Les jardins d'Hélène
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Les téléphonistes anonymes – Agnès Desarthe

27 Décembre 2025, 17:32pm

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Publié par Laure

Prudence est en classe de 5e, elle n’a pas de téléphone portable et le vit très bien. Ses parents lui font une entière confiance et elle n’a pas à justifier de ses allers et venues tant qu’elle respecte les règles de base. Ils ont eux-mêmes des portables mais n’y sont pas accro. Pour ses camarades, qu’elle connaît bien depuis la 6e, elle passe pour une marginale.

Alors quand Georges, l’élève charismatique de la classe, puni de téléphone et d’objets connectés par ses parents, vient la trouver pour lui demander de l’aide, elle ne voit pas bien ce qu’elle va pouvoir faire pour lui. Il s’interroge : comment fait-elle pour vivre sans ? Pour ne pas avouer sa punition, il suggère qu’ils pourraient, en groupe, tenter de réduire leur utilisation des écrans et des réseaux, voire s’en passer. C’est ainsi qu’à la manière des alcooliques anonymes naît le groupe des téléphonistes anonymes. Les portables sont écartés, et les débats fusent. C’est qu’on peut en faire des choses, quand on n’est plus scotché à son écran.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est que tous les points de vue sont abordés, de la prise de conscience de l’addiction à la capacité (ou non) de la mettre à distance, et qu’à bien y réfléchir, les seuls « coupables » dans l’histoire, ce sont bien les parents. Ceux qui se plaignent du temps passé par leurs enfants sur ce doudou électronique, qu’ils leur ont eux-mêmes offert ! Se rassurer ou espionner, surveiller ? Quel est leur but ? et ne sont-ils pas les premiers le nez sur leur écran ?

Les caractères des personnages sont bien troussés, le portrait du prof d’histoire est intéressant, l’histoire personnelle des parents de Prudence apporte un petit plus à l’intrigue, l’amitié et le groupe sont mis en avant, ce roman jeunesse est un vrai plaisir de lecture, tout aussi intelligent que distrayant. Une évidence sous la plume d’Agnès Desarthe qu’on ne présente plus, tant en jeunesse qu’en littérature générale.

Conseillé par l’éditeur dès 11 ans, il pourra être lu sans souci par des élèves de CM2 curieux et bons lecteurs. La police de caractère est large et l’ensemble bien chapitré, les chapitres sont courts et l’équilibre récit – dialogues facilitent la lecture.

Une réussite !

 

Gallimard jeunesse, novembre 2024, 172 pages, prix : 11.90 €, ISBN : 978-2-07-521573-2

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Gallimard jeunesse

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Moi d’abord – Véro Cazot et Lou Zago (ill.)

26 Décembre 2025, 15:48pm

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Publié par Laure

D’après le roman de Katherine Pancol

J’ai lu (et aimé) les romans de Katherine Pancol quand j’étais jeune adulte, au début des années 1990. Moi d’abord, son premier publié en 1979, puis Vu de l’extérieur, mon préféré peut-être, Scarlett si possible, et quelques autres d’avant les années 2000. Je ne l’ai jamais lue depuis, jamais découvert sa famille Cortès (les crocodiles et autres tortues - écureuils)

Cette adaptation graphique de son tout premier roman m’a attirée, et l’on peut dire que 45 ans après, le texte est toujours d’actualité. Le début décoiffe un peu (parler sexualité au petit déj en famille et tout raconter à sa mère !) mais pour le reste, rien n’a changé : la femme de 2025 lutte toujours autant contre un patriarcat historique pour s’affirmer et vivre libre. Exister pour soi avant d’exister pour l’autre, apprendre à vivre seule pour mieux vivre à deux, ne rien tolérer qui ne serait pas pleinement consenti et choisi.

La découverte du plaisir, l’autonomie financière et intellectuelle, le courage d’assumer ses choix et son indépendance, ces grandes questions féminines étaient peut-être encore audacieuses à l’époque, elles sont aujourd’hui si évidentes et toujours aussi fragiles à la fois. On (re)découvre aussi les débuts professionnels de Katherine Pancol dans cette partie autobiographique du scénario.

Les couleurs douces, le dessin frais et léger dans un décor encore dénué de portable et d’ordinateurs font de cette BD une tranche de vie dynamique et volontaire malgré le temps qui a passé.

Une lecture détente au message toujours actuel pour toutes les femmes d’aujourd’hui.

 

Éditions Points, septembre 2025, 133 pages, prix : 20.95 €, ISBN : 979-10-414-1847-3

 

 

Crédit photo couverture : © Lou Zago et éd. Points

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Novembre 2025 en couvertures...

1 Décembre 2025, 11:27am

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Publié par Laure

En novembre, j'ai lu :

 

En novembre, j'ai vu : 

 

 

 

 

 

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Octobre 2025 en couvertures...

31 Octobre 2025, 23:11pm

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Publié par Laure

En octobre j'ai lu : 

 

 

 

 

 

 

 

En octobre, j'ai vu : 

 

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L’amourante – Pierre Alexandrine

27 Octobre 2025, 08:00am

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Publié par Laure

Louise est née au XVe siècle. Tant qu’elle est aimée, elle ne vieillit pas. Elle survit sans problème aux armes et aux épidémies. Une amourante, c’est ainsi qu’on appelle une femme comme elle, à la jeunesse inaltérée. Mais pour que dure cette singularité, elle ne doit jamais tomber amoureuse, seulement être aimée. Voilà pourquoi elle fait du mal à beaucoup d’hommes, jusqu’à Zayn, de nos jours à Paris, qui a du mal à l’admettre et à qui elle confie son histoire, qui se dévoile ainsi sous nos yeux de lecteurs.

Décors et costumes s’adaptent au fil des siècles, même si parfois le vocabulaire reste un peu trop moderne, Louise est une héroïne qui n’a pas sa langue dans sa poche. Récit d’aventure, histoire d’amour(s) et d’amitié, tout à tour manipulation sur le désir masculin et drame de l’amour sincère, c’est un scénario vraiment bien ficelé que nous offre Pierre Alexandrine, dans des couleurs chatoyantes et travaillées, à travers les grands épisodes de l’Histoire.

Un premier album impressionnant de maîtrise.

Et j’ai beaucoup apprécié la trouvaille du titre, avec ce a privatif, l’amourante, celle qui ne peut être mourante (du moins je l’interprète comme cela), que l’on peut lire aussi en déclinaison de amoureuse.

Une BD qui n’est pas sans rappeler aussi celle de Yannick Corboz, le voleur d’amour. (Glénat, 2024)

 

Extraits :

p. 72 : « Une chose importante à retenir, c’est qu’à chaque variété d’homme correspond une approche bien précise. Avec les jeunes, il suffit d’être entreprenante, les types mûrs, il faut les flatter. Les riches, ne pas avoir l’air impressionnée par leur argent. »

p. 103 : « Je suis seule, vous ne pouvez pas imaginer à quel point. En fait, je suis tellement seule que vous êtes la première personne à qui j’avoue que je suis seule. »

 

Lire un extrait : ici

 

 

Glénat, juin 2025, 232 pages, prix : 26,00 €, ISBN : 978-2-344-05969-2

 

 

Crédit photo couverture : © Pierre Alexandrine et éd. Glénat

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L’homme qui écoutait battre le cœur des chats – Mathias Malzieu

26 Octobre 2025, 14:18pm

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Publié par Laure

Je n’avais jamais lu Mathias Malzieu et j’ai été très touchée par ce roman. D’abord séduite par son style enjoué et son écriture travaillée sur les nombreux jeux avec les mots, j’ai été sensible au rôle donné à ces deux chats, June et Tornado (ou Tournedos pour June !) Entre humour et drame, leur présence et la mission portée par June sont essentielles. Parler de deuil prénatal est rare, et l’aborder sous cet angle en apparence fantaisiste l’est encore plus.

J’ai espéré aussi que l’on puisse sauver Tornado, atteint de la PIF (péritonite infectieuse féline), et si je me suis parfois un peu perdue dans les aspects imaginaires, c’est un conte merveilleux où la poésie triomphe que nous livre ici Mathias Malzieu, et ça fait un bien fou !

 

Extraits : 

p. 22 : « Leurs négociations poético-émotionnelles se sont soldées par le compromis suivant : ils auront des chats. Nous sommes donc une sorte de lot de consolation, un cadeau d’appoint qui sait attendre patiemment sans faire de crise d’adolescence. Deux enfants light, montés sur coussinets. »

p. 63 : « Celui-qui-se-croit-mon-maître fredonne « Bad Romance », la bouche pleine de croissant. Puis il entre dans un endroit vert et calme rempli de livres.  Peut-être le paradis. Le vieil enfant achète plusieurs recueils en deux exemplaires.

-  Pour les lire deux fois ? lui demande gentiment la gardienne des livres.

Ronde et blonde. Appétissante comme une pomme de terre rissolée.

- Non, c’est pour mes chats. Ils adorent manger la poésie, c’est comme ça. J’ai beau leur donner des romans de gare, ils s’attaquent systématiquement à la poésie. Du coup, j’achète tout en double. »

p. 84 : « Le problème avec les poèmes, c’est qu’ils me donnent très intensément goût à la vie. Dévorer les livres ouvre le chant des possibles, éclaire des mondes invisibles et, tout à coup, je veux tout vivre et visiter. Je vibre et je veux vibrer encore. J’embarque dans le cockpit émotionnel de mes personnages préférés, et la notion de présent se dédouble. Le présent ce cadeau bleu ! »

 

Albin Michel, mai 2025, 200 pages, prix : 19.90 €, ISBN : 978-2-226-49672-0

 

 

Crédit photo couverture : ©Studio 22 / Le Turk – L’Usine à Merveilles / et éd. Albin Michel

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Treizième avenir – Sébastien Joanniez

13 Octobre 2025, 18:39pm

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Publié par Laure

 

L’adolescent qui s’exprime ici est un jeune ordinaire, obsédé par les seins de Justine, assommé par l’ennui des réunions de famille, le racisme ouvert de son père, la glandouille avec les potes. L’ennui de l’adolescence et d’une vie tranquille de banlieue.

L’auteur a choisi d’écrire son texte en slam, et c’est ce qui en fait la force : un roman bref, vif, qui exprime avec justesse les émotions d’un jeune ado, et qui fait de sa première expérience sexuelle un moment vrai, où les mots décrivent avec pragmatisme un moment fort mais sincère.

Ce roman s’adressera particulièrement aux adolescents « petits lecteurs », le texte court et sa musicalité s’y prêtant, mais il régalera aussi tous les jeunes (et moins jeunes) que l’adolescence interroge ou touche.

Un bel ouvrage de fonds, paru en 2006.

 

 

Ed. Sarbacane, coll. Exprim’, octobre 2006, 103 pages, prix : 8.90 €, ISBN : 978-2-84865-139-2

 

 

Crédit photo couverture : © éditions sarbacane

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Septembre 2025 en couvertures...

30 Septembre 2025, 22:36pm

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Publié par Laure

En septembre, j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

En septembre, j'ai vu :

 

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La route de Wakale - Solenn Honorine

9 Septembre 2025, 10:46am

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Publié par Laure

 

Alix est ingénieure des eaux, à 27 ans elle est un peu perdue dans son couple. Elle s’engage dans une mission humanitaire pour Médecins sans Frontières, qui l’envoie au Nord-Kivu, une province de l’Est de la république démocratique du Congo. Elle découvre la réalité du terrain, " les pieds dans la merde et la tête dans les étoiles ", loin de ce qu’elle avait pu imaginer. Les tensions sont nombreuses, les dangers omniprésents, les situations dramatiques.

Je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage que j’ai trouvé naïf et candide, trop égocentré, qui cherche à donner un sens à sa vie, mais il a manqué quelque chose, une profondeur dans le récit, un contexte géopolitique insuffisamment expliqué pour que je puisse réellement m’y intéresser. Je me suis ennuyée et n’ai pas été convaincue, ça arrive.

 

 

 

 

L’Archipel, septembre 2025, 272 pages, prix : 21 €, ISBN : 9782809852622

 

 

Crédit photo couverture : éditions de l’Archipel

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Du côté des vivants – Violaine Bérot

8 Septembre 2025, 10:12am

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Publié par Laure

Greg Fontaine est encore jeune mais il a décidé d’arrêter la chimio. Il veut vivre ses derniers mois comme il l’entend. André Castillon est âgé, usé, il est temps pour lui de partir. C’est dans cette chambre 308 d’un hôpital que les deux hommes vont faire connaissance, partager des mots, des émotions, des petits plaisirs, entourés du passage des soignants, des amis, de la famille qui ne parviennent pas toujours à les comprendre, à se résigner, à accepter.

Le sujet est triste et pourtant le roman est d’une douceur et d’un réconfort étonnants, lumineux même. Avec sobriété, pudeur, douceur, en toute simplicité (les phrases sont courtes, économes, choisies) Violaine Bérot offre un roman touchant et juste sur l’importance de l’écoute, de la générosité, du respect de soi et de l’autre, de l’amitié, et par le ballet des personnages, différents points de vue, ainsi qu’un regard sur la situation de l’hôpital français aujourd’hui et sur la liberté de choix de sa fin de vie.

Un petit bijou d’humanité.

 

p. 72 : « Elle a terminé de nettoyer le sol de la chambre. Elle attaque la salle de bains. Elle voudrait ne plus croiser le regard de personne. Elle n’en peut plus de faire semblant. On ne devine rien des gens ni de leurs malheurs. On regarde quelqu’un, on invente sa vie, on se trompe. Chacun montre ce qu’il veut. Elle frotte le lavabo. L’eau tourne avant de s’en aller. Elle voudrait être comme l’eau, tourner et s’enfoncer. Elle est comme l’eau, plus rien ne tient debout, elle tourbillonne. Elle aimerait qu’un siphon l’avale. Mais non. »

 

Buchet-Chastel, août 2025, 165 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-283-04106-2

 

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