Les jardins d'Hélène

Tant qu'il y aura des livres - Laurence Santantonios

29 Juillet 2006, 09:18am

Publié par Laure

D’abord enthousiaste à la lecture de ce livre, le soufflé est un peu trop vite retombé. Au début j’apprenais plein de choses, ensuite beaucoup moins ! Je suis donc beaucoup plus proche de l’avis de Flo que de celui de Cuné. Peut-être parce que travaillant dans le milieu du livre, j’ai déjà lu une bonne part de ces infos dans des articles professionnels. C’est néanmoins un très bon livre pour un public néophyte qui voudrait un aperçu complet mais compréhensible et clair du monde l’édition, des librairies et des bibliothèques.

Je vous livre quand même les passages qui m’ont plu, comme ça, sans logique particulière, dans le sens de lecture, c’est tout :

(tous les passages en bleu-vert sont des citations de l’ouvrage) 

4000 nouveaux livres paraissent chaque mois. 

Les éditeurs détruisent des millions de livres chaque année (104 millions plus les 2 millions pilonnés par les bibliothèques françaises)

18% seulement des Français sont de gros lecteurs, c’est-à-dire qu’ils lisent plus de 20 livres par an. (nous c’est par mois ou presque, nous ne sommes pas normaux, mais vous le saviez déjà !) 

La crise du disque (celle de la vidéo bientôt ?) libère de la place pour le livre. En 1995, Virgin avait fait 14% de son chiffre d’affaires avec le livre et 65% avec la musique. En 2004, les chiffres étaient de 25,5% avec le livre et 31% avec la musique. 

Sur la différence entre livre soldé et livre d’occasion (ça fait du bien de le rappeler) :

Le solde est principalement un palliatif au pilon. Le livre d’occasion est une manière de donner une seconde vie à des livres qui ont déjà été achetés et lus.  

Le directeur d’une grande maison d’édition généraliste constatait que l’édition de littérature générale voue à la destruction (déstockage, pilonnage) à peu près la moitié de ce qu’elle fait imprimer. (p.147)

Cette remarque de François Taillandier à propos de la réédition en format de poche : « La réédition en format de poche veut dire que les éditeurs jugent que ça vaut le coup, que l’ouvrage peut trouver un deuxième souffle, un public que l’édition première n’a pas atteint.

Combien de fois a-t-on entendu : « je l’achèterai quand ça sortira en poche… » Au passage, les lecteurs qui disent cela devraient songer que si tout le monde réagit comme eux, cela n’arrivera jamais… » (p.150-151) 

En général, un livre de poche est réimprimé à partir de 300 exemplaires vendus par an.

Et pour finir, une citation qui fait chaud au cœur des bibliothécaires :

p.220 : les bibliothèques [publiques] sont les gardiennes du trésor (…) Les livres n’ont pas de meilleures maisons pour vieillir en beauté que les bibliothèques.

Et j'aurais pu citer d'autres passages sur la passion de beaucoup de libraires, j'ai aimé qu'elle cite Lirabur, la petite librairie qui a lancé son Prix du Livre oublié (et qui a son blog), la part énorme des diffuseurs dans le circuit, etc.

Bartillat, mars 2005, 240 p. ISBN 2-84100-339-6, prix : 18 €

Ma note : 3/5

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Un bonheur inattendu - Lucy Clare

29 Juillet 2006, 08:31am

Publié par Laure

Le bonheur attendra, j’en verrai d’autres ! Je ne sais plus sur la foi de quoi ou de qui j’avais noté ce livre comme étant à lire absolument, ceci dit quand je l’ai vu arriver en édition VDB (gros caractères pour bibliothèques mais pas seulement, qui fait surtout du sentimental et du terroir) j’aurais dû sentir le vent venir. Enfin ce n’est pas un achat, ni personnel ni professionnel, juste une navette bibliobus et je suis sûre en plus que ce livre trouvera son public, même si je passe à côté.

C’est l’histoire de Liddy, qui fête son 50ème anniversaire, lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte. Oui mais voilà, il ne se passe plus rien entre elle et son mari depuis des années, alors comment lui annoncer à la fois un adultère et une grossesse ? Et puis voilà que ses 3 grands enfants, mariés et parents eux aussi, lui font une surprise pour ses 50 ans. C’est vraiment pas le moment ! Les chapitres alternent angoisse de la grand-mère future mère et les soucis de couples ou de parents des enfants. J’ai arrêté ma lecture au bout de 140 pages sur 500, c’est pas que ce soit mauvais, c’est juste d’un sirupeux attendu vraiment trop gentillet à mon goût. Et j’ai décidé, face aux piles de livres qui basculent partout dans la maison, de ne plus perdre mon temps avec les livres qui ne me plaisent pas vraiment (enfin j’dis ça mais j’ai un pavé en cours auquel je tente désespérément de donner sa chance, je vous en reparlerai un jour…)

Ed. VDB, sept.2004, 500 pages, ISBN 2-84694-206-4, prix : 18,30 €

Existe en poche.

Ma note : 2/5

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Quand Tigrou fait la sieste...

28 Juillet 2006, 21:35pm

Publié par Laure

Un p'tit minou juste pour Cathe...  ;-))

Allez, un deuxième, ch'suis pas vache...

euh, d'ailleurs y en a deux dans le panier !

ça fait donc trois (fatiguée la photographe ce soir ;-))

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Le tiroir à cheveux - Emmanuelle Pagano

27 Juillet 2006, 13:05pm

Publié par Laure

Débutée avec un sentiment de malaise, cette lecture est devenue révélation. Il y a des livres qui ont ce pouvoir là, et c’est à la fois comme un choc violent et un doux instant magique. Vous ne comprenez pas ce que je raconte ? Moi non plus. Je n’aimais pas le titre de ce livre. Une lectrice l’avait rapporté en disant « ouais ça c’est moyen » et puis suite au passage d’Emmanuelle Pagano elle-même sur mon blog (article sur Pascale Kramer), je m’étais promis de lire un de ses livres. 

 

Elle est jeune et on ne connaît même pas son prénom. (Enfin je ne crois pas). Son père est gendarme au village. Sa mère est femme de gendarme. Elle, elle est mère de deux jeunes enfants : Titouan, et Pierre, qui est handicapé. Au début je ne sais pas encore si j’aime. Mais pourquoi elle ne leur coupe pas les cheveux à ses gosses, c’est n’importe quoi cette obsession ! (Ça m’énerve !) Et puis je ne comprends pas tout de suite que Pierre est handicapé. J’ai envie de la secouer dans son mélange de désarroi et de fatalisme cette mère. Puis je découvre le déni de grossesse, les 15 ans à peine, la violence de la situation, la souffrance fœtale à l’accouchement, qui n’en fera jamais un enfant « normal ». Puis la deuxième naissance, à 18 ans, mais pourquoi ? La conception dans la même violence sordide. Et ce métier de coiffeuse, qui ne lui rapporte rien mais qu’elle aime. Elle n’a pas fait les études, elle n’est que shampooineuse. Cet art inné qui lui vient pourtant quand elle touche des cheveux. Et puis cet éclat d’espoir dans cette jeune voisine toujours perdue dans ses livres dans la cour de la gendarmerie…

Par ce quotidien simple et vrai relaté par des mots justes pas toujours agréables à entendre (à lire), c’est un livre fort qui se construit. Une lumière qui éclaire doucement ce climat sordide. Cette jeune femme qui devient mère avec amour et avec force, mais à qui la jeunesse et la justice ont enlevé ce droit. Pourtant, cette histoire, c’est une naissance : celle d’une mère qui aime ses enfants plus fort que tout.

Ce livre, c’est un choc, une rencontre … entre des mots, des phrases, un texte et la lectrice que je suis. Et pour cela, merci,  Emmanuelle Pagano.

 

Le site de l’auteur : http://www.lescorpsempeches.net/

POL, août 2005, 135 pages, ISBN 2-84682-084-8, prix : 14,50 €

Ma note : 4,5/5

 

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Des livres et des chats - comme toujours !

27 Juillet 2006, 08:43am

Publié par Laure

Une pause lecture dans le jardin hier soir, enfin. Après des jours de canicule à 38 et mon bureau insupportable à 31°5 hier soir. L'orage qui n'a pas fait grand-chose.

Les medias me font rire quand ils conseillent de fréquenter les endroits frais : les cinés et les bibliothèques. les cinés OK, les bibliothèques, vous serez pas déçu du voyage, si vous voulez vous traîner en suant d'un livre à l'autre dans mon repaire. Bon, j'arrête de râler ;-)

27° dans mon bureau ce matin. Et le ventilo piqué aux collègues en congés.

Donc hier soir une pause lecture sur l'herbe cramée, avant le retour de Mosquito (dans 48h, déjà ! ou enfin ?, humm mon ptit mosquito...)

Puis la minette qui déménage toujours ses minous, qui ont 15 jours aujourd'hui, et une bouille toujours aussi craquante...

et over-blog qui ratiboise toujours mes photos du côté droit, et j'esssaie de corriger, et je sais pas faire, et je ronchonne, donc si photos un peu déformées, désolée, c'est pour essayer qu'elles ne soient pas trop coupées... (tiens, minette a perdu sa tête, et mon bouquin son coin droit, grmfhf !)

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Buvez du cacao Van Houten ! - Ornela Vorpsi

27 Juillet 2006, 08:30am

Publié par Laure

Ornela Vorpsi est albanaise, elle a vécu à Milan avant de s’installer à Paris en 1997. Elle écrit en italien. Ce petit recueil de nouvelles offre un choix varié de textes courts qui ont pour point commun d’être assez sombres ou moroses. J’avais lu les deux premiers puis ai laissé reposer le livre quelques mois sur ma table de nuit. Il ne me retient pas. Oh les nouvelles ne sont pas mauvaises mais elles sont fades : il manque l’étincelle qui me ferait les dévorer. J’ai repris ce recueil hier soir. Ai lu les deux nouvelles suivantes : Petite vie d’homme et le prix du thé. Avec curiosité bien sûr, quand on est gourmande de thés comme moi. Oui. Mais toujours cette distance imperméable. Il ne se passe rien entre ce livre et moi. Je passe à autre chose.

Actes Sud, sept.2005, 156 p. ISBN 2-7427-5649-3, prix : 16 €

 

Ma note : 2/5

 

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The constant gardener, un film de Fernando Meirelles

26 Juillet 2006, 12:42pm

Publié par Laure

Avec Ralph Fiennes, Rachel Weisz

Adapté du roman éponyme de John Le Carré (que je n’ai pas lu), Meirelles signe là un très beau film engagé de par le sujet qu’il dénonce, et grandiose de par ses lieux de tournage et le talent de ses acteurs.

Le synopsis proposé par allociné.fr :

« Dans une région reculée du nord du Kenya, Tessa Quayle, une brillante avocate aussi militante que passionnée, est retrouvée sauvagement assassinée. Le médecin africain qui l'accompagnait est porté disparu, et tout porte à croire qu'il s'agit d'un crime passionnel.
Sandy Woodrow, Sir Bernard Pellegrin et les autres membres du Haut commissariat britannique s'imaginent que l'époux de Tessa, leur discret et modeste collègue, Justin Quayle, ne cherchera pas à prendre l'affaire en main. C'est bien mal le connaître... »

 

J’ai d’abord craint le pire face au mélo du début et à la lenteur du démarrage de l’intrigue -l’enquête proprement dite - puis je me suis laissée prendre par l’ensemble. Justin va donc chercher à comprendre pourquoi sa femme est morte, et va mettre le pied dans un sac de noeuds bien peu ragoûtant. Que vaut la souffrance d’un peuple et la vie de millions d’Africains dans la balance des multinationales et des grands groupes pharmaceutiques ? Par amour pour sa femme sauvagement tuée, Justin va s’acharner à dénoncer le complot que sa femme avait entrevu. Un film à mi chemin entre fiction (l’histoire d’amour romantique et tout et tout) et documentaire : la situation sanitaire en Afrique et les magouilles des labos pharmaceutiques qui préfèrent trafiquer les résultats que prolonger leurs tests et reprendre leurs formules : trop d’argent en jeu. Les paysages kenyans aperçus sont magnifiques, autant que des scènes de violence sont difficiles à endurer et bien des éléments révoltants. Un beau film, intelligent qui plus est. Ça fait du bien aussi.

Ma note : 4/5

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Métro ciel, suivi de Vague conjugale - Claire Fourier

24 Juillet 2006, 14:16pm

Publié par Laure

Ce petit livre tout juste paru est en réalité une réédition. Il s'agit du premier livre de Claire Fourier paru chez Actes Sud en 1996.
Deux nouvelles au style très différent le composent, toutes parlent du désir ardent d'une femme pour un amant.
Dans la première, une femme, Gabrielle, la cinquantaine, écrit à son amant confident de toujours, Pierre. Elle lui raconte cette matinée de décembre où elle croise un homme dans le métro, et se laisse hypnotiser par son regard. Naissance du désir et rencontre inoubliable dans une chambre de bonne, avec cet homme marié aussi, de 12 ans son cadet. Le sujet est banal, mais réellement sublimé par l'écriture, élégante, précise, belle.
La deuxième nouvelle, "vague conjugale", ne m'a pas plu, à cause de son style, justement, un long monologue sans ponctuation, presque tout du long. Une femme raconte ce qu'elle vit sexuellement avec son amant que son mari ne lui offre pas. Son mari qu'elle qualifie justement de sexuel (de bestial) et non de sensuel. La rencontre des sens et l'extase pour cette femme gourmande, c'est avec l'amant qu'elle a lieu. Une logorrhée érotique doublée d'un mépris à peine larvé pour le mari. Moyen, car je n'ai pas aimé le style.
Actes Sud coll. Babel n°754, juin 2006, 76 p., ISBN 2-7427-6182-9, prix : 5,50 €

Ma note :3/5

 

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L'un reste l'autre part, un film de Claude Berri

24 Juillet 2006, 12:22pm

Publié par Laure

Avec Daniel Auteuil, Pierre Arditi, Nathalie Baye, Charlotte Gainsbourg…

 

C’est un chassé-croisé amoureux et sentimental on ne peut plus classique, mais interprété par des acteurs que j’aime, aussi ce fut un vrai moment de détente et de plaisir simple.

Daniel (Daniel Auteuil) et Alain (Pierre Arditi), amis de longue date, sont tous deux mariés lorsqu’ils vont tomber amoureux d’une autre. Pour Daniel, ce sera la rencontre avec Judith (sublime Charlotte Gainsbourg, qui dégage une impression de fragilité, sensible et calme dans ce rôle) au moment même où son fils aîné est victime d’un grave accident de moto. Pour Alain, ce sera une liaison torride mais lâche avec la belle Farida (Aïssa Maïga ) vendeuse dans sa boutique d’arts africains. L’un restera avec sa femme après moult manipulations, malgré les tentatives extravagantes de sa belle-sœur pour le faire avouer sa liaison, l’autre jouera la sincérité et quittera son couple pour vivre serein ce nouvel amour.

Un joli film sans ennui où les acteurs sont parfaits, y compris Miou-Miou et Laure Duthilleul dans des rôles secondaires.

Ma note : 4/5

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La légende de Robin des Bois - Manu Larcenet

23 Juillet 2006, 20:54pm

Publié par Laure

Les pavés romanesques me tombant tous des mains en ce moment, je poursuis ma lecture de Larcenet. Très différente du Combat ordinaire, cette légende de Robin des Bois n’en est pas moins complètement hilarante et déjantée. 

Messire Robin des Bois sévit dans la forêt magique de Rambouillet. Mais le pauvre hélas, est atteint de l’affection du sieur Alzheimer, alors souvent il oublie et se met à chanter des refrains de notre haut patrimoine français, tels ceux d’Annie Cordy, et j’en passe. Mais son fidèle petit-Jean veille et il suffit de lui assener un bon coup de gourdin sur le crâne pour lui remettre les idées en place. Donc la mission de messire Robin dans ces bois de Rambouillet consiste à voler le riche pour donner au pauvre. Mais quand par un malheureux coup de bâton il tue le touriste au bob Ricard, le sheriff de Nottingham enquête. Et c’est ainsi que d’épisode en épisode tous plus loufoques les uns que les autres, on croise Tarzan devenu vieillard fripé mais toujours en slip de peau, frère Tuck est devenu Pape, et Messire Robin part délivrer lady Marianne, sa promise, oubliée dans un donjon il y a 42 ans. Un petit tour par la banlieue (sarrazine !) et zou, l’aventure continue.

Un scénario et des bulles complètement farfelues, des tas de petits détails dans le dessin (on aperçoit le Professeur Tournesol toujours aussi dur de la feuille), c’est un éclat de rire permanent.

Il sait tout faire ce Larcenet, quel talent ! Une BD humoristique à dévorer.

Dargaud, collection Poisson Pilote, 2003, ISBN 2-205-05496-1, prix : 9,80€

Ma note : 4/5

 

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