Les jardins d'Hélène

Coucous Bouzon - Anouk Ricard

12 Janvier 2012, 14:38pm

Publié par Laure

coucous bouzonDésopilante BD qui se moque avec joie de certaines méthodes de management ! Tous les personnages ont des têtes d'animaux, mais les situations sont bien celles du monde de l'entreprise, des relations au chef et aux collègues. Richard est embauché chez Coucous Bouzon, une fabrique de coucous suisses et autres pendules, son entretien d'embauche est assez surréaliste : sait-il toucher ses pieds en gardant les jambes tendues ? non, tant mieux car son patron non plus. Il salue le poisson rouge mort dans son bocal, il doit apporter son propre ordinateur, et il n'est pas au bout de ses surprises : il remplace un collègue qui a disparu, et qu'une émission de télé-réalité essaie de retrouver... Dans quelle galère Richard a-t-il mis les pieds ?
Drôle, totalement absurde dans bien des cas, dessin coloré simple et efficace, pseudo enquête, chef complètement barjot, vous en redemanderez !

 

Gallimard, coll. Bayou, septembre 2011, 91 pages, prix : 16 €

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Crédit photo couverture : © Anouk Ricard et éd. Gallimard

 

 

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Trop loin la mer - Frédérique Niobey

11 Janvier 2012, 10:04am

Publié par Laure

trop-loin-la-mer.jpgDepuis que son père a refait sa vie, Rosa n’y trouve plus sa place et ne cesse de fuguer. Son père l’a décidé, avec l’aide des services de l’aide à l’enfance, elle va être placée en famille d’accueil. L’extraire de son milieu familial pour lui faire du bien, pensent-ils tous. C’est ainsi que Rosa débarque au milieu de nulle part, dans un village perdu du Périgord, chez Mame et Sid, qui accueillent des ados comme elle dans leur maison baptisée « Le lieu de vie ». Rosa fait la connaissance de Sister, une autre ado, et de trois garçons placés là comme elle. Malgré toute leur bonne volonté, elle refuse de se lier à eux.

Elle reste rebelle, refuse de s’intégrer, cherche constamment le conflit. Seules les errances au bord de la Dordogne l’apaisent un peu, de même que les rencontres avec Mona, une jeune du village. Mais les parents de Mona désapprouvent cette « mauvaise » fréquentation.

On est sur le fil en permanence dans ce roman, avec une violence sourde qu’on sent gronder, tapie à l’intérieur, tout près d’exploser, le texte est âpre pour décrire le mal-être de Rosa, une violence et une rébellion qui cachent une grande détresse et tristesse aussi, juste un énorme besoin de sentir aimée. Quant au pourquoi du titre, trop loin la mer, vous le découvrirez sur la fin de l’histoire.

Ce texte m’a souvent fait penser au roman de Maud Lethielleux, « tout près le bout du monde », de par le thème abordé, car le style est très différent. Ici l’auteur a très bien réussi à retranscrire cette violence qui enfle, l’agitation intérieure sans repos, laissant au lecteur le sentiment que tout va basculer, car malgré la présence de l’eau (qui libère ?), l’atmosphère est étouffante, sombre et pesante pour le lecteur. Les tensions s’allègeront par une lueur d’espoir qui fait du bien, un dénouement peut-être un peu trop simple, mais sans doute espéré de tous.

 

Rouergue, coll. DoAdo, octobre 2011, 136 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

 

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Les morues - Titiou Lecoq

9 Janvier 2012, 15:35pm

Publié par Laure

 

les-morues.jpg« C'est l'histoire des Morues, trois filles et un garçon, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles. » Cette première phrase issue de la quatrième de couverture résume bien le livre. Ema assiste à l'enterrement de Charlotte, son ex meilleure amie qui s'est suicidée. Elle peine à croire à la thèse du suicide, et va se pencher sur l'enquête journalistique que menait Charlotte : un projet sur la RGPP, la réforme générale des politiques publiques, notamment ici dans le domaine des musées. Prétexte plus que réel fil rouge du roman, cet aspect est malheureusement assez vite écarté (passées quelques idées prêtes à penser) pour s'attarder davantage sur le mode de vie des Morues, la place d'Internet dans leur vie, leur branchitude parisienne et beaucoup de beuveries en cerises sur le gâteau.

Bon reflet d'une bande de trentenaires modernes qui se comportent en ados attardés, qui repoussent les responsabilités et flirtent avec un vide sentimental et un vide tout court. Ils se laissent porter, refusent d'assumer les conséquences de leurs actes, ont peur de s'engager, etc.

Roman écrit sans véritable style (à la va comme j'te cause) et aux propos parfois limite vulgaires, il s'inscrit par ce biais-là aussi dans ce concept « moderne » qui se voudrait reflet de la société. Il se révèle hélas un peu trop brouillon, trop de pistes soulevées ne trouvent pas la suite qu'elles méritent, un peu trop de confusion et de légèreté qui peut faire pencher la balance du côté de la superficialité. Ce n'est pas un grand roman, il se lit néanmoins très bien et sans prétention, mais il s'oublie tout aussi vite.

 

 

Au diable vauvert, août 2011, 472 pages, prix : 22 €

Existe en livre numérique (ePub, Kindle) au prix de 3,99 €, démarche éditoriale à souligner en ce qui concerne le prix.

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Crédit photo couverture : ©éd. Au diable vauvert

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Dans le rétroviseur # 2011

31 Décembre 2011, 12:28pm

Publié par Laure

 

Comme partout, voici venu le temps des rétrospectives, des bilans, des best-of, des bêtisiers de plus en plus indigentsstes, alors 2011 dans les Jardins, qu'est-ce qu'on garde, qu'est-ce qu'on jette ?

 

2011 fut peut-être une année de moindre lecture, du moins ici, 116 titres lus, dont 25 non commentés sur ce blog, par pure paresse. Moindre lecture, pas vraiment, car j'ai omis les multiples documents professionnels que j'ai pu ingurgiter pour préparer ce fichu concours où il n'y avait que 5 postes et 136 inscrits. J'ai raté l'admissibilité à 0,3 point près, oui c'est rageant, mais c'est le jeu ma brave Lucette, alors des doc oui j'en ai lus ! Je me suis surtout régalée à refaire un tour panoramique du métier tel qu'il est, aujourd'hui en 2011, et au fond c'est ce que j'aime, m'interroger en permanence, trouver des réponses, des pistes, et en débattre. (plus que les notes de synthèse et les études de cas). Je recommencerai au prochain, 2014 probablement  ;-)

 

Mais revenons à nos moutons, les lectures de ce blog... comme l'an passé, je serai fainéante et vous livre le tableau tout juste sorti de mon ordinateur, consultable ici sur Google documents. Ne me demandez pas pourquoi le bidule a choisi de transcrire mes dates en anglais, il y a des trucs qui m'échappent ! Lectures présentées par ordre chronologique, le fond couleur saumon signifie que je n'ai pas écrit de billet sur le livre, le fond vert correspond à ce que je sors du lot. S'il y a du vert sur le saumon, ben j'ai beaucoup aimé sans en parler !

Beaucoup de bof, quelques rares illuminations, de celles qui vous marquent longtemps par leur qualité, leur force, leur originalité, je n'en garderai que 3 :

 

La lanterne d'Aristote, de Thierry Laget (2011)

 

lanterne d'aristote

Room, d'Emma Donoghue (2011)

 

room

 

 

L'obscurité du dehors, Cormac McCarthy (1968, 1991 pour la traduction française)

 

obscurité du dehors

Et parce que 3 c'est forcément injuste, j'ajouterai :

 

Le dernier testament de Ben Zion Avrohom, de James Frey (2011)

(non commenté ici)

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Un jardin sur le ventre, Fabienne Berthaud (2011)

 

jardin sur le ventre

Il y a eu d'autres belles lectures, bien sûr, et pour certaines leurs auteurs sont devenus des amis, je ne les expose pas davantage.

 

Quoi d'autre ? Je me rends compte que j'ai quasiment abandonné la rubrique cinéma et DVD, pourtant j'ai dû voir à peu près autant de films que l'année dernière, je n'ai juste pas eu envie de sauter sur mon clavier à chaque fois.

 

Je suis passée à la lecture numérique. Phrase totalement absurde puisque la lecture numérique tout le monde y est passé depuis longtemps, c'est ce que vous faites en ce moment même en lisant ce billet sur votre écran. Je suis passée à la lecture sur liseuse et à l'achat d'ebooks. Et comme je l'ai promis à quelques collègues et quelques blogueuses, oui je vous ferai un retour d'expérience prochainement.

Ça ne m'empêche pas d'aimer toujours les libraires. Et les livres. Et surtout la lecture.

 

 

Que l'année à venir vous soit douce et riche de belles découvertes !

 

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Nota pour mes lectrices de la BML : ne me demandez pas les titres du top 5, on ne les a pas ! (sauf le James Frey) Certains sont passés et repartis à la BDS. Ou il s'agit de livres perso que j'ai donnés depuis !

 

 

 

 

 

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Ce qu'aimer veut dire - Mathieu Lindon

29 Décembre 2011, 10:01am

Publié par Laure

Prix Médicis 2011

 

ce-qu-aimer-veut-dire.jpgEn ouvrant ce roman auréolé du Prix Médicis, je m’attendais à découvrir un récit personnel sur les relations entre Mathieu Lindon et son père, Jérôme Lindon, le grand éditeur qui pendant plus de cinquante ans a dirigé les éditions de Minuit, et Michel Foucault, philosophe et professeur au Collège de France, qu’il a fréquenté pendant six ans de 1978 à sa mort en 1984. Et par extension, à entrouvrir le milieu littéraire et intellectuel qui leur est lié.

Hélas rien de tout cela, mais un récit d’une prétention extrême dans l’écriture souvent déroutante, mêlant des tournures très familières à d’autres très soutenues et plus rarement utilisées comme ce subjonctif : « Patrick demande d’amener l’animal à la maison. Nous, on s’en fiche, on ne sache pas que Michel ait une allergie, on accepte. » (p.97). Correct, mais étonnant. J’ai abandonné ma lecture après 140 pages de descriptions de trips à l’acide et à l’héroïne (ce qui de par la fréquence de la répétition est vite lassant et inintéressant) au cours desquels l’auteur ne rencontre finalement que très rarement Michel Foucault, celui-ci leur prêtant simplement son appartement en son absence. Quelques passages sur la rencontre avec Hervé Guibert, sur l’homosexualité de l’auteur, mais là encore, du très terre à terre, factuel et sans intérêt aucun (pour moi). Comme ça ne semblait pas évoluer, j’ai laissé tomber.

Pour feuilleter quelques pages deci-delà et tomber sur cette phrase : « Et j’ai beau me démener pour lui faire changer d’état d’esprit, je reste désarçonné quand il faut affronter l’entêté fait qu’il est parfois découragé alors que mon désarroi et l’énervement qu’il me provoque ne peut que l’enfoncer encore » (p. 306). L’entêté fait ? Le fait qu’il serait entêté ? Parce qu’avec le verbe faire conjugué je ne vois pas …

Au final, sans doute un ouvrage qui plaira à une élite germanopratine, mais qui m’est tombé des mains par la vacuité des faits narrés.

 

P.O.L, janvier 2011, 311 pages, prix : 18,50 €

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Crédit photo couverture : © éd. P.O.L

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Comment (bien) gérer sa love story – Anne Percin

27 Décembre 2011, 10:27am

Publié par Laure

comment-bien-gerer-sa-love-story.jpgMaxime est de retour ! Si j’avais adoré Comment (bien) rater ses vacances, je suis un peu plus réservée sur ce titre-là, peut-être tout simplement parce que je n’ai plus l’âge du lectorat visé. J’avais trouvé très drôle le premier volume, mais il s’enrichissait d’une profondeur intéressante sur le rapport à la famille et d’une grande sensibilité et finesse dans le récit. 

Maxime continue son bout de chemin, avec sa copine Natacha, son smartphone tout neuf, sa guitare et son ambition de musicien, traduisez « quelqu’un qui aime la musique et pas les soupes commerciales reprises par les lolitas de huit ans ». Alors pourquoi ça blesse ? (mais ça n’engage que moi !) Parce que j’ai eu dans ce deuxième volume l’impression d’un exercice de style permanent : inventer trois vannes à la ligne place forcément sur la corde raide, et pour moi, l’auteur en fait (un peu) trop. De même les pseudo notes de bas de page m’ont assez vite agacée, ajoutant à la surenchère dans l’humour. Arrêtons de surjouer pour revenir à plus de simplicité, parfois ça fait juste du bien de souffler un peu.

Et il n’y a pas vraiment de fin, sinon qu’on imagine déjà le bandeau  Comment (bien)…« saison 3 ». Pourquoi pas ?

 

p. 35 "J'ai reconnu la voix châtré de Don" : ce serait pas mieux avec un "e" à châtré ?

p. 183 " La saison 1 de Dr House repassait sur TF1, en version française évidemment, pour les ploucs." Ah ces jeunes, aucune pitié. Mais on ne peut pas demander non plus à TF1 de faire du Arte, et c'est tellement plus snob de jouer les puristes. Je suis la première à penser qu'il faut arrêter le nivellement par le bas, mais pas à penser que toutes les cultures populaires sont illégitimes. Bon, c'est un autre débat. A la cave Maxime, avec ta guitare, montre-nous de quoi t'es capable, et on en reparle.

  

   

Rouergue, novembre 2011, 244 pages, prix : 13,50 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

 

 

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Près du sapin

26 Décembre 2011, 22:02pm

Publié par Laure

Voilà, les vacances sont finies... Je reprends le chemin du bureau demain matin. Une semaine honteusement paresseuse, à faire comme les chats de la maison :

 

chaussette-lit-AC.jpg

 

On a englouti des tonnes de chocolats, une saison et demi de "the good wife" bien calées sous la couette avec les filles, et même si plus personne ne croit au vieux barbu dans les parages, on a passé de bons moments quand même :

 

cst-noel.jpg(à faire des boucles qui tiennent 30 secondes à peine au Mosquito)

 

ac-noel.jpg(à photographier la grande en train d'essayer son APN)

 

jb-noel.jpg(à se moquer de l'optimisation du grand : manger la bûche en lisant un de ses cadeaux,  Tu mourras moins bête. Les perspicaces auront repéré aussi le  quinquennat nerveux en réserve)

 

 

Les plus courageux se sont usés là avant :

 

patinoire.JPG(c'était le début, 15 minutes plus tard ils étaient 450 sur cette piste, bouh... et moi j'étais au bar avec un bouquin et un chocolat chaud, pas folle la guêpe)

 

Et pour finir on est allés voir ça avec Mosquito :

 

chat-potte.jpg

(et on a bien aimé !)

 

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Eux sur la photo - Hélène Gestern

24 Décembre 2011, 15:30pm

Publié par Laure

 

eux-sur-la-photo.jpgHélène a perdu sa mère lorsqu'elle avait 3 ans. Remarié, son père et sa nouvelle épouse, qui l'a officiellement adoptée, ne lui ont jamais rien dit des circonstances et du passé de cette maman. Hélène, désormais âgée de trente huit ans, trouve une coupure de journal où sa mère apparaît en présence d'un homme qu'elle ne connaît pas. Elle passe une petite annonce dans un quotidien pour essayer d'en savoir plus. Une réponse lui parvient d'Angleterre, un homme ayant reconnu le nom de son père. Peu à peu, une conversation s'engage entre eux, en même temps qu'ils vont tenter de dénouer le mystère de leurs parents respectifs.

Un premier roman réussi et remarqué, qui prend la forme pour l'essentiel d'un roman épistolaire, échanges de lettres entre Hélène et Stéphane, mais aussi de courriels et plus rarement de SMS. Des descriptions de photographies, des lettres anciennes et des extraits de journaux intimes viennent enrichir le récit et expliciter le secret de famille trop longtemps tu.

On avance sereinement dans cette correspondance au charme légèrement suranné et à l'élégance un peu hors du temps, et même si la naissance d'émotions et de sentiments entre les deux protagonistes paraît convenue et attendue, l'écriture opère et séduit le lecteur, curieux de découvrir un passé dérangeant mais nécessaire dans la vie d'adulte des personnages. De même le personnage défunt, Nathalie, est attachante et touchante et l'auteur offre de très belles pages sur la passion amoureuse, le chagrin, la réaction des enfants sur les actes de leurs parents.

Pas de surprise extraordinaire dans ce roman (on s'attend un peu à tout ce qui est dit), mais une façon fort agréable de le construire et de délivrer peu à peu ses secrets.

 

Arléa, coll. 1er/mille, août 2011, 273 pages, prix : 19 €

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Crédit photo couverture : © éd. Arléa.

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La confusion des peines - Laurence Tardieu

14 Décembre 2011, 11:17am

Publié par Laure

confusion-des-peines.jpgJe m’interroge toujours sur cet ouvrage qui indique bien « roman » sur sa page de titre mais qui pour moi n’en est pas un, dans le sens habituel où en effet il ne crée pas de toute pièce une histoire, mais il questionne sur ce qu’est la littérature pour écrire la vie.

Pour résumer succinctement, Laurence Tardieu revient sur sa nécessité vitale de s’adresser à son père pour lui dire enfin ce que depuis dix ans elle cherche à lui dire. En 2000, son père, haut dirigeant de la Générale des Eaux, était condamné à de la prison ferme pour corruption dans une affaire de marchés publics. Au même moment mourait sa mère, emportée rapidement par un cancer. Elle n’a jamais réussi à parler de tout cela avec son père, car dans sa famille, on se tait, on ne dit pas ses émotions ni ses sentiments. L’affaire elle-même n’est pas le sujet du livre, elle a été jugée, il a purgé sa peine, mais c’est son rapport au père qui intéresse l’auteur, et la transgression de l’interdit qu’il lui a intimé : « Tu ne veux pas que j’écrive ce livre. Tu me l’as demandé. […] Ce livre, Laurence, tu l’écriras quand je serai mort. Voilà  ce que tu m’as dit. » Mais il en va pour elle comme d’une renaissance, du besoin vital d’enfin prendre à bras le corps cette incommunicabilité, et de dire à son père l’amour qu’elle a pour lui.

Je me suis souvent sentie embarquée contre mon gré dans des propos trop intimes, qu’avais-je à faire là moi lectrice dans une histoire qui ne concerne que Laurence Tardieu et son propre père ? Allais-je pouvoir me raccrocher à une universalité des mots, d’un propos littéraire, pour me sentir pleinement lectrice d’une œuvre et non plus spectatrice affublée d’un voyeurisme malsain ? Je ne sais toujours pas dénouer tout cela, en revanche j’ai retrouvé, comme dans ses précédents romans, la grande sensibilité de l’auteur, sa justesse à exprimer des émotions, sa douceur qui ne tait pas la violence intérieure qui était la sienne.

Et le très beau titre dit aussi à lui seul cette « confusion des peines », qui trouve sa lumière à la fin.

 

 

Stock, août 2011, 153 pages, prix : 16 €

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Crédit photo couverture : © éd. stock

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Noyeux Joël ! - Stephanie Blake

8 Décembre 2011, 11:48am

Publié par Laure

noyeux-joel.jpgUn nouvel album de Stephanie Blake ! De saison ! Retrouvons vite Simon et son petit frère Gaspard. « Ce soir, c’est Noël. Simon est allé chercher un sapin avec papa » N’y aurait-il donc plus que ma belle-mère et les albums jeunesse pour faire le sapin de Noël le 24 décembre, et pas le 24 novembre comme de plus en plus fréquemment ? Rien que ça, ça me réjouit ! Simon et Gaspard déballent les décorations de Noël avec leur maman et « font le sapin ». Mais Simon est inquiet car il neige à gros flocons, comment le Père Noël trouvera-t-il le chemin de sa maison ? En catimini, avec Gaspard, il va faire une belle piste d’atterrissage avec les guirlandes lumineuses du sapin. Au petit matin, les cadeaux sont bien là, mais le papa se demande bien où sont passées ses guirlandes !

Ah les facéties de Simon, on ne l’arrête plus ! Un incontournable pour les enfants fans de ce petit lapin, la valeur sûre qui fait plaisir à tous les coups, pour les irréductibles depuis Caca boudin et Je veux des pâtes ! L’univers reste familier (couleurs, illustrations, narration) et drôle, pour la joie des petits (et de leurs parents).

 

(bon d'accord, j'ai raconté toute l'histoire, mais c'est pas un polar non plus hein)

 

 

L’école des loisirs, novembre 2011, prix : 12,50 €

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Crédit photo couverture : © Stephanie Blake et L’école des loisirs

 

 

 

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