Les jardins d'Hélène

Le viandier de Polpette, tome 1 : L’Ail des ours – Olivier Milhaud – Julien Neel

10 Juin 2011, 15:19pm

Publié par Laure

Scénario : Olivier Milhaud

Dessins : Julien Neel

 

viandier-de-polpette.jpgUn autocollant vous alerte sur la couverture : "par l’auteur de Lou !" C’est donc bien le dernier ouvrage de Julien Neel, même s’il n’a pas grand-chose à voir avec Lou ! J’ai eu un peu de mal à entrer dans cette lecture, une fois n’est pas coutume, à cause du dessin. Je n’aime pas beaucoup les traits des personnages, ce cuisinier Polpette au visage trop large, carré, aux traits à peine esquissés et peu expressifs. De même pour les autres personnages, le comte Fausto a des traits trop féminins, et les bouches sont rarement dessinées, à peine marquées, seuls les hauts des visages prennent toute la place. Je n’avais jamais prêté attention à cela chez Neel auparavant, là ça m’a frappée d’emblée et je suis restée réticente au dessin.

 

Quant au scénario, il semble prendre deux pistes différentes, l’une pour moi plus intéressante que l’autre. Polpette est le cuisinier de l’auberge au « coq vert », et ses recettes sont données tout au long de l’ouvrage. Du solide, roboratif qui tient au corps. C’est bien, je n’ai rien contre, mais on finit par se demander si on est dans un concours de cuisine façon M6 un soir de semaine. Et puis Polpette n’a pas la place d’honneur annoncée, celle prise par le jeune Comte Fausto de Scaramanda me semble plus importante, avec bonheur d’ailleurs car l’intrigue semble plus riche que le Larousse de comment cuisiner les herbes de la forêt.

Fausto est un épicurien, élevé par son précepteur Biryani, qui l’entoure encore à l’âge adulte et s’efface devant ses caprices et sa paresse. Mais voilà que le père de Fausto s’annonce, en compagnie de trois cousins, alors que cela fait quinze ans qu’ils ne se sont pas vus. Que peut bien annoncer cette visite ? Cousins intrigants en quête d’héritage prématuré, forêt formant comme un huis-clos mystérieux, entre deux époques aussi, sans date mais où se mêlent carrosses et chevaux et premières automobiles, modernité aussi de la sensuelle Alméria qui n’a pas froid aux yeux, les personnages secondaires sont intéressants, mais c’est bien la relation père-fils qui me semble au cœur de l’ouvrage. Je ne sais quelle place prendra le cuisinier Polpette dans le tome suivant, mais j’avoue que ce premier volume qui ne le met en avant qu’en apparence, par le biais d’un titre daté, et des premières planches ne me séduit que modérément.

 

 

Gallimard, mai 2011, 136 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : © Julien Neel et Gallimard jeunesse.

(Et c’est bien en voyant le © Gallimard jeunesse et loi de 49 que j’ai réalisé que c’était bien une publication jeunesse. Je n’en suis pas convaincue à la première lecture.)

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Une petite nouvelle ...

9 Juin 2011, 21:18pm

Publié par Laure

 

 

 

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Elle a 7 semaines, Mosquito l'a appelée Chaussette. Oui je sais.... quel nom... la faute à ...

 

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Chaussette est épatante : litière trouvée et comprise dès le premier soir, croquettes aussi, bon, elle fait pas trop la différence entre celles pour chaton et celles de la grande, celle-là même qui n'est pas aussi ravie que Mosquito :

 

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Et ça fait des heures que Chaussette joue avec une feuille morte tombée du ficus...

 

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Absolument dé-bor-dée ! ou le paradoxe du fonctionnaire – Zoé Shepard 

9 Juin 2011, 19:28pm

Publié par Laure

 

absolument-debordee.jpgÉcrit sous pseudonyme, ce pamphlet a fait du bruit et son auteur a été suspendue de la fonction publique pour 10 mois dont 4 mois fermes sans traitement. Le Conseil Régional d’Aquitaine (son employeur donc) demandait également sa révocation.

 

Lauréate d’un concours de catégorie A de la fonction publique territoriale, Zoé Shepard a été recrutée comme chargée de mission auprès du directeur général chargé des affaires internationales au sein d'une grande collectivité. Chargée de mision, un titre qui veut certes tout et rien dire. Dès lors, elle observe ses collègues, et balance à tout va dans son livre : ils répondent aux doux noms de Coconne, L’Intrigante, Simplet, le clan des Chiotteries, et j’en passe… ils sont tous complètement idiots, elle a vraiment gagné tous les gros lots à la loterie des collègues abrutis, profiteurs, fainéants, etc. Là où ça pêche, c’est que Melle Shepard dit travailler dans une collectivité territoriale de 700 agents, et que bien évidemment, ils sont absolument TOUS comme ça (sauf elle bien sûr). Aucun ne trouve grâce à ses yeux. Et c’est parti pour 300 pages d’anecdotes et de ragots tous plus surréalistes les uns que les autres.

Entendons nous bien : bien sûr qu’il y a des abus, des bras cassés, des magouilleurs et du népotisme dans la Territoriale (comme partout ailleurs, y compris dans le privé), bien sûr qu’il faut dénoncer cela et tenter de faire bouger les choses, et que fait Melle Shepard, elle la haut-gradée qui a un pouvoir décisionnel ? Elle crache dans la soupe et profite à plein du système.

Son livre est un tel ramassis de clichés tous plus éculés les uns que les autres qu’il en perd toute crédibilité. Parce qu’elle est comment la réalité ? 99 % des gens font leur boulot correctement, avec passion pour certains, conscience et déontologie, ou au moins sérieusement pour d’autres. Encore une fois, c’est donc stigmatiser tout un corps de métier en faisant de la désinformation. Elle le dira elle-même plus loin : selon elle, seuls les cadres C et B travaillent réellement (pourtant elle les a bien inclus au départ dans les 700 de sa collectivité ne fichant rien), sont mal payés et pas reconnus. Il resterait donc 100 % de cadres A qui n’en font pas une rame. Là encore, quiconque fréquente un tant soit peu une fonction publique, qu’elle soit d’Etat, Territoriale ou Hospitalière, voit bien que ce récit caricatural n’est que médisance, autosuffisance, et plaisir de dénigrer. Ce n’est pas avec ce genre d’ouvrages qu’on va faire avancer quoi que ce soit : il n’est que désinformation et appât du gain de la part de la calomnieuse qui s’enrichit en droits d’auteur. [près de 300 000 euros selon le site rue89.]

Informer et dénoncer, oui, mais avec honnêteté et rigueur, c’est la moindre des exigences intellectuelles qu’on attendait de la cadre A que se dit être Melle Shepard : elle ne l'a visiblement pas compris.

 

 

Albin Michel, mars 2010, 300 pages, prix : 19 €

Sorti en poche en avril 2011 chez Points, 7 €.

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Crédit photo couverture : © Plainpicture et éd. Albin Michel

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Le club des chatons (5 tomes parus) – Sue Mongredien

5 Juin 2011, 15:20pm

Publié par Laure

 

traduit de l'anglais par Anne Delcourt

Illustrateurs différents selon les tomes

 

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Voici typiquement le genre de série qui nous laisse sceptiques et réticents en bibliothèque : pur produit marketing, girly à souhait (couvertures roses à paillettes sur les titres, bouilles de chatons irrésistibles), mais quid de la qualité littéraire? Soyons honnêtes : les histoires sont gentillettes, vocabulaire très simple, je n'ai lu que le premier tome et j'ai trouvé cela très moyen, et les illustrations pas terribles. Mais... mais... Mosquito adore, les a dévorés, et attend le 6ème impatiemment. (je précise que Mosquito n'aime pas trop lire, dès qu'il y a trop de pages, elle a peur, mais là, elle s'est jetée dessus, a dévoré les 3 premiers tomes en une soirée, et les deux suivants idem lorsqu'ils sont arrivés).

Parfait pour attirer des enfants qui sont encore de timides lecteurs, un bon moyen de les accrocher, de les fidéliser, en espérant qu'ils trouveront des médiateurs (parents, enseignants, libraires, bibliothécaires, etc.) qui sauront les amener en douceur vers d'autres textes plus exigeants. Je ne condamne donc pas ces séries (qui semblent se développer de façon exponentielle) mais on n'est pas loin non plus de l'overdose commerciale. Et ça plaît follement aux gamins qui en redemandent.

 

Je vous laisse méditer ? (Remarquez au passage que le nom de l'auteur n'apparaît même pas sur la couverture). Parce que les plus jeunes ont leurs collections sur les poneys, les chats, les chiens, les trucs et machins magiques, et Versailles, c'est bon, on en a soupé de Versailles et de ses colombes, ses filles du Roi et autres Lady G., les grands ont ... Marc L., Guillaume M. et Katherine P. (Je ne me fatigue pas, c'est en gros le hit des prêts à la bib sur la dernière année). On a le droit de lire de tout, à tout âge, de mélanger les lectures « de plage » et les lectures plus engageantes, mais cette surproduction si jeune n'est-elle pas déjà que le signe d'un formatage de lecture ?

 

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Sinon, à part ça, de quoi ça cause le club des chatons ? Chloé, une petite fille de 8 ans emménage dans une nouvelle région, et ses parents acceptent qu'elle adopte un chaton pour mieux s'adapter à sa nouvelle vie. Il y a une portée à adopter pas loin, et elles sont quelques fillettes à être intéressées. Chacune va adopter un chaton, et elles vont se retrouver régulièrement chez l'une ou l'autre pour voir leurs minets grandir et apprendre à s'en occuper, entre l'école et les cours d'équitation (tout y est, même le poney-club dont raffolent les filles). Moyen sain et sympathique de se faire des amies...

Et que se passe-t-il quand les chatons deviennent adultes et sont moins craquants ? (allez, je suis mauvaise langue, laissons nos petites filles rêver, vaut mieux des bouquins partout que pas de bouquins du tout? Et puis nous on avait bien nos Fantômette et nos Alice, Club des cinq et cie...)

 

Conseillé à partir de 6 ans (je dirais plutôt 7-8 ans)

et deviens membre sur www.leclubdeschatons.fr

 

 

Nathan, janvier – juin 2011, 93 pages chacun, prix : 4,50 € chaque

Notes : stars-4-0__V7092073_.gif (Mosquito), stars-2-0__V45687805_.gif(Laure)

Crédit photo couverture : © Shutterstock et éd. Nathan

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En attendant que le vent tourne – Blaise & Robin Guinin

3 Juin 2011, 10:34am

Publié par Laure

Scénario et dessin : Blaise Guinin

Mise en couleurs : Robin Guinin

 

en-attendant-que-le-vent-tourne.jpgTrois gamins d’une dizaine d’années passent leur été dans un petit village où ils jouent aux aventuriers dans les bois. Pierrot, Xavier et Florentin rêvent d’une belle cabane en haut d’un arbre. Alors que Xavier est parti rendre visite à son père, Pierrot et Florentin construisent la cabane de leurs rêves, sans ménager leurs forces. Mais quand au retour de Xavier la cabane est détruite, ils se vengent sur une bande de trois autres gamins, deux jumeaux toujours en tenue de foot et une petite fille, Lucie. Et c’est le début d’un scénario aussi bien construit que dérangeant sur le mensonge, la trahison, la lâcheté, et quand même… une timide histoire d’amour naissante.

Des questions plus profondes qu’il n’y paraît sous les jeux de ces mômes qui n’ont pas conscience de la violence de leurs actes et de leurs propos.

Les belles couleurs ocre et pastel n’épargnent pas la dureté des paroles et des gestes, et leurs conséquences tragiques.

Un superbe album conseillé par mon libraire BD, adopté illico par Mosquito qui m’a incitée à le lire très vite, et je confirme la qualité de l’ouvrage, à proposer dès 8-10 ans et sans limite d’âge.

Mosquito a adoré, a trouvé cela drôle parce qu’il y a plein de gros mots (c’est un vocabulaire d’enfants !) mais semble avoir été touchée par l’histoire aussi.

 

Casterman, janvier 2011, 132 pages, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : Blaise & Robin Guinin et éd. Casterman.

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Hello monsieur Hulot - David Merveille d'après Jacques Tati

2 Juin 2011, 18:20pm

Publié par Laure

 

hello-monsieur-hulot.jpgJ'ai laissé Mosquito fouiller dans les cartons à mon retour de la librairie BD, et voici son premier coup de cœur : Hello monsieur Hulot !

(à noter que je l'ai acheté chez mon libraire BD mais qu'il est certainement chez le libraire jeunesse aussi, et qu'il est de toute façon intergénérationnel !)

Un bel album sans texte, à mi chemin entre l'album jeunesse et la BD. Chaque saynète est construite de la même façon : une page de quelques cases, la chute se trouvant en pleine page au verso. Une chute qui révèle toute la poésie, l'imagination et la rêverie de ce monsieur Hulot ! Un monsieur qui voyage beaucoup, sans sortir de chez lui, ou sans quitter Paris, sauf à la toute fin de l'album. Beaucoup de détails à observer dans l'illustration pour percevoir la facétie du personnage, qui ne manque pas d'humour.

Le format à l'italienne se prête parfaitement au découpage et à la construction des scènes. A lire et relire sans modération !

 

Rouergue, octobre 2010, non paginé, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : © David Merveille et éd. Du Rouergue

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Le petit sommeil - Benjamin et Julien Guérif

29 Mai 2011, 17:32pm

Publié par Laure

 

le-petit-sommeil.jpgPierre est un adolescent de 15 ans un peu renfermé et solitaire, et il n'a pas su anticiper sa recherche de stage obligatoire pour le lycée. Il se retrouve donc contraint de demander l'aide de sa mère pour être pris dans la maison de retraite où elle travaille comme aide-soignante.

Dès lors on imagine un roman gentillet et sans surprise, où le jeune découvrirait la gravité de la vie et la compassion au contact des anciens devenus dépendants,et gagnerait la confiance en soi qui lui manque. Fi ! De courage et de confiance en soi il va être question, mais par d'autres détours ! L'intrigue va très vite prendre des accents de roman noir où Pierre devra prendre sur lui d'accepter des entorses à la loi. Jusqu'où sera-t-il capable d'aller pour cet Edmond, un vieil homme que tous qualifient de manipulateur et dont ils ont tous un peu peur, ce vieillard qui ne veut pas « mourir à petit feu » ?

Nul doute qu'on bascule dans le roman noir et l'ambiance des grands classiques - il est d'ailleurs souvent fait allusion au grand sommeil de Chandler , et au dilemme cornélien du Cid - et que la vie de Pierre ne sera jamais plus comme avant, mais pas pour les raisons qu'on aurait pu imaginer dès les premières pages ! Grand banditisme et références aux classiques du cinéma sont en toile de fond.

 

Un roman qui a eu le mérite de me surprendre, de développer un certain suspense addictif (jusqu'où vont-ils aller et que va-t-il se passer?), et de me faire découvrir au passage deux auteurs que je ne connaissais pas. Le petit sommeil est en effet le troisième roman des frères Guérif, qui travaillent aussi ensemble comme traducteurs et scénaristes. Seraient-ils les fils de François Guérif, éditeur et fondateur des éditions Rivages, spécialiste du roman et du film noirs, et co-directeur de cette collection « rat noir » chez Syros ? Assurément, ils ont tout de la bonne école.

 

A proposer dès 13 ans. (et c'est tant d'autres pistes ouvertes ! Votre ado devrait vous réclamer alors le grand sommeil, et de titre en titre... j'aime ces romans qui tendent la perche vers d'autres œuvres en suscitant la curiosité !)

 

éd. Syros, coll. Rat noir, mai 2011, 146 pages, prix : 11 ,90 €

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crédit photo couverture : © Pépito Lopez, photographie : photoalto / frédéric Cirou / et éd. Syros.


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Le passage de l'ange

25 Mai 2011, 22:00pm

Publié par Laure

Elles sont adorables mes filles...

 

Alors que ce matin je me levais à 5 h pour aller me geler pendant 7 heures d'épreuves écrites dans une halle splendide (hum) loin de chez moi pour ça (et seulement 5 postes) :

 

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c'est-y pas beau ? (28 ° dehors, moins de 15° dedans le matin !)

 

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elles m'avaient posé ça sur la table cette nuit :

 

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(et je sais combien il leur en a coûté car une réussite signifierait des changements dont elles n'ont pas envie ! )

Voilà, maintenant on va pouvoir reprendre une vie normale jusqu'en 2014 (date du prochain concours ?) et je vais peut-être pouvoir remettre le nez dans un roman... 

 

 

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Enlève ton masque

21 Mai 2011, 20:06pm

Publié par Laure

Parce que je n'en abuse pas, pour une fois, une brève de bib...

Ce matin dès l'ouverture, une enfant (12 ans me dira l'écran) me tend sa carte de bibliothèque, sans un mot. Je reste un brin surprise, elle ne rend pas de livres sinon je lui aurais dit que nous n'avons pas besoin de sa carte pour les retours mais je peux la garder le temps qu'elle choisisse, j'essaie donc de comprendre pourquoi elle me tend sa carte ainsi :

- Tu veux savoir s'il reste des livres sur ta carte ?

Sa mère, à ses côtés, répond à sa place :

- Non il lui faut un livre de masques africains.

Je passe outre le fait que je communique en général de manière plus aimable et moins sèche avec mes lecteurs et leur  propose gentiment d'aller voir avec elles dans le rayon arts premiers, art africain. Je leur sors quelques livres, leur suggère de les feuilleter et de laisser sur la table ce qui ne les intéresse pas. L'enfant ne semblant pas savoir quoi faire des livres que je lui tends, je lui dis :

- On va utiliser l'index, cherchons à "masques". Tu as un exposé à faire ? tu dois travailler sur l'histoire des masques africains ?

Réponse de la mère :

- Elle doit trouver une photo, donner la date, et dire ce que c'est.

Je leur montre quelques photos légendées, en ajoutant :

- Bien, je vous laisse regarder, vous devriez trouver quelques exemples dans ces livres ...

La mère regarde, en retient deux :

- On va voir avec ça, peut-être que ça ira.

 

Je suis censée être devin : fournir l'exposé clés en main sans qu'on m'adresse le moindre mot... même Goo*gle a besoin que vous lui demandiez quelque chose avant de répondre, non ?

Et le merci devait être en option j'imagine.

 

On fait un chouette métier, si si.

 

 

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Je suis un ange venu du Nord - Linn Ullmann

14 Mai 2011, 14:15pm

Publié par Laure

Traduit du norvégien par Hege Roel-Rousson et Pascale Rosier

 

je-suis-un-ange-venu-du-nord.jpgAprès une vie professionnelle et amoureuse bien remplie, Isak Lövenstad, gynécologue obstétricien renommé, se retire dans sa vieille maison d’Hammarsö. Isak a toujours aimé les femmes, épouses, maîtresses, il a eu trois filles nées de trois mères différentes, trois filles qu’il réunissait tous les étés pour les grandes vacances, dans cette fameuse maison d’Hammarsö. Puis tout s’est arrêté, que s’est-il-donc passé au cours de cet été 1979 pour que chacun reprenne sa route sans jamais revenir à Hammarsö ?

Seule sa fille aînée, Erika, a gardé un contact régulier avec lui. Ses deux demi-sœurs, Laura et Molly, ont pris leurs distances. Elles décident de se revoir et de rendre visite à leur vieux père, veuf et isolé. Au fil de la narration, c’est toute leur enfance et leur adolescence qui s’ouvrent au lecteur, les étés avec les amis du coin, les jalousies, les jeux, l’éveil des sens… Il y a le personnage très important de Ragnar, « l’ange venu du Nord », l’amoureux, l’ami, le souffre douleur, le nœud du secret et du drame dans la chaleur de l’été sur l’île scandinave, dans l’intimité des jeux troubles et cruels.

Si le roman prend le temps de dénouer le drame, il s’arrête hélas un peu trop vite, car rien ne sera dit du retour des filles auprès du père, seul compte le voyage, et le retour en mémoire des faits. Par bien des aspects, la violence des relations entre adolescents, la force des climats (chaleur, neige, tempête), ce roman m’a souvent rappelé la lecture récente de cet autre été nordique de Rax Rinnekangas dans la lune s’enfuit.

 

De belles découvertes à poursuivre dans la littérature nordique !

 

Actes Sud, septembre 2010, 363 pages, prix : 23 €

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Crédit photo couverture : © Jock Sturges et éd. Actes Sud

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