Les jardins d'Hélène

Une souris verte - ill. de Marion Billet

20 Octobre 2014, 13:08pm

Publié par Laure

Une petite collection toute simple, en cartonné épais bien costaud pour les petits dès 6 mois, pour chanter la célèbre comptine "une souris verte", en explorant l'image avec les doigts : des creux, des découpes dans l'illustration où bébé peut passer le doigt, et c'est l'occasion de nommer les mots avec lui, en plus de chanter la comptine : la queue de la souris, les oreilles, le chapeau, etc.

La collection est conçue avec une psychologue - psychanalyste, spécialisée dans le développement des tout-petits, caution censée rassurer les parents ? Nul besoin d'explication savante pour choisir le plaisir d'explorer et de partager ce petit temps de lecture avec bébé ! C'est tout simplement beau et évident :-)

 

Nathan, septembre 2014, prix : 7,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : éd. Nathan et Marion Billet

Une souris verte - ill. de Marion Billet

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Ecoute dans la nuit - ill. Emiri Hayashi

20 Octobre 2014, 12:50pm

Publié par Laure

Un livre sonore de la nouvelle collection "petit Nathan" accessible dès 6 mois, et sur laquelle travaille une psychologue-psychanalyste spécialisée dans le développement des tout-petits.

 

Ecoute dans la nuit est un album cartonné aux couleurs franches, un bleu vif et du noir essentiellement, des touches de jaune et de blanc, pour parler des animaux et du bruit de la nuit. On entend le hibou, le vent, la grenouille, la pluie, les chats, et la psychologue explique que cela rassure les petits d'entendre ces bruits avec leurs parents au moment du coucher et que cela leur permet de se sentir apaisés et rassurés.

J'aime les illustrations d'Emiri Hayashi et le choix des couleurs. Pour les sons, c'est assez inégal : une petite pastille sur laquelle appuyer déclenche le hululement de la chouette, le coassement de la grenouille, qui sont parmi les plus réussis. Le bruit du vent et de la pluie sont moins convaincants, celui de la berceuse finale, un peu trop atrocement synthétique. Quant au doux miaulement du chat, c'est mignon, mais pour ce qui est de la réalité, la nuit, moi j'entends plutôt les bastons de matous !

à garder quand même pour le joli petit temps d'histoire à partager avec son enfant, ça vaut tous les moments de sécurité du monde. :-)

 

Nathan, octobre 2014, prix : 14.90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : éd. Nathan et Emiri Hayashi

Ecoute dans la nuit - ill. Emiri Hayashi

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Contrecoups – Nathan Filer

9 Octobre 2014, 13:50pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Philippe Mothe

 

Lauréat du prestigieux prix anglais Costa, Contrecoups est un premier roman de Nathan Filer. Page de titre au pluriel mais page de couverture encore très répandue au singulier sur le net, allez savoir laquelle est la bonne (l’éditeur semble avoir corrigé et mis celle au pluriel, celle des épreuves est au singulier), choisissons le titre original : The shock of the fall, et tout le monde est content.

 

Matthew est un jeune homme de 19 ans qui raconte à la première personne ce qu’il vit et a vécu ces dix dernières années. Il est perturbé, anxieux, déboussolé, et semble fortement marqué par le décès de son frère aîné. Au fil du texte, l’on comprend que Matthew est schizophrène, et le texte joue sur la police d’impression pour nous faire entrer dans la tête du narrateur dans les moments de maladie. C’est un repère, mais ce n’est pas forcément nécessaire, ces passages suivant toujours un arrêt de médicaments, une rechute, etc. Ce qui fonctionne bien, c’est le côté journal, on est pris et curieux de connaître le déroulement de l’histoire, de reconstituer le passé, et de savoir comment Matthew va s’en sortir. Car si l’on perçoit bien la culpabilité de Matthew et le lien avec la mort de son frère, on ne sait pas bien quel fut exactement son rôle, et c’est aussi vers ce dénouement que l’on file.

 

Intéressant, mais pas extraordinaire. Je peine à comprendre les louanges lues sur ce livre (le personnage ne m’a pas émue) et regrette qu’au final la maladie ne soit pas davantage explicitée ou décrite. On est supposé la découvrir de l’intérieur par la plume de Matthew qui lui-même exprime ses démons par l’écriture et le dessin, mais impossible de voir en quoi vraiment ce texte traite bien de la schizophrénie et non pas d’une autre maladie. C’est dommage, car je trouve le sujet plutôt intéressant. De même quelques longueurs font traîner un peu trop le récit.

 

Michel Lafon, août 2014, 349 pages, prix : 19.95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Michel Lafon

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C'est quand le goûter ? - Benoît Charlat

3 Octobre 2014, 15:28pm

Publié par Laure

C'est l'anniversaire de Dodo (Dodo est un dodo, vous savez, cet oiseau ancien de l'ile Maurice), qui attend ses copains pour le goûter. D'ailleurs, sa maman a rempli le frigo de bons gâteaux pour l'occasion. Ils sont beaux et appétissants, ces petits gâteaux (hop, on tire le volet de carton pour ouvrir la porte du frigo et les admirer) !
Mais la patience n'est pas la meilleure amie de Dodo : c'est quand le goûter ? c'est quand qu'ils arrivent les copains ? Maman a beau demander d'attendre, c'est long !

Le petit lecteur attentif et observateur remarquera au fil de l'histoire que le nombre de gâteaux diminue en même temps que les taches et les couleurs s'ajoutent sur le petit Dodo ! Et quand enfin arrivent les copains....

Un livre animé qui plait dès 18 mois / 2 ans, sur la gourmandise, la difficulté d'attendre pour un petit enfant, sur la durée du temps qui passe (pas assez vite !), et qui finit dans la joie et la bonne humeur :-) (avec une 4ème de couv qui nous montre un pauvre Dodo épuisé qui a un peu trop mangé !)

 

Testé et approuvé en séance bébés lecteurs ce matin, un p'tit garçon pourtant bien timide au départ qui revenait sans cesse pointer le frigo avec son doigt : "gato !" "encore gato" "a plu" "ahh gato" ! "un autre !!" (pour une autre histoire !)

 

Idéal aussi pour un petit cadeau d'anniversaire à un p'tit bout.

 


L'école des loisirs, coll. Loulou & Cie, mai 2014, prix : 10,50 €

Livre cartonné avec des volets à soulever.

Etoiles :

Crédit photo couverture : Benoît Charlat et l'école des Loisirs

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Qui veut le coeur d'Artie Show ? - Emmanuel Trédez

20 Septembre 2014, 11:06am

Publié par Laure

Comment se déclarer quand on est un amoureux timide, et qu’en plus, on a un véritable cœur d’artichaut, à tomber amoureux souvent dès le premier regard ? Le plus simple est peut-être d’écrire… Plusieurs filles de 5ème du collège Condorcet à Châtillon on reçu une lettre d’amour d’un certain Artie Show : quel est donc ce mystérieux serial lover ? Les élèves du club journal vont mener l’enquête.

 

Ce roman jeunesse a de multiples qualités : il joue énormément avec la langue et les styles : journal intime du jeune garçon amoureux, journal de presse des élèves (le petit Condor sait), et plusieurs formes littéraires dans les lettres d’Artie Show : l’acrostiche, le calligramme, la fable, sans oublier les jeux sur les mots. C’est ludique et instructif à la fois ! Et les élèves mènent une enquête quasi policière pour débusquer le mystérieux auteur de ces poèmes … Un roman frais, enjoué, vraiment plaisant.

 

(Dès 10 ans.)

 

Du même auteur : Hercule, attention travaux !

 

 

Nathan, avril 2014, 168 pages, prix : 5,20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Glen Chapron et éd. Nathan.

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Polka et Hortense : la grande aventure – Astrid Desbordes et Marc Boutavant (ill.)

17 Septembre 2014, 10:42am

Publié par Laure

Ah les illustrations de Marc Boutavant, quel bonheur ! Un an après la sortie de Edmond sous la lune, on retrouve les personnages dans une nouvelle aventure, qui fait cette fois la part belle aux souris Polka et Hortense. Un beau matin très tôt, Polka la blanche vient réveiller son amie Hortense la grise. C’est le grand jour pour l’ascension de la Grande Montagne. « Personne n’est jamais monté au sommet, par peur de tomber de l’autre côté – côté rien – et de disparaitre de la carte". Mais Hortense n’est plus si courageuse, maintenant qu’il faut passer à l’acte. Son cœur bat la chamade. Courage ! Polka, blessée en chemin, se doit d’arrêter, et c’est Hortense qui tient à présent à relever le défi.

 

Une belle histoire d’amitié, qui aide à trouver le courage de surmonter ses peurs, pour aller au bout du voyage et admirer le paysage. Mais la beauté, c’est encore mieux quand on la partage avec des amis chers, et Edmond l’écureuil a répondu présent.

Une belle histoire de confiance aussi, confiance en soi, confiance en ses amis, d’entraide et de partage, et de beaux paysages colorés emplis de fleurs que l’illustrateur nous nomme en pages liminaires. De magnifiques illustrations pleines pages et une suprebe utilisation des couleurs, j’adore !

 

(un album pour les 4-7 ans)

 

Nathan, septembre 2014, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Marc Boutavant et éd. Nathan

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La vie étonnante d’Ellis Spencer – Justine Augier

14 Septembre 2014, 16:41pm

Publié par Laure

En Naol (c’est le nom d’un pays), dans un futur indéterminé mais qui pourrait être assez proche, le rêve et le doute sont devenus interdits, tout comme les livres que certains collectionnent toutefois en secret. La population doit obligatoirement être hyperactive. Les enfants chétifs ou repérés comme faibles causent immédiatement l’inquiétude de leurs parents, et catalogués comme « enfants à problèmes », ils intègrent l’Académie du Succès dans l’espoir de rentrer dans le rang.

 

Ellis Spencer, 11 ans presque 12, est une de ces enfants « pas comme les autres », qui trouve encore une évasion personnelle dans la lecture des ouvrages de la bibliothèque secrète de ses parents.

Dans une société où il faut absolument être dans la norme, pourra-t-elle revendiquer et assumer sa différence, sa personnalité, et sa rébellion contre l’ordre établi ? Elle découvre aussi un réseau de résistance dans lequel elle s’investit.

 

Roman d’anticipation qui reflète tout de même bien une certaine évolution de notre société (performance, rentabilité, sur-importance donnée au spectacle et aux shows de télévision superficiels, …), j’ai énormément peiné à y entrer. Je ne crois d’ailleurs pas avoir réussi à apprécier ce texte, que j’ai trouvé souvent maladroit, confus, et peu intéressant (ou insuffisamment développé), sur un thème très à la mode pourtant en littérature jeunesse, cf. le succès cinématographique qui retentit a posteriori sur la version romanesque de Divergente, qui traite peu ou prou des mêmes thèmes : affirmer sa différence, lutter contre une autorité despotique, etc.

 

Ce roman faisant partie de la sélection 2015 du Prix des Lecteurs 13-16 ans du département, je me suis forcée à le finir (conscience professionnelle toussa toussa) mais je ne réussirai pas à le défendre tant j'ai failli passer à autre chose un grand nombre de fois.

 

p. 19 : « Mon père sait toujours où me retrouver parce que j'ai au creux du bras droit (comme tous les enfants du pays) une petite puce sous-cutanée qui transmet mes données (position, température, tension, rythme cardiaque) vers les micro-tablettes de mes parents. »

 

Ce n'est presque plus de la science-fiction puisqu'une chaîne française de prêt-à-porter vient de mettre en vente des blousons pour enfants avec traceurs GPS, les sales mômes ne daignant pas répondre aux trop nombreux appels de leurs parents sur leur smartphone.

Elle est pas belle la vie ?

 

 

 

 

Actes Sud junior, avril 2014, 141 pages, prix : 12,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Jeanne Detallante et éd. Actes Sud junior

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Instants nomades – Catherine Matausch (photographies) et Stéphane Beau (textes)

11 Septembre 2014, 09:19am

Publié par Laure

(Préface d'Eric-Emmanuel Schmitt)

 

Catherine Matausch est journaliste, aux commandes du JT du week-end sur France 3, mais j’ignorais qu’elle était aussi artiste (peintures, pastels, photographies). Stéphane Beau est le fondateur d’une revue disparue, Le Grognard, mais aussi romancier (j’avais beaucoup aimé Les en dehors, en 2011.) 

 

 

Instants nomades est un recueil de photographies de Catherine Matausch, prises à l’Iphone, accompagnées chacune de quelques lignes poétiques de Stéphane Beau. L’ouvrage est soigné, la mise en page parfaite (page de gauche, photo encadrée de noir, page de droite, court poème ou aphorisme et pagination soulignée à hauteur du cadre de gauche, c’est harmonieux et sobre.

 

Comment parler de photographies quand on n’y connait strictement rien, pas plus en vocabulaire adéquat qu’en technique ? À part dire j’aime ou pas, j’y suis sensible ou pas… Ce qui m’a frappée d’emblée en feuilletant ce livre la première fois, c’est l’aspect « trafiqué » : aucune photo n’est naturelle, toutes, en noir et blanc, me semblent passées à l’artifice d’un filtre Instagram. Le résultat peut être surprenant sur certaines photos, de même que les photos floues (très floues pour certaines, interpellent : pourquoi ce choix ? qu’a voulu transmettre l’artiste ?)

Hormis un grand nombre de photos de bord de mer, de plages ou de bateaux, il n’y a pas forcément d’unité qui ressort au premier abord. Pourquoi ce chat de dos, cet escalier, cette forêt… « Instants nomades » dit le titre, c’est justement cet éclectisme qui fait l’unité.

 

Si je ne sais pas parler des photos (je ne sais peut-être pas le faire des textes non plus !), j’ai néanmoins été bien plus sensible à ceux-ci. Et ils éclairent, d’un regard subjectif, la photo placée en regard. Certains font sourire, pencher la tête d’un mouvement d’approbation, reconsidérer l’image, oui c’est vrai, peut-être, pourquoi pas.

J’aime tout particulièrement ceux-ci (mais je pourrais en citer tant d’autres !) :

 

« Elle aimait se baigner

Au jour mourant

Dans les flots en fusion

 

Moi quand elle revenait

Lasse et salée

Se blottir sur mon cœur

Je cueillais sur son corps

Des éclats de soleil »

 

Ou encore

 

« Le flou artistique

Est une invention

De myope

Mégalomane »

 

Et l’on se surprend à reprendre l’ouvrage, à s’arrêter à nouveau sur une photo, un texte, s’arrêter justement, le temps d’un instant, contempler la vie qu’on ne prend plus le temps de voir. Des instants apaisés, même dans la trivialité de certaines photos (finir par un cliché de toilettes ?)

 

Si vous en avez l’occasion, prenez le temps de vous arrêter sur cet ouvrage. Ma fille qui passait par là, depuis longtemps résignée aux piles de livres qui trainent partout dans la maison, a stoppé son geste le temps de dire : « oh, il est beau ton livre ». Celui-ci l’a arrêtée ; pas les autres.

 

En savoir plus sur le site ce petit éditeur nantais et voir quelques photos : ici

 

éd. du petit véhicule, juillet 2014, ISBN 978-2-84273-953-9, prix : 20 €

Livre relié à la chinoise, Illustré en couleur, 113 p., 21 X 21 cm

 

Etoiles :

 

Crédit photo couverture : © Catherine Matausch et éd. du petit véhicule.

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Sauf quand on les aime - Frédérique Martin

8 Septembre 2014, 20:05pm

Publié par Laure

J'avais beaucoup aimé le précédent roman de Frédérique Martin, le vase où meurt cette verveine

Je suis restée hélas un peu plus à distance de ce nouvel opus, regardant de loin ces petits jeunes s'agiter sans qu'ils parviennent à me toucher ou m'intéresser.

 

Certes la scène d'ouverture est très forte et très actuelle, une jeune fille se fait agresser dans le métro sous le regard vide des autres voyageurs. Seule une femme osera réagir et s'interposer. Claire, elle, s'en veut de sa peur et de sa lâcheté, et pour se rattraper, aborde Tisha, la victime, et lui propose de venir chez elle, ou plutôt chez eux. A partir de là, on a beau mélange de « Ensemble c'est tout » façon « auberge espagnole », avec une bonne dose de« et puis Paulette ». C'est un peu trop vu, trop gentil, trop dans l'air du temps, réparons nos blessures tous ensemble, cessons l'égoïsme, aimons-nous les uns les autres sans oublier nos vieux.

 

Kader, Claire, Juliette, et Monsieur Bréhel ont tous des bleus à l'âme et le besoin d'aimer et d'être aimés. L'amour, l'amitié, de beaux sentiments qui s'entrecroisent dans l'errance d'une jeunesse qui se trouve. C'est la violence annoncée en quatrième de couverture qui m'a fait persévérer et finir le roman : de nouvelles scènes brutales heurtent les personnages pour mieux les rapprocher. Oui... mais ça reste un peu trop idéaliste et joue un peu trop sur les bons sentiments. A la crudité de la réalité, de beaux espoirs...

 

Belfond, août 2014, 221 pages, prix : 21 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Emile Loreaux / Picturetank et éd. Belfond.

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Mon année Salinger – Joanna Smith Rakoff

30 Août 2014, 06:07am

Publié par Laure

p. 70 : « C'est l'acte d'écrire qui fait de toi un écrivain, m'avait-il expliqué. Si tu te lèves pour écrire tous les matins, alors tu es écrivain. ça n'a rien à voir avec la publication. Ça, c'est juste du commerce. »

 

 

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Esther Ménévis

 

En 1996, Joanna (l'auteur elle-même, il s'agit d'un récit autobiographique) termine tout juste ses études de lettres lorsqu'elle se fait embaucher comme assistante dans une Agence sur Madison Avenue à New-York, Agence chargée de l'accompagnement et de la rédaction des contrats des auteurs (le métier d'agent littéraire, s'il est assez couru à l'étranger, est encore rare en France où tout se négocie généralement au sein de la maison d'édition)

 

Joanna, encore jeune et timide, essaie de bien faire et de satisfaire tous les desiderata de sa patronne. L'essentiel de sa tâche consiste à taper des courriers sur une machine à écrire, à partir du magnétophone confié par sa patronne, et de respecter la sacro-sainte règle : ne jamais divulguer les coordonnées de Jerry. Qui est donc ce mystérieux Jerry qui intrigue bien Joanna ? Il s'agit du célèbre J.D. Salinger. Son aura d'auteur fuyant tout contact et vivant reclus est ici largement cultivée.

 

Plusieurs choses m'ont étonnée dans ce récit : son époque d'abord. Tous dans les descriptions et matériels laisse à penser qu'on est dans un décor suranné des années 60, or non, l'époque est dévoilée plus loin : on est bien à la fin des années 90, c'est juste que l'Agence qui emploie Joanna n'est pas à la pointe de l'informatique ! Il n'empêche, que de tâches répétitives inutiles quand on y songe ! Mais c'est ce qui contribue bien sûr à l'atmosphère (et au charme?) du roman. Son caractère autobiographique ensuite : j'aurais préféré sans doute un roman, car si le récit est plaisant, j'ai trouvé morne malgré tout le relationnel de Joanna avec son petit copain, avec ses collègues, …

 

Roman de passage à l'âge adulte, où l'auteur affirme ses choix et ses envies, face à ses parents, son amoureux, son travail, et où sa découverte des romans et nouvelles de Salinger, si elle joue une part importante dans sa vie, reste anecdotique dans le récit et sert surtout à entretenir la légende.

 

Une lecture en demi teinte, agréable mais sans plus.

 

 

Albin Michel, septembre 2014, 346 pages, prix : 20,90 €

étoiles :

Crédit photo couverture : © Ed. Albin Michel

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