Les jardins d'Hélène

litterature jeunesse

Où sont les fantômes ? - Fiona MacLeod

2 Novembre 2013, 14:33pm

Publié par Laure

Un crocodile au bord du Nil entend parler d’un pays de rêve : l’Écosse. Il rend visite au lion, puis à l’éléphant, pour savoir où c’est. L’éléphant connaît, enfin il n’y est jamais allé mais il sait que c’est au Nord, qu’il y pleut souvent et qu’il y a des fantômes, nourriture favorite des Écossais.

Les trois amis (le crocodile, le lion et l’éléphant) décident de s’y rendre pour manger des fantômes. Ils écartent de leur chemin la gazelle, la souris et le papillon, car ils ne sont pas assez courageux à leurs yeux pour un tel voyage. Une fois sur place, ils se familiarisent avec les spécialités écossaises (mais ne trouvent pas de fantômes) et effraient surtout la population. Mais dans le château où ils logent… surprise !

 

Un conte bien rythmé, drôle et qui fait le tour des caricatures écossaises : Nessie, les fantômes, la cornemuse, le whisky, la pluie, et toutes sortes de plats typiques en anglais dans le texte (traduit en face rassurez-vous). La mise en avant de certaines phrases ou mots en jouant sur la taille de police de caractère aide grandement à la lecture à voix haute, car même si l’on commence en lecture silencieuse pour soi, l’envie est trop forte de passer à voix haute pour jouer sur les tonalités.

Quand l’Afrique et l’Ecosse se rencontrent, ça fait des étincelles !

 

(Idéal pour les 6-9 ans)

 

Syros éd., coll. Mini Syros Paroles de conteurs, janvier 2013 (rééd.), prix : 3 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Rémi Saillard et éd. Syros

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Le loup qui mangeait n'importe quoi - Christophe Donner, Manu Larcenet (ill.)

20 Septembre 2013, 14:54pm

Publié par Laure

Regardez son gros ventre dodu et son air étonné sur la couverture : ben qu’est-ce qui ne va pas, loup ?

 

Écrite en vers (c’est plein de rimes !), c’est l’histoire très drôle d’un loup qui n’a pas mangé depuis des mois, et qui meurt littéralement de faim : le voilà prêt à avaler n’importe quoi. Il quitte donc sa couette douillette et sort de sa tanière (délicieuse illustration où son terrier ressemble fort à un sombre estomac), et part affronter le dur hiver neigeux (du bois de Saint-Cloud) en quête de nourriture.

« Le loup sortit du bois

Et entendit une voix.

C’était une brebis,

Égarée et transie. »

Elle le supplie de ne pas la manger, il le regretterait : elle a été mise à l’écart du troupeau car elle rote et cela incommode ses congénères. Il pourrait attraper son « vil penchant ». Le loup n’en a cure et la croque. Et commence à roter, à roter… S’ensuit un gros cochon (qui pète), un écolier (qui mange sa morve au nez), un double cheese de jumelles peureuses, le loup n’en peut plus de ces tares mal acquises. Il supplie un écrivain (« maudit, cherchant ses rimes ») de le libérer de ses malheurs mais celui-ci sèche, et le loup devient parricide : il mange son auteur….

 

A lire et à relire pour son écriture exquise, son humour (qui rote qui pète qui pue, nul doute que ça plaira aux enfants) et son clin d’œil à la création : qui a le fin mot de l’histoire, l’auteur fait bien ce qu’il veut non ? Subtil, drôle, le duo texte / illustration fonctionne à merveille, on reconnait dans le loup et les bulles rouges des scènes de dévoration certains des traits de BD de Larcenet.

 

Il faudra peut-être expliquer quelques mots aux enfants (il y a quelques « salamalecs ») mais le jeu en vaut la chandelle : ce loup deviendra un classique des bibliothèques enfantines et familiales et ne devrait pas manquer d’être souvent relu.

 

Bref, mon coup de cœur des albums de la rentrée !

 

La soupe aussi a aimé : clic !

 

Mango jeunesse, septembre 2013, prix : 14,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Manu Larcenet et éd. Mango jeunesse

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Edmond : la fête sous la lune – Astrid Desbordes et Marc Boutavant (ill).

20 Septembre 2013, 13:49pm

Publié par Laure

Edmond est un écureuil timide qui vit dans une maison à son image : petite et très ordonnée. Il aime faire de la confiture de noisettes, des pompons, et lire des romans d’aventures. Sa petite maison se situe au milieu d’un grand châtaignier. Tout en haut de l’arbre habite Georges Hibou, bien plus extravagant, qui adore se déguiser avec tout ce qu’il ramasse dans la nature. Au rez-de-chaussée habite l’ours Édouard, un joyeux fêtard qui bientôt organise une nouvelle soirée avec en point d’orgue, une excellente tarte « à rien ».  Tous les animaux de la forêt s’y pressent. Edmond l’écureuil aimerait bien y aller, mais il est trop timide et va se coucher bien triste après avoir fait une nouvelle marmite de confiture. Mais Georges Hibou vient le chercher et l’emmène à la fête…

Un bel album très coloré sur l’amitié, la timidité, et le courage de surmonter ses craintes. Les personnages choisis montrent bien les caractères différents des uns et des autres, qui n’empêchent pas de passer de bons moments ensemble. On est tous différents, mais on peut s’entendre ! La fantaisie de l’un, la bonne humeur de l’autre, la douceur et la générosité d’un autre, l’attention que l’on porte à un voisin solitaire, ça fait une très belle fête au creux du châtaignier. Simple et réconfortant.

(Et pour entourer les couleurs éclatantes de l’album  (fonds de pages jaune, rose, rouge, bleu turquoise pour la nuit) une multitude de pompons en dos de pages de couvertures : étincelles garanties, un vrai feu d’artifice… fait de pompons d’Edmond !

 

 

Nathan, septembre 2013, 32 pages, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Marc Boutavant et éd. Nathan.

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Le crocolion - Antonin Louchard

13 Septembre 2013, 15:07pm

Publié par Laure

 

 

Un petit lapin bien curieux pose des questions à son papa : tu sais quel est l'arbre le plus grand d'Afrique ? le plus grand fleuve ? le plus grand pays ? Etc. Pas de chance pour Petit Lapin, il est trop fort son papa : il est incollable sur l'Afrique! Et la réponse est donnée en pleine page de droite, à partir d'une photo retouchée (la question est sur la page de gauche, et l'illustration plus traditionnelle). Incollable, vraiment, ce papa ? Non ! Car il ne connaît pas l'animal le plus dangereux : le Crocolion ! Et son fils va lui expliquer pourquoi il est si dangereux...

Une chute savoureuse (je vous laisse la surprise), qui fera rire les enfants.

Regardez comme il n'a pas l'air rassuré Petit Lapin sur la couverture, derrière les grandes dents du Crocolion !

Impertinent, drôle, faussement sérieux ("un documentaire animalier"), sûr qu'il faudra le lire et le relire !

 

(à partir de 3 ans)

 

Ed. Thierry Magnier, août 2013, prix : 12 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Antonin Louchard et éd. Thierry Magnier

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Le livre abominable – Noé Carlain / Ronan Badel (ill.)

11 Juillet 2013, 14:42pm

Publié par Laure

Félix est un jeune garçon comme les autres qui connaît à l’école ou en famille quelques situations désastreuses ou très désagréables. Voire « abominables ».

C’est abominable quand … suivent sur chaque page une grande illustration pleine page qui n’est pas sans rappeler Sempé (et le Petit Nicolas de Goscinny) et une phrase qui décrit la situation gênante. C’est drôle et l’illustration complète et enrichit la situation humoristique.

Des gaffes, des bêtises, des « pas de chance », la liste des abominables est variée, mais le plus abominable, c’est la chute, dont je vous laisse la surprise !

Un bel album grand format qui plaira à tout âge (à partir de 6 ans tout de même).

 

Sarbacane, janvier 2012, prix : 15,90€

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Ronan Badel et éd. Sarbacane.

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La planète maths - Gisèle Bienne

5 Juillet 2013, 15:16pm

Publié par Laure

planete-maths.jpgMathilde est gauchère mais avant son entrée au CP, sa mère la force à « contrarier sa nature » pour la rendre droitière. Mathilde obtempère à contre cœur et c’est le début des ennuis et des difficultés en maths. Autant Mathilde aime les mots et composer avec, autant elle a du mal avec les maths, elle se dit « amatheuse ». Joli mot juste construit avec un a privatif.

 

Mathilde nous raconte son parcours de son entrée en CP à son entrée en 6ème, ses tourments intérieurs, les adultes en qui elle n’a pas confiance (surtout ses parents !), ses relations avec ses frères, le grand matheux et le petit plus fragile, son copain de classe Samuel, le maître qu’elle aime un peu en secret (à quelle époque est-on pour que le maître la choisisse pour aller lui acheter ses cigarettes après l’école et lui laisser la monnaie ? certainement pas de nos jours !)… mais si le récit intime est apaisé, égayé d’un poème de Jacques Roubaud qui rythme les chapitres, tout cela me semble un peu vain et ne va pas plus loin. La colère entrée, le théâtre d’ombres avec les mains, les dialogues avec  Peter Pan pour se libérer un peu de ses tourments intérieurs, Mathilde est intelligente et réfléchie, malgré toutes les qualités de ce roman du sentiment intérieur, je suis déçue par ce livre, qui ne me semble pas aller au bout de ses idées (l’absurdité qui consistait à contrarier les gauchers sous prétexte qu’il y aurait des bonnes et des mauvaises mains, l’incompréhension dans la relation parents-enfants ? , l’impuissance à supporter d’être nul en maths sans pouvoir agir (et avec ou sans lien à la latéralité contrariée ?), la toute-puissance des filières scientifiques ? Je ne comprends pas bien où l’auteur voulait réellement en venir, et cela m’a un peu gênée de rester sur cette faim (fin).

 

Je ne résiste pas à l’envie de citer le joli poème :

 

« Quand on est chat on n’est pas vache

On ne regarde pas passer les trains

En mâchant les pâquerettes avec entrain

On reste derrière ses moustaches

(quand on est chat, on est chat) 

 

Quand on est chat on n’est pas chien

On ne lèche pas les vilains moches

Parce qu'ils ont du sucre plein les poches

On ne brûle pas d'amour pour son prochain

Quand on est chat on n’est pas chien

On passe l'hiver sur le radiateur

(Quand on est chat, on n’est pas chien).

 

On passe l'hiver sur le radiateur

A se chauffer doucement la fourrure

Au printemps on monte sur les toits

Pour faire taire les sales oiseaux

On est celui qui s'en va tout seul

Et pour qui tous les chemins se valent

(Quand on est chat, on est chat). »      - Jacques Roubaud

 

(roman à partir de 10 ans)

 

L’école des loisirs, coll. Neuf, septembre 2012, 152 pages, prix : 9,20 €

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Crédit photo couverture : © Séverin Millet et éd. L’école des Loisirs

 

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Milton en pension - Haydé

18 Juin 2013, 16:17pm

Publié par Laure

milton-en-pension.jpgAh ! Milton ! C’est notre madeleine de Proust à Mosquito et moi. Elle a grandi avec les aventures de Milton, on attendait ensemble la sortie d’un nouveau titre et on allait vite l’acheter. Et on les lisait et relisait avec bonheur. Notre plus grande tristesse ? Avoir prêté notre collection et ne pas l’avoir vu revenir… Alors aujourd’hui Mosquito est un peu grande, mais on garde un œil sur Milton, notre matou noir et blanc.

Dans cet album, Milton sent le départ en vacances de ses maîtres approcher, et comme tout bon minet qui se respecte, se planque dans la valise pour qu’on ne l’oublie pas. Raté, il est vite retrouvé et c’est parti pour des miaulements à fendre l’âme sur la route de la pension. (Si vous avez un chat qui ne miaule pas en voiture, prévenez-moi, je n’ai connu que des Milton qui miaulaient sans discontinuer !). Bien sûr Milton déteste la pension : la vie en communauté, beurk, puis la solitude, l’ennui… et le retour des maîtres ! Je vous laisse la surprise de la chute, même si je ne suis pas certaine qu’elle soit comprise des touts petits, d’autant que nos minets bien élevés et stérilisés ne sont pas censés faire cela…

Pas grave, on aime le noir et blanc de Milton et de l’album (qui se colore quand même de turquoise et de rouge ici), les expressions bien vues que tout propriétaire de chat reconnaîtra, et comme souvent dans les séries, l’effet « attachement » au héros opère…

Milton fait partie des petits cadeaux valeur sûre aux enfants des familles qui aiment les chats.

  

Le teaser de l’album

 

 Mosquito et son premier Milton, il y a 6 ans déjà.

 

La joie de lire, mai 2013, prix : 10,80 €

Etoiles : stars-4-0. V192553758

Crédit photo couverture : © Haydé et éd. La joie de lire

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Moi, le loup et la cabane – Delphine Perret

12 Juin 2013, 09:06am

Publié par Laure

moi-le-loup-et-la-cabane.jpgLouis, son loup (les chocos, et tout le bazar) sont de retour avec une nouvelle aventure !

Allongé sur son lit, le petit garçon lit un documentaire très sérieux sur les loups : « Il mange entre 4 et 5 kilos de viande par jour, et préfère les proies sauvages aux troupeaux domestiqués. Il est capable de parcourir des kilomètres pour se nourrir » « Heu, ils doivent pas connaître mon loup », car son loup en effet se gave de bonbons au pied de son lit et lui lit des blagues Carambar !

Alors quand Louis emmène son loup à la campagne, quelle aventure ! Il se fait mordre par un papillon (sic) et rêve d’une belle cabane. Avec une baignoire tant qu’à faire, un salon, et des rideaux à pois aux fenêtres. Un peu comme la maison du voisin en fait ! La baignoire, elle est déjà trouvée, il a piqué l’abreuvoir des moutons dans le champ à côté. Allez, c’est parti pour la construction !

Mais où va-t-elle chercher tout ça, Delphine Perret ? Il est irrésistible ce couple improbable du loup et du petit garçon. Un loup d’une telle mauvaise foi pour le plus grand bonheur des lecteurs, petits et grands, qui ne boudent pas leur plaisir et ne comptent plus leurs éclats de rire. Il est un peu bébête, invente mille bêtises à l’heure mais qu’est-ce qu’il est drôle !

A lire, à relire, à offrir, à consommer sans modération, pour tous ceux qui ont gardé une âme d’enfant.

 

(Alors que je regardais Mosquito le lire, observant son visage impassible, je lui demande à la fin de sa lecture : ben ça te fait pas rire ? – moi je gloussais à chaque réplique – elle me rétorque : « ben ça va maman, j’ai plus 3 ans ». 12 ans et demi, l’âge ingrat. Grrmmmppffl. M’en f…, moi j’adore Delphine Perret, son loup, sa cabane, et tout le bazar. C’est dit. Et j’en redemande)

 

Thierry Magnier, avril 2013, prix : 12,50 €

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Crédit photo couverture : © Delphine Perret et éd. Th. Magnier

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L’alphabet des oiseaux – textes d’Eric Holder, illustrations de Nathalie Azémar

8 Juin 2013, 14:00pm

Publié par Laure

alphabet-des-oiseaux.jpgSoyons honnêtes, l’ornithologie et moi, ça fait deux. Disons qu’il ne m’est jamais venu l’idée d’aller m’acheter un livre sur les oiseaux… Mais j’ai toujours gardé un œil fidèle et bienveillant sur les publications de Delphine Montalant, que j’ai rencontrée à quelques reprises et dont je sais la passion pour son travail.

L’alphabet des oiseaux, c’est un abécédaire / imagier / recueil de poèmes où débordent imaginaire et poésie. Pour chaque oiseau (dont la plupart sont inconnus au bataillon – en tous les cas ils confirment mon ignorance en ce domaine), une belle illustration, souvent à la façon des gravures anciennes, fine, précise, riche de détails, et un petit texte souvent poétique et drôle. Commençons par l’araçari : « Araçari ou toucanet à bec tacheté ? Ah, ça ira, araçari ? Oui » (ça marche encore mieux avec la mise en page du texte) ; le dindon : « « La reine Didon dîna, dit-on, du dos dodu d’un dindon. » Tout ça, des on-dit, mais dis donc, en période de Noël ou de Thanksgiving, t’as pas la trouille ? Si »… quant aux derniers de l’alphabet, pas si facile !

On y vient, on y revient, on le rouvre à n’importe quelle page, c’est une belle découverte.

J’ai aimé particulièrement les textes d’Eric Holder, et les références ou possibilités d’exploration que laissent les illustrations. De même on pourrait continuer à s’amuser avec les mots, inventer d’autres textes ou d’autres oiseaux. Inépuisable, finalement !

 

Quelques illustrations à voir chez Liliba  

 

(Livre emprunté à la médiathèque)

 

Ed. Delphine Montalant, juin 2012, prix : 21 €

Etoiles : stars-4-0. V192553758

Crédit photo couverture : © Nathalie Azémar / Catherine Mantelet et éd. Delphine Montalant

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Cœur de hibou – Isabelle Wlodarczyk (texte) et Anne-Lise Boutin (illustrations)

6 Juin 2013, 09:48am

Publié par Laure

coeur-de-hibou.jpgUn bel album grand format (34 cm – oui je sais y’a que les bibliothécaires pour vous sortir ce genre de truc comme une évidence – mais nous ça nous parle très vite quand il s’agit de chercher dans nos bacs à albums et quand on pense grand format pour animation), aux couleurs franches : une explosion vive de bleu, vert, noir, orange pour un texte tout en douceur et tendresse.

Une louve est traquée – et tuée – par des chasseurs et son louveteau adopté par le hibou de la forêt qui a tout vu de la scène. S’ensuit une belle relation père-fils entre ces deux personnages pourtant bien différents (le louveteau essaie de voler en se parant de plumes !), qui dit avec poésie et tendresse l’attachement, la complicité, l’inquiétude quand l’un disparait, et que l’amour peut être très fort dans l’adoption aussi. Une belle histoire d’amour entre un père hibou et son fils loup, tout simplement …

 

Rue du Monde, mai 2013, prix : 16,50 €

Etoiles : stars-4-0. V192553758

Crédit photo couverture : ©Anne-Lise Boutin et éd. Rue du Monde

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