Lady Chatterley, un film de Pascale Ferran (2006)
Multi césarisé, je m’étais pourtant peu intéressée à ce film qui ne m’avait même pas tentée au cinéma. Rattrapage en DVD, et je ne le regrette pas du
tout !
Quinqua, bibliothécaire, avec thé et chats. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
Multi césarisé, je m’étais pourtant peu intéressée à ce film qui ne m’avait même pas tentée au cinéma. Rattrapage en DVD, et je ne le regrette pas du
tout !
Photographies de Sylvie Singer Kergall
Postface de René Frydman
J’ai découvert Frédérique Deghelt tout récemment, à la lecture de
son dernier roman qui m’avait
beaucoup plu. Je m’étais promis alors de suivre de près ses parutions.
C’est chose faite ! Le titre d’abord, je porte un enfant et dans mes yeux l’étreinte sublime qui l’a conçu, invite à la rencontre douce et poétique du regard que porte une mère sur sa grossesse et sa maternité. Il y a l’objet livre ensuite : le format habituel d’Actes Sud mais dans un papier et une couleur différents, un blanc ivoire épais et somptueux. Ce n’est pas un roman, mais un recueil de pensées, de réflexions poétiques sur le thème de la mère et de l’enfant, magnifiquement illustrées par les photos de Sylvie Singer Kergall. Des photographies qu’on aimerait voir plus grandes, sur les murs d’une salle d’expo. Certes le livre est un peu cher (18 € pour 96 pages qu’on lit en moins d’une demi heure, voilà pour les plus pragmatiques !) mais il est de ces livres qui vous accompagnent longtemps, que vous gardez précieusement pour le feuilleter à nouveau, une photo, ce beau ventre rond, ce sein trop lourd qui attend la vie, une pensée en regard. Il est de ces livres que vous offrez à votre meilleure amie quand elle vous annonce sa grossesse. Et un livre sur le début de la vie ne serait pas abouti s’il n’était accompagné d’un mot de René Frydman, ici par le biais d’une très belle postface.
Un livre à la lecture duquel on note une petite phrase, parce qu’elle est belle, parce qu’elle est vraie, mais alors trop vite on se surprend à vouloir recopier tout le livre !
Bref, vous l’aurez compris, un très très beau livre !
Un extrait en image (p.17) :
p. 52 : « Vous attendez un enfant ? Il faut dire oui… Le ventre en pointe nous trahit.
Mais je pense non. C’est avant, que je l’ai attendu. Pendant tous ces longs mois vides où rien ne se passait, où chaque mois venait alourdir ma peine, me renvoyant encore à une solitude… Pas mère… Pas l’ombre d’une présence microscopique. Rien… L’angoisse… J’attendais un enfant, je tricotais du vide, je me faisais mon sang d’encre…
Maintenant, je ne l’attends plus, je le savoure. Je le couve en mon ventre devenu terre d’accueil… Je l’exhibe, croyant au transparent berceau de ma peau en voile… Je le roule dans ma poussette de chair, aux étoiles de mes yeux : il est déjà là… »
p.54 : « Histoire banale de millions de femmes, histoire unique, vécue pour la première fois… Et encore unique quand elle se répète… »
p. 81 : « Langoureuse, posée sur le bord de l’oreiller, alanguie dans une volupté sans précédent, je suis corps, je suis chair, je suis vie, je suis semence. Je vibre, j’emporte, j’enlace. Toute parcelle de ma peau est un appel, la caresse me transcende. Un regard me fusionne. Je porte un enfant et dans mes yeux l’étreinte sublime qui l’a conçu. »
PS : Mille mercis à ma libraire qui est allé déballer exprès pour l’impatiente que je suis les cartons tout juste livrés par le distributeur et non encore vérifiés ni même ouverts pour en sortir ce petit livre qui est officiellement annoncé, par le site de l’éditeur et par Electre pour … demain !
PPS : mis dans la catégorie romans pour ne pas en créer d'autres, mais ce pourrait être tout autant de la poésie, un beau-livre, les cases parfois sont vaines et sans attrait.
Actes Sud, mai 2007, 96 pages, prix : 18 €
Ma note : 5/5
Crédit photo couverture : éd. Actes Sud et Amazon.fr
La page de couverture est illustrée par Kitty Crowther.
Un petit roman jeunesse agréable sur le poids du secret familial, la difficulté du deuil, la place de l’enfant de « remplacement » (car les parents d’Agathe ont perdu un petit garçon à la naissance, Augustin, deux ans avant elle), le courage aussi d’affronter ses peurs.
A proposer dès 9 ans.
Ecole des Loisirs, coll. Neuf, sept. 2006, 76 pages, prix : 8 €
Ma note : 3/5
Crédit photo couverture : éd. Ecole des Loisirs et Amazon.fr
Paris au
mois d’août. Marie a quitté Pierre, écrivain, car il n’était pas prêt à lui donner d’enfant. Pierre rencontre Sacha, seule avec sa petite fille, mais encore liée à un autre. Il se raccroche à
elle mais elle n’est pas prête à s’investir dans une nouvelle relation. Des besoins d’amour de deux êtres un peu perdus qui se cherchent, s’approchent, se rencontrent, sans parvenir à se
trouver vraiment. Ce qui ressort de ce très court roman, c’est une douceur langoureuse, une mélancolie qui vous berce lentement dans un cocon feutré, et qui participe simplement à la
beauté du texte.
Attention devant, gros coup de cœur !
Aperçu tout à fait par hasard sur une table de libraire, je ne pouvais pas faire autrement que d’acheter cet album tout trouvé pour mon petit Mosquito * !
On avait déjà les Rita et Machin chers à nos cœurs, il va falloir compter à présent avec les Constance et Miniature, même principe du couple infernal de la fillette et de son animal qui n’en font qu’à leur tête.
« Voici Constance… une petite fille douce et sage. Et son adorable chaton, Miniature. Vous allez adorer … les détester ! » C’est ce que vous annonce la 4ème de couverture. Maintenant ouvrez l’album et faites connaissance avec une vraie petite peste et son gros matou qui n’a rien du minet famélique. Imaginez un texte qui dit une chose, et une image qui vous montre son contraire : vous avez tout l’humour de cet album. Ainsi commence le récit de la demoiselle : « Je m’appelle Constance et je vis enfermée dans une sinistre demeure. » alors que vous admirez une somptueuse maison au jardin fleuri avec une piscine qui vous tend les bras. « A table, ils [ses parents] m’obligent à manger des choses répugnantes et qui puent » dit-elle devant le poulet frites que sert sa mère pendant que Miniature se remplit la panse de saucisson ! Bref c’en est trop, elle va fuir cette prison avec son minet sous le bras, mais sa fugue ne va pas durer bien longtemps, ses parents ayant lancé des brigands (à képi) à ses trousses.
Un dessin dépouillé, sobre et efficace (du noir, du gris-beige, du rouge) et un texte court imprimé gros : parfait pour les lecteurs débutants, ou les lectures complices partagées avec un parent. On ne peut éviter de faire le rapprochement avec la série de JP Arrou-Vignod et Olivier Tallec, Rita et Machin, faut-il penser à une concurrence d’éditeur ou simple hasard ? Peu importe, Mosquito aime beaucoup, ne serait-ce que parce qu’elle lit avec bonheur son prénom sur la couverture du livre, et que cette petite fille et son chat, vilenies mises à part, c’est tout elle ! Et comme il est clairement indiqué tome 1 sur le dos de l’album, préparons-nous à d’autres aventures !
* les fidèles n’auront pas oublié que le prénom de Mosquito est bien sûr Constance.
J’aime beaucoup les romans d’Isabelle Minière, et si le soupirant est son premier roman, c’est pour moi le 4ème que je lis. Et ma foi il est
assez détonnant ! Une jeune femme se retrouve au chevet de son père à l’hôpital, entourée de sa mère, de son frère et de sa sœur. Le sujet est grave et pourtant le roman est plaisant et
drôle, grinçant et surprenant ! Au rythme des 50 soupirs du père qui marquent ses 50 bougies fêtées dans cette chambre médicale, Elodie nous raconte sa vie familiale, les folies de sa mère
qui réinvente chaque souvenir en l’enjolivant ou en le dramatisant, et sa relation très particulière avec ses employeurs. En effet l’héroïne n’a été embauchée que parce qu’elle est née le même
jour que la fille décédée de ce couple, Elodie. Elle devient donc Elodie pour tout le monde, héritant de ses vêtements, ses affaires, sa vie, même aux yeux de sa propre mère qui n’en semble pas
choquée, tant qu’elle peut bénéficier de la générosité du couple « adoptant ». Elodie enquêtera discrètement sur le passé de la disparue. Très peu confiante en elle, Elodie est dévorée
par tout un chacun. C’est un vrai régal à lire que son chemin pour se libérer de ce huis-clos malsain !
Grosse déception pour moi que la lecture de ce roman, essentiellement parce que j’en attendais tout à fait autre chose,
la 4ème de couv m’ayant induite en erreur.
Le narrateur reçoit des lettres d’un détenu qui dit avoir bien connu son ex femme Christine, mais au vu de ses propos, cette Christine devait bien cacher son jeu, car le narrateur ne l’a jamais connue ainsi. Le prisonnier dit aussi reconnaître Christine dans le personnage de Flora, dans un des romans du narrateur, ce qui pour lui est totalement faux. Si à partir de là on s’attend à une quête de la personnalité de l’épouse, par un échange de correspondances entre autres, que nenni. Le narrateur profite de l’occasion pour se replonger dans sa jeunesse, il avait 14 ans pendant la guerre de 40, son premier amour Louise, qu’il ne cessera jamais d’ailleurs de retrouver tout au long de sa vie. L’essentiel du propos est sur la dichotomie entre le milieu populaire et communiste du narrateur et la bourgeoisie de sa femme, un assemblage dans lequel chacun ne se sentira jamais vraiment à sa place.
On sait Michel Ragon auteur de nombreux romans et essais, et spécialiste notamment de la littérature prolétarienne. Il semble avoir repris ce thème cher à son cœur dans ce roman biographique. Le récit est court (133 pages) et la mise en page très aérée, c’est la raison pour laquelle je suis allée au bout, mais je n’y ai personnellement rien trouvé d’attirant : les personnages du détenu et de l’ex épouse ne sont que des prétextes inexploités pour écrire des mémoires, qui n’ont pas grand-chose à voir avec eux et qui ne me « parlent » pas.
La couverture, fort jolie, est un atout de plus pour vous induire en erreur. Dommage.
Albin Michel, janv. 2007, 133 pages, prix : 12,50 €
Ma note : 2,5/5
Crédit photo couverture : éd. Albin Michel et Amazon.fr
On avait fait connaissance avec la famille de Kurt dans le premier volume :
Kurt et le poisson. On le retrouve un an plus tard, toujours avec sa femme Anne-Lise, son fils Kurt Soda (qui boit des
litres de soda comme son nom l’indique), sa fille Héléna la grassouillette (qui a mangé trop de poisson dans l’épisode précédent) et le petit Bud, et toujours conducteur de chariot élévateur
transpalettes autrement appelé Fenwick. Cette fois, Kurt se dit que ce serait bien de gagner beaucoup d’argent. Mais Anne-Lise pense que non, l’argent ça rend méchant. Alors qu’il sauve de la
noyade un matelot somnambule, celui-ci lui offre en remerciements un énorme diamant, que Kurt s’empresse de revendre pour 50 millions de couronnes. Faut le voir rentrer de chez le bijoutier avec
sa remorque trop chargée en hauteur, et traiter les policiers qui l’arrêtent de couillons de la lune. Bref c’est toujours aussi absurde et
délirant. Peut-être un peu moins réussi que le précédent, ou parce qu’il n’y a plus l’effet de surprise ? Là je n’ai pas éclaté de rire comme pour le premier titre. Puis
notre Kurt veut devenir premier ministre, parce qu’avoir de l’argent ne suffit pas, il veut pouvoir décider pour les autres. Il fera un bide total et gagnera encore plus en méchanceté. Bref,
« l’argent ne fait pas le bonheur. Tout le monde le sait ». Mais dans la famille de Kurt, avec ou sans argent, on est quand même sacrément gratiné. Attention, vocabulaire argotique et
familier en quantité, à vous de voir. Mais moderne et drôle ! Fillette me le réclame !
Petit village de Debain-lès-Montillac-sur-Oise, son maire, ses habitants, ses commérages. Son épicière, Pauline, toujours célibataire à presque 40 ans (ça fait
causer), tient le café-tabac-épicerie-bazar-dépôt de pain, haut lieu de rencontre des habitants ! Pauline cache un secret : depuis plus de 20 ans, elle s’absente chaque mardi pour
Paris, d’où elle revient le lendemain par le train de 6h12. Qu’y fait-elle donc ?
Histoire de vous donner à lire quand je ne lis pas…
Si j’étais….
Un livre : Belle du Seigneur d'Albert Cohen, ou Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, le recueil de nouvelles d'Anna Gavalda, pour la "vraie vie".
Une couleur : Le blanc, ou le rouge cerise
Un animal : le chat (de gouttière)
Un métier : le mien, sinon je suis assez captivée par les métiers de la psy -chologie - chiatrie mais pas - chanalyse
Un vêtement : une jupe longue
Une fleur : la tulipe, ou l'iris, et les roses très pâles
Un point faible : la sensibilité
Un point fort : la sensibilité aussi ! et par là-même l'empathie
Un siècle : le XXI ème
Une voiture : un gros monospace familial tout confort (un rêve réalisé!)
Un alcool : un champagne brut
Un objet : un livre, ou un beau stylo-plume
Une paire de chaussures : des ballerines plates
Un pays : l'Italie
Une pierre précieuse : le diamant, ou le rubis
Un bijou : celui que je n'ai pas encore
Un grigri : je n'en ai pas
Un acteur : Bruno Wolkowitch
Une actrice : Charlotte Rampling, ou Linda Fiorentino
Une chanson : Porque te vas
Un film : Un homme et une femme, chabadabada...
Un dessin animé : Bambi, parce que c'est sans doute celui que j'ai le plus regardé avec mes enfants
Un prénom masculin : Paul
Un prénom féminin : Constance
Un bonbon : un rouleau de réglisse qu'on déroule en séparant les fils, ou un ourson en guimauve enrobé de chocolat
Un aliment : un souvenir alsacien, la tarte flambée gratinée
Un chocolat : un très bon chocolat noir fourré à la ganache nature
Un tatouage : je n'aime pas trop
Une arme : le charme
Un oiseau : le petit moineau qui picore dans les jardins publics