Elle va nue, la liberté - Maram al-Masri
Maram al-Masri est une poétesse syrienne exilée en France. Elle scrute les écrans, Facebook et Youtube pour voir au plus près ce qui ce passe dans son pays. La révolution a fait des milliers de morts. Sa poésie dit cette violence, la mort omniprésente, les femmes et les enfants touchés, mais aussi la flamme qui guide ce peuple : la liberté.
De très beaux poèmes, certains très frappants, presque visuels tant des images s’imposent au lecteur. J’avoue, je ne lisais pas de poésie, et ce recueil m’a convaincue de le faire plus souvent, tant ce qu’elle écrit est contemporain, vivant, fort.
A noter également la belle édition bilingue, texte en arabe à gauche, en français à droite (l’auteur écrit dans les deux langues), beau papier, adéquation du format, autant d’éléments qui contribuent aussi à mettre en valeur ces 45 poèmes.
Le cinquième poème du recueil, qui est aussi celui repris en 4ème de couverture, est saisissant :
« L’avez-vous vu ?
Il portait son enfant dans ses bras
et il avançait d’un pas magistral
la tête haute, le dos droit…
Comme l’enfant aurait été heureux et fier
d’être ainsi porté dans les bras de son père…
Si seulement il avait été
vivant. »
(Maram al-Masri)
J’aime tout particulièrement celui-ci aussi, qui donne son titre au recueil :
« Elle va nue, la liberté,
sur les montagnes de Syrie
dans les camps de réfugiés.
Ses pieds s’enfoncent dans la boue
et ses mains gercent de froid et de souffrance.
Mais elle avance.
Elle passe avec
ses enfants accrochés à ses bras.
Ils tombent sur son chemin.
Elle pleure
mais elle avance.
On brise ses pieds
mais elle avance.
On coupe sa gorge
mais elle continue à chanter. »
(Maram al-Masri)
Et j’aurais envie d’en citer tant d’autres encore…
Lu dans le cadre de l’opération « la voie des indés »proposée par Libfly, qui met à l’honneur la petite édition indépendante.
Editions Bruno Doucey, mai 2013, 128 pages, 15 €
Etoiles : 
Crédit photo couverture : © éd. Bruno Doucey
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Regardez son gros ventre dodu et son air étonné sur la couverture : ben qu’est-ce qui ne va pas, loup ?



Béatrice est auxiliaire de puériculture dans une maternité. Elle livre son regard sur ce premier rapport à la maternité, ce lien mère-enfant qui se noue dans l’intimité des chambres, et sur la réalité que renferment ces pièces. C’est parfois violent, mais toujours juste. « Chambre 2 », c’est une histoire terrible, celle d’une mère devenue folle parce qu’elle a perdu à la naissance une des jumelles qu’elle portait. Cette chambre 2 ouvre et clôt le roman, et permet à la narratrice de se révéler à elle-même. En parallèle de ces histoires de vie et de mort (oui il y a des morts en maternité, beaucoup plus qu’on ne l’imagine), Béatrice narre son parcours de danseuse nue au Cabaret de l’amour, un spectacle monté avec son compagnon Gabor, leur ami Paolo, et les deux Pierre, amants dans la vie et travestis à la scène. Vie de bohème et naissances singulières de ses enfants, récit du corps qui s’impose à travers la danse (et la naissance), quelque chose de profond s’entremêle dans ces parcours successifs d’artiste et de puéricultrice après un nouveau drame de la vie.
Jill, 16 ans, est une adolescente comme les autres à la différence près qu’elle est aveugle depuis l’enfance, suite à une grave maladie. Mais elle entend bien vivre comme les autres et va jusqu’à tenter des expériences dangereuses pour se convaincre qu’elle peut y arriver, comme la scène d’ouverture où elle se rend au lycée en prenant le métro sans sa canne blanche. Un brin obstinée, elle n’en fait qu’à sa tête pour défendre sa liberté et son autonomie, et se retrouve témoin auditif d’une agression sauvage nocturne dans un parc de Paris. Mais la police appelée sur les lieux ne trouvera aucune trace de victime blessée ni d’agression.


Première phrase :
Quentin Silber s’est fait virer du lycée St Ex, trop d’absentéisme et d’insolence. Ce n’est pas une sanction votée par le conseil de discipline, mais une solution fièrement trouvée par le proviseur : changer Quentin d’établissement à la rentrée. Lui proposer le lycée Clemenceau, établissement bourgeois bien fréquenté, qui peut l’amener à changer de comportement, à saisir les chances qui lui sont données, à lui de voir : la balle est dans son camp.
Le jour de Noël, quelque part dans le Michigan, Holly se réveille plus tard que d’habitude. C’est un peu la panique à bord, elle a un repas à préparer et beaucoup d’invités qui vont arriver. Sa fille Tatiana dort encore, et son mari se lève en vitesse pour aller chercher ses parents à l’aéroport. Dès lors, plus rien ne se passera comme prévu.