Le loup qui mangeait n'importe quoi - Christophe Donner, Manu Larcenet (ill.)
Regardez son gros ventre dodu et son air étonné sur la couverture : ben qu’est-ce qui ne va pas, loup ?
Écrite en vers (c’est plein de rimes !), c’est l’histoire très drôle d’un loup qui n’a pas mangé depuis des mois, et qui meurt littéralement de faim : le voilà prêt à avaler n’importe quoi. Il quitte donc sa couette douillette et sort de sa tanière (délicieuse illustration où son terrier ressemble fort à un sombre estomac), et part affronter le dur hiver neigeux (du bois de Saint-Cloud) en quête de nourriture.
« Le loup sortit du bois
Et entendit une voix.
C’était une brebis,
Égarée et transie. »
Elle le supplie de ne pas la manger, il le regretterait : elle a été mise à l’écart du troupeau car elle rote et cela incommode ses congénères. Il pourrait attraper son « vil penchant ». Le loup n’en a cure et la croque. Et commence à roter, à roter… S’ensuit un gros cochon (qui pète), un écolier (qui mange sa morve au nez), un double cheese de jumelles peureuses, le loup n’en peut plus de ces tares mal acquises. Il supplie un écrivain (« maudit, cherchant ses rimes ») de le libérer de ses malheurs mais celui-ci sèche, et le loup devient parricide : il mange son auteur….
A lire et à relire pour son écriture exquise, son humour (qui rote qui pète qui pue, nul doute que ça plaira aux enfants) et son clin d’œil à la création : qui a le fin mot de l’histoire, l’auteur fait bien ce qu’il veut non ? Subtil, drôle, le duo texte / illustration fonctionne à merveille, on reconnait dans le loup et les bulles rouges des scènes de dévoration certains des traits de BD de Larcenet.
Il faudra peut-être expliquer quelques mots aux enfants (il y a quelques « salamalecs ») mais le jeu en vaut la chandelle : ce loup deviendra un classique des bibliothèques enfantines et familiales et ne devrait pas manquer d’être souvent relu.
Bref, mon coup de cœur des albums de la rentrée !
La soupe aussi a aimé : clic !
Mango jeunesse, septembre 2013, prix : 14,50 €
Etoiles : 
Crédit photo couverture : © Manu Larcenet et éd. Mango jeunesse
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Béatrice est auxiliaire de puériculture dans une maternité. Elle livre son regard sur ce premier rapport à la maternité, ce lien mère-enfant qui se noue dans l’intimité des chambres, et sur la réalité que renferment ces pièces. C’est parfois violent, mais toujours juste. « Chambre 2 », c’est une histoire terrible, celle d’une mère devenue folle parce qu’elle a perdu à la naissance une des jumelles qu’elle portait. Cette chambre 2 ouvre et clôt le roman, et permet à la narratrice de se révéler à elle-même. En parallèle de ces histoires de vie et de mort (oui il y a des morts en maternité, beaucoup plus qu’on ne l’imagine), Béatrice narre son parcours de danseuse nue au Cabaret de l’amour, un spectacle monté avec son compagnon Gabor, leur ami Paolo, et les deux Pierre, amants dans la vie et travestis à la scène. Vie de bohème et naissances singulières de ses enfants, récit du corps qui s’impose à travers la danse (et la naissance), quelque chose de profond s’entremêle dans ces parcours successifs d’artiste et de puéricultrice après un nouveau drame de la vie.
Jill, 16 ans, est une adolescente comme les autres à la différence près qu’elle est aveugle depuis l’enfance, suite à une grave maladie. Mais elle entend bien vivre comme les autres et va jusqu’à tenter des expériences dangereuses pour se convaincre qu’elle peut y arriver, comme la scène d’ouverture où elle se rend au lycée en prenant le métro sans sa canne blanche. Un brin obstinée, elle n’en fait qu’à sa tête pour défendre sa liberté et son autonomie, et se retrouve témoin auditif d’une agression sauvage nocturne dans un parc de Paris. Mais la police appelée sur les lieux ne trouvera aucune trace de victime blessée ni d’agression.


Première phrase :
Quentin Silber s’est fait virer du lycée St Ex, trop d’absentéisme et d’insolence. Ce n’est pas une sanction votée par le conseil de discipline, mais une solution fièrement trouvée par le proviseur : changer Quentin d’établissement à la rentrée. Lui proposer le lycée Clemenceau, établissement bourgeois bien fréquenté, qui peut l’amener à changer de comportement, à saisir les chances qui lui sont données, à lui de voir : la balle est dans son camp.
Le jour de Noël, quelque part dans le Michigan, Holly se réveille plus tard que d’habitude. C’est un peu la panique à bord, elle a un repas à préparer et beaucoup d’invités qui vont arriver. Sa fille Tatiana dort encore, et son mari se lève en vitesse pour aller chercher ses parents à l’aéroport. Dès lors, plus rien ne se passera comme prévu.
