Les jardins d'Hélène

Dans la nuit blanche – Olivier Adam

6 Mars 2022, 18:17pm

Publié par Laure

Léa vient de s’installer à Paris pour ses études, dans une minuscule chambre de bonne, où elle va apprendre à faire connaissance avec ses nouveaux voisins de palier : Boris le serbe souvent alcoolisé et un brin exhibitionniste, Gloria la vieille espagnole, Su et ses talents guérisseurs par les plantes et les baumes, et Nathan, serveur, écrivain qui a le pouvoir de voir dans les rêves des gens.

Ses parents et son frère Antoine, plus jeune, ont du mal à la voir partir, mais c’est le cours de la vie.  Léa est la première de la famille à faire des études, et ses parents en sont fiers.

Au retour d’une partie de tennis avec son ami Hugo, Antoine se fait renverser par une voiture en traversant la forêt. Délit de fuite du conducteur, le jeune homme est dans le coma. Sa voix nous parviendra également du lointain de cette « nuit blanche ».

La vie de tous est bouleversée : dans un roman choral qui donne la parole à ses amis et à sa sœur, ainsi qu’aux nouvelles rencontres de celle-ci, les sentiments vont se libérer et l’enquête se résoudre. Si les indices sont là, les fausses pistes nous mènent le temps de vivre au plus près des émotions des uns et des autres.

Olivier Adam excelle dans le roman intime qui dit avec justesse les sentiments amoureux, amicaux, familiaux, les doutes, les peurs, l'acceptation de soi.  L’adolescence, ce moment d’émotions exacerbées est un terrain riche qu’il explore avec talent.

 

Dès 13 ans et sans limite d’âge 😉

 

 

Robert Laffont, collection R., octobre 2021, 253 pages, prix : 17,90 €, ISBN : 978-2-221-25559-9

 

 

Crédit photo couverture : © éditions Robert Laffont

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Février 2022 en couvertures ...

28 Février 2022, 18:31pm

Publié par Laure

En février, j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

En février, j'ai vu (et aimé !) :

 

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Dix âmes, pas plus – Ragnar Jónasson

24 Février 2022, 20:47pm

Publié par Laure

Traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün

 

Una, lasse de sa vie solitaire à Reykjavík et mal dans sa peau, postule une place d’enseignante à l’autre bout du pays : à Skálar, petit village à la pointe nord-est de l’Islande, froid, isolé, avec pour particularité de ne compter que dix habitants. « Dix âmes, pas plus ». Il n’y a que deux fillettes à qui elle fera la classe, et elle logera chez l’une d’elle. D’emblée, l’atmosphère est étrange, Una entend des voix, les habitants sont peu enclins à lui faire une place. On lui fait vite comprendre que la maison qu’elle occupe est hantée et qu’il est malvenu de remuer les secrets de famille. Est-ce le vin dans lequel elle cherche du réconfort ou des phénomènes surnaturels qui la font voir cette fillette habillée de blanc l’effrayer en pleine nuit ? Car ce fantôme serait celui d’une petite fille décédée des décennies auparavant. Des liens se font entre passé et présent – rapidement une mort brutale vient changer les plans, et qui est cette femme qui raconte un meurtre qu’elle paye en prison ? Una essaye d’enquêter mais partout les portes se ferment, les voisins sont de plus en plus hostiles et le doute s’insinue jusqu’à un dénouement inattendu.

Ça fonctionne, le lecteur est tenu par l’envie de comprendre, l’atmosphère étouffante de cet huis clos participe grandement à la réussite du roman. Je découvre avec plaisir cet auteur islandais que je ne connaissais pas et que je compte bien suivre désormais.

 

 

 

 

 

 

Ed. de la Martinière, janvier 2022, 354 pages, prix : 21 €, ISBN : 978-2- 7324-9407-4

 

Crédit photo couverture : © éd. De la Martinière

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Comme un murmure – Morten Dürr, Sofie Louise Dam (ill.)

23 Février 2022, 19:59pm

Publié par Laure

Traduit du danois par Catherine Renaud

 

Au collège, les filles jouent au jeu des murmures : la première chuchote une phrase à l’oreille de la deuxième qui la chuchote à la troisième et ainsi de suite ; le bon vieux téléphone arabe qui déforme les propos et lorsque la dernière de la boucle énonce la phrase à voix haute, il ne reste pas grand-chose de la version originale et tout le monde rit.

Mais quand Anna murmure à l’oreille de Véra « Ma mère me frappe », le jeu prend une autre tournure. Que personne ne veut entendre, croire, voir. Elle a l’air si bien cette maman, Anna fabule, ce n’est pas possible. Il faudra de nombreuses absences d’Anna et le courage de Véra pour prendre les choses à bras le corps et oser dénoncer ces violences.

Une BD délicate sur ce sujet qu’est la violence parentale, avec en fin d’ouvrage deux pages de conseils, l’une pour la France et le 119 Enfance en danger, l’autre pour le Québec.

Les différentes étapes, du doute à la dénonciation et à l’aide en passant par le fou rire et la moquerie due à l’incrédulité, sont bien traduites.

Un album graphique salutaire qui s’il peut aider ne serait-ce qu’un seul enfant ou ado, ou adulte à ouvrir les yeux, mérite toute sa place et sa médiation dans les milieux scolaires ou publics.

Dès 12 ans.

 

 

 

 

Éditions Jungle, juin 2021, 73 pages, prix : 13,95€, ISBN : 978-2-822-23441-2

 

Crédit photo couverture : © Sofie Louise Dam et éd. Jungle

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Mon bel assassin – Charlotte Erlih

21 Février 2022, 14:58pm

Publié par Laure

Greta Thunberg peut-elle tomber amoureuse ? Engagée comme elle est, elle parcourt le monde et n’a pas une seconde pour elle. Convaincre des politiques est son mantra, se battre pour le climat sa religion. Bien que son nom ne soit jamais cité, c’est bien elle qui va rencontrer Tom dans un car de nuit (elle évite au maximum l’avion) et se remettre en question, en quête d’un avenir dans ce monde absurde, et voir peut-être un nouvel horizon plus doux se profiler.

Jean-Philippe Blondel s’était déjà essayé à mettre en fiction le personnage de Greta Thunberg dans Il est encore temps (Actes Sud junior, 2020) et j’avais ressenti la même chose qu’ici : je reste difficilement perméable au docu-fiction. Je n’ai pas envie qu’on me raconte l’engagement de Greta Thunberg et ce qu’elle peut ressentir face à l’immobilisme des différents acteurs à qui elle s’adresse, l’actu le fait très bien, quant à la fiction pure (les premiers émois amoureux, la peur, le doute), elle s’applique à n’importe quel(le) adolescent(e). Alors mêler les deux ? Peut-on avoir une vie normale quand on est sous l’œil permanent des médias ? montrer ses émotions ? s’autoriser à être soi, avec sa fragilité, quand on à 16 ans on parle aux dirigeants du monde entier ? La question concerne tous les ados quel que soit leur engagement.

J’aime beaucoup cette collection chez Nathan qui comme son nom l’indique – Court toujours – propose des textes courts sous 3 formats simultanés : il suffit d’acheter le livre pour accéder en même temps à sa version numérique et sa version audio. Les auteurs aguerris et leurs textes sont toujours de qualité, et si celui-ci n’est pas mon préféré, par son sujet sans doute, vous pouvez piocher quasi les yeux fermés dans la collection.

 

(Dès 15 ans)

 

Nathan, coll. Court toujours, février 2022, 57 pages, prix : 8 €, ISBN : 978-2-09-249243-7

 

Crédit photo couverture : © éd. Nathan

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Sang d'encre - Jill Dawson

15 Février 2022, 14:23pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Pierre Ménard.

Titre original : The crime writer

 

 

En 1964, Patricia Highsmith, célèbre romancière américaine, s’est retirée dans un cottage anglais, dans le Suffolk, pour y écrire tranquille, et y vivre sereinement sa liaison avec une femme, Sam, par ailleurs mariée et mère de famille. Mais le calme recherché ne sera pas de longue durée, car une journaliste lui tourne autour pour écrire sa biographie, sa voisine se montre bien curieuse autant qu’effrayée par son lapin sauvagement égorgé, et le mari de Sam devient un peu trop envahissant. Et Pat semble quelque peu addict à l’alcool….

Alternant style indirect à la troisième personne et récit à la première personne par Patricia Highsmith elle-même, Jill Dawson donne à lire une sorte de documentaire fiction mêlant la vraie vie de l’écrivaine à son roman en train de s’écrire. Les frontières finissent par se brouiller, pour le plus grand bonheur du lecteur qui se délecte des indices donnés pour comprendre peu à peu la construction dans laquelle il est embarqué. Et il faut bien avouer que c’est plutôt brillant, le tout étant le roman malin et abouti de Jill Dawson, ce sang d’encre, the crime writer dans son titre original.

Dans une postface sous forme de remerciements, l’autrice – Jill Dawson – donne toutes les références aux textes de Patricia Highsmith dont elle use dans le roman, sans pour autant jamais les copier directement. Il n’est pas nécessaire de connaître les romans de P. Highsmith pour comprendre l’intrigue, mais nul doute qu’elle vous donnera envie d’aller ensuite les découvrir davantage !

(PS : ne cherchez pas le chat de la couverture dans l'histoire, il n'y en a pas !)

 

Extrait p. 23 : « -Dans mes livres ce sont l’attente, l’atmosphère qui dominent. Je n’écris pas de romans policiers. Comme je vous l’ai dit au téléphone, je n’aime pas ce terme. Mon petit traité doit d’ailleurs s’appeler L’Art du suspense, mode d’emploi. Dostoïevski écrivait des romans à suspense, c’est-à-dire des histoires où l’on sent planer la menace d’une violence ou d’un danger larvé, imminent. C’est dans cette lignée que je me situe. »

 

 

Ed. Denoël, coll. & d’ailleurs, février 2018, 374 pages, prix : 21,50€, ISBN : 978-2-207-13672-0

 

 

 

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Entre les lignes – Dominique Mermoux

31 Janvier 2022, 19:46pm

Publié par Laure

Adaptation en bande dessinée du roman de Baptiste Beaulieu, Toutes les histoires d’amour du monde (éd. Mazarine, 2018)

Denis, le père de Baptiste Beaulieu, se rend au cabinet médical de son fils pour lui présenter des carnets retrouvés, dans lesquels son propre père écrivait à une inconnue : Anne-Lise Schmidt.

Dévoilant un secret de famille qui l’obsède, Denis en a oublié de prendre son traitement pour son cœur et fait un malaise dans le bureau de son fils. Hospitalisé, c’est Baptiste qui se chargera de partir enquêter sur le passé de son grand-père Moïse.

Construit en alternant les périodes de l’histoire passée et présente, de larges pages de textes et d’illustrations bleu et brun sépia traitent d’une histoire d’amour exceptionnelle en temps de guerre, sous formes de lettres écrites chaque 3 avril (on comprendra pourquoi ce jour-là) tandis que des pages de BD plus classiques (avec des cases présentes et des couleurs plus contemporaines) racontent le parcours de Baptiste dans son enquête mais surtout dans sa façon de renouer avec son père, celui-ci ayant plus ou moins coupé les ponts à l’annonce de son homosexualité.

C’est une histoire riche et touchante dans sa partie historique, joliment menée pour reconstruire la biographie familiale de l’auteur du roman et de son grand-père. Avec une fin qui serre le cœur, malgré tout l’amour du monde.

 

 

Rue de Sèvres, mai 2021, 169 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-81020-250-8

 

 

Crédit photo couverture : © Dominique Mermoux et éditions Rue de Sèvres

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Janvier 2022 en couvertures....

31 Janvier 2022, 17:25pm

Publié par Laure

En janvier j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En janvier j'ai vu :

 

 

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Je suis Sofia – Céline Gandner et Maël Nahon (ill.)

18 Janvier 2022, 18:11pm

Publié par Laure

Un récit graphique documentaire et biographique, écrit par Céline Gandner, qui fut la jeune fille au pair de deux petits garçons : Edoardo, 5 ans et Amedeo, 18 mois, 21 ans plus tôt en Italie. Alors qu’elle a changé de voie professionnelle en passant de l’audiovisuel documentaire pour France 5 au storyboarding de BD, elle retourne en Italie leur rendre visite. Personne ne l’a prévenue qu’Edoardo s’appelait désormais Sofia. Accueillie en amie de toujours, elle devient la confidente de Sofia, qui lui explique sa transidentité et les aléas de son opération de réassignation sexuelle.

Très vite l’ancienne jeune fille au pair songe à en faire une BD pour informer, lever le tabou du sujet, le rendre plus accessible. Mais elle craint d’être maladroite et de blesser sans le vouloir. Elle s’associe alors à Maël Nahon, dessinateur qui s’est formé dans la même école qu’elle, militant LGBTI, et qui a lui-même fait une transition de genre.

J’ai beaucoup aimé ce récit graphique, dans son dessin clair et aéré aux couleurs faites uniquement de bleu et d’orange, ainsi qu’à la large place faite à la ville de Rome. J’ai apprécié le scénario, explicatif, sincère, qui n’oublie pas la place des parents et la difficulté pour tous, tant psychologique que la douleur physique. Même si j’ai trouvé maladroite la comparaison de la scénariste qui fait un parallèle entre cette transformation identitaire et son changement de vie professionnelle – on n’est pas sur le même sujet ni la même incidence – j’approuve tout ce qui peut informer, briser le tabou de la dysphorie de genre et de la transition. Un sujet délicat poussé assez loin dans ses détails physiques notamment (l’opération), mais dont l’aboutissement en un peu moins de 200 pages me semble réussi.

 

 

Marabulles, avril 2021, 173 pages, prix : 18,95 €, ISBN : 978-2-501-14674-6

 

 

Crédit photo couverture : © Maël Nahon et éd. Marabulles

 

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La librairie de Téhéran – Marjan Kamali

11 Janvier 2022, 11:50am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Florence Moreau

 

J’avoue, j’ai choisi ce livre pour son titre et sa couverture principalement, et la promesse qui en était faite d’un « doux parfum d’Iran ».

L’histoire s’annonce classique : des amours contrariées. L’ouverture par la fin, en 2013, d’une femme âgée qui rend visite à son amour de jeunesse en maison de retraite, nous annonce dès lors que leur histoire ne s’est pas concrétisée comme elle aurait dû.

Retour en 1953 à Téhéran, aux balbutiements de leur amour, protégé par un libraire qui les abrite dans sa boutique le temps de leurs rencontres mal vues des parents du jeune homme. Bahman est un jeune activiste politique, Roya une étudiante ambitieuse dans un milieu qui encourage la place de la place dans la société. Leurs fiançailles sont teintées d’amertume par l’attitude de la mère de Bahman. Rien n’ira comme prévu, et en plein coup d’État politique, ils se perdront de vue et construiront chacun une nouvelle vie aux États-Unis, avant de se retrouver dans le premier chapitre qui ouvre le roman sur le crépuscule de leur existence.

L’autrice dénoue l’intrigue avec parfois quelques longueurs ; les personnages secondaires sont intéressants, la position accordée à la femme également, je regrette toutefois quelques artifices un peu mielleux, et que le contexte iranien soit abordé de façon superficielle.

Je ne sais comment qualifier ce roman : une romance, un feel-good ? Une ambition plus littéraire que quelques grosses ficelles ne suffisent pas à élever ?

A conseiller à ceux qui veulent avant tout une histoire d’amour.

 

 

Hauteville, août 2021, 380 pages, prix : 18,90 €, ISBN : 978-2-38122-367-4

 

 

Crédit photo couverture : © Shutterstock / éd. Hauteville

 

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