Les jardins d'Hélène

à dans quinze jours ... - Arnaud Guigue

24 Avril 2007, 08:49am

Publié par Laure

Ce court récit est le témoignage d’un père divorcé, 35 ans, prof de philo dans un lycée parisien, séparé de sa femme qui vit à Fontainebleau avec leurs deux garçons de 8 et 10 ans. Tout cela se passe en l’an 2000. Mais le divorce est plus ancien, quand les garçons avaient 3 et 5 ans. Le père a une nouvelle compagne, la mère est remariée et a deux petites filles. Famille recomposée, comme il est banal d’en trouver aujourd’hui. Mais là n’est pas tant le propos que le ressenti et l’analyse de ce père en manque de ses enfants.

Du samedi midi où il les prend à la sortie de l’école au dimanche soir où il les reconduit chez leur mère, et cela un week-end sur deux, le temps est précieux. Presque minuté, en tout cas organisé, afin que chaque moment soit consacré avec amour à ses enfants.

Des réflexions aussi sur l’entité familiale, les nouveaux conjoints, des espoirs sur les partages et la complicité à venir lorsque ses garçons seront adolescents, des regards sur le passé sur la toute petite enfance qu’il a laissé filer parce qu’il n’y était pas prêt, bref, un très beau regard de père, qui comme tout témoignage est unique, mais dans lequel sans doute beaucoup pourront se retrouver.

 

Cet extrait p. 61-62 : « Le beau-père, c’est l’autre. Peut-être est-il pour les enfants un autre père, cela je n’en sais rien, mais pour moi il n’est que l’autre. Je ne sais pour ainsi dire rien de lui. […] Il partage la vie quotidienne des enfants depuis que je suis séparé d’eux. J’ai le souvenir d’avoir beaucoup souffert de cette situation au début. J’enrageais qu’une personne anonyme puisse se substituer à moi aussi radicalement dans l’existence des enfants. Je craignais sincèrement, je crois, de me voir évincé et remplacé du même coup dans mes prérogatives de père. L’idée qu’il puisse se nouer une complicité entre cet inconnu et mes fils m’épouvantait. Il allait nécessairement les éduquer autrement que je ne l’aurais fait, il allait leur inculquer des valeurs contraires aux miennes, inévitablement il ferait tout pour les séduire et tenter, par exemple, de blaguer avec eux. Que mes enfants puissent rire de bon cœur avec lui m’apparaissait comme la pire chose qui pourrait m’arriver. […] Je regrettais sincèrement que cet intrus n’ait pas quelques défauts qui pourraient le rendre antipathique auprès des enfants. »

 

Vous aurez compris combien ce passage résonne en moi, quand je pense à elle, l’autre, celle qui les verra… un week-end sur deux.

 

Bayard éditions, mars 2000, 140 pages, prix : 13,72 €

 

Ma note : 4/5

 

Crédit photo couverture : éd. Bayard et Amazon.fr

 

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L'Oeil de Caine - Patrick Bauwen

23 Avril 2007, 16:29pm

Publié par Laure

L’œil de Caine, c’est le nom d’une émission de télé-réalité proposée par Hazel Caine. 10 candidats sont embarqués pour vivre une semaine en commun, ils cachent chacun un secret. Saurez-vous le deviner ? Mais avant même le début de l’émission l’autocar qui les transporte est victime d’une attaque armée et prend feu. Survivants mais choqués, nos 10 candidats vont  voir leur « Loft Story » se transformer en « Lost / Survivor », à la merci d’un dangereux psychopathe qui va les éliminer les uns après les autres, de façon violente et de plus en plus atroce. Ce roman a tout du best-seller américain, thriller aux rouages bien huilés, références cinématographiques du genre, on imagine d’ailleurs bien un réalisateur s’emparer bientôt des droits, et pourtant, l’auteur est tout ce qu’il y a de plus français. C’est une habitude chez Albin Michel, cf. Maxime Chattam, par exemple. Bref, ça fonctionne, malgré un démarrage un peu lent.

Ce roman m’a été conseillé par une bénévole à la bibliothèque : « tu verras, c’est excellent, on ne peut plus s’arrêter, c’est très bien construit, etc. Mais surtout, ne va pas lire les dernières pages avant la fin, sinon tu perds toute la surprise. » Je n’ai pas cette habitude, je ne vais jamais lire les dernières pages avant la fin. Mais cette mise en garde m’a mis la puce à l’oreille, si bien que j’ai compris l’astuce du roman très vite, dès les 150 premières pages, donc évidemment, ça perd tout intérêt, j’avais trouvé le ressort. Du moins m’en doutais. Et mon doute s’est confirmé à la lecture des dernières pages. (Je vous laisse le suspense). En fait je regrette un peu d’avoir passé quelques heures à lire ce livre. Voilà un pur produit commercial, qui surfe sur une vague à la mode, mêlant tous les ingrédients déjà bien éprouvés du genre, bref, ça s’appelle un best-seller, et ça se vend. C’est la seule chose sans doute qu’on peut en attendre : de l’argent…

Albin Michel, janvier 2007, 485 pages, prix : 22 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Albin Michel et Amazon.fr

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Un amour en hiver - Elizabeth Berg

21 Avril 2007, 09:49am

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Isabelle Vassart.

Il y a quelques semaines, je suis allée fureter dans la rubrique livres de Psychologies magazine en ligne, en quête de titres autour du divorce. (C’est pratique, ils ont des thématiques : couples > crises – divorce). Je ne cherchais pas de guide pratique (j’en avais déjà à portée de main) ni de bouquin psy, mais des romans. Parce que j’avais envie de romans sur ce sujet, voilà tout.  J’ai donc noté des titres qu’au fur et à mesure je pioche ici ou là.

Voilà comment je suis arrivée à Un amour en hiver, d’Elizabeth Berg. Quand le livre est arrivé (merci la bibliothèque départementale), en voyant la couverture, j’ai pensé que jamais je n’aurais acheté ou même emprunté un tel livre. Ça sonnait le roman sentimental américain un peu trop fort. Je m’attendais à des ficelles un peu grosses, du miel et des larmes, et un happy end. Au final je ne me suis pas beaucoup trompée.

Ellen et Griffin sont mariés depuis dix ans et parents d’une petite Zoe de huit ans. Ellen, en pleine aventure adultère, demande le divorce et par la même occasion à son mari de dégager de la maison. Mais lui ne l’entend pas ainsi et ne veut rien céder : il restera dans la maison. Commence alors une cohabitation, où chacun vit de son côté : Ellen sort avec son amant, Griffin prend un job en extra : il fait le père Noël dans un centre commercial, tout en cherchant un peu de réconfort auprès de la jolie photographe qui l’a recruté pour ce travail.

Voulant protéger leur fille Zoe, ils ne lui parlent pas de divorce, mais de besoin de réfléchir, etc. Pendant qu’Ellen pense revivre et s’épanouir, Griffin cherche par tous les moyens à sauver son couple. Ellen finit par prendre un appart ailleurs, et puis assez brusquement, rompt avec son amant. Je vous laisse imaginer le happy end qui s’il n’est pas clairement écrit est en tout cas très largement suggéré.

Ce livre n’est pas mièvre ni rose guimauve, il y a des situations assez vraisemblables, il n’en reste pas moins que tout est d’un attendu et d’un banal sans surprise aucune. Bien sûr la fillette n’est pas dupe et change de comportement, bien sûr chacun souffre et défend ses certitudes, mais finalement tout est simple et bouclé en 300 pages. Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas transcendant non plus, on dirait un cahier des charges parfaitement accompli : il est malheureux, il pense la tromper à son tour mais c’est pas si facile car il l’aime toujours et ce ne serait qu’une fuite en avant, elle est fermement décidée à divorcer, persuadée qu’ils ne sont finalement jamais entendus, et puis l’herbe verte du voisin ne verdoie plus et puis peut-être qu’avec beaucoup de larmes et un gros pardon… Bref, le cahier des charges est rempli, mais j’attends beaucoup plus que cela d’un roman. Qu’il me chiffonne ou me fasse rire, qu’il me bouscule ou me fasse frissonner, pas qu’il me laisse dans une tiédeur superficielle.  

Belfond, mars 2006, 303 pages, prix : 19,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : ed. Belfond et Amazon.fr

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27 premières - Audrey Calleja

18 Avril 2007, 09:20am

Publié par Laure

Allez, une pensée particulière pour Clarabel en ce mercredi, qui nous gâte avec les lectures de miss C. et qui adore les premières fois, très représentées en littérature jeunesse en ce moment.

 

Je lui en offre 27 d’un coup, je crois qu’elle les aimerait …

 

27 premières est un album original, au charme légèrement désuet, qui s’arrête le temps d’une double page, sur une première fois de la  vie. Premier tour de manège, premier vélo, premier bobo, premier amour, première grossesse, premier droit de vote, première réunion Tupperware, première… maison de retraite… Parce qu’inévitablement le temps passe. Des dessins, des crayonnés, des collages, une ligne qui me rappelle beaucoup celle du Rouergue.

Voir la très belle critique du site Ricochet, qui a aimé, et qui conseille cet album à partir de 12 ans. C’est vrai qu’il n’est pas si facile d’approche, mais il peut sans doute être découvert un peu plus jeune quand même. Parce que c’est un livre de partage, entre une mère et sa fille par exemple, comme l’est si bien la première fois que je suis née  de Vincent Cuvellier.  C’est aussi un livre qui nous prouve que non les albums ne sont pas que pour les enfants, oui les adultes peuvent y trouver des petits bonheurs et des grandes émotions.

Atelier du Poisson Soluble, sept. 2006, 18 €

 

Ma note : 3,5/5

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Précoce ?

17 Avril 2007, 18:55pm

Publié par Laure

Si l'on vous offre du muguet avant le 1er mai, est-ce que ça porte malheur ?

 

tulipes épanouies du jardin,

et muguet tout frais du jardin d'une bénévole.

Qui maintenant sent divinement bon dans ma cuisine...

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3 - Julie Hilden

17 Avril 2007, 12:20pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Béatrice Commengé

 

Un roman curieux, étrange et dérangeant, comme je ne pensais pas en trouver chez Actes Sud. Je vous livre la fin de la 4ème de couv : « Envoûtante, d’une sulfureuse noirceur, cette contemporaine Histoire d’O new yorkaise est la chronique d’une possession, d’une aliénation – et d’une transmission. Porté par une écriture cinématographique, parfois crue, ce premier roman, véritable thriller sexuel, explore, entre distance et passion, les arcanes de l’éros féminin. » Ouch, pas si facile d’adhérer à ce roman quand même !

Une semaine après avoir surpris son petit ami Ilan avec une autre, Maya fait germer un bien étonnant projet pour son couple : elle se résigne à accepter les infidélités revendiquées par son amoureux, en contrepartie elle exige qu’ils se marient, que jamais il ne lui cache rien, et que toujours elle soit présente. Déjà là vous vous dites que ce n’est pas très sain c’t’affaire. S’ensuivent alors des rencontres érotiques aussi troublantes que dérangeantes au cours desquelles peu à peu tout va basculer. Consciente et lucide du danger et du risque, Maya n’en aime pas moins ce qu’elle vit, ça s’appelle du masochisme. Et elle ira loin, très loin, même lorsqu’Ilan ne sera plus, mais aura manigancé pour elle un plan tout aussi pervers. Mouais…

 

Si chacun est libre de ses pirouettes sous la couette, je ne suis pas certaine que lire celles dérangées des autres m’apporte grand-chose… parce que l’héroïne du roman, elle a quand même un sacré grain, et comme Clarabel, non vraiment je ne la suis pas !

Néanmoins le roman se lit vite et bien, parce qu’on se demande quand même où ça va mener tout cela… à la conclusion qu’il y a des gens tordus sur terre, mais je n’en doutais pas ;-))

 

Actes Sud, fév.2004, 230 pages, prix : 19 €

Ma note : 3/5

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La fin, en un livre offerte

16 Avril 2007, 13:27pm

Publié par Laure

fin

* divorce prononcé au tribunal du Mans le lundi 16 avril 2007 à 11h32.

Un cadeau de fin, les plus perspicaces auront reconnu mon roman préféré de l'année 2006. Parce qu'un jour peut-être, espérer cet apaisement...

Tous ces jeunes couples (si jeunes !) qui patientent comme nous sur une chaise, dans une cité judiciaire anonyme, ces 3 ou 4 juges aux affaires familiales, des femmes, jeunes, belles, elles ont moins de 30 ans, et peut-être pas encore d'enfants, et elles prononcent à la chaîne des divorces dans leur bureau, au rythme de 10 minutes par couple.

Penser à l'homme qui envisage de se remarier aussitôt, mais comment croire encore à cet engagement quand il est si facile et si rapide de le rompre ? Essayer de dire mon EX mari... Essayer ... rien du tout, juste la vie qui continue.

Le premier qui serait tenté de m'offrir les tribulations d'une jeune divorcée risque de se le prendre en pleine face, du moins en pensée (je serai polie, je dirai merci) car il est encore trop tôt pour que j'aie de l'humour...

 

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L'ancre des rêves - Gaëlle Nohant

15 Avril 2007, 16:08pm

Publié par Laure

Comme quelques autres, la littérature fantastique m’attire peu. Les histoires de marins bretons non plus. Comme quelques autres j’ai cédé à la tentation de la découverte, de cette si belle couverture, de ce premier roman d’une blogueuse, c’est pas tous les jours que ça arrive, et on a envie d’applaudir et d’encourager, d’acheter et de lire !

Quatre frères aux prénoms adorables (Benoît, Lunaire, Guinoux et Samson) souffrent d’affreux cauchemars qui les terrifient. Un bateau au capitaine effrayant, une mère qui noie sa fille, des chevaux sanglants devenus fous, qu’est-ce qui peut bien relier ces trois cauchemars et nos trois garçons ? Laissez vous happer par ce texte à la beauté onirique et à la douceur transparente de la fratrie Guérindel, couvée par leur mère, Enogat Guérindel, cette histoire qui mêle passé et présent, arbre familial et secrets enfouis.

Elles en ont parlé avec beaucoup de passion : Flo, Choupynette, Clarabel, Florinette, Lilly , Thom  (pour les plus rares garçons blogueurs) et si je semble montrer moins d’enthousiasme, c’est que quelques passages m’ont pesée : longueurs dans le récit, phrases très longues et descriptives… parfois oui, le livre m’a pesé. Mais je suis allée au bout sans me forcer, et j’ai aimé l’atmosphère qui s’en dégage, l’originalité du propos et la cohérence de l’ensemble. A découvrir donc !

Robert Laffont, mars 2007, 381 pages, prix : 20 €

Co-lauréate de la Résidence du Premier Roman (Robert Laffont) à l’abbaye de Fontevraud, avec Jennifer D. Richard pour Bleu poussière.

Ma note : 3,5/5

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Pourquoi les enfants grandissent-ils plus vite loin de vous ?

15 Avril 2007, 15:40pm

Publié par Laure

Voilà ma tribu à nouveau réunie auprès de moi, et leurs chamailleries retrouvées !

J’aime ces moments de complicité avec fiston, qui se fout gentiment de moi avec ses blagues nulles, ses private jokes, ses bidouilleries informatiques et les vidéos parodies sur youtube de ses copains (« dans quelle planète on est tombé, c’est plein de livres ici ?!) , ses leçons de conduite quand il m’apprend à tondre le gazon avec le tracteur, et moi qui fais semblant de rien comprendre à l’usage des vitesses et des hauteurs de coupe, moi qui réalise que je ne le paie vraiment pas assez quand il tond les 3 hectares parce que c’est crevant, nos fous rires et ses 1m70 dépassés, à 12 ans et demi…

 

Grandinette qui revient ravie de sa colo poney, incollable en vocabulaire équitation tout neuf, pressée d’y retourner, qui n’a pas eu le temps ni de m’écrire, ni de lire 3 pages. Sa visite guidée du poney club en mon honneur et les km dans la campagne qu’elle fait soudain sans rechigner.

Mosquito qui a appris à faire du vélo sans roulettes chez sa grand-mère (oui vu l’âge il était temps, mais elle avait tout le temps peur !), sa fierté, et la mienne !

Demain reprendre le chemin de l’école. Les laisser se retrouver tous les trois, s’engueuler, rêver, partager, pleurnicher dans les jupes de leur mère…

Le gué de Selle, Mayenne (53)

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Pause

9 Avril 2007, 06:42am

Publié par Laure

Les jardins font une pause, le temps de quelques trains, des allers, des retours, des enfants, des lectures à 300 km/h. A vendredi.

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