Alix est ingénieure des eaux, à 27 ans elle est un peu perdue dans son couple. Elle s’engage dans une mission humanitaire pour Médecins sans Frontières, qui l’envoie au Nord-Kivu, une province de l’Est de la république démocratique du Congo. Elle découvre la réalité du terrain, " les pieds dans la merde et la tête dans les étoiles ", loin de ce qu’elle avait pu imaginer. Les tensions sont nombreuses, les dangers omniprésents, les situations dramatiques.
Je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage que j’ai trouvé naïf et candide, trop égocentré, qui cherche à donner un sens à sa vie, mais il a manqué quelque chose, une profondeur dans le récit, un contexte géopolitique insuffisamment expliqué pour que je puisse réellement m’y intéresser. Je me suis ennuyée et n’ai pas été convaincue, ça arrive.
L’Archipel, septembre 2025, 272 pages, prix : 21 €, ISBN : 9782809852622
Greg Fontaine est encore jeune mais il a décidé d’arrêter la chimio. Il veut vivre ses derniers mois comme il l’entend. André Castillon est âgé, usé, il est temps pour lui de partir. C’est dans cette chambre 308 d’un hôpital que les deux hommes vont faire connaissance, partager des mots, des émotions, des petits plaisirs, entourés du passage des soignants, des amis, de la famille qui ne parviennent pas toujours à les comprendre, à se résigner, à accepter.
Le sujet est triste et pourtant le roman est d’une douceur et d’un réconfort étonnants, lumineux même. Avec sobriété, pudeur, douceur, en toute simplicité (les phrases sont courtes, économes, choisies) Violaine Bérot offre un roman touchant et juste sur l’importance de l’écoute, de la générosité, du respect de soi et de l’autre, de l’amitié, et par le ballet des personnages, différents points de vue, ainsi qu’un regard sur la situation de l’hôpital français aujourd’hui et sur la liberté de choix de sa fin de vie.
Un petit bijou d’humanité.
p. 72 : « Elle a terminé de nettoyer le sol de la chambre. Elle attaque la salle de bains. Elle voudrait ne plus croiser le regard de personne. Elle n’en peut plus de faire semblant. On ne devine rien des gens ni de leurs malheurs. On regarde quelqu’un, on invente sa vie, on se trompe. Chacun montre ce qu’il veut. Elle frotte le lavabo. L’eau tourne avant de s’en aller. Elle voudrait être comme l’eau, tourner et s’enfoncer. Elle est comme l’eau, plus rien ne tient debout, elle tourbillonne. Elle aimerait qu’un siphon l’avale. Mais non. »
Buchet-Chastel, août 2025, 165 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-283-04106-2
Tokyo, novembre 1938. Un quatuor de musiciens répète Rosamunde de Schubert quand ils sont interrompus par des militaires. L’un d’entre eux brisera le violon de Yu Mizusawa. Rei, son fils caché dans une armoire face à la violence montante, en restera marqué à vie. Devenu luthier, il ne cessera de restaurer ce violon et avec lui la mémoire de son père.
Un joli roman sensible et doux, où l’amour, la solidarité, la loyauté, doublés de courage et de persévérance redonnent foi face à la cruauté et la bêtise dont l’homme est capable.
Nul doute que vous aurez envie d’écouter les morceaux de musique classique qui font la trame de ce roman.
L’auteur, japonais, a longtemps vécu en France et écrit directement en français. Son style, son écriture et ses personnages reflètent bien cette double culture.
Sont cités :
Rosamunde, quatuor à cordes de Frantz Schubert, opus 29, D. 804
Gavotte en rondeau, Partita n°3 en mi majeur de Jean-Sébastien Bach
Dites-moi comment vous allez vivre, de Genzburô Yoshino (disponible sous le titre Et vous, comment vivrez-vous ? aux éditions Picquier)
Le bateau-usine, de Takiji Kobayashi
Gallimard, coll. Folio, mai 2021, 256 pages, prix : 9 €, ISBN : 978-2-07-292121-6
J’avais découvert et apprécié Luc Chomarat en 2024 avec son roman, le fils du professeur (2021). Je le retrouve ici avec ce qui semble être son dada : mettre en scène l’écriture et le monde de l’édition.
L’éditeur Delafeuille (déjà présent dans deux de ses précédents romans mais aucun problème pour lire celui-ci sans les connaître) est sur une mauvaise pente professionnelle et doit trouver pour la rentrée littéraire d’automne le livre qui fera bondir les ventes de sa maison : un roman court (les lecteurs n’ont pas le temps), avec une femme moderne et combattive, bref, un récit formaté comme il faut pour que ça se vende. « LE livre de la rentrée » quoi, et si en plus il peut remporter un prix, ce sera encore mieux.
Delafeuille pense donc à Luc, un auteur qu’il connaît et qui justement est en train d’écrire un roman sur sa femme Delphine. La parfaite maîtresse de maison. Hum, pas le profil idéal de notre époque, surtout que Luc ne cache pas sa misogynie. Pourtant dès son arrivée dans la maison de l’auteur, accueilli par Delphine, il tombe sous son charme et que ce soit dans la vraie vie ou dans le manuscrit que Luc lui fait lire, cette femme devient vite son obsession.
Si l’on connaît un tant soit peu le monde du livre, on ne peut que se réjouir de tous ces/ses travers ironiquement décrits par l’auteur (tiens, Chomarat s’appelle Luc !), qui démontre très bien les enjeux commerciaux du livre, devenu depuis bien longtemps un produit comme un autre. Et quand il joue à insérer un roman dans le roman et à démonter les mécanismes de la fiction, le lecteur questionne nécessairement la place du vrai, du vraisemblable, de l’écriture, du pacte de lecture qu’il passe en tant que lecteur. Un lecteur de romans ne peut que se réjouir de cette mise en abyme et des questions qu’elle suscite. Là où ça se gâte un peu, c’est quand Chomarat en abuse en ajoutant un niveau supplémentaire et les quarante dernières pages gâchent un peu l’ensemble et risquent de perdre le lecteur néophyte : le mieux est souvent l’ennemi du bien.
Il n’en ressort pas moins un grand plaisir de lecture à cette construction satirique qui fait sourire l’initié. Le livre de la rentrée (2023) ne l’a sans doute pas été, mais j’ai aimé que l’auteur en joue.
Et je vais pouvoir retrouver Delafeuille dans l’Espion qui venait du livre (2014, réédité en 2022), le Dernier Thriller norvégien (2019), et je pourrais même aller faire un tour du côté du Polar de l’été (2017), nul doute que j’y trouverai le même plaisir complice. On notera d’ailleurs tout au long de la lecture de nombreux clins d’œil à des titres existants, auteurs vivants et salons littéraires. Le métaroman vous perdra … dans des envies de (re)lectures ! Tant qu’il y a consentement… 😉
Quelques extraits :
p. 22 : « Les personnages d’une fiction font un peu ce qu’ils veulent, il le savait bien. C’est un phénomène que connaissent seulement les romanciers, ceux qui s’adonnent à cette activité étrange qui consiste à bercer leurs contemporains d’histoires imaginaires, pour les aider à supporter la réalité. Très vite, les marionnettes créées par le romancier vivent leur propre vie, vont parfois jusqu’à contredire l’intrigue, disent leur propre texte. C’est une vraie difficulté. Les Anglo-Saxons ne parlent pas pour rien de character-driven plots. Ce sont bien eux, les personnages, qui dirigent l’histoire.
C’était d’ailleurs, peut-être, une des raisons pour lesquelles il avait du mal à faire exister la femme. On ne se refait pas. S’il avait du mal, dans la vie, à leur reconnaître leur autonomie, comment pourrait-il les laisser aller librement sur la page ? Question intéressante. »
p. 56-57 :« - Nous allons créer la surprise. Trouvez-nous un petit jeune, quelqu’un dont on n’a jamais entendu parler. Un garçon, ce sera original. Ou un vieux cheval de retour ? Quelque chose qui nous change de toutes ces femmes abusées.
Delafeuille prit le temps d’une gorgée de chardonnay. C’était le monde dans lequel il vivait, désormais.
- Mais, il nous faut une histoire, non ?
- Ah oui, une histoire… Bon, vous savez comme moi ce qui marche. Le capitalisme c’est pas bien, et ça il faut le dire, il faut avoir le courage de le signifier courageusement. Quoi d’autre ? La planète est en péril, d’après ce que j’ai entendu dire… Et puis les femmes, oubliez ce que j’a dit, les femmes qui en ont marre, c’est toujours une bonne idée… Et la maladie, le malheur sous toutes ses formes. Un peu de cul. Du cul féministe, évidemment. Je ne vais pas vous apprendre le métier.
- Non, bien sûr… Mais est-ce que nous n’avons pas envie de découvrir un bon texte ?
- Un bon texte est un texte qui se vend. Que voulez-vous, on ne fait pas de bonne littérature avec des bons sentiments. »
p. 97 : « - Je vais te dire ce que j’en pense : les livres qui parlent d‘écrivains qui écrivent des livres n’intéressent plus les gens, et c’est normal. Ils en ont trop bouffé, ces vingt dernières années.
- Oh, tu sais, depuis Montaigne… »
La manufacture de livre, août 2023, 235 pages, prix : 19.90 €, ISBN : 978-2-38553-004-4
La narratrice, dont on ne connaîtra le prénom qu’à la toute dernière ligne, emménage avec son père dans un village isolé. Elle porte un lourd passé, qu’on découvre au fil du texte : le décès de la maman, la perte d’un frère, le deuil impossible du père, et ce « Il » en italique, dont on perçoit qu’il a été malveillant sans immédiatement comprendre qui il est vraiment et ce qu’il a fait, tout en se doutant qu’il est question d’agression sexuelle.
Elle entre dans l’adolescence, solitaire, écorchée vive, et l’école retrouvée (son père a mis du temps à essayer de reprendre pied) lui permet de se faire une amie, Maggie, à qui elle aura pourtant du mal à parler de sa douleur profonde. C’est d’ailleurs le plus souvent dans le silence qu’elle se mure volontairement.
L’étourbillon, c’est cette spirale de caisses posées dans sa chambre, empilées en spirale pour laisser un passage, léguées par un ami libraire de son père, mort lui aussi, dont on apprend qu’il était l’ex de sa mère. Elles contiennent des livres qu’il a mis de côté soigneusement pour elle, sur le deuil notamment, mais aussi une boite de velours au contenu plus intime.
L'étourbillon, c’est sans doute aussi ce tourbillon d’émotions vives qui secouent la narratrice, au parcours de vie plus que dramatique. D’ailleurs, elle trouvera dans les caisses des ouvrages de celui qu’elle appelle Boris, sur la résilience. L’adulte lecteur sait la référence à Cyrulnik, et la résilience, c’est bien ce dont la jeune fille a besoin, mais cela peut-il s’apprendre ? Il faut en passer par l’expérience pour la vivre. Elle l’expliquera très bien au demeurant.
Un premier roman émouvant, mais peut-être un peu trop elliptique, un bref paragraphe en donnera toutes les clés ou presque à la fin, mais peut-être arrive-t-il trop tard dans le récit. La souffrance est vive, le propos intéressant, et comme dans tout roman destiné aux ados, l’espoir est au bout du chemin.
A conseiller à celles et ceux qui aiment les romans intimistes, les histoires de vie, et à qui le deuil ne fait pas peur, ou qui auraient besoin de s’y confronter dans un roman miroir.
Extrait :
p. 62 : « Je suis tombée sur un livre tout à l’heure, un certain Boris je sais plus quoi, il parle de résilience ! C’est la capacité de certains matériaux à reprendre leur forme d’origine, si j’ai bien compris d’après le Petit Robert. Mais lui, il en parle pour les humains.
Capacité à reprendre forme humaine après un traumatisme ?
Je l’ai mis sous mon oreiller, j’y comprends rien mais il me rassure.
En tout cas, il parle des acteurs de résilience ou quelque chose comme ça, il dit que pour les traumatisés la meilleure façon de « résilier » c’est de trouver un humain adulte potable et aidant. Donc, il faut que je trouve quelqu’un, parce que papa clairement c’est pas la peine et que moi j’ai besoin de parler, de vivre, d’apprendre, je suis une jeune fille quoi ! Je veux bien être en deuil – apparemment c’est pas tellement un truc de vieux, ça arrive à tout âge – donc je veux bien, mais fait pas exagérer, je vais pas arrêter de vivre, il se passe trop de trucs intéressants.
Mais dis Boris, ça se trouve où un acteur de résilience ? Et c’est quoi un traumatisme ? »
A partir de 12 ans.
Alice éditions, coll. Tertio, janvier 2023, 186 pages, prix : 13.00 €, ISBN : 978-2-87426-518-1
Au fil de grands événements ayant marqué les cinquante dernières années (Tchernobyl, l’élection d’Obama, le 11 septembre 2001, les attentats du 13 novembre 2015, …), c’est toute l’histoire de la famille qui se déroule, avec ses hauts, ses bas, ses joies, ses peines, ses poids et rancœurs longtemps tues.
Si le roman familial est prenant et certains personnages attachants, j’ai trouvé que l’inscription dans les repères historiques n’offrait pas de valeur ajoutée. Hormis une date en tête de chapitre et quelques lignes de contextualisation, il n’y a pas de vraie incidence sur le récit. Du moins cela ne m’a pas frappée et j’ai été déçue par cet aspect annoncé du roman, censé constituer notre histoire commune, inscrivant la petite histoire dans la grande.
Certains passages de la vie personnelle des protagonistes sont toutefois très marquants, si vous aimez les histoires de vie et de lien familial.
A lire dès 13 ans.
Lauréat du Prix ados 2025 du festival du livre de jeunesse en Occitanie.
Nathan, août 2023, 252 pages, prix : 15,95 €, ISBN : 978-2-09-249500-1, prix : 15.95 €
Le café est le repère qui ouvre chaque saison, la scène évolue tant à travers la météo que la fréquentation.
En automne on y voit aussi l’école, les feuilles mortes, on va au parc, à la librairie, en entreprise, au salon de thé. Puis au fil du temps on découvre le cinéma, le supermarché, le cimetière, mais aussi des scènes qui nous parlent de la société : un foyer pour les sans-abris, une épicerie solidaire, un jardin partagé…
Les personnages sont des chats (l’autrice-illustratrice rend d’ailleurs hommage au sien en fin d’ouvrage), et c’est avec beaucoup de plaisir que l’on observe les détails des planches, des activités, le choix des couleurs. Tout y est si beau, reflet d’une vie inclusive et harmonieuse, offrant une belle place à la lecture, à la culture, à l’autre, tout cela dans un album sans texte qui en dit pourtant tellement sur la vie ! Superbe !
L’école des loisirs, 6 mars 2024, 56 pages, prix : 17,50 €
Laura, 17 ans, a été élevée par sa grand-mère Gene(viève), depuis que sa mère a préféré l’abandonner avec un paquet de couches et deux biberons à l’âge de quatorze semaines.
Veuve, Gene (qui s’est auto surnommée ainsi en hommage à l’actrice Gene Tierney mais que Laura appelle Nino) n’a qu’une passion dans la vie, en dehors de sa petite-fille : le cinéma. Et c’est dans les salles obscures et les soirées VOD, VHS et DVD qu’elle l’a élevée, routine aussi intime qu’ouverte sur le monde par ce que le 7ème art en donne à voir.
Quand arrive l’épidémie de Covid19 et son premier confinement, il faut bien se rendre à l’évidence : la santé de Nino décline. C’est aussi le moment que choisit la mère de Laura pour revenir dans leur vie, mais peut-on recréer un lien qui n’a jamais vraiment existé ?
Quel tourbillon émotionnel que ce roman, hommage au cinéma, aux grands films, acteurs et réalisateurs (on n’a qu’une envie : aller (re)voir tous ces chefs d’œuvre !), étude d’une relation familiale privilégiée autant que disloquée, présence de personnages secondaires ayant du sens (l’amante Mireille, l’ami de cinéma Alain, la meilleure amie Marie-D, sans oublier Pierrick…)
Le roman questionne aussi sur la fin de vie, sur la transmission familiale et la construction de soi, sur le poids et la responsabilité que l’on peut faire porter ou non par amour (et là encore, c’est une référence cinématographique forte qui s’y prête).
Si Laura commence à écrire pour appliquer cette citation de Cioran : « on ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu’on n’oserait confier à personne », elle achève son récit par un « Je me souviens » à la Perec aussi beau que touchant.
Et j’aime toujours autant les auteurs qui ne prennent pas les adolescents (cible première de ce roman) pour des pauvres petites choses fragiles qu’il faudrait protéger d’un monde trop cruel.
C’est parce que les salles de cinéma ont fermé pendant le Covid et qu’il a perdu sa mère à ce moment-là que l’auteur a écrit sur sa passion du cinéma, la plaçant dans un personnage adolescent qui comme lui a grandi dans les salles obscures. Un roman « d’amours au pluriel », « magnifiques ou manquées, comme au cinéma ».
Un quasi-coup de cœur [On fermera les yeux sur quelque paroxysme romanesque]. De ceux qu’on commence un soir et qu’on finit dans la nuit parce qu’on ne peut le refermer avant la dernière page.
Quelques extraits :
p. 44 : « Bonnes vacances, Ma Sauterelle. Tu me manques. Mais j’aime ça, le manque de toi, il me remplit, comme de t’imaginer joyeuse au bord de la mer. »
p. 47 : « Un soir, particulièrement inspirée, Nino a déclaré Les cinéphiles sont des amoureux, les série-maniaques des consommateurs et des peine-à-jouir sur plusieurs saisons ! L’orgasme est cinématographique."
p. 93 : « […] un QI au-dessus de la moyenne, mais surtout un QE, quotient émotionnel, qui crevait les plafonds. Hypersensibilité exacerbée, hyper-susceptibilité et incapacité à dire non de peur de déplaire aux autres tant son besoin de reconnaissance est grand. »
p. 104 : « Si je vis avec toi, mon amour, je ne vais pas pouvoir m’empêcher de me mettre en quatre pour réaliser le moindre de tes désirs, et même les devancer ! Pire, je vais m’imaginer que ce sont les miens. On est bien comme ça, non ? L’important, c’est qu’on s’aime !
C’est encore le titre d’un de tes foutus films, ou quoi ?! a répliqué Mireille avec amertume. « L’important c’est qu’on s’aime », merde, on dirait du Sautet !
Nino a fait l’erreur de répondre Non, ce serait plutôt du Zulawski. L’important c’est d’aimer. 1975, Romy Schneider, Jacques Dutronc, musique Georges Delerue… »
Ed. Thierry Magnier, août 2023, 224 pages, prix : 16,20 €, ISBN : 979-10-352-0657-4