Les jardins d'Hélène

L'enfant - Colas Gutman

7 Octobre 2011, 06:29am

Publié par Laure

Illustrations de Delphine Perret

 

l-enfant-gutman.jpgLéonard est un petit garçon de la ville qui aime « marcher sur les trottoirs, sauter sur les bancs, aller au cinéma et courir après les pigeons ». Mais ses parents adorent la campagne et l’y emmènent se promener tous les week-ends. C’est nul la campagne, on ne peut « rien faire à part : admirer. Admirer c’est pareil que s’ennuyer mais avec les yeux grand ouverts. »

Et voilà Léonard qui s’aventure sur un sentier, et rencontre un mouton, une poule, une vache… Tous vont lui demander à quoi il sert, pour toujours arriver à la conclusion qu’un enfant ça ne sert à rien, alors qu’eux au moins, ils fournissent de la laine, du lait, des œufs…

Alors puisqu’un enfant ça ne sert à rien, apportons-le à croquer au loup. Mais Léonard n’a pas peur du loup, c’est un enfant de la ville, (faut suivre quoi !), il a peur des chiens. Et l’auteur de nous offrir une scène revisitée des célèbres répliques du petit chaperon rouge.

 

Ah la la, je pourrais vous raconter tout le livre, tant il est délicieux et drôle du début à la fin. Les petites phrases font mouche, les illustrations toutes simples apportent un petit plus sympathique, et l’histoire joue sur les peurs et les grands questionnements avec humour !

Un régal.

 

(Dès 6-7 ans en lecture autonome, et avant si c’est papa ou maman qui lit l’histoire !)

 

L’école des loisirs, coll. Mouche, septembre 2011, 37 pages, prix : 7 €

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Crédit photo couverture : © Delphine Perret et l’école des loisirs.

 

 

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Nos vies romancées - Arnaud Cathrine

6 Octobre 2011, 07:02am

Publié par Laure

nos-vies-romancees.jpgJ’aime beaucoup les romans d’Arnaud Cathrine. Je n’ai donc pas pu m’empêcher d’acheter ce nouvel ouvrage sur ses « livres de chevet », ces fameux auteurs qui l’ont accompagné et construit.

Ici, point de liste des cent livres qu’il faut avoir lus, le choix est restreint, puisqu’il se limite à six titres ou auteurs : Frankie Addams, de Carson McCullers, Françoise Sagan, les Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes, Mars de Fritz Zorn, Sarah Kane, et Jean Rhys.

Si Cathrine s’explique en ouverture de sa volonté d’écrire dans une démarche personnelle mais pas forcément intime, c’est peut-être ce qui m’a laissée trop à l’écart de son texte, car j’ai souvent eu l’impression d’une analyse littéraire poussée, plus que de l’expression d’un rapport intime au texte, en effet. Si pour certains auteurs il m’a donné envie de les découvrir (notamment le théâtre de Sarah Kane), beaucoup d’autres passages m’ont paru plus proches d’un quasi cours universitaire par lequel je ne me sentais pas du tout concernée. (Peut-être aurait-ce été plus profitable si j'avais lu les auteurs en question avant)

Pour avoir rencontré plusieurs fois Cathrine dans des échanges publics en médiathèque notamment, je préfère l’écouter parler de ces auteurs et de leur lecture que le lire sur le même thème.

Je vais rester davantage fidèle à ses romans.

 

Lire le début de l’ouvrage : sur le site de l’auteur 

L’avis d’Antoine, d’Art souilleurs  

 

Stock, septembre 2011, 206 pages, prix : 18,50 €

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Crédit photo couverture : © éd. Stock.

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Délit de fuite - Christophe Léon

5 Octobre 2011, 09:28am

Publié par Laure

delit-de-fuite.jpgSébastien, 14 ans, a des parents divorcés. Un week-end sur deux, il part avec son père dans leur maison de campagne. Parce que celui-ci a un rendez-vous avec le plombier et qu’il craint d’être en retard, il fait fi de la prudence, et percute à vive allure une femme qui venait de sortir de sa voiture, sur le bord de la route.

A la grande surprise de son fils, il fuit, et lui demande de tout oublier et de ne plus en parler. Ce que bien sûr ne peut supporter Sébastien. La femme est-elle morte, ou juste blessée ? Il réussit à la retrouver, elle est hospitalisée, et il sympathise avec son fils Loïc, 17 ans, seul à affronter la situation.

La construction est intéressante et habile : par alternance des chapitres, on a le récit de Sébastien, à la première personne, et celui de Loïc, plus surprenant, à la deuxième personne. Ce « tu » crées une mise à distance étonnante mais plaisante. Même si les ressorts de la construction sont un peu trop visibles, ça fonctionne, et l’on ne peut s’empêcher d’aller au bout quasi d’une traite, pour savoir jusqu’où va pouvoir se nouer cette amitié, et si Sébastien va avouer ou non ce qui le bouleverse.

Un roman intéressant sur l’image qu’on peut avoir d’un père, et qui se trouve chamboulée du jour au lendemain, et si le roman aborde la question de la sécurité routière, il n’est absolument pas moralisateur, il évoque des faits, et les réactions des personnages qui doivent « faire avec ». Car même avec une idée arrêtée sur la question, on ne peut s’empêcher de se dire « et moi, qui sait ce que j’aurais fait dans un moment de panique ? »

Le roman aborde aussi la question d’une amitié improbable qui néanmoins triomphe, quand l’autre est peut-être avant tout une bouée de secours.

Un bémol sur la fin, bien trop ouverte à mon goût (les habitués de ce blog savent que je déteste les fins ouvertes, genre on a tout bien fait jusque là, maintenant débrouillez-vous, imaginez ce que vous voulez. Non, j’ai l’impression qu’on me laisse en plan et que l’auteur n’a pas eu le courage de faire un choix), même si ici, on peut imaginer sans trop se tromper une partie des conséquences, mais absolument ce qu’on veut au sujet de la mère.

Pour conclure, un roman inhabituel et vraiment prenant, qui mérite largement qu’on s’y arrête !

 

Des avis (enthousiastes aussi) ici : les riches heures de Fantasia (Sophie), Oceanicus in folio (Bladelor), ...

 

 

La joie de lire, coll. Encrage, janvier 2011, 175 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : © Hervé Tullet et éd. La Joie de Lire

 

 

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Famille modèle - Eric Puchner

4 Octobre 2011, 14:32pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par France Camus-Pichon

 

famille-modele.jpgUne famille modèle classique : papa, maman, leurs trois enfants, et Mister Leonard, le chien ; ils ont quitté le Wisconsin pour le rêve américain sous le soleil de Californie, las, la réalité est bien loin d’être dorée !

Surendetté, Warren Ziller, le père, ne veut pas avouer ses échecs à sa femme, et tous vont connaître, amers et désabusés, une multitude d’épisodes tragi-comiques.

Le thème n’est pas nouveau, le roman possède ces qualités de verve au long souffle avec rebondissements nombreux, mais l’ensemble pour moi s’est néanmoins essoufflé bien vite, et passé le pivot central qui fait basculer la vie du fils aîné Dustin (et par ricochets la famille entière), j’ai trouvé le temps bien long. Rien d’exceptionnel sous le soleil californien, des passages déjantés un peu forcés qui réussissent à réattirer l’attention (toute la partie sur la fugue du jeune Jonas), une lecture facile, mais pas de coup de cœur particulier.

 

Lu dans le cadre du club testeurs d’Amazon

 

  

Albin Michel, août 2011, 522 pages, prix : 24 €

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Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel

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Brise glace - Jean-Philippe Blondel

30 Septembre 2011, 14:30pm

Publié par Laure

brise-glace.jpgAurélien, 17 ans, nouveau venu au lycée, est un élève solitaire qui ne cherche pas trop à se lier d’amitié avec les autres. Paraître invisible lui convient très bien. Effacé, il porte un drame en lui, auquel il s’efforce de survivre depuis quatre ans. « Cela avait un rapport avec l’hiver, avec la glace. Avec le deuil. » (p.85) Inutile d’en dire plus, d’ailleurs quand on connaît tous les autres ouvrages de Blondel, l’histoire nous est quasi familière. Mais Aurélien va céder sous le « brise-glace » qu’est Thibaud (avec un d, il insiste) et c’est par l’intermédiaire du slam que l’adolescent va se libérer du poids qui l’engourdit. Un très beau roman sur la culpabilité, la trahison, la vie qui continue toujours, et le pouvoir de l’écriture dans la reconstruction.

 

Sans doute pas mon préféré de l’auteur, peut-être parce que le slam et l’écriture qui y est liée ne m’ont pas vraiment touchée - même si j’apprécie toujours autant la sensibilité intérieure des personnages et leur façon d’y faire face - parce que son univers peut-être m’est devenu trop familier, ou les parutions trop rapprochées, alors que paraissait au même moment Et rester vivant, et que je perçois forcément les similitudes… Mais pour un ado qui découvrirait Blondel par ce titre-là ou après quelques autres de cette collection (ce qui est quand même le plus vrai semblable !), je pense qu’il y a là matière à le toucher, ne serait-ce que par le ton très proche : Blondel est un fin observateur de l’adolescence (il est enseignant en lycée) et ça se sent !

 

Lu et aimé par Clarabel, Bauchette,  Serge Cabrol pour encres vagabondes, …

 

Actes Sud junior, septembre 2011, 106 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Ocean / Corbis et éd. Actes Sud junior

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Derniers adieux - Lisa Gardner

29 Septembre 2011, 19:36pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'américain par Cécile Deniard

 

derniers-adieux.jpgC'est moi ou la pédophilie et la pornographie mettant en scène des enfants est vraiment à la mode en ce moment dans les polars ? Du coup ce thriller se veut assez convenu, sans grande originalité (sa seule part originale a trait à l'élevage des nombreuses araignées évoquées), et ne gagne son rythme haletant que sur les cinquante dernières pages.

Certes la construction est habile, les passages en italique traduisant le point de vue des enfants victimes induisent des narrateurs différents dont on n'a pas toujours conscience sur le moment, mais ce procédé use aussi du filon « la victime reproduit ce qu'elle a vécu enfant », oscillant entre reconduction du mal ou reconstruction positive façon happy end, ce qui n'a rien de bien nouveau.

L'enquêtrice enceinte et confrontée à un choix dans sa vie de couple apporte une touche féminine à l'ensemble, mais la psychologie des personnages reste là encore convenue et souvent déjà vue.

Nul doute que depuis le Grand Prix des Lectrices de Elle 2011 dans la catégorie policiers pour son précédent titre (La maison d'à côté) on nous abreuve de traductions de ses nouveaux romans, voire d'anciens (à noter que celui-ci date de 2008 en VO). Attention à ne pas en faire un produit purement commercial.

 

Lu dans le cadre du club testeurs d'Amazon, début août 2011

 

Albin Michel, coll. Special Suspense, 1er septembre 2011, 422 pages, prix :21,50 €

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Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel.


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A mort la mort – Frédéric Kessler

27 Septembre 2011, 14:00pm

Publié par Laure

a-mort-la-mort.jpgLéopold Sinécure, 11 ans, vient de perdre son grand-père. Le décès est annoncé par le croque-mort du village, Albert Nuizzard, marié à la sage-femme Joséphine, qui avec le même roulement de tambour, annonce les naissances. C’est le cycle de la vie.

Mais Léopold ne l’entend pas de cette façon : il ne comprend pas à quoi sert la mort, sinon à faire pleurer les gens, il décrète alors, avec son copain Alphonse « La mort ne sert à rien. A mort la mort. » Mais à chaque fois qu’ils prononcent cette phrase, des événements étranges se produisent, tels que décrits dans le grand livre des croque-morts, trouvé chez Albert : « Malheur à ceux qui auront pour projet de tuer la mort, car elle les rejoindra à pas de géant, dans un cliquetis infernal pour cracher sur les insolents son haleine létale. »

Mais Léopold réussit à convaincre autour de lui, et les villageois (à l’exception du couple Nuizzard) pactisent avec la grande Faucheuse : elle les oublie, les laisse tranquilles, en contrepartie, tout est figé : plus rien ne pousse, il n’y a plus ni fruits ni légumes ni végétaux, et les humains ne grandissent plus, et ne se reproduisent plus.

Si cela semble séduire au départ, les villageois se rendent vite compte … qu’il s’ennuient terriblement et regrettent beaucoup de choses du temps d’avant !

J’ai beaucoup aimé ce court roman, qui fait se poser aux enfants plein de bonnes questions, ils ne s’y sont pas trompés d’ailleurs, car l’éditeur offre en fin d'ouvrage quelques extraits des échanges entre les élèves et l’auteur, dans le cadre du projet dans lequel s’est inscrit ce livre : « le feuilleton des Incorruptibles ». Chaque semaine l’auteur envoie un nouveau chapitre aux groupes d’élèves participants, et ces derniers lui posent des questions et peuvent influer sur l’histoire.

L’idée est de faire pénétrer les enfants dans les coulisses de la création, de l’écriture d’une histoire à sa publication.  

J’ai aimé aussi le côté imaginaire de l’histoire, les déclarations à l’ancienne à la façon des contes (il n’y a pas d’époque définie, on nous dit juste que c’était « il y a très longtemps, dans un pays qui n’existe plus aujourd’hui »), le cheminement de la réflexion de Léopold, têtu, mais qui rencontrera celle qui le fera changer d’avis….

Une belle découverte, une collection à suivre, très accessible, pour les 8-11 ans.

 

Lu aussi par Fantasia (et sa maîtresse), et Clarabel, ... 

 

Ed. Thierry Magnier, coll. Le feuilleton des Incos, 94 pages, mai 2011, prix : 4,95 €

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Crédit photo couverture : ed. Thierry Magnier

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L'ostie d'chat, tome 1 - Iris et Zviane

21 Septembre 2011, 09:54am

Publié par Laure

ostie-dchat-tome1.jpgC’est l’histoire d’un blog publié en format manga, comme ça arrive de plus en plus souvent. C’est l’histoire d’un chat qui sert de prétexte à narrer les aventures sentimentales de deux jeunes potes. C’est frais et dynamique, et 100 % québécois, ce qui dans le ton et le vocabulaire peut dérouter ou au contraire séduire !

Ne cherchez donc pas un manga sur les chats, ce n’est pas vraiment le sujet, même si le bon gros Legolas est bien là, et se trouve baladé entre Jasmin et Jean-Séb, il n’est pas l’essentiel du récit. Il faut remonter un peu en arrière, ce chat avait été recueilli par un ancien colocataire, qui s’est suicidé, et depuis, par respect et en souvenir de lui, ses amis se partagent la garde du chat, en râlant mais sans avoir vraiment envie non plus de s’en séparer.

Histoires sentimentales, soirées drague, plans qui tombent à l’eau, colocation, on est dans un registre qui plaira sans doute aux jeunes adultes. Des retours en arrière expliquent la rencontre des deux amis, leur histoire familiale, cela apporte un fond plus grave ou tout simplement plus riche au récit.

Beaucoup de scènes dénudées qui peuvent sembler un peu gratuites, mais qui sont souvent marrantes. Ma grande surprise a été de découvrir que derrière ces deux noms d’auteurs qui se mettent si bien dans la peau de deux jeunes hommes se cachent en fait deux jeunes femmes !

 

 A lire « pour le fun », comme ils disent J

 

Le blog d’ostie d’chat : http://legolaslove.canalblog.com

 

(Parution prévue en 3 tomes)

 

Delcourt, coll. Shampooing, août 2011, 159 pages, prix : 8,95 €

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Crédit photo couverture : ©  Iris et Zviane et éd. Delcourt.

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Camille aime pas danser - Marie-Sophie Vermot

21 Septembre 2011, 09:11am

Publié par Laure

camille-aime-pas-danser.jpgCamille, 14 ans, en classe de 3ème, vit dans l’ombre de sa sœur Anastasia, 15 ans, en classe de 2nde, « brillante, belle, gracieuse ». Elles vivent seules avec leur mère depuis le départ de leur père, qui a fondé une nouvelle famille ailleurs. Mais la tante Mathilde et la grand-mère sont très présentes. Un jour de shopping, Mathilde s’exclame sur le petit ventre à peine rond d’Anastasia : l’adolescente est enceinte, mais s’est voilée la face.

La tante Mathilde va prendre la situation en main, planning familial, avortement en Espagne car les délais légaux français sont dépassés, tout cela sous le regard attentif de Camille, qui nous raconte l’histoire.

Ce qui est extrêmement surprenant dans ce roman, c’est l’attitude de la mère : elle fuit, ne veut rien savoir de tout cela, laisse les autres se débrouiller, part faire une cure de silence on ne sait où, mais ne veut surtout pas affronter le problème, ni même en entendre parler. Immature et irresponsable. Personne ne la juge ni ne cherche à comprendre, aucune tentative d’explication : on la laisse à sa petite vie, les autres gèrent à sa place, et tout paraît si normal et si facile. C’est agaçant et l’on reste sur sa faim.

Que ce soit sur le personnage de la mère ou le parcours de l’avortement, le récit est extrêmement détaché, reste en surface des choses, suit un fil logique et sans embûche, où tout semble à la fois simple et hors du monde. Camille tente bien d’avoir un regard plus réaliste (notamment sur le fait que sa sœur ne reprenne pas sa scolarité immédiatement), mais elle ne fait pas le poids. Trop de questions sans réponses, de distance, de chevaliers servants (la tante, la grand-mère, le père qui débarque du Japon) m’ont laissée sur le bord de la route. Le personnage de la mère était intéressant mais l’on n’en fait rien, le reste me paraît « trop facile », sans véritable questionnement psychologique. 16 ans, enceinte, c’est trop tard pour avorter, bah on va à l’étranger tout de suite, et puis voilà. S'agissant d' un roman jeunesse, j'ai du mal à percevoir s'il y avait un message à faire passer et lequel.

 

J’avais commandé ce livre parmi d’autres auprès de ma libraire jeunesse (le commentaire enthousiaste de Clarabel sans douteJ), et puis en récupérant ma commande, elle a laissé échapper cela : « ah celui-ci je l’ai lu. C’est un roman sur l’avortement, mais …bof quoi. » Déstabilisée, je n’ai pas osé le retirer de mon panier, mais après lecture, je crois que j’ai la même conclusion qu’elle.

 

Ed. Thierry Magnier, août 2011, 110 pages, prix : 8 €

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Crédit photo couverture : © Véronique Figuière et éd. Thierry Magnier.

 

 

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Alzheimer mon amour - Cécile Huguenin

16 Septembre 2011, 09:51am

Publié par Laure

alzheimer-mon-amour.jpgCe livre est le récit intime et personnel de Cécile Huguenin, qui a connu cette dure et cruelle épreuve d’accompagner son mari Daniel atteint d’une forme aggravée de la maladie d’Alzheimer. Elle retrace leur parcours, sa lutte, sa présence indéfectible, sa force combattive, et sa vision des soignants rencontrés.

L’écriture est plaisante et soignée, travaillée, entrecoupée des poèmes de son mari. C’est une histoire personnelle qui dès lors n’appelle pas la critique. Toutefois je me suis fait la même réflexion tout au long du livre : j’ai souvent pensé au récit de Marie-Dominique Arrighi sur sa récidive de cancer du sein, avec en tête ce dont elle s’excusait presque constamment : la chance d’avoir une aisance financière et intellectuelle (elle était journaliste à Libé), de pouvoir faire face et questionner, d’avoir les moyens et l’audace de le faire. Mais quid de tous les autres, qui n’ont pas ces ressources, que ce soit l’aisance de communication, la ténacité à questionner et obtenir des réponses, et tous les frais financiers collatéraux … Cécile Huguenin a tous ces moyens, mais n’en fait jamais la réflexion : j’ai trouvé presque indécent le chapitre à Madagascar, où certes elle se défend de faire vivre là-bas quelques familles qu’elle a embauchées pour se faire aider, les passe-droits, cette aisance financière un peu trop arrogante. Bien sûr sa conduite n’est dictée que par son amour pour son mari et sa lutte féroce pour l’entourer au mieux, mais cela m’a gênée, car pour une personne qui le peut, combien d’autres ne le peuvent pas, et se retrouvent dans le dénuement le plus total ?

De même la dernière partie montre l’endroit idéal pour accompagner la fin de vie des malades, où humanité et respect sont les valeurs défendues. Puisse ce chapitre faire réfléchir et bouger les décisions économico-politiques de santé publique, on peut rêver, ou espérer. Mais ce n’est pas encore une généralité.

 

Aussi de ce livre plus que le témoignage « Alzheimer » je préfère garder deux choses : c’est d’abord et avant tout pour moi le récit d’une très belle histoire d’amour, fidèle et indéfectible, jusqu’au bout. Ce que je retiens également c’est un détour de la dernière partie qui dit simplement l’importance du respect de la personne : continuer toujours et encore à s’adresser au malade et à le regarder, plutôt que comme trop souvent, s’adresser à son accompagnant, en niant tout simplement la présence de l’autre pourtant vivant.

 

Si ce livre peut apporter un témoignage d’espoir aux familles tristement concernées (et c’est d’une actualité croissante, on le sait bien), non pas d’espoir de guérison, mais simplement de respect et d’humanité, et enfin d’apaisement, c’est déjà une très bonne chose.

 

 

Ed. Héloïse d’Ormesson, juin 2011, 124 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : © Emiliano Ponzi / Magnet Reps et éd. EHO

 

 

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