Les jardins d'Hélène

Ça n’a pas l’air d’aller du tout ! Olivia Hagimont (et Christophe André)

19 Juillet 2013, 08:53am

Publié par Laure

(ou comment les crises de panique me sont tombées dessus)

 

ça n'a pas l'air d'aller du tout !Olivia Hagimont est illustratrice, mariée et mère de deux enfants, la trentaine, une vie tout ce qu’il y a de plus normale. Quand soudain les crises de panique lui tombent dessus. Les vraies, ce trouble anxieux récurrent avec sensation de mort imminente, consultation des urgences et écart peu à peu de toute vie sociale pour éviter toute situation qui pourrait entraîner une nouvelle crise. Les attaques de panique sont une maladie bien connue des psychiatres, qui ont les remèdes adéquats (médicaments au départ, puis psychothérapie comportementale). (Les généralistes sont plus rares à faire immédiatement le diagnostic, on vous balade souvent de spasmophilie en tétanie en passant par stress et anxiété)

Bien sûr chaque cas est particulier et il ne sera pas forcément nécessaire de se faire interner volontairement en HP comme l’auteur pour s’en sortir, mais son ouvrage est excellent à plus d’un titre :

- il explique bien, clairement, et de manière juste

- il dédramatise et fait sourire

- la BD est sympa, scénario et dessins, tout se tient (ça donne envie d’aller voir ce qu’Olivia Hagimont a fait d’autre)

Ce qui est encore plus intéressant peut-être (la BD est un témoignage personnel), c’est la quinzaine de pages en postface rédigées par le médecin psychiatre Christophe André : il explique le mécanisme des crises, les façons de les gérer, de vivre avec, et de s’en débarrasser, ou du moins, de les accepter et de les maîtriser. Il écarte toutes les idées reçues et bêtises fréquemment entendues sur le sujet, et des pistes de lecture et de sites internet sont proposés en fin d’ouvrage pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin.

 

Un ouvrage qui allie humour, dédramatisation et explications simples, intelligentes et professionnelles.

A lire par tous ceux qui en souffrent, ou par leur entourage souvent démuni.  

 

Odile Jacob, mai 2012, 95 pages, prix : 14,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Olivia Hagimont et éd. Odile Jacob

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Lundi noir – Dominique Dyens

16 Juillet 2013, 15:10pm

Publié par Laure

lundi noirPaul Deshoulières, 55 ans, est un homme d’affaires accompli qui mène une vie bourgeoise confortable. Marié à Alice, qui voue un amour démesuré à l’argent et au niveau de vie qu’il lui permet, ils ont deux grands enfants partis faire leurs études à l’étranger. Tout semble donc aller pour le mieux dans ce couple aisé, mais il suffit de gratter un peu le vernis des apparences pour que celui-ci s’écaille à toute allure. Les adultères vont bon train, l’amour n’a plus grand sens, et Paul souffre en silence : depuis qu’il a été opéré cinq ans auparavant d’un cancer de la prostate, il est impuissant. Prêt à tout pour que sa femme ne le quitte pas, il n’a qu’une solution : lui offrir toujours plus d’argent, et pour ce faire, il comment un délit d’initié. C’est le début des ennuis.

 

Le début du roman est assez pénible à suivre, et agaçant sur certains points : beaucoup de termes et de sigles financiers dont on n’est pas forcément familier (je n’ai pas de master en CAC40), beaucoup de name dropping sur les boutiques du Faubourg Saint Honoré et les châlets à Gstaad (on n’est pas du même monde), sans trop que l’on sache bien de quel côté penche l’auteur. Mais quand les gros ennuis financiers de Paul semblent s’envoler comme par magie (un chèque anonyme lui arrive par la Poste), l’intrigue commence réellement et le lecteur y va de ses hypothèses. C’est bien plus complexe que ce que l’on aurait pu imaginer, et bien plus humain aussi que la superficialité énoncée de prime abord.

 

Je n’en dis pas plus, mais comme toujours avec les romans de Dominique Dyens, une fois commencé il est impossible de ne pas aller au bout d’une traite tant c’est bien ficelé.

 

Quelques points forts de ce roman : la façon très naturelle et courageuse de parler de la maladie, des suites d’un cancer de la prostate, de l’impuissance : il me semble que ce sujet est assez peu abordé en littérature, et le lier ici à la puissance (de l’argent) est doublement intéressant. Qu’est-ce qui fait un homme ? un statut social, un compte en banque qui déborde ou un sexe en pleine vigueur ?  De même la maladie d’Alzheimer est abordée très justement, sans fard, avec un autre personnage très important que je vous laisse découvrir. On a beau être très bien informé sur le sujet, les mots d’une réalité tangible restent touchants. Comme si la fiction était plus forte encore que tout ce que la littérature grise vous apprend au quotidien.

 

Le drame bourgeois est à son faîte, le vernis s’écaille, et le naturel revient au galop : c’est bien ce qu’on attendait de l’auteur, qui offre une fois encore (après Intuitions en 2011) un roman fort et prenant sur le jeu de l’amour et du pouvoir, même si ici l’aspect financier un peu trop développé peut rebuter un peu le lecteur qui n’est pas fan de cette actualité-là…

 

(Merci à Sylvie qui m’a offert ce roman pour mon dernier anniversaire)

 

 

Héloïse d’Ormesson, mai 2013, 205 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Emmanuel Pierrot / VU’ et EHO.

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Matantemma - Michel Picard

15 Juillet 2013, 19:40pm

Publié par Laure

(ah le plaisir simple de ressortir un vieux livre pour lequel aucune attachée de presse ou autre community manager n'attend d'article!)

 

matantemmaUn neveu rend visite chaque année à sa tante Emma (qui se prénomme d'ailleurs Eliane!) et son oncle André, couple de retraités installé dans les Ardennes. Depuis qu'elle est la retraite, « Matantemma » est une obsessionnelle du ménage : elle passe ses journées à briquer, frotter, laver, chasser le sale qui aurait bien quelque affinité avec le mal. Son mari, Mononclandré, est plus serein et s'occupe entre bricolage et ordinateur.

La première prouesse de l'auteur est d'avoir réussi à développer et renouveler son thème sur deux cents pages : toutes les techniques et toutes les manies nous sont narrées ! La seconde prouesse est bien sûr dans ce qu'il y a au-delà, dans cette vie singulière, dans ces activités routinières que l'on met en place à la retraite, pour s'occuper, pour se rassurer, dans la description fine de ce couple, de cette génération, où à bien des moments on pense à untel ou untel, des petits vieux comme cela, englués dans leurs habitudes qu'il ne faut surtout pas changer, on en connaît tous. Et gardons-nous bien de critiquer, comment serons-nous nous-mêmes ?

La dernière prouesse enfin, est dans les dix dernières pages, avec une fin brillamment amenée et conduite jusqu'aux dernières lignes.

Elle nous a agacée tout au long du livre cette Tantemma , et pourtant à la dernière ligne, on les aime ces deux-là, et avec quelle ironie du sort on salue le talent de l'auteur pour ce bon moment passé, et son écriture précise et juste.

 

Buchet-Chastel, août 2007, 189 pages, prix : 15,20 €

Etoiles : 

Crédit photo couverture : éd. Buchet-Chastel

 

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Ce qui restera de nous – Mark Gartside

14 Juillet 2013, 19:27pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Isabelle D. Philippe

 

« Ce qui restera de nous, c'est l'amour », extrait d'un poème de Philip Larkin cité par le narrateur.

ce qui restera de nousGraham Melton rencontre Charlotte Marshall, il est d'une famille de travaillistes, elle est issue d'une famille bourgeoise et conservatrice. Comment imposer à leurs parents leur volonté de se voir parce qu'ils s'aiment tout simplement ? C'était en 1985 en Angleterre, Thatcher était au pouvoir. Mais ils se sont aimés coûte que coûte et ils ont eu un fils, Michael. En 2009, Graham élève seul son fils, devenu adolescent qui fréquente à son tour une fille qui n'est pas du même milieu social que lui.

C'est Graham qui raconte leur histoire, histoire d'amour dramatique, histoire de papa solo, histoire de résilience, par un aller-retour maîtrisé entre passé et présent.

C'est ce que je pourrais appeler un bon roman d'été : rien de nouveau sous le soleil car l'histoire est assez attendue, mais la lecture en est rapide et plaisante. Un bon gros roman d'amour et de famille pas trop niais, qui sait placer ses ressorts, un peu de sensibilité et un fond d'actualité (il s'inscrit dans son époque, on se souvient de quelques événements). L’Angleterre n'a à mon sens que peu d'incidence sur l'histoire, les désaccords politiques et de classe, la crise économique auraient pu se trouver ailleurs dans le monde. Quant au vécu des personnages, il est universel, entre amours et malheurs, c'est la vie !

Quelques maladresses de traduction ici ou là, parfois un peu trop littérales : « C'était un tic que je lui avais déjà vu, mais j'ignorais jusqu'à ce jour qu'elle le faisait après le sexe ; (...) ». En français on dirait plutôt après l'amour, non ?. Ce premier roman, souvent comparé à ceux de David Nicholls, vaut surtout pour la qualité de sa construction et il saura toucher un large public (plutôt féminin?) en quête de romans d'amour et de société dans l'air du temps.

 

Lu dans le cadre du Club testeurs d'Amazon.

 

Belfond, mai 2013, 429 pages, prix : 20,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Fabrice Lerouge – Onoky – Getty Images, illustration ADT et éd. Belfond.

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La drôle de vie de Bibow Bradley – Axl Cendres

12 Juillet 2013, 09:06am

Publié par Laure

La drôle de vie de Bibow BradleyAttention pépite ! Une vraie, puisque ce roman a obtenu la pépite du roman adolescent européen au salon de Montreuil en novembre 2012. Destiné aux grands ados (à partir de 15 ans ?), il sera lu bien entendu par tout adulte un peu curieux de ce qui se fait de bon en littérature jeunesse.

Roman singulier, tant dans son style, très familier que dans le sujet traité, qui l’air de ne pas y toucher, aborde des questions sérieuses telles que ce que l’on demande réellement aux soldats américains et comment on les utilise.

Robert Bradley est le troisième du nom : après son père surnommé Rob ou Robby, revenu de la guerre de Corée avec une jambe de moins, et son grand-père surnommé Bob ou Bobby, rentrée borgne de Normandie en 44, c’est à son tour de prendre un surnom : ce sera Bibow. Pour la guerre, ce sera le Vietnam. Mais Bibow a une particularité : il ne connaît pas la peur, au sens propre du terme, particularité génétique, il sera donc récupéré par la CIA pour des missions hautement meurtrières.

 

J’aime beaucoup la conclusion de Michel Abescat dans Télérama : « On s’amuse beaucoup. Et on réfléchit après ! »  C’est bien là le tour de force de ce roman : dire des choses graves d’un ton léger et sans en avoir l’air. C’est pêchu, ça fait sourire, juste avant de glacer. Tout est maîtrisé, du début à la fin, et c’est parfait !

 

Pour vous donner une idée du ton (qui peut en faire fuir certains, pourtant, ce n’est pas gratuit et cela participe et du personnage et de la logique de l’histoire) :

p. 30 : « 1960 : Je me fais virer de l’école, où j’allais quand même de temps en temps, pour avoir traité Mademoiselle Kingsley de « suceuse de grosses queues poilues » - c’est Lou qui m’avait appris cette expression. Cette connasse de Kingsley m’avait ridiculisé parce que j’avais du mal à lire un texte, et c’est tout ce que j’ai trouvé à lui dire.

Le soir même, je passe pour un héros au bar ; et je me dis en me couchant, que ma vie ne peut prendre qu’un seul chemin : celui qui mène à devenir un tocard… comme le veut la tradition familiale. »

 

p. 51 « Le site de Fort Sill se trouve en pleine nature, près des montagnes de Wichita. Il a été choisi vers 1870 par un Major de mes couilles qui menait une « campagne en territoire indien pour mettre fin aux raids des tribus hostiles sur les colonies de pionniers installés aux frontières du Texas et du Kansas ». En d’autres termes : il butait des Indiens histoire qu’ils aillent pas faire chier les Blancs qui leur avaient piqué leurs terres. »

 

Vous l’aurez compris, le vocabulaire n’est pas académique mais c’est ce qui est dit derrière (et sur toute la longueur de l’ouvrage concernant les guerres et l’armée) qui mérite la discussion. Je ne connaissais pas Axl Cendres, jeune auteur(e) française, mais je vais m’intéresser de plus près à ses anciens titres !

 

Sarbacane, coll. Exprim’, septembre 2012, 205 pages, prix : 15,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : ©Gettyimages et éd. Sarbacane

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Le livre abominable – Noé Carlain / Ronan Badel (ill.)

11 Juillet 2013, 14:42pm

Publié par Laure

Félix est un jeune garçon comme les autres qui connaît à l’école ou en famille quelques situations désastreuses ou très désagréables. Voire « abominables ».

C’est abominable quand … suivent sur chaque page une grande illustration pleine page qui n’est pas sans rappeler Sempé (et le Petit Nicolas de Goscinny) et une phrase qui décrit la situation gênante. C’est drôle et l’illustration complète et enrichit la situation humoristique.

Des gaffes, des bêtises, des « pas de chance », la liste des abominables est variée, mais le plus abominable, c’est la chute, dont je vous laisse la surprise !

Un bel album grand format qui plaira à tout âge (à partir de 6 ans tout de même).

 

Sarbacane, janvier 2012, prix : 15,90€

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Ronan Badel et éd. Sarbacane.

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On me l'a enlevée – Benoît Springer (dessins) / Séverine Lambour (scénario)

7 Juillet 2013, 13:46pm

Publié par Laure

On me l'a enlevée

   Dans un petit village de Loire-Atlantique, un bébé de 6 mois est enlevé dans sa poussette, lors d'une fête foraine, le temps que sa mère tourne le dos pour acheter une barbe à papa. L'alerte enlèvement est aussitôt lancée pour que soit retrouvée au plus vite cette petite Lola.

   Au bar du coin, « la petite marée », patron et clients y vont de leurs commentaires, et l'émotion forte du départ se transforme vite en ragots divers.

   L'intrigue est cousue de fil blanc (le lecteur comprend très vite qui a fait le coup) mais sait mettre en avant l'ambiance toute rurale bienpensante qui devient médisante sans tarder. Les secrets, les on-dits, les je le savais bien, il n'en faut pas plus qu'un nouvel arrivant dans le bourg pour en faire un coupable tout trouvé, ou décider de manière péremptoire que la mère est mauvaise de toute façon.

   Le dessin m'a souvent déplu (que ce bébé est laid !), tout comme les femmes aux visages durs et assez peu féminines. Elles ne sont pas à leur avantage : seins lourds, ventres proéminents assises là sur leur banc, mais elles sont aussi le reflet d'une réalité : regardez autour de vous, il n'y a pas que des top models !

Du fait divers à la découverte du coupable, il reste encore une fin dramatique saisissante qui vous glace les sangs : à ne pas offrir à une maman de jeunes enfants !

Un album qui vaut donc surtout pour son regard réaliste sur le vase clos de la vie rurale.

(et j'y vis, j'ai les mêmes peu ou prou)

 

Vents d'ouest, janvier 2010, 47 pages, prix : 13,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Benoît Springer et Vents d'Ouest éd.

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rhgre:nkjkj !!!!

6 Juillet 2013, 21:13pm

Publié par Laure

Cette nouvelle version imposée par Overblog est une calamité.

Une "admin" qui ne permet plus grand-chose (sauf peut-être à celui qui connaît le html sur le bout des doigts), plus rien d'intuitif, une organisation désorganisée qui perd (du moins enterre) tout ce qui a plus de 8 jours, un design limité à 3 ou 4 possibilités toutes plus moches les unes que les autres, et un esprit "microblogging" à la tweetfacegram où il ne faut surtout pas penser plus de 2 lignes, mais bombarder la planète de milliers d'images insignifiantes repiquées chez les autres. Ah oui, on ne peut plus répondre aux commentaires non plus. Enfin si, mais on ne sait pas comment. Pas dans l'admin en tout cas. Apparemment il faut le faire comme les lecteurs qui commentent : en allant lire son propre blog, et en commentant le commentaire. On ne peut même plus changer la couleur d'une ligne de texte, pour mettre quelque chose en avant, on n'a droit qu'à "gras, italique, souligné". Super.

Bien sûr que j'ai pensé à Wordpress (j'y ai même créé un tout petit clone qui dort). Mais pour un blog de 1500 articles (j'ignore d'où sortent les chiffres mis en colonne par Over-Blog dans les catégories, ils n'ont rien à voir avec la réalité qui dort de manière invisible dans les archives qui apparaissent "vides" au public), ce n'est pas si simple. La version hébergée de wordpress est insuffisante. D'autant qu'over-blog ne permettait pas l'export et qu'il fallait trouver des petits génies gentils du web. (d'ailleurs s'il y en a un quelque part...) Il me faudrait installer wordpress en local, utiliser un serveur ftp, choisir et payer un hébergeur et j'en passe. Je n'ai le temps ni l'envie.

Je vais lire et aller vivre un peu loin d'ici, ça me calmera peut-être. Si je ne regrettais pas de perdre 7 ans de lectures, je fermerais ce blog.

Over-blog ne mérite pas les blogueurs qu'il a et pour qui sait être patient, je trouverai une solution, un jour, peut-être, pour récupérer mon barda et aller voir ailleurs. (Parce que partir sans ma valise de 1500 billets ne m'intéresse pas)

Génial de savoir que ce blog a vu passer 656 720 visiteurs uniques depuis sa création, lesquels ont vu 1 514 038 pages. Et après ? Quelle précision pour une plateforme qui n'est même plus capable d'afficher les catégories choisies dans leur intégralité ! avec le bon nombre d'articles correspondants, qui a tout bonnement supprimé l'index auteurs soigneusement tenu à jour de plus de 800 lectures, alors entends-moi bien over-blog, toi et moi dorénavant, on ne va plus s'entendre. Plus du tout.

(ah super, pour ceux qui ont basculé de google reader à feedly, et pour tous ceux qui me suivent via un agrégateur probablement, vous allez voir passer l'intégralité de mes archives en nouveauté, croyez-moi, j'en suis bien désolée et pour rien dans l'affaire)

 

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La planète maths - Gisèle Bienne

5 Juillet 2013, 15:16pm

Publié par Laure

planete-maths.jpgMathilde est gauchère mais avant son entrée au CP, sa mère la force à « contrarier sa nature » pour la rendre droitière. Mathilde obtempère à contre cœur et c’est le début des ennuis et des difficultés en maths. Autant Mathilde aime les mots et composer avec, autant elle a du mal avec les maths, elle se dit « amatheuse ». Joli mot juste construit avec un a privatif.

 

Mathilde nous raconte son parcours de son entrée en CP à son entrée en 6ème, ses tourments intérieurs, les adultes en qui elle n’a pas confiance (surtout ses parents !), ses relations avec ses frères, le grand matheux et le petit plus fragile, son copain de classe Samuel, le maître qu’elle aime un peu en secret (à quelle époque est-on pour que le maître la choisisse pour aller lui acheter ses cigarettes après l’école et lui laisser la monnaie ? certainement pas de nos jours !)… mais si le récit intime est apaisé, égayé d’un poème de Jacques Roubaud qui rythme les chapitres, tout cela me semble un peu vain et ne va pas plus loin. La colère entrée, le théâtre d’ombres avec les mains, les dialogues avec  Peter Pan pour se libérer un peu de ses tourments intérieurs, Mathilde est intelligente et réfléchie, malgré toutes les qualités de ce roman du sentiment intérieur, je suis déçue par ce livre, qui ne me semble pas aller au bout de ses idées (l’absurdité qui consistait à contrarier les gauchers sous prétexte qu’il y aurait des bonnes et des mauvaises mains, l’incompréhension dans la relation parents-enfants ? , l’impuissance à supporter d’être nul en maths sans pouvoir agir (et avec ou sans lien à la latéralité contrariée ?), la toute-puissance des filières scientifiques ? Je ne comprends pas bien où l’auteur voulait réellement en venir, et cela m’a un peu gênée de rester sur cette faim (fin).

 

Je ne résiste pas à l’envie de citer le joli poème :

 

« Quand on est chat on n’est pas vache

On ne regarde pas passer les trains

En mâchant les pâquerettes avec entrain

On reste derrière ses moustaches

(quand on est chat, on est chat) 

 

Quand on est chat on n’est pas chien

On ne lèche pas les vilains moches

Parce qu'ils ont du sucre plein les poches

On ne brûle pas d'amour pour son prochain

Quand on est chat on n’est pas chien

On passe l'hiver sur le radiateur

(Quand on est chat, on n’est pas chien).

 

On passe l'hiver sur le radiateur

A se chauffer doucement la fourrure

Au printemps on monte sur les toits

Pour faire taire les sales oiseaux

On est celui qui s'en va tout seul

Et pour qui tous les chemins se valent

(Quand on est chat, on est chat). »      - Jacques Roubaud

 

(roman à partir de 10 ans)

 

L’école des loisirs, coll. Neuf, septembre 2012, 152 pages, prix : 9,20 €

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Crédit photo couverture : © Séverin Millet et éd. L’école des Loisirs

 

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Le jour de nos cent ans...

28 Juin 2013, 08:38am

Publié par Laure

Il y a quelques jours, avec mon collègue artiste mime metteur en scène réalisateur tout ça tout ça né le même jour que moi mais pas la même année donc est-ce vraiment le même jour etc., nous fêtions à nous deux nos 100 ans réunis. C’est un peu le rituel de fin d’année, on convie les bénévoles qui œuvrent tout au long de l’année au bon fonctionnement de la bibliothèque et du centre culturel, chacun apporte un plat et on a à manger pour quinze jours  (On me souffle dans l’oreillette que si en plus il faut apporter quelque chose, ce n’est plus une invitation. Bah si, allez, seule compte la bonne humeur, et si on était riches dans la culture, ça se saurait. Fi du point d’indice gelé depuis trois ans et des fiches de paie qui ne font que baisser pour rattrapage de cotisations pour équité, le coût de la vie lui, il n’est pas gelé depuis  trois ans hein, bon, on a dit seule compte la bonne humeur.)

Donc… les coquins participants nous avaient réservé une surprise : il nous a fallu souffler 100 bougies alignées sur le devant de la scène, ça n’impressionne pas qu’un peu, une largeur tout entière de scène de salle de spectacle ! Chacun à un bout et on se rejoint au milieu. Non chacun souffle le nombre de bougies qui lui correspond. Euh, on a vite oublié cette option. Il y a quelques photos, mais je ne sais pas qui les a

 

Il y a eu le cadeau de circonstance :

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(et je sais comme c’est difficile d’offrir un livre à une bibliothécaire : mais non, il suffit de séparer livres qu’on achète pour le travail et qu’on n’a pas le temps de lire – et certainement pas tous !, et livres personnels qu’on peut trimballer partout et garder indéfiniment, donc bien sûr que ce livre m’a fait plaisir, et sincèrement je ne l’ai pas déjà lu)

 

Les cadeaux des uns et des autres :

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(des fleurs magnifiques, le dernier CD d’Alex Beaupain et le dernier roman de Dominique Dyens)

 

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Puis le chat chaussette dans un joli pochon (merci Estelle ! vous savez, Estelle de la pochette de la liseuse) qui a fait des jalouses à la maison et qui est plus sympa que le vrai parce qu’il ne me réveille pas la nuit (bon d’accord le vrai et ses ronron sont irremplaçables), et le chat Michel de Leslie Plée (merci mes filles !) qui me régale le soir en ce moment (et oui les journées sont si remplies qu’il me faut plus de 4 jours pour lire une BD)

 

Merci à vous aussi, lecteurs blogueurs et auteurs notamment, qui m'avez laissé des messages sur Facebook

 

Et demain matin je repars à Nantes (360 km AR, tout en étant au bureau à 14h, hum !) chercher l’aîné qui quitte l’internat avant de réemménager à la rentrée dans un appart en coloc avec deux copains qui passent en MP* et lui en PSI (sans l’étoile mais il sait combien je suis fière de lui, 16 heures de maths et 12 de physique - à la louche, j'en sais rien - par semaine moi j’aurais jamais pu), on aurait préféré l’internat mais il n’y a pas de place pour tous, les élèves de première année sont prioritaires, on le savait.

La deuxième n’est pas en reste, Terminale l’an prochain, et Mosquito passe en 5ème (avec latin moribond – qui a dit « comme ce blog » ?) et si le soleil daignait se montrer (gris pluie 14° encore) on pourrait presque penser aux vacances…

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