Les jardins d'Hélène
Quinqua, bibliothécaire, avec thé et chats. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
H24 : 24 heures dans la vie d'une femme - Collectif
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Un recueil collectif de 24 très courtes nouvelles (2 à 3 pages) s'inspirant de faits réels et dénonçant avec engagement les violences faites aux femmes, des violences quotidiennes de rue, d'apparence, jusqu'aux violences conjugales et au viol.
Des nouvelles écrites par 24 autrices de différents pays et langues car le sujet n'a pas de frontières. Chaque texte se déroule à une heure de la journée ou de la nuit.
Une micro série est sortie en même temps sur Arte, interprétation fidèle des textes, j'ai préféré les écrits, que je trouve encore plus forts et percutants.
Impossible pour moi de les lire tous d'affilée (feel bad !), mais le recueil - tout comme le projet - fait partie des essentiels puor dénoncer les violences sexistes.
A faire lire aux hommes aussi, évidemment.
Sur une idée de Nathalie Masduraud et Valérie Urréa.
Autrices : Kaouther Adimi, Nadia Busato, Chloé Delaume, Agnès Desarthe, Jo Güstin, Kerry Hudson, Siri Hutsvedt, Fabienne Kanor, Niviaq Korneliussen, Lola Lafon, Angela Lehner, Myriam Leroy, Rosa Montero, Sofi Oksanen, Anne Pauly, Grazyna Plebaneck, Blandine Rinkel, Monica Sabolo, Lydie Salvaire, Aloïse Sauvage, Ersi Sotiropoulos, Lize Spit, Christiane Taubira et Alice Zeniter.
Actes Sud / Arte éditions, octobre 2021, 186 pages, prix : 10 €, ISBN : 978-2-330-15748-7
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Crédit photo couverture : Actes Sud / Arte éd.
Autopsie d’un drame – Sarah Vaughan
Traduit de l’anglais par Alice Delarbre
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Liz travaille aux urgences pédiatriques et s’y voit déstabilisée quand elle ausculte Betsey, dix mois, la fille d’une de ses amies, arrivée tardivement pour un traumatisme crânien qui révèle une fracture. Maltraitance ? Liz n’y croit pas tant elle sait l’amour que son amie Jess porte à ses trois enfants.
Mais connait-on vraiment ses proches ? Son chef ne lui laisse pas le choix et lance la machine policière et judiciaire de l’aide sociale à l’enfance.
Le prologue qui donne la parole à Jess laisse peu de doute au lecteur : peut-on avoir envie de voir disparaître son enfant ? de lui faire du mal ?
L’intrigue semble ténue et s’annonce donc longue (plus de 400 pages) mais elle s’applique à dénouer avec justesse et précision le mécanisme de la dépression post-partum, de la charge mentale et de la solitude qui pèsent souvent sur les jeunes mères aujourd’hui. Les allers-retours avec la vie personnelle de la pédiatre Liz enrichissent le propos.
Bien sûr la réalité sera un peu plus complexe que le prologue le laissait entendre, l’autopsie du drame se veut minutieuse. Le dernier twist me semble hélas si peu crédible qu’il dévalorise un peu l’ensemble mais cela n’engage que moi.
A lire si vous aimez Desperate Housewives et les sujets qui ont trait à la maternité, évitez toutefois si vous êtes enceinte ou toute jeune maman !
Emprunté en médiathèque.
De la même autrice : La meilleure d'entre nous
Préludes, mars 2021, 443 pages, prix : 19,90 €, ISBN : 978-2-253-08079-4
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Crédit photo couverture : © Paul Knight / Trevillion Images / et éditions Préludes / Librairie Générale Française
Novembre 2021 en couvertures ...
Ubasute – Isabel Gutierrez
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L’occasion pour elle - et pour lui - de revenir sur sa vie, sur son jumeau mort in utero, sur la lutte de son grand-père contre Franco, sur la mort de son mari. C’est un texte empreint de délicatesse, de poésie, de pudeur, un petit moment hors du temps alors même que le temps chemine vers la fin de vie, un de ces petits livres qu’on aura envie de relire un jour, parce qu’il demeure intemporel.
Un très beau texte sur l’amour maternel et le lien parfois taiseux qui unit une mère à ses enfants.
La fosse aux ours, août 2021, 124 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-35707-166-7
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Crédit photo couverture : © Marc Chilliet d’après Geo Dorival
Dessiner encore - Coco
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Le 07 janvier 2015, Coco s’apprête à quitter les locaux de Charlie Hebdo un peu avant la fin d’une réunion pour aller chercher sa fille à la crèche. Elle croise le chemin des terroristes qui la forcent à les conduire à Charb et l’équipe. Ils tueront sept des collaborateurs de Charlie et en blesseront grièvement quatre.
Coco raconte en texte et en images, d’une belle manière fluide et expressive, l’après. Mais aussi l’avant, le pourquoi, l’histoire des caricatures et ce qui a précédé (et suivi) ce jour.
« Je dois dessiner, dessiner encore ». pour surmonter cette vague qui l’a emportée et l’emporte encore, pour lutter pour la liberté de pensée et d’expression, pour survivre, pour vivre.
Un très bel ouvrage qui marque tant par le dessin que par le récit.
Les Arènes BD, mars 2021, 345 pages, prix : 28 € ; ISBN : 979-10-375-0283-4
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Crédit photo couverture : © Coco et éd. Les Arènes
Qui sème le vent – Marieke Lucas Rijneveld
Traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Daniel Cunin
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Lauréat de l’International Booker Prize en 2020, ce roman de la jeune Marieke Lucas Rijneveld (29 ans à l’époque) interpelle et impressionne fortement. C’est un roman sombre, à la fin surprenante et courageuse.
La narratrice, surnommée Parka du fait qu’elle ne quitte plus sa parka, s’en veut depuis la mort accidentelle de son frère sur le lac gelé, alors qu’elle venait de prier Dieu de le prendre lui plutôt que son lapin qui allait certainement passer à la casserole pour Noël. Comment vivre après cela ?
C’est bien tout le drame de cette famille protestante qui élève des vaches à la campagne, et chez qui la parole est difficile. Chacun tait ses souffrances. Les tourments vont s’ajouter les uns aux autres, et la petite fille s’enfermer dans un imaginaire débridé et des passages à l’acte sordides. Il faut avoir le cœur bien accroché sur tous ces passages relatifs à la scatologie (voire à la scatophilie), à l’inceste, au viol, à la violence.
Ils rendent la lecture extrêmement dérangeante, mais participent de la force du personnage, qui en devient inoubliable, jusque dans la fin en apothéose.
Buchet Chastel, août 2020, 286 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-282-03336-4
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Crédit photo couverture : © Cyril Tissot-Daguette / Libella, Paris, 2020
Le rapport chinois – Pierre Darkanian
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Tugdual Laugier est embauché chez Michard & Associés où pour un salaire mensuel net de 7000 €, il taille des crayons, enroule des cravates, et tente de battre le record du nombre de bûchettes de sucre qu’il peut s’enfiler dans la bouche. Le maître mot de l’entreprise, c’est la confidentialité, personne ne semble donc s’offusquer de ce que font (ou ne font pas) les collaborateurs.
Jusqu’à la rédaction du rapport chinois, 1084 pages de copiés-collés du web, qualifié d’excellent par son supérieur, mais oublié sur une table de restaurant où il sera récupéré par une flic un peu curieuse.
Le rapport chinois, ou l’empire du vide : l’auteur va loin dans l’absurde et la caricature, laissant le lecteur sidéré et amusé, et nul doute que vous ne resterez pas insensible au personnage hors norme de Tugdual Laugier ! Archétype de la médiocrité ? La satire de la bêtise cache un roman bien plus construit qu’il n’en a l’air, expliquant et dénonçant les affaires des subprimes, la domination du capitalisme et des placements fondés sur du vent. Réjouissant jusqu’au bout.
Prix Transfuge du meilleur premier roman français 2021
Anne Carrière, août 2021, 299 pages, prix : 19,90 €, ISBN : 978-2-38082-154-3
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Crédit photo couverture : © éd. Anne Carrière
Octobre 2021 en couvertures ...
Le spectateur – Théo Grosjean
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Cette BD est aussi fascinante que mystérieuse. Entièrement vue par les yeux de Samuel, tout au long de sa vie depuis l’accouchement. Ses parents pensent qu’il est muet, pourtant ses cordes vocales sont intactes, mais jamais il n’interagira avec les autres, spectateur du monde et de sa vie. Il s’exprime par le dessin et quels dessins !
Le scénario est particulièrement riche de thèmes abordés, tant dans la relation aux parents qu’aux copains, dans cette fascination pour la mort via le corbeau de la couverture notamment, dans la maladie, dans les personnages secondaires, etc. Le choix des couleurs, tout en vert et noir, est frappant, et correspond parfaitement à l’atmosphère du récit. De même que la page liminaire avec sa phrase ton sur ton en caractères embossés montre la qualité et l’innovation du travail.
Un vrai bel album !
Ed. Soleil coll. Noctambule, avril 2021, 165 pages, prix : 18,95€, ISBN : 978-2-302-09044-6
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Crédit photo couverture : © Théo Grosjean et éd. Soleil
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