sitter. Au programme : Mission Impossible 3. Premier constat : que de familles comme nous ! avec papa-maman- et les enfants quand ils s'agit de jeunes garçons. Il me semblait possible que mon aîné de presque 12 ans voie ce film, en revanche de là à y emmener des enfants de 7-8 ans comme de nombreux parents l'ont fait, je m'interroge... Ces deux-là derrière nous qui passaient leur temps à froisser des papiers de bonbons de peur, à demander "maman, il est mort le monsieur ?" ou "papa, elle a mal la dame?" : parfois je m'interroge sur le bon sens des parents.

Pas grand-chose à dire sur ce film si ce n'est qu'on ne voit pas le temps passer, si on aime le genre, on aimera nécessairement. L'intrigue est assez bien ficelée, il n'y a aucun temps mort, et bien sûr, Tom Cruise ne meurt jamais ! Je ne suis pas adepte des films d'espionnage ou d'action en général, mais une fois de temps en temps, ça passe bien, si l'on ne cherche pas bien sûr, le réalisme des actes. On dit que c'est plus gros plus ça passe, mouais, c'est la surenchère aux gadgets pour concurrencer James Bond (?) mais c'était pas mal. Pour ma part j'avais préféré MI1, je ne me souviens plus du 2, et mon homme trouve que les 3 se valent. Au final, j'ai passé une bonne soirée, c'est ça qui compte !

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L'autre bout du monde - Emily Loizeau

12 Mai 2006, 21:21pm

Publié par Laure

Emily Loizeau, avec un Y parce que sa mère est anglaise, et un Z s'il vous plaît, c'est d'abord une voix et un piano, agrémentés parfois de quelques choeurs et cordes. Une auteure compositeur interprète, une vraie de vraie.

Je dois à France Inter et au hasard de l'avoir découverte. Au hasard parce que dans ma campagne, on ne capte aucune station de radio en dehors d'...Autoroute FM ! (y a une autoroute pas loin), alors les accidents  et les objets égarés sur les voies de circulation, ça va cinq minutes... donc je n'écoute jamais la radio. Sauf quand je pars en stage et que je fais un peu de route en voiture. C'est ainsi que j'ai entendu "je suis jalouse" sur France Inter, la 8ème chanson de "l'autre bout du monde", et je l'ai trouvée si vive, si pétillante et malicieuse que j'ai pensé que cet album, il me le fallait absolument.

Voilà, c'est chose faite et il tourne en boucle depuis hier, comme souvent lorsque j'achète un CD, je l'écoute jusqu'à saturation, jusqu'au prochain.

"L'autre bout du monde", c'est un recueil enchanteur, un mélange de chansons en français et en anglais, tantôt drôles tantôt plus mélancoliques, des interludes au piano et des duos superbes.

Pour l'humour, il est parfois légèrement noir, comme dans "Jasseron", duo avec Franck Monnet, où pour l'anniversaire de leur première rencontre, son amoureux lui offre un cadeau original : une concession au cimetière de Jasseron !

J'aime tout particulièrement la douceur mélancolique du juke box des souvenirs de "comment dire", l'humour facétieux de "je ne sais pas choisir", "boby chéri", et le duo en français avec Andrew Bird, et bien sûr le "je suis jalouse" volé sur France Inter qui me rappelle, allez savoir, le joyeux Benabar.

Pour écouter des extraits de l'autre bout du monde et découvrir un peu plus Emily, cliquez ici

 

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Camping, un film de Fabien Onteniente

12 Mai 2006, 18:47pm

Publié par Laure

Comme dans le goût des autres d’Agnès Jaoui, on est toujours le beauf de quelqu’un.

Michel Saint-Josse (le séduisant Gérard Lanvin), père divorcé, chirurgien esthétique gagnant bien sa vie, s’apprête à partir en vacances à Marbella avec sa fille adolescente, Vanessa. Mais sa belle voiture – la même que celle de James Bond les accessoires en moins – tombe en panne du côté d’Arcachon, devant le camping des flots bleus. Adieu l’Espagne, c’est un lieu de vacances un peu forcé qui s’impose, avec ses rituels et ses habitués, ses sanitaires communs et sa danse de la tong. Les Pic qui occupent le même emplacement depuis 17 ans sont désespérés d’avoir l’emplacement voisin cette année, les Gatineau, dont le couple bat de l’aile (Mathilde Seigner ne pardonne pas à son mari de l’avoir trompée), et l’irremplaçable playboy survolté : Patrick Chirac (alias Franck Dubosc), dijonnais au chômage qui drague tout ce qui se passe sans préciser que son couple aussi en paye le prix. Bref c’est un joyeux groupe de campeurs qui va taper sur les nerfs de notre chirurgien habitué des palaces 5 étoiles. Mais quel que soit le niveau social d’un individu, chacun a ses défauts et ses qualités, c’est la morale toute simple du film. Lanvin ne voit pas que sa fille vit son premier amour dans ce camping où enfin elle se fait des amis au lieu de mourir d’ennui sur un parcours de golf à attendre son père, et si les autres font beauf’, ils ont des qualités de cœur irremplaçables.

Ce film n’a pas eu de bonnes critiques presse, peut-être parce qu’il n’a rien de prétentieux, et qu’un bon film devrait être un truc intello où à la sortie on n’a pas compris la fin ? Pour ma part, j’ai passé un bon moment de détente et de rire, car le film ne manque pas d’humour et de petites répliques assassines. C’est du divertissement pur et simple, qui ne frise ni la bêtise ni le ridicule, juste une comédie légère qui ne se boude pas…

Ma note : 4/5

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L'art de la joie - Goliarda Sapienza

11 Mai 2006, 15:41pm

Publié par Laure

Le 13 avril, je vous photographiais le joyeux bazar de ma table de chevet : dessus, dessous, à côté, partout des bouquins. Les blogueuses perspicaces y ont repéré un pavé que j’ai commencé ce jour là. Un mois plus tard, je décide de l’abandonner et de le rendre à sa chère étagère de bibliothèque publique où une main plus chaleureuse et plus patiente que la mienne le chérira peut-être. 

 Modesta, l’héroïne de ce roman, née le 1er janvier 1900 (pour la facilité du calcul), porte bien mal son prénom, car elle est tout, sauf modeste. Ambitieuse, prétentieuse, elle est prête à tout pour avancer dans la vie, y compris à tuer quelques personnes encombrantes au passage. J’ai bien aimé les 300 premières pages de ce roman (qui en compte 636) : une véritable saga comme on n’en fait plus, dans la Sicile du début du 20ème siècle, avec des personnages hauts en couleurs et des rebondissements qui se succèdent très vite. Puis j’ai peiné jusqu’à la page 450 : c’est devenu long, lent et ennuyeux. L’écriture devient tout à coup théâtrale, sous forme de dialogues avec nom du personnage en début de ligne : un peu rebutant. J’ai survolé rapidement les 100 pages suivantes et ignoré carrément les 50 dernières pages : non vraiment, ce roman pourtant si loué par les critiques et que son auteur a mis 10 années à écrire (1967-1976) me tombe des mains. Dommage car le début était excellent. 

 

Goliarda Sapienza est morte en 1996, quelques mois avant la parution de son roman en Italie.

Voir le très bon article de Romaric Sangars sur Chronic’art. com et le dossier consacré par la librairie comme un roman.

Viviane Hamy, sept.2005, 636 pages, ISBN 2-87858-215-2, prix : 24 €

Ma note : 3/5

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bug photos sur over-blog

11 Mai 2006, 14:33pm

Publié par Laure

Juste pour info, à ceux qui rencontreraient le problème : depuis ce matin l'affichage des photos sur les blogs d'OB est au mieux, aléatoire, au pire, nul. Les malins du forum conseillent de vider le cache du navigateur : dans panneau de config, propriétés internet, supprimer les fichiers. J'ai testé, ça marche. Youpi (Pourvu que ça dure hein).

Parce que moi ça m'énervait de voir les photos des lectures de Cuné et pas les miennes :-((

(je plaisante hein Cuné)

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L'adieu au Nord - Pascale Kramer

11 Mai 2006, 14:18pm

Publié par Laure

Il m'a fallu du temps pour savoir si j'aimais ou non ce livre. Dès le début est né un sentiment de malaise à la lecture de ce roman que je trouvais oppressant et malsain. Mais j'avais envie néanmoins de poursuivre ma lecture. C'est alors que j'ai perçu le talent de l'auteur à créer, plus qu'une histoire, d'abord une atmosphère, un climat étouffant de violence et de sentiments malmenés par le désarroi.

Dans le Nord de la France, Alain, la petite quarantaine, travaille à la cressonnière de son frère Jean, avec d'autres employés, hommes célibataires tout aussi bourrus que lui, Sven, et Serge. Au village la fille de l'épicier s'ennuie, la jeune Patricia, pas tout à fait majeure, va occuper son ennui à séduire le taciturne Alain. Elle ne se sépare jamais de sa copine Luce, fillette de 11 ans, tout aussi désoeuvrée qu'elle. Dans la chaleur écrasante de l'été naît la violence du désir. Le désir d'Alain pour Patricia. Le début de leur liaison. L'affolement d'Alain lorsque Patricia lui annonce son départ pour l'Irlande. Il la suit.

D'errances en drames, le viol de Luce, la grossesse de Patricia, c'est l'histoire annoncée d'un échec, dans ce monde miséreux de jeunes gens incapables de dire leurs sentiments. La violence latente et l'incapacité des personnages à faire des choix cohérents ou "adultes" concourent à cette impression d'étouffement.

Il m'a fallu du temps donc, pour comprendre cela. Et penser alors que ce roman était excellent. Même s'il en reste un certain pessimisme, toujours empreint de malaise. Pour le talent de l'auteur j'ajouterai aussi que tous les personnages secondaires sont bien définis, presque tous aussi paumés qu'Alain et Patricia, apportant davantage encore, si besoin était, de cohésion à l'ensemble.

Le choix de l'éditeur d'avoir mis une scène clairement érotique en 4ème de couv. me gêne un peu : non pas pour la description crue, (les scènes d'amour le sont toutes dans ce livre) mais pour le malentendu : il ne s'agit pas d'un roman érotique, encore moins d'un genre douteux. La violence du désir décrit ne traduit qu'une très grande pauvreté intérieure. Attention donc à ce qu'il n'y ait pas tromperie sur la marchandise.

On pourra lire l'interview intéressante de l'auteur sur ce site.

Mercure de France, juin 2005, 227 pages, ISBN 2-7152-2581-4, prix : 17 €

Ma note : 3,5/5

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Les voyages merveilleux de Lilou la Fée - Emmanuelle Houdart

7 Mai 2006, 16:18pm

Publié par Laure

Acheté sur la bonne foi du bouche à oreille sans l'avoir vu auparavant, j'avoue avoir été un brin déçue par les illustrations, au premier abord seulement, surprise serait sans doute un meilleur terme, car je suis entrée dans le jeu avec bonheur - avec mes filles !
Les voyages de Lilou ont paru d'abord régulièrement dans le magazine Les Belles Histoires entre 2003 et 2005. Il s'agit donc d'un livre jeu qui propose de retrouver des objets, dessins ou personnages dans chaque double page qui propose une courte histoire. Ma fille de 5 ans a adoré, et en redemande souvent, la complexité (richesse) et la fantaisie des illustrations en font un temps d'observation ludique, et une complicité entre soeurs : ma grande s'est chargée d'expliquer à sa petite soeur ce qu'est un grimoire, puisqu'il faut à chaque page retrouver le fidèle compagnon de Lilou : son grimoire à pattes !
Bonheur des livres et du jeu, dessins oniriques, couleurs et richesse des détails, ce livre se prête donc à des moments d'échange avec vos enfants, un cadeau à faire sans hésiter dès 4 ans.

Actes Sud Junior, mars 2006, ISBN 2-7427-5984-0, prix : 13,50 €

Ma note : 4/5

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Les vagues sont douces comme des tigres - Christine Féret-Fleury

5 Mai 2006, 17:17pm

Publié par Laure

Premier roman de l’auteur paru en 1999, que j’avais découverte à la lecture de l’évier, roman que j’avais beaucoup aimé et rangé dans mes meilleurs livres de 2005.

 

Dans les vagues …, Marcelle a 12 ans, une petite sœur de deux ans, Julie ; c’est l’automne 1917, la guerre gronde au loin sur le front, seules les femmes et les enfants maintiennent la vie au village, là, en Normandie. Marcelle est une enfant solitaire, renfermée, sauvage. Sa mère la rudoie bien trop. Pour échapper à cette vie sombre et douloureuse, elle va se prendre de passion pour son institutrice, qui lui manifestera attention et douceur, sensations qu’elle ne connaît pas auprès de sa mère. 1er amour de jeune adolescente qui se terminera tragiquement, lorsque l’institutrice se mariera, à l’automne 1918.

 

Il y a à mon goût trop de descriptions des éléments dans ce court roman : atmosphère, climat, nature, froid, pluie, qui s’ils créent une ambiance, empiètent trop sur l’intrigue elle-même. (Mais ce n’est que mon humble impression). Malgré une lueur d’espoir vers le milieu, c’est un roman bien sombre et douloureux, pas aussi cruel que l’évier, pas aussi incisif. L’écriture de l’auteur a gagné en précision, efficacité et violence avec les années.

Arléa, fév.1999, 117 pages, ISBN 2-86959-441-0

Ma note : 3/5

 

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Il ne faut jurer de rien, un film d'Eric Civanyan

5 Mai 2006, 06:35am

Publié par Laure

Avec Gérard Jugnot, Jean Dujardin, Mélanie Doutey

 

J’ai eu un peu de mal à me laisser prendre à cette farce enjouée, mais une fois ma résistance tombée, je l’ai savourée sourire aux lèvres jusqu’au bout.

Il ne faut jurer de rien est une adaptation rajeunie d’Alfred de Musset, dans laquelle les acteurs s’amusent avec talent pour notre plus grand plaisir.

La scène se passe à Paris en 1830. La Révolution n’est qu’un élément de fond évoqué mais qui ne sera pas l’élément essentiel du film. Gérard Jugnot joue le rôle d’un patron de grandes galeries marchandes, M. Van Buck, toujours en quête de réussite sociale et prêt à tout pour un peu d’argent et de notoriété supplémentaires. La baronne de Mantes, qui fait appel à lui pour préparer un bal, cherche désespérément à marier sa fille Cécile (Mélanie Doutey). Van Buck propose alors son neveu, le génial Jean Dujardin, voyou qui se la joue très « Belmondo », qui ne croit en rien et surtout pas en l’amour. Un pari est relevé entre l’oncle et Valentin pour séduire la jeune femme. A partir de là il faut reconnaître les excellents jeux des acteurs, les dialogues enlevés et le plaisir tout simple qui en naît pour nous (télé)spectateurs. J’ai particulièrement aimé le jeu de Mélanie Doutey, parfaite en peste mutine moderne et intelligente. C’est vif, drôle, haut en couleurs, pour le verbe et les costumes, à voir pour les 3 excellents acteurs ainsi que les rôles secondaires qui tiennent bien leur place également !

Ma note : 4/5

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Le marié était trop beau - Valérie McGarry et Patrick de Bourgues

4 Mai 2006, 06:39am

Publié par Laure

Le marié était trop beau est un court roman écrit à quatre mains, que j’ai choisi après la lecture d’un article dans le magazine Elle récemment. C’est l’histoire d’une amitié amoureuse contrariée. Charles, homo, est amoureux d’Aurélien. Mais Aurélien ne goûte pas de ce pain là, alors va pour une amitié fraternelle. Jusqu’au jour où Aurélien rencontre Anne-Charlotte et se marie.

Les chapitres alternent entre le récit de Charles à son nouvel amant Fabrice, et les impressions d’Anne-Charlotte. Autant le dire tout de suite, le seul intérêt de ce roman est dans sa chute. Surprenante, et dérangeante. Mais il y a peu de pages pour y arriver : 118 en tout, et encore, pas pleines. Je crois que je m’attendais à mieux dans mon envie de lire ce petit livre, d’où une légère frustration due surtout au style qui m’a énervée : langage familier (pas de problèmes)  mêlé de tournures alambiquées où il faut parfois relire plusieurs fois une phrase pour trouver d’où peut bien provenir tel complément. Cela m’est arrivé plusieurs fois dans ma lecture, si bien qu’il a manqué pour moi la fluidité de l’écriture, et sur un texte court, il me semble que cette erreur est fâcheuse. (Mais peut-être étais-je trop fatiguée hier soir pour des phrases complexes ?) Une bonne moyenne quand même, mais pas un chef d’œuvre. 

 

JC Lattès, mars 2006, 118 pages, ISBN 2-7096-2774-4, prix : 10 €

Ma note : 3/5

 

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